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L'art, le corps et la loi

images.jpgL’art, le corps et la loi. Il n’existe pas de liberté sans limite, et le débat est toujours intéressant lorsqu’il s’agit de la création artistique. Deux événements s’invitent dans l’actualité : l’intervention du Parquet de Paris hier à la FIAC pour retirer des photographies exposées, et l’ouverture à Marseille, au Palais des Arts, le 12 novembre 2008 de l’exposition « Our body / A corps ouvert ». La justice frappe très injustement Oleg Kulik à la FIAC alors qu’« Our body » patauge dans un consensus aussi mou que condamnable.

 

 

Oleg Kulikimages.jpg

 

Lors de la FIAC étaient exposées des photographies de l’artiste russe Oleg Kulik. Oleg Kulik est un des représentants de cet extraordinaire renouveau culturel russe. Ce photographe, né à Kiev en 1961, estime que le choix est entre l’adoration du monde ou la rébellion, la supplication ou la violence. Son œuvre se place dans cette lecture radicale, montrant l’humanité qui perd son humanité. Il pousse jusqu’à se placer en situation d’animal, et provoque avec ses photos. Parmi ses travaux, une série fameuse « Nouveau paradis », publiée en 2001, met en scène des corps humains nus dans des gestuelles pornographiques, superposés à la photographie d’animaux empaillés. Avec violence et profondeur, Oleg Kulik pose la question : où en sommes-nous ? et si nous étions proches du monde animal ?

 

6SRY7CA606HFYCAGYXK1GCA1EQ5SECAC2DCOXCA509SKNCARYZCYKCAMU9YHQCAY5YET1CAVVGSUGCAR9Q28GCAGGDUFZCAITIPFUCAV1J8EXCA75FKEYCASI0NI1CA9ON2L5CA11H51OCAHHK1NM.jpgOn aime ou on n’aime pas. Mais la douane française avait repéré les œuvres lors de leur arrivée et informé le parquet de Paris. Et celui-ci a diligenté les policiers en civil du commissariat du 8ème arrondissement pour venir décrocher les œuvres, qualifiées de pornographiques ou de zoophiliques, et conduire les propriétaires de la galerie moscovite XL, Elena Selina et Serguei Khripoun au commissariat de police. Le Parquet vise l’article 227-24 du Code pénal : « le fait soit de fabriquer, de transporter, de diffuser par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support un message à caractère violent ou pornographique ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine, soit de faire le commerce d’un tel message, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 75 000 € lorsque ce message est susceptible d’être vu ou perçu par un mineur ». Ce n’est pas l’image, mais le message qui est en cause.

 

Nous verrons bien si à la suite de leur audition, les titulaires des droits sur ces œuvres sont renvoyés au tribunal. Cette enquête présuppose une interprétation du message. Or, sauf à nier toute réalité artistique, il est bien évident que le message n’avait rien de pornographique ou de zoophilique. Le procureur poussera-t-il son avantage jusqu’à une audience en correctionnelle ? J’en doute.JLR57CADXSLIYCAPTQW2KCAD7RO22CAHRIFQUCA8T26C6CA3M9D3FCA1T2NH8CAWM2DC2CA7LDWTVCAITJKWJCALF2493CA13RTIXCACTIFXDCAUYEOH7CAD5S0IMCA9KYP8LCA0WMDO9CAJZLQ50.jpg

 

Ce qui est inacceptable, c’est le fait que sans aucune décision de justice, car aucun juge ne s’est prononcé – ne confondons pas un procureur et un juge - les policiers aient pu exiger le retrait des photographies. Nous sommes alors très clairement dans le registre d’une police morale, et c’est grave. Et il est grave aussi que les dirigeants de la FIAC n’aient pas offert une meilleure résistance face à une attaque aussi frontale.

 

 

Our body/A corps ouvert

 

images.jpgTout autre est le débat s’agissant de l’exposition « Our body/A corps ouvert » qui s’ouvre à Marseille ce 12 novembre au Palais des Arts, ce après bien d’autres villes du monde, dont Lyon. Ecoutons les organisateurs : « Our body /A corps ouvert, est une exposition fascinante à la fois artistique et éducative qui montre de véritables corps et organes humains. Destinée à tous cette exposition va littéralement « sous la peau » et relève les mystères de l’anatomie de l’homme ». 17 corps humains écorché, et une centaine d’organes.

 

Ce qui est exposé ce sont de véritables corps humains conservés par le procédé connu sous le nom d’imprégnation polymérique : dans les heures qui suivent la mort, les fluides corporels sont remplacés par des polymères afin de créer un spécimen anatomique solide et durable presque éternel. Il s’agit donc de cadavres traités de cette manière, avec un résultat impressionnant tant sur le plan esthétique que scientifique. 

 

Le principe de cette exposition n’a plus rien à voir avec les photographies d’Oleg Kulik. Car sont exposés de véritables corps humains. Le siteFXG0XCADH0H7DCAG8VRD1CA421RH0CACHO5GXCAGQHVMMCA75JVHKCAEKD510CAPCXYT5CABMEVCACA4MSXZNCAGJ6C6FCA5GHSUZCAU4H8OSCAN8TODRCAB8BGALCA4X7DC4CA6B6C12CA0LDSBS.jpg officiel de l’exposition ne dit rien sur la provenance des corps. On sait que les corps viennent de Chine, et il est dit qu’il s’agirait de personnes ayant donné l’accord. Quel accord ? Où ? Quelle sincérité ? Pourquoi la mort pour ces corps intacts ? Le plus grande doute existe, et un seul doute aurait du conduire à refuser l’exposition.

 

Ensuite, leur consentement suffirait-il ? Je ne le crois pas. Cette exposition se donne des airs qu’elle ne mérite pas en vantant la connaissance scientifique, pour mieux masquer la fascination pour la mort. Un voyeurisme très clean et soft, accompagné d’une chansonnette expliquant que cet exerce de vérité  marque notre distance avec la mort. Ben voyons…. Non, nous n’avons rien réglé avec la mort.

 

Le spectacle des humains déshumanisés au seul motif que la science et la Chine le permettent, passe par pertes et profits la mémoire de ces corps qui on porté la vie, et qui la porte encore. Le spectacle ne change rien. Entretenons les illusions.

images.jpg

Commentaires

  • Un peu de l'oeuvre d'Oleg Kulik

    http://www.rabouan-moussion.com/

  • L'exposition Our body/A corps nu

    http://www.ourbodyacorpsouvert.com/accueil.php

  • Ouai , bof , beurk , gulp ,couiq, zilp , bique , chie , pisse, crache , mdr
    R.A.B

  • En ce qui concerne "l'oeuvre" d'Oleg Kulik, c'est une affaire de goût. On dirait plutôt que ça a été fait par un adolescent boutonneux travaillé par ses hormones et encore incertain de sa sexualité. Mais, bon, je crois qu'on voit pire tous les jours sur les vitrines de nos kiosques à journaux.

    Pour l'exposition "Pour body/A corps nu", l'aspect apparemment intact des corps ne veut pas nécessairement dire que leurs anciens propriétaires ont été forcés à les donner. Mon grand-père, qui avait 95 ans, avait "donné son corps à la Science". Mon frère, qui avait 42 ans, idem. Ils savaient tous les deux que leurs restes pouvaient faire l'objet de blagues (assez lourdes) de carabins, ou finir éventuellement plastifiés. Tous les deux l'avaient bien évidemment évoqué mais ils ne se sentaient que très peu concernés. Peut-être ces Chinois pensaient-ils de même ?

    Cela dit, il est vrai que ça a un petit air d'étal de boucherie. Ce qui est, pour le végétarien que je suis, peu ragoûtant !

  • "Nous sommes alors très clairement dans le registre d’une police morale, et c’est grave"
    Tout est la en ce qui concerne le photographe. Un decalage complet venue de l'interpretation etriquee. Tous les jours nous sommes soumis a des images tres dures de la vie au travers des news ou "simplement" du quotidien. Et personne ne vient les censurer car elles sont la vie. Ici, des gratteurs de papiers en kepi se posent en moralistes. Quelle tristesse et quelle insulte a l'art, qu'on aime ou pas.
    Quant a la deuxieme expo, on dirait qu'il s'agit du travail de l'Allemand anatomiste Gunther von Hagens. Il y a eu beaucoup d'accusations, refutees car non etayees a son encontre. Les corps viennent d'un peu partout. Des milliers de personnes ont demande a faire partie de son "programme" et qques centaines ont ete selectionnees. Ce travail est a la fois choquant et fascinant. Choquant de voir un veritable corps humain ainsi depouille de vie et maintenu dans un etat de suspension presque, et fascinant pour les memes raisons et pour cette possibilite de voir de "pres" cette fantastique machine qu'est le corps humain. Van Haggens n'est pas un apprenti sorcier. Il nous force a regarder ce qui fait notre humanite differemment. Melange de sublimation et de demytification. J'avoue que je n'ai pas adhere tout de suite a l'idee de ses shows mais graduellement, surtout apres l'avoir entendu ici et la dans des interviews.

  • Aurait-on trouvé un disciple de Mengele pour faire expérimentations avec exposition d'êtres humains à Marseille ? Très curieux tout de même, cela ne rappelle-t-il pas un autre précédent du siècle dernier à Paris ?

  • C'est très intéressant ce que vous dites sur l'affaire de Oleg Kulik.

  • Sur l'affaire Oleg Kulik.

    Je trouve une très grande force aux photos, et aux démonstrations de Kulik. (Sacrée Russie, que de talents...)

    Dans l'attitude du Parquet, il y a d'abord de quoi sourire. Discours "la Justice est débordée par la petite délinquance des voyous..." "Pas le temps de relire les arrêts" Bon, je vois qu'il reste un peu de temps pour des procédures douteuses à la FIAC, quand personne ne se plaint de rien...

    ET je distingue.

    Une enquête... Pourquoi pas? Enquêtons, c'est bon pour les statistiques, car ce sera une affaire élucidée.

    Mais imposer de décrocher les photos? Abus de droit ! Seul un jugement pouvait le permettre. C'est là que commence l'ordre moral quand la police dit ce qu'il faut faire et penser.

    J'imagine ce qui ce dirait si dans un pays de là-bas, nous avions une expo de jeunes et jolies femmes (DSK, calme- toi !) interdite par la police, avec les flics qui enlèvent les photos et les responsables embarqués avec les menottes.

  • Clin d'oeil en forme de petite pub.

    Vient de paraitre

    http://www.decitre.fr/livres/Code-des-soins-en-sante-mentale.aspx/9782757302033

  • Avec de tels raisonnements sur l'art, on décrocherait les trois quarts de l'oeuvre de Goya du musée du Prado. Les corps plastifiés c'est un peu dégueu; je préfère la viande rouge saisie et saignante lol.

  • J'aime bien celle-ci :

    http://www.art-interview.com/Issue_006/Issue_images/Kulik-007.jpg

  • L'Art n'est pas plus porno que le gynéco qui enfonce son bistouri dans le vagin.
    La seule chose qui est gluante et vulgaire c'est le sens commun de la raison trop raisonneuse d'animaux à deux pattes dégénérés en uniforme.

    Le génie atteint une cible que la vulgaire ne peut voir. C'est pourquoi le vulgaire préfère le simple talentueux qui atteint une cible qu'il peut voir, comme un ballon au but.
    Qu'importe qu'il soit arrêté, l'Art ne devrait jamais être livré en pature à la foule ignorante et stupide.

  • Un speculum suffira.

  • Magnifique ce Kulik-007, Mathaf ! Mais cache ce corps qui va shocked plus d'un.
    J'aime bien le Kulik-005 aussi.
    C'est vrai que la nudité dans les pays de l'Est n'a pas le même tabou que dans les pays cathos qui voient le mal partout.

    Un speculum ça s'appelle ! Je suis nul en médecine et pharmacie. Merci de m'apprendre.

  • Plus sérieusement j'espère vivement que la FIAC et nos amis russes vont réagir au juste niveau.

    L'inteview publiée par 20 minutes ce soir montre que cette descente de flics étaient surtout de l'intimidation.

    http://www.20minutes.fr/article/267472/Culture-Martin-Bethenod-La-lecture-des-images-contemporaines-n-est-pas-facile-dans-notre-societe.php

    Dans une France normalement constituée, la police qui vient décrocher des oeuvres souléverait des protestations unanimes, et obligerait à poser des questions sur "comment est ce possible ?"

  • C'est parfaitement honteux, qu'on arrête de nous canuler avec : "la France patrie des droits de l'homme" c'est grotesque. J'ai regardé les photos de Kulik sur Google image, il n'y a pas de pornographie, c'est de la création artistique. Quelle société minable.

  • Ingenys

    Ce qui est fascinant dans le Kulik 007, c'est le regard de la fille qui enserre le garçon de ses bras et de ses jambes. Elle dit :"pas touche sinon garre ! C'est ma chose que je vais façonner pour le destin que j'ai choisi". Le garçon est baba, il n'a pas tout à fait compris la trame, il est juste amoureux.

  • Gilles,

    Félicitations pour la parution de votre ouvrage, un point de plus sur votre speculum vitae.

  • Speculum vita est

  • tout est art ? même la jeune femme GI qui tenait une laisse avec un taliban au bout ....à moins qu'il ne s'agisse d'une vulgaire copie russe de l'œuvre militaire américaine ....?

  • tout est art ? même la jeune femme GI qui tenait une laisse avec un taliban au bout ....à moins qu'il ne s'agisse d'une vulgaire copie russe de l'œuvre militaire américaine ....?

  • Rien d'étonnant. Désormais, les artistes doivent marcher au pas. Il y aura bientôt des camps de rééducation pour les plasticiens qui ne sont pas artistiquement corrects.
    Et j'en sais quelque chose. Voici un récapitulatif de mon affaire (autres infos et réactions sur mon blog d'Archives : http://pissierarchives.canalblog.com/) :

    RECAPITULATIF DU 19 OCTOBRE 2008

    Chers amis, chers lecteurs et, surtout, chères admiratrices.

    Comme vous le savez sans doute déjà, je me trouve actuellement au centre d’une affaire grotesque où je suis censé risquer trois ans de prison ferme et 75.000 euros d’amende.

    Je récapitule les faits. J’envoie, en mai ou juin 2008, quatre cartes postales destinées à une exposition d’Art Postal (ou « Mail-Art »), intitulée « Erotic Moments », organisée par Mr Mark Falkant (Sodener Str. 20 / 65779 Kelkheim / Allemagne). Il s’agit de collages effectués à partir de cartes postales du bon village de Castelnau-Montratier, et de vieilles photos d’une petite amie, prises vers 1991-92, où celle-ci porte, ô incommensurable horreur, des pinces à linge sur les seins (deux ou trois sur chaque, pas de quoi fouetter un chat, sans jeu de maux).

    Je les envoie, sans les mettre sous enveloppe, ainsi que font les puristes de l’art postal. Après tout ce que j’ai vu passer comme Mail-Art à caractère sexuel en 25 ans de pratique, je ne pouvais concevoir qu’elles posent problème.

    Elles finissent par en poser un. Le Directeur de la Banque Postale de mon village m’en informe un jour, m’indiquant que le Directeur du Centre de Tri de Cahors en avait été fort ému. Je sais bien que je ne suis pas un mauvais photographe érotique, mais quand même…

    Je prête peu attention à l’affaire, bien que désormais en possession du numéro de téléphone du susdit Directeur. Je n’ai pas le temps de l’appeler pour le réconforter ou me pencher sur mes problèmes. Je travaille en effet depuis neuf mois à l’élaboration du Premier Festival International de Mail-Art de mon village : les fameuses « Rencontres de l’Art Postal » (blog : http://montratier.canalblog.com).

    A quelques jours de l’inauguration de ce festival, ô surprise, je reçois une convocation m’intimant de me présenter en les locaux de la Gendarmerie de Castelnau-Montratier en raison d’un « dossier me concernant ». J’y vais, et me retrouve auditionné, dans le cadre d’une enquête préliminaire, par des gens qui ne feront pas l’effort, ou n’auront pas la décence, de se présenter (c’est bien plus tard que j’apprendrai qu’il s’agit de la Brigade de Recherches de la Gendarmerie de Cahors). L’on me pose tout d’abord des questions relatives à ma vie professionnelle… on m’exhibe mes cartes postales (sous scellés), en me déclarant « qu’on » a porté plainte contre moi en usant de l’article 227-24 du Nouveau Code Pénal, lequel stipule que : « Le fait soit de fabriquer, de transporter, de diffuser par quelque moyen que ce soit et quel qu'en soit le support un message à caractère violent ou pornographique ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine, soit de faire commerce d'un tel message, est puni de trois ans d'emprisonnement et de 500 000 F d'amende lorsque ce message est susceptible d'être vu ou perçu par un mineur. »

    Je réplique : « La boîte aux lettres est majeure, le facteur et les employés du centre de tri aussi, et encore idem pour ce qui est du destinataire. »

    Et mon interlocuteur de me donner cette réplique historique : « Oui, mais imaginez que le facteur ait vos cartes à la main, qu’il les fasse tomber, et qu’à ce moment passe un mineur qui les voit. Susceptible de. La loi, c'est la loi. »

    Authentique. Ca laisse sans voix.

    Dans le même registre de crédibilité, l’on pourrait tout autant concevoir qu’une soucoupe volante pleine d’aliens – susceptibles d’exister – passe au-dessus de la boîte aux lettres, use d’un rayon dématérialisant pour subtiliser la carte postale, puis d’un second rayon pour la rematérialiser dans une école maternelle. Susceptible de.

    L’on continue à m’interroger, à m’interroger, encore, encore, encore et encore. On veut tout savoir de ma vie privée. On me demande l’identité de mes modèles. De mes maîtresses. On me questionne sur mon état de santé. On me demande même si je suis franc-maçon… et ceci, et cela… avec une inénarrable affabilité… et une maîtrise de soi que ne renieraient point Houdini ou les maîtres hindous…

    Puis, on me laisse le « choix », démocratique comme une bulle du Pape, entre une garde à vue et un assentiment de perquisition.

    Je choisis la perquisition, pour deux raisons. La première : nous sommes le 3 juillet. Notre festival s’ouvre le 15, dans douze jours, et je suis en pleine finition, en train de régler les derniers détails. Je ne veux pas perdre de temps inutilement. En outre, seconde raison, bien qu’appréciant les pratiques sado-masochistes, je n’ai pas une immense envie de passer la nuit en compagnie de ces braves gens, et de cet anneau fixé dans le mur à trente centimètres du sol – lequel, assurément, ne saurait porter gravement atteinte à la dignité humaine.

    Quelle erreur ! Car après avoir évidemment « retourné » mon appartement (pour trouver quoi, d’ailleurs, le « corpus delicti » - les cartes postales – étant d’ores et déjà en leur possession), on m’embarque l’ordinateur – mon fidèle iMac, plein de mes contacts et de mon travail, prêts à grossir les fichiers totalement illégaux de la Gendarmerie Nationale, bien pires que la fameuse Edwige.

    Les jours passent. Je réussis à monter ce festival de Mail-Art grçace à l’aide prévue ou inattendue de nombreux habitants du village ou des environs (merci Olivia, merci Jean-Phi, merci Fred, merci Steph, merci Marta, merci Olivier, merci Boris, Merci Monika, merci Karine, merci Nathalie, merci Yohan, merci Laurent, et merci ceux que j’oublie, vous fûtes extraordinaires…), mais c’est là tâche ardue, je suis sous tranquillisants pour tenir le coup. En effet, tout mon programme, le listing des œuvres à exposer et de celles encore à encadrer, les contacts de nos invités (dont deux venant de Belgrade, Srdjan Kamperelic et Ana Milovanovic), tout est dans l’ordinateur saisi (dans le but d’y trouver des cartes postales violant l’article 227-24, n’en doutons point).

    Evidemment, la matinée du 15, vingt minutes avant l’inauguration, deux gendarmes viennent visiter l’exposition (sans prendre de tickets d’entrée), sans doute pour vérifier la bonne moralité d’icelle.

    En dépit de toutes ces péripéties, l’événement a lieu et connaît un certain succès. Ce ne sera pas – bien sûr – ce que cela aurait dû être. Mais l’Association au sein de laquelle j’œuvre, la RGBD, ne perdra pas d’argent.

    Le festival se clôt le 20 juillet. Après celle-ci, je prends du repos. Le 26 août, je vois mon avocat, Maître Baduel, du barreau de Paris. Nous décidons du système de défense, et la riposte s’enclenche.

    Il est clair que toute la procédure de la maréchaussée était totalement abusive, illégale. Tout est parfaitement incroyable dans cette affaire : emploi abusif d’un article du Nouveau Code Pénal (le 227-24, Jacques Toubon dixit, n’a jamais été conçu dans le but de poursuivre des artistes), procédure abusive, viol de la vie privée. En outre, Mme la Substitut du Procureur répond aux journalistes que « l’enquête se poursuit ». Mais enquête sur quoi ? Si plainte a été déposée contre moi en usant du 227-24, les autorités possèdent le « corpus delicti » (les cartes postales), le mobile (l’exposition en Allemagne), et l’affreux coupable (moi). Ou alors, c’est que l’on enquête sur autre chose. Et, en clair, il s’agirait alors du détournement d’une procédure elle-même initialement abusive…

    Peu à peu, l’affaire se médiatise, d’abord dans la presse locale (merci à Florian Moutafian de « La Dépêche du Midi »), régionale (« L’Echo »), nationale avec entre autres les articles de L.L. de Mars in « CQFD » et d’Agnès Giard sur le blog de « Libération ». La presse internationale ne tarde pas à suivre (« The New Yorker » aux USA, « El Universal » au Mexique », etc.). « France Info » nous interviewera peu de temps après, mon avocat et moi-même. FR3 s’en mêle et je passe aux régionales les 6 et 7 octobre. Un blog de soutien, animé par divers dessinateurs de presse, se crée (http://soutienpissier.canalblog.com/).

    Nous en sommes là.

    Je ne crois pas qu’il faille baisser les bras, même si de tels agissements semblent hallucinants dans une prétendue démocratie. Et j’ai bien dit « prétendue ».

    Me filer un coup de pince ?

    Un Comité de Soutien se monte en la bonne ville de Cahors.

    Son adresse :

    Comité de Soutien à Philippe Pissier, c/o Libraithèque « Le Droit à la Paresse », 68 rue Saint-James, 46000 Cahors, France. Tél. 05.65.22.01.51. Contact : Michel Guillaumin, 06.79.89.13.18. miguillaumin@wanadoo.fr

    Dans la phase actuelle, celle de la médiatisation, le plus utile est de faire circuler au maximum sur la Toile les divers articles et textes relatifs à cette affaire.

    Merci de bien avoir voulu lire ce long – mais nécessaire - récapitulatif de ma mésaventure.

    Philippe Pissier, 19 octobre 2008.

  • Dans l'Art, les acteurs sont en général, pour l'Art véritable, consentants.
    Je doute, cher jp2, que le taliban en laisse fut consentant. Donc ce n'est pas de l'Art.

  • Moralité, Philippe Pissier, faut faire attention où l'on met ses pinces à linge.
    La gendarmerie est très attentive à des pinces à linge qui tomberaient à terre et que des enfants pourraient voir. C'est tristement comique la maréchaussée.

  • La morale de l'histoire c'est que la poste a l'œil à tout ....moi je préfèrerai qu'elle se préoccupe des 1 500 000 colis qui disparaissent chaque année !

    Ps : prière de rectifier ce chiffre s'il est erroné ...et de nous donner le nombre de lettres qui subissent le même sort

  • Enfin, un système planétaire à l'élipse régulière.
    "Une équipe d'astronomes de la Nasa vient d'annoncer qu'elle y avait détecté un système planétaire étonnamment similaire au nôtre (..)
    Epsilon Eridani est une étoile située à 10,5 années-lumière de la Terre, légèrement plus petite et plus froide que notre soleil, mais beaucoup plus jeune puisqu'elle n'est âgée que de 850 millions d'années- contre 4,6 milliards d'années pour le soleil."

    Finalement, puisque l'autre article de 20 mn déclare qu'en 2035, il nous faudra 2 planètes Terre pour survivre à la surpopulation, je propose qu'on commence à coloniser une autre planète. Ce sera mieux qu'une nouvelle guerre mondiale.
    Suffira de trouver comment voyager à la vitesse de la lumière, et en 10 ans de promenade on est sur une autre Terre toute neuve sans crise économique. Subprimes et banquiers s'abstenir du voyage.

    http://www.20minutes.fr/article/267834/Sciences-Un-jumeau-pour-le-systeme-solaire.php?xtor=AL-82

    http://www.20minutes.fr/article/267800/Monde-Humanite-cherche-planete-supplementaire.php?xtor=AL-82

  • J'ai oublié le nom de ce photographe américain qui construit des tableaux avec des parties de cadavres. Quel est le sens de cet art qui n'est là que pour nous faire vomir ?

    Il surfe sur la vague racoleuse des giclées d'hémoglobine qui souille depuis plusieurs années le petit écran. Avez-vous remarqué ces séries américaines ou française, qui, à l'heure du dîner, nous régalent d'analyses criminelles en labo ? Les remarque-t-on encore, tant il est difficile d'apercevoir autre chose ?

    La nouvelle série policière de France2, diffusée hier soir, était remarquable. L'esprit des intrigues du XVIIIè était réhabilité, loin des éclairages sophistiqués des morgues US. Bravo à notre chaîne publique !.. un bon début.

  • On ne s'ennuie pas la FIAC

    http://www.lemonde.fr/culture/article/2008/10/25/hitler-se-vend-bien-a-la-fiac_1111080_3246.html

  • Ca me fait penser à un débat très actuel en Indonésie, où les islamistes s'appuient sur des lois très générales sur la pornographie pour agresser les minorités. Ils ciblent les balinais (hindouistes) et les minorités chrétiennes. Ca ne plaisante pas, ça se traduit en meurtres, et incendies. Froid dans le dos.

  • l’Observatoire de la liberté de création demande la modification de l’article 227-24 du code pénal

    http://www.hns-info.net/spip.php?article15932

  • Les députés indonésiens ont adopté aujourd'hui une loi "anti-pornographie" destiné à punir les actes considérés comme "obscènes", malgré l'opposition de partis modérés et des minorités non-musulmanes.

    Le texte, dont l'initiative revient à des musulmans conservateurs, a été approuvé par les partis de la majorité du président Susilo Bambang Yudhoyono et les principales formations se revendiquant de l'islam.

    Les députés de deux partis opposés au texte, dont le Parti démocratique indonésien de lutte (PDI-P) de l'ex-présidente Megawati, ont quitté l'hémicycle en signe de protestation.
    L'objectif de la loi, amendée par rapport au projet initial, est de punir les oeuvres et les actes corporels jugés obscènes et qui portent atteinte à "la moralité de la communauté".

    Quiconque sera reconnu coupable d'avoir fait commerce d'oeuvres pornographiques sera passible d'une peine de prison allant de 6 mois à 12 ans.

    "Cette loi va protéger la culture, les coutumes et les croyances religieuses. Elle va aussi offrir une protection aux enfants", a déclaré le ministre chargé de la religion, Maftuh Basyuni, en assurant que toutes les opinions avaient été prises en compte. Mais les opposants -partis laïques, artistes, élus de Bali ou de Papouasie...- ont dénoncé le flou du texte, à la fois sur la définition de la pornographie et sur les moyens de la dénoncer.

  • un petit avant gout ....

  • Au diable l'indonésie ! Vive la pornographie ! Bien que l'érotisme soit plus artistique.
    Encore la religion pour interdire, toujours interdire et contraindre à vivre comme des morpions.

  • ingenys chez nous c'est pas la religion qui décide ! c'est la république !
    Dans les républiques islamiques c'est la religion qui fait la loi ...

  • 8 h du mat ! Jp2 est tombé du lit aussi.
    C'est pourquoi toute théocratie est à bannir. Heureusement que chez nous on a eu 1905, sinon elle ferait pareil. C'est la qu'on voit que l'on est plus évolué pour la liberté que les pays encore au moyenâge. Mais depuis quelques années on régresse à nouveau. Bcp de signes de tentatives de retour à la morale restrictive. La morale c'est toujours celle des autres.

  • L'indonésie est le premier pays musulman au monde, un détail.

  • Chez Babou, j'ai trouvé un grand sac pour y loger Albanel qui laisse faire ça sans rien dire, MAM qui envoie ses flics contre l'art, et deux ou trois barbus d'Indonésie qui votent des lois illégales.

  • Un des maitres de l histoire de l Art Anton Ehrenschweig a publié un ouvrage qu il a écrit en 3 ans pour tenter de défir la creation artistique de la façon la plus intropective qui soit.
    son analyse part du fait que l enfant est créatif jusqu a 6 ans c est la création syncrétique ,puis vient la création analytique ou l enfant analyse les contours et tente de les restituer avec un crayon ! puis vient l age de la puberté ou la création s exprime par l amour de l autre puis le désir et le désir de procréer donc de créer pour donner.Puis au fil du temps deux sorte de créations peuvent naitre : la création par procuration : Hitler fut un immense créateur lui étant le male et Speer architecte la génitrice de ses projets de remodelage de l Univers et ceci sans la moindre sexualité ! les projets échappaient a toute morale ou éthique d ou la catastrophe générée par ce maelstrom syncrético -diabolique destructeur de races.L artiste confirmé releve d un autre systeme de fonctionnement : soit il reste sur un registre analytique pur et ressent et interprete un paysage comme Orowitz interprete scarlatti soit il revient a l age de 6 ans et enfreint tous les codes de l académisme et ose tout ! c est de ces deux sortes d artistes que sortent quelques génies : 2 a 10 par siecle : Samson François Richter ou Orowitz pour l interprétation pianistique et Glenn Gould Jerome Bosch van Gogh qui était a la différence d Hitler un créateur hermaphrodite ! il cherchait éternelle génitrice putative et sans la trouver il s auto féconda pour enfanter son oeuvre et l offrir a son frere Theo qui fut son mécène financièrement mais qui étant marchand de tableau jeta ses toiles dans sa cave.je ne m étendrait pas sur l artiste contemporain qui est soit le mignon d une riche galeriste soit un médiocre qui rassure soit l esclave d un marchand ! les conditions d une création ne sont pas réunies car soit il manque du coeur du mental ou du sexuel dans la création contemporaine ou seules des étoiles géantes comme Richard Serra Tapies et quelques autres sortent de l amas de détritus bon pour etre présenté dans la benne a ordure d un marchand de bois en recherche de respectabilité : françois Pineau n a jamais rien compris a l Art ! Sil avait vécu au 19 eme il aurait exposé des toiles de Carolus Durand ou de Cormon et aurait chassé Pissaro gauguin et van Gogh de son bureau ! C est un marchand de bois que diable!! pas autre chose!!!!!!!!!

  • Le Monde - ‎Il y a 3 heures‎
    L'exposition anatomique de vrais corps humains "Our body, à corps ouvert", présentée depuis le 12 février à l'Espace 12, boulevard de la Madeleine à Paris, a été interdite mardi 21 avril par le juge des référés au tribunal de grande instance de Paris

  • J'avais un pote, qui à la Toussaint, exposait les ossements des têtes d'ancêtres dans son salon. Il laissait bien entendre que c'était interdit, mais qu'il s'agissait de sa famille et qu'il n'était pas anormal de se rapprocher d'eux en cette occasion et de les sortir une fois l'an, histoire de les aérer.
    C'est bien vrai, les tabous sont partout. On n'a plus le droit de rien faire.
    Au fait Gilles, toi qui es le spécialiste informé, s'agirait-il d'un rite "franc-maçon" ?

  • Il y a longtemps qu'on n'avait pas lu ici, quelques horreurs de "jean", qui nous montre une fois de plus, qu'il a d'étranges fréquentations...

    Cela dit, les corps venant de Chine, les organisateurs étant incapables de prouver qu'il s'agit bien des corps de personnes en ayant fait don tout à fait volontairement...
    Ces organisateurs de cette exposition ont pour le moins, "mauvais genre".
    Ils sont donc traités, avec beaucoup de retard, comme ils le méritent.

    D'autre part, je propose que les visiteurs fassent le don de leur propre corps à "la science", pour réaliser une future exposition sur le même thème, mais en plus détaillé encore...
    (je suppose qu'il s'est aussi pensé: "Ah bon! C'est des Chinois... Les tartuffes qui se paient la tête du président Iranien, me font un peu marrer, en effet)

    Bien navicalmement
    le matelot blogueur de "souvenirs de mer"

  • Affaire Pissier : Maître Jean-Paul Baduel : conclusions d'incident en défense...

    Tribunal Correctionnel de Cahors

    Audience du jeudi 14 mai 2009 à 14 heures
    N°procédure : 02290/01149/2008

    CONCLUSIONS D'INCIDENT EN DEFENSE


    POUR :

    Monsieur Philippe PISSIER, né le 19 octobre 1963 à Blois (41000), de nationalité française, Artiste Plasticien, demeurant 5 rue Clemenceau 46170 CASTELNAU-MONTRATIER ;

    Ayant pour Avocat :
    Maître Jean-Paul BADUEL
    Avocat au Barreau de Paris - Toque A 759
    22, rue de Savoie 75006 PARIS
    Tél : 01 46 34 14 66 ? Fax : 01 43 29 77 03

    CONTRE :

    Le Ministère Public ;

    Madame Sabine B***, partie civile ;

    PLAISE AU TRIBUNAL

    Attendu que Monsieur Philippe PISSIER est renvoyé par devant le Tribunal Correctionnel de Cahors, à l'audience du 14 mai 2009 :

    - pour avoir le 26 mai 2008, en tous cas sur le territoire national et depuis temps n'emportant pas prescription, diffusé par quelque moyen que ce soit et quelque en soit le support, un message à caractère violent ou pornographique ou de nature à porter atteinte à la dignité humaine, susceptible d'être vu ou perçu par un mineur, délit prévu par l'article 227-24 du Code Pénal, réprimé par les articles 227-24, 227-29 et 227-31 du Code Pénal ;

    - pour avoir transmis, sans son consentement, l'image de B*** Sabine se trouant dans un lieu privé, article 226-1 alinéa 2 du Code Pénal, réprimé par l'article 226 alinéa 1er et l'article 226-31 du Code Pénal ;

    - pour la détention sans autorisation d'une arme de 4ème catégorie, en l'espèce un fusil à pompe et 7 cartouches chevrotine, 9 grains cal.12, délit prévu par les articles L2339-5 alinéa 1, L2336-1 §1-2ème alinéa, L2331-1 du Code de la Défense, l'article 23 1°), l'article 24, l'article 25, l'article 26, l'article 27, l'article 28, l'article 45 du Décret 95-589 du 06 mai 1995 réprimé par l'article L2339-5 alinéa 1 et alinéa 3 du Code de la Défense.

    Attendu que Monsieur Philippe PISSIER entend soulever à titre liminaire la nullité de la procédure suivie à son encontre du chef de diffusion de messages pornographiques, au visa de l'article 227-24 du Code Pénal.

    I/ Sur la plainte de Monsieur Jacques TEULIER le 4 juin 2008 :

    Selon procès-verbal de gendarmerie du 4 juin 2008, Monsieur TEULIER se serait rendu dans les locaux de la gendarmerie de Cahors pour remettre des cartes postales détournées par ses soins du centre de tri postal de Cahors et dénoncer les faits qui se seraient déroulés sur la commune de Castelnau-Montratier.

    Attendu que le détournement de correspondances est prévu et réprimé par l'article 432-9 du Code Pénal, notamment le 1er alinéa de l'article 432-9 vise une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public, agissant dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou de sa mission, en l'occurrence Monsieur TEULIER Jacques est Directeur Adjoint du centre de tri postal de Cahors.

    Il entre donc dans la catégorie des personnes visées par l'alinéa 1er de l'article 432-9 du Code Pénal.

    Que selon le procès-verbal de synthèse, il remet lui-même les cartes postales détournées.

    Il s'agit de quatre cartes postales adressées par Monsieur PISSIER à Monsieur Marc FALKANT, demeurant à Kelkheim (Allemagne) qui ont été saisies par le Lieutenant LAZERGES, OPJ en résidence à la Brigade de recherches de Cahors.

    Que curieusement, cette saisie n'est pas effectuée dans le cadre du délit de détournement de correspondances prévu à l'article 432-9 du Code Pénal.

    Que le procès-verbal n°01149 est ainsi rédigé :

    « Après avoir procédé à son audition, nous informons Monsieur Jacques TEULIER de notre qualité, et l'avisons que nous allons procéder s'il y consent, à la saisie des pièces à conviction qu'il détient.

    L'assentiment expresse autorisant la ou les saisies a été préalablement sollicité, rédigé et joint à la présente pièce. »

    Qu'il est joint au procès-verbal une autorisation rédigée dans les termes suivants :

    « Sachant que je puis m'y opposer, je consens expressément à ce que vous opériez la saisie que vous jugeriez utile à l'enquête en cours. »

    L'autorisation jointe vise les perquisitions et visites domiciliaires et saisies de pièces à conviction de l'article 76 du CPP ainsi libellé :

    « Les perquisitions, visites domiciliaires et saisies de pièces à conviction ne peuvent être effectuées sans l'assentiment expresse de la personne chez laquelle l'opération a lieu. »

    Le Tribunal constatera qu'aucune perquisition n'a eu lieu au centre de tri postal de Cahors ni chez Monsieur TEULIER.

    Que l'autorisation de saisie en conséquence est nulle.

    Que cette saisie n'a pas lieu chez la personne chez laquelle une opération de police judiciaire aurait eu lieu.

    Que la jurisprudence de la Cour de Cassation rappelle la nullité des opérations et saisies pratiquées par un OPJ sans l'assentiment expresse de la personne chez qui l'opération a lieu (Cassation, Chambre Criminelle, 30 mai 1980, bulletin criminel n°165).

    Que s'agissant de la remise par un tiers non habilité des correspondances détournées, un OPJ ne pouvait, solliciter une autorisation expresse de saisie de la part de l'auteur d'un délit flagrant.

    Attendu qu'il y a nullité lorsque la méconnaissance d'une formalité substantielle prévue par une disposition du présent Code ou toute autre disposition de procédure pénale a porté atteinte aux intérêts de la partie qu'elle concerne (article 171 du Code de Procédure Pénale).

    Attendu que dans le cadre d'une enquête préliminaire, l'OPJ doit agir dans le cadre des articles 75 à 78 du Code de Procédure Pénale, notamment l'article 76-3, de procéder aux opérations de l'article 57-1, l'article 77-1 rappelant que le Procureur de la République dispose seul du pouvoir de faire procéder, dans le cadre de l'enquête préliminaire, par toute personne qualifiée, aux constatations et examen technique (Chambre Criminelle, 4 janvier 1993, bulletin criminel n°3).

    Qu'il apparaît que dans l'ensemble de la procédure (PV 01149 feuillet 2 - PV 01149 feuillet 7), aucune autorisation du Parquet n'a été sollicitée alors que l'ordinateur personnel de Monsieur PISSIER a été appréhendé (PV 01149 pièce n°12, feuillet 1/1).

    Attendu qu'en effet, aucune correspondance n'a été adressée par le gendarme au Parquet et aucun soit-transmis n'est communiqué au dossier, rapportant l'autorisation du Parquet adressée au militaire saisi de l'enquête préliminaire.

    Que la mention sur le procès-verbal « magistrat autorisant la réquisition : Madame ARDEESS Isabelle, Substitut du Procureur à Cahors 46000 », ne remplit pas les prescriptions de la loi (Cour de Cassation, Chambre Criminelle, 14 mai 1998, bulletin criminel n°165).

    En effet, ni l'urgence ni l'existence d'une pièce démontrant l'instruction spécifique du Parquet sous la forme d'un soit-transmis n'est jointe à la procédure.

    Que la jurisprudence rappelle que les dispositions de l'article 77-1 du Code de Procédure Pénale sont édictées dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice, leur méconnaissance est constitutive d'une nullité (Cour de Cassation, Chambre Criminelle, 14 octobre 2003, bulletin criminel n°187 ; Cour de Cassation, Chambre Criminelle, 16 septembre 2003, bulletin criminel n°160 ; Cour de Cassation, Chambre Criminelle, 1er septembre 2005, bulletin criminel n°200).

    Qu'il convient en conséquence de prononcer la nullité du procès verbal du 25 juillet 2008 et les actes subséquents.

    II/ Sur la nullité de la perquisition du domicile de Monsieur Philippe PISSIER :

    Attendu que Monsieur PISSIER a été convoqué à la gendarmerie par téléphone sur la foi des déclarations de Monsieur TEULIER.

    Que ces déclarations caractérisent en tous ces éléments la violation du secret des correspondances et le détournement de correspondances.

    III/ Sur la violation du secret de la correspondance :

    Le décret du 5 janvier 2007 vise les conditions de serment des agents du service postal dans les termes suivants :

    « Je jure de bien et loyalement remplir mes fonctions et d'observer en tous les devoirs qu'elle m'impose. Je jure également de ne rien révéler ou utiliser de ce qui sera porté à ma connaissance, à l'occasion de l'exercice de mes fonctions. »

    Attendu qu'il apparaît que le secret postal est protégé par ce serment.

    Que selon la jurisprudence, une carte postale est protégée au même titre qu'une correspondance sous enveloppe (Cour d'Appel de Poitiers, 1er décembre 1877, Dalloz Pénal 1878, page 235).

    Qu'à cet égard, Monsieur PISSIER joint la copie de l'arrêt.

    Qu'il ne semble pas qu'une jurisprudence quelconque ait remis en cause la définition donnée par la Cour d'Appel de Poitiers du 1er décembre 1877.

    A ce titre, les quatre correspondances adressées à un correspondant majeur en Allemagne sont protégées par les dispositions de l'article 132-9 du Code Pénal.

    Attendu que dans le PV 01149, pièce n°2, Monsieur TEULIER indique avoir identifié l'expéditeur : Monsieur Philippe PISSIER demeurant rue Clemenceau à Castelnau-Montratier.

    Qu'agissant ainsi, Monsieur TEULIER a violé le serment visé au décret du 5 janvier 2007, cette violation étant renforcée par la mention « conformément aux dispositions du Code de la Poste, je me dois de porter ces faits aux autorités judiciaires ».

    Très curieusement, aucune recherche n'a été effectuée pour vérifier quelles étaient les soit disant dispositions du Code de la Poste invoquées.

    Qu'encore plus curieusement, entendu quelque temps plus tard, Monsieur BORIE Pascal (PV 01149 n°13) indique :

    « Ces cartes postales ont été sorties du cheminement normal du courrier car selon la prestation de serment des agents postaux, il est fait mention que tous courriers à caractère pornographique ou raciste doit être retenu au sein des centres de tri. »

    Attendu que l'allégation de la prestation de serment des agents postaux et la mention que tout courrier à caractère pornographique ou raciste doit être retenu au sein des centres de tri, n'est étayée par aucun texte.

    Que le Tribunal constatera que le décret prévoyant le texte même du serment ne porte aucune mention de ce type.

    Que la violation du secret des correspondances et le détournement des correspondances sont revendiqués par les deux responsables du centre de tri postal de Cahors au nom de textes réglementaires ou législatifs qui n'existent pas.

    Procédant à des actes de perquisition au domicile de Monsieur PISSIER sur le fondement des déclarations de Monsieur TEULIER, les gendarmes DAL, OBLIQUE et LABORDE, en leur qualité d'officiers de police judiciaire, le 3 juillet 2008, ont procédé à des actes entachés de nullité dans la mesure où aucun indice apparent n'a été allégué par ces officiers de police judiciaire.

    Qu'ils ne pouvaient recourir au détournement et violation de correspondances pour justifier une perquisition sous peine de se rendre complices des actes de détournement en procédant à la saisie de correspondances, laquelle saisie est effectuée le 4 juillet, c'est-à-dire le lendemain du début de la perquisition alors que les pièces leur ont été présentées le 3 juillet 2008.

    Qu'en procédant à la saisie des correspondances et en rédigeant des actes, dans ces conditions, ils ne pouvaient ignorer le caractère frauduleux de leurs actes d'investigation.

    Selon l'adage FRAUS OMNIA CORROMPIT, l'ensemble de la procédure est vicié depuis le début.

    IV/ Sur les PV de perquisition :

    Que les procès verbaux n°01149 pièces n°6 et 5 présentent les anomalies suivantes :

    La perquisition selon le PV n°5 commence à 16 h 15 et se termine à 17 h 50.

    Le procès verbal mentionnant l'autorisation préalable n'est signé qu'à 18 h 15, c'est-à-dire après la perquisition et non pas préalablement comme l'exige l'article 76 du Code de Procédure Pénale.

    La pièce n°6 datée de 18 h 45 ne constitue elle aussi qu'une reconnaissance a posteriori d'une autorisation de perquisition qui n'a pu être consentie préalablement.

    Que le Tribunal constatera que l?autorisation manuscrite ne porte mention de l'heure à laquelle elle a été effectuée et qu'elle est seulement annexée à un procès-verbal postérieur de deux heures aux faits relatés.

    Que Monsieur PISSIER était retenu dans les locaux de la gendarmerie le jeudi 3 juillet 2008 de 14 h 20 à 18 h 45 - en réalité Monsieur PISSIER est resté plus longtemps puisque la pièce n°7 relate des déclarations ultérieures de Mr PISSIER consignées par le gendarme DAL le 4 juillet 2008 à 14 h 55.

    Qu'aucune explication n'est apportée à la curieuse mention portée le vendredi 4 juillet 2008.

    Ainsi, Monsieur PISSIER a été retenu par la gendarmerie au mieux 4 h 30, au pire 24 heures, sans que les dispositions protectrices de l'article 77 du Code de Procédure Pénale soient respectées.

    Attendu que les conditions de retenue de Monsieur PISSIER font nécessairement grief à ses intérêts.

    Que les articles 75-2 et 77 et 78 du Code de Procédure Pénale visent des protections élémentaires et le respect des libertés publiques.

    Que la retenue de Monsieur PISSIER le 3 juillet 2008 pendant plusieurs heures ne correspond pas au 2ème alinéa de l'article 78 du Code de Procédure Pénale pour une affaire visant quatre cartes postales.

    Que de ce fait, Monsieur PISSIER a été privé de la notification de ses droits prévue aux articles 63-1 et suivants du Code Pénal.

    Que l'absence de notification des droits contrevient aux dispositions du Code de Procédure Pénale précitées mais aussi à l'article 6-2 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme, la procédure ne présentant pas le caractère équitable requis par la Convention.

    Attendu qu'enfin, la perquisition n'est justifiée qu'à posteriori puisque ce n'est que le 4 juillet 2008 que les cartes postales ont été appréhendées par la gendarmerie.

    Que l'absence de flagrance est présente.

    Qu'aucun fait exorbitant n?était reproché à Monsieur Philippe PISSIER.

    Que curieusement, son ordinateur a été confié pour une expertise technique pour relever s'il y avait des éléments pédo-pornographiques à l'intérieur alors qu'aucun indice ne permettait de suspecter que Monsieur Philippe PISSIER aurait des penchants pédophiles.

    Que la surveillance d'Internet par les services spécialisés de la gendarmerie nationale de Rosny Sous Bois n'a jamais identifié les ordinateurs utilisés par Monsieur Philippe PISSIER comme étant destinés à recevoir ou à émettre des messages à caractère pédo-pornographiques.

    Plus curieusement encore, les instructions du Parquet ont visé à ce que soient extraites du disque dur des photos de charme et soient jointes au dossier.

    Qu'il convient de rappeler au Tribunal que la photo est un art, que ce soit une photo de nu ou une photo habillée.

    Que la détention de photos, même à caractère SM, ne constitue pas un délit en droit français.

    Que Monsieur PISSIER a été privé de l'usage de son ordinateur jusqu'à ce jour.

    Qu'il est donc bien fondé à solliciter la nullité des actes de perquisition et subséquents ainsi que la restitution des biens appréhendés.

    C'est pourquoi, vu les articles 171 et 385 du Code de Procédure Pénale,

    Vu l'article 432-9 du Code de Procédure Pénale,

    Vu les articles 78, 63-1 et suivants du Code de Procédure Pénale,

    Vu l'article 6-2 de la CEDH,

    Il est sollicité du Tribunal de prononcer la nullité de l'ensemble de la procédure suivie à l'encontre de Monsieur Philippe PISSIER,

    Ordonner la restitution immédiate des biens appréhendés,

    Relaxer de ce fait Monsieur PISSIER de l'ensemble des poursuites.

    PAR CES MOTIFS

    Il est demandé au Tribunal de recevoir Monsieur Philippe PISSIER en ses écritures et y faisant droit,

    Vu les articles 171 et 385 du Code de Procédure Pénale,

    Vu l'article 432-9 du Code de Procédure Pénale,

    Vu les articles 78, 63-1 et suivants du Code de Procédure Pénale,

    Vu l'article 6-2 de la CEDH,

    Il est sollicité du Tribunal de prononcer la nullité de l'ensemble de la procédure suivie à l'encontre de Monsieur Philippe PISSIER,

    Ordonner la restitution immédiate des biens appréhendés,

    Relaxer de ce fait Monsieur PISSIER de l'ensemble des poursuites.

    SOUS TOUTES RESERVES

    ET CE SERA JUSTICE.


    ***


    Tribunal Correctionnel de Cahors

    Audience du jeudi 14 mai 2009 à 14 heures

    N° procédure : 02290/01149/2008

    CONCLUSIONS SUR LE FOND

    POUR :

    Monsieur Philippe PISSIER, né le 19 octobre 1963 à Blois (41000), de nationalité française, Artiste Plasticien, demeurant 5 rue Clemenceau 46170 CASTELNAU-MONTRATIER ;

    Ayant pour Avocat :

    Maître Jean-Paul BADUEL
    Avocat au Barreau de Paris - Toque A 759
    22, rue de Savoie 75006 PARIS
    Tél : 01 46 34 14 66 - Fax : 01 43 29 77 03

    CONTRE :

    Le Ministère Public ;

    Madame Sabine B***, partie civile ;

    PLAISE AU TRIBUNAL

    Attendu que Monsieur Philippe PISSIER est renvoyé par devant le Tribunal Correctionnel de Cahors, à l'audience du 14 mai 2009 :

    - pour avoir le 26 mai 2008, en tous cas sur le territoire national et depuis temps n'emportant pas prescription, diffusé par quelque moyen que ce soit et quelque en soit le support, un message à caractère violent ou pornographique ou de nature à porter atteinte à la dignité humaine, susceptible d'être vu ou perçu par un mineur, délit prévu par l'article 227-24 du Code Pénal, réprimé par les articles 227-24, 227-29 et 227-31 du Code Pénal ;

    - pour avoir transmis, sans son consentement, l'image de B*** Sabine se trouant dans un lieu privé, article 226-1 alinéa 2 du Code Pénal, réprimé par l'article 226 alinéa 1er et l'article 226-31 du Code Pénal ;

    - pour la détention sans autorisation d'une arme de 4ème catégorie, en l'espèce un fusil à pompe et 7 cartouches chevrotine, 9 grains cal.12, délit prévu par les articles L2339-5 alinéa 1, L2336-1 §1-2ème alinéa, L2331-1 du Code de la Défense, l'article 23 1°), l'article 24, l'article 25, l'article 26, l'article 27, l'article 28, l'article 45 du Décret 95-589 du 06 mai 1995 réprimé par l'article L2339-5 alinéa 1 et alinéa 3 du Code de la Défense.


    I/ Sur l'infraction de l'article 227-24 du Code Pénal :

    L'infraction nécessite la réunion de plusieurs éléments, à savoir la fabrication, le transport, la diffusion d'un message violent, pornographique ou portant gravement atteinte à la dignité humaine lorsque ce message est susceptible d'être vu ou perçu par un mineur.

    Monsieur PISSIER a reconnu la fabrication d'un document artistique dans le cadre d'un concours international de mail-art.

    Au-delà de l'appréciation du caractère violent pornographique ou d'atteinte grave à la dignité humaine, il est nécessaire de rechercher le deuxième élément de la qualification : la vue ou la perception par un mineur.

    Le document a été créé au domicile de l'artiste qui n'a pas d'enfant et vit seul, ce qui a pu être constaté lors de la perquisition, et été déposé dans une boite aux lettres ainsi remis aux bons soins des services postaux.

    La poste emploie-t-elle des mineurs aux services de tri postal et d'acheminement du courrier ?

    Les déclarations de Monsieur BORIE laissent entendre que oui.

    Manifestement, les déclarations de Monsieur BORIE sont mensongères : Monsieur BORIE indique que des mineurs en classe de second en stage oeuvreraient sur différents chantiers du centre de tri.

    Ceci est impossible car :

    a) le travail de mineur non rémunéré est interdit par la loi et ce qui est valable pour les choristes des Petits Chanteurs à la Croix de Bois est valable pour la Poste ;

    b) 4 paragraphes plus haut, BORIE reconnaît que seuls les agents assermentés sont en charge du tri postal, conformément à la loi et seuls des majeurs peuvent être assermentés « selon la prestation de serment des agents postaux... » (PV 01149 pièce n°13).

    c) Qu'enfin, l'emploi de mineurs, dans des conditions restant à déterminer, n'aurait visé que la période du 30 juin au 30 août 2008 alors que la prévention vise des faits commis un mois auparavant.

    Que l'élément matériel du caractère vu ou perçu par un mineur est inexistant malgré les fausses déclarations de Monsieur BORIE.

    Pour la jurisprudence, cette condition n'est pas remplie lors de la vente par correspondance de vidéogramme dans des conditions permettant d'en limiter la diffusion aux seuls adultes (Cour de Cassation, Chambre Criminelle, 29 mai 1995, GP 1995-26 - somm 457).

    Les faits sont clairs : l'expéditeur et le destinataire sont majeurs et sans enfant !


    II/ L'absence d'éléments intentionnels :

    L'article 121-3 exige au 1er alinéa la preuve de l'élément intentionnel.

    Le dossier de l'enquête préliminaire de la gendarmerie, qui a constitué un déploiement d'énergie rare, n'a jamais rapporté la preuve de l'élément intentionnel.

    Le défaut de l'élément intentionnel résulte de la majorité de l'expéditeur et du destinataire et de surcroît, le cadre artistique international du concours de mail art.

    L'absence d'intention est sanctionnée par la jurisprudence (Cour d'Appel de Paris, 14 décembre 1994, Droit Pénal 1995, page 90) ;

    Sur le contenu du message :

    Qu'au-delà de l'extraordinaire sagesse qui ressort de ces attendus, le Tribunal de Grande Instance de Paris, dans une décision du 8 novembre 1976, publiée au Dalloz 1977, page 320, a pris la peine de définir la mission du Tribunal en matière de moeurs et pornographie.

    Il apparaît que des ouvrages relatant des activités sexuelles les plus extrêmes et les plus morbides, sont édités en collection de poche, vendus dans le réseau de grande diffusion Hachette (gares, centres commerciaux, grands magasins) et sont couronnés du Prix Goncourt et du Prix du Roman de l'Académie Française (Les Bienveillantes de Jonathan Lidell - 2006).

    L'ouvrage en question, accessible à tous mineurs, contient notamment des descriptions de viols incestueux, de meurtres de masse et individuels, d'actes contre nature, entre homosexuels, etc.

    Que Madame Catherine MILLET a connu un succès littéraire dans le même circuit de distribution Hachette avec un ouvrage très explicite sur sa forme de sexualité à une période de sa vie, sans qu'aucune restriction soit apportée à la vente.

    Que la vente de pochette de disque ou de CD faisant ouvertement référence à la galaxie SM ou au simple érotisme, accessible aux mineurs, date de plus de 50 ans.

    Que les principaux musées nationaux contiennent en exposition des oeuvres pouvant entrer dans le champ de l'article 227-24 du Code Pénal tel qu'interprété par la gendarmerie et le Parquet de Cahors.

    Il suffit de citer pour mémoire :

    - le suicide de Sardanapale,

    - le martyre de Saint Sébastien,

    - l'origine du monde,

    - Olympia,

    - Le déjeuner sur l'herbe

    Les auteurs de ces oeuvres ne sont pas cités pour leur éviter des poursuites pénales.

    Qu'enfin, Baudelaire a été réhabilité à titre posthume pour son oeuvre poétique par arrêt de la Cour de Cassation en 1946.

    Qu'il apparaît que le contenu des photos réalisé et utilisé pour le collage sur carte postale ne contient aucune identification du modèle qui ne s?est pas reconnu formellement lors de son premier interrogatoire.

    Que les photos ne résultent que d'une théâtralisation du corps féminin à l'aide d'accessoires.

    Que l'audition du Maire de Castelnau-Montratier et des éditeurs de cartes postales ne sauraient constituer des avis éclairés en matière d'expression de l'opinion générale des moeurs.

    Que bien au contraire, les articles publiés par des organes de presse révèle l'inadéquation entre les prétendues atteintes à l'ordre public et l'opinion publique.

    Que la relaxe s'impose à nouveau.


    III/ Sur les poursuites pour diffusion de photos pornographiques au préjudice de Sabine B*** :

    Attendu que Sabine B*** a exercé la profession de modèle nu spécialisé dans le style SM.

    Qu'elle a, contrairement aux déclarations recueillies par la gendarmerie, dans des conditions restant à éclaircir, posé volontairement pour plusieurs photographes dont son compagnon de l'époque, Philippe PISSIER, notamment dans un ouvrage de compilation de photos fétichistes publié en 1996 par Etude et Promotion de l'Art Contemporain, Olivier PRIEUR et Hélène PINDEL, 78 rue Paul Doumer, 76600 LE HAVRE.

    Que curieusement, Mademoiselle Sabine B*** indique avoir commencé à poser en 2005, semblant oublier sa collaboration artistique à plusieurs oeuvres, revues et spectacles, notamment comme membre de l'équipe créatrice de la revue OFFRANDE et Modèle, comme modèle pour des revues fétichistes comme le Jardin des Délices et a donné des interviews où elle expose sa vie sexuelle et ses pratiques à l'Echo des Savanes, mensuel du groupe HACHETTE-FILIPACHI et ses expériences sexuelles de bondage à la revue OFFRANDE dont elle est l'égérie.

    Que Sabine B*** en tant que modèle a abandonné à Philippe PISSIER les négatifs argentiques des photos posées, confirmant ainsi la pleine propriété de Philippe PISSIER sur les photos qu'il a prises lui-même.

    Que des photos des spectacles de Sabine B*** et des poèmes ont fait l'objet de plusieurs publications.

    Que Sabine B*** a dédicacé son interview à Philippe PISSIER.

    Que par ailleurs, rien dans le dossier du Parquet ne démontre que Philippe PISSIER est l'auteur des photos et le diffuseur sur le réseau Internet des photos attribuées à Sabine B***.

    Que les dispositions du deuxième alinéa de l'article 226-1 ainsi libellé :

    «Lorsque les actes mentionnés au présent article ont été accomplis au vu et au su des intéressés sans qu'ils s'y soient opposés alors qu'ils étaient en mesure de le faire, le consentement de ceux-ci est présumé.»

    Qu'il n'y a donc pas d'atteinte à la vie privée de Sabine B***.

    Que la relaxe de ce chef s'impose.

    IV/ Sur la détention d'une arme de chasse classée en 4ème catégorie et de 7 cartouches de chevrotine :

    Attendu que Monsieur Philippe PISSIER a reconnu être propriétaire de l'arme et a précisé être titulaire d'une autorisation de détention permanente.

    Qu'il s'agit d'un acte administratif individuel créateur d?un droit permanent.

    Que la procédure constate qu'aucun acte de retrait de l'autorisation a été notifié à Monsieur PISSIER.

    Que selon la procédure administrative, le retrait d'un acte régulier est impossible (CE 23 avril 1948, Veillard 175).

    Les actes individuels, créateurs de Droits au profit des individus concernés ne peuvent être rapportés au sens de la jurisprudence constante (CE 1er décembre 1950 Electricité de France S 1951-3-61).

    Que dans ces conditions, l'autorisation permanente consentie par le Préfet du Lot à Monsieur Philippe PISSIER doit être considérée comme valable.

    Que la relaxe des poursuites de ce chef s'impose sauf à élever le conflit entre l'appréciation en Droit Administratif de l'acte individuel émis au profit de Monsieur PISSIER et la qualification pénale retenue dont le fondement juridique est absent du dossier soumis à l'appréciation du Tribunal.

    Que Monsieur PISSIER doit, en toute hypothèse, bénéficier des dispositions de l'article 122-3 du Code Pénal.

    PAR CES MOTIFS

    Il est demandé au Tribunal de recevoir Monsieur Philippe PISSIER en ses écritures et après avoir entendu le Ministère Public en ses réquisitions,

    Vu l'article 226-1 dernier alinéa du Code Pénal,

    Vu l'article 122-3 du Code Pénal,

    Vu l'article 121-3 du Code Pénal,

    Il est demandé au Tribunal de prononcer la relaxe pleine et entière des poursuites engagées à l'encontre de Monsieur Philippe PISSIER et ordonner la restitution des saisies.


    SOUS TOUTES RESERVES

    ET CE SERA JUSTICE.

  • et bien voila une affaire rondement menée ! Reste la décision du tribunal ?

  • la cour de cassation confirme le caractère illégal de l'expo

    http://www.courdecassation.fr/jurisprudence_2/premiere_chambre_civile_568/764_16_17506.html

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