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09.09.2008

Russie: Mais qu'est-ce qu'une frontière?

912980564.jpgRussie : Mais qu’est-ce qu’une frontière ? Avec les autorités européennes représentées par Nicolas Sarkozy et José Manuel Barroso, le Président russe Dmitri Medvedev a accepté le retour des troupes russes sur leurs frontières.

 

L’accord est-il réel, sincère ? S’annoncent déjà de nouveaux pourparlers à Genève le 15 octobre, et la Russie a fait savoir que l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud devront participer à ces pourparlers. Inacceptable pour les autres Etats, qui sont loin de reconnaitre l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud. Retour aux frontières ? Dans l’épreuve de forces actuelle, ce sera plus compliqué qu’une réponse du type « oui ou non ». En réalité, la question est de savoir ce qu’est  une frontière en 2008 ?

 

Juridiquement, la frontière marque la limite territoriale d’un Etat. Dans la théorie la plus classique, un Etat existe quand il peut réunir un territoire, une population et une organisation politique complète. Ce qui fait par exemple qu’il n’existe pas d’Etat palestinien car s’il y a une population, le territoire est discuté et l’organisation politique est incomplète. Sur le plan juridique, les frontières sont décisives en ce qu’elles délimitent un Etat, ce qui pose la question de la validité des frontières. Or, si l’histoire des populations est de la plus grande complexité, il en est tout autant de celle des frontières. Les plus stables sont les frontières géographiques, telles les Pyrénées. D’autres résultent de l’histoire ou de séparations administratives, et apparaissent vite arbitraires. Cette Ossétie du Sud, à l’origine, est une pure création administrative. De même, la colonisation a laissé ses marques en Afrique avec de longues frontières tirées au cordeau, qui laissent entière la réalité des problèmes frontaliers. Au total, la légitimité des frontières est souvent très faible,… ce qui justifie l’attachement aux frontières quelles qu’elles soient. Justes ou injustes, on ne touche pas aux frontières et la ligne si fragile prend l’aspect d’un rempart. Or, cette frontière rempart, ça ne fait pas l’affaire.

 

L’Etat – territoire population organisation du pouvoir – c’est la structure juridique. Après, reste à faire vivre une population, et se crée alors une nation. La nation se forge au fil du temps, regroupant des éléments très épars telle qu’une histoire, des intérêts communs, l’envie de construire l’avenir. La nation n’est pas une notion juridique. Elle relève du vécu, des attachement communes, et Ernest Renan, dans une formule restée célèbre, a démontré qu’elle reposait sur un plébiscite quotidien. Le droit, c’est bien trop court. Il faut faire vivre les structures, donner du mouvement à tout ce qui crée le sentiment d’appartenance. Juridiquement, l’Etat, bien calé dans ses frontières, participe à ce plébiscite quotidien : il est le cadre irremplaçable de l’exercice de la vie démocratique et des mécanismes de solidarité. Ce sont là les attachements fondamentaux que peut créer le droit. Et les déconvenues s’agissant de la construction de l’Union européenne montrent que si l’on va trop vite dans le dépassement du cadre national, l’opinion ne suit plus. Il faudra beaucoup de temps pour envisager une Europe qui ne se construise pas à partir des nations.

 

Mais la notion de la frontière, comme rempart de l’Etat, ne suffit pas. Elle est même dangereuse, car penser le pouvoir dans le seul cadre des frontières conduit aux pires dérives. Un Etat doit organiser le décloisonnement de ses frontières pour trouver une vraie place dans la communauté internationale. Si la démocratie et la solidarité sont du registre national, l’économique ne peut plus se comprendre que dans le registre international. On ménagera les intérêts nationaux, mais une frontière rempart conduirait à l’isolement économique et donc à l’affaiblissement de l’Etat. La frontière devient poreuse, mais elle l’est sans doute davantage encore sur le plan juridique quand les Etats acceptent de se soumettre à des systèmes juridiques intégrés se plaçant sous l’autorité de structures gouvernementales comme dans l’Union Européenne ou juridictionnelle, comme avec la Convention Européenne des Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe. Les jugements de la Cour Européenne ne connaissent pas les frontières et tout citoyen des 47 Etats du Conseil de l’Europe peut invoquer une jurisprudence rendue à propos de n’importe quel autre Etat qui se retrouve transposable à sa propre situation nationale. Des pans entiers de législations conçus au sein des frontières cèdent devant ce droit international, et l’Etat en vient même à répondre comme un simple plaideur devant une Cour internationale. La bonne frontière doit être relative.

 

C’est tout le paradoxe, respecter les frontières qui sont la base de la paix et le cadre de la démocratie et des solidarités, mais les remettre en cause pour permettre le développement économique et le respect des droits. En ce sens, imaginer que la Russie reste à l’intérieur de ses frontières serait une très mauvaise nouvelle. Que cela plaise ou non, il existe deux zones d’influence dans cette partie du monde. Il faut définir la frontière et aussitôt la rendre poreuse, dans le respect de peuples et avec les conditions d’un équilibre diplomatique.

 

De plus en plus la frontière devient contingente, relative, et les pourparlers qui vont s’ouvrir à Genève le 15 octobre s’annoncent passionnants, et lourds d’enjeux. 772533361.2.jpg

Commentaires

Un endroit où les Etats viennent taxer, humilier et emm. les gens.

Écrit par : EcoGuy | 09.09.2008

Frontière désigne la ligne imaginaire séparant deux Etats souverains.

Car sinon, prenons le pays catalan français dont la capitale est Perpignan, et dont la langue est le catalan.
Au Sud les pyrénées, à l'ouest les albères, au nord les corbières et à l'Est la mer méditerranée. Le territoire entièrement entouré de montagnes et par la mer.
Et pourtant ce n'est pas un pays avec des frontières imaginaires séparant deux Etats souverains.
Le naturel est une chose, l'imaginaire une autre. Et finalement, c'est l'imaginaire qui domine. Pour ne pas dire l'artificiel.

Écrit par : ingenys | 09.09.2008

Personne n'est au courant de la conférence de Genève :


http://www.swissinfo.ch/fre/24_heures_en_suisse/Une_conference_sur_la_Georgie_a_Geneve.html?siteSect=104&sid=9681306&cKey=1220970685000&ty=nd

Écrit par : Mathaf Hacker | 09.09.2008

La notion de frontière n'est pas "economically compliant".

L'Etat est un concept barbarre appartenant au passé. C'est un dinosaure inadapté, un tyranausaure, pour être plus juste dans l'image.

Monsieur A souhaite vendre de l'acier qui lui appartient, et monsieur B souhaite le lui acheter avec des capitaux qui lui appartiennent.

Si ça a des effets secondaires sur le petit buisiness de C, tant pis !
Ca porte un nom: concurrence. Je sais qu'au moyen âge, la concurrence était considérée comme inacceptable, d'où les corporations. La France semble en être restée à ce stade, nonobstant la "révolution" !

Le concept même de concurrence y est resté tabou, et on s'y abrite toujours en corporations, en côteries, en Etats frileux assiégés de toutes parts, pratiquant la prétendue "régulation-meilleure-que-le-marché" comme diafoirus la médecine.

Spectacle désolant, et pitoyable.

Je ne vois pas du tout en vertu de quel droit fondamental il faudrait tolérer que C prenne les armes pour empêcher, par le racket (droits de douane), la menace (saisies bancaires), et la violence (police, armée...), que A et B mènent librement leur transaction à terme.

Ce n'est pas du Droit, c'est de la violence armée, employée en dehors de tout contexte de légitime défense. Inutile de maquiller ce fait: l'Etat est une mafia qui a réussi mieux que les autres.
L'Etat semble "mieux" que la mafia, car la violence est plus encadrée, et plus prévisible, ce qui permet aux individus de s'ajuster dans un cadre contraint, mais connu à l'avance.

Ce n'est néanmoins qu'un pis aller par rapport à l'idéal d'un état de Droit, à comparer à son affreux faux ami: l'Etat de droit (cf place des majuscules pour les mal-voyants)

L'Etat, la frontière, c'est la violence. Ce n'est pas le Droit.

Un Droit cohérent ne peut être bâti que sur la propriété, et le droit individuel de la défendre contre le vol et les intrusions.

Dans la pratique Etatique entre "nations", cela se traduit -assez mal- par un concept collectiviste, flou à souhait, mais un peu meilleur que le dogme des frontières rigides: "le droit des peuples à disposer d'eux mêmes". Une sorte de droit de propriété, ou de liberté d'association au niveau d'une "nation".

Je trouve cette évolution positive pour les individus.
A condition évidemment que cela ne se traduise pas immédiatement par l'opression d'un nouvel Etat !

Selon moi, et d'autres, la sortie de ce schéma ne peut se faire qu'en reconnaissant aux individus le Droit de faire secession, ici, maintenant et tout de suite !

Dans ce cadre, la Nation deviendrait un club avec ses membres cotisants, et... les autres: les non membres ET non cotisants. Cela "dé-territorialiserait", au moins un peu, les nations. Les nationaux de l'Etranger sont une esquisse de cette nouvelle façon de voir.

Un club "national" ne pourrait perdurer que s'il apportait des avantages substanciels à ses membres, et non plus des avantages si douteux qu'il faille FORCER les "membres", appelés "citoyens" à payer leur cotisation !
ASSUJETTIS fiscaux et sociaux: c'est pourtant clair, non ?

Écrit par : EcoGuy | 09.09.2008

C'est plutot clair-obscur. Pourquoi n'exprimez-vous pas vos convictions plus franchement?

Écrit par : anna donskoy | 09.09.2008

Les frontières sont le résultat de conflits et de conquêtes millénaires, le droit international n'est rien sans la force, tout cela est assez vaseux.

Écrit par : Mathaf Hacker | 09.09.2008

Frontiere :l En tant qu’objet géographique, la limite regroupe un large spectre de figures, de la discontinuité à l’interface, de la frontière à la borne (Gay, 1995, Pradeau, 1996). Elles ont toutes en commun de révéler et produire un ordre dans l’espace, ce que le choros, la désignation de l’espace dans la Grèce antique, rendait au travers de la contraction du chaos et de l’oros (Pellegrino, 2003). Le territoire en constitue le prolongement social : une appropriation d’un espace et le marquage du pouvoir dans l’espace. Interroger la limite conduit dès lors à interroger une représentation et un instrument de l’ordonnancement social : quelle pertinence, quelle efficace et quel sens du territoire si la limite qui l’institue est ébranlée ?
Parmi l’ensemble des limites, la frontière constitue une forme conventionnelle, politique et légale. Produit du pouvoir, elle existe au travers de ses inscriptions, au sens qu’en donnent Latour et Woolgar (1996), c’est-à-dire dans des représentations qui permettent de l’objectiver, qui lui confèrent une matérialité et en fournissent une attestation visuelle. Une première inscription s’établit à partir des règles, lois et contrats ainsi que des cartes qui en composent le pendant spatial. De ce point de vue, la frontière est historiquement située. Elle résulte d’une souveraineté stabilisée, autant par les traités que par des modes de communication culturelle qui assurent la diffusion et l’unité de la représentation (Anderson, 1996). Si le limes appartenait à l’empire antique et les marches à la féodalité, la frontière appartient à la nation.
Cette souveraineté concrétise sur le sol ses traités. Elle réalise ainsi une seconde inscription, dans l’espace cette fois, au travers d’objets matériels donnant forme à la limite. Projection de la convention, la frontière constitue un objet linéaire à « métrique topologique » (Lévy et Lussault, 2003). La frontière génère de ce fait une contiguïté spatiale extrême, un face à face sans transition : elle crée de la distance dans de la proximité, comme le dit fort expressivement Christiane Arbaret- Schulz, (2002)

L’inscription a facilité la certitude et de ce fait la stabilité. Seule la représentation cartographique a permis une délimitation précise et au final incontestée, non sans de nombreux traités de limites (Nordman, 1998).

Écrit par : kriptonite | 09.09.2008

Les frontière sont des lignes imaginaires séparant les peuples du monde. Dans son oeuvre "Les frontières",Antonio Miranda décrit les malheurs des Hommes et Les frontières .... À travers sa poésie


LES FRONTIÈRES
Illustration de Zenilton de Jesus Gayoso Miranda
traduit en français par Florence Dravet


I.

Frontières de la fin du monde

démarquant l´inconnu

et l´insondable:

limite inconcevable

— finis terrae


Séparant le monde civilisé

des terres innommables

de monstres et de barbares

de bêtes et de cyclopes

de langues indéchiffrables

quand ce ne sont pas des peuples sans parole

et sans compréhension

des nomades exilés

déformés de toute complexion

et de toute raison

sans histoire sans avenir

des gens abandonnés

par Dieu depuis l´exode des exodes.


Divisant croyants et incroyants

sans port, sans destin

confinés par les lignes départageantes

de la faim, du froid, des croyances

qui évoquent des divinités animiques

à l´abris des protections naturelles

et raisonnables.


Autres sont les frontières

du monde civilisé

du monde démarqué

et assiégé

des limites arbitraires

surveillées

s´étendant sur des territoires

nommés

avec des titres de possession

et de domaine.


Terres féodalisées

par des seigneurs anoblis

ou par des gouvernements d´occasion

— égaux dans tous les sens –

aguerris dans leur clôture

dans l´appartement du monde

et dans leur exclusion

et possession.


II.

Qu´est-ce qui démarque deux peuples,

deux nations, deux personnes?


Quelle ligne de partage

les fait différents

les met en contrepoint?


Et les nations sans territoire

les peuples sans démarcation?


Quelle est l´appartenance tellurique

du gitan et de l´immigré

du nordestin en exil

et de l´indien nomade

ou errant et solitaire?


Quelle est la patrie des fugitifs

des expatriés, exilés

bannis dans l´ostracisme

des gens de la rue

des sans-terre

des peuples errants

des tribus ambulantes

des communautés alternatives

sans territoire

et domicile fixe?


Sous les ponts, cela correspond

à quelle nation?

Sous les pilotis insalubres,

de quelle citoyenneté fait-on partie?


Passeurs en mer

clandestin sur les cargos

aventuriers passants.

Nations expatriées

peuples transhumés

gens dépouillés

dans des ghettos

aliénés de toute appartenance légale

sur des frontières abstraites

culturelles et conventionnelles.


Qu´est-ce qui sépare un pays de l´autre?

Un drapeau? Une langue?

Une constitution?

Une intention démarcatrice?

Un précepte ou un prejugé?

Une clotûre, un mur de circonstance?


Idéologies? Ethnies? Religions?

Ou des interêts tribaux? Quoi d´autre?

Les sentiments telluriques, ancestraux

les valeurs transnationales

quelle patrie habitent-ils?


Les gens qui naissent, vivent

et meurrent sans aucun registre

de naissance ni de mort

à quel pays appartiennent-ils?


Quelle est la frontière qui éloigne

un quartier millionaire en bonne santé

d´un autre, ouvrier et misérable?


Qu´est-ce qui sépare ces enfants

blonds, beaux et vitaminés

des autres, noirs et squelettiques?

Ces corps sveltes, forts et bronzés

de ceux déformés des esclaves?


Sous terre, plantés tels cadavres indigents

on est des gens

et de quelle nationalité?


III.

Frontières abstraites, rituelles

frontières indéfinissables

arbitraires

inouvrables

plus imaginaires que réelles

infinies.

Parfois elles partagent

d´autres fois elles rapprochent.


Peuples fracturés

coupés au milieu

- les basques, les yanomamis

les kurdes, les gaúchos

les pantaneiros – et aussi leurs animaux

leurs oiseaux

systèmes écologiques

(continus, contigus)

sectionnés, amputés,

sciés.


Qu´est-ce qui rapproche les guerrilleros

des traficants de drogue

- serait-ce les vases communiquants

ou les associations de circonstance?


Que dire des marchands

de contrebande

trafficants?

De quel côté sont-ils?


La frontière partage et exclue

protège et sépare

avilie et humilie

les peuples indépartageables

- ou hybrides comme les brésiguayens –

comme les camionneurs

qui engrossent les stations

où ils fraient

dans les villages isolés

par eux dévergondés

par eux inseminés

de virus et nouvelles

transportées.

Ce sont des fleuves des montagnes des forêts

infranchissables, ce sont de hauts plateaux

insurmontables

où les lignes de démarcation ne se voient pas

ne se reconnaissent pas.


Ce sont des terres impraticables

que ni les missionnaires

ni les garimpeiros

et les milices des frontières

ne parcourrent.


Il y a aussi les postes de contrôle

qui fouillent les routards

et laissent passer la contrebande

et encore les frontières murées

avec des clôtures électriques

gardées par des chiens militaires

mais où les échanges

et le va-et-vient ne cessent pas

dans le ventre des gens

l´anus du voyageur

l´estomac du chauffeur de taxi

et sous le faux sol du conducteur.


Il y a les frontières marines

qui rapprochent plus qu´elles ne séparent

davantage à l´allée qu´au retour

dont le flux varie

selon la nuit ou le jour

avec leurs plages d´arrivée

leur ports et leurs douanes.


Seules les hirondelles n´obéissent pas

aux normes prescrites

seules les baleines ne réclament pas

de visas ou de vaccins

et les étoiles ne se rendent pas compte

de ce qu´elles illuminent.


IV.

En vérité, je vous le dis

nos frontières premières

—du début du capitalisme portugais-

furent les capitaineries héréditaires:

elles se multiplient par centaines

sur les os et les piliers plantés

à l´aurore des nationalités.

Avant cela, notre ligne

de partage était plus précaire

—droit réel ou de papauté –

mais personne ne la respectait

c´était le Traité de Tordésille

qui ne partageait rien de rien

sur des terres encore à découvrir

et à explorer.


Auparavant, ni même cela

ne nous partageait ou ne se comprenait

c´était le Paradis Perdu

séparant l´outre-mer

des terres endiablées

partageant le monde-pomme

en deux moitiés appétissantes

car il n´y a pas de pouvoir

qui dure pour toujours

—qu´il soit humain ou même divin -

qui ne pourrisse ou ne fâne

même s´il semble être là pour l´éternité.
(Poème écrit lors d´un voyage le long de la frontière entre le Brésil et le Vénézuela, en décembre 2004)

Écrit par : Hazem KSOURI | 09.09.2008

Les frontière sont des lignes imaginaires séparant les peuples du monde. Dans son oeuvre "Les frontières",Antonio Miranda décrit les malheurs des Hommes et Les frontières .... À travers sa poésie


LES FRONTIÈRES
Illustration de Zenilton de Jesus Gayoso Miranda
traduit en français par Florence Dravet


I.

Frontières de la fin du monde

démarquant l´inconnu

et l´insondable:

limite inconcevable

— finis terrae


Séparant le monde civilisé

des terres innommables

de monstres et de barbares

de bêtes et de cyclopes

de langues indéchiffrables

quand ce ne sont pas des peuples sans parole

et sans compréhension

des nomades exilés

déformés de toute complexion

et de toute raison

sans histoire sans avenir

des gens abandonnés

par Dieu depuis l´exode des exodes.


Divisant croyants et incroyants

sans port, sans destin

confinés par les lignes départageantes

de la faim, du froid, des croyances

qui évoquent des divinités animiques

à l´abris des protections naturelles

et raisonnables.


Autres sont les frontières

du monde civilisé

du monde démarqué

et assiégé

des limites arbitraires

surveillées

s´étendant sur des territoires

nommés

avec des titres de possession

et de domaine.


Terres féodalisées

par des seigneurs anoblis

ou par des gouvernements d´occasion

— égaux dans tous les sens –

aguerris dans leur clôture

dans l´appartement du monde

et dans leur exclusion

et possession.

Écrit par : Hazem KSOURI | 09.09.2008

La frontière c'est ce que tu délimites en urinant ici et là.

Signé : Félix

Écrit par : Fran | 10.09.2008

En général, les poètes sont contre :

http://fr.youtube.com/watch?v=uwOV7w1jiWE

Écrit par : Mathaf Hacker | 10.09.2008

C'est très intéressant cette décision des prudhommes sur Areva Libourne, je me demande si ça tiendra en appel.

Écrit par : Mathaf Hacker | 10.09.2008

Les poètes sont contre nous dit Mathaf.
Les internautes aussi, car Internet, comme les Grands Vents, dépasse les frontières et apporte une nouvelle Vitalité aux Hommes épris de Liberté (c'est de moi).

Écrit par : ingenys | 10.09.2008

Les poètes sont contre dit Mathaf. Tout court !

Écrit par : ingenys | 10.09.2008

Oui internet dépasse les frontières ! mais au moins ils viennent pas casser ta bagnole et vendre de la drogue dans ta cage d'escalier !

Écrit par : jp2 | 10.09.2008

Les soldats russes s'emmerdent et font des cartons sur les postes de police georgiens, bilan un policier georgien tué.

Écrit par : Fran | 10.09.2008

Ca dépend jp2, regarde comme un grand vent peut dépasser les frontières et tout casser à Haïti, puis Cuba, puis la Louisiane.
C'est ça la nature, elle n'a pas de frontière, elle peut casser ta bagnole, la cage d'escalier et pire encore.

Écrit par : ingenys | 10.09.2008

Tant que ce n'est pas avec les chars qu'ils jouent au ball-trap...

Écrit par : Fran | 10.09.2008

Les paroles depassent les frontieres, ce qui a permis a certains de recouvrir la liberte. La connerie ne connait pas de frontieres malheureusement. Internet a elimine les frontieres, sauf celles imposees par la censure, style chinoise google.

Écrit par : anna donskoy | 10.09.2008

Frontières d’hier, frontières d’aujourd’hui, ce ne sont plus les même.
Bien sûr, restent les pointillés, plus ou moins arbitraires. Limites de la souveraineté. Je n’entre pas dans le débat « droit d’ingérence ».

Mais les frontières deviennent aussi relatives que les distances. Vous voyez ces cartes de géographie toutes déformées qui sont les cartes de géographie économique, qui réécrivent les distances en fonction des durées de trajets. Lyon - Clermont Ferrand, c’est 190 km, mais c’est économiquement plus loin que Paris.

Se créent ainsi d’autres frontières, qui sont celles des zones d’influence, du contrôle de l’énergie, de l’eau.

Les Russes reprendront leur positions derrière les pointillés officiels, quand ils auront créer les frontières virtuelles, mais les plus efficaces, qu’ils souhaitent.

Écrit par : gilles devers | 10.09.2008

Poutine a entièrement revu la stratégie russe depuis 2006, et regroupé stratégie militaire, sécurité intérieure, énergie, sous une même chapeau. En cela les russes ont beaucoup appris des puissances internationales.

Les axes principaux de la nouvelle doctrine sont :

Sécuriser l'approvisionnement et le transport d'énergie.
Défense contre les missiles pointés sur la Russie.
Rééquilibrer les forces militaires en fonction de " l'endiguement" des grandes puissances.
Faire jeu égal avec l'Otan en tant qu'acteur global.

C'est une stratégie économique et politique qui a peu de choses à voir avec, l'ancienne pensée militaire, et la conquête territoriale.

Comme vu en Géorgie, c'est le début de la fin du monde unipolaire qui a prévalu depuis vingt ans, se créent de nouvelles alliances comme celle des états riverains de la mer Caspienne, qui devrait constituer une zone économique de premier plan.

Écrit par : Mathaf Hacker | 11.09.2008

Chantage à l'énergie ? qui est plus fiable : usa ou russie ?

Écrit par : jp2 | 13.09.2008

Salut jp2

Il y a ceux qui ont de l'énergie, et ceux qui n'en ont pas : la Russie, premières réserves de gaz au monde, l'Iran la deuxième. Après, vient le contrôle des tuyaux pour la disribution. Aux USA, 50% de l'électricité est produite à partir du charbon, et il n'y a pas assez d'énergie pour satisfaire la demande. En France, 70% de l'électricité est produite par le nucléaire, grande vision du grand Charlie. Les chinois sont en train de bouffer les ressources naturelles de l'Afrique, ils n'ont que du charbon, et du gaz birman.
Toutes ces histoires au Moyen-Orient, dans le Caucase et en Asie Centrale tournent d'abord autour de l'énergie, ensuite sur les menaces islamistes.
J'ai tendance à penser que les jeunes russes font de meilleurs stratèges que les neo-cons . J'ai du mal a comprendre cet antagonisme anti russe, cultivé par les américains, comme si on était toujours au temps des soviets.

Écrit par : Mathaf Hacker | 13.09.2008

La France a les pires records en toutes choses, mais faut reconnaitre qu'elle a su avoir le nez fin en choisissant le nucléaire. C'est son unique atout. Faudrait rapidement passer de 70% à 100% d'électricité produite par le nucléaire.

Écrit par : ingenys | 13.09.2008

Il faudrait en fait passer à 200% au minimum ... 100 pour nos besoins en électricité "classiques "et 100 pour produire l'hydrogène qui peut remplacer le pétrole !

Écrit par : jp2 | 13.09.2008

EDF exporte beaucoup d'électricité chez nos voisins. L'Allemagne est grosjean comme devant avec son folkrore anti-nucléaire. Elle dépend du charbon (pas très vert), de ces horribles éoliennes, du gaz russe. Chez moi on est chauffé au gaz de Lacq, mais il n'y a pratiquement plus de réserves, donc on ne devrait pas être envahis lol.
Difficile à comprendre ce manque d'investissement dans la recherche sur le moteur à hydrogène. On doit encore attendre que les japonais s'en occupent...

Écrit par : Mathaf Hacker | 13.09.2008

C'est l'indien tata qui va nous sortir la voiture que je vais acheter, la tata.
Car Renault et Peugeot sont foutus.
Mathaf se chauffe au gaz ! lol C'est bien c'est naturel au moins.

Écrit par : ingenys | 13.09.2008

c'est naturel et ça dégage de l'eau comme la combustion de l'hydrogène je crois !

Écrit par : jp2 | 13.09.2008

Une tatamobile pour jp2, il se prendra pour jp16.

C'est vrai que ça n'avance pas le progrès de la bagnole, sauf pour nous polluer avec des sécurités à la noix comme la lumière qui s'allume quand la ceinture n'est pas mise.
Dassault devait faire une voiture électrique, il a abandonné.
Reste l'hydrogène, mais c'est facile en théorie, en pratique délicat à construire.

Écrit par : ingenys | 13.09.2008

Je ne sais plus si c'est Tata ou un autre groupe indien qui a acheté le brevet de cet ingénieur français sur le moteur à air comprimé. Décidemment, l'intelligence fout le camp en Europe.

Écrit par : Mathaf Hacker | 13.09.2008

Finalement, l'énergie est plus importante que les frontières. J'étais un peu pessimiste, BMW sort la BMW7 en série, avec moteur à hydrogène :


http://www.moteurnature.com/actu/2006/bmw-hydrogen-7.php

Écrit par : Mathaf Hacker | 13.09.2008

Faut de l'huile de coude pour comprimer un fusil ou un pistolet à air comprimé.
Je ne vois pas comment ça peut marcher. On comprime comment le moteur ? En pédalant ?

Écrit par : ingenys | 13.09.2008

Je l'ai toujours dit, les Allemands sont les maîtres de la technologie, quand ils ne sont pas freinés par des écolos bobos.
Mais BMW, c'est cher, on attendra que Toyota fasse un clone pour acheter.
L'hydrogene liquide est plus facile à utiliser que l'hydrogène gazeux. Mais comment on se ravitaille en hydrogène ? Et liquide il a aussi 2 atomes comme le gazeux ?

Écrit par : ingenys | 13.09.2008

Je suis nul en physique-chimie, il y a des réponses :

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/technologie-1/d/un-reservoir-dhydrogene-en-aluminium-et-jetable_14738/

Écrit par : Mathaf Hacker | 13.09.2008

La Russie a signé mercredi des accords qui lui permettont d'installer des bases militaires en Abkhazie et Ossétie du Sud et d'intégrer leur économie à la sienne. Je ne me rappelle pas si c'était dans l'accord...

Écrit par : gilles devers | 17.09.2008

Je l'avais dit que l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud deviendraient des pays libres de s'armer comme bon leur semble. Vive la liberté !

Écrit par : ingenys | 17.09.2008

Gilles,

Vu vôtre bagage juridique, il devrait vous être facile de lire l'accord en six points et d'en tirer les conclusions. Sans compter les accords entérinés par l'ONU depuis 1991/1992.
Je vous trouve bien ingénu. lol.

Écrit par : Mathaf Hacker | 18.09.2008

Der Spiegel nous révèle l'analyse (post mortem) de experts de l'Otan sur l'offensive et contre-offensive en Ossétie. L'élément essentiel qui manquait à la chronologie citée plus haut est le mouvement des blindés russes à partir du tunnel de Roki. Ce mouvement a démarré le 8 août à 11h15, soit douze heures après l'attaque géorgienne.
Cela démontre que l'initiative russe a bien été déclenchée en réaction à l'attaque géorgienne, et qu'il n'y a pas eu de préméditation, contrairement à ce que la presse unanime a tenté de nous faire accroire:

http://www.spiegel.de/international/world/0,1518,578273,00.html

Ecrit par : Mathaf Hacker | 16.09.2008

Écrit par : Mathaf Hacker | 18.09.2008

Ingenys

C'est normal si ces petites provinces choisissent leur pays ou leur indépendance elles se rattachent en fonction de leur culture ... et si demain la corse demande son indépendance (référendum majoritaire ) seras tu contre ?

Ou Marseille dans 20 ou 30 ans quand elle demandera son rattachement à tel ou tel pays musulman ?

Écrit par : jp2 | 18.09.2008

jp2,

Ce serait amusant de faire un referendum sur l'indépendance de la Corse. A mon avis, les français voteraient pour, et les corses contre.

Écrit par : Mathaf Hacker | 18.09.2008

Je suis comme Raymond Barre l'était, très favorable à la libération et l'indépendance de la Corse. Quel dommage que plus de 70% des corses ne sont pas indépendantistes.
Quel malheur pour la France que ce boulet.
Puis Marseille, nouvelle ville culturelle de l'Europe est heureux d'annoncer Jean-Claude Gaudin. La culture n'est plus que politique dans ce pays. Autant politique que l'élection obligatoire de Miss France de la Guadeloupe, de la Réunion et de la Martinique.
Dans toute cette manipulation des masses, Marseille devient la nouvelle capitale culturelle du Maghreb, comme le bois de boulogne est la nouvelle capitale du Brazil.

Écrit par : ingenys | 18.09.2008

Console toi Ingenys...on viens de decouvrir une partition de Mozart "INEDITE" a Nante de quoi te remonter le Moral!

Écrit par : kriptonite | 18.09.2008

Le juriste avisé… Le droit se démultiplie, et de toute part, on appelle tous les jours plus de droit. C’est pour cela que ce blog est immortel. Préparez vos petits enfants. Pour ne parler que du droit applicable dans un pays, c'est-à-dire le droit interne et le droit international pertinent, je pense que pour un juriste professionnel, non tiède s’agissant question travail, se fixer comme objectif de bien connaitre après vingt ans de pratique 1% du droit est déjà très ambitieux. L’étude du droit ressemble aux paysages de la Haute-Loire (grand pays de salaisons par ailleurs) : chaque colline passée en fait découvrir dix autres.
En réalité, je crois que l’interprétation de l’accord, pour garder une méthode, a moins besoin de juristes que d’interprètes. Chacun s’affirme parfaitement dans le respect du texte, mais quand on pousse, on s’aperçoit que chacun a sa version du texte !!

Écrit par : gilles devers | 19.09.2008

Un cabinet d'avocat, c'est 1 qui plaide et des dizaines qui recherchent dans les textes telle jurisprudence qui viendrait étayer, tel article de loi qu'on aurait plus en tête ..
La justice, c'est tellement fouillie qu'il faut maintenant des bataillons de chercheurs en trésors de textes de droit.
Trop de droit et tout est de travers.

Écrit par : ingenys | 19.09.2008

L’accord est-il réel, sincère ? Je m'irteresse beaucoup a ce sujet. Je pense que cette information peut etre utile pour moi. Si vous avez encore queque chose, ecrivez-vous.

Écrit par : Harry | 11.11.2008

Bon et bien, ce message a fait surgir dans ma cervelle le suivant: "comme la frontière de Tournai, où il ne passe pas une souris qu'on ne sache combien elle a de poils". Il me semble que grâce à la culture numérique on sait maintenant combien de poils possède chaque Ossète, Géorgien et ainsi de suite. Je dis non pour jaser sur ce compte.

Écrit par : Leo | 02.01.2009

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