23.11.2007
La plaidoirie de Jacques Chirac
Exclusif : la plaidoirie de Jacques Chirac. Nos reporters ont bien travaillé. Qu’ils en soient remerciés. Voici, en exclusivité pour Les Actualités du Droit, la plaidoirie de Jacques Chirac.
* * *
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Juges, Mes chers Concitoyens,
Un ancien président de la République devant la Justice pénale de son pays, ce n’est assurément pas commun. Je crois que c’est une première, et ma défense, qui le comprendrait autrement, sera présidentielle.
Je vous épargnerai les belles déclarations du style « je vais me battre pour la vérité ». Je ne vous ferai pas non plus le coup des directeurs de cabinets qui n’en font qu’à leur tête et qui, pensant bien faire, prennent mille initiatives malheureuses soit disant pour mon bien. Non, ce n’est pas le genre de la maison : chez moi, on ne s’essuie pas les pieds sur les autres. Ce sera plus simple, et nous sortirons de l’hypocrisie : cette vérité, au lieu de me battre pour elle, je vais vous la dire.
Je peux vous la dire d’autant plus simplement, cette vérité, que tout le monde la connaît : nous avons tous piqué dans la caisse, et joyeusement.
En règle générale, les hommes politiques embringués dans ce genre d’affaire disent devant le juge d’instruction : « Je suis innocent, le dossier est vide ». Au stade du tribunal, ça devient : « J’ai la conscience en paix, et je fais confiance à la justice de mon pays ». Et à l’audience de la cour d’appel : « Bon d’accord, mais j’en ai fait moins que d’autres ».
Une défense présidentielle ne saurait patauger dans de telles approximations de petit joueur.
Je ne vous ferai pas non plus le coup : « pas d’enrichissement personnel ». Tout le monde sait que je ne me suis pas enrichi. Quand j’ai quitté l’Elysée, j’ai dû me faire héberger chez un ami, car je n’avais pas de chez moi à Paris. Et mon successeur s’est alloué un 140% d’augmentation pour rendre la solde raisonnable : j’étais sous-payé. Je ne plaide pas les circonstances atténuantes, mais la réalité est que ma vie a été un sacrifice.
Car si je ne me suis pas enrichi, je dois confesser que je ne me suis pas non plus appauvri. C’est çà le véritable exploit. Patrimoine intact : ni villa à Saint-Trop’, ni manoir à Deauville. Enrichissement zéro. Mais aussi appauvrissement zéro, et même l’inverse si je puis dire. Car tout ce que je n’ai pas eu à payer pour financer mon activité politique, c’est bien « in the pocket ». Sauf que ça n’y est pas, si vous m’avez bien suivi. Je préfère donc faciliter le travail du tribunal, et lui éviter des recherches inutiles du coté des banques japonaises : il n’y a rien, et c’est ce rien qui prouve que ce n’est pas normal.
J’ai enfreint la loi. Oui, je le reconnais avant que vous ne le disiez vous-même, et sachant que tout le monde en est persuadé. Pour autant, vous ne pourrez pas me condamner.
D’abord, une condamnation serait éminemment critiquable, car contraire à l’un de nos principes les plus fondamentaux : l’égalité devant les charges publiques.
Car si je n’y suis pas allé avec le dos de la cuiller, mon prédécesseur, Tonton Mitterrand n’était pas en la matière un amateur, et lui est passé à travers les gouttes. J’ai, à titre personnel, beaucoup admiré le système Urba. Une société extérieure au parti pour gérer tout cela, et calmer nos braves élus locaux qui se voyaient ministres chaque fois qu’ils apportaient un chèque. Et puis, si nous avions fait un Urba RPR, c’est le gérant de cette société qui serait dans la mouise, et pas moi. Non, franchement, Tonton méritait son chapeau.
Mais l’essentiel est ailleurs. Vous ne pourrez me condamner car il n’y a pas de préjudice.
Le politique, c’est une vérité éternelle, est au service de la collectivité. C’est donc au regard de cette collectivité qu’il faut voir si, oui ou non, il y a préjudice.
L’argent, avant de parvenir dans nos caisses, empruntait un chemin non conventionnel. Plusieurs chemins, même, vous avez raison Monsieur le président. Mais cela ne suffit pas pour prononcer une condamnation.
Il ne pourra y avoir de condamnation, car le système actuel, c’est-à-dire celui bien légal et tout et tout, coûte en réalité beaucoup plus cher à la collectivité. C’est ce légalisme qui cause le préjudice.
Voyez déjà le financement des partis et celui des campagnes électorales. Les sommes sont considérables et profitent à tous. Sans ce financement public, le FN n’aurait jamais pu s’acheter le siège de Saint-Cloud. De plus, le montant du financement est lié au résultat obtenu aux anciennes élections, ce qui ossifie le système politique et crée de véritables rentes. Regardez les tracas du Nouveau Centre et du MoDem. Le contrôle du parti est indispensable car c’est le moyen de s’assurer la finance. C’est l’une des raisons qui imposait à Sarkozy prendre le contrôle de l’UMP. Car sans cet argent public, il est impossible de faire campagne. Avec tout ce fatras de lois, ne nous trompons pas, c’est la démocratie qui a été atteinte.
Mais regardez aussi ce qui se passe du côté des cabinets, qu’il s’agisse des ministres ou des élus locaux ! De partout on dénonce l’inflation des effectifs, avec des coûts disproportionnés, mais personne ne s’interroge sur la cause. Or, ce n’est rien de moins qu’un système de vases communicants, et nos bons vieux emplois fictifs coûtaient moins cher. Et pour être francs, comme ils étaient fictifs, nous faisions tout de même attention. Alors que maintenant…
Voilà l’histoire. Un système de bric et de broc, sans doute, mais moins coûteux, et qui créait un vrai dynamisme dans le vie politique. Notre intention était pure, et au final le préjudice est absent.
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Juges, Mes chers Concitoyens, voilà toute la vérité.
Nous étions un peu hors la loi, mais c’était pour la rendre meilleure. C’est pour cela que vous ne pourrez me condamner.
08:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Jacques Chirac, vie politique, Intention











Commentaires
Un texte superbe !!!...
En effet, cette mise en examen sera un « Pschitt » supplémentaire !…
Et effet, ce n’est pas avec le silence assourdissant des socialistes, qui, mis à part quelques uns, comme Montebourg, trouvent qu’il ne faut pas persécuter les vieillards, que jacques Chirac a quelque chose à craindre...
Tout le « monde » se tient par la barbichette…
Car pourquoi la Justice ne demande-t-elle pas, aussi, des comptes aux socialistes sur le détournement des indemnités de la guerre du Golfe par François Mitterrand en 1991:
http://euroclippers.typepad.fr/mon_weblog/socialisme_et_corruption/index.html
Le larcin se monte à près de 3,5 milliards de dollars et il est connu de toute la classe politique et des médias sans que cela gêne quiconque !!!...
La république Française est devenue, sous la présidence de l’Arsouille, un totalitarisme mafieux, et nous ne sommes pas prêt d’en sortir compte tenu de la vitesse des instructions et des liens de corruption qui unissent les uns aux autres…
Une situation Abracadabrantesque !....
Jean-Charles Duboc
Ecrit par : Jean-Charles DUBOC | 23.11.2007
Monsieur Dubosc, t'as pas compté combien çà faisait de toiles de tentes pour nos SDF ?
Evidemment, tes voiliers çà fait plus chicos.
Embrasse Elie pour nous.
Ecrit par : jean luc | 23.11.2007
Fake
Ecrit par : Wilfried | 26.11.2007
Yep, fake.
Ecrit par : Gwenn | 27.11.2007
Je vais développer un peu plus les conséquences de la corruption qui sévit depuis trois décennies au plus haut niveau de l’Etat et qui a progressivement transformé notre démocratie en un totalitarisme dans lequel le chef de l’Etat n’est contrôlé ni par les institutions, ni par les citoyens, et aussi totalement incapable de proposer une véritable formation humaine aux jeunes.
En effet, suite aux émeutes de Villiers-le-Bel, je me pose une question très importante qui est celle-ci : « Et si l’embrasement des banlieues n’était, en fait, que les soubresauts d’un totalitarisme mafieux à l’agonie ? »
Et j’ajoute même : « Est-ce que le principal responsable des récentes émeutes ne serait pas, en fait, Jacques Chirac ? ».
Cette hypothèse demande un développement assez long que voici :
J’ai créé, en novembre 1993, un laboratoire d’idées « les Clippers de France » qui avait pour ambition de définir les conditions dans lesquelles il serait possible de donner un complément de formation humaine aux jeunes, notamment à ceux des banlieues, par la navigation, en équipage, à bord de grands voiliers :
http://euroclippers.typepad.fr/mon_weblog/le_tarangini_voiliercole_de_la_marine_indienne/index.html
Cette association a compté jusqu’à trente amiraux, dont trois chefs d’Etat Major de la Royale, mais aussi des capitaines au long cours, des capitaines de pêche (Jean Recher), des éducateurs, des psychiatres, etc…
En avril 1995, j’ai reçu une lettre de Jacques Chirac qui me souhaitait bonne chance dans cette entreprise…
Au nom de quoi notre président de la république a-t-il ignoré un ensemble d’études et de recommandations émises par une élite maritime qui s’était constituée afin d’améliorer l’avenir des jeunes, qu’ils soient dans les étudiants dans les grandes écoles, ou encore lycéens, collégiens ou même marginalisés dans les banlieues ?
En serions nous là si un important programme de formation humaine des jeunes avait été mis en place il y après de dix ans ?...
Puis, en janvier 1998, j’ai dénoncé, à la DNEF, le détournement des indemnités de la guerre du Golfe par François Mitterrand, et qui se monte à près de 3,5 milliards de dollars:
http://euroclippers.typepad.fr/mon_weblog/socialisme_et_corruption/index.html
Ce détournement de fonds aurait permis de faire construire, pour nos jeunes étudiants, lycéens ou marginalisés, près de 100 voiliers de 80 mètres du type « Gorch Fock », voilier-école de Marine allemande !!!...
Puis il faut savoir que, de 1998 à 2007, j’ai alerté de nombreuses fois l’Elysée sur cette affaire et que Jacques Chirac l’a délibérément couverte !...
Pour quelles raisons notre président de la République a-t-il protégé les responsables d’un détournement de fonds publics de plusieurs milliards de dollars?...
Cela fait combien de lycées, d’hôpitaux, de grands voiliers ou encore de toiles de tentes de SDF ?... Car l’exclusion d’une partie de notre population, la marginalisation des plus pauvres, c’est, aussi, une des conséquences de la corruption, de l’irresponsabilité de nos dirigeants.
Je dois avouer que j’ai maintenant acquis la certitude que nous avons été dirigés, jusqu’à maintenant, non pas par d’authentiques dirigeants mais par de véritables mafieux sans scrupule qui sont plus soucieux d’arriver au pouvoir et de se constituer une fortune colossale plutôt que de trouver de véritables moyens de formation humaine des jeunes.
Des présidents de la République corrompus, comme l’ont été « l’Arsouille » et « Jakouille la Fripouille », peuvent-ils réellement faire les bons choix pour nos « ados » ?
Non, bien sûr, et c’est ainsi que j’avance l’hypothèse que la situation dramatique dans laquelle se trouve nos banlieues, et par là même nos forces de l’ordre, a d’abord pour principal responsable JACQUES CHIRAC, car il avait, en 1995, la possibilité de lancer un important programme maritime pour les jeunes des banlieues, et qu’il n’a rien fait alors même qu’il couvrait le détournement des indemnités de la guerre du Golfe par François Mitterrand…
Les jeunes se révoltent et les banlieues s’enflamment ?...
Faut-il s’en étonner ?
Jean-Charles Duboc
Ecrit par : Jean-Charles DUBOC | 29.11.2007
Jacquot vous avez un sacré culot; vous n'oubliez pas dans vos prières, de dénoncer le Front National , alors que depuis que vous étiez sur les bancs avec Le Pen, vous l'avez haï parce que vous, vous vendiez l'Humanité; et dénoncer les autres. Vous oubliez que vous avez trahi tout le monde, le premier fut J. Chaban-Delmas, avec l'appui de Marie-France Garaud votre amie de l'époque.; les autres on n'arrive plus à compter, il y a un quand même c'est Michel Noir et Pierre Botton (avec un sacré paquet de temps de prison)Enfin j'invite tous les lecteurs à aller sur Y-EN-A-MARRE.org, et vous pourrez lire les 9 gros points de vos casseroles qui ont coûté chers, dont les frais de bouche, dont les autres politiques n'ont pas bénéficié. J'espère que vous allez partir du Conseil Constitutionnel, c'est ce que nous demandons.
Ecrit par : Clerc | 29.11.2007
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