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OGM : Comment est prise la décision ?

Les OGM, comprenez « organismes génétiquement ministériels », sont indispensables à la vie de notre pays. Il y a quelque années, l’une des causes consensuelles était « SOS bébés phoques » ; aujourd’hui, c’est « SOS ministres » qui devrait s’imposer. La biodiversité est menacée : les hommes politiques vont-ils disparaître ?

 

Il est remarquable que ce soit à l’occasion du débat sur d’autres OGM, les organismes génétiquement modifiés, que le débat vienne en pleine lumière. Je veux ici parler de la méthode, et non du fond. Et pour dénoncer un état de fait : la dérive de la démocratie vers l’aristocratie expertale.

 

Qui décide dans un grand pays ? Les hommes politiques. Elus par le peuple, contrôlés par les juridictions suprêmes, respectueux du droit international. Quelques que soient les contingences, la complexité des problèmes, les diversités des opinions, la mission du politique est de décider, en dépassant les données techniques, pour dire : « voici comment nous allons faire pour vivre ensemble ».

 

Qu’y a-t-il de plus complexe que la connaissance géo-politique du monde, l’enchevêtrement des traités européens, le budget de l’Etat, où le fonctionnement des échanges monétaires internationaux ? Ne faut-il pas les savoirs les plus acérés pour comprendre les enjeux fonctionnels des hôpitaux, des universités, des musées ou du secteur des nouvelles technologies ? A tout moment, vient la tentation de s’en remettre à ceux qui savent.

 

Et bien, dans une démocratie, ce ne sont pas les savants qui régulent, mais l’Etat ; ce sont les femmes et les hommes politiques qui, en dernier lieu, tranchent. Parce que le plus complexe n’est pas la technique, mais la compréhension sociale.

 

Or, de toute part, le pouvoir politique recule devant les techniciens ; les ministres s’effacent derrière les experts. D’où cette notion d’aristocratie expertale : la source décisionnelle n’est  plus le peuple, mais les savants.

 

Pièce après pièce, des enjeux majeurs de la vie sociale quittent la sphère politique pour des cénacles de grands instruits, censés faire mieux que le pouvoir démocratique : Commission nationale de l’informatique et des libertés, Comité national consultatif d’éthique, Haute Autorité de l’audiovisuel, Haute Autorité en Santé, Agence de la biomédecine, Comités des sages divers et variés… La liste est impressionnante.

 

Dernier avatar, fruit du « Grenelle de l’environnement » : la Haute autorité sur les organismes génétiquement modifiés. Et comme ça urgeait, un décret a créé, fait unique, un « Comité de préfiguration de la Haute autorité sur les OGM ». La loi sera votée un jour… peu importe. C’est dès aujourd’hui le Comité de préfiguration qui, de fait, décide.

 

Suivez le chemin de la déperdition du politique. Le Grenelle du consensus heureux dit : « Ca serait bien pour les OGM de faire jouer la clause de sauvegarde, qui permet d’échapper au jeu de la directive européenne, sans rien trancher sur le fond. » Bénédiction du scientifique Nicolas Hulot et du visionnaire José Bové. Photo de groupe avec sourires.  Puis, notre bien aimé président crée le comité de préfiguration. Puis dit que si le comité pense qu’il y a risque sérieux, il fera jouer la clause ; puis José Bové commence, au péril de sa vie, une grève de la faim ; puis le comité de préfiguration dit qu’il y a risque sérieux ; puis notre bien aimé président dira que, comme le comité de préfiguration pense qu’il y a un risque sérieux, il fait jouer la clause ; puis José Bové recommencera à casser la croûte.

 

Ainsi, c’est un coup de frein aux organismes génétiquement modifiés, du moins de ce côté de la frontière. Mais surtout, c’est un nouvel échec pour les organismes génétiquement ministres. Hier, les ministres ont acceptés de se faire noter par un organisme privé ; aujourd’hui, il s’en remettent à un comité de préfiguration. Que reste-t-il de l’Etat ?

 

 

 

 

Commentaires

  • immense probleme que cette affaire d ogm je pense que devant le doute le president interdira les ogm mais ces ogm etaient surtout utilises par les producteurs de mais or le mais boit trop d eau beaucoup trop pour des regions en situation de secheresse trop frequemment!ne faut il pas dire de cultiver autre chose? apres tout on manque de tout parait il!

  • Que reste t il de l'état ? c'est ça la rupture ! pour un sujet qui concerne l'avenir de la planete le président Sarkozy a mis le paquet ! Et le résultat est là !
    Vous parlez de savants pour "trancher " ! oui ! Et je crois que les savants auraient évité la catastrophe du sang contaminé ! Ah, s'il y avait eu un Grenelle de la santé ...

  • "L'activation de la clause de sauvegarde serait un énorme scandale" :
    Les industriels américains financent-ils Greenpeace ? Ou l'Europe se tire-t-elle une balle dans le pied toute seule ? Le fait de casser toute la filière semencière en Europe nous rend complètement dépendant des Américains.
    http://www.enviro2b.com/environnement-actualite-developpement-durable/7323/article.html

    Les politiques anti-OGM sont scientifiquement infondées :
    Marcel Kuntz, directeur de recherche au CNRS, Grenoble, s'insurge contre les incohérences du personnel politique et sa méfiance à l'égard des scientifiques qu'il choisit lui-même.
    http://www.letemps.ch/template/opinions.asp?page=6&article=222740

    Ecologie : que les lobbys se comptent !
    "Le résultat est là : la France et peut-être demain l'Europe prennent du retard sur une technologie donnant un avantage commercial considérable en matière agricole. L'agro-business américain doit sans doute se réjouir de l'activisme efficace d'un Greenpeace en Europe. Et tout autant de la frénésie des "faucheurs volontaires" de José Bové qui ont sérieusement handicapé la recherche française en biotechnologie végétale. Quant aux firmes productrices d'OGM, leurs problèmes se réduisent à ceux de leurs équipes françaises car, sur le plan mondial, elles ne cessent de développer leurs ventes".
    http://www.lesechos.fr/info/analyses/4667530.htm

    Cultiver des OGM est un choix ! Agissons pour préserver cette liberté en 2008 !
    http://www.pourlaliberteduchoixogm.com/readPetition.action

    300 scientifiques s’opposent publiquement à un moratoire sur les OGM
    http://nonaumoratoire.free.fr/

  • il a des lobbies dans l agriculture a commencer par des eleveurs de poulets du genre :production de 150000 poussins / jour les poulets ressemblent a l etalage a des nourissons ces poulets n ont jamais vu le ciel et n ont jamais vu un brin d herbe!quand on passe le poulet au micro- onde il a diminue de moitie ! berk !

  • Ce monsieur s'insurge parce qu'un comité scientifique vient de dire non aux ogm.
    Se serait il insurgé si ce comité avait dit oui?
    Ce qui est sur c'est qu'avec ce non, il n'y a rien a gagner (des electeurs peut être) tandis qu'avec un oui, la suspicion serait restée, car on en est la aujourd'hui dans notre pays que lorsqu'une décision est favorable a un groupe financier ou industriel, tout de suite les soupcons arrivent on a trop vu de scandales.

    Et c'est en ça que dans notre beau pays, l'état a perdu.

    Et puis, ça peut nous éviter, dans dix ans d'assister au spectacle lamentable des responsables fuyant leurs responsabilités, comme ca s'est passé pour l'amiante (ah! le fameux CPA qui a prétendu le contraire jusqu'a la fin et ils ne sont pas en prison!) le plomb, le sang contaminé, la vache folle.

  • Riga , tout à fait d'accord ! Il faudrait les sortir au moins une fois dans leur vie , pour qu'ils aient un moment de bonheur ...

  • @jp puis ces poulets on en vend dans le monde entier pauvres betes une vie si courte sous une 45watt a picorer des farines!!!

  • Qui finance le savant Kuntz qui est savant en tout sauf en biologie ? De grande sociétés (genre Total) qui ne sont même pas en agroalimentaire !! Alors évitons de lui faire confiance comme à tout l'aréopage de l'AFIS (S est supposé signifier scientifique, donc S comme sérieux)

  • chaque multinationale a sa caution scientifique! entre bove et monsanto j aurais presque plus confiance en monsanto tout en n ayant aucune illusion sur les multinationales! mais bove ses chevres ses syndicats americains ses provocs de quatre sous ses faucheurs volontaires ses greves de la faim a repetitions son cinema a la prison de villeneuve les maguelonne sa drague des beurs dans les banlieues sensible me rendent monsanto cpie limited plus credible que ce zozo du roquefort!

  • @boboye
    "Ce monsieur s'insurge parce qu'un comité scientifique vient de dire non aux ogm.
    Se serait il insurgé si ce comité avait dit oui?"

    Tout pareil! C'est vraiment la méthode que je dénonce.

    Toute question politique et d'abord et essentiellment technique: les ogm comme les finances publiques; le réchauffement climatique comme la recherche scientifique. La liste est sans fin.

    Et la grande question me semble être la réapropriation de ces questions techniques par les politiques. Sinon pourquoi voter.

    Regardez le cas de la guerre. Y a t il décision plus politique? Or, dès que le feu commence, tous les politiques se planquent et on nous sort des "experts". La démocratie, c'est prendre son destin en main

  • renseigner vous sur le cas monsanto ,

    il y a quelques années il a proposer aux paysans d'argentine de cultiver sur leurs terres des ogm , et qu'ils multipliraient leurs revenus par 10 , ils ont accepter , il est vrai qu'ils ont multiplier leurs revenus , mais aprés 10 ans d'ogm leurs terres etaient telement poluer qu'il ne pouvaient plus rien cultiver

    resultats, les paysans son encore plus pauvres , leurs terres sont complétement polués, et monsento s'est fait des millions d'euros de bénefices sur leurs dos EN LES LAISSANT SEULS

    bientot en france.......

  • @gilles devers
    Le probleme n'est peut-etre pas celui des experts en tant que tels, mais d'experts trop eloignes de la realite des electeurs (pouvoir a redresser en invitant des experts par experience au sein des comites de travail, comme cela se fait en sante) et aussi d'hommes et de femmes politiques qui se planquent constamment derriere des rapports d'expertise et autre quota parce qu'ils manquent de calibre et de sens du politique.

  • Et à la clé la déresponsabilisation.

    Qui a décidé? Qui assume?
    Personne, car personne n'a décidé. les uns rendent des avis, les autres suivent les avis.

    Dans le domaine de santé, ces organismes "savants" se sont mutipliés... depuis l'affaire du sang contaminé.

    Que faire à propos des cellules souches? Bien sur, ce sont les spécialistes qui peuvent nous transmettre l'information. mais ce sont les "reponsables" politiques qui doivent trancher. Ils doivent le faire car ils sont investis de la charge du pouvoir, et car ils ont à leur disposition une masse d'information, d'instrument de mesure, de prospective

  • @gilles devers
    Bien d'accord...

    [Je prenais le domaine de la sante que je connais mieux et surtout ici en GB. Les experts par experience sont des hommes et des femmes "ordinaires" qui ont l'experience de et qui ont des choses a dire, des questions a poser etc. sur le sujet qui les concerne. Cela permet de redresser certaines discussions et de les appronfondir par le vecu.]

  • @gilles devers

    On en revient donc a la vieille question du politique expert ou généraliste.

    Ce qu'il était possible d'envisager à Athènes reste t il crédible aujourd'hui?

    A Athènes, "nul n'etait censé ignorer la loi" car la loi contenait toute entière au fronton des monuments: essayez de graver le code civil sur les murs de l'Opéra Bastille!! (humour).
    Aujourd'hui, mon tribunal local m'a assuré que ce principe ne peut plus être opposé au commun.

    pour le politique c'est la même chose, société complexe demande experts en tous genres pour que les politiques puissent décider autrement qu'à l'aveuglette; ça ne me gène pas s'ils sont indépendants et insoupçonnables, reste à examiner comment ces experts sont choisis: de toute façon, ils ne pourront pas être élus. ( dans le domaine scientifique, voir comment fonctionne la recherche c'st là qu'émergent les experts et ils sont déjà ligotés)

    Alors, les lobbies? C'est le pouvoir donné aux puissances d'argent ( a l'OMC, ls pays pauvres n'ont pas les moyens)

    Alors les comités de citoyens? qui va les instruire?

    pourquoi pas des débats publics se terminant par des référendums?
    et des hommes politiques insoupçonnables?

    En tout cas, il faut en finir avec le mépris dont politiques et experts abreuvent le bon peuple
    (j'ai été révulsé par la façon dont on a traité las malades de l'amiante et les victimes du sang contaminé)

  • Faire confiance aux scientifiques, oui bien sûr, mais seulement le jour ou la recherche sera totalement indépendante des groupes financiers internationaux, qui décident seuls en dernier recours, uniquement en fonction de leurs intérêts immediats, mais surtout de l'énorme puissance dont espèrent disposer le jour ou tous les hommes de la planète
    seront dépendant d'eux pour leur survie alimentaire.

    La est, beaucoup plus encore que sur les risques sanitaires à venir, le veritable drame qui se joue avec les OGM, et plus généralement avec l'appropriation par les multinationales du droit de propriété sur le vivant.

    Et cela tous les scientifiques le savent, mais ils ne risquent pas d'en parler car il s'agit la de la seule motivation des gens qui les paient aussi largement. Il est lamentable que ces savants, qui on eu la chance énorme de pouvoir, grâce à la société, acquerir ces connaissances, trahissent aujourd'hui cette société pour un plat de lentille.

    Pseudo savants, malgré mon ignorance crasse, je vous méprise profondément
    Raymond

  • Extrait du Figaro de ce jour

    Quatorze scientifiques membres de la Haute autorité provisoire sur les OGM ont contesté hier les «doutes sérieux» que le président de cette instance, le sénateur de la Manche Jean-François Le Grand, avait évoqués pour résumer l'avis sur le maïs MON 810 de Monsanto. La Haute Autorité a estimé qu'il y a des éléments scientifiques nouveaux montrant que la culture de cette plante OGM présente des risques, ce qui pourrait amener la France à invoquer la clause de sauvegarde et à interdire sa culture.

    Dans un communiqué, les quatorze protestataires estiment que « le projet d'avis qu'ils ont rédigé le 9 janvier 2008 sur la dissémination du MON 810 sur le territoire français ne comporte pas les termes de “doutes sérieux”, pas plus qu'il ne qualifie les faits scientifiques nouveaux de “négatifs”», comme l'a déclaré Jean-François Le Grand. Ils se disent «gênés par le décalage entre l'avis tel qu'ils l'ont rédigé et sa transcription». Le communiqué est signé par 12 des 15 membres du comité scientifique et deux membres de la section économique, éthique et sociale.

    «Il s'agit d'un procès d'intention à la limite de la malhonnêteté intellectuelle, proteste Jean-François Le Grand.

  • Le comité scientifique a du plomb dans l'aile...

    Mais quel porcessus à deux sous...

    La loi n'étant pas votée, un décret à créé cet invraisemblable "comité de préfiguration", qui statue sans assise et sans méthode. Bravo pour le résultat!

    Les milieux scientifiques (privés et publics) doivent doucement rigoler... Après tout ce n'est pas rien de rire, meme si ce n'était pas le premier but de la manoeuvre

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