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Un bébé en prison

Un bébé en prison. « Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux ». Oui, même si c’est moins évident quand la vie commence en prison.

L’histoire n’était pas passée inprison.gifaperçue. C’était en mars dernier, à Saint-Nicolas-du-Pélem, (Côtes-d’Armor), dans la maison d’habitation d’un couple marié, avec deux enfants de 5 et 2 ans. Le grand-père, fortuitement, avait fait une découverte macabre dans le congélateur : le corps d’un nourrisson. L’autopsie avait mis en évidence des traces de violences graves sur le corps. Quelques jours plus tard, la mère, Valérie Le Gall, avait été arrêtée. Au cours de la garde à vue, elle avait reconnu le meurtre. Le juge d’instruction l’avait mise en examen le 26 mars pour « homicide volontaire sur mineur de moins de quinze ans », et elle avait été écrouée.

La naissance avait eu lieu en juin ou juillet 2007. La mère avait expliqué son geste par son incapacité à faire face, dans un contexte d’immense solitude et de vie de couple qui n’en était pas une. Le mari soutenait qu’il ne s’était pas aperçu de la grossesse, et il avait été mis hors de cause. Depuis, le couple est en procédure de divorce.

Ce 3 septembre, toujours détenue, la jeune femme s’est plainte de douleurs au ventre auprès du personnel pénitentiaire. En fait, elle était enceinte, sans que personne ne s’en soit aperçu, et il s’agissait des contractions. Elle accouché d’une petite fille dans l’ambulance du SAMU qui la conduisait au CHU de Rennes.

Dissimulation de grossesse ?  Une réalité connue, mais qui laisse toujours septique. Dans un milieu doux et aimant, c’est effectivement impossible. Dans un cadre rude et distant, ça devient possible. Cette affaire, mieux que tout l’atteste. Le directeur adjoint interrégional de l'administration pénitentiaire pour le grand Ouest, Yves Bidet, a déclaré que cette femme « faisait l'objet d'un suivi médical régulier » et que « l’examen médical d'entrée avait bien eu lieu ». Et oui, ça arrive.5180.jpg

L’enfant et sa mère ? Les textes, regroupés dans le Code de procédure pénale,  ne disent pas grand-chose. Les D. 400-1 et D. 401 prévoient que les détenues qui ont gardé leur enfant auprès d'elles, bénéficient de « conditions de détention appropriées », et les enfants peuvent être laissés auprès de leur mère en détention jusqu'à l'âge de dix-huit mois. Le séjour doit être aménagé, et les services d’insertion organisent des sorties avec l’enfant « pour préparer, le cas échéant, la séparation de l'enfant d’avec sa mère, au mieux de son intérêt. « 

Des droits sociaux ? La mère détenue peut bénéficier de la prestation d’accueil du jeune enfant (PAJE) qui comprend la prime de naissance et une allocation de base mensuelle jusqu’aux trois ans de l’enfant. Les femmes incarcérées avec leur enfant ont également la possibilité de percevoir l’allocation de parent isolé (API) pendant leur incarcération aux mêmes conditions que si elles étaient libres, dans la mesure où elles sont seules à élever l’enfant.

La filiation ? Conçu pendant le mariage, l’enfant a pour parents le mari et la femme. Tout deux exercent l’autorité parentale, et le père peut demander – le souhaite-t-il ? – la résidence de l’enfant. La mère étant mise en examen pour des faits de meurtre sur un de ses enfants, et témoignant par cette nouvelle dissimulation de grossesse, de difficultés graves dans la relation aux autres, un juge pour enfants a été saisi. Il lui reviendra de décider les mesures qui paraissent les plus appropriées. Pas facile. Car il ne s’agit pas ici de la sanction de la mère, mais de l’intérêt de l’enfant. Dont celui d’avoir des relations affectives avec sa mère.

Et la petite fille ? Quand tous les indicateurs sont au vert, la vie semble parfois bien difficile. Alors, pour cette petite fille qui n’a rien demandé à personne, et qui va ouvrir ses yeux dans une prison… Les épreuves peuvent être révélatrices, et quelques que soient les drames du passé, les parents sont en mesure de lui transmettre l’affection et des valeurs éducatives. Même la mère, qui sera pourtant condamnée pour l’avoir privée d’un grand frère ou d’une grande sœur.  Surtout, cette petite fille a la chance de naître dans un pays de grande civilisation, avec des services publics attentifs et pertinents. L’éducation, la culture, l’ouverture au monde sont à portée de main. Et puis bien d’autres enfants sont nés ce début septembre : des futurs copains et copines pour la maternelle. Parmi eux, à coup sûr, un grand chéri et les histoires d’amour pourront commencer.

A cette petite fille, nous souhaiterions tous faire un cadeau. Mais le cadeau, c’est elle qui nous l’offre en nous permettant, par cette belle journée de septembre, de réfléchir à l’espoir.images.jpg

 

 

Commentaires

  • Il y a en qui naisse en prison, d'autre dans un chateau. Classe touriste ou Première classe, la vie n'est pas toujours un long fleuve tranquille.
    C'est toujours mieux que commencer sa vie coupé en morceau dans un congélateur.

  • Gilles je ne vois pas trop bien l'objectif de la note ? Montrer du doigt que la mère va élever l'enfant jusqu'à 18 mois et qu'ensuite il lui sera enlevé ?

    Que sa situation dramatique provient du fait que sa vie de couple est chaotique car instance de divorce ?

    Signaler le cas et dire au ministre de la justice que ça na va pas ?

    Que proposez vous qu'il faudrait faire dans l'intérêt de l'enfant ? Qui serait mieux que ce qui va être décidé ?

    L'enfant va t il rester jusqu'à 18 mois avec sa mère , en regard de c e qui est arrivé au dernier .....

  • jp2, il n'y a pas de message, sublimal ou non. C'est une histoire, et qui éclaire bcp de réalités vécues.

  • Rachida aussi attend un petit bébé. Un fille j'ai entendu dire. Alors, prisonnière ou garde des sceaux même combat. Du fond de la cellule ou du fond d'un grand ministère, une mère est une mère et mérite que l'on parle d'elle.
    Et les papas dans tout ça ?

  • Ce n'est peut-être pas un bon plan de laisser l'enfant s'attacher à une mère qui passera de longues années en prison. Mieux vaudrait lui trouver une (bonne) famille de substitution. Au début de l'affaire Courgeaud, je n'arrivais pas à croire cette histoire de déni de grossesse, c'est pourtant une réalité tangible.

  • Franchement, tout va vite, mais je crois que ça vaut la peine de s'arreter sur cette histoire. Nombre de problématiques s'y trouvent réunies.

    A commencer par ce déni de grossesse, effectivement. Mais je crois à la capacité d'une femme de dépasser toutes ces lignes de l'horreur, et d'avoir une relation saine avec l'enfant.
    Et pour cette petite fille, que de défis!

  • On peut effectivement imaginer la possibilité de reconstruire la relation mère-enfant, dans un monde idéal. Je ne crois pas que l'administration carcérale aît les moyens d'assurer ce suivi, à moins que... Si les soeurs irlandaises sont toujours là, je pense qu'elles seraient bien capables de le faire, je les ai vu à l'oeuvre en Australie.

  • Me revient l'histoire de cette mère qu'on a contraint à rester menottée pendant son acouchement. Je ne devrais pas rire, mais que faire d'autre devant tant d'imbécilité ?

  • Grand moment en effet! Une circulaire du ministre de la justice a remis... un peu d'ordre!

    http://www.justice.gouv.fr/bulletin-officiel/4-dap96b.htm

  • "témoignant par cette nouvelle dissimulation de grossesse, de difficultés graves dans la relation aux autres" ... le déni de grossesse ça vous dit quelque chose ? ça n'a strictement rien à voir avec de la dissimulation !

    et on peut faire un déni et aimer ensuite son enfant profondément et tout donner pour lui. oui c'est mon cas, ma fille a 10 mois, tout mon amour et toute mon attention comme n'importe quel enfant ! (quoique de nos jours on peut se demander si c'est vraiment le cas de tous, désiré ou non). toutes les femmes faisant des dénis de grossesse ne sont pas des tueuses de bébés ou des femmes incapables de sentiments envers leur enfant.

    d'ailleurs cette mère a 2 autres enfants qui apparemment n'ont jamais eu de problèmes. elle doit être punie pour ce qu'elle a fait c'est évident, là dessus je ne vous contredit pas, mais vous n'avez pas à parler de dissimulation de grossesse sans savoir.

  • "Surtout, cette petite fille a la chance de naître dans un pays de grande civilisation"

    Ah bon? Je croyais que ça se passait en france!

  • Incapacité à faire face mais capacité à tuer, ce qui n'est pas donné à tout le monde.

  • @asdfghjkl, oui, il s'agit bien de la France. Il y a beaucoup de personnes qui viennent en France justement pour cette raison. J'attire notamment votre attention sur la qualité de ce qu'offriront les services publics et la Sécurité sociale.

    Savoir si cette civilisation dilapide l'héritage ou non, est une autre question.

  • @titétoile, merci pour votre témoignage.

    Dès lorsqu’on a vécu une situation personnelle forte, en entendre parler en termes généraux est réducteurs, et vite décalé.
    Je ne crois pas voir assimilé le déni de grossesse au désamour, et s’agissant de la relation affectueuse entre cette mère et son enfant, je crois même avoir écrit exactement l’inverse. Si, si, relisez bien. Je ne veux pas parler davantage du cas particulier sur ce plan. Nous ne connaissons pas cette dame, et ce serait indécent, surtout vis-à-vis de l’enfant.

    L’angoisse profonde, faite de données personnelles (ou j’en sui de ma vie ?), de données familiales (pas avec ce père et pas ici) de données socio économique (comment fais je faire) … tout ceci peut créer la conviction d’être dans une impasse absolue.
    Même personne, placée dans un autre cadre, sortie de l’isolement, avec des perspectives. Tout peu repartir. Mais je ne pense pas ensuite que ce soit seulement une affaire de volonté. Il y a eu dans l’affaire – ça c’est objectif – des faits d’une extrême gravité, qui justifieront d’un passage aux assises. Il faudra conjuguer cela et la qualité d’une relation avec les enfants. Mais je dirais, que sans justice, rien ne serait possible. Car elle juge, et elle condamne, mais en faisant cela, elle allège le fardeau de la mère. Le jugement est l’occasion de passer un cap. Le pire pour elle serait de lui dire « la justice renonce à juger ».

    Ici, personne n’est d’accord, mais nous cherchons tous à comprendre. Et nous lirons avec bcp d’attention ce que, peut être, vous nous écrirez encore. J’ai vu de très prés par mes métiers que « ça n’arrive pas qu’aux autres ». C’est dire si votre témoignage compte.

  • Dans les termes "dissimulé sa grossesse " on entend la volonté de Valérie de dissimuler cette grossesse , or rien n'est moins sûr :

    Pourquoi l'aurait elle dissimulé et dans quel but ?
    Comment cette grossesse est elle passée inaperçu dans le cadre carcéral qui est un cadre de surveillance étroite de la personne ?

    Or sans répondre a ces questions on pose un élément lourd de culpabilité , la volonté de dissimuler .
    Alors que l'on on sait bien que dans le cadre du déni de grossesse le corps ne réponds pas normalement , que la physiologie de la grossesse est tellement perturbée que les signes les plus évidents de maternité en sont masqués voire inexistants ......
    Alors que tout plaide pour un déni (et en particulier le fait que les fouilles au corps n'ont rien détecté) on préfére encore continuer d'enfoncer cette femme en raison de sa culpabilité d'infanticide qui semble établie avant même son procés .

    Dans ces conditions je pense que Valérie ne bénéficie d'aucune présomption d'innocence sans parler de la nécéssaire humanité qui consiterait a essayer de comprendre véritablement ce qui s'est passé .
    En effet ce qu'elle a pu avouer dans sa garde a vue dans les conditions d'un double traumatisme qu'elle a subi , naissance et mort d'un enfant , est pour moi totalement sujet a caution .
    Dans ces cas là on est trés content de boucler l'affaire en évacuant toute la complexité du dossier et en enfonçant une femme totalement dépassée par la tragédie qu'elle vient de vivre .

  • Pour la beauté

    http://es.youtube.com/watch?v=Lv4D5glbdx0

    et

    http://es.youtube.com/watch?v=fpaOTWZUIgA&feature=related

  • Je viens de recevoir ce communiqué


    COMMUNIQUE DE PRESSE
    PRISON DE RENNES
    UN BEBE NAIT SOUS LES BARREAUX
    Sous réserve d'informations dont nous ne disposerions pas, puisque sans connaissance directe du cas, nous travaillons sur les données rendues publiques par la presse, la naissance d'une petite fille à la prison de Rennes semble parfaitement illustrer la question du déni de grossesse.
    Résumons l'affaire en quelques mots : une femme, qui a probablement déjà fait un déni de grossesse et qui, dans la sidération panique d'un accouchement inattendu a déclaré avoir tué son bébé est mise en examen le 26 mars 2008.
    Emprisonnée à Rennes à la suite de cette mise en examen, elle vient d'accoucher d'une petite fille, sous les barreaux.
    Personne ne s'était rendu compte qu'elle était enceinte.
    Pourtant, cette femme, avait déjà probablement fait un déni de grossesse. En tout cas, de part sa situation judiciaire elle justifiait pour le moins d'une attention particulière sur le plan obstétrical, gynécologique et psychologique.
    Pourtant, de l'aveu même de l'administration pénitentiaire, cette femme était soumise à un suivi médical régulier.
    Pourtant cette femme, dans ce lieu de surveillance très serrée que constitue la prison, a inévitablement été soumise à des fouilles à corps : lors de son incarcération, lors de fouilles générales de la prison et tout simplement, lors des visites.
    Pourtant, la prison ne laisse place à aucune intimité.
    Toutes les conditions étaient donc réunies pour qu'une grossesse ne puisse pas passer inaperçue.
    Et, pourtant personne, absolument personne, ni les médecins, ni les psychologues, ni les surveillants pourtant aguerris dans la rechercher de la moindre dissimulation n'ont rien vu.
    Pourquoi ?
    Tout simplement parce que, dans les cas de déni de grossesse, il n'y a rien à voir : la future mère n'a pas conscience d'être enceinte. Son corps ne donne aucun des signes habituels (ni prise de poids, ni rondeur abdominale, ni tension mammaire,…) et bien souvent les règles (ou des hémorragies génitales régulières) sont conservées. C'est la base du déni de grossesse. Une base que la Justice et l'administration pénitentiaire s'obstinent à ignorer au mépris du bon sens, comme cette affaire vient de le prouver.
    Association française pour la reconnaissance du déni de grossesse

  • site de l'Association Française pour la Reconnaissance du Déni de Grossesse

    http://www.afrdg.info/

  • Un déni de grossesse, c’est quoi ?
    mercredi 1er juin 2005, par AFRDG

    Dernière mise-à-jour le 16 avril 2008

    Le déni de grossesse se définit comme le fait pour une femme enceinte de ne pas avoir conscience de l’être. C’est ce que rappelle le Dr N.GRANGAUD, pédopsychiatre, dans une thèse qui fait référence, "Déni de grossesse, essai de compréhension psychopathologique [1].

    Une des idées fausses circulant sur le déni est qu’il ne peut concerner que de très jeunes femmes ou des femmes "attardées". Rien n’est plus faux, comme le prouve une étude française récente menée pendant de sept ans auprès de 2 550 femmes ayant été hospitalisées dans les maternités de Denain et Valenciennes [2]. Les auteurs ont observé et décrit 56 cas de déni qui se partagent pratiquement à égalité entre ceux qui prennent fin avant le terme de la grossesse ("déni partiel") et les dénis qui se poursuivent jusqu’à l’accouchement ("déni total" : 29 cas).

    Cette étude fait surtout ressortir que près de la moitié des femmes victimes d’un déni est déjà mère d’un ou de deux enfants (26 femmes sur les 56 étudiées). Le fait d’être déjà mère ne protège donc pas contre le déni, et ne permet pas de facto à la femme de "reconnaître", d’avoir conscience de son état de grossesse. Autre information de poids : tous les milieux sociaux sont concernés. Le déni n’a donc pas une explication "sociale" mais, comme les principales affections psychiatriques, il est répartie au hasard dans la population. Caractéristique essentielle du déni : le corps ne présente pas de signe de grossesse. Il n’y a pas de "ventre". Il n’y a pratiquement pas de prise de poids, ni de masque de grossesse. Les femmes ne sentent pas bouger le bébé. L’aménorrhée caractéristique de la grossesse est elle même souvent transitoire ou même totalement absente (autrement dit, il y a des règles ou des saignements génitaux pendant la grossesse),

    Un exemple significatif de déni total rapportés, parmi d’autres, dans la littérature médicale, est celui d’une femme, militaire de carrière, arrivée à terme, qui déclare que non seulement elle n’a éprouvé aucun des signes qu’elle avait ressentis lors de ces deux grossesses précédentes mais surtout, qu’elle ne peut être enceinte puisqu’elle n’a pas pris de poids et "est rentrée" dans son treillis habituel jusqu’à l’accouchement.

    En ce qui concerne l’entourage le plus proche, ce qui est caractéristique, c’est. que lui non plus ne voit rien, ne perçoit rien, alors que des personnes plus éloignées, qui ne voient qu’épisodiquement la femme qui souffre de déni peuvent parfois percevoir qu’elle est enceinte ! Pas toujours : de nombreux médecins, même expérimentés, ont "laissé passer", en la prenant pour autre chose, des grossesses parfois près du terme chez des femmes en déni.
    Quand le déni est total, l’accouchement s’accompagne d’un état de sidération. Une patiente dit par exemple : "J’ai pris un bain car j’avais mal au ventre, je pensais que c’était mes règles. Et puis tout a claqué, il y avait du sang, du sang, et je suis restée dans le bain". Cela semble être encore plus le cas quand l’accouchement a lieu dans la solitude [3]. Il n’est pas rare que dans ces cas là qu’il se solde par la mort du bébé, soit accidentellement, soit par manque de soins (6 cas dans l’étude déjà citée sur les 29 cas de déni total). Ce dernier cas constite pour la femme un drame d’une gravité peu commune. Non seulement dans les heures qui suivent la naissance, elle réalise brutalement qu’elle était enceinte sans le savoir (d’où l’angoisse que l’on peut imaginer sur le fonctionnement de son propre corps) mais de plus que son bébé est mort ! Comme si ce double drame n’était pas suffisant, cette femme est jetée en prison. C’est cette attitude moyenâgeuse que dénonce l’Association Française pour la Reconnaissance du Déni de Grossesse.

    En effet, la réalité du "déni de grossesse" est établie sur le plan médical. Avec 600 à 1 800 femmes concernées chaque année en France, il constitue d’ailleurs un réel problème de santé publique. L’Association Française pour la Reconnaissance du Déni de Grossesse se bat pour que le déni de grossesse soit maintenant juridiquement reconnu.

  • Pour ceux qui ne sauraient pas. Toutes les grossesses qui demarrent ne sont pas significatives d'amenorrhees. C'est comme ca. Il peut se passer un certain temps, quelques mois, six mois ou plus meme avant que les regles s'arrent, ou pas du tout, ou que d'autres signes de grossesse se montrent. Cela n'est pas forcement en rapport avec un deni de grossesse.

    Je soutiens tout a fait le propos d'Olivier qui souligne tres justement que la presomption d'innocence est encore une fois traitee bien legerement.

  • Anna,

    Il faut bien séparer présomption et innonence pour ne pas donner dans le panurgisme ambiant:

    1. Cette femme est-elle coupable d'infanticide ? A priori, pas innocente, mais c'est à la cour d'assises de trancher.
    2. Le déni de grossesse est-il un crime ? Non, c'est une pathologie somatisée qui a peut-être existé depuis des millénaires, et que nous découvrons au XXI ème siècle.
    3. Si c'est une pathologie, quelles conclusions en tirer sur le discernement de l'infanticide incriminée ?

  • Pourquoi présomption d'innocence?

    Le seul fait de nature pénale est le meutre d'un enfant, pour lequel les faits ont été reconnus. L'avocat n'a pas fait de demande de mise en liberté, et ses propos ces jours ci visaient à expliquer les causes de ce qui avait été le geste de sa cliente.
    Il n'y a pas non plus d'expertise tournant autour d'une abolition du discernement.
    Certes, le procès n'a pas eu lieu. Mais évoquer des faits publiquement établis (le procureur a le droit de communiquer) et non contestés (l'avocat de la défense a une grande liberté de parole, meme en dehors du prétoire) ne constitue pas une violation de la présomption d'innoncence.

    La justice est publique, et il n'y a aucune violation de quoi que ce soit à faire état du nom d'une personne mise en examen et écrouée.

    Se prononcer sur la gravité du comportement sans procès, ce sans connaitre les pièces, est présomptueux, mais ne viole pas nécessairement la loi. C'est la différence entre la déclaration de culpabilité (les faits sont étblis et correspondent à une définition légale) et le prononcé de la peine (entre un mini et un maxi, échelle très ouverte sur un odsseir de ce type). Sur la gravité du comportement, il est très aventureux de s'avancer. c'est tout.

    Par ailleurs, ce qui vient d'avoir lieu ces derniers 8 mois n'a rien de pénal, et la question de la présomption d'innocence ne se pose pas.

    Sur le plan légal, on pourrait évoquer la question de l'intimité de la vie privée. Mais l'info (donnée par qui ?) a été confirmée par l'administration pénitentiaire. Et les infos sont de type évènementiels, avec le minimum d'implications personnelles.

    Notamment en évoquant des examens médicaux qui n'avaient rien repéré, l'adminsitration ne viole pas non plus le secret professionnel, car l'examen d'entrée, et le suivi régulier sont des obligations réglementaires.

  • Nous avons posté en meme temps.

  • Il vaut mieux voir sa présomption d'innocence légèrement piétinée, que d'être enfermé dans un congélateur. L'empathie n'est à sens unique.

  • A chosir, en effeit. le code pénal ne prévoit pas d'ailleurs les meme peines.

  • @Mathaf
    La presomption c'est parce que c'est a la prosecution d'apporter la preuve de la culpabilte de cette femme qu'elles que soient les apparences en ce moment. Memes fortes. Nous ne savons rien de cette femme ou de ce couple. Donc ne jugeons pas trop vite de toutes facons.

    Ensuite je me pose tout de meme la question suivante, a la lecture de cette phrase dans l'article ci-dessus: "Le grand-père, fortuitement, avait fait une découverte macabre dans le congélateur : le corps d’un nourrisson". Donc le mari n'a jamais ouvert le congelateur pendant tous ces mois? C'est possible. Je ne sais pas. Si le grand-pere lui l'a fait.... et a donc assez rapidement fait cette devouverte.

  • Nous avons en effet poste en meme temps. Oui on peut parler des faits etablis publiquement mais pas se faire juges et jures. La loi doit encore faire son travail.
    Au faut l'examen d'entree en milieu carceral comprend il un prelevement sanguin afin de voir si une femme est enceinte ou pas, ou bien cela releve-t-il d'un empietement trop intime?

  • La présomption d'innocence du père est durement piétinée je trouve...lol

  • Non, l'examen d'entrée ne comporte pas la pratique du test.
    Gloabalement, la médecine pénitentiaire... reste d'abord de la médecine. Le médeicn ne peut composer une prise de sang, ni un exament quelconque, s'il ne répond pas à une démarche diagnostique. Et la personne détenue pourrait refuser le test. De plus, le test peut être une manière d'interrompre le dialogue, déjà si difficile à créer...

    La loi pourrait-elle l'imposer? Après tout elle impose assez facilement... Je ne vois pas le législateru s'embarquer dans cette affaire, mais un petit décret??? Il resterait à justifier que cette mesure réglementaire, qui constitue une atteinte à la liberté de prescription médicale et à la liberté de la femme, est une atteinte strictement proportionnée au but à atteindre... pas évident.

    Sénario catastrophe: le bébé du 3 septembre est né dans l'ambulance SAMU. Imaginons un autre cas, et un accident à la naissance: la survenue du risque aurait été miseen vant pour justifier cette systématisation du test.

  • Cette fois, je ne suis pas d'accord avec Fran. Cette question a été traitée en long en large et en travers depuis l'affaire Courgeaud: le mari n'avait pas vu que sa femme avait été enceinte deux ou trois fois. Je n'en croyais pas un mot, mais c'était pourtant vrai.

    Anna,

    Il n'y a aucun problème de preuve pour l'accusation, ce n'est pas la question. La question est : quelles conclusions pouvons nous tirer d'une pathologie jusqu'à présent inconnue? Faut-il juger les personnes, ou simplement les faits ? Quelles sont les finalités d'un verdict ? Je te laisse répondre.

  • comme tous les jours ou presque vos articles sont "pillés" par le site continentalnews.fr qui fait des copier/coller purs et simple de votre travai: : www.continentalnews.fr/actualite/societe,150/la-mere-d-un-bebe-congele-accouche-en-prison,2834.html

  • Oui piller n'est pas créatif. Le site n'a aucun commentaire, personne ne lit. Tous viennent ici voir l'Original.

  • Oui il se dégage autre chose de l'original !

    Le style est de moins en moins conventionnel "plus généraliste ", moins fastidieux mais plus humain .... je dirai même plus féminin ....

  • @ Gilles
    Non, en effet, et je ne suis personnellement pas pour un "depistage" systematique de grossesse ou autre a l'entree en milieu carceral. Je me posais simplement la question, tant d'autres aspects de la personne sont examines a ce moment la.
    @Mathaf
    Je crois que la loi ne peut que se pencher sur les faits, c'est-a-dire l'infanticide. Comme le dit titetoile dans son temoignage poignant, toute grossesse niee mais menee a terme n'a pas forcement une fin negative. Celle-ci oui. Ce qui a pu se passer dans la tete de cette femme lorsqu'elle s'est rendue compte qu'elle etait en train d'accoucher et d'avoir un enfant, ce qui a pu se passer apres, je ne le sais pas, ce serait bien presomptueux de ma part. On peut avancer que cette grossesse niee fait partie des circonstances de cet infanticide, tout autant que d'autres elements probablement, comme les hormones (puisqu'on sait qu'au moment de l'accouchement le corps produit une maree d'hormones par ex) ou la vie de ce couple; elements qui feront surface pendant le proces.

  • Anna,

    Ce serait beaucoup plus simple si la justice ne se penchait que sur les faits. Plus besoin d'experts psychiatres, de jurés, ni de président de cour d'assises : la justice assistée par ordinateur. Ce n'est pas ce qui se dégage de la doctrine pénale en France ou ailleurs.
    Le déni de grossesse étant maintenant connu, l'infanticide établi, reste à décider le sort de l'enfant : faut il entrependre de sauvegarder la mère à l'aide de son enfant ou faut-il sauvegarder l'enfant en le séparant de sa mère ? Ca fait cru comme ça, je ne me sens pas qualifié pour en décider, le doute voudrait qu'on confie l'enfant à une famille.

  • En Tunisie un projet de loi en cours de rédaction interdisant l'hébergement des enfants avec leurs mères emprisonnées et portant création d'espaces spéciaux pour la protection et l'hébergement de la mère emprisonnée, se trouvant en période de grossesse ou d'allaitement et ce pour la durée de la grossesse et de l'allaitement à charge, pour l'intéressée, de continuer au terme de cette période de purger sa peine dans les établissements pénitentiaires et les établissements de rééducation ordinaires, réservés aux femmes.

    Béchir DJELASSI
    Avocat à la Cour de Tunis
    +216.71.56.78.43
    djelassi.avocat@gmail.com

  • Merci pour ces infos, Cher Béchir. Ce qui se passe en Tunisie nous intéresse d'autant plus qu'il y a entre les amis de ce blog de grands désaccords.

  • Si j'ai bien compris les effets physiologiques du déni de grossesse, cette femme ne serait pas en mesure d'allaiter. Je crois que la cour s'en remettra aux avis des psychiatres et pédopsychiatres, pour ce qui est du sort de l'enfant.

  • "Parmi eux, à coup sûr, un grand chéri et les histoires d’amour pourront commencer." > voilà qui est une bien curieuse manière de considérer la vie en la résumant à un amour. Mr devers devait être sous l' effet d' une joyeuse nuit passée avec sa femme j' imagine ou venait il de relire un livre de conte de fée avec une jolie princesse ?

  • Arthur, etes vous trop enseveli dans les pb de coeur et vous n'avez pas lu la phrase qui précédait: " L’éducation, la culture, l’ouverture au monde sont à portée de main. "

    Et un peu plus haut "des services publics attentifs et pertinents." Or, je vous précise qu'il n'existe pas de service public de l'amour. Activité purement libérale. C'est pour cela que Besancenot n'y pige rien, d'ailleurs.

  • Jp2, comment voulez vous que j’échappe à des zestes de féminité, alors que j’en suis à trois mariages (successifs, no polygamie), et que j’ai exercé pendant sept ans le métier d’infirmière. Et oui, 480 000 diplômés en exercice, mais seulement 10% des effectifs qui sont masculins. Un métier de fou !
    La syntaxe s’est inclinée : pour parler de la profession, on dit « les infirmières », car le nombre à écrasé la règle d’orthographe.

  • 3 mariages, et moi 2, je suis battu. Quelle santé ce Gilles ! On me l'a toujours dit que les infirmières sont chaudes lapines.
    Donc, Arthur a raison pour la première hypothèse, mais pas pour la deuxième "relire un livre de conte de fée avec une jolie princesse" lol.

  • je ne voudrais pas etre mis au jour en prison, tout les gense douvent etre egaeux ... tout c'est triste... merci pour cette note pénétrante, elle nous a fait reflichir sur les chose prosaïque mais plein de sens...

  • je suis hereux d'avoir lire cet article! ca eatait un chose qui ne peux pas laisser nous indiffèrents a ce qui a lieu... l'auteur a un vrais talent de nous faire vivre les evenements et pleurer.

  • Bonjour, je suis journaliste et étudiante de journalisme, je fais le reportage au sujet des femmes enceintes en prison, on cherche des femmes dans situation pareil; qu'elles etaient en prison pendant leur grosses, nous avons besoin interview masque, si vous connaissez des femmes la situation pareil, écris moi sofojaja@gmail.com, merci par avance

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