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04/05/2015

Ça me désole, mais…

Ça me désole, mais c’est comme ça : en 2015, le seul leader politique qui parle vrai est Marine Le Pen. De quoi flipper, et sérieusement, car avec le cynisme dominant, le reste suivra.

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Du côté du PS et l’UMP, tout est cassé. La pouf' Belkacem explique que l’avenir de l’école publique passe par le stand-up de Debbouze, et le pouf’ Sarko est obligé de passer par un référendum des adhérents pour que l’ancêtre des partis gaullistes se place sous l’étoile de George W. Bush. Avec des sous-chefs délirants, que personne n’ose contredireNo future.

En face, nous retrouvons MLP, et soyons réalistes, car les imprécations ont leurs limites : le FN, c’est une vraie implantation locale qui, à part les racistes congénitaux de la Côte d’Azur, recoupe la France du chômage. Et comme le chômage va accroître… Alors, on ne résoudra rien par l'anathème...

Ce WE, tous les médias sont tombés sur le FN, et ils ont eu tout faux. Sachons regarder la réalité en face, avant de la prendre demain sur le nez comme un râteau.

Jean-Marie Le Pen, le réfugié politique du guignolesque Soral, est venu fiche le boxon sur la tribune du FN, pour déstabiliser sa fille au moment où celle-ci allait prendre la parole. MLP a laissé passer, a enchainé avec maîtrise, et le soir à la radio, elle a dénoncé avec une force ajustée une attaque contre le parti… et contre elle-même. Aujourd’hui, elle prendra les mesures que permettent les statuts pour évincer son père.

Vous pouvez considérer que ce n’est que la tambouille interne à ce méprisable FN, et peut-être avez-vous raison. J’ai longtemps vu les choses comme ça. Mais, essayons d’accepter ce que voient nos yeux : hier, devant affronter son père, une femme a eu des mots de vérité. On se fiche comme du quart de son discours devant l’allumée Jeanne d’Arc, mais les mots peinés et résolus d’une fille qui rejette son père marquent. Vous mesurez ? Non ?

Franchement, je suis inquiet.

Pas pour notre avenir social : la société vaut cent fois mieux que ses dirigeants. De partout où que j’aille, on me parle de solidarité et de main tendue aux plus démunis.

C’est du point de vue politique que c’est la cata. Elections gagnées ou non, MLP est devenue le centre autour duquel s’organise la vie politique. C’est elle qui donne le la, et c’est à partir de ce que dit le FN que les autres réagissent. L’UMP et le PS déblatèrent, mais les permanents sont de consigne pour étudier à la loupe ce qu’a dit MLP, et caler ensuite le discours de leur parti en fonction. Alors, que les cosmétiques leaders déblatèrent les « éléments de langage » vendus par les agences de com’, MLP parle. C’est un fait, et ça fait la différence.

- OKI. Mais alors… Tu critiques, mais tu proposes quoi ?

- Franchement à part une bonne révolution, je ne vois pas d’issue.

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01:02 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : révolution, ump, ps, fn

03/05/2015

Eddie Palmieri, Lugano 2013

Lugano, je suis fan. Essayez-vous verrez… C’est reparti pour un tour avec Eddie Palmieri est un p’tit gars de Spanish Harlem, né en 1936, au sein d’une famille d’immigrés portoricains. A huit ans, Eddie parlait dans l’oreille des pianos, et en 2013, il illumine Lugano après cinquante ans de carrière au meilleur niveau. Je vous ai trouvé un concert d’une heure, vingt-trois minutes et cinq secondes, alors vous allez avoir tout le temps d’apprécier la force et la joie de cette musique. Mais attention, ce qui fait la puissance d’Eddie Palmieri c’est tout un travail d’authentification, de conciliation entre les Caraïbes et la musique afro-américaine. Jouer la salsa pour danser, ça fait du bien, mais il y a mieux : la musique pour la musique.

Voici ce qu’explique Eddie Palmieri : Comme disait Tito Puente, « la salsa [sauce en espagnol], c’est ce que je mets sur mes spaghettis ! ». Cette appellation marketing a eu des conséquences  dramatiques pour notre musique. La radio de nos jours ne diffuse plus que de la pop latine soporifique, il n’y a plus d’orchestres, plus de solos, plus de percussions… S’agissant de mon travail, je préfère parler de musique afro-cubaine ou afro-caribéenne. Pour être exact, il faudrait entrer dans le détail de ce que sont la rumba, la guaracha, le mambo, et toute cette variété de patrons rythmiques d’origine africaine qui ont survécu dans les Caraïbes en dépit de l’esclavage. Pour la diaspora noire, le tambour était une arme de résistance. Dans la santería, les tambours batás racontent l’histoire de dieux yorubas dont les noms sont par ailleurs camouflés sous ceux de saints catholiques - c’est un langage secret. Ces rythmes se sont cristallisés et développés de façon privilégiée à Cuba, jusqu’à alimenter le répertoire des orchestres de danse. A partir des années 1920, cette musique a influencé tout ce qui s’est produit dans les Caraïbes, à Porto Rico, à New York et dans le reste de l’Amérique latine. Je trouve extraordinaire que des expressions forgées dans la douleur et l’oppression soient finalement parvenues à rayonner et faire danser le monde entier ! »

Avec Eddie Palmieri, on est dans le vrai, et franchement, ça fait du bien… Je vous souhaite un excellent concert.

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00:19 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : jazz

02/05/2015

Les Femen : A quoi jouent les médias ?

Nourries de la puissance intellectuelle de leur tutélaire Caroline Fourest, les Femen n’ont rien à dire, ou ne disent que des conneries. Comme hier encore, quand elles viennent foutre le bazar au rassemblement du FN, pour dénoncer un parti fasciste et assimiler Marine Le Pen à Hitler…

Admirons la puissance de l’analyse, et là je cite ce qu’on trouve sur le site des Femens : « En ce jour de grande messe fasciste devenue une véritable tradition du clan Le Pen, les lepénistes en herbe on décidé de fêter l’évènement à leur façon en accueillant la Fuhrerine Marine Le Pen aux cris de « Heil Le Pen », « Félicitation my fürher » et « Le Pen To fascist » !

Un ramassis de conneries sans nom, et une foire totalement contreproductive : quand 30 % du pays, et surtout dans les quartiers populaires, quittent les partis traditionnels pour s’ancrer chez Le Pen, avec comme racine un chômage que ni l’UMP, ni le PS ne savent maîtriser, c’est d’une débilité sans nom que de traiter le FN de fasciste. Et ces gourdes à poil ont-elles un jour ouvert un livre pour savoir ce qu’est le fascisme ?

C’est donc nul, nullissime et ça marche comme une machine à renforcer les troupes du FN, ce d’autant plus que le PS et l’UMP se gardent bien de la moindre critique contre les Femen. Et comme j’ai un tout petit peu de mémoire, je rappelle que c’est la chèfe des Femen qui a été l’inspiratrice pour la Marianne du timbre officiel de la République…  

C’est donc nul, nullissime… et pourtant à tous les coups ça marche : les petits nichons font la une et tournent en boucle sur les chaines « infos ». Même pas trois mots d’élaboration… Quand même assez désespérant…

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01/05/2015

Chap. 8. Esclavagisme : La responsabilité de l’Etat français

En Guadeloupe, depuis 1635, l’ensemble des droits fondamentaux sont victimes de violations systématiques et de grande ampleur (I). Depuis le premier jour, l’Etat organise et protège ces faits (II).


I – Des violations des règles universelles et les plus anciennes du droit

A – Un déni des règles les plus établies du droit

Indépendamment de sa dimension conceptuelle, qui bafoue l’idée d’humanité à travers la revendication d’une race blanche supérieure , parfaitement revendiqué par Jules Ferry, l’esclavage se manifeste par des violences corporelles, des meurtres, des menaces de mort, des viols, des vols, des atteintes à l’intimité de la vie privée, faits qui ont toujours été des crimes selon le droit français (La contribution de la Cour de cassation à l’émancipation des esclaves, Les Annonces de la Seine, n° 45, 18 juillet 2013).

Le droit interne de l’époque n’accordait aucun statut à l’esclavage, et avait même rompu avec le servage. Le Pape, devant les ravages humains, avait par sa lettre Veritas ipsa, du 2 juin 1537, confirmé cette prohibition de l’esclavage qui considère des êtres humains comme des biens. Il n’y avait aucun doute sur l’illégalité criminelle de ces faits, et leurs auteurs en étaient parfaitement conscients. Cette illégalité, à grande échelle, était la base irremplaçable de l’économie colonialiste, et les colons esclavagistes ne cessaient de demander un statut légiféré à l’esclavage pour couvrir les crimes qu’ils commettaient, statut qu’ils ont obtenu en mars 1685, avec Le Code noir, après le rattachement à la Couronne en 1674.

B – Une légalité d’apparence

Les colons ont cherché à se donner une apparence de légalité, qui s’analyse en trois volets.

1/ Une administration locale fantoche

Les colons ont créé sur place une sorte d’administration factice, dont les figures centrales étaient le gouverneur et le « tribunal souverain de la Guadeloupe ». Mais le gouverneur n’était en fait que le chef des malfaiteurs, dénué de la moindre légalité. Quant au sinistre « tribunal souverain de la Guadeloupe », il a par ses arrêts de règlements, a fait régner la terreur dans la vie quotidienne, accordant aux colons un permis de tuer « les nègres », et a régi en toute tranquillité d’esprit les ventes d’esclaves.

2/ De pseudo documents de propriété

Les « gouverneurs », qui étaient les administrateurs de la Compagnie des Iles, ont profité des difficultés économiques de cette société pour vendre les iles à eux-mêmes, à titre personnel, par des ventes privées, passées chez un notaire à Paris. Or, ces terres relevant de l’inaliénable souveraineté du peuple Kalina ne pouvaient être vendues, et en toute hypothèse, la Compagnie des Iles pouvait vendre des biens qui ne lui appartenaient pas car elle les avait acquis par le moyen de crimes de masse.

3/ Un illusoire traité de paix

Alors que les Kalinas avaient été exterminés en Martinique et qu’ils étaient en passe de l’être en Guadeloupe, le gouverneur Houël a eu l’idée de concocter un soi-disant « traité de paix ». Ce document est signé à Basse-Terre, le 31 mars 1660, est dénué de toute valeur. C’est un acte de droit privé, alors que seul pouvait s’appliquer en Guadeloupe le droit Kalinago public. L’acte a été signé par des religieux agissant comme intermédiaires non mandatés, les Kalinas étant qualifiés de « sauvages », sans personnalité juridique. En toute hypothèse, l’alternative était pour les Kalinas soit une mort annoncée ou la relégation sur La Dominique, et le gouverneur Houël a utilisé ces dramatiques circonstances avec cynisme, pour donner une apparence légale à ses crimes.


II – Un système organisé et protégé par l’Etat français

A – La colonisation et l’esclavagisme

Pendant la première période, de 1626 à 1674, qui a été la plus sanglante, l’autorité publique a joué un rôle éminemment détestable. En effet, la royauté a laissé faire « le sale boulot » par des compagnies qui n’étaient en réalité que de milices de tueurs, autorisées par la royauté à se payer par le butin. La royauté a laissé ces milices procéder au génocide des Kalinas, à l’appropriation des terres, et à la mise en place de l’esclavagisme. La Royauté a également laissé passer les ventes de 1644/1645 pour ensuite réintégrer les iles de la Guadeloupe et de la Martinique dans le domaine de la Couronne, comme si ces ventes avaient pu purger les vices. Et par la suite, en toute tranquillité, la Révolution en 1790 a requalifié le domaine de la Couronne en domaine de la Nation.

Un vrai tour de passe-passe, laissant à la conquête et les massacres à des acteurs privés, alors qu’à tout moment la puissance publique pouvait reconnaître l’illégalité de la situation et en tirer les conséquences de droit. Ainsi lorsqu’en 1660, le tribunal local de Guadeloupe, défendant les colons assassins et voleurs, institue par un arrêt de règlement que les colons peuvent tuer les « nègres » sans que leur responsabilité pénale puisse être recherchée, les autorités publiques françaises sont parfaitement informées, et approuvaient par leur silence (La contribution de la Cour de cassation à l’émancipation des esclaves, Les Annonces de la Seine, n° 45, 18 juillet 2013).

B – L’abolition

Pendant la seconde phase, celle de l’abolition, l’Etat a joué une carte vicieuse… et tellement intéressée. Les abolitionnistes ont mis en avant de nobles discours, alors qu’il s’agissait de sauver un modèle économique en faillite, et d’écarter une insurrection des esclaves qui, elle, aurait été libératoire.

Pour Victor Schœlcher : « Les Nègres allaient prendre la liberté eux-mêmes si la métropole ne la leur donnait pas. Tout délai eut porté les Nègres à la révolte… Le gouvernement provisoire n’a pas été imprévoyant. Il s’est rendu compte de tout, il a agi avec un louable empressement, mais sans légèreté, et c’est pour sauver les maîtres qu’il a émancipé les esclaves ». Et il rassurait les anciens maîtres esclavagistes en expliquant que fait de l’appât de la rémunération, « les Nègres ne manqueront pas aux champs de canne ».

On entend en écho le Jules Ferry du 28 juillet 1885 que les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieures, à savoir les civiliser. Le ministre des finances de 1848 a été encore plus trivial en expliquant que l’indemnisation ne répondait pas un principe juridique quelconque, mais juste à la nécessité d’apporter des liquidités pour relancer la domination blanche en Guadeloupe. L’Etat a agi dans son seul intérêt, et avec un mépris total pour les populations, validant la notion de valeur marchande des escales, son but étant la préservation du crime.

C – La pérennité de l’acquis colonial

Le plan de 1848 a parfaitement réussi car à ce jour encore la Guadeloupe reste structurée sur le modèle post-colonial, ce qui est toujours le principal obstacle au développement de la Guadeloupe. Depuis 170 ans, l’Etat a eu pour seul but de maintenir ce modèle économique, et ce régime indu de possession de la terre guadeloupéenne.

Parmi de multiples faits, cinq relevant des dernières décennies doivent être ici rappelés.

- Au cours des années 1950, devant les mouvements sociaux et l’accès à l’indépendance des anciennes colonies britanniques, l’Etat s’est dépêché de mettre de place des plans d’embauche dans les institutions et établissements publics français.

- La répression de mai 1967 est une tuerie, que l’Etat a caché en rendant les archives inaccessibles, espérant interdire tout action en justice des victimes.

- L’abolition du colonat a été gérée dans le seul but de sauver les grandes propriétés des anciens maîtres.

- La loi de 2001, loi dénuée de toute force juridique, est présentée et mise en scène comme une victoire morale de l’Etat français.

- L’ouverture du musée est une réponse illusoire au mouvement de réparation, et vise à la glorification d’une histoire qui ignore le crime français. 

L’attitude illégale de l’Etat est d’autant plus fautive que tout a toujours été fait pour organiser l’impunité des colons, et criminaliser la juste contestation. Ces violations, graves et systématiques du droit, sont toutes des infractions pénales, et relèvent de la qualification de crime contre l’humanité.

De telle sorte, l’Etat Français a donné le cadre de la colonisation esclavagiste, pour l’avoir reprise en gestion directe en 1674, après l’épuration ethnique, et pour avoir toujours  agi – en 1794, 1802 et 1848 – pour maintenir un ordre de domination, brisant les droits des esclaves et de leurs descendants. Ces illégalités fautives, au sens de l’article 1382 et des principes de la responsabilité publique, engagent la responsabilité car elles ont causé un préjudice considérable.

Un système inique que l’Etat a sauvegardé jusqu’à ce jour : la propriété foncière reste celles des héritiers des maîtres-esclavagistes, et les descendants d’esclaves restent locataires des terres cultivées depuis quatre siècles par leurs familles. Mais il reste une question qui peut faire écrouler ces siècles de violence et d’injustice, à savoir une question prioritaire de constitutionnalité à propos des textes de 1848/1849 qui organisaient l’indemnisation des criminels et plaçaient les victimes dans la plus grande précarité. Ces textes républicains qui indemnisaient les maîtres esclavagistes en fonction de la valeur marchande des esclaves. 

Question, donc: les textes de 1848/1849 respectent-ils les principes de dignité et d'égalité ?  

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Chap. 7 – Le maintien des bases coloniales de l’économie

Le déni français est établi par l’absence de toute politique de remise en état (I), l’instrumentalisation de la loi factice de 2001 (II) et le refus obstiné des autorités étatiques (III).

 

I – L’absence de toute politique de remise en état

 

La situation en Guadeloupe montre que rien n’a été fait pour remettre en état. Toute forme de réparation est rejetée par principe, et l’Etat a poursuivi avec méthode sa politique, à savoir s’adapter toujours aux données de fait pour maintenir un régime d’exploitation :


- c’est du fait de son intérêt économique que l’esclavage a été encadré par la loi, spécialement par le Code noir ;

- l’abrogation de 1794 a été totalement insincère, trouvée comme une parade pour rétablir une force militaire capable de maintenir la présence française à Saint-Domingue ;

- la loi et le décret consulaire de 1802 ont voulu tirer profit du retour des Antilles dans l’Etat français et du développement de la marine ;

- l’abrogation de 1848 visait à éviter des révoltes qui allaient faire perdre les Antilles et à donner un motif « humaniste » à la colonisation, à savoir mettre fin à l’esclavage ;

- l’indemnisation des anciens maîtres et le refus de toute indemnisation des nouveaux libres confortaient la puissance économique de ceux qui restaient des maîtres et contraignaient les anciens esclaves au statut de salariés précaires, devant travailler pour leur survie, ce qui a figé pour des décennies l’économie d’exploitation ;

- en 1946, la départementalisation et les plans d’emplois de colonisés par les institutions françaises ont eu pour but de bloquer le risque d’indépendance, alors que les anciennes colonies britanniques aux Caraïbes accédaient toutes à l’indépendance ;

- à ce jour, les grandes propriétés agricoles restent à la descendance des anciens maîtres esclavagistes, pourtant incapables de justifier d’un titre valable.


Le PNB par habitant reste deux fois moindre en Guadeloupe qu’en France métropolitaine. 2013, la Guadeloupe connait un taux de chômage de 26 %, suivi de la Martinique 22,8 % et de la Guyane, 21,3 % alors que le taux de la France métropolitaine est de 10,5 % en 2013. Les 15-24 ans sont les plus touchés (59,8 %) ainsi que les femmes (28,4 %).

Dans le protocole mettant fin à l’important mouvement social de 2009, les parties – dont l’Etat – ont reconnu que l’économie de la Guadeloupe restait sinistrée par la persistance d’un modèle de développement de type colonial.


II – L’instrumentation de la loi factice de 2001

A – Le texte de la loi

Si l’on en croit le discours officiel, la réponse aux légitimes demandes des descendants d’esclaves a été la loi n° 2001-434 du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité. Précédé d’un exposé des motifs qui se veut grandiose mais qui n’est que grandiloquent, la loi dispose :

 

« Art. 1er.La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique et l'esclavage, perpétrés à partir du xve siècle par les puissances européennes contre les populations africaines déportées en Europe, aux Amériques et dans l'océan Indien, constituent un crime contre l'humanité.

 

« Art. 2. – Les manuels scolaires et les programmes de recherche en histoire et en sciences humaines accorderont à la plus longue et la plus massive déportation de l'histoire de l'humanité la place conséquente qu'elle mérite. La coopération qui permettra de mettre en articulation les archives écrites disponibles en Europe avec les sources orales et les connaissances archéologiques accumulées en Afrique, dans les Amériques, aux Caraïbes et dans tous les autres territoires ayant connu l'esclavage sera encouragée et favorisée.

 

« Art. 3.Une requête en reconnaissance de la traite négrière transatlantique ainsi que de la traite dans l'océan Indien et de l'esclavage comme crime contre l'humanité sera introduite auprès du Conseil de l'Europe, des organisations internationales et de l'Organisation des Nations unies. Cette requête visera également la recherche d'une date commune au plan international pour commémorer l'abolition de la traite négrière et de l'esclavage, sans préjudice des dates commémoratives propres à chacun des départements d'outre-mer ».

 

B – Une duperie

 

La loi de 2001 s’inscrit dans cette logique de protestations minimalistes permettant au système de perdurer.

 

L’absence de volonté politique a vite été mise en évidence. Lors de la Conférence mondiale de Durban, en août-septembre 2001, organisée par les Nations Unies, le représentant français n’a pas pris la parole pour défendre cette reconnaissance de la traite négrière transatlantique, alors que le débat avait été porté sur ce terrain par plusieurs Etats du Sud.

 

Depuis, la démonstration a été faite que cette loi était dénuée de force normative, et les parlementaires, qui continuent de la glorifier, n’ont apporté aucun démenti à cet arrêt de la Cour de cassation du 5 février 2013 :  

 

« Si la loi du 21 mai 2001 tend à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l'humanité, une telle disposition législative, ayant pour seul objet de reconnaître une infraction de cette nature, ne saurait être revêtue de la portée normative attachée à la loi et caractériser l'un des éléments constitutifs du délit d'apologie » (Cass. Criminelle, 5 février 2013, n° 11-85909, Publié ; voir aussi : Conseil d’Etat, 26 octobre 2005, n° 281273).    


 

III – Le refus obstiné des autorités étatiques

 

Le 10 mai 2013, lors de la journée nationale de « commémoration » de la traite de l’esclavage, le président de la République a refusé l’idée de réparation. L’argument est particulièrement faible, alors que la demande principale est une remise en état, l’indemnisation ne pouvant être que complémentaire. Maints grands crimes contre l’humanité ont donné lieu à des compensations financières, et que surtout cette compensation financière n’est qu’un succédané quand la remise en état est impossible. La redistribution des terres est de droit dès lors que cette possession est illicite dès l’origine, et ne s’est maintenue que par la violence.

 

Il a fallu attendre le début des années 2010 pour mettre fin à l’inique bail à colonat, contrat qui prévoyait un paiement de la location sous forme d’un partage de la production (75% planteur – 25% propriétaire) et l’implication du propriétaire dans les choix culturaux. Dans un premier temps, la loi n° 2006-11 du 5 janvier 2006 d’orientation agricole a rendu impossible la conclusion de nouveaux baux à colonat paritaire outre-mer, puis la loi n° 2010-874 du 27 juillet 2010 de modernisation de l'agriculture et de la pêche a mis fin le 27 janvier 2011 à tous les baux à colonat partiaire, automatiquement convertis en bail à ferme. Le gouvernement a communiqué sur cette belle évolution qui « tournait une page de l’histoire agricole en outre-mer et inscrivit les relations locataires-propriétaire dans le cadre général, mais en pratique, la loi s’est empressée de transformer d’office ce contrat en bail rural, pour éviter tout débat sur la propriété.


En fait, l’Etat français reconnait avoir commis un crime contre l’humanité dont les populations vivant en Guadeloupe ont été victimes, et reconnait aussi que l’économie reste minée par ce modèle d’exploitation, mais il ne propose comme réponse que des discours, une loi factice, des commissions diverses et variées, et un musée. 

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