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26/06/2016

Brexit : Attention, le référendum n’était que consultatif

Dans les référendums, il y a le modèle constitutionnel français : le vote populaire est une forme supérieure de la loi, et donc la proclamation du résultat définit l’état du droit. Pour le vote du Brexit, le 23 juin, c’est bien différent car ce référendum n’était que consultatif. C’est un fait politique, et important : on voit les secousses sismiques que ce vote a déclenché. Donc, une force politique dont personne ne peut ignorer, et personne à ce jour ne peut savoir jusqu’où elle ira, mais sur le plan juridique, c’est zéro. Le droit se tient au Parlement. 

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De toute part, ou presque, les excités de l’évènement somment Cameron de venir mardi à Bruxelles pour notifier l’engagement de l'article 50 du traité de Lisbonne.

Que dit cet article 50 ? C’est laconique :

« L’article 50 du traité sur l’Union européenne prévoit un mécanisme de retrait volontaire et unilatéral d’un pays de l’Union européenne (UE).

« Un pays de l’UE qui souhaite se retirer doit informer le Conseil européen de son intention. Le Conseil doit ensuite proposer des orientations vers la conclusion d’un accord sur les modalités du retrait dudit pays.

« Cet accord est conclu au nom de l’UE par le Conseil, votant à la majorité qualifiée, après avoir obtenu la validation du Parlement européen.

« Les traités de l’UE cessent de s’appliquer au pays concerné dès la date d’entrée en vigueur de l’accord ou dans les deux ans à dater de la notification de retrait. Le Conseil peut décider de prolonger cette période.

« Tout pays s’étant retiré de l’UE peut introduire une nouvelle demande d’adhésion. Il doit alors suivre la procédure d’adhésion ».

C’est donc un processus complexe. Il faut défaire tous les liens institutionnels qui ont été créés, et qui sont considérables, et ce qui va remettre en cause des millions de situations individuelles. Cet article n’est simple qu’en évidence : il prévoit la sortie, le démariage, mais il est bien évident que personne n’imagine ensuite une indifférence totale entre le Royaume-Uni et l’Europe. S’ajoute une seconde question aussi essentielle : peut-on envisager les négociations sur le démariage, sans les lier avec la définition du nouvel accord ? Qui veut envisager le saut dans le vide ? 

Alors Cameron… Cameron ne peut en aucun cas notifier l’engagement de la procédure de l’article 50 lors du sommet européen qui va s'ouvrir ce mardi 28… parce que c’est juridiquement impossible. Le référendum n’étant que consultatif, son gouvernement doit obtenir un vote des Communes, seul le Parlement étant décisionnaire. Et, et c'est tout le problème, il n’y a aucune majorité Brexit au Parlement britannique. Question : les parlementaires vont-ils voter contre leurs convictions, abandonnant la souveraineté parlementaire ? Ce pour suivre un référendum consultatif, qui a été nerveux et ambiguë, fondé sur le mensonge et la xénophobie ? Je ne suis pas parlementaire britannique, mais je vois l’affaire bien mal partie.

Par ailleurs, il faudra également que le Parlement se prononce sur le type d’accord qui va suivre, pour mandater le gouvernement. Or, cette question n’a jamais été évoquée lors du référendum. Aussi, une voix logique serait la dissolution des Communes, pour de nouvelles élections législatives avec un vaste débat sur (1) le principe du départ, et (2) ce qu’il faut pour en remplacement. Il se dégagerait alors une majorité qui aurait un mandat populaire net.

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Kenny Barron Trio, JazzBaltica 2006

Les musiciens innovent tous les jours, nous surprennent, ouvrent sans cesse des voies nouvelles,... et savent aussi repasser par les meilleures bases. En l’occurrence, la figure du jazz qu’est le trio « piano, contrebasse, batterie ». C’est l’image du bonheur par le mariage à trois. Un équilibre des sons suave, si simple et chaque fois inégalé avec ces grands artistes. Grand bonheur ce soir avec Kenny Barron, l’immense pianiste.

Kenny Baron sera sur nos terres ce mois de juillet, le 8 juillet lors de Jazz à Beaupré, à Saint-Cannat (13) avec Harold Lopez Nussa et Dado Moroni, et le 12 juillet à Montreux avec Dave Holland et Ulf Wakenius. Je me permets de conseiller les deux concerts, ce sera sublime. Le blog rembourse les billets si vous êtes déçus...

Voici le grand Kenny, enregistré il y a dix ans au JazzBaltica 2006 avec Kiyoshi Kitagawa à la contrebasse et Victor Lewis à la batterie. Le grand Kenny imprime sa marque, et tout le monde s’enflamme. Ça, c’est du jazz…

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01:06 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jazz

25/06/2016

Ah oui, l’idée européenne serait zigouillée par un référendum ambiguë ?

Royaume-Uni-carte-générale-Angleterre-Ecosse-Pays-de-galles-Irlande-du-Nord-Europe-de-l-Ouest.jpgC’est quoi le film ? L'Angleterre qui redevient une ile ? Mais Londres est une capitale totalement européenne ! Allez y passer quelques heures, et vous me direz si vous êtes sur une ile, fière et rebelle face au monde, ou dans la plus intégrée des Europe. Boostés par les programmes Erasmus, les étudiants savent qu’il faut raisonner européen, et tout se construit sur cette base. C’est une force immense qui existe à Londres, et croire que tout peut être remis par terre à cause de ce référendum ambiguë… Pour le moment, il y a une grosse tempête, qui peut avoir bien des effets vu le contexte politique, économique et social. Mais ce qui construit le monde, c’est la vraie vie, c’est-à-dire ce que vivent les gens, ce qu’ils construisent ensemble. On verra dans quelques années ce qu’il restera de ce référendum

Quelques réflexions

1/ Cameron l’irresponsable

Ce référendum, c’est une invention d’un Cameron affaibli pour renforcer son assisse dans son camp. Il n’y avait aucune menace travailliste quand il s'est engagé dans ce programme insensé : affubler l’Europe de tous les maux, aller négocier des aménagements techniques à Bruxelles, aménagements inbitables et invérifiables car ils ne seront jamais mis en œuvre, pour finalement expliquer qu’il faut voter avec enthousiasme pour l’Europe, guérie de ses maux grâce au génie de Cameron... De ce point de vue, le Brexit est parfaitement logique.

2/ L’Ecosse vers l’indépendance

La réussite du stratège Cameron se confirme : l’Ecosse, pro-Europe à 62%, va demander son indépendance, et l’Irlande du Nord, pro-Europe à 56 % - qui sait ce que l’Europe lui a apporté – se pose des questions. Les entreprises britanniques n’ont donc pas besoin de s’installer en Ile de France, où les invite Mamie Pécresse. Il leur suffit de délocaliser leur siège social en Ecosse, et elles seront tranquilles. Déjà que l’Écosse fournit les meilleurs whiskies, cela devient vraiment une destination fameuse. Dans quelques années, les Anglais en train de s’inscrire aux agences de l’emploi en Ecosse… Wahou le référendum historique…

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3/ Le Royaume Uni toujours membre du Conseil de l’Europe

Le Royaume Uni reste totalement européen, inscrit dans les mécanismes contraignants du droit européen,… parce que, s'il va sortir de l’Union européenne, il reste membre du Conseil de l’Europe. Il est tenu d’appliquer la Convention européenne des droits de l’homme, la Charte sociale européenne et il reste soumis à la Cour européenne des droits de l’homme. Or, le Conseil de l’Europe, c’est tout ce qui concerne les droits fondamentaux, les libertés publiques, la vie privée, la liberté de religion, mais aussi les droits sociaux et la non-discrimination… Pour avoir une petite idée des sujets traités par la Cour européenne des droits de l’homme, vous pouvez cliquer ici.

4/ Quelles critiques argumentées de l’Europe ?

L’Union européenne peut mieux faire… c’est une évidence, il y a maintes crtiques à former, mais pour que ces critiques soient entendables, il faut qu’elles reposent sur un minimum d’élaboration, et dépassent le stade du miasme crispé contre les technocrates européens, ce bien connu rot populiste… Un exemple ? L’Union européenne, nous dit-on, nivelle la diversité des Etats. Si c’est vrai, c'est grave. Oki ? Mais donnez-moi un seul exemple significatif, précis et argumenté, avec please, les références en droit communautaire. Ça m’intéresse.

5/ La faiblesse des Etats, le vrai problème

Le vrai problème actuel n’est pas la crise de l’Europe – L’Europe est toujours en crise car elle est dans un processus de construction – mais la faiblesse des pouvoirs étatiques. Nous ne sommes pas dans une Europe fédérale, mais dans une Europe des Etats. Ces Etats sont indispensables car ce sont les seuls lieux où se créent les racines politiques et la solidarité. Or, à l’exception notable de l’Allemagne, les pouvoirs politiques dans les grands Etats européens sont par terre : Cameron faisant éclater son pays pour un petit arrangement interne à son parti ; l’Espagne paralysée par l’absence de majorité politique, avec de nouvelles élections ; Hollande sans aucune prise sur le pouvoir, et qui s’apprête à être éliminé au premier tour des présidentielles ; Razi, décrit hier encore comme le nec plus ultra du pouvoir moderne, qui est aujourd’hui humilié par un parti populiste amateur ; la Belgique et son gouvernement perpétuellement chancelant…

L’Europe, ce sont des Etats qui discutent ensemble. Ce n’est pas une Europe fédérale. L’Union européenne se combine très bien avec des Etats forts, en rappelant que l'autoritarisme n’est pas un signe de force. Si l’on veut renforcer l’Europe, il faut d’abord renforcer les Etats, ce qui veut dire des dirigeants politiques à la hauteur, compétents, sachant décider, et ayant une vision de la politique interne et internationale de leurs pays. 

Dans le monde bouleversé de la mondialisation, alors que tout dirige vers une gouvernance économique et militaire supranationale, les Etats restent la première garantie des peuples, et en Europe, ces Etats n’ont d’avenir que s’ils savent travailler entre eux. Il n’y a aucune opposition entre l’Union européenne et les Etats ; le seul problème est l’incompétence de la classe politique dirigeante. Incompétence et irresponsabilité, car ceux qui ne cessent de créer les difficultés se présentent toujours comme étant les seuls pouvoir les résoudre.

Remontons les manches, il y a du travail.

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Edimbourg, une grande destination européenne

24/06/2016

2017 pour Sarko, le PS prépare la suite

Les opinions vont évoluer, mais peu. On reste dans la trame de 2012. Il ne se passe rien de tangible dans la vie politique, et il n’y a donc aucune raison pour un bouleversement de la donne. A moins d’un viol dans un palace… 

Pour le premier tour de présidentielles, on a en gros trois blocs qui se valent, pour un tiers chacun.

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Je précise tout de suite qu’aucun parti ne présente un espoir politique quelconque. Il s'agit juste d’analyser une course de chevaux.

Marine Le Pen, incapable de gagner un scrutin sérieux, a commencé son repli, ce qui advient vite dans notre société de consommation politique. Une mode, et tchao… En 2017, elle va rester à un niveau élevé car elle est la seule à tenir son tiers d’électorat, et elle sortira vraisemblablement en tête, ou en seconde position. Mais on voit mal comment elle serait troisième. Bref, elle a toutes les chances d’être au second tour, ce qui n’ouvre sur rien, à part sa défaite, donc no pb.

A droite, Sarko, qui a su faire le choix de reprendre la direction du Parti, a maintenant une grosse machine dans les mains, et il me parait bien parti pour doubler Juppé. S’il emporte la primaire, Bayrou se portera candidat, espérant récupérer le vote Juppé, mais ça, c’est quand même bien velléitaire. Donc, Sarko aura un gros morceau de son tiers, et il serait logique qu’il se retrouve en deuxième position.

A gauche, la primaire va obliger Montebourpif et Hamon à suivre la règle du parti, et donc, après un petit show au premier tour, à appeler à voter Hollande au second tour de la primaire, pour dégager ensuite le terrain. El Blanco et Macron ne sont plus de la partie. Vous les voyez se présenter contre Hollande ? Vraiment de petits bras…

Après, il y a la candidature de Mélenchon, un cauchemar pour le PS, car le mec est à un poil de Hollande dans les sondages. Rester devant est possible, mais pas simple. Il fallait donc surtout empêcher des candidatures directes de Montebourpif et Hamon, seul moyen pour que  Hollande sorte devant Mélenchon, faute de quoi la crise serait grave, avec une déflagration pour les législatives.

Hollande vainqueur à gauche, c’est possible, mais le camarade Camba sait très bien que le « tiers » électoral de la gauche sera à partager avec Mélenchon (et quelques autres), ce qui suffira à éliminer Hollande dès le premier tour.

Donc, un nouveau quinquennat Sarko est le plus probable, car le PS appellera à voter Sarko pour faire barrage à Le Pen.

Tout le monde le sait au PS, et c’est pour cela que les regards sont déjà tournés vers le congrès qui suivra. Assis sur les fidèles militants – une base autrement plus sérieuse que le volatil vote des primaires – se dégagera une forte majorité, aujourd’hui silencieuse, avec tant de ces militants qui ont fait exploser hier les standards des fédérations en apprenant que Hollande et El Blanco interdisaient une manif des grandes centrales syndicales (CGT, FO, FSU, Solidaires).

Aubry et ses amis sont à la manœuvre. Ils ont créé un mouvement interne au PS, et vont s’organiser pour prendre le pouvoir dans le parti dès la rentrée. Ça c’est sûr, mais ne fantasmez pas sur Aubry candidate,… c’est un autre monde ! Pour le moment, le seul objectif est de faire un gros consensus dans le PS pour dégager Hollande et El Blanco, marginaliser Montebourpif et Hamon, et reprendre les rênes, en accord avec Camba. Dans notre hyperprésidentielle Vème République, pas de parti sans présidentiable, et Hidalgo a, pour ce petit monde, toutes les qualités. Qualités pour être une président bien sympa, et qui écoutera ce qu’on lui dira, très amicalement, de faire.

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23/06/2016

Le retour du bon vieux PS

La journée vécue hier compte, et pèse lourd. La Gochmole de Hollande, El Blanco et Camba vacille… et tombe,… et cette fin de monde est un boulevard pour le retour de Sarko. Je suis allé boire un coup avec mes vieux potes du PS, et dans la maison socialiste, ce n’est pas triste.

Le problème « El-Blanco », ce n’est pas El-Blanco, qui est connu par cœur, c’est pourquoi Hollande l’a nommé. C’est la seule question qui compte. Et il ne l’a nommé ni pour ses compétences, ni pour ses vues politiques, mais parce que Hollande et les petits merdeux du PS – Montebourpif, Hamon, Peillon – avaient estimé que c’était le meilleur moyen de l’user, pour le neutraliser, et donc de garder leur petit pré-carré, leur épicerie, avant de redonner un coup à gauche quand s’approcheraient les élections de 2017… Quels visionnaires… Merci à ces marchands de soupe Montebourpif et Hamon de ne pas nous prendre pour des cornichons quand ils se la jouent maintenant « Moi, le peuple de Gauche… ». Si on a El Blanco, et toute sa politique destructrice des valeurs de gauche, c’est à cause d’eux.

Cette décision affichée d’interdire les manifs marque la fin d’une trop longue séquence, à savoir l’instrumentalisation du pouvoir par Hollande et El-Blanco pour détruire les bases traditionnelles de la Gauche. Je n’ouvre pas le débat de savoir si ces bases sont bonnes ou non, je constate juste que Hollande et El-Blanco s’occupent avec systématisme de leur destruction. Sauf que ça casse, que ça casse beaucoup, mais sans atteindre les bases, car nos lascars sont de petits bras. Dès qu’on entre dans le vrai social, ils lâchent.

Alors, El-Blanco va-t-il rester ou être remplacé par Cazeneuve ?  Et Hollande va-t-il remporter la primaire ? Au sein du PS, ce n’est plus le débat. L’option majoritaire, c’est que Hollande se présente et perd, ce serait parfait pour dégager le terrain et reconstruire la suite. S’il gagne, ce serait pour mettre en place un gouvernement médiatique et cosmétique, car tout le PS se focalise sur un seul sujet : repartir sur des solides bases – les vieux militants restés par ces temps hostiles – pour refaire une grosse majorité, et l’emporter lors du prochain congrès du PS. L’enjeu de pouvoir n’est pas 2017, mais de revenir aux bases du PS, pour reprendre en main la suite. Futur congrès du PS qui verra la victoire d’une majorité « frondeurs – Aubry », capable de repartir sur des grandes batailles. D’ici là, 2017 est un problème secondaire. La seule chose qui compte est de reprendre le pouvoir au sein du PS.

Le retour de Sarko ? Plus que probable, avec une Marine en recul, et un Juppé pontifiant qui n’arrive pas à entrer dans le match.

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