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"Je vous écris depuis la prison"

« Je vous écris depuis la prison ». C’est ce que voulait faire un prisonnier américain, Victor L. Martin, mais l’administration pénitentiaire s’est opposée à la publication de son roman. Pas de liberté d’expression pour les détenus ?

 

Victor L. Martin, âgé de 32 ans, est détenu depuis 9 ans à la prison d’Etat à Elisabeth City en Caroline du Nord. Il purge une peine de 23 ans pour une série de vols à main armée et divers faits de gangstérisme. Un bandit, oui, mais un bandit écrivain. Victor L. Martin s’est toujours essayé à l’écriture, et depuis sa prison, il a publié quatre recueils de nouvelles aux éditions Triple Crown Publications, entre 2004 et 2008. L’auteur parle de ce qu’il connaît bien : le milieu, les truands, la vie urbaine et ses trafics. Ces quatre ouvrages peuvent être achetés via  Amazon.com.

 

Tout allait bien… jusqu’à ce que l’administration pénitentiaire découvre ces publications, et le tout dernier texte, qui est un roman. Et décide d’interdire notre écrivain de publication. Les autres livres étaient passés bien innocemment à travers les mailles du filet. Il n’en sera pas de même pour celui-ci. « Voici une personne qui tente de faire quelque chose de bien de sa vie après sa sortie de prison. Victor L. Martin souhaite sortir de prison et offrir quelque chose à la société, pour ne pas retourner dans le milieu criminel. Et l'écriture est son horizon », explique son éditeur, Marcenia Waters, qui a décidé de saisir la justice. Nous sommes aux Etats-Unis et la liberté d’expression, garantie par le premier amendement de la Constitution, n’est pas rien. C’est dire que l’affaire va prendre une autre tournure.

 

Ce n’est pas le contenu du roman qui est en cause. A bien lire ce que dit l’administration pénitentiaire, ce n’est pas non plus le fait pour un détenu d’écrire qui est l’angle d’attaque. Ce qui est mis en avant, c’est une disposition légale qui interdit de mener une activité commerciale depuis la prison. Ainsi, qu’il s’agisse de gérer une entreprise ou de publier un livre, peu importe : l’activité procure du chiffre d’affaires et des revenus. On sent derrière la règle un moralisme profond : impossible d’avoir une activité créant un profit quand on purge une peine criminelle.

 

Dire que le prisonnier peut écrire mais ne pas publier est contraire à la liberté d’expression. Toute liberté d’opinion ou de pensée suppose une extériorisation, car si la sanction tombe dès qu’il y a publication de l’opinion, il n’y a plus de liberté. Seule l’utilité sociale, qui fonde le droit pénal, pourrait permettre de limiter la liberté d’expression. Mais tel n’est pas le cas avec le roman de Victor L. Martin. L’ouvrage ne remet pas en cause l’autorité de la chose jugée, ne constitue pas l’apologie de crimes, n’est pas une insulte aux victimes et n’est pas cause de troubles à l’ordre public. La Cour Suprême aux Etats-Unis a reconnu que le fait d’être détenu ne devait pas remettre en cause l’exercice des libertés fondamentales. Il reste à vérifier que la règle est effective. Et tant pis, ou tant mieux, pour le profit.

 

Le droit français, avec l’article D 444-1 du Code de procédure pénale, offre à peine plus de garanties. La sortie des écrits faits par un détenu en vue de leur publication doit être autorisée par le directeur interrégional des services pénitentiaires. Ce droit n’est pas arbitraire, car l’administration devrait motiver une éventuelle décision de refus, notamment s’il s’agissait de sanctionner l’apologie de crimes. Mais ce décret, qui a été modifié récemment, le 15 mars 2007, ajoute que « tout manuscrit rédigé en détention peut au surplus être retenu pour des raisons d’ordre, pour n’être restitué à son auteur qu’au moment de sa libération ». Raisons d’ordre ? C’est dire tout et rien, entre zéro et l’infini.

 

Il faut donc attendre ces décisions de justice pour remettre un peu d’ordre dans les prisons et faire respecter les libertés fondamentales. Il suffit de penser à toute la magnifique littérature qui nous est venue de prison pour attendre une condamnation ferme des abus de l’administration. Toute sanction pénale n’est pas strictement nécessaire est illégale.

Commentaires

  • Ben oui....
    Il ne fallait pas se faire chopper, ou il ne fallait pas commettre ce qui l'a mené là...
    Il a aussi le temps d'y réfléchir....
    Le détenu par définition, il rejoint le camp des victimes à son tour, dès sa condamnation. Souvent par sa faute.
    "C'est une épreuve envoyée par Dieu" disait un gars que j'ai connu (un Turc Belge) qui prenait son histoire "avec philosophie", dignité et surtout avec patience. Il n'était pas seul responsable.
    Enfermé 4 ans à deux et parfois à trois, dans un compartiment de chemin de fer. Avec un coup d'oeil d'une ou deux heures par jour dans une cours mal foutue.
    Ca commence à faire long..... Même si c'est chauffé et qu'il y a un TV. (faut supporter les gout des autres aussi, ou s'ils sont trop fumeurs, ou Dieu sait quoi encore...)

    Cela dit, mettre les criminels en prison ne fait pas revenir les victimes, même à "perpète". D'autre part, empêcher les détenu(e)s de devenir artistes ou de s'exprimer d'une façon ou d'une autre, encore moins!
    Et si en plus l'administration pénitentiaire sabote ainsi les réinsertions... C'est le sommet de la Bêtise, pour rester poli. On fait fort peu de cas d'éventuelles victimes futures de ces situations absurdes qu'on fabrique en permanence.

    Mais nous savons que le régime politique actuel chez l'Oncle Sam comme chez le petit Nicolas.fr, n'entretient pas une politique pénale très orientée vers l'humanitaire envers les détenus, pas beaucoup plus qu'envers les victimes de leurs méfaits passés...

    C'est cher, c'est pas beau, c'est stupide, et en plus c'est dangereux!
    Comment tout cela est-il encore possible à l'épqoue des micro-processeurs?
    Nous avons élu des gens à l'esprit "primaire", voilà donc ce qu'il font en étant au pouvoir.
    Comment s'en étonner?
    Il fallait y penser un peu dans l'isoloir, quelques minutes avant de voter.
    La démocratie, c'est aussi fabriquer soi-même les problèmes du peuple.
    Interdire à un détenu de publier, c'est Ubu roi.

    "Il faut donc attendre ces décisions de justice pour remettre un peu d’ordre dans les prisons et faire respecter les libertés fondamentales. Il suffit de penser à toute la magnifique littérature qui nous est venue de prison pour attendre une condamnation ferme des abus de l’administration.
    Toute sanction pénale qui n’est pas strictement nécessaire est illégale." ben oui.

    En plus, ce qui se passe n'a pas de sens.
    On aimerait que les détenu(e)s en sortant, soient vraiment aidé(e)s à se retrouver une place, et puissent se faire toutes et tous "oublier"! Au moins pour celles et ceux pour qui c'est possible car ils en sont capables. (là, c'est un débat plus délicat)
    Tout le monde y a un intérêt puissant.
    Nous voyons pourtant que tel n'est pas le but de nos administrations pénitentiaires. C'est bien triste. Alors, à quoi servent-elles?
    Ca couterait très cher j'en conviens! Il est sûr qu'en "étant aux affaires", on n'a pas à priori une forte envie en classant les priorités, de mettre le bien être social des détenus
    devant tout le reste! naturellement. Mais pourtant, quelles économies ferait-on si on s'en préoccupait au moins un peu?
    On n'a pas osé le chiffrer semble-til. Ce serait intéressant, car je suis sûr quon éviterait un certain nombre de désastres, en traitant mieux les détenus, et en n'envoyant pas n'importe qui en tôle pour un oui ou pour un non, ceci dit accessoirement....

    Là aussi, le plus simple bons sens est perdu de vue, plus souvent qu'à son tour...

  • En prison pour purger une punition, pas pour se faire du pognon.
    Manquerait plus que ça, diriger une entreprise ou un syndicat du crime comme Dr Mabuse aussi.
    Il fera comme Hitler. Il écrit son Mein Kampf dans sa prison de Landsberg (1924), et le publie à sa sortie (1925).
    Il peut toujours communiquer avec l'extérieur en envoyant des cartes postales. Mais sûrement pas des pages de manuscrits à un éditeur. C'est ça la privation de liberté. Ce n'est pas pour manifester non plus sa liberté d'expression avec la société. Autant supprimer les prisons.
    Rien ne sort de prison sans contrôle, rien de ce qui entre ne doit en ressortir, tout ce qui est à l'intérieur, excepté les objets personnels laissés au vestiaire, appartienne à la prison.
    J'ai connu un gars qui voulait un poste de TV dans sa cellule, à époque où la TV était chère.
    On lui accordait, mais en cas de départ, il devait laisser le poste au centre pénitentiaire. Pas de restitution possible.

  • C'est le paradox d'un pays capitaliste, faire du business a tout prix, mais lorque vous etes en prison, on boucle les recettes, comme ca le jour il sort et bien il n'a pas un cents avec lui

  • C'est le paradoxe d'un pays capitaliste, faire du business a tout prix, mais lorsque vous etes en prison , on vous boucle les recettes, comme ca le jour ou il sort et bien il n'a pas un centime avec lui pour refaire sa vie !

  • C'est une simple décision de l'administration pénitentiare, cela ne devrait pas tenir devant quelle que cour que ce soit aux USA. Au pire on peut imaginer que les gains soient mis sous séquestre au profit des victimes; les droits du premier amendement sont inaliébales.

  • Qu'est-ce qu'on se préoccupe des prisons, d'u nautre pays de surcroît, alors qu'on passe tous les jours devant des mômes jetés de chez eux à 18 ans et qu'on ignore royalement...On nage en pleine pseudo-moralité angélique, prisme à travers duquel on veut voir le soupçon de chaleureuse humanité qui habite ce sanguinaire-ci, ce bandit-là, de celle qui fit tant de tort à la gauche à l'époque des années gauche-caviar.

    A quand des défilés dans les rues pour demander à traduire en justice ceux qui ont un beau jour stoppé la route de l'ennemi public n° 1 préféré des français ?

    Comme dirait le petit, va falloir que ça change...

  • Fran

    Il doit y avoir un message, mais je dois être hermétique à l'ésotérisme tôt le matin. lol

  • Coïncidence....
    Le bon docteur Karadzic est moins connu comme auteur de poèmes, que comme un médecin psychiatre qui a "mal tourné" en devenant un des organisateurs de "nettoyage ethnique" en Bosnie.
    Il s'est fait pincer hier soir semble-t-il.
    Pour information il fait aussi très bien la cuisine, c'est un passe-temps très pratiqué à la prison spéciale de Scheveningen près de Den Haag (La Haye).
    Les détenus ex-Yougoslaves les plus connus ont en effet presque tous, ensemble donné au personnel Hollandais de nombreux et excellents cours de cuisine locale. Cette prison est très bien tenue, à leur façon ils ont donc de la chance.

    Mais le bon docteur est aussi connu (seulement localement) pour écrire des poèmes.
    Il va avoir le temps de s'y remettre, après le procès. Espérons donc qu'il saura et pourra se faire éditer.
    Il n'a malheureusement pas été édité en France, et fut fort peu traduit. L'occasion est venue, car il va avoir grand besoin de montrer la face la moins connue de sa personnalité.
    Peut-être aussi.... Va-t-il téléphoner à Mtre Jacques Vergès, un spécialiste des "cas difficiles".
    Bien navicalement

  • Traduction de mon propos pour Mathaf :

    Rien à braire du sort de ce type.

  • C'est une bonne idée ça : Vergès, il va rappliquer ventre à terre...
    C'est une avancée pour les "mères de Srebreniça" qui viennent d'être déboutées aux Pays Bas. Ce serait interessant de decrypter les poêmes du psychiatre gand malade.

  • Merci Fran

    Depuis Lang, le mot braire est devenu tabou, lol . Ca met Sego la haine hors d'elle .
    Il y a longtemps, j'ai trouvé chez un bouquiniste les poêmes de Fresnes de Brazilhac, aux éditions des sept couleurs, ils sont restés interdits pendant longtemps. Tout témoignage est intéressant. L'écriture est peut-être un moyen plus efficace que les psychotropes pour revenir à une forme de vie humaine.

  • A ce que j'ai compris dans le papier de Gilles, il ne lui est pas interdit d'écrire à ce monsieur détenu...Il a donc à loisir le moyen de jouir de ta prescription.

  • Ca fait drôle d'arriver et de lire en haut à droite : Fran sur "Je vous écris depuis la prison".
    Quoi Fran est en prison ? Et en haut à Droite ? Il nous écrit depuis sa prison ?
    C'est vrai qu'il faut avoir connu la prison 3-4 jours au moins pour apprécier le sujet.
    Je te souhaite le voyage dans cette jungle reconstituée. Juste pour une petite erreur de la route bien sûr. Rien n'est plus capitaliste que cet univers. Ca rend un petit fou. Si tout le monde pouvait y faire un séjour, le monde serait plus bienveillant, compatissant, indulgent, tolérant. D'ailleurs presque tous prennent des calmants. Moi jamais, mais je ne suis pas normal comme les autres, un peu maso par nature. Alors Fran qui écrit de sa prison, ce serait le top car ce que dit Mathaf si joliment écrit remplirait pleinement sa valeur :
    "L'écriture est peut-être un moyen plus efficace que les psychotropes pour revenir à une forme de vie humaine."

  • Je préfère penser aux victimes.

  • c ette interdiction n est pas normale il a peut etre fait ça pour que sa famille ait de l argent sinon on avait pas a lui laisser cette liberte pour l interdire apres

  • Vivre 23 ans enfermé dans quelques mètres carrés avec toute la dangerosité du système carcéral est de loin ce que j'appelle payer sa dette.

    Une vie n'a pas de prix, je suis tout à fait d'accord avec cela mais pas de peine plus dur que de se réveiller chaque matin dans un endroit aussi sordide qu'un prison, de se sentir priver du besoin fondamental que nous avons tous de se sentir libre. Alors à chacun sa peine, on paie pour ses crimes mais en quoi écrire peut-il être répréhensible?

    On écris pour s'évader, pour s'occuper durant des journées souvent sans fin, on écris sans chercher forcément à voir un quelconque profit pécuniaire à cela mais plutôt moral (d'ailleurs peu sont les auteurs qui arrivent à amasser suffisamment d'argent avec la vente de livres pour vivre sans soucis).
    Pouvoir se repentir, vivre dans le regret de sa faute et chercher à se racheter, je trouve cela louable n'en déplaise aux plus réfractaire de la réhabilitation.

    Je trouve courageux son entreprise et lamentable les réactions des autorités pénitentiaires mais comme dans tout nos grands pays dit "civilisé" il est souvent rare de voir les gouvernants faire preuve de bon sens.

  • Personne ne lui reproche d'écrire. Mais seulement de gagner du pognon à l'extérieur pendant sa peine.
    Nourrit, loger et gérer et faire des bénéfices, ce n'est pas prévu. Sinon, l'Etat aurait pensé aussi a faire payer un loyer et une pension complète d'hôtel.

  • Voila une bonne raison pour que ceux qui representent nos institutions montrent les pattes blanches pour que ceux pouvant servir a la societe ne pourrissent pas tout au fond de nos prisons sans etre vus et entendus. Merci de bien vouloir prendre en compte ceci

  • A partir du moment où les victimes sont indemnisées, je ne vois pas le problème de gagner de l'argent en écrivant des livres. Aider sa famille comme dit annie, préparer sa réinsertion. On a supprimé le travail forcé, mail il me semble que le travail en prison est rémunéré 60 cents de l'heure, les fournitures très chères, un système d'exploitation complet.

  • Dans ce cas, l'égalité obligera à autoriser un travailleur manuel à travailler à l'extérieur pour aider sa famille. C'est infini.
    Le pognon permet de cantiner bien mieux, de se payer des gâteaux le dimanche, d'acheter de la drogue, de se faire livrer des cadeaux somptueux. Certes celui est plus riche, en prison ça se voit davantage encore que dans la vie. Forcément la promiscuité avec le droit de cantiner .. Alors l'intellectuel pourra gagner du fric sur le marché tandis que le manuel ne pourra que travailler qu'à l'intérieur pour 3 sous.
    L'injustice est suffisamment présente pour en rajouter.

  • Il faut rémunérer le travail en prison correctement, celui qui sort avec 80 euros en poche en tout et pour tout, va récidiver tout simplement pour bouffer. En plus l'administration pique des marchés au secteur privé avec des rémunérations à la chinoise.

  • Ben oui, faut travailler plus pour gagner plus pour payer plus de taxes.
    Le juge dira, ce qu'il m'avait dit "Fallait y penser avant". On vient pas en prison, pour bénéficier d'une pension complète et ressortir plein de pognon, alors que tant de gens à l'extérieur n'arrivent pas à boucler leurs fins de mois avec un loyer exhorbitant pour si peu.

  • Ce serait pas le juge Burgaud des fois ?

  • C'est pour moi une forme de recel... On retire un bénéfice de ses méfaits.
    Je commet un crime horrible je fais mon temps en prison en encaissant la monnaie parce que sinon vous comprenez, ca va ètre désagréable et a la sortie je serais fatalement obligé de recommencer.
    Ce discours angélique a fini de me révolter pour maintenant m'amuser. Cette approche, comme quoi la prison serait l'origine des faits des récidivistes par l'aspect école du crime, absence de ressources a la sortie etc... c'est minable. Ceux qui ne récidive pas à la sortie, honneur leurs soient rendus, ils sont malades ? Et les primo-délinquants qui ne sont pas passé par la case prison, c'est quoi le motif, la société ? la famille ? le contexte économique ?
    Si la prison est une peine c'est bien pour qu'elle apporte plus d'inconvénients que le comportement qu'elle est chargé de réprimer. La seul population qui n'a pas sa place en prison ce sont les toxicomanes dépendant plus du médical que du pénal.

  • Si le type n'a pas de sang sur les mains, je ne vois pas pourquoi il serait traité comme un meurtrier. Un des problèmes, c'est qu'on mélange tous les genres en prison.
    Le simple gangster qui souhaite écrire et ainsi en retirer un bénef pour lui, sa famille, effectivement tout bien réfléchi, c'est cohérent et constructif.

    Vrai ce que dit Mathaf pour ce qui représente des petits marchés de fournitures.

  • Pour les crimes horribles je serais partisan de la perpète incompressible, mais c'est heureusement une toute petite fraction des détenus. Les toxicos arrivent en taule surtout quand ils ont commis des crimes pour acheter leur merde. On peut toujours essayer de catégorier et ça ne manque pas de sens; mais ce n'est pas par des conditions indignes de détention que la société se rend justice à elle même. Les détenus sont sous tutelle de l'état, rien n'empêche l'administration d'imposer un part de "pécule" et une part d'argent de cantine. Seulement on est toujours dans l'absence de suivi, mal bien français.

  • Le JT de 13h sur Antenne2, non FR2, vient de dire que la population carcérale a atteint son pic, ce mois de juillet, avec encore une augmentation par rapport à juin.
    De quoi rassurer Gilles que la CEE, l'Etat s'en bat les c. On ne va pas les relacher quand même ! Et depuis qu'il n'y a plus d'amnistie, c'est comme l'année dernière, l'été est chaud. Heureusement qu'il n'y a plus de canicule depuis que Sarko est arrivé. C'est ce qu'il a fait de mieux.

  • Sur que l'état français s'en tamponne des droits de l'homme, sauf pour Florence et Ingrid, que j'aime beaucoup par ailleurs. Quand je voulais envoyer des mandats à des amis, j'étais obligé d'employer des ruses de sioux parce que les matons te fichent. Les millions sont arrivés comme par miracle pour nos deux belles héroïnes, les taulards apportent zéro vote, si ce ne sont des votes négatifs.

  • c'ets la mode cette année, de plaindre les déviants? formidable époque n'est ce pas. Bientôt les braqueurs auront la légion d'honneur.

  • Mais il y a eu toute une promotion de déviants le 14 juillet .

  • Ca date pas de cette année Fred, c'est une sorte de fascination : Oui le méchant est bon, quelque-part...

  • Écrits de prison, par Leyla Zana (Editions "Des femmes") 1995

    Le récit de la première femme kurde à avoir été élue députée au parlement de Turquie, déchue de son mandat et emprisonnée pour délit d'opinion.

    ET AUSSI

    - Ecrits de prison, par Thomas More (réédité au Seuil)

    - Ecrits de prison: Temoignage d'un prisonnier politique: Ngugi Wa Thiong'o
    Nicole Mêdjigbodo, Revue Canadienne des Études Africaines (1983)

    - La Prison vue de l’intérieur
    Regards et paroles de ceux qui travaillent derrière les murs
    de Patrick Chamoiseau Albin Michel /2007


    - Lettres de prison 1945 - 1947
    de Louis-Ferdinand Céline Gallimard 1998

  • L'Utopie de Thomas More, c'est un peu l'Utopie de Gilles Devers, à moins que ce soit l'Utopie de Nicolas Sarkozy.

    « Fainéantise », le mal que Thomas More entend éradiquer d’Angleterre.
    Interdiction des jeux, cette perte de temps ..
    Les institutions que propose Thomas More sont très nettement autoritaires. La démocratie d’Utopie est surveillée.
    « Les filles ne peuvent se marier avant dix-huit ans, les garçons avant vingt-deux.
    « Le plus ancien membre d’une famille en est le chef »… Les femmes servent leurs maris, les enfants leurs pères et mères, les plus jeunes servent les plus anciens …
    « L’adultère est puni du plus dur esclavage… La récidive est punie de mort ». Le flirt et la galanterie ne sont pas mieux traités : « La simple sollicitation à la débauche est passible de la même peine que le viol accompli ». Toujours le point de vue de l’homme.
    Religion du travail et de la marchandise, aveu public des péchés, mépris du luxe, habits bruns ou noirs et poses réservées, impérialisme colonial. Ne manquent plus que le véritable adversaire, la femme à la lettre écarlate ou les sorcières de Salem.

    La seule phrase que j'avais retenue de Th. More, quand j'avais 13 ans, c'est celle qu'il déclara à son bourreau avant de mourir :
    « La seule différence entre vous et moi, c'est que moi je meurs aujourd'hui et vous demain». Un peu philosophe parfois ce théolingien.
    Alors ? Socialisme, communisme, sarkozysme ou deversysme ?

  • Je ne connaissais pas les lettres de prison de Céline. En fait il écrivait de sa prison au Danemark.
    Dans les années cinquante, un certain de Labatie, oncle de l'officier disparu dans l'attentat du Drakkar, avocat stagiaire chez Tixier Vignancour, est allé voir le garde des sceaux avec son dossier sous le bras: "C'est un français qui n'a commis aucun crime, ce pauvre monsieur Destouches s'est cru obligé de fuir à Sigmaringen pour échapper aux violences de la libération". Et le garde des sceaux accepta d'amnistier Monsieur Destouches.
    J'ai du lire le voyage au bout de la nuit dix fois (l'Afrique, les mouches bleues, l'Amérique, Bramu).
    Il y a un ouvrage apocryphe sous je ne sais plus quel pseudo : Le gala des vaches, à mourrir de rire.

  • C'est Mort à Crédit que je n'ai jamais pu finir.
    Sarte disait de ce livre : « un certain mépris haineux des petites gens qui est une attitude préfasciste ». Et quand on est jeune, on aime les livres les plus critiqués.

    Pour le Voyage, voila ce que dit wiki et j'apprécie d'autant que je sais qui l'a écrit :
    « l'amour, c'est l'infini mis à la portée des caniches ». Les « caniches » que sont les êtres humains, ne pouvant prétendre à cet idéal abstrait qu'est l'amour du fait de leur nature définitivement bestiale ; Céline rejoignant ici la pensée d'Arthur Schopenhauer.

  • C'a y est : le Gala des vaches d'Albert Paraz, suivi de la lettre de Céline sur Sartre et l'existentialisme, suivi du bal des saucisses. Albert Paraz est très vraisemblablement un pseudo de Céline. A lire absolument.

  • Ca y est t'as trouvé ton anarchiste de droite, le summum : Albert Paraz.
    Mais alors c'est un nouveau Ravachol. Sur ce, je vais me chercher un expresso.

  • J'ai longtemps pensé que le gala des vaches et la valse des saucisses avaient été écrits par Céline, en fait Albert Paraz a son existence propre. J'ai lu les deux bouquins quand j'étais subclaquant au pavillon des maladies tropicales, page après page, ça m'a bien remonté.

  • En cherchant vaches et saucisses, on trouve un génie en première ligne. Qui l'eu cru, lol.
    C'est génial google.
    Finalement, tu es plus inscrit que tu ne voulais le faire croire.

  • T'as bien mérité une photo de rené coty. LOL

  • A mon sens, Ingenys a, une fois de plus, posé le problème de la manière la plus satisfaisante. Si l'on accepte l'idée que la prison est une punition qui passe par la privation des libertés, quel sens y a t-il à laisser au détenu celle du libre commerce et du profit ?

    En outre, il s'agit d'une façon de commercialiser son expérience carcérale particulièrement indécente à l'égard des victimes.

  • Ca c'est rare, merci de le dire et de faire une bonne synthèse en 2 phrases seulement qui expliquent tout. Chapeau !
    J'emmène ces 2 avec moi et les inscrit dans mon OneNote de Microsoft pour la postérité.

  • De rien, tout le mérite t'en revient ! Et bonne chance pour la suite avec K.

  • Ah ! Sympa. Voit que les affects ne se décrêtent pas. Laissez faire le naturel. Suffit d'être disponible pour les belles valeurs, ouvert aux bonnes volontés et pour la floraison de la vie. L'homme n'est pas que critique et vociférateur. C'est pourquoi des sujets permettent aussi de s'ouvrir aux autres. Et je pense que si Gilles laisse faire les hors-sujets, c'est qu'il aime bien souffler un peu les braises humaines.

  • ... pour entretenir le feu des passions. Oui. Tiens, à ce propos, je dois sortir, alors à plus tard. Pour ton info, je ne roule pas pour le président, mais simplement pour une certaine idée de la justice. D'autant qu'ici, en cas d'extradition, tout le monde serait gagnant, y compris Marina... si son état le permettait, bien sûr.

    A plus !

  • Toi tu sors à ce propos, et moi j'accueille à ce propos. Tu es donc extraverti, je suis introverti.
    Tu mets ta plus belle cravate pour l'occasion, moi ma plus belle échancrure.
    Tu y vas comme si tu partais au supermarket, j'y vais pour composer mon meilleur cocktail. Avec glaçons qui collent !
    Tu rages dans les transports, je rage car ma chienne veut la mordre.
    Tu t'exaltes sur l'endroit romantique qu'elle a choisi, je m'exalte à faire découvrir mon jardin secrêt.
    Tu attends trois quart d'heure qu'elle s'arrache de son jean, et moi j'ai déja une cigarette au bec en pensant à la prochaine fois.

  • Que le prisonnier ne tire pas gain de ses ecrits tant qu'il est en prison se concoit tout a fait. Mais alors il faut aussi etre honnete et faire le menage dans certaines prisons ou perdurent traffics et autres rackets dont les benefices vont bien dans les poches de certains. Ce prisonnier americain a au moins le merite de vouloir ouvertement se faire un pecule pour sa sortie.

  • Oui mais qu'il fasse son pécule en publiant après sa sortie, pas avant sur le dos du contribuable qui paie son loyer et sa nourriture. La loi américaine n'a pas prévu cela.
    Anna Donskoy veut spolier les gens honnêtes, envers et contre les lois LOL !

  • Effectivement il faudrait que ce prisonnier touche les premiers bénéfices après avoir épuré sa dette en vers la société :

    Frais de repas et d'hébergements , salaires des gardiens , assistantes sociales et autres avocats , entretien des locaux et remboursement des tous ses casses et indemnités aux victimes !

    Sinon il va recommencer ?

  • C'est bien obtus ton point de vue, Ingenys. Pourquoi le détenu ne paierait pas d'impôts sur le revenu ? Les putes sont bien imposées au forfait. Je pensais que tu étais pour la libre entreprise, mais finalement non. Ouh le vilain trotskyste rabougri !

  • Je parle de deux poids deux mesures. D'un cote le type qui veut publier pour (aussi) se faire du fric a la sortie: on lui tape dessus alors qu'il fait ca ouvertement (qu'on soit d'accord avec ou pas) et de l'autre cote, les rackets a couvert (mais souvent connus) dans les prisons, a revenus immediats, et qu'on laisse faire. Vous ne trouvez pas ca hypocrite?

  • La libre entreprise avec le pognon des autres. Zut ! Ca me fait penser que 2 fois, j'ai touché l'aide à la création d'entreprise. Une fois 30 KF, et la seconde fois 42 KF.
    Mais bon, c'est le système qui oblige à quémander. Je suis contre, je préfèrerais payer moins de taxes et de prélèvement que réclamer son dû que l'Etat nous vole par derrière.

    Moi y en a pas comprendre trotskyste, rackets .. vous êtes dans un autre monde, dans la quatrième dimension. Réveillez vous ! Je vous envoie les témoins de Jéhova.

  • Le système qui m'oblige à quémander: c'est l'argument des poujadistes sans honneur, la fiante de la pensée politique.

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