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05/07/2015

Tigran Hamasyan, Jazz sous les Pommiers, mai 2015

Tigran Hamasyan est un génial virtuose du piano, grand inventeur de musiques, et il est particulièrement en forme pour cette année 2015. Il y a quelques jours, il a bluffé le public de Jazz à Vienne. Le voici à Jazz sous les Pommiers, en mai 2015, avec Sam Minae à la basse et Arthur Hnatek à la batterie. Avec des locomotives comme ces jeunes musiciens, le jazz a tout l’avenir devant lui. C’est très très beau.

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02:12 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jazz

04/07/2015

GPA : La France va-t-elle enfin respecter les droits de l’enfant ?

Existe-t-il encore en France de braves gens pour s’intéresser à ce que dit notre premier sinistre, qui hier – sans doute de retour d’un match de foot – éructait : « Le recours à la GPA demeure un interdit absolu en France » ?

Oui, c'est çà, gentil,.. tout doux El Blancos… Effet de la canicule ? 

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Le matin même, la (non-vaillante) Cour de cassation avait, dans sa divine bonté, accepté de donner un statut à des enfants venus sur terre sans avoir demandé comment, en tirant la substantifique moelle de la Convention sur les droits de l’enfant, ratifiée le 7 août 1990… Vingt-cinq ans pour que ça remonte au cerveau… Un exploit! 

Et encore,... il avait fallu les arrêts Mennesson et Labassee du 26 juin 2014 de la CEDH pour botter le cul d’une Cour de cassation dramatiquement incapable d’envisager d’elle-même les inévitables évolutions du droit. Comme pour la garde à vue, et comme pour tant d’autres sujets... (Je sais, c'est pire pour le Conseil d'Etat, mais quand même...) A quoi jouent les juges ? Que sous l’hermine à la mode Quai de l’Horloge, se trouve une batterie de réactionnaires, ce n’est pas un problème, car toute opinion bien défendue est estimable. Mais ces gens-là ne doivent quand même pas oublier qu’ils sont là pour dire le droit, et non patauger dans leur bac à sable moral.

C’est aussi assez rigolo de voir avec quelle facilité notre brave Cour ravale sa jurisprudence antérieure - dernier exploit du 19 mars 2014 - pour juger aujourd’hui exactement l’inverse : « Une GPA ne justifie pas, à elle seule, un refus de transcription pour un enfant ayant un parent français ».

Elle casse un arrêt de la Cour de Rennes du 15 avril 2014, qui refusait d’inscrire le fils d’un père sur le registre d'état civil français, au motif que la naissance était l’aboutissement d’une GPA, et elle rejette un pourvoi formulé par le parquet général contre un arrêt de la cour d’appel de Rennes du 16 décembre 2014, avait fait demandé que soit porté à l’état civil la filiation paternelle... la Cour de Rennes ayant fait pivoter sa jurisprudence...

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El Blancos le rigolo, explique doctement au peuple grec que pour rester dans l’euro il faut faire des sacrifices, mais sa puissante pensée n'envisage pas un instant d'inclure l’obligation de respecter les arrêts de la CEDH,... alors que la France a ratifié ce texte, et s'est engagée à le respecter.

On est donc niveau petit coq, option « avec béret ». La GPA est « un interdit absolu »... mais - dans la vie vraie - la jurisprudence en consacre désormais les effets, refusant de faire payer à l’enfant les conditions dans lesquelles il est venu au monde.

Un législateur respectable expliquerait : « pour rester dans l’Europe il faut faire des sacrifices », et il engagerait un processus hardi de légalisation de la GPA, éclairé par la jurisprudence de la CEDH, avec des clauses ciselées, donnant une voie légale aux parents – pour les sortir des réseaux financiers si ce n’est affairistes – et respectant le droit de l’enfant à une filiation.

Bien sûr, le tremblant El Blancos ne fera rien, car il ne sait rien faire, à part aller aux matches de foot.

Ce sont donc les juges, qui à l’occasion d’une prochaine affaire, reconnaitront la « filiation d’intention », c’est-à-dire celle de l’autre parent, qui a consenti à cette GPA, et qui va apporter à cet enfant amour, affection et éducation, pour devenir la mère ou le père.

L’arrêt de la Cour de cassation, le joyeux référendum grec, les fuites organisées du FMI sur l’indispensable allègement de la dette grecque, l’espionnage intensif par les US, les grandes manœuvres des boss de l’OTAN, l’incapacité à peser sur le chômage ou sur l’endettement, et tant d’autres choses… montrent que le pouvoir en France est par-terre. Et je note que si le monde politique français soutient les Guignols, c'est parce qu’il a enfin trouvé là une information fidèle à son action.

Bref... Le seul reproche qu’on peut faire aux bébés de la GPA, c’est qu’ils mettent le roi à nu,.. alors que le spectacle n’est pas jojo.

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Qui a volé mon scooter ? 

03/07/2015

Grèce : quels faits ? quels enjeux ?

51Q7DMXH2EL._SY344_BO1,204,203,200_.jpgJuncker et Hollande l’auraient souhaité, mais Merkel a dit non : pas de discussions avant le référendum de dimanche. L’Eurogroupe, soit les18 ministres des finances de la zone euro, ne se réunit plus.

Tsipras appelle à voter non au référendum sur l’accord « réformes contre argent frais », pour revenir avec un poids politique renforcé et imposer une voie alternative. De l’autre côté, on espère sa défaite, pour imposer le plan. Ambiance.

L’idée était de débloquer 7,2 milliards d’euros contre un premier plan de réformes. Le gouvernement grec était presque d’accord sur le plan, mais pour relever le pays, il demandait 30 milliards et une renégociation de la dette, cette dette publique grecque qui culmine à près de 180 % du PIB. Tout est bloqué.

La Grèce devait rembourser 1,6 milliard de dollars au FMI lundi, ce qui n’a pas été fait. Le gouvernement a du instaurer le contrôle des changes, ordonner la fermeture des banques et libérer les retraits au compte-goutte.

Tout est suspendu au résultat du référendum.

D’un côté : il faut rembourser, et nous ne pouvons aider que s’il est mis en place un strict plan de réduction des dépenses, notamment sociales, car l’Europe doit être égale dans les efforts qu’elle demande à ses membres. Bref, pour rester dans la zone euro, il faut faire des sacrifices.51443X6DRFL._SY344_BO1,204,203,200_.jpg

De l’autre : il faut un plan réaliste, avec des réformes, mais aussi des aides et des abandons de créances, c’est-à-dire avec un schéma qui permette au pays de faire face, en retrouvant le dévellopement. Bref, des efforts, oui, mais saigner le peuple pour finir de livrer le pays aux banques, non.

De fait, le FMI a lâché hier une étude selon laquelle les créanciers devraient vraisemblablement abandonner environ 50 milliards d’euros.

Si le oui l’emporte, et nettement, il sera difficile pour Tsipras de rester, et la marge de négociation deviendra faible. Mais de manière réaliste, comment apurer une telle dette avec une croissance plombée par l’austérité ?

Si le non l’emporte, viendra le grand jeu : un accord européen avec une renégociation de la dette, au risque de l’incompréhension d’autres pays, ou la casse, avec la sortie de l’euro, le plantage XXL des prêteurs, le risque d’effets systémiques... Et quel modèle économique pour une Grèce hors euro ?

Après ? Il m’est difficile d’en dire plus, car je connais mal l’économie, et encore moins les affaires bancaires. Alors, je lis, j’essaie de comprendre, et je compte sur vos idées.

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01:29 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (50) | Tags : grèce, europe

02/07/2015

Méditerranée : Les migrants… sont des réfugiés

Ça fait du bien d’écouter les gens qui ont des choses à dire… parce qu’ils savent ce dont il parle. Par exemple António Guterres, Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) qui parle des réfugiés.

L’ami António a publié hier un rapport faisant le point sur les six premiers mois en Méditerranée. Retour au réel.

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Les chiffres…

Le nombre de personnes concernées est en très nette augmentation : 137 000 sur ces six mois contre 75 000 sur la même période l’an dernier, soit une hausse de 83%.

Les années antérieures, les plus gros chiffres ont été enregistrés sur la seconde partie de l’été. En 2014, on était passé de 75 000 à 219 000, et il faut attendre un mouvement de même nature.

L’immense majorité sont des réfugiés

Un tiers sont des ressortissants syriens. Les deuxième et troisième pays d'origine sont l'Afghanistan et l'Érythrée. Viennent ensuite la Somalie, le Nigeria, l'Irak et le Soudan.

Vu la situation dans ces pays, la quasi-totalité doit pouvoir bénéficier du statut de réfugié, au sens du droit international.

L’ami António souligne pour ceux qui ne veulent pas voir les évidences : « La grande majorité des 137 000 personnes ayant traversé la mer Méditerranée vers l'Europe durant les six premiers mois de 2015 fuyaient la guerre, le conflit ou les persécutions, ce qui fait de la crise méditerranéenne principalement une crise de réfugiés. Alors que l'Europe débat de la meilleure façon de gérer la crise qui s'aggrave en Méditerranée, nous devons être clairs : la plupart des personnes qui arrivent par la mer en Europe sont des réfugiés »

Quels sont les trajets ?

Pour ce qui est des arrivées maritimes, l'itinéraire de l'est de la Méditerranée depuis la Turquie vers la Grèce a désormais dépassé celui de la Méditerranée centrale, depuis l'Afrique du Nord vers l'Italie : sur les six premiers mois, 68 000 par la Grèce, et 67 500 par l'Italie. La Turquie est le pays qui accueille le plus de réfugiés au monde, aux environs de deux millions de personnes, et une part, lassée par la terrible vie dans les camps, tente ensuite sa chance vers l’Europe. 70 000 sur deux millions, une goutte d’eau. La Turquie assume les deux millions, et l’Europe rejette les 70 000.  

La Grèce est totalement défaillante, offrant moins de 2000 places d'accueil. De réfugiés poursuivent alors vers la Serbie, la Hongrie et la Macédoine, où désormais arrivent chaque jour plus de 1000 personnes. Un itinéraire d’enfer, avec ces personnes si vulnérables livrées au pire mafieux. Mais par chance, il n’y a pas de caméras… C’est le chemin de la survie pour espérer atteindre l’Allemagne ou l’Europe du Nord.

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La responsabilité de l’Europe

Je cite l’ami António : « L'Europe a une responsabilité claire pour aider les personnes en quête de protection après qu'elles aient fui la guerre et la persécution. Renier cette responsabilité menace les fondements même du système humanitaire que l'Europe a difficilement construit. Les pays européens doivent assumer leur juste part de la réponse à la crise des réfugiés, sur leur propre territoire et dans d'autres Etats. »

Pour ce qui est de la France, le choix est fait de renier nos obligations internationales, nos droits constitutionnels, et le respect des droits fondamentaux de la personne. C’est aussi nier l’autorité du Haut Comité pour les Réfugiés. J’espère que les assos qui travaillent auprès de ces personnes préparent un gigantesque recours en responsabilité. Pour le premier argument de la requête, il suffira de reprendre ce qu’écrit : « L'Europe a une responsabilité claire… ».

Très bien. Pour le reste, nous attendrons le prochain discours d’un encravaté moyen sur les « valeurs de la République », pour lui dire en toute amitié : « Ton discours, tu peux te le caler dans le train ». 

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01/07/2015

« Tout vient du radicalisme en prison » : du grand n’importe quoi…

Dans le contexte de profonde et saine réflexion de janvier 2015 – « Esprit du 11 janvier, es-tu là ?... » – un constat faisait l’unanimité de nos ersatz de dirigeants, dramatiquement happés par le syndrome du singe dominant : « c’est en prison que les islamistes se radicalisent, il faut donc les regrouper dans des quartiers spéciaux, pour les isoler et les surveiller ».

Le 21 janvier 2015, dans le cadre d’un plan de lutte contre le terrorisme (George W. Bush in memoriam),  notre excellent Premier sinistre a annoncé la création, d’ici la fin de l’année 2015, de cinq quartiers dédiés au regroupement des personnes détenues radicalisées ou perméables au prosélytisme.

Ah que tout ceci est beau et bon… Enfin, un problème résolu.

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Petit problème, au sein des connaisseurs du monde pénitentiaire, personne ne voyait bien l’intérêt, ni comment faire. Le très officiel Contrôleur Général des lieux de libertés, qui est une contrôleuse, Adeline Hazan, publie un long et documenté avis au Journal officiel d’hier, pour dire que c’est une connerie sans nom. Euh, comme Madame la Contrôleuse est courtoise, elle se dit « défavorable » à la chose, et tailler en pièces ce funeste projet.

Ici, l’avis publié au Journal officiel et là, le rapport. Ca, c’est de l’info, et pas de la propagande pour batraciens.

Ça tombe dès les premières lignes, car chiffres à l’appui, Madame la Contrôleuse démonte le mythe : « Il faut d’abord relever que la prison est loin d’être le lieu premier de la radicalisation, qui se développe en amont. En effet, selon le ministère de la justice, 16 % seulement des personnes incarcérées pour des actes liés au radicalisme islamiste avaient déjà été incarcérées auparavant ».

- Quoi, 84% des entaulés pour des folies barbues et radicales n’avaient jamais été en prison ?

- Oui, le chiffre est certain.

- Donc ils ne se sont pas radicalisés en prison ?

- Oui, c’est mathématique.

- Donc, on parle pour ne rien dire ?

- Mais si… Au contraire c’est très important. On parle pour te faire croire que la grande affaire, c’est le consensus des gentils contre quelques méchants, et que tu dois oublier le reste qui n’est que secondaire, genre l’emploi, la dette ou l’éducation en panne sèche. On trouve même des ahuris encravatés pour parler de guerre de civilisation… Attention, petit, choisi bien ton camp… sinon tu vas avoir chaud à la barbe !  

Madame la Contrôleuse poursuit : « Ce regroupement, dont les modalités ne sont pas déterminées, ne correspond a priori à aucun cadre légal précis. Les décisions ont été prises par le Gouvernement après une longue période d’immobilisme, et sans concertation avec les acteurs concernés ».

Le premier problème est la qualification : « L’identification des personnes détenues concernées par le phénomène de radicalisation doit être précise, pluridisciplinaire, et conçue dans le respect des droits fondamentaux, afin notamment de ne pas y inclure des personnes présentant a priori peu de risques et qui se trouveraient regroupées avec des personnes détenues enracinées de longue date dans une radicalisation profonde. La question des modalités de détection est cruciale ».

Madame la Contrôleuse explique ce qu’elle a vu par des visites sur le terrain rencontrant tous les acteurs, et que l’on retrouve de manière très détaillée dans le rapport, et voici ses conclusions :

« Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté n’est pas favorable au dispositif de regroupement tel qu’annoncé par les pouvoirs publics en janvier 2015. En effet, outre son caractère potentiellement dangereux, le regroupement de personnes détenues au sein de quartiers dédiés ne découle d’aucune disposition légale applicable, ce régime sui generis ne s’apparentant ni à la détention ordinaire, ni à la mise à l’isolement. La décision de regroupement, prise de façon discrétionnaire par la direction de l’établissement, ne peut faire l’objet d’aucune des voies de recours habituelles. Or elle peut faire grief si elle restreint les droits fondamentaux et détériore les conditions de détention.

L’absence d’informations précises quant aux modalités d’encadrement et aux conditions de détention de ces nouveaux quartiers de regroupement laisse craindre un éventuel glissement de ce régime vers un isolement de facto de ces personnes.

En ce qui concerne les programmes dits de déradicalisation, qui s’appuient sur le volontariat des personnes concernées, une évaluation sera nécessaire. D’ores et déjà, il convient de veiller à ce que les fonds alloués à ces programmes ne le soient pas au détriment des actions de réinsertion en direction d’autres personnes détenues et n’obèrent pas la prise en charge de l’ensemble de la population pénale. Enfin, une réflexion doit être engagée par les pouvoirs publics sur la nature de la prise en charge des jeunes de retour des zones de conflit, étant observé que l’incarcération ne peut pas être le mode de traitement indifférencié d’un phénomène qui touche désormais plusieurs centaines de personnes au degré d’engagement disparate ».

Bref, l’avertissement est assez clair : le problème est complexe, et les solutions préconisées, sans étude ni concertation, le compliquent.

- Oki, chef. Et maintenant on fait quoi ?

- On fonce, Alphonse ! 

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Le Gouvernement défendant les valeurs de la République 

 
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