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18/12/2014

La Cour pénale internationale va-t-elle se débarrasser du Conseil de sécurité ?

Dans l’affaire du Darfour, la Procureure Fatou Bensouda jette l’éponge. Le président soudanais Omar el-Béchir était poursuivi alors qu’il est en fonction et pour des faits commis dans le cadre de sa fonction présidentielle, et ce à la demande du Conseil de Sécurité. Du lourd…

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Mardi devant le Conseil de sécurité, où elle présentait le bilan d’activité de la Cour, la Procureure Fatou Bensouda a clairement indiqué que son bureau cessait toute action dans cette affaire, pour cause de non-coopération du Soudan… et du Conseil de sécurité. Bon, et alors ? Cet échec de la procédure est une défaite de plus pour la CPI,… mais c’est doute aussi une grande chance pour l’avenir. Il faut s’arrêter sur ce fait très important… et plein d’avenir.

 

Pour que la CPI puisse enquêter et juger, il faut qu’elle soit saisie,… et pour cela, il y a trois possibilités. Deux sont logiques : un Etat membre lui soumet une affaire, ou le procureur, agissant à la suite de renseignements, ouvre une enquête pour des crimes ayant eu lieu sur le territoire d’un Etat membre ou par des ressortissants d’un Etat-membre.

 

La troisième, prévue par l’article 13,b) est très illogique : l’affaire lui est déféré par le Conseil de Sécurité, même si est concerné un Etat qui n’a pas ratifié le statut. Au départ, c’est vendu comme un argument solide : si un Etat veut rester hors-la-loi internationale en ne ratifiant pas le statut, le Conseil de sécurité, agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies – la sécurité dans le monde – peut engager une action contre les dirigeants de cet Etat voyou.

 

Très bien me direz-vous : « force doit rester à la loi ». Oui, sauf que c’est plus compliqué. Toute la vie internationale repose, en droit, sur la souveraineté des Etats. Aussi, un Etat ne se soumet à des règles de droit que s’il l’accepte. Là, on fait le pari d’imposer une juridiction internationale à un Etat qui la rejette. C’est dès le départ plus que périlleux, car la CPI n’a pas de police judiciaire à son service, et pour exécuter les mesures de contraintes, elle s’en remet aux Etats-membres, qui se sont ainsi engagés à coopérer.

 

Le problème est vite vu : le Soudan n’a pas ratifié le traité, alors comment arrêter son président ? Réponse : lors des déplacements internationaux, sauf que les autres Etats-non membres refusent aussi de coopérer.

 

Dans l’affaire du Darfour, c’est le Conseil de sécurité qui avait saisi la CPI contre le Soudan, Etat non-membre. Alors, la procureure s’est retournée à maintes reprises devant le Conseil de sécurité, pour obtenir un peu d’autorité sur le Soudan ou les Etats-tiers qui accueillaient les visites de du président soudanais el-Béchir. Rien, rien, rien… La procureure constate que le Conseil de sécurité ne lui donne pas les moyens d’assumer la procédure qui lui avait été confiée. El-Béchir était triomphant…

 

Pourquoi le Conseil de sécurité n’assume pas ? Le Soudan n’est pas un Etat puissant… Alors ?

 

Le Conseil de sécurité, c’est – dans la vraie vie – les cinq membres permanents qui disposent du droit de véto. Or, les trois plus influents l’entre eux – Les Etats-Unis, la Chine et la Russie – n’ont pas ratifié le  statut de la CPI, et ne sont pas prévu de le faire. Ces trois pays sont des champions toutes catégories de la violation des droits fondamentaux. Seule la Russie est présentable car elle accepte de se soumettre à une juridiction internationale, la Cour européenne des droits de l’homme. Et voilà que ces trois Etats, qui rejettent la CPI, peuvent décider de renvoyer devant cette cour un autre Etat, qui la rejette aussi. C’est du grand n’importe quoi… Ca accrédite beaucoup la critique sur « le droit des puissants », critique imputée à la CPI, alors que c’est le Conseil de sécurité qui agit vicieusement.

 

Mais il y a plus important : c’est que les trois puissants du Conseil de sécurité commencent à être sérieusement inquiets devant une CPI qui prend de l’ampleur. Car si on peut arrêter Bechir pour des crimes de guerre commis pendant son mandat, on crée un modèle qui permettra de faire la même chose de Bush, le grand organisateur de la torture, et l’agresseur de l’Irak.

 

Le Conseil de sécurité va donc battre en retrait. Pour la Libye, le Conseil de sécurité avait attendu que les premières attaques de l’OTAN pour demander une enquête contre Kadhafi… qui a été cruellement assassiné, un procès étant beaucoup trop dangereux à gérer. Pour la Syrie, La France a tenté d’obtenir la saisie de la CPI, mais les trois maîtres du Conseil de sécurité lui ont demandé de se calmer.  

 

La Cour est donc en train de se dégager du boulet politique qu’est le Conseil de sécurité. Comme toute institution internationale, la Cour agira avec les Etats qui lui font confiance. Désormais, ce sont les vraies grandes manœuvres sui commencent : les Etats-Unis et la Chine vont tout faire pour combattre l’efficacité de cette cour, car ce sont eux les grand ennemis du droit.

 

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15/12/2014

Troisième circonscription de l’Aube : Des chiffres sinistres pour la démocratie

Une législative partielle vaut bien une dizaine de sondages parce que là, on parle du réel. Certes, il y a loin entre une élection partielle et un scrutin national, mais attention de prendre le temps de regarder ce qui se passe sur le terrain, dans la vraie vie. Pour apprécier ce faire, il faut prendre les chiffres, et pas seulement les pourcentages.

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A ce titre, l’élection dans la troisième circonscription de l’Aube ne manque pas d’intérêt. François Baroin, qui était le député, a été élu au Sénat, et l’UMP était bien placé pour garder la circonscription. Il n’en reste pas moins que les chiffres parlent, car la tendance est très nette : le désintérêt massif de l’électorat.

La circonscription compte 65 758 électeurs. Au premier tour de 2012, 38 248 avaient voté, et deux ans plus tard, le chiffre n’est plus que de 16 195. On est à 24% de participation et 76 % d’abstention.

En 2012, François Baroin avait eu au premier tour 15 677 suffrages et au second tour 20 051, soit 56,45 %. Hier, Gérard Menuel a été élu avec 63,85 % des voix, mais seulement 10 527 suffrages, et 6 422 au premier tour.

Pour le PS, la candidate était en 2012 Lorette Joly, qui au premier tour avait réuni 10 899 suffrages, soit 28,79 % et au second tour 15 466 voix, soit 43,55 %. Pour 2014, le candidat Olivier Girardin n’a recueilli que 2 315 voix, soit 14,69% des voix. Cela représente le quart des voix de 2012. 2 315 voix sur 65 758 inscrits… soit environ 3%. Un problème sérieux.

Pour le FN ? On ne retrouve pas du tout la vague bleu marine, car si le pourcentage est flatteur, le nombre de voix est en baisse. En 2012, la candidate Mireille Cazard était au premier tour à 17,79 %, avec 6 733 voix. Pour 2014, le pourcentage au premier tour était de 27,64%, mais le nombre de voix au premier tour n’a été de 4 355, soit une perte de 30% des électeurs. Et au second tour, le FN arrive à 36,15%, mais avec 5 960 voix, soit moins qu’au premier tour de 2012.

Le prochain grand test est celui des élections départementales de mars 2015. Hier Cambadélis a appelé à présenter des candidats uniques de la Gauche au premier tour, pour éviter le risque d’élimination. Le résultat de la 3° de l’Aube souligne l’importance du risque. 

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14/12/2014

Esbjörn Svensson, Timisoara, 2006

E.S.T. c’est Esbjörn Svensson Trio, trois amis suédois qui joué ensemble pendant près de quinze ans : Esbjörn Svensson au piano, Dan Berglund contrebasse et Magnus Öström à la batterie. Ce trio a été une locomotive du jazz suédois, pour notre bonheur, avant que l’histoire prenne fin de manière dramatique en 2008, lors d’un accident de plongée. Depuis Timisoara, voici un très beau concert enregistré en 2006

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11:43 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jazz, suède

13/12/2014

Mali : Une affaire illustrative du racisme français

Pas un mot hier dans notre bonne société pour dénoncer ce fait : Mohamed Aly Ag Wadoussène, un terroriste de haut vol, l’un des principaux dirigeants d’Al Qaida Maghreb Islamique (AQMI), mis en examen et détenu pour des affaires d’assassinat et de séquestration, qui a de plus, lors d’une tentative d’évasion de la centrale de Bamako, tué froidement un gardien de prison, a été relâché sur ordre de la France, en compagnie de trois de ses compagnons d’armes. Tout ceci pour négocier la libération d’un otage français (tant mieux pour lui et sa famille).

Depuis trente ans, on nous dit que la Françafriquec’est fini. Tu parles : rien n’a changé.

On parle d’ « égalité », le slogan de notre gouvernement ? Imaginons-la un instant, cette égalité…

Le président du Mali vient d’imposer à un juge d’instruction du TGI de Paris de libérer un terroriste français, un chef de réseau jugé pour des faits criminels d’assassinats et de rapt, avec trois de ces hommes de main, comme contrepartie la libération d’un ressortissant malien, pris en rapt par ce même groupe terroriste. Le terroriste avait de plus tué un gardien de prison à bout portant.

Oki ?

Le racisme français n’est plus nourri de violence, et il a même dédramatisé la cohabitation avec les Blacks. On en trouve même pour présenter le jité, alors…

Mais sur le fond, c’est-à-dire la conviction de la supériorité, rien n’a vraiment changé depuis Jules Ferry, l’idole de François Hollande… Toutes les vies n’ont pas la même valeur. Il y a des gens qui savent et qui pensent, et qui donc dominent, et ce sont les Blancs. Pour le bien des Africains, les Blancs poursuivent leur politique de domination, avec quelques hochets laissés aux petits chefs locaux,… mais c’est toujours eux qui savent ce qu’il faut faire.

Dans cette logique de l’inégalité, ce colonialisme qui marque la Gauche depuis la SFIO, que vaut la mémoire d’un surveillant de la pénitentiaire de Bamako ? Que vaut la peine de sa famille, alors qu’on va pouvoir faire de si belles images à l’aéroport de Villacoublay, dans un grand moment de communion nationale ?

Le racisme français est ancré dans nos manières de faire, et il fait beaucoup de dégâts.

Louis_XIV_of_FranceDepuis Louis XIV, le mépris des Blacks et leur pillage économique

 (Malfaiteurs en bande organisée)

(Mais que fait donc la police ?)

23:26 Publié dans racisme | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : mali, racisme, colonisation

Otage français : Quatre membres d’AQMI remis en liberté…

Interrogé sur la libération par le Mali, en contrepartie de la libération de Serge Lazarevic, de prisonniers membres d’Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) Stéphane Le Foll avait répondu : « J’ai entendu ça, je ne sais pas. Je ne m’aventurerai pas sur des commentaires sur des choses que je ne connais pas ».

Alors, voici quelques précisions pour notre ami Le Foll.

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Quatre membres (AQMI), qui étaient détenus sous mandats prononcés par des juges maliens, ont été relâchés sur ordre de la puissance coloniale.

Le plus important est Mohamed Aly Ag Wadoussène, impliqué dans deux dossiers, dont le premier est en phase de jugement et le second en instruction. C’est un déserteur de la garde nationale du Mali, arrêté par la sécurité d’Etat le 10 décembre 2011 à Gao et mis sous mandat de dépôt en mars 2012. Il est poursuivi pour terrorisme, association de malfaiteurs, prise d’otages et séquestration. C’est lui l’organisateur principal de l’enlèvement le 24 novembre 2011 à Hombori de Serge Lazarévic et Philippe Verdon, qui a été assassiné en mars 2013. C’est donc l’organisateur du rapt et l’assassin de Philippe Verdon. Il ne sera jamais jugé et va pouvoir reprendre ses activités.

Les surveillants de la pénitentiaires sont outrés car Mohamed Aly Ag Wadoussène, lors d’une tentative d’évasion de la maison centrale d’arrêt de Bamako, avait tué un gardien et une jeune femme. Le contrôleur des services pénitentiaires,Abdoulaye Fofana, déplore : « Nous, surveillants des prisons du Mali, nous sommes consternés. On pouvait peut-être laisser Ali ag Wadoussène en prison pour que la justice termine avec lui. C’est quand même lui qui a tiré à bout portant sur notre collègue regretté adjudant Kola Sofara ».

Vient ensuite Haiba Ag Acherif, qui est l’aide de camp de Mohamed Aly Ag Wadoussène. Tous deux sont membres du sous-groupe dénommé Katiba Al Ansar, qui est soupçonné de l’enlèvement et l’exécution le 2 novembre 2013 à Kidal des journalistes français Claude Verdon et Ghislaine Dupont.

Les deux derniers sont des hommes de main du terrorisme, Oussama Ben Gouzzi et Habib Ould Mahouloud.

Les deux principales associations maliennes des droits de l’homme, l’AMDH et le WILDAF, ont dénoncé cette prime à l’impunité : « La paix et la réconciliation ne peuvent pas passer par la promotion de l’impunité… S’il faut échanger un terroriste malien contre un français, cela signifie que nous n’avons plus notre raison d’être. S’il s’agit d’un succès pour la diplomatie française, pour nous c’est une grave violation des droits des victimes maliennes ».

Ce sont les gardiens de prison, révoltés par ce mépris de la puissance coloniale, qui ont laissé fuiter les infos, et devant l’évidence, le ministre de la Justice du Mali, Mohamed Ali Bathily a confirmé benoîtement : « Le Mali ne peut pas ne pas dire qu’ils ont été libérés, c’est un fait, tout le monde le sait, ça ne sert à rien de dénier la réalité ».

Transmis à notre ami Le Foll.

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