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Actualités du droit

  • Caroline Galactéros : La bataille d'Alep ou la déroute de la diplomatie occidentale en Syrie

    La bataille d’Alep est bien plus que la bataille pour la cette ville... Voici une entretien éclairante de Caroline Galactéros avec Alexis Feertchak, publié dans Le Figaro. Caroline Galactéros, Docteur en Science politique, dirige le cabinet d'intelligence stratégique «Planeting». Auteur du blog Bouger Les Lignes, elle a publié Manières du monde. Manières de guerre (éd.Nuvis, 2013) et Guerre, Technologie et société (éd. Nuvis, 2014).

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    FIGAROVOX. - L'Armée syrienne a repris le contrôle de la vieille ville d'Alep qui était aux mains des rebelles. Est-ce un tournant décisif pour la Guerre en Syrie?

    Caroline GALACTEROS. - Cette avancée des forces du régime est importante. Après la libération d'autres quartiers d'Alep-Est, avoir pu extirper les djihadistes de ce dédale de rues et de souterrains et les contraindre à se replier vers le sud-est de la ville témoigne d'une dynamique militaire positive en faveur de l'armée syrienne. Surtout, l'exfiltration réussie de plusieurs dizaines de milliers de civils vers l'ouest de la ville prive les djihadistes de leurs «boucliers humains» … et les adversaires occidentaux du régime d'un argument médiatique lourd contre l'implication militaire de Moscou à ses côtés…

    La prise d'Alep, si elle devait se réaliser rapidement, constituerait un cap au plan des forces morales qui s'opposent dans cet interminable pugilat, mais surtout une victoire politique symbolique de prix qui conforterait un rapport de force de plus en plus favorable à la restauration de l'Etat syrien. Le recul des djihadistes à Alep n'est en effet que la manifestation d'une déroute militaire globale qui semble chaque jour plus inéluctable, et d'un rapport de forces russo-américain où Washington perd pied. Même John Kerry dans sa déclaration à Bruxelles du 6 décembre (lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'OTAN), semble jeter l'éponge, apparemment convaincu que la partie (i.e le renversement du régime syrien et l'éclatement du pays) est perdue, et cherche habilement à dédouaner l'Amérique d'un soutien aux mouvements rebelles radicaux devenu indéfendable et surtout sans issue. Sans issue… mais pas sans objet résiduel. La rivalité Washington-Moscou restera vive, au moins jusqu'à l'entrée en fonction de Donald Trump fin janvier prochain. De ce point de vue, la réduction de l'insurrection djihadiste à Alep n'est donc pas décisive, et l'administration Obama poursuivra sans doute son soutien au moins indirect aux groupes radicaux (notamment via la Turquie) pour pourrir au maximum le jeu russe et plus encore celui du nouveau Président, qui a déjà entrepris un dialogue avec Moscou pour sortir l'Amérique de ce bourbier. Peut-être un «deal» de type «blanc-seing à la Russie en Syrie contre mains libres à l'Amérique en Irak» pour redorer le blason US est-il en train de se nouer. La guerre ne va donc pas s'arrêter avec l'éventuelle reprise d'Alep. Elle cessera lorsque les puissances sunnites, les Etats-Unis mais aussi la France accepteront leur «échec» et chercheront sérieusement un compromis politique soutenable pour la Russie et l'Iran. Il faut pour cela que Ryad, Doha, Ankara, Londres et Washington admettent qu'il y a plus à gagner à négocier qu'à combattre, et sans doute aussi que Paris cesse de prendre des initiatives diplomatiques (du type de la conférence envisagée «des pays refusant la guerre totale»…) à contretemps et contre-emploi. Ces gesticulations dérisoires déconnectées de la marche réelle des évènements sont hautement contreproductives, même du seul point de vue égoïste de l'intérêt national. Nous ne reviendrons pas ainsi dans un jeu d'où nos maladresses et notre entêtement dogmatique nous ont exclus en nous déconsidérant.

    Dans quelle mesure la prise d'Alep consacre le retour militaire et diplomatique des Russes dans les affaires internationales?

    Ce retour de la Russie est à mon sens plus qu'une évidence. C'est une nécessité, n'en déplaise aux nombreux «experts» et commentateurs qui veulent contre toute évidence persister à voir le monde avec un regard de cyclope myope, de manière simpliste et manichéenne. Ils se trompent d'ennemi, par confort intellectuel et refus de se remettre en question. Leur responsabilité est en fait lourde dans la perpétuation du chaos et de la violence car en claironnant leur pensée indigente, ils sclérosent les lignes de fracture au lieu de contribuer à les dépasser. Il est pourtant urgentissime de reconnaître enfin que le modèle implicite des relations internationales qui a eu cours depuis 20 ans s'est définitivement fracassé contre ses propres excès. L'idéalisme moralisateur comme masque d'un interventionnisme rapace a fait des ravages qu'on ne peut plus ignorer. Chez les peuples victimes de notre empressement à les «libérer», mais aussi chez tous ceux que l'on croit ainsi convaincre de la prévalence du modèle occidental de développement politique, économique et social. Et l'effet boomerang de cette offensive qui ne dit pas son nom joue désormais à plein contre nous.

    Profitant de cet échec patent, la Russie propose - à l'occasion du conflit syrien -, de rééquilibrer le jeu international, d'admettre sa multipolarité de fait et de se rapprocher de l'Occident dont elle s'estime encore pleinement partie. Surtout, elle offre un modèle alternatif de référence et surtout de protection plutôt convaincant: fiable, cohérent, pragmatique, résilient. Ne pas «lâcher Assad» en dépit de la curée internationale contre lui, et surtout protéger l'Etat syrien du démembrement a un impact non seulement à Damas et Téhéran, mais aussi au Caire, à Alger, à Dehli, en Afrique, aux EAU, à Ankara et même d'une certaine façon, à Ryad… La diplomatie du dialogue ouvert et sans exclusive (officiel ou discret) de Moscou avec tous les acteurs directs et indirects du conflit syrien va bien au-delà de la gestion optimale de ce seul drame. L'entreprise de séduction «à la russe» tous azimuts se poursuit. Les émissaires de Moscou, directs ou indirects (palestinien…), nouent des contacts, proposent des partenariats divers, des contreparties attractives à un appui aux positions russes sur ce que doit être la transition politique syrienne. Bref, les lignes bougent et, au lieu de les franchir, là encore, en France ou ailleurs, on oppose artificiellement la logique militaire à la diplomatique, comme si elles n'étaient pas étroitement liées. Comme si on pouvait décider de faire la guerre ou de négocier! Ça ne marche pas comme ça. Ce n'est pas la guerre comme seul mode d'action …ou la diplomatie hors sol dans le silence des armes. Seule la prise d'ascendant militaire sur le terrain et un rapport de force qui ne peut plus évoluer qu'à la marge permettent à un moment donné aux belligérants contraints et forcés, et à leurs parrains divers de s'assoir à la table de négociation de manière productive.

    Pour l'heure, les Russes ont marginalisé les Américains - qui ont déjà fort à faire pour «soutenir sans soutenir» les djihadistes et essayer de maitriser leur allié turc indocile. Ils dominent le front diplomatique et cherchent à réunir autour de leurs auspices exclusifs un panel crédible et représentatif de la diversité syrienne pour un processus politique qui débouchera sur des élections et surtout sur le maintien de l'unité syrienne même dans l'hypothèse d'une structure étatique fédérale. Mais à Paris, au lieu de s'insérer dans cette approche pragmatique, on persiste à criminaliser Vladimir Poutine, à parler d'Assad comme du bourreau unique de son peuple, à minorer le soutien populaire au régime de Damas pour accréditer l'idée qu'on pourrait, de l'extérieur, imposer un casting représentatif… qui pourtant a sombré sans équivoque dans le discrédit et en est lui-même réduit à proposer «de parler avec la Russie» pour ne pas quitter tout à fait la scène. Et la guerre continue.

    Quelles suites peut-on imaginer pour le régime de Bachar al-Assad?

    Assad n'est ni le (seul) problème, ni la solution. Cette polarisation sémantique elle aussi est hautement contreproductive. C'est un atout dans une négociation globale que chaque puissance intervenante essaie de valoriser au mieux. Si la reconquête militaire se poursuit à son avantage, il pourra sans doute négocier des conditions de sortie honorables pour lui et ses proches au terme d'un processus politique institutionnel et électoral auquel lui - ou d'autres de ses proches, membres éminents du régime - devront d'une façon ou d'une autre participer.

    Quel est le jeu de la Turquie alors que le pays poursuit au Nord de la Syrie son opération «Bouclier de l'Euphrate»?

    La Turquie est revenue depuis juillet dernier pleinement dans le jeu politico-militaire régional. Al-Bab, qu'elle essaie d'encercler avec l'aide de ses rebelles affiliés de l'Armée syrienne libre (ASL), est un point stratégique entre Alep et la ville de Manbij qui est elle, tenue par les Kurdes, ennemi principal du pouvoir d'Ankara et de son point de vue bien supérieur en nocivité à Daech qu'elle a longtemps soutenu. Son idée de manœuvre - qui inquiète d'ailleurs fortement Damas - pourrait être de déloger Daech d'Al-Bab pour y prendre sa place, empêchant ainsi la réunification des zones kurdes tout en continuant à nourrir la lutte des islamistes radicaux contre le régime syrien via son «proxy» ASL notamment. D'une manière générale, on peut dire qu'Ankara mène très habilement sa partie, ne renonce à aucune de ses ambitions régionales à la fois en Irak et en Syrie, jouant tout à la fois de son appartenance à l'OTAN - qui sert les Américains dans leur jeu contre la Russie et les rend conciliants -, et de sa «réconciliation» avec Moscou qu'elle monnaie contre une tolérance russe à ses avancées militaires en Syrie.

    La réalité du conflit syrien donne-t-elle ainsi raison aux positions diplomatiques de Donald Trump et François Fillon?

    Pour moi, notre monde a un très urgent besoin de réalisme politique et stratégique. Il faut ouvrir, au nom même de l'apaisement de sa violence structurelle, une ère de coopération hyperpragmatique et à visée éthique (ce n'est pas contradictoire!) en abandonnant les utopies mortifères de l'idéalisme moralisateur qui ont pavé le monde de cadavres civils sacrifiés sur l'autel de notre ubris. Il faut revivifier les Nations Unies et revenir au respect de leur Charte fondatrice. La stabilité de l'ordre international dépend du respect de la souveraineté des Etats, de la non-ingérence dans leurs affaires intérieures et de l'exemplarité politique propre des démocraties occidentales, non de leur interventionnisme cynique sous des prétextes qui depuis longtemps ne convainquent plus que de grandes âmes au bellicisme refoulé qui depuis leur confortable cocon, décident de la vie ou de la mort de peuples entiers. Donald Trump est en train de s'entourer d'une équipe en matière internationale et de défense que je trouve de très bon niveau. Ses émissaires sont déjà à l'œuvre pour nouer des liens précieux. Nous aurons bientôt sans doute de bonnes surprises … et plus que nos yeux pour pleurer et faire oublier l'indigence de notre compréhension des enjeux diplomatiques et stratégiques liés à son arrivée au pouvoir. Notre docilité diplomatique envers l'Administration sortante, pourtant si mal récompensée, nous a empêchés d'accueillir l'alternance américaine comme un Etat du rang de la France aurait dû évidemment le faire: avec un respect du vote démocratique et un accueil ouvert au dialogue avec le nouveau pouvoir de Washington. Encore une fois, nous donnons des leçons, refusons la réalité d'un nouveau président qui nous déplait car il voit le monde sans lunettes roses et noires. Et nous nous enfonçons un peu plus dans la relégation diplomatique et stratégique. Sauf à mettre en œuvre très vite une complète refondation de notre politique étrangère sur une base souveraine, indépendante, réaliste, audacieuse et généreuse. Ce n'est pas un choix. C'est impératif. Il semble que le vainqueur de la primaire de la Droite et du centre en a une claire conscience. Il faut souhaiter ardemment qu'il trouve en Donald Trump tout autant qu'en Vladimir Poutine des interlocuteurs désireux de promouvoir un triple «reset» (des relations américano russe, franco-américaine et franco-russe) et de faire renaître un pôle occidental élargi, influent et attractif. Nous avons tout à y gagner.

  • Les Primaires PS devenues l’ANPS (Agence Nationale pour l’Emploi des Socialistes)

    La faute historique a été la promotion de Valls, qui avec ses 5% s’est retrouvé Premier Sinistre. Ça donne des envies... Et Fillon le looser qui casse la baraque, ça fait la suite. Avec la primaire, tout est possible.  

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    En fait, tu n’as pas le choix : si tu veux exister pour la suite, tu dois te présenter à la loterie des primaires.

    Pour le PS, qui ne repose que sur la proportionnelle et l’alchimie des courants et sous courants, il faut savoir peser lors des votes visibles. Le poids, c’est la mesure de l’avenir.

    Certes, les choses sérieuses se joueront lors du Congrès, en famille, mais impossible de faire l’impasse sur un vote si visible, qui va réunir plusieurs millions de personnes.

    Après le départ imprévisible de cette anguille de Hollande, on se retrouve avec un tableau totalement déséquilibré. Sur le marché des voix socialistes, il y a déséquilibre entre l’offre et la demande. Le gros ventre mou du PS, qui s’apprêtait à voter Hollande, se trouve à poil (ce qui justifie que vous écartiez les enfants des écrans télé lorsqu’on parle des primaires).

    D’un côté, l’ami des droites, le mec qui depuis qu’il est Premier Sinistre n’a cessé de casser la gauche, jusqu’à théoriser l’histoire de deux gauches irréconciliables.

    De l’autre, les deux crétins soit disant de l’aile gauche, alors qu’ils ont manœuvré en 2009 pour virer Ayrault et installer Valls. Donc crédibilité zéro.

    Montebourpif, qui a fait toute sa gloire en tapant sur le PS – il voulait lui aussi créer un nouveau parti – est invendable, sauf auprès de Taubira, c’est dire. Hamon, réaliste, se contrefiche de la présidentielle : il veut juste jouer à Monsieur Propre pour se mettre position de contester Cambadélis au prochain congrès du PS

    Alors, quel va être le candidat de ce ventre mou du PS ?

    Peillon ? Il a des soutiens, mais le mec est totalement sorti du circuit. Personne ne sait ce qu’il pense, et dans le PS, il a zéro troupe. Peillon est réputé pour être puant et invivable, avec un melon XXL. C’est un ancien associé de Montebourpif, puis ségoleniste, qui ensuite s’est pété aussi bien avec les ségolénistes qu’avec la mouvance Aubry.

    Donc, faute de mieux ? Pourquoi pas, mais ce n’est pas convainquant.

    Je crois que le match réel se joue entre Hidalgo et Touraine.

    Hidalgo était la candidate programmée pour 2022, mais voilà que le calendrier s’accélère. Est-elle en mesure de tout bousculer, de risquer la Mairie de Paris pour une défaite à la primaire, ou une élimination au premier tour de la présidentielle ? Poser la question, c'est y répondre.

    Alors Marisol Touraine ? Et pourquoi pas ?

    Elle a été un plier du gouvernement, en poste depuis le premier jour, et jamais contestée. Si elle n’a pas sauvé la Sécu, elle a objectivement assaini les comptes. Cette Sécu que Fillon veut tuer, aveuglé à tel point qu’Accoyer lui demande de s’expliquer. Elle s’était nettement démarquée de Valls sur les histoires de burkini. Marisol Touraine se voyait à Matignon, et elle est donc libre. Elle rencontrerait beaucoup d’échos que Peillon dans la grande famille socialiste, et ce ferait une candidatE crédible, ce qui est rare. Elle a une semaine pour voir quels seraient ses soutiens réels dans le PS, donc chez les députés et le secrétaires fédéraux. Appuis sans lesquels il est bien difficile de s'exposer...

    - Tu verras, tu auras de nombreux soutiens. Les réseaux Aubry et Fabius, et une grosse part des Hollandais...

    - Mais je ne suis pas prête…

    - C’est sûr, mais on ne te demande pas d’être présidente. Il faut juste que tu fasses un score crédible aux primaires, et que ça aide à barrer El Blanco. Alors, tu seras honorablement récompensée au futur congrès PS…

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  • Brésil : Les adversaires corrompus de Dilma Rousseff devant la justice

    J’adore les « déconneurs » du Monde : « La destitution de Dilma Rousseff n’a pas mis fin aux scandales de corruption… »

    Rappelons donc pour la 58ème fois que le destitution de Dilma, ma petite chérie, n’a rien à voir avec la corruption. Son éjection du pouvoir ne doit rien à la Justice, qui ne la poursuit pas, mais à une coalition des droites pourries pro-étatsuniennes, qui n’ont pas digéré sa réélection en décembre 2014, et qui ont organisé un coup d’Etat institutionnel en décembre 2015, en instrumentalisant une petite manip’ comptable : financer de la dette par l’emprunt pour améliorer un budget, ce qui est fait tant et tant de fois au Brésil et dans tous les pays. Pas un sou dans la poche de Dilma.

    Ce n'était pas une affaire judiciaire, mais purement parlementaire, avec à la manœuvre deux canailles de grande envergure : Eduardo Cunha, président de l’Assemblée, qui a lancé la procédure, Dilma étant écartée du pouvoir le 12 mai, et Renan Calheiros, président du Sénat, qui a rendu la sentence, le 30 août, au profit de ce pantin de Michel Temer, un apparatchik inconnu et impopulaire, qui a récupéré la fonction de Dilma, sans avoir à être élu.

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    Cunha, Temer et Calheiros

     

    Et depuis, comment s’écrit la glorieuse histoire ?

    D’abord, et de toute urgence, ces droites libérées ont multiplié les efforts pour faire voter des lois qui brident l’action des juges, ces juges auxquels le Parti des Travailleurs avait donné toutes les garanties d’indépendance et de fonctionnement. Avec la même précipitation, elles ont organisé la dislocation de Petrobras, qui est le garant de l’énergie du Brésil.

    Il faut dire qu’il y avait péril en la demeure, et on comprend mieux l’empressement à dégager Dilma, parce que les mecs avaient besoin de sauver leur peau. Mais ils n'ont pas été assez rapides.

    Eduardo Cunha, corrompu jusqu’à l’os, était poursuivi par les juges. Il a dû démissionner le 7 juillet. Au mois d’octobre, il a été inculpé et incarcéré. En cause des comptes planqués en Suisse, blindés d’argent pourri.

    Second acteur de la destitution de Dilma, le président du Sénat, Renan Calheiros.

    Le sympathique Renan Calheiros est poursuivi dans onze enquêtes pour corruption et détournements de fonds publics, et le 4 décembre, il a fait l’objet d’un jugement de destitution par le Tribunal suprême fédéral, en raison de son inculpation pour détournements de fonds publics.

    - Tchao Renan ?

    Eh non ! Ça ne se passe pas comme ça dans ces lieux de pouvoirs gangrénés par la corruption. Hier, le bureau du Sénat a refusé d’exécuter la décision de justice, affirmant, en violant la loi, vouloir attendre le résultat d’un éventuel recours.  

    A part ça, il parait que la destitution de Dilma était l’effet d’un mouvement populaire…

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  • Parasitisme : Un mec de Droite se tape l’incruste à la primaire de Gauche !

    Trop drôle d’abord, le décor choisi par notre ex-Premier Sinistre : une jolie tapisserie de noirs, de asiatiques, de zarabes… tous bien mignons, et bien de chez nous. Ceci pour faire oublier la xénophobie d’El Blanco ? C’est raté.

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    Rien de Gauche, chez ce drôle de mec. Il soutenait en 2009 qu’il fallait tourner la page du PS parce que le mot socialisme était dépassé, renvoyant à des conceptions du XIXe siècle. Bien centré sur le sujet : « Il faut en finir avec la gauche passéiste, celle qui s'attache à un passé révolu et nostalgique, hantée par le surmoi marxiste et par le souvenir des Trente Glorieuses ». Et tout voué à casser la Gauche, qu’il décrit fractionnée par des « positions irréconciliables ». Le même voulait « déverrouiller les 35 heures » pour permettre aux Français qui ont la chance d'occuper un emploi « de travailler davantage, deux heures, trois heures ». Le Sarko de « travailler plus pour gagner plus » ? Non, El Blanco sur Europe 1, le 2 janvier 2011.

    Avec en toile de fond, une évidente immaturité affective : « Et moi, j'aime l'entreprise, j'aime l'entreprise ! ». Immaturité qui le conduit à dénoncer l’explication : « Expliquer, c'est déjà vouloir un peu excuser ».  

    Donc un type de Droite, mais de la Droite non sympathique, celle qui fait la fête avec les xénophobes : « Les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie ». Celle qui stigmatise les réfugiés : « Nous ne pouvons pas accueillir plus de réfugiés ». Celle qui se nourrit d’islamophobie : « Ce que représente le voile pour les femmes, non ce n'est pas un phénomène de mode, non, ce n'est pas une couleur qu'on porte, non : c'est un asservissement de la femme ». 

    - Ah bon, il est théologien en plus ?

    - Non, juste révisionniste.

    Et oui. Il nous décrit « Marianne, symbole de la République, qui a le sein nu parce qu'elle nourrit le peuple, qui elle n'est pas voilée parce qu'elle est libre ! » oubliant que la révolution de 1789 n’a accordé aux femmes le droit de vote qu’en 1945. Oubliant l’endémique inégalité salariale et la place marginale des femmes dans les cercles dirigeants de la politique et de l’économie ». Le même qui soutenait les maires de Droite prenant des arrêtés anti-burkini quand le Conseil d’Etat les annulait.

    Donc, un mec de Droite qui joue l’incruste à la primaire de Gauche, c’est clair, et comme on ne fait rien sans franchise, je précise que je suis prêt à voter Fillon pour barrer El Blanco si nécessaire, c’est une évidence. Ceci dit, c’est loin d’être fait, car le PS cherche une alternative.

    Barrer El Blanco, donc, oui, mais El Blanco ne serait pas là sans les dirigeants PS.  

    Sans la couardise de Martine Aubry, qui le 13 juillet 2009, alors première secrétaire du Parti, lui avait demandé de mettre ses pensées en accord avec ses actes, et de rejoindre l’UMP de Sarko. El Blanco avait fait des excuses, et la velléitaire Aubry était passé à autre chose.

    Sans la trouille de Hollande qui a récupéré ce fracassé de la primaire – 5,63 % des voix – pour en faire un Sinistre de l’Intérieur… lui laissant, selon le modèle Sarko, la compétence sur l’immigration, qui auparavant relevait des affaires sociales.

    Sans les calculs à deux balles de Montebourpif et de Hamon qui ont tout fait pour virer Ayrault et le faire remplacer par El Blanco… dans le but de mieux le contrôler, et qui osent se déclarer aujourd’hui ses opposants. Des nazes...

    A ce stade, il ne reste qu’une solution :

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  • Marwan Barghouti triomphe au congrès du Fatah

    Un congrès du Fatah, ça ne s’analyse pas en cinq minutes, surtout quand on ne lit pas l’arabe, se privant des meilleures sources d'information. Mahmoud Abbas, qui dirige également l'Autorité palestinienne et l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP), seul représentant du peuple palestinien souverain, avait été réélu à l’ouverture du congrès de Ramallah, comme chef du parti, par consensus. L’enjeu se reportait ainsi sur la ligne politique, et la composition des instances dirigeantes, le Comité central et le comité révolutionnaire, le « Parlement » du parti.

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    Au lendemain de la clôture du congrès, des points majeurs se dégagent nettement, que l’on peut résumer en trois constats :

    - Mahmoud Abbas, 81 ans, tient bien la maison ;

    - Mohammed Dahlane, l’opposant exilé et aux choix politiques si polémiques, est radié des cadres; 

    - depuis sa prison israélienne, Marwan Barghouti triomphe et se retrouve le membre le mieux élu du Comité central, avec 70% des voix.

    La succession d’Abbas, qui n’est pas ouverte, est une échéance inéluctable et la phase à écrire a pris une nette orientation, avec de double mouvement qu'est l'élimination de Dahlane et la victoire de Barghouti.

    Marwan Barghouti, c’est l’anti-Dahlane, c’est la victoire des fondamentaux : le respect de la souveraineté palestinienne, et l’application stricte du droit international de l’ONU, avec le retour aux frontières de 1967, et la coexistence de deux Etats. Marwan Barghouti a toujours clairement défendu une Palestine démocratique et laïque. Il condamne les attentats aveugles, mais approuve le recours à toute forme de résistance, en se plaçant au niveau utilisé par l’occupation militaire. Mandela avait défendu cette ligne : ce n’est pas à toi de faire le choix de t’armer ; c’est l’oppresseur qui désigne les armes que tu dois prendre pour te défendre. 

    Au début des années 2000, il était un leader de grande influence, un des inspirateurs de la deuxième Intifada, ce qui lui avait valu d’être arrêté en 2002, et condamné par l’Etat d’Israël en 2004 à cinq peines de prison à vie. Lors de son procès, il avait contesté la légitimité du tribunal, et avait refusé de se défendre. Son «V» de la victoire, menottes aux mains, au moment du délibéré, est resté dans la société palestinienne comme la marque du devoir de résistance. Et il est aussi populaire en Cisjordanie, à Gaza et dans les camps de réfugiés du Liban ou de Jordanie. Bref, Marwan Barghouti est le responsable politique qui peut réunir le peuple palestinien.

    Depuis son incarcération, son influence n’a cessé de croître, et la victoire politique de ce week-end est une consécration. Bien sûr, les juges se sont prononcés, et c’est la perpétuité. Mais, dans la vraie vie, combien de temps Israël pourra-t-il garder en détention un responsable politique plébiscité par son peuple, et qui a pour projet l’application du droit international de l’ONU ? La communauté internationale va-t-elle pouvoir rester sourde à ce que dit le peuple palestinien ? 

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