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Actualités du droit

  • La gauche à 25%....

    La-chute.jpgIl y avait hier le sourire au Parti socialiste après la magnifique victoire de Bruno Hamon à 6,1% sur Nicolas Dupont-Aignant à 4,9%...  Allez, mieux vaut en rire…

    Respect pour les chiffres, respect pour les électeurs, regardons les choses en face et prenons le temps d’y réfléchir. Avec une participation qui fait le plein, la gauche a fait 25%. Une bérézina.

    On pourra parler des heures et des heures des causes, des coups tordus, des malentendus, mais le résultat est là : seulement 25% de suffrages pour la gauche. C’est attristant, consternant, ça renvoie à de lourdes responsabilités vers les leaders, les uns et les autres, la cible est large, très large. Oki, on verra tout ça plus tard.

    Mais en attendant, arrêtons-nous sur ce chiffre de 25% qui marque un terrible échec collectif, et ne faisons pas comme si nous étions déjà demain, avec des projets magnifiques propres à enflammer les meetings. La gauche est en rade, et pour longtemps.

    Elle ne s’en sortira pas par ce piège que sont les présidentielles, mais en définissant une idéologie et un programme, et s’inscrivant dans le terrain de l’action sociale, en France et à l’étranger.

    Elle ne s’en sortira pas par ces illusions que sont les gonflettes de Facebook, Youtube et Tweeter, mais par des vraies rencontres, des vraies discussions, entre de vrais gens qui s’écoutent et se parlent, et agissent là où se crée la solidarité.   

    Elle ne n’en sortira pas, dans un monde fait de dominations, sans une réflexion saine sur la politique internationale, fondée sur l’égalité et la solidarité entre les peuples et les êtres humains. Tous égaux et solidaires, oki ?

    Ce soir, nous sommes politiquement et socialement parterre, et parterre un jour de pluie froide. On n’est pas le matin du printemps de je ne sais quoi, comme chante l’autre phraseur, non, on patauge dans la mouise, et on n'a pas fait avancer d'un centimètre la cause des plus démunis. Et on ne fera pas confiance à ceux qui nous amenés là pour nous en sortir.

  • Yamandu Costa, Porquerolles, 2016

    Une belle nuit de cet été 2016 à Porquerolles, au pied du fort Saint-Agathe, pour accueillir et admirer le génial guitariste brésilien Yamandu Costa. C’est vraiment très très beau…

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  • Bonsoir Marie, Bonsoir Marianne,

     

    Je vous dirais d’abord que cette présidentielle est insaisissable, et qu’en réalité tout se jouera aux législatives. C’est la seule chose dont je suis sûr. Nous allons élire le Prince de l'Elysée. Si Fillon gagne, ce qui est toujours possible, il aura une majorité écrasante, mais il ne dirigera pas les législatives, ce sera l'affaire de Sarko et Wauquiez. Si c'est Macron, nous allons provisoirement passer à un régime d’Assemblée. Macron est un dérivatif parfumé de Davos, rien de plus. En l’état actuel, les deux grands partis (Les Rep et le PS) laissent des candidats qu’ils ne maîtrisent pas jouer leur vie, car ils savent que la reprise en main se fera à l’occasion des législatives. Ce sont les législatives qui donnent le pouvoir, les réseaux et l’argent, un truc un peu plus sérieux que cette présidentielle qui est devenu un show.

    Il ne se ressortira rien de solide de cette présidentielle, et ne perdez pas votre temps à me foutre la trouille avec une victoire Le Pen, un truc hors sujet. Mélenchon aurait pu surprendre, mais il préfère une défaite honorable, c'est son problème. La vie politique reprendra son cours. Le PS va récupérer les points un à un, en vue des municipales de 2020, sa vraie base. On tournera la page du feuilleton « Macron, Mélenchon, Hamon et leurs amours », pour revenir aux choses sérieuses. La vie politique est structurée, c’est comme ça.  

    Je n’ai pas soutenu Hamon…

    Oui, et c’est pas demain la veille, mais j’ai essayé d’être logique. Une dizaine de jours après la primaire PS, j’exprimais l’idée que Hamon avait vraiment une carte à jouer .

    Je n’ai jamais soutenu Hamon, ni la « Gauche du PS ». Ça avait de la gueule quand c’était Jean Poperen, mais depuis c’est usurpé par des Mélenchon, Hamon, Montebourg et autre Dray, de l’enfumage. Une gauche du discours, comptant cyniquement sur les déceptions que va mécaniquement créer le courant majoritaire du PS, pour garder une zone d’influence qui permet d’avoir son lot de permanents et  d'investitures. No future...

    Retour à 2017

    Littéralement, il y avait des choses intéressantes dans les textes de Hamon. Oki. Mais il ne faut pas inverser le jeu politique. La responsabilité de la campagne dépend du candidat, et pas des soutiens. Or qu’a fait Hamon ?

    Alors qu'il était député PS, il avait soutenu une motion de censure contre le gouvernement PS, il y a un an. Ce n’est pas rien. Il avait sans doute raison, mais quand un an plus tard, il voulait être le leader de ce parti, il fallait quand même faire des gestes politiques,... surtout quand il n’a jamais fait plus de 10 % aux congrès du PS. Vouloir être Président de la République, ce n’est pas animer un club d’amis philosophiques. Il devait abandonner son confort de minoritaire, et assumer l’étiquette PS qu’il avait sollicitée.

    Candidat PS, faut assumer

    Au premier tour de la primaire, Hamon a fait le score inespéré de 36 %. Or il sait très bien qu’il ne pèse pas 36 %, mais que nombre d’amis ont voté pour lui pour bloquer El Blanco.

    Hamon sait qu’il ne représente, au mieux 20 % du PS, et je suis généreux. Aussi, parce qu’il ne se présentait pas en free-lance mais comme institutionnel du Parti, il devait dès le lendemain partir à l’assaut des élus, fédérer les réseaux internes, composer avec tous dans le respect des influences, jouer la fibre historique du PS, et dealer avec l’arme-clé, les investitures pour les législatives.

    Or, il est allé se perdre dans des configurations insensées avec les Verts, et pour quel résultat ? Il a fini de se marginaliser pour laisser une circonscription indue à Paris à Duflot, qui n’a aucun programme à part emmerder le PS.

    Tout le monde aurait accepté que Hamon modère son programme, tourne la page des frondeurs, aille rameuter les sections PS du territoire, restées fidèles à 95 %, et basta. Mais Hamon a oublié les sections pour ses petits jeux parisiens. Et puis pour quelle politique européenne ? Quelle politique internationale ? Quelle politique sur la Syrie ? Incapable d’assumer une posture PS crédible, donc c’était cuit pour lui. Mélenchon a beaucoup défauts, mais il est seul et il assume. Si vous êtes élu en interne du PS, il faut savoir respecter les codes.

    Hamon a choisi une autre voie et il s’est isolé. C’est sa responsabilité, pas la mienne. Mais vous verrez qu’Hamon est décevant. Je donne rendez-vous au prochain congrès du PS, où on le verra batailler pour récupérer son pourcentage, avec ses permanents et ses investitures. Il se retrouvera heureux et minoritaire, et pourra nous livrer son « discours de gauche ».

    Je ne crois pas être négatif, mais seulement réaliste.

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  • Vive la Gauche portugaise

    La gauche portugaise a réussi quelques exploits.

    En un, parvenir après les élections de 2015 à une alliance électorale de tout l’éventail de la gauche, et une alliance qui a duré, ce qui reste un modèle.

    En deux, s’affirmer dans l’Europe, car le repli dans les frontières ne veut rien dire, et dans l’Union européenne, parce qu’il faut respecter des engagements d’État, et surtout, parce que la critiquable et tant décriée Commission Européenne, contrairement à la légende, n'impose pas les politiques d’austérité. Avec insistance, elle rappelle qu’un pays qui s’endette devient la proie des banques, et que plus des banques rendent leur argent disponible pour les Etats, moins il en reste pour les entreprises et les particuliers. La relance par l’emprunt public a ses vertus, mais ce n’est plus d’époque. 

    Le gouvernement portugais a tracé sa voie : réduire le déficit sans passer par les politiques d’austérité. Le Portugal a ramené son déficit public à 2 % en 2016, avec comme perspective 1 % en 2018 puis l'équilibre budgétaire en 2020. Tu piges, mon pote ? Mário Centeno, ministre de l’économie, souligne la qualité du résultat : « Nous avons une occasion unique d'en finir avec la théorie selon laquelle l'Europe est condamnée à un avenir fait seulement d'austérité. Notre modèle est une recette exportable dans tout le continent ». Une réussite pour Antonio Costa, le premier ministre socialiste et son gouvernement de gauche.

    Et oui… Les dirigeants portugais ont renoncé à de grands plans de dépenses, genre les grands travaux… et à l'austérité. Ils ont misé sur la cohésion sociale, en cherchant à redonner confiance aux classes moyennes. Le gouvernement a allégé la pression fiscale sur les ménages, a relevé le salaire minimum et retraites et a restitué les 35 heures pour les fonctionnaires. Avec une prudence de sioux, il a compensé par une augmentation de l'imposition sur les sociétés et sur l'immobilier, et il a créé de nouvelles taxes.

    Ces chocs ont été acceptés, parce que le renforcement de la cohésion sociale, appuyé sur les exportations et de tourisme, a dopé l’économie : pour cette année, la croissance sera entre 1,5 à 1,8 %.

    La gauche, ce n’est pas « changer la vie » ! Let me be... Renforcer la société et la solidarité, pour redéployer les vraies forces de l’économie, cela suffit largement. Bravo aux dirigeants portugais, véritable contre-modèle aux discours illusionnistes de la gauche en Europe.

    Si j’étais portugais, je n’aurais pas de mal à savoir pour qui voter…

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  • Mélenchon ne veut pas sortir de l'Europe !

    18973509.jpg« Ne croyez pas ce qu'ils vous disent : il veut sortir de l'Europe, de l'euro, allons, un peu de sérieux », a déclaré hier soir Mélenchon, évoquant les « enjeux immenses de savoir si nous allons nous opposer les uns aux autres en Europe ou si nous allons faire baisser les tensions qui existent entre les peuples ». Et il n’y aura pas à sortir de l’Europe, car Mélenchon s'est dit « sûr » de parvenir à négocier une modification des traités, soulignant que les autres pays « ne sont pas nos ennemis mais ne sont pas aussi nos maîtres, ils sont nos partenaires et dans un partenariat on discute des problèmes pour les régler ».

    Ça me laisse rêveur.

    Mélenchon est « sûr » de parvenir à une modification des traités. Mais pour renégocier les traités, il faut un accord unanime des Etats membres, ce qui est hors de propos : à ce jour, aucun n’a en tête une telle renégociation, surtout que s’ouvre le Brexit, et les dirigeants les plus influents – Allemagne, Espagne, Italie, Pays-Bas, Belgique – sont tous marqués à droite, partisans du libéralisme économique, en opposition directe avec les thèses de la France Insoumise. Ce ne sont pas « nos maîtres », certes, mais si tu veux négocier les traités, il faut l’unanimité,... laquelle est hors sujet. Le seul appui aurait pu être la Grèce, mais elle subit les reniements de Tsipras, ces lascars au discours social qui se révèlent les meilleurs pour faire accepter par le peuple ce qu’il devrait refuser.

    Le choix se resserre.

    Comme il sera impossible de renégocier les traités, vu de l’absence d’unanimité, il y reste deux options. La première est de quitter l’Europe, sur le modèle de la Grande-Bretagne : pourquoi pas, mais il faut le dire, et assumer. La seconde est d’accepter les traités tels qu’ils sont, et donc de conduire une politique inscrite dans le modèle dominant en Europe, à savoir le libéralisme économique et la rigueur financière, dans le respect des engagement pris par la France. Donc, tout le programme s’écroule.

    L’Europe n'est pas libérale par nature : elle l’est parce que les peuples européens ont choisi des gouvernements libéraux. Si les gouvernements influents étaient sur la ligne de la France Insoumise, il n’y aurait pas à renégocier les traités car il suffirait d’appliquer une politique différente, l’Europe reposant sur le principe démocratique.

    Cela pose aussi un autre problème, à savoir la valeur de nos engagements internationaux : la France respecte-t-elle sa signature ? La France n’est pas soumise à un diktat. Elle est fondatrice des choix économiques européens depuis le Traité de Maastricht, voté par Mélenchon, et elle n’a cessé de prendre des engagements sur la réduction de sa dette. Et la France, membre permanent du Conseil de Sécurité, pourrait sans dommage revenir sur les engagements qu’elle a souscrit elle-même ?

    Mélenchon fait une belle campagne, et ses meetings ne sont des réussites. Mais, ça ne change rien : je ne lui ai jamais fait confiance, il y a trop de verbiage, et ce n’est pas pour demain. J’ajoute aussitôt que ça ne me donne pas envie de voter pour les autres, les garants de l’orthodoxie, cette orthodoxie qui fait que la sixième économie du monde a un endettement égal à son produit intérieur brut à 2000 milliards €, 3 millions de chômeurs, 4 millions de personnes mal logées et des services publics qui sont tous en souffrance.

    La campagne présidentielle est profondément décevante… Marie me demande pour qui je vote... Mélenchon sans y croire, pour se débarrasser du PS ? May be... Les grandes manœuvres ont commencé pour les législatives, mais nous n'avons aucune visibilité. Franchement, Marie, je n’en sais rien. Vote avec ton cœur et ton intelligence...

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