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30/03/2015

Du fond du coeur, la Sarkozie remercie Hollande et El Blancos

9782070381487.jpgPlus d’une fois, cherchant à comprendre, nous sommes demandés à qui profitait la politique de Hollande et El Blancos. Eh bien, ce soir c’est clair : la sarkozie est la grande bénéficiaire de cette politique audacieuse qui, avec le charme de l'amateurisme, a ruiné tous les thèmes de la Gauche. Tout était visible dès le premier jour, mais – sur ce plan – le résultat est là. L’excellent Hollande n’a pas réussi à inverser les courbes du chômage et de la dette publique, mais pour ce qui est de la cote de Sarko, c’est remarquable.

Et il faut bien souligner, que pour l’UMP, c’est victoire est un don du ciel socialiste. L’UMP a montré tout ce qu’il y a de pire pour un parti politique ces trois dernières années, avec un bilan si catastrophique que Sarko voulait même changer le nom de l’UMP. Incroyable...

Du coté des immatures du « gouvernement », la réplique est déjà trouvée : c’est de la faute des électeurs qui ne votent pas et des autres partis qui osent présenter des candidats. Donc, rien ne va changer, et c’est tant mieux. El Blancos – qui a priori n’a pas fumé le cigare hier soir – va s’accrocher à son poste et c’est parfait. Cela augure en effet une raclée phénoménale pour les régionales de décembre 2015, avec un effet amplificateur dans ces grandes régions pour le FN, loin du travail l’implantation des élus locaux.

Bref, nous pouvons enfin, à Gauche, retrouver l’espoir d’un Parti socialiste laminé, ridiculisé, humilié, prêt à reconvertir le siège de la rue de Solferino en Club Med bien branchouille, avec Fleur Pellerin à l’animation culturelle, Bambi aux produits cosmétiques pas chers, Fabius à l’atelier relaxation, François au club de rencontres, Christiane animant la troupe de théâtre, DSK au spa, tous les autres à la cuisine, et El Blancos à la vidéo-surveillance.

Il faut rester positif et saluer tous les électeurs de Gauche qui se sont abstenus,… et qui reviendront voter avec entrain dès que les candidats le mériteront. Encore un effort, et on va pouvoir se débarrasser du PS. L’espoir renaît.

01:49 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags : gochmole, sarko

29/03/2015

Oscar Peterson, Tokyo 1987

Au top du top. Voici, en version longue – 1 : 27 – le fantastique concert donné à Tokyo le 28 février 1987 par Oscar Peterson et Joe Pass, avec Dave Young à la contrebasse et Martin Drew au drums. Un concert qui vous fera pleurer par sa puissance et sa subtilité, avec ce géant d’Oscar Peterson – mon pianiste préféré toutes catégories – qui avec cette époustouflante démonstration de jazz, nous guide vers des harmonies de la grande musique classique, et la beauté qu’apporte le son de la guitare de Joe Pass. La musique n’a pas de fin…

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00:58 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jazz

28/03/2015

Depuis Beyrouth : Nasrallah à propos du Yemen

Peut-être n’êtes vous pas à Beyrouth, et peut-être n’avez-vous pas lu L’Orient-Le Jour aujourd’hui. Ce qui se passe au Yémen est d’une importance considérable, et nous aurons à y revenir. Mais à Beyrouth, l’évènement est le discours du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah. Voici l’article publié par L’Orient-Le Jour.

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*   *   *

Nasrallah déclare la guerre à l’Arabie... mais temporise sur le plan interne

C'est un véritable réquisitoire que le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a dressé hier contre l'Arabie saoudite à la suite de l'opération menée par Riyad, à la tête d'une coalition arabe, contre les houthis au Yémen. Hassan Nasrallah, qui s'exprimait hier soir dans le cadre d'une allocution télévisée retransmise par la chaîne de son parti, al-Manar, a présenté son intervention comme étant un « droit de réponse », à la suite des diverses positions de soutien à l'offensive arabe prises au plan local, notamment par l'ancien Premier ministre Saad Hariri. « Comme il est du droit de chacun d'exprimer sa position avec son propre style, qui constitue pour nous une provocation, nous avons aussi le droit de répondre, avec le style que nous jugeons opportun. Nul n'a le droit de nous ôter ce droit », a-t-il indiqué.

C'est par le biais du dossier libanais – auquel il n'a consacré que quelques minutes durant sa longue intervention – que le secrétaire général du parti a commencé son allocution.

D'emblée, Hassan Nasrallah a mis en exergue sa volonté de ne pas rompre la trêve établie par le dialogue avec le courant du Futur au plan interne, en dépit des événements. « Nous souhaitons que ces développements dans le Golfe ne créent pas de nouvelles tensions au Liban. Le gouvernement doit prendre cela en considération pour que nous ne subissions aucun impact et pour que la situation générale ne soit pas affectée. Nous avons choisi d'opter pour le dialogue dans l'intérêt du pays, et nous avons favorisé le dialogue entre toutes les forces politiques. L'objectif était d'empêcher l'effondrement du pays et de décrisper les tensions sectaires », a-t-il indiqué.

« Aucune considération pour le TSL »

Mais selon le secrétaire général, le maintien du dialogue s'est fait « malgré la présence de forces politiques, ainsi que de personnalités au sein ou à l'extérieur du courant du Futur, qui œuvraient pour torpiller ce dialogue et qui s'y opposaient, parmi lesquelles celles qui ont témoigné devant le Tribunal spécial pour le Liban », en allusion au témoignage ces derniers jours de l'ancien Premier ministre Fouad Siniora à La Haye, auquel il n'a cependant fait aucune allusion explicite. « Nous n'y prêtons aucune importance. En dépit de ce qui est dit, nous poursuivrons le dialogue et supporterons toutes les provocations. J'appelle le public de la résistance à ne pas répondre et à ne prêter aucune attention à ces voix qui cherchent le retour aux provocations confessionnelles et sectaires, parce qu'elles n'existent que dans un contexte de discorde. Or nous ne voulons pas qu'elles réalisent leurs objectifs. Il faut tenir bon », a-t-il souligné.

« Nous avons déjà pris position depuis des années de manière claire, ferme et définitive à ce sujet. Certains Libanais ont suivi les longs témoignages et entendu beaucoup de baratin, sans noter la présence de propos ayant une valeur juridique quelconque. Nous ne commenterons pas tout ce qui se dit au tribunal. (...) Lorsque nous rejetons quelque chose dans son intégralité, nous ne le commentons pas. Notre position était claire dès le départ concernant tout ce qui a trait à cette instance », a poursuivi Hassan Nasrallah.

Présidentielle : « C'est l'Arabie qui bloque »

C'est aussi par le dossier libanais, et plus précisément par la question de la présidentielle, que le secrétaire général du Hezbollah a initié son attaque contre l'Arabie saoudite. « Nous sommes victimes d'une nouvelle campagne concernant la question du blocage de l'élection présidentielle, a-t-il indiqué. Le vide présidentiel est très nuisible au Liban et la tenue de l'élection est nécessaire. L'accusation portée à l'Iran et au Hezbollah de torpiller l'échéance n'est pas vraie. En toute sincérité, je me contenterai de dire que l'Iran ne s'ingère pas, ne s'est jamais ingérée et ne s'ingérera jamais dans la présidentielle au Liban et n'oppose de veto à aucune candidature ou personnalité libanaise. Certains aiment rejeter la responsabilité sur les autres. Ce que les Libanais savent en revanche très bien (...), c'est qu'un État bien déterminé oppose son veto au candidat le plus fort, le candidat naturel et logique qui peut réaliser l'équilibre et la stabilité au Liban, et qui représente une présence chrétienne importante au plan national. Il s'agit de l'Arabie saoudite, et plus précisément de son ministre des Affaires étrangères, Saoud el-Fayçal. »

Selon Hassan Nasrallah, « même le courant du Futur, ou plutôt son chef, n'oppose aucun veto dans les discussions internes ou du point de vue de ses convictions personnelles. Cependant, le problème au Liban, c'est qu'il y a un État qui a opposé un veto à un candidat à la présidence. Puisque vous savez que c'est l'Arabie qui torpille l'élection, pourquoi accusez-vous donc l'Iran, qui n'a aucun lien, ni de près ni de loin, avec ce dossier ? » « Allez faire en sorte d'abord que la décision soit entre vos mains, sans prendre en considération les veto posés çà et là. C'est alors que l'élection pourra connaître une fin heureuse », a-t-il ajouté.

« Quelle fermeté en Palestine ? »

Une fois ces deux dossiers liés au Liban liquidés, le secrétaire général du Hezbollah s'est attaqué au plat de résistance de son allocution, l'opération « Tempête de la fermeté » initiée par Riyad contre le Yémen. « Mais que s'est-il donc passé pour qu'une tempête de fermeté se lève au niveau du régime saoudien et de ses alliés, ou pour voir une quelconque fermeté arabe, alors que nous guettons depuis si longtemps ne serait-ce qu'une légère brise de fermeté s'agissant de la Palestine ? » a-t-il dit, moqueur.

« Tout ce que notre région a connu durant des décennies comme guerres et oppression n'a jamais suscité une intervention militaire saoudienne, et voilà que cela se produit aujourd'hui, a noté Hassan Nasrallah. Si le but est de sauver le peuple yéménite, pourquoi n'avez-vous pas bougé pour le peuple palestinien, et, au contraire, avez-vous comploté contre lui (...) et l'avez-vous vendu aux Israéliens et aux Américains? (...) Vous dites par ailleurs que la nouvelle donne au Yémen vous menace ainsi que la sécurité du Golfe et de l'Arabie : n'avez-vous jamais ressenti la menace d'Israël, qui possède l'une des armées les plus puissantes du monde (...) ? Cela constitue un nouvel acte de foi de la part des Arabes, en l'occurrence qu'Israël n'a jamais été une menace nécessitant une quelconque tempête de fermeté. »

« Vous poussez la région dans les bras de Téhéran... »

Le secrétaire général du Hezbollah s'est ensuite attaqué aux trois raisons principales invoquées par l'Arabie et les pays arabes pour mener la coalition contre les houthis – la « volonté de rétablir le pouvoir légal », la « menace que constituerait la rébellion houthie pour les pays du Golfe », et la théorie selon laquelle « le Yémen serait désormais sous occupation iranienne » –, infirmant ces trois arguments. Mais c'est sur le troisième qu'il s'est le plus longuement attardé, dirigeant, à l'occasion, une pluie de flèches sur le royaume saoudien. « Où est la preuve que le Yémen est sous occupation iranienne ? » s'est-il demandé.

« Le problème se trouve au niveau de la mentalité du régime saoudien et ses alliés : il s'agit de la non-reconnaissance de l'existence des peuples. C'est parce que ce sont des rois et des seigneurs bien lotis qui sont au pouvoir, et qui considèrent les gens comme leurs sujets. Pour eux, les gens n'ont aucune volonté ou cause indépendante. (...) C'est la politique étrangère saoudienne qui mène la région à être ouverte à l'Iran. Votre problème n'est pas l'Iran : c'est votre accumulation d'échecs depuis 20 ans, en raison de votre esprit, qui réfléchit d'une manière fausse. Ces politiques ont ouvert la région à l'Iran, quand bien même l'Iran n'a pas fait beaucoup d'efforts. C'est vous qui poussez les peuples de la région dans les bras de l'Iran », a-t-il ajouté à l'adresse des dirigeants saoudiens.

« L'Iran, une force d'occupation ? »

Le secrétaire général du Hezbollah a ensuite abordé le cas de chaque pays arabe, pour montrer qu'il n'existe pas, comme le soutient Riyad, d'« occupation iranienne » de ces pays, et qu'une telle affirmation part d'un « défaut de mentalité », qui, chez les Saoudiens, n'accorderait, selon lui, aucune importance à la volonté des peuples.

Au Liban, l'Iran et la Syrie ont volé au secours du peuple en 1982, lors de l'invasion israélienne, selon lui, à l'heure où les pays arabes avaient délaissé Beyrouth. « L'Iran est venu du bout du monde » pour aider le peuple à résister « en dépit de la guerre qui lui était imposée », et lui a offert « l'expérience, l'argent, les armes et les techniques ». « Mais la résistance était libanaise. (...) Cependant, vous ne reconnaissez pas la volonté et continuez de qualifier cette résistance d'iranienne et d'inféodée à l'Iran, ce qui n'est pas le cas », a-t-il noté. « L'Iran est respecté au Liban. Il a pour lui un camp important et influent. Il a son pouvoir. C'est vrai. Mais il n'occupe pas le Liban, n'établit aucune hégémonie sur lui et ne lui impose pas ses options », a-t-il ajouté.

Hassan Nasrallah a ensuite abordé successivement le cas de la Palestine, de l'Irak, de la Syrie et du Yémen pour démontrer la même idée : l'Iran n'occupe pas ces pays, mais vient au contraire au secours de leur peuple, face aux velléités de domination de l'Arabie saoudite sur le monde arabe. Le secrétaire général du Hezbollah a cité, dans ce cadre, l'exemple de l'invasion américaine de l'Irak en 2003, qui était soutenue par Riyad, accusant l'Arabie d'être à l'origine des voitures piégées envoyées à destination du territoire irakien « et » vos services de renseignements et votre Bandar (ben Sultan) d'avoir créé Daech. Ou encore « les tentatives de renverser, avec tous les monstres du monde, la Syrie pour qu'elle devienne votre satellite ». « Et puis Saoud el-Fayçal raconte que la Syrie est occupée par l'Iran et le Hezbollah. Ce n'est que mensonges et falsifications. Le nombre d'Iraniens au Liban est très limité et ne dépasse pas 50 personnes. Ce qui est encore plus drôle, c'est de dire qu'elle est occupée par le Hezbollah. (...) Le Hezbollah peut-il occuper la Syrie ? (...) », a-t-il noté.

« Téhéran ne nous a jamais rien ordonné... »

Réaffirmant sa fidélité au guide spirituel iranien, l'ayatollah Ali Khameneï, le secrétaire général du Hezbollah a cependant indiqué : « Je jure que l'Iran ne nous a jamais rien demandé ou ordonné, ni sur le plan local ni au niveau régional. Nous sommes un directoire indépendant. Jamais l'Iran ne nous a traités comme l'allié traite ses amis dans le monde, et je ne souhaite pas parler du Liban maintenant. »

« L'Iran n'est pas l'Empire perse, ni l'État du chah Pahalvi, votre allié, ami et ancien maître. Il s'agit de l'État islamique. C'est pourquoi vous vous étonnez qu'il vienne en aide à la Syrie, l'Irak et le Yémen sans rien demander ou imposer. L'islam est plus important que tout autre considération perse, nationale, raciale, confessionnelle ou sectaire », a ajouté Hassan Nasrallah.

Il est enfin longuement revenu sur le cas yéménite, estimant qu'en définitive, « la véritable raison de cette guerre est l'échec de l'Arabie saoudite dans ce pays (...) et le sentiment, pour le royaume, que ce pays appartient désormais à son peuple ». « Ce qui est requis aujourd'hui, afin que les émirs al-Saoud rétablissent leur hégémonie sur le Yémen, c'est que le sang des officiers de l'armée saoudienne et des fils du peuple yéménite et d'autres peuples arabes soit versé. Tout cela uniquement parce que des rois et des émirs ont perdu leur domination sur le Yémen », a-t-il affirmé.

Proclamant « la victoire du peuple yéménite "et" la déroute du régime saoudien », Il a adressé, dans sa conclusion, une pointe au président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas : « Je suis ébahi par sa position. L'intérêt du peuple palestinien est-il de soutenir une guerre contre son peuple ou une agression contre un pays ? »

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Sana'a, deux mille cinq cents d'histoire,... l'histoire d'un peuple

La République s’emmêle les pinceaux laïcs devant l’Evêque aux armées

C’est mécanique : une mécanique qui dérape… continue à déraper tant qu’elle n’a pas été rectifiée. La première fournée était anti-muslim, forme light du racisme anti-arabe, mais elle s’est ensuite emballée toute seule en logique anti-religieuse. Perso, je suis persuadé que c’est le fond du problème. Le truc n’est pas un problème de xénophobie, mais de réflexion sur la religion. Soyons réalistes : les musulmans ne posent aucun problème à la société française,… à part vivre tranquillement leur spiritualité ! La France, qui s’était construite un imaginaire glorieux comme société du droit débarrassée de la religion, encouragée par la relégation de l’Eglise catholique, se rend compte que le religieux est toujours là, comme de partout dans le monde. Il est sûr qu’on peut vivre sans religion,… mais il faut avoir fait un bel effort sur soi. Pour les autres, c’est un problème mal résolu, et aussi, ça chauffe quand ça revient d’actualité.

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Donc, hier, c’est mon pote Monseigneur Luc Ravel, évêque aux armées, qui s’est trouvé frappé par la vindicte. Un Monseigneur, oui, avec une bonne tête de soldat… avec un cerveau branché, et sans un poil de barbe à l’horizon.

Pour situer, il faut d’abord rappeler que l’aumônerie est, selon l’article 2 alinéa 2, de la loi de 1905, une charge de l’Etat.

- La religion financée par mes impôts laïcs ?

- Oui, c’est exactement ça.

large.jpgC’est valable pour toutes les aumôneries, avec un régime légal qui combine la liberté de religion et le paiement par l’Etat. Pour ce qui est de l’armée, la loi dite de « séparation » n’a rien séparé du tout car les mirlitons et les curés se sont mis d’accord pour créer un diocèse aux armées et lui affecter un évêque. Un authentique attentat au mythe de la sphère privée dans l’espace public.

Donc l’Etat paie, et il paie aussi un magazine « Église en monde militaire », connu sous le titre de l’ « Egmil ». C’est la revue de l’aumônerie militaire catholique des armées. Comme l’aumônerie est un service d’Etat, l’Eglise reconnaissante faisait figurer sur la page de couverture le logo de la République, qui n’avait jamais porté plainte.

Ce mois de janvier, en période post-Charlie, l’ami Luc a publié un long et joli texte, intitulé « La guerre compliquée ». Le thème ? On des cathos, et on est pour la paix, mais on est de mirlitons, et il faut assumer la guerre, donc sur quelle base et quels sont nos adversaires ? La question centrale.

Je ne vais résumer le texte, ni ne citer que des extraits.  Vous trouverez ci-dessous l’intégralité de la prose de Luc, un texte qui s’éloigne du consensus amolli « Je suis Charlie » et dénonce le « mal sournois de l’idéologie Charlie ». Le texte aborde beaucoup de sujets, et notamment, il rappelle la doctrine de l’église sur l’avortement. Le ministère de la Défense n’a rien eu à redire de la tribune de Luc.large (1).jpg

Oui, mais voilà ! Le 16 mars, le site Yagg, pôle de la mouvance lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre, a protesté contre le passage traitant de l’avortement et dénonçant l’idéologie Charlie…

Et notre vaillant ministère de la Défense s’est aussitôt aligné, avec une mesure de la plus parfaite hypocrisie : Egmil ne comportera plus le logo du ministère de la défense ! Avec cet argument parfaitement faux-cul de la Délégation à l’information et à la communication de la défense (Dicod) : « Les textes n’étant ni relus ni validés par une autorité du ministère, il est plus simple que le logo soit retiré. Cela permet à l’évêque d’être plus libre dans ses propos ».

Robert Poinard, un autre Monseigneur, vicaire général du diocèse aux armées et directeur de la publication d’Egmil, a vite répliqué : « En quoi, lorsque Monseigneur Ravel se fait l’écho de la doctrine catholique, dans une revue catholique que personne n’est dans l’obligation de lire, dénigre-t-il les droits de ceux qui ne partagent pas ses opinions ? En quoi l'évêque aux armées attente-t-il au droit des personnes puisque ceux qui ne partagent pas son opinion ne sont pas tenus de suivre ses avis ? »

*   *   *

LA GUERRE COMPLIQUEE

Après l’émotion, l’analyse. Après la tempête des cris, le roc de la pensée. Que dire tandis que l’interprétation des attentats déblaie le paroxysme de l’émotion ? Nous, chrétiens, que penser et que faire alors que s’apaise la vague de la stupeur et de la douleur partagées ? Allons-nous faire la guerre ?

La guerre. Son nom est aujourd’hui prononcé. Mettre un mot sur la réalité est gagnant. Mais de quelle guerre s’agit-il ? Dans toute guerre, la tendance facile consiste à se mettre dans le camp du bien contre des ennemis empêtrés dans celui du mal. Ainsi nous plaçons-nous dans le camp de la liberté contre l’islamisme obscurantiste. Mais concrètement est-ce aussi simple ? En luttant contre le terrorisme à revendication religieuse, en face des islamistes, sommes-nous pour autant dans le camp du bien tout pur ? Ne risquons-nous pas d’être aspirés dans une spirale libertaire et suicidaire avec qui nous partageons le même combat, contre le terrorisme, mais pas nécessairement les mêmes certitudes ? Dans la Résistance, il y avait de nombreux communistes. Pour autant, devions-nous adhérer à l’idéologie communiste en résistant contre le nazisme ? Nous y sommes.

Voilà que, dans la guerre naissante, la peur nous saisit d’être pris à revers… Le chrétien se sent jeté précipitamment dans la zone de no man’s land où s’échangent les tirs d’obus. Il rampe au milieu des mines et autres barbelés, entre deux tranchées adverses d’où pleut la mort. Sa place au cœur de la bataille se résume alors à aller chercher les blessés pesant sur la boue tandis que deux idéologies terribles, deux pensées de mort, deux camps inhumains s’affrontent au-dessus de sa tête. Il sait qu’il en sera la première victime, dans la foulée de son Maître, l’Agneau de Dieu qui l’envoie comme une brebis au milieu des loups. Pris pour un ennemi par les deux côtés, il recevra la mort de l’innocent, brancardier du monde, titubant entre les corps, pour la dignité du mort et le salut du blessé.

Voilà que, avec inquiétude, nous découvrons que notre guerre n’est pas simple ; qu’il nous faut choisir notre camp ; que nous nous armons contre le mal manifeste sans prendre position pour le mal sournois. Le chrétien se sent pris en tenaille entre deux idéologies.

D’un côté, l’idéologie qui caricature Dieu au mépris de l’homme. De l’autre, l’idéologie qui manipule l’homme au mépris de Dieu. D’un côté, des adversaires déclarés et reconnus : les terroristes de la bombe, vengeurs du prophète. De l’autre côté, des adversaires non déclarés mais bien connus : les terroristes de la pensée, prescripteurs de la laïcité, adorateurs de la République.

Dans quel camp se situer comme chrétien ? Nous ne voulons pas être pris en otage par des islamistes. Mais nous ne souhaitons pas être pris en otage par des bienpensants. L’idéologie islamique vient de faire victimes en France. Mais l’idéologie de la bien-pensance fait chaque année 200 000 victimes dans le sein de leur mère. L’IVG devenue droit fondamental est une arme de destruction massive. Alliés pour la France avec d’autres, nous devons faire front contre les attaques terroristes explicites. Mais, pour autant, nous ne devons pas cautionner les folies de l’euthanasie, du mariage pour tous et autres caricatures de Charlie-Hebdo. Que faire ?

L’histoire n’est pas neuve. Il s’agit de faire corps avec son pays, mais de refuser les idéologies qui le traversent. Etre russe, sans être soviétique, chinois sans être communiste, allemand sans être nazi. Les idéologies ne font que passer. Au regard de l’histoire, leur durée de vie est plus courte que leurs propagandistes ne le pensent.

Bien avant, les prophètes eurent la même attitude : tout en se rangeant du côté du peuple d’Israël, ils en dénonçaient les perversions. L’invasion des babyloniens n’empêche pas Jérémie de protester contre les idolâtries du peuple dont il partage la destinée. Né vers 650 avant J.C., Jérémie va connaître la période tragique de la ruine par morceaux du Royaume de Juda alors concentré autour de Jérusalem. En 587, Jérusalem est prise par les babyloniens, le Temple est incendié, la population déportée. Passionné par Juda, passionné par Dieu et pour son peuple, Jérémie fulmine aussi bien contre Juda que contre les nations païennes. La première partie du livre contient des menaces contre Juda et Israël (1, 1 à 25, 13), la deuxième partie contre les nations, les peuples adverses (25, 13 à 25, 38 et 46 à 51). Les autres passages sont essentiellement biographiques, Jérémie y révèle ses souffrances. Il fait corps avec son peuple : il souffre de tous ses membres de son infidélité mais il en reste solidaire jusqu’au bout.

A ce qu’il me semble, à ce point de mes réflexions, j’ose affirmer qu’épouser la cause de Dieu pour sauver l’homme ne signifie pas : 

Refuser de servir son pays. S’éloigner des combats jugés fugaces pour l’éternel Royaume. Refuser la loi des corps et des esprits qui naissent et grandissent dans la lutte.

Mais je crois pouvoir dire qu’épouser la cause de Dieu pour sauver l’homme signifie :

Reconnaître toutes les idéologies, leur virulence, leur opposition (souvent l’une révèle l’autre).

N’en suivre aucune : les dénoncer symétriquement et systématiquement.

Ne pas en construire une autre, à mi-chemin entre les deux.

Et pour cela, il y a une discipline à pratiquer : Se méfier des idées, de toutes les idées surtout enveloppées de croyances, voire de christianisme. Les idées tuent, elles sont les idoles modernes auxquels on sacrifie l’homme libre.

Aller vers l’homme concret, individuel, de chair et d’os : tant d’idéologies humanistes organisent les génocides au nom de leurs principes. Que de morts au nom de la vie, que d’emprisonnements au nom de la liberté ! Ce chemin de l’homme concret conduit à Dieu.

Le chrétien n’est pas apatride : sur terre, il appartient à des communautés dont deux sont d’institution divine, la famille et la nation. Où en sont-elles ?

De cette discipline découlent trois missions concrètes, c’est le camp du chrétien et son action particulière dans la guerre :

Il va à l’homme individuel. Il va vers lui, en épousant ses joies et ses espoirs… tout ce qui le rapproche de cet homme blessé lui convient mais le partage de la même misère est le meilleur raccourci pour aller à l’autre. Il défend la famille. Car c’est la première communauté d’hommes et de femmes concrète qu’il rencontre et sans laquelle il finit par imploser dans sa solitude. Le pape François aux Philippines (16.01.2015) s’écrie : «Comme nous avons su dire non à la colonisation politique, nous devons dire non à toute forme de colonisation idéologique qui viserait à détruire la famille. »

Il prend part à la dynamique de son pays. Et s’il doit combattre dans les rangs de son armée, il le fait sans honte et sans retenue. Car se faisant, il ne prend pas la cause de telle ou telle idéologie semée dans sa nation ; les poilus de 14 ne prenaient pas fait et cause pour l’anticléricalisme régnant en se battant pour la France. Le catholique allemand devait être dans les rangs allemands et le catholique français dans les rangs français.

La cause de l’homme, le camp de Dieu s’incarne ainsi dans l’homme, la famille, la nation. A nous de nous intégrer à fond dans l’homme, la famille et la France.

Guerre compliquée, donc, parce que nous sommes courageux mais aussi lucides. Nous voulons défendre la France mais sans être pris en otage par une revue de misère. Nous voulons nous opposer au terrorisme islamique sans donner raison au terrorisme contre Dieu. Nous serons courageux avec les autres mais nous serons lucides pour les autres en questionnant.

Par exemple, à force de laïcité (agressive) n’avons-nous pas laissé le saint Nom de Dieu entre de bien mauvaises mains ? A force de le cacher dans un placard, n’avons-nous pas laissé le saint Nom de Dieu moisir en milieu de haine ? Certaines questions feront mal à nos élites, docteurs de la Loi, gardiens du Temple.

Comment aussi demander aujourd’hui à des musulmans droits et de bonne volonté de s’intégrer à une France qui leur est présentée comme une somme de valeurs libertaires, irréligieuses, amorales ? L’intégration en France ne doit pas présupposer l’assimilation à des valeurs déifiées et erronées. On peut, on doit demander l’intégration à la France mais pas à la caricature de la France. L’intégration, par ailleurs, fait peur à certains au motif que chacun doit rester avec sa culture, sa religion etc. On pourrait en rire en d’autres circonstances : en république laïque, l’intégration n’impose aucune religion ou changement de religion ! Et donc pourquoi revenir sans cesse sur cette conjugaison religion-intégration ? Intégration signifie faire corps ensemble, comme la main, le foie, le cœur ne s’intègrent au corps qu’en réunissant leur force pour la vie de la personne totale. Quand un soldat français musulman combat et meurt pour la France, lui a-t-on demandé de renoncer auparavant à sa culture et à sa religion ?

La position, je parle là en militaire, sera inconfortable. Mais avec la Grâce, elle ne sera pas intenable. Seul notre courage validera notre lucidité aux yeux des autres. Seule notre lucidité validera notre courage aux yeux de Dieu. 

Luc Ravel 

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27/03/2015

A 320 : Le drame du suicide

Le procureur de la République de Marseille, Brice Robin, qui a lutté contre les indécentes manœuvres du BEA, a pu ouvrir l’information judiciaire dès qu’il a eu les éléments nécessaires, et deux juges d’instruction ont été désignés pour enquêter sous l’angle de l’infraction d’homicide involontaire, précisant qu’il réfléchissait « à une requalification de l'enquête ». Le procureur a également indiqué que l’attitude du pilote « pouvait être analysée comme une volonté de détruire cet avion ». Nous verrons... A ce stade, l’essentiel était de donner à cette affaire la meilleure qualité d’enquête possible, ce qui est un droit pour les victimes, et qui a été fait avec la désignation des juges d’instruction. Les juges sont saisis des faits et, le cas échéant, ils doivent requalifier au vu des développements de l’enquête, le procureur pouvant le faire aussi.

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Comme l’information judiciaire est ouverte, tout change : les familles des victimes vont avoir accès au dossier, et vont pouvoir solliciter des actes d’instruction. La recherche de la vérité se fait dans le respect de la loi, et dans l’esprit du contradictoire. Chaque victime peut désormais faire état des travaux et des questions de ses experts, et saisir le juge pour creuser toutes les pistes.  

A ce jour, rien n’accrédite une thèse terroriste, et l’hypothèse qui ressort des informations reste la psy, la plus commune des maladies, avec deux hypothèses.

La première est celle de la bouffée délirante, qui peut effectivement être assez subite, mais qui cadre mal avec cette période de 8 minutes, méthodique et obstinée, et l’absence de tout signe annonciateur.

La seconde est celle de l’accès mélancolique du passage à l’acte suicidaire. Le professeur Jean-Louis Terra, un expert, explique : « Si le scénario du suicide est retenu, cet acte relèverait de troubles psychopathologiques sévères. Mais même s'ils sont importants, ils ne sont pas toujours visibles. Leur détection est alors difficile mais il faut savoir écouter les signaux faibles. Parfois, des phrases qui paraissent anodines comme ‘ça va s'arranger’ ou ‘vous entendrez parler de moi’ peuvent en dire long. L'enquête devra d'ailleurs revenir sur les propos que ce copilote tenait sur lui-même, sur les autres et sur la compagnie comme autant d'indices sur son état psychologique ».

Cela doit nous faire réfléchir : le plus grave acte criminel – 150 assassinats – commis sur notre sol est sans doute lié à ce drame de la santé publique qu’est le suicide. Pour la France, c’est entre 10 à 12.000 personnes qui meurent chaque année après un acte suicidaire, avec un nombre de tentatives de suicide supérieur à 200.000 par an.

Ces derniers temps, j’avais été stupéfait de la légèreté avec laquelle était abordée la question du suicide assisté, en lien avec le débat sur la fin de vie, alors que les deux questions n’ont rien à voir. La loi comme si existait un droit au suicide ? Quelle horreur ! Non, restons lucides : le suicide est un drame, qui tue 10 000 personnes par an, et qui mine des vies. C’est un fléau à combattre, et pas à accompagner.

Qu’est-ce que la vie d’un être humain sur terre? Réapprenons à tendre la main. 

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02:23 Publié dans santé | Lien permanent | Commentaires (40) | Tags : suicide, trafic aérien

 
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