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22/05/2015

Les déchets alimentaires pour les réceptions de l’Elysée

9782369902058_cg.jpgLes destructeurs de la solidarité ont encore frappé. Eh oui, chères amies, chers amis, la France a trop de pauvres et elle ne peut plus nourrir sa population. Après la magnifique manip’ des Restos du cœur – merci à la charité car l’Etat est dépassé par les salauds de pauvres – voici une remarquable réussite socialiste, le libéralisme des poubelles : nourrissons les pauvres avec nos poubelles. Cette loi moderne a enfin été votée.

Notre destructrice classe prolifique blinde le consensus idéologique pour une société toujours plus égoïste : « Allez, dégagez, bandes de pauvres, vous avez fait exploser la solidarité d’Etat, et bientôt nous n’aurons plus assez de poubelles pour vous nourrir ». Vraiment, on n’est pas déçu d’avoir voté Hollande pour faire barrage au libéralisme sauvage…

Au passage, je signale, pour donner un ordre de grandeur, que le budget 2014 des Restos du cœur, c’est 180 millions €, dont 100 millions de subventions publiques, que la non-vente des Mistral, c’est une indemnisation de 1.100 millions € et que pour Ecoumov’, les portiques de l’écotaxe, le cachton a été de 800 millions €.  

Le consensus qui accompagne cette loi « poubelles pour les pauvres », marquant la fin du devoir de l’Etat d’organiser la solidarité, me débecte au plus haut point, mais comme dit Monsieur le Curé, il faut rester positif.

Alors je propose ceci, qui est simple et imparable :

- on recycle les aliments des poubelles pour les réceptions de l’Elysée, des ministères et des assemblées parlementaires, parce que, tant qu’à être charitable, autant commencer par soi ;

- on généralise ensuite aux mairies, aux collectivités locales et aux préfectures ;

- on alloue les économies ainsi faites à un Fonds de solidarité nationale, destinés à accueillir toujours plus de pauvres, à les sortir de la misère ;

- on remplace la devise de la République, qui n’est plus « liberté, égalité, égoïsme » mais redevient « liberté, égalité, fraternité ».  

Vive la solidarité, gardez le cap, on y arrivera ! 

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00:54 Publié dans social | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : solidarité, social, etat

21/05/2015

Education nationale : Les textes publiés ne disent pas grand-chose…

Textes essentiels pour nos enfants, destruction de l’école, vu de loin, le débat n’est pas nul. Le contenu des programmes, la qualité, le niveau de résultat attendu, l’enseignement de histoire, la place pour langues anciennes, pour l’allemand, les suivies individualisés… L'école creuset de la nation, l'élitisme républicain... Des questions non négligeables… Comme on a annoncé à grand fracas que les textes avaient été publiés au JO, je suis allé voir, et franchement, je reste dubitatif : ces textes ne disent rien, ou presque et tout se jouera ailleurs. Dont acte, mais bizarre quand même… Je vous laisse juge : voici tous les textes en question.

On part de la loi du 8 juillet 2013 qui a instauré un texte tout mollasson, vantant les mérites « d’un socle commun de connaissances ». Donc deux ans pour prendre le décret d’application, c’est pas fameux… et vous verrez qu’il n’y a strictement rien dans le décret… lequel renvoie un arrêté, et là encore l’arrêté est un cadre général plus que neutre.

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1/ La loi

Le texte de référence est l’article L. 122-1-1 du Code de l’Education, issu de la loi n° 2013-505 du 8 juillet 2013 :  

« La scolarité obligatoire doit garantir à chaque élève les moyens nécessaires à l'acquisition d'un socle commun de connaissances, de compétences et de culture, auquel contribue l'ensemble des enseignements dispensés au cours de la scolarité. Le socle doit permettre la poursuite d'études, la construction d'un avenir personnel et professionnel et préparer à l'exercice de la citoyenneté. Les éléments de ce socle commun et les modalités de son acquisition progressive sont fixés par décret, après avis du Conseil supérieur des programmes.

« L'acquisition du socle commun par les élèves fait l'objet d'une évaluation, qui est prise en compte dans la poursuite de la scolarité.

« Le Gouvernement présente tous les trois ans au Parlement un rapport sur la manière dont les programmes prennent en compte le socle commun et sur la maîtrise de celui-ci par les élèves au cours de leur scolarité ».

Bon… « socle commun de connaissances, de compétences et de culture, auquel contribue l'ensemble des enseignements dispensés au cours de la scolarité ». Ouaip…

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2/ Le décret

Le décret n° 2015-544 du 19 mai 2015 relatif à l'organisation des enseignements au collège ne dit pas grand-chose de plus. Voici ses deux articles, contrôlez vous-même :

L’article 1 modifie l'article D. 332-2 du code de l'éducation, qui devient :

« Art. D. 332-2.-Le collège dispense à chaque élève, sans distinction, une formation générale qui lui permet d'acquérir, au meilleur niveau de maîtrise possible, le socle commun de connaissances, de compétences et de culture défini en application de l'article L. 122-1-1 et dont l'acquisition a commencé dès le début de la scolarité obligatoire. »

On n’a pas progressé d’un centimètre.

L’article 2 donne une nouvelle version de l’article D. 332-4, applicable à la rentrée 2006.

« Art. D. 332-4.-I.-Les enseignements obligatoires dispensés au collège se répartissent en enseignements communs à tous les élèves et en enseignements complémentaires définis par l'article L. 332-3. 

« Les programmes des enseignements communs, le volume horaire des enseignements communs et complémentaires, ainsi que les conditions dans lesquelles ce dernier peut être modulé par les établissements, sont fixés par arrêté du ministre chargé de l'éducation. Cet arrêté fixe également le cadre des enseignements complémentaires dont le contenu est défini par chaque établissement. 

« Cet arrêté peut prévoir d'autres enseignements pour les élèves volontaires. 

« II.- Conformément à l'article R. 421-41-3, le conseil pédagogique est consulté sur la préparation de l'organisation des enseignements. En application du 2° de l'article R. 421-2, l'organisation des enseignements est fixée par le conseil d'administration, après avis du conseil pédagogique et conformément au projet d'établissement. 

« L'amplitude quotidienne ne dépasse pas six heures d'enseignement pour les élèves de sixième, sauf dérogation accordée par le recteur d'académie en cas de contraintes spécifiques. 

« Une pause méridienne d'une durée minimale d'une heure trente minutes est assurée à chaque élève, sauf dérogation accordée par le recteur d'académie en cas de contraintes spécifiques. 

« III.- Pour la mise en œuvre du premier alinéa du II dans les établissements d'enseignement privés sous contrat, l'organisation des enseignements est fixée par le chef d'établissement en concertation avec les professeurs. Ces derniers sont informés par le chef d'établissement des suites de cette consultation. Dans ces établissements, les deux derniers alinéas du II ne sont pas applicables. »

Et c’est tout ! Tu parles d'un décret révolutionnaire...

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3/ L’arrêté

Alors ? Il faut rechercher l’arrêté du ministre chargé de l'éducation, visé à l’alinéa 2. Je l’ai retrouvé, mais il n’est pas signé par le ministre, mais par Madame Florence Robine, la directrice générale de l'enseignement scolaire. Ça devient un peu plus opératoire, mais rien de ce qui fait débat n’est abordé…

Article 1

Les enseignements obligatoires dispensés au collège sont organisés conformément aux volumes horaires précisés dans les tableaux en annexe.

Article 2

Le volume horaire et les programmes des enseignements communs d'un cycle sont identiques pour tous les élèves.

Article 3

I. - Les contenus des enseignements complémentaires sont établis en fonction des objectifs de connaissances et de compétences du socle commun de connaissances, de compétences et de culture et des programmes des cycles concernés.

Toutes les disciplines d'enseignement contribuent aux enseignements complémentaires.

II. - Les enseignements complémentaires prennent la forme de temps d'accompagnement personnalisé et d'enseignements pratiques interdisciplinaires :

a) L'accompagnement personnalisé s'adresse à tous les élèves selon leurs besoins ; il est destiné à soutenir leur capacité d'apprendre et de progresser, notamment dans leur travail personnel, à améliorer leurs compétences et à contribuer à la construction de leur autonomie intellectuelle ;

b) Les enseignements pratiques interdisciplinaires permettent de construire et d'approfondir des connaissances et des compétences par une démarche de projet conduisant à une réalisation concrète, individuelle ou collective.

Article 4

I. - Pour les élèves de sixième, les enseignements complémentaires sont des temps d'accompagnement personnalisé.

II. - Au cycle 4, la répartition entre l'accompagnement personnalisé et les enseignements pratiques interdisciplinaires varie en fonction des besoins des élèves accueillis et du projet pédagogique de l'établissement. Chaque élève bénéficie chaque année de ces deux formes d'enseignements complémentaires. La répartition des volumes horaires entre l'accompagnement personnalisé et les enseignements pratiques interdisciplinaires est identique pour tous les élèves d'un même niveau.

Article 5

Chaque enseignement pratique interdisciplinaire porte sur l'une des thématiques interdisciplinaires suivantes :

a) Corps, santé, bien-être et sécurité ;

b) Culture et création artistiques ;

c) Transition écologique et développement durable ;

d) Information, communication, citoyenneté ;

e) Langues et cultures de l'Antiquité ;

f) Langues et cultures étrangères ou, le cas échéant, régionales ;

g) Monde économique et professionnel ;

h) Sciences, technologie et société.

Le programme d'enseignement du cycle 4 fixe le cadre des contenus enseignés pour chacune de ces thématiques.

Article 6

I. - L'organisation des enseignements complémentaires au cycle 4 répond aux exigences ci-après :

1° Chaque élève bénéficie de l'accompagnement personnalisé, à raison d'une à deux heures hebdomadaires ;

2° A l'issue du cycle, chaque élève doit avoir bénéficié d'enseignements pratiques interdisciplinaires portant sur au moins six des huit thématiques interdisciplinaires prévues à l'article 5 ;

3° Les enseignements pratiques interdisciplinaires proposés aux élèves doivent, chaque année, être au moins au nombre de deux, portant chacun sur une thématique interdisciplinaire différente.

II. - Les enseignements pratiques interdisciplinaires incluent l'usage des outils numériques et la pratique des langues vivantes étrangères.

Ils contribuent, avec les autres enseignements, à la mise en œuvre du parcours citoyen, du parcours d'éducation artistique et culturelle ainsi que du parcours individuel d'information, d'orientation et de découverte du monde économique et professionnel.

Article 7


Outre la dotation horaire correspondant aux enseignements obligatoires, une dotation horaire est mise à la disposition des établissements afin de favoriser le travail en groupes à effectifs réduits et les interventions conjointes de plusieurs enseignants, conformément à l'article D. 332-5 du code de l'éducation. Son volume pour l'établissement est arrêté par le recteur d'académie, sur la base de deux heures quarante-cinq minutes par semaine et par division pour la rentrée scolaire 2016, puis sur la base de trois heures par semaine et par division à compter de la rentrée scolaire 2017. L'emploi de cette dotation est réparti proportionnellement aux besoins définis dans le projet d'établissement pour chaque niveau d'enseignement conformément à la procédure prévue au premier alinéa du II de l'article D. 332-4 du code de l'éducation et, dans les établissements d'enseignement privés sous contrat, au III du même article.

Cette dotation horaire attribuée à l'établissement lui permet également, dans le cadre de son projet pédagogique, de proposer, pour les élèves volontaires, un enseignement de complément aux enseignements pratiques interdisciplinaires prévus à l'article 3, qui porte sur un enseignement de langues et cultures de l'Antiquité ou sur un enseignement de langue et culture régionales. Cet enseignement peut être suivi au cours des trois années du cycle 4, dans la limite d'une heure hebdomadaire en classe de cinquième et de deux heures hebdomadaires pour les classes de quatrième et de troisième.

Article 8

Les élèves qui ont bénéficié de l'enseignement d'une langue vivante étrangère autre que l'anglais à l'école élémentaire peuvent se voir proposer de poursuivre l'apprentissage de cette langue en même temps que l'enseignement de l'anglais dès la classe de sixième. Le cas échéant, une dotation horaire spécifique peut être attribuée à cette fin.

Article 9

Les volumes horaires des enseignements des classes de troisième dites « préparatoires à l'enseignement professionnel », installées dans des collèges ou des lycées, sont identiques à ceux des autres classes de troisième. Ces classes disposent en outre d'un complément de dotation horaire spécifique.

Par dérogation aux dispositions du présent arrêté, les enseignements complémentaires doivent permettre aux élèves de ces classes de découvrir différents champs professionnels afin de construire leur projet de formation et d'orientation. Ces élèves bénéficient en outre de périodes de stage en milieu professionnel.

Article 10

L'établissement peut moduler de manière pondérée la répartition du volume horaire hebdomadaire par discipline, dans le respect à la fois du volume horaire global dû à chaque discipline d'enseignement obligatoire pour la durée du cycle, du volume horaire global annuel des enseignements obligatoires dû à chaque élève et des obligations réglementaires de service des enseignants. La modulation de la répartition du volume horaire hebdomadaire est fixée pour la durée du cycle. La répartition du volume horaire doit rester identique pour tous les élèves d'un même niveau. Toutes les disciplines d'enseignement obligatoire sont enseignées chaque année du cycle.

 *   *   *

Questions :

- Ce sont ces textes qui ont fait hier trembler la République ? (…)

- Mais comment marche l’Education nationale. Qui décide ?  

- En quoi cet arrêté fige-t-il le débat ? 

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01:06 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : école, décret

20/05/2015

La mort de Zyed et Bouna : Relaxe des policiers, et faute de l’Etat ?

Le jugement de relaxe du tribunal correctionnel de Rennes, l’empressement du procureur à dire qu’il ne ferait pas appel – logique car il a requis la relaxe de longue date, mais bon – ,  les cinglés de la Droite pro-FN – de fifille Le Pen à Estrosi – et le PS qui regarde ses pompes, cette affaire est un massacre, qui va laisser des traces douloureuses, et pendant longtemps. Aujourd’hui, je ne prends pas position. J’essaie de retracer les faits et ce qu'a été l’appréciation du tribunal, de manière objective, et que chacun se fasse ensuite son opinion. Avec juste quelques commentaires.

Pascale a publié les principaux extraits du jugement du tribunal de Rennes.

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1/ Les faits

Une dizaine de gones venaient de jouer au foot sur un terrain voisin de Livry-Gargan. Ils s’amusent tranquillement – ce qui est établi – mais un employé du funérarium estime que ça ne va pas, et avertit le commissariat à 17 h 21. Deux minutes plus tard – appréciez la réactivité de la police – une voiture de la BAC débarque. Deux gosses sont arrêtés. Les autres dégagent le terrain, l’équipage lance un appel radio, et cinq voitures de police affluent, car une grande affaire de criminalité est en cours, c’est évident. Sur place 14 fonctionnaires, et 4 autres sont à la radio, à distance.  Deux autres gosses sont arrêtés, ce qui fait quatre au total.

Six autres continuent leur course. Un parvient à échapper à la police, et cinq entrent dans un petit bois qui entoure la centrale EDF. Aujourd’hui, les chiffres sont clairs, mais selon le tribunal, les fonctionnaires n’avaient pas d’idée précise des fuyards, plutôt estimés entre deux ou trois.

La BAC suit : «On est sur le terrain vague qui se situe à côté du site EDF […] On va continuer notre progression pour rejoindre le site EDF.» Les jeunes traversent le bois à vive allure, se dirigent vers un petit cimetière, seule issue vers la rue des Prés. Mais une voiture de police surgit là aussi.

Il est 17 h 31, l’équipage de police annonce : « On vient d’avoir l’information comme quoi il y aurait des jeunes qui couraient au niveau du cimetière, qui donne sur le terrain vague. Nous, on est sur place. Ramenez du monde.» Toujours aucune idée d’une infraction quelconque qu’aient pu commettre les jeunes, mais peu importe...

Les cinq jeunes reculent dans le bois et se séparent. Harouna et Sofiane se cachent parmi les tombes, alors que Zyed, Bouna et Muhittin partent de l’avant.

A 17 h 32, nouvel appel radio : «Deux individus sont localisés. Ils sont en train d’enjamber pour aller sur le site EDF. Il faudrait cerner le coin… Oui je pense qu’ils sont en train de s’introduire sur le site EDF… Il faudrait ramener du monde, qu’on puisse cerner un peu le quartier quoi. Ils vont bien ressortir… En même temps, s’ils entrent sur le site EDF, je ne donne pas cher de leur peau.»

Pour le tribunal, cela n’établit pas que les fonctionnaires savaient, avec certitude, que des jeunes étaient entrés sur le site, et bon, franchement, la rédaction aurait pu être plus convaincante.

Pour le tribunal, tout se joue là, estime que les policiers n’ont jamais eu conscience que des jeunes étaient effectivement entrés sur le site.

Les policiers retournent vers le cimetière, et interpellent Harouna et Sofiane, qui étaient restés cachés. Il est 17 h 40 : «Interpellation de deux individus : un, type africain, habillé en bleu ; un, type NA, donc au cimetière de Clichy.» Bilan : six interpellations, un qui a déguerpi Yahya, et trois – Zyed, Bouna et Muhittin – qui restent cachés dans le transformateur, ça ne colle pas. Mais pour le tribunal, les fonctionnaires n’avaient pas une juste idée de ce qu’était le groupe, et pensaient avoir arrêté les fuyards, étant précisé qu’ils n’avaient pas de signalement des personnes.

A 17 h 47, le fonctionnaire se rend devant l’entrée de la centrale, car il reste un doute sur deux des jeunes qui ne seraient pas ceux arrêtés. Là, il y a conscience d’un doute, comme l’écrit le tribunal (page 33), ou conscience du danger comme le soutiennent les parties civiles. Tout se joue sur cette période de quelques minutes. Le policier grimpe sur une poubelle pour jeter un œil, puis sur une armoire électrique. Il ne voit rien, et fait demi-tour. A-t-il lancé un appel pour alerter les jeunes qui possiblement sont là ? Cela ne ressort pas du jugement. Mais s’il ne lance pas cet appel, c’est qu’il croit qu’il n’y a personne, pense le tribunal. Aussi, le policier n’envisage pas de saisir EDF, qui aurait pu être là dans les quinze minutes, comme l’indique le rapport de l’IGAS.

A 18 h 12, après trois quarts d’heure passés dans une sorte d’abri, Zyed et Bouna s’électrocutent en effleurant le cylindre de la réactance, et meurent. Muhittin est brûlé par la chaleur produite par l’arc électrique, mais il a la vie sauve. L’électrocution provoque une chute de tension du réseau électrique de la ville.

Appelés, les pompiers arrivent vers 19 heures.

Les familles sont invitées à venir chercher leurs enfants au commissariat, car il n’y a rien à leur reprocher. «Aucun délit, ni tentative de délit n’avaient été commis par les jeunes», dit le dossier.

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2/ Les réactions

La palme de la connerie à ce pro-FN d’Estrosi qui parle de délinquants en excès de vitesse. Ils n’avaient pas de casier, et étaient à pied. Maire de Nice, et grand boss de l’UMP, ce cinglé, c’est quand même grave.

Fifille Le Pen nous fait un gros délire : « ce verdict prouve que la racaille avait bien mis la banlieue à feu et à sang par plaisir et non à cause d'une bavure policière ».

Le PS n’a rien à dire. Il prépare pour jeudi son vote sur le congrès, alors…

L’avocat Mignard, grand ami de Hollande, pète une durite en direct en parlant d’apartheid judiciaire… Sans doute un peu vexé, car le tribunal, page 37, lui fait une leçon limpide sur le lien de causalité au civil, alors qu’il confond causalité directe et perte de chances.

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3/ Juste quelques commentaires

- Cette affaire – dix ans pour arriver à ce résultat – montre une justice hors-course. Je ne parle pas du jugement, impossible à critiquer professionnellement sans avoir le dossier, mais du fonctionnement. Dix ans pour une telle affaire, jugée en quarante pages, ça ne va pas, mais alors pas du tout. Tout est à revoir. 

- Les victimes peuvent faire appel, dans les dix jours. Comme le parquet ne suit pas, l’affaire sera jugée « comme au pénal », mais sans les peines. Mais il faut le faire.

- Les déclarations de la défense sur l’apartheid judicaire sont déplacées et irresponsables. L’avocat était peut-être vexé de s’être pris une irrecevabilité au civil, mais ce n’est pas une raison. Ajouter de l’incompréhension à l’incompréhension, c’est jouer avec le feu.

- Les poursuites étaient fondées sur la non-assistance à personne en danger, qui est un délit intentionnel, supposant de prouver l’intention de nuire. Aussi, une négligence du policier ne suffisait pas… Il fallait prouver qu’il avait la pleine conscience du danger, donc qu’il était sûr que trois gosses étaient sur le site EDF, et qu’en connaissance de cause de ce risque vital, il avait choisi de ne pas alerter EDF. Aussi, il faut bien distinguer les deux hypothèses: un jeune policier mal-informé et qui manque de diligence, pour ne pas éliminer la possibilité de jeunes sur le site EDF, on peut en parler ; mais dire que le policier sait que les jeunes sont exposés à un risque vital et qu’en toute conscience, il ne fait rien, c’est une autre paire de manches.

- On verra en appel, si appel il y a, ce qui sera jugé des fautes personnelles des policiers, mais je suis très surpris – pour ne pas dire plus – que pendant ces dix ans, la défense n’ait pas engagé devant le tribunal administratif un recours pour la faute de l’Etat dans la gestion de cette situation. Et sur ce plan, il faut rechercher la faute tant dans cette irruption massive de policiers pour des mineurs qui jouaient et n’avaient commis aucune infraction, que pour un manque de vigilance à ne pas avoir fait lancé un appel au cas où des gosses se seraient introduit sur le site EDF pour leur dire de se tenir tranquilles vu le risque, et pour ne pas avoir appelé EDF, qui aurait pu entrer sur le site. Un jugement devant le tribunal administratif pour une faute de l’Etat, ça se joue en dix-huit mois… 

19/05/2015

Luz est libre, par Vidberg

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Kerviel : Le délire anti-justice est reparti pour un tour

Le Kerviel circus est reparti pour un tour. Cette fois-ci, c'est Mediapart qui met un sou dans la machine ! Je ne connais pas l’agence de com' de Kerviel, mais franchement les marchands de lessive devraient la recruter.

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On va démarrer par le plus simple : l'innocent ne conteste pas son licenciement

Chères sœurs, chers frères, nous allons chanter en chœur : « L’injuste justice frappe un homme, que fait donc la police ? »... Bien chanté ? Oki ?  

L’innocent Kerviel a été licencié pour faute lourde par la méchante Société générale. Or, fait de première importance : l’innocent Kerviel n’a jamais contesté son licenciement, ce qui signifie qu’après bien avoir étudié la question avec ses avocats - et il en a eu de talentueux par le passé - il a estimé impossible de contester son licenciement, et il l’a donc accepté. Une grosse tache sur l’innocence, non ?

Il y a plus ! En 2013, près de cinq ans après son licenciement, Kerviel a soudain réagi pour se rendre au Conseil de prud’hommes avec deux lumières des droits des travailleurs, le frère Jean-Luc Mélenchon et la sœur Clémentine Autain, qui tous deux avaient pris le masque grave des défenseurs de la classe ouvrière. Des escrocs politiques... Car tenez-vous bien : loin des déclarations guerrières de ces deux nazes post-socialistes, Kerviel ne contestait pas son licenciement mais le fait que le licenciement ait été prononcé pour faute lourde,... ce qui supprimait l’indemnité de congés payés. Or, les vacances, c’est sacré. Ce qui veut dire aussi que l’innocent reconnaissait avoir commis une faute grave. Trop compliqué pour Mélenchonne, le héros de la Gauche sociale, qui n’a jamais ouvert un Code du travail de sa vie…

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Les états d’âme de Madame ex-flic...

Une instruction pour escroquerie au jugement a été confiée au juge Roger Le Loire, un magistrat particulièrement expérimenté. Donc, ne parlons pas à la place du juge, dont le dossier ne se résume pas à un PV.

Sur PV, l’ex-commandante de police Nathalie Le Roy, qui a quitté la maison poulaga et qui avait dirigé l'enquête, raconte son vécu et conclut : « A l'occasion des différentes auditions et des différents documents que j'ai pu avoir entre les mains, j'ai eu le sentiment puis la certitude que la hiérarchie de Jérôme Kerviel ne pouvait ignorer les positions prises par ce dernier ».

Un sentiment, puis une certitude, mais une certitude intime : pas de preuve, si ce n'est le témoignage d’un ex-employé de la banque qui lui a affirmé avoir alerté sa hiérarchie par le biais d'un message électronique « avec une tête de mort pour attirer leur attention ». Ah bon ? C'est ça la preuve, que tu as retrouvé (ou pas ?) sept ans après les faits ? Rien de neuf alors que les juridictions ont toutes dit que les systèmes de contrôle de la banque avait failli. 

Et toute la presse rebondit… ce qui est quand même inquiétant sur le sens critique de nos excellents amis journalistes ! En récidive et en bande organisée...

Pour mon excellent et distrayant confrère David Koubbi, c’est un « coup de tonnerre », et pas de doute, la Commission d'instruction de la Cour de révision et de réexamen va conclure à la nécessité d’un nouveau procès.

Un autre comique « socialiste », le député PS Yann Galut a lui demandé la création d'une commission d'enquête parlementaire ! Pourvu qu'il ne saisisse pas le Conseil de Sécurité de l'ONU...

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Alors, calmos...

1/ Un procès financier, c’est terriblement chiant et factuel car tout se joue sur la preuve des mouvements financiers. Les juges ne se prononcent pas sur les témoignages, mais sur des écritures comptables, et ils passent leur temps avec une calculette. Alors, les états d’âmes de Madame ex-flic… Qui a eu sept ans pour réfléchir à tout ça, qui a soudain une révélation grâce au mail à la tête de mort...

2/ Madame ex-flic était sur le terrain, et donc sur le terrain miné de la Société Générale, et elle a le sentiment d’avoir été un peu manœuvrée. Tu parles d'une surprise : la Société Générale aurait cherché à se défendre. Un sacré scoop !... Restons sérieux... De plus, pour une telle affaire, c’est pas un flic qui enquête mais toute une équipe, des flics de haut vol, et ça débriefe en permanence. Surtout, une information judiciaire avait été ouverte, et la police travaillait sous les ordres d’un juge d’instruction, le vrai directeur de l’enquête. Le juge, c’était Renaud Van Ruymbeke… un mec un peu rodé pour lire entre les lignes, non ? Bande de rigolos...

3/ En janvier 2008, Kerviel avait déclaré aux policiers puis au juge d’instruction qu’« il avait agi seul et à l'insu de sa hiérarchie». Ce qu’avait retenu le tribunal correctionnel de Paris en 2010, puis la cour d’appel en 2012, puis la Cour de cassation en 2014, prenant acte des déclarations de Kerviel, ajoutant - car les aveux ne suffisent pas - que Kerviel avait systématiquement créé des faux-comptes, occultes, et qu'il n’avait jamais fait le moindre reporting sur le volet illicite de son activité. Les mêmes juges avaient retenu que les procédures de contrôle de la banque étaient pleines de failles, ce qui explique que le pénal et le civil se trouvent au final dissocié. Le civil, soit l'impact des négligences de la banque sur le préjudice, n'a pas encore été jugé. J’avais écrit : Kerviel coupable, la banque minable. Ici l’arrêt intégral de la Cour d’appel de Paris. Ici, l'arrêt intégral de la Cour de cassation. Que valent les intuitions tardives de Madame ex-flic face à cette précision factuelle ? Et qui a lu ces arrêts avant de les critiquer ?

4/ Grosse hystérie enfin sur la révision du procès. Un minimum de connaissance et de pudeur pour ceux qui bataillent depuis des années, ou des décennies pour obtenir des révisions de procès... Comment expliquer que la presse reste si inculte pour accréditer que parce qu’un des flics a des états d’âmes sur un volet mineur du procès, on va droit vers la révision, et surtout s’agissant d’une affaire financière, qui se joue à la calculette et pas sur les témoignages ?

C’est en effet un aspect subalterne que Madame ex-flic évoque, et qui est mis en scène par le sitcom Médiapart. Il est acquis que Kerviel a agi seul, ce qu’il dit depuis le début et ce qui explique qu’il n’a jamais eu le culot de contester son licenciement. Il est acquis aussi que la Société Générale n’avait pas été vigilante dans ses contrôles. Alors, la seule question posée par le PV dont il nous est donné lecture, est de savoir si ces déclarations - qui n'apportent aucun fait précis - modifient la question du temps mis par la Société Générale pour réagir. Une question qui se compte en jours ou en semaines, mais qui ne modifie en rien l’analyse du rôle de Kerviel « unique concepteur, initiateur et réalisateur d'un système de fraude » qui l'a conduit à exposer la banque pour des montants colossaux (en ordre de grandeur, le budget annuel du Maroc, de la folie).

Ce soir, Le Monde titre : « Pour Jérôme Kerviel, c'est ‘le début de l'affaire Société générale’ »… Fatigant…

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