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06/05/2016

Ça m’énerve grave, de Siné

Siné est allé voir là-bas comment ça se passe… Voici son dernier texte, écrit le 4 mai.

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Ça m’énerve grave

Depuis quelque temps, vous avez dû remarquer que je ne nageais pas dans une joie de vivre dionysiaque ni dans un optimisme à tous crins, ce qui est pourtant mon penchant habituel.

Je ne pense, depuis quelque temps, qu’à ma disparition prochaine, sinon imminente, et sens la mort qui rôde et fouine sans arrêt autour de moi comme un cochon truffier.

Mon moral, d’habitude d’acier, ressemble le plus souvent maintenant à du mou de veau !

C’est horriblement chiant de ne penser obsessionnellement qu’à sa mort qui approche, à ses futures obsèques et au chagrin de ses proches ! Je pense aussi à tous les enculés qui vont se frotter les mains et ça m’énerve grave de crever avant eux !

Heureusement que vous êtes là, admirateurs inconditionnels, adulateurs forcenés… vous ne pouvez pas savoir comme vos messages me font du bien, un vrai baume miraculeux !

Quand je lis vos mots d’encouragement, c’est comme si j’éclusais un délicieux verre de vin nature, à la température idéale, dans un hamac, au soleil, avec un chat sur les genoux : le bonheur parfait !

Je sais que vous n’êtes pas des lèche-culs, vos compliments tombent pile-poil là où ça fait du bien et où j’en ai besoin !

Merci, merci… c’est bon de se sentir aimé surtout dans ces moments merdiques et désespérants, difficiles à supporter.

Voilà, je n’ai rien d’autre à vous dire cette semaine, mais je suis bien content de vous l’avoir dit !

Et banzaï malgré tout !

PS : Puisqu’une fois évacuée, la flotte continue d’envahir mon poumon, après maints revirements et changements de cap, l’opération est finalement programmée pour aujourd’hui, mercredi.

Alea jacta est, comme dirait ce connard de César !

Je n’en mène pas trop large, je vous l’avoue et je serre les fesses comme un pressoir à olives pour évacuer le stress !

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00:05 Publié dans Libertés | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : siné

05/05/2016

L’AKP entre en zone de turbulences


fatmanur-acar.jpegEn Turquie, la vie politique se joue au sein de l’AKP. Depuis 2002, date de son arrivée au pouvoir, l’AKP s’impose grâce à son unité, et le grand artisan de cette réussite, c’est Recep Tayyip Erdogan.

Le centre du pouvoir, dans ce régime parlementaire, est le Premier ministre, et selon les statuts de l’AKP, le Premier ministre est le président du Parti. En 2014, après trois mandats, Erdogan a renoncé à conduire les législatives, car les statuts de l’AKP – et non la constitution du pays – l’interdisent.

L’accord politique a été de consacrer Ahmet Davutoglu comme président du parti, programmé pour être Premier ministre.

En l’absence de tout opposant crédible, Erdogan a facilement été élu président de la République en aout 2014, mais cela a été plus difficile pour les élections générales. En juin 2015, très sérieux avertissement, l’AKP est sorti en tête, mais en recul et non majoritaire. Refus par l’AKP d’un gouvernement de coalition, et nouvelles élections en novembre 2015, avec cette fois-ci une majorité, par un vote raisonnable refusant la crise politique, et une campagne conduite de fait par Ahmet Davutoglu.

En un an, Ahmet Davutoglu a pris ses marques. Il a totalement investi la fonction, n’a rien fait de solide pour aller vers la réforme de la constitution que demande Erdogan, a déploré la mise en détention de journalistes, et s’est imposé comme négociateur avec l’Europe, en ramenant ce trophée : la suppression des visas pour les ressortissants turcs voulant se rendre en Europe.

Alors, Ahmet Davutoglu en flèche ? Le parti, contrôlé par des fidèles d’Erdogan, vient de dire stop.  

Le 29 avril, le comité exécutif de l'AKP a retiré à Davutoglu le pouvoir de nommer les responsables du parti à l'échelle des provinces et des districts. Touche pas à l’appareil...

Hier, à la suite d’une rencontre entre Erdogan et Davutoglu, a été annoncé dans le mois qui vient un congrès extraordinaire, au cours duquel Davutoglu ne sollicitera pas le renouvellement de son mandat. Selon les statuts du parti, cela signifie la fin de ses fonctions de Premier ministre.

Toute la question est de savoir si, ainsi désavoué, Davutoglu rentrera dans le rang, ou cherchera à renforcer son espace politique. Son action récente ne s’apparente pas à celle d’un semi-retraité.

Il a assumé la première position sur l’accord des politiques migratoires entre Bruxelles et Ankara, et la libération des visas a été jouée comme sa victoire.

De même, il a fait hier des déclarations très fortes. Il assume totalement la ligne dure contre le PKK : « Actuellement, il est impossible que ce processus de négociation reprenne avant que la Turquie ne se débarrasse totalement du terrorisme. Nos opérations sécuritaires se poursuivront jusqu'à ce que les villes, les villages et les montagnes de la Turquie soient totalement débarrassés du terrorisme ».

Vis-à-vis de la Syrie : « Notre politique à ce sujet a toujours été très claire. Nous ne reconnaissons pas la légitimité d’al Assad, car il continue de tuer son peuple. Il a forcé trois millions de Syriens à se déplacer en Turquie. C’est pourquoi, la légitimité d’un tel pouvoir ne peut être discuté ».

Un éventuel déploiement des forces terrestres en Syrie : « S’il le faut, nous les enverrons. Nous sommes prêts à prendre toutes les mesures nécessaires, à l’intérieur et à l’extérieur, pour la défense de la Turquie ».

Les relations avec l'Egypte : « Il est inacceptable qu’un président élu démocratiquement soit éloigné de sa fonction. La Turquie avait notamment connu dans le passé, des interventions militaires. La Turquie ne soutiendra jamais un coup d’Etat quelque soit le pays dans lequel il a lieu ».

La répression en Egypte : « Nous sommes contre la détention politique. Nous espérons que nos frères égyptiens régleront leurs problèmes internes. Si le problème des détenus politiques est résolu alors les relations avec l’Egypte pourront se normaliser. Nous attendons de l’Egypte qu’elle respecte les droits de l’Homme».

Poussé vers la sortie, Davutoglu a pris acte des rapports de force internes à l’AKP, mais tout montre qu’il ne sort pas, et mécaniquement, il va devenir l’opposant d’Erdogan. Le parti majoritaire en crise, ça va bouger.

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04/05/2016

Voler pour se nourrir n’est pas un délit… en Italie

Dans un arrêt rendu lundi, la Cour de cassation italienne a estimé que voler de la nourriture pour un faible montant quand on a faim n'est pas un délit, et a relaxé un sans-abri.

L’histoire commence en 2011, avec le braquage du siècle : Roman Ostriakov, un sans-abri ukrainien âgé de 36 ans, avait chopé des saucisses et deux morceaux de fromage pour un montant total de 4,07 euros dans un supermarché de Gênes. Repéré, il avait été contrôlé : flagrant délit.

Direction le tribunal, où notre ami avait été condamné à six mois de prison et d'une amende de 100 euros.

Ses avocats avaient fait appel, mais la cour d’appel avait confirmé la sentence, et nous voilà partis devant la Cour de cassation : bonne pioche, la juridiction suprême a acquitté notre ami.

« Les conditions de l'accusé et les circonstances dans lesquelles il a obtenu les aliments démontrent qu'il a pris ce peu de nourriture pour faire face à une exigence immédiate. Personne ne doit être puni si, forcé par la nécessité, il a volé de petites quantités de nourriture dans le but de répondre au besoin élémentaire de s’alimenter ».

Le journal La Stampa commente : « Cet arrêt de la Cour de cassation nous rappelle que dans un pays civilisé, personne ne doit mourir de faim ».  

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Une allégorie de la Justice et la Paix, Corrado Giaquinto, 1753

03/05/2016

Le médecin pakistanais qui a permis l’assassinat de Ben Laden croupit en prison

url1.jpegOn se rappelle de la formule d’Obama après l’exécution d’Oussama Ben Laden à Abbottabad, le 2 mai 2011 : « Justice has been done ». Sauf que c’était tout, sauf la justice. Il s’agissait d’un assassinat – exécution d’un homme qui dort et qui n’avait pas été jugé, même par contumace – et d’une violation grave de la souveraineté pakistanaise, car le commando US n’avait aucun droit pour conduire une opération militaire sur une terre qui n’était pas la sienne. Et ces invraisemblables scènes de liesse à New York...

Précision. Je rappelle qu’on se contrefiche de Ben Laden, qui ne pensait qu’à sa gueule, a causé des ravages dans le monde musulman, et n’a jamais su que la question palestinienne existait. Fin de la précision.

Le sort des personnes, dès lors qu’elles ne sont pas « américaines », Obama s’en contrefiche. Au cours de son premier mandat, il a ordonné 4.700 exécutions – trois par jour – et on doit en être actuellement à 8 ou 9000. Le mec si cool qui dépasse l’Iran et l’Arabie Saoudite à lui tout seul...

Pour l’assassinat de Ben Laden, vu le bénéfice politique à en tirer, les US ont joué leur carte perso à 100%, abandonnant leurs meilleurs alliés. Voici l’histoire du Dr Afridi, un médecin pakistanais.

Début 2011, les services US étaient persuadés que la grande maison d’Abbottabad était occupée par des dignitaires d’Al-Qaïda. Mais pour vérifier qui y logeait, impossible de passer par les services pakistanais, car les US ne jouent que pour eux.

L’idée de la CIA a été de mener une fausse campagne de vaccination contre l'hépatite B dans la ville, histoire d’entrer dans les maisons et de récupérer des souches ADN. Un complot ? Un vrai de vrai, ma chérie.

Par manigances, la CIA a recruté un toubib, le Docteur Shakeel Afridi, qui exerçait loin de là, dans la région de Khyber, près de la frontière afghane. Le Docteur Afidri est arrivé à Abbottabad en mars 2011, payé pour être l’organisateur d’une fausse campagne de vaccination contre l’hépatite B.. Pour faire vrai, on avait disposé des affiches dans la ville, et les habitants des quartiers pauvres avaient été vaccinés en mars. Puis, en avril, le docteur et ses infirmières ont continué leur campagne à Bilal Town, le quartier résidentiel où Oussama Ben Laden vivait. Des gens plein d’oseille à qui on propose des vaccinations gratuites ? Ah tout ce que l’on peut faire avec de si jolies ONG humanitaires…20182376.jpg

Grace à des démarches présentées comme systématiques, une des infirmières de la campagne est parvenue à se rendre dans la maison de Ben Laden, pour prélever des échantillons afin de recueillir de l’ADN permettant d'identifier Ben Laden. Les prises ont été transmises chez l’Oncle Sam, qui a fait le rapprochement car des membres de la famille Ben Laden avaient été soignées aux US. Secret professionnel, va te faire voir, c’est la guerre contre le terrorisme.

Tout était open, et Obama a donné l’ordre d’assassiner.  

Le Docteur Afidri a été arrêté lendemain du raid. Le 23 mai 2012, il a été condamné à trente-trois ans de prison pour des liens avec un groupe islamiste armé, un coup tordu pour lui faire payer d'avoir secrètement aidé les Etats-Unis. En 2014, sa peine a été ramenée à 24 ans. Le fait de collaborer avec un Etat tiers, qui va violer la souveraineté de votre pays pour une opération militaire, est de la trahison. Et une humiliation.

Cette manip’ a eu des effets délétères. Les campagnes de vaccinations ont été dénoncées comme des procédés d’espionnage, et fin 2012, les attaques contre des employés des services de santé, notamment ceux vaccinant contre la polio, avaient fait au moins 78 morts. Oki ?

Leon Panetta, qui était alors secrétaire à la Défense des États-Unis, a confirmé le rôle du Dr Afridi, et expliqué que poursuivre une personne qui avait contribué à l’arrestation d’un «terroriste» était «une véritable erreur». Donc, Dr Afridi, je pense bien à toi.

Sauf que maintenant, la question pour les US, c’est les pourparlers avec les talibans afghans, et pour ce faire, il faut dealer avec le Pakistan.

Alors, le Dr Afridi peut bien croupir en prison. Obama est passé à autre chose, et puis, il été tellement drôle l’autre soir au dîner annuel des corres­pon­dants à la Maison Blanche. Si le Dr Afridi a la télé dans sa cellule, il a dû apprécier.

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02/05/2016

« À l’Imagination », par Emily Brontë

Lorsque, lassée du long souci du jour

Et ballottée de peine en peine

Je suis perdue, prête à désespérer,

Ta bonne voix de nouveau me rappelle.

Ô ma fidèle amie, comment serais-je seule

Tant que tu peux parler sur pareil ton ?

 

Le monde du dehors est si vide d’espoir

Que m’est deux fois précieux le monde du dedans,

Ce tien monde où jamais ne règnent ruse et haine

Non plus que doute et froid soupçon ;

Où toi et moi et la Liberté,

Exerçons souveraineté indiscutée.

 

Qu’importe que, de toutes parts,

Le Péril, le Péché, la Ténèbre nous pressent

Si nous gardons ancré au fond de notre cœur

Un brillant ciel immaculé,

Chaud des mille rayons mêlés

De soleils qui jamais ne connaissent l’hiver ?

 

La Raison peut souvent se plaindre en vérité

Du triste train de la Nature,

Et révéler au cœur souffrant combien ses rêves

Sont voués à demeurer vains ;

Et la Réalité peut piétiner, brutale,

Les fleurs de l’Imagination à peine écloses.

 

Mais tu es toujours là pour ramener

Les visions latentes, pour parer

Le printemps dépouillé de nouvelles splendeurs

Et tirer de la mort une vie plus exquise,

Évoquant d’un souffle divin

De vrais mondes aussi lumineux que le tien.

 

Je ne crois guère en ta félicité fantôme,

Mais à l’heure apaisée du soir,

C’est toujours, oui, toujours avec reconnaissance

Que je te vois venir, ô bienfaisant pouvoir,

Infaillible consolatrice

Et quand l’espoir se meurt, plus radieux espoir.

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Emily Brontë, 3 septembre 1844, traduction Pierre Leyris, éditions Gallimard, 1963

 

 
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