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Enfant mort: Sanctionner le père?

C’est peu dire que je reste interrogatif devant le procès qui s’est tenu devant le tribunal correctionnel de Vienne, ce 9 décembre.

20071129tribunal10.jpgLa France avait appris la nouvelle avec effroi. C’était ce 15 juillet, à Pont-de-Chéruy, dans l’Isère. Un enfant de deux ans, mort car abandonné dans une voiture, en plein soleil. Deux heures avaient suffi : l’enfant, déshydraté et en hyperthermie, était en arrêt cardio-respiratoire lorsque les secours, alertés par une passante, étaient intervenus.

Parents indignes ? Et non, comme on le sait maintenant. Yannis était l’enfant adoré d’un couple, vivant la plus douce des vies. Le père est pharmacien. C’était le dernier jour de travail avant les vacances. Vers 14 heures 30, il se rendait chez la nounou, pour lui confier le bébé pour l’après midi, avant de reprendre le service de l’officine. Officine qui n’ouvre pas si le docteur en pharmacie n’est pas là. Sur le trajet, le père a été témoin d’un accrochage entre deux véhicules, et a vu le responsable prend la fuite. Il a relevé ses coordonnées, et les a confiées à la victime. Ajoutez le temps de parler, l’émotion… Le pharmacien a occulté sa tâche première. Il n’a pas poursuivi sa route chez la nounou, a tout oublié de l’enfant, et s’est rendu à l’officine, pour prendre son service. On connait la suite.

Comment se pose le problème en droit ?

La base est l’article 121-3 du Code pénal : « Il n'y a point de crime ou de délit sans intention de le commettre ». La répression pénale se met en œuvre, avec sa sévérité, pour sanctionner les délits intentionnels, caractérisés par l’intention coupable, c’est-à-dire la volonté de violer la loi.

Vient ensuite l’exception. « Il y a également délit, lorsque la loi le prévoit, en cas de faute d'imprudence, de négligence ou de manquement à TRIBUNAL_zoom.jpgune obligation de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, s'il est établi que l'auteur des faits n'a pas accompli les diligences normales compte tenu, le cas échéant, de la nature de ses missions ou de ses fonctions, de ses compétences ainsi que du pouvoir et des moyens dont il disposait ».  C’est le régime des fautes involontaires. Il n’y a plus d’intention de nuire, mais la gravité des conséquences conduit à sanctionner la simple d’inattention.

Il faut poursuivre avec l’article 221-6 , qui punit l’homicide involontaire : « Le fait de causer, dans les conditions et selon les distinctions prévues à l'article 121-3, par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement, la mort d'autrui constitue un homicide involontaire puni de trois ans d'emprisonnement et de 45000 euros d'amende ».

Ce texte conduit au tribunal le conducteur auto, le médecin, l’employeur, l’instituteur… Certes, le fait d’avoir causé la mort ne suffit pas. Il faut que soit prouvé la faute de maladresse ou d’inattention, mais, en pratique, on y est vite.

Alors, pour le père ? Quelle faute ? La faute d’inattention. Même pas la négligence pour celui qui adorait son enfant. C’est dire qu’à partir du moment où la procédure est engagée, la condamnation est inéluctable. Oui, il y a eu inattention, et on est certain que cette inattention a causé la mort.

Ni la mère, ni les grands-parents ne voulaient du procès. Témoins quotidiens de la douleur du père, ils n’avaient pas porté plainte. Ce refus n’empêchait pas le procureur de la République, maître de l’opportunité des poursuites, d’agir. Il évoquait la nécessité pour la société de juger cette affaire, et de voir un tribunal de se prononcer sur la fin de cette vie de l’enfant. Pour le procureur, le procès était nécessaire « pour que la société s’interroge collectivement ». Il n’y a là rien à dire.  

Pour le père, la sanction est à vie, comme il l’a expliqué lui-même. Mais la justice, celle des hommes, doit se prononcer sur des faits de cette gravité. Ce n’est pas du seul registre du symbolique. Le jugement est la marque de la civilisation du rapport humain.  

570035-695719.jpgC’est ensuite que ça ne va pas.

D’abord, je suis très surpris que rien n’ait été fait pour protéger l’image de cette homme abattu,  vivant l’un des moments les plus difficiles de sa vie. Une image, c’est un peu de soi qui reste. Cette image blesse, et n’apporte rien. « Si la photo est bonne… », chantait  Barbara. On en est encore là.

Ensuite, juger au pénal pour veiller à l’application de la loi, oui. Mais pourquoi ces huit mois de prison avec sursis ? Alors que devant ce père de famille « particulièrement aimant » le procureur » constate que rien ne peut « expliquer l'inexplicable »

Il existait une possibilité, légale, mais qu’a écarté le procureur, la dispense de peine. L’auteur est reconnu coupable des faits mais les circonstances conduisent à ne pas prononcer de sanction. C’est l’article 132-59 : « La dispense de peine peut être accordée lorsqu'il apparaît que le reclassement du coupable est acquis, que le dommage causé est réparé et que le trouble résultant de l'infraction a cessé ».

La mort d’un enfant, a priori, se prête mal à l’application de cet article. Mais il n’existe dans cette affaire si peu de chose pour dire « inattention » ou « imprudence ».. Le procureur lui-même dit « inexplicable ». Dire coupable, et dispenser de peine, laisser cet homme à son drame, franchement, cela ne suffisait-il pas ? Que feront 8 mois de prison avec sursis ? Est-ce que, dans ce lieu où tout passe qu'est une salle d'audience, ce n'était pas le moment de montrer une justice qui ressemble davantage à la vie?

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Commentaires

  • Gilles "que la justice ressemble davantage à la vie ..." de l'enfant ? ce juge est excellent et a su garder son sang froid au delà de tout sentiment , cette peine est là pour rappeler la responsabilité du père !

    Espérons qu'un jour ces juges remplaceront les jury populaires qui n'auraient jamais du exister ! Je pense aux meurtriers du jogger Nazim Abdelmounene à l'ile de la réunion et qui s'en sont tirés avec la peine "scandaleuse" de 8 ans pour l'un et zéro pour les deux autres ... vive les jury populaires !

    Gilles vous avez promis de regarder cette affaire ....pour la mémoire de celui qui a été tué dans"une scène unique de violence " a dit le substitut !

  • Ce procès est une mise en scène judiciaire incongrüe ; cette homme porte sa croix, cela ne rime à rien de requérir une peine de principe.

  • Pauvre père, il vit pour toujours sa propre punition, pas la peine d'en rajouter.

  • La loi est sensé protéger la victime et punir le coupable,ce jugement répond aux critères élémentaires de justice Fallait il l'absoudre de toute peine au principe qu'il souffre de son erreur bien humaine ? Peut être,mais pas sur Pour se reconstruire il a peut être besoin d'être punis par la société pour éviter d'être trop "sévère" avec lui même Enfin ,j'espère qu'il en sera ainsi C'est en tout cas ce que j'aurais voulu si cela m'était arrivé

  • Accidents domestiques, 20 000 victimes par an, ça fait beaucoup de procès pour manque de vigilance en perspective :

    http://www.accidents-domestiques.com/

  • Si la Justice veut un coupable, il faut revenir au pourquoi de tout cela et donc le véritable coupable, finalement, c'est l'homme qui a accroché la voiture et qui c'est enfui.

  • Le Juge a tout dit : "On ne peut expliquer l'inexplicable". Peu importe la lourdeur de la sanction pénale infligée à ce père : il a pris "perpète" !
    Cependant il demeure incompréhensible "de l'extérieur" qu'un banal accrochage entre 2 voitures, auquel le père est de surcroît totalement étranger, soit un prétexte acceptable pour justifier un tel "oubli". Le civisme exacerbé de cet homme a coûté la vie à son enfant. Ce n'est pas quelque chose avec quoi il est possible de vivre...

  • Je comprends bien que cet homme portera une lourde croix toute sa vie. Mais quelques soit les circonstances, on OUBLIE PAS !!! un enfant dans une voiture. C'est un petit espace clos et non pas un hall de gare. OUBLIER un enfant !! Ca en dit long sur l'homme !! encore un irresponsable qui se prétend adulte. Je suis peut-être très sévère mais on oublie pas un chien dans une voiture!! On entrouve la fenêtre...Imginer le calvaire de cet enfant.

  • Le père n'est responsable que par ricochet, la faute aux autres, qu'il a oublié le sien, sa vie.Ne peut ou ne doit être malmené, mais normal qu'un procés est lieux, afin que l'on sache qu'il n'y a pas de poursuite pour cause.

  • Il était difficile qu'il n'y ait pas de procès. La loi ne protège rien de plus que la vie.

    Mais déjà ce choix n'est pas évident. Je suis très heureux de voir tant de parents infaillibles autour de moi, qui ne connaitront jamais l'inattetnion, l'occultation d'un évènement. Mais alors, on risque de passer d'un modéle à un autre, et ce passage est dangereux. La référénce est pour le Code civil, "le bon père de famille, moyennement prudent et diligent". Ce n'est pas le génie ou le héros.

    Ensuite, le tribunal juge le père coupable de la mort de son fils: tout est dit ! Une telle condamnation, ça a un sens en soi. Est il nécessaire d'ajouter de la prison, avec sursis. Pour ne pas recommencer.

    Il faut que le tribunal s'affirme, oui, mais le prononcé du jugement est l'essentiel. Ou alors, c'est affaiblir l'importance de ce qui est jugé, en disant, s'il n'y a pas un peu de prison avec sursis, ça ne fait pas sérieux.

    Le Code pénal a tranché, avec l’article 132-59 : « La dispense de peine peut être accordée lorsqu'il apparaît que le reclassement du coupable est acquis, que le dommage causé est réparé et que le trouble résultant de l'infraction a cessé ». Le tribuanl dirait que ces trois conditions sont réunies, et qu'il refuse de prononcer une peine, cela n'affaiblirait pas la justice, bien au contraire.

  • Le bon père de famille, par Wikipedia

    "La notion de bon père de famille (ou bonus pater familias selon un latinisme d'usage courant dans les milieux juridiques) est une notion juridique de droit civil. Il s'agit d'un individu abstrait considéré comme la norme comportementale en fonction de laquelle se mesure le comportement d'une personne donnée pour déterminer l'existence ou la mesure d'une éventuelle faute.

    "Normalement prudent et diligent, attentif, soucieux des biens et/ou des intérêts qui lui sont confiés comme s'il s'agissait des siens propres, le bon père de famille est utilisé par les juristes comme mètre étalon pour définir, dans un contexte donné, la norme comportementale en se rapportant à un individu de référence.

  • Je pense que la peine sanctionne (et c'est tant mieux) les incohérences du personnage en effet comment peut on etre qualifié de père aimant et en même temps oublier son enfant..?
    Je pense aussi, qu'au dela du cas d'espèce, il s'agit d'un rappel à l'attention de tous les parents
    Je n'aurais pas été choqué si une partie de la peine avait été ferme..

  • Gilles, je veux bien mais est-ce qu'on va tout juger ?

    Les accidents domestiques
    La première cause de mortalité chez les jeunes enfants
    est due aux accidents domestiques.
    Une seconde d'inattention et les conséquences sont dramatiques
    (chutes, choc, brûlures, empoisonnements, noyades, étouffements...)

    Des chiffres alarmants
    Au total : 20.000 morts par an.
    80% pourraient être évités.
    400.000 brûlures par accidents domestiques par an.
    600.000 morsures de chien par an.
    250 morts par défenestration pour les enfants de 10 mois à 7 ans par an.
    2.000.000 de chutes chez les + de 65 ans, ce qui représente 10.000 morts par an.
    100 morts par an dus aux noyades (baignoire et piscine).

  • "que le dommage causé est réparé "
    Ce dommage =la mort de l'enfant ,est il réparé par le chagrin du père ? A l'évidence non
    "et que le trouble résultant de l'infraction a cessé ».
    Le trouble= mort de l'enfant ,seule l'infraction=défaut de surveillance a cessé,par défaut si j'ose dire,pas par effet d'actes du coupable
    Le tribunal ne peut dire que ces trois conditions sont réunies
    Seul me semble t 'il le reclassement du coupable est bien effectif

  • Au delà de cette histoire triste, je ne pense pas que la peine prononcée apporte grand chose.

    Condamner ce père à des travaux d'intérêt collectif au sein d'une assoc qui œuvre pour la prévention des accidents domestiques aurait fait sens peut être autant pour lui que pour "la société".

  • Les accidents,par négligences et inattentions
    Juste une petite expérience de surveillant de baignade l'été
    Que dire de ces parents qui oublient de pommader leurs jeunes enfants,et a qui vous en faites la recommandation et qui vous envoie ch..... très vertement Ceux qui entrainent leur enfant dans la zone interdite et qui font du scandale lorsque vous les rappelez a l'ordre,
    j'ai vu un bébé complètement déshydrater emmené par les pompiers etc etc

  • Si des paretns ne sont pas à la hauteur, il y a l'assistance éducative ( juge des enfants) et les aides familiales du Conseil général pour "situations préoccupantes".

    Condamner au pénal... Ca mérite réflexion !

    Attention aux casseroles brulantes mal posées sur la gazinières..; et qui font des mutilés.

    Et quid des parents qui manipulent ( souvent en jouant) le tout petit enfant en lui créant de lésions cérébrales définitives?

    Ce qui me gene, c'est que dans l'affaire, le procureur a dit lui meme "inexplicable". Pas la moindre explication cohérente. Le papa poule qui s'occuppe à merveilel de son "enfant roi", et soudain occulte.

    La notoriété nationale qu'a eu cette affaire rendait difficile le classement sans suite. OK, vu ce qu'est la pratique des parquets.

    Dire coupable, c'es déjà bcp.
    Condamner à de la prison avec sursis... Quelle utilité?

  • Je pense ici au taux impressionnant d'affaires classées sans suite alors que l'infraction ressort du dossier.

  • Ces morts tragiques ont été très médiatisées l'été dernier, pour la bonne cause. Je ne peux pas m'empêcher de penser que le procès a été monté pour cette raison. Je doute qu'il aît eu un effet cathartyque sur le père.

  • J'ai tellement vu de conneries autour de moi (et dans la presse ) que cela ne m'est jamais arrivé ou presque ! ne jamais laisser un bébé sur sa table à langer et en hauteur ne serait ce qu'une seconde ...jamais de cacahuètes avant 7 ou 8 ans et encore ... casseroles bouillantes à portée de main d'un enfant ....bouteilles de produits d'entretien .... médicaments .... portes ouvertes lorsque bébé marche etc .....
    Un soucis quotidien ... et il n'y a que cela qui compte ! En ce qui concerne la voiture il suffit de laisser bébé avec un rayon de soleil 5 minutes pour comprendre ce qu'il endurerait en le laissant au minimum un quart d'heure dans ces conditions !

    C'est une période de grande responsabilité !

  • C'est en effet une question bigrement difficile !
    J'aurais généralement pensé comme jp2 : que le juge sache "garder son sang froid au delà de tout sentiment", pour protéger le plus faible, c'est absolument nécessaire dans un monde où on manipule si facilement les sentiments pour en faire le point unique de référence...
    Mais dans le cas présent, je crois qu'il fallait savoir s'éloigner un peu de la lettre pour saisir l'esprit de la loi, et ne pas condamner ce père. En même temps, la remarque d'antimite mérite aussi réflexion, bien que je ne sois pas suffisamment expert en psychologie pour en juger : "Pour se reconstruire, il a peut être besoin d'être puni par la société pour éviter d'être trop "sévère" avec lui-même".
    Même si la conséquence est absolument dramatique, j'ai tendance à croire que ce genre d'inattention peut arriver à tout le monde, plus aux pères qu'aux mères sans doute, et d'ailleurs, je ne serais pas étonné que les jugements les plus sévères émanent de mères (ce qui est tout à fait naturel). Il peut aussi y avoir une question de tempérament : il y a des personnes plus distraites que d'autres. Qui peut prétendre n'avoir jamais laissé son enfant quelques instants sans surveillance et avoir respiré profondément en constatant avoir échappé de justesse à une catastrophe ? Père de famille nombreuse, c'est mon cas, et je ne crois pas être un mauvais père pour autant. D'autant que trop de surveillance "sécuritaire" de ses enfants ne les aide pas non plus à grandir (cette remarque ne s'appliquant naturellement pas à l'affaire dont nous parlons !).
    Je ne partage pas du tout la sévérité de malto, qui a peut-être commis la même faute (grave) d'inattention, mais des nuages ont sauvé ses enfants... Enfin, je ne pense pas non plus qu'une condamnation ferme de ce malheureux père aurait augmenté mes capacités d'attention. Le retentissement médiatique, à la limite du lynchage, au moment des faits, a déjà fait le travail, si tant est que ce soit efficace... avec quelles répercutions sur le "coupable" ??

  • Mais il est sanctionné ce père, jusqu'à la fin de sa vie ! Laissez ! Et faisons silence.

  • ça dépend de la voiture...

  • et la mère ? personne n'en parle !
    elle a perdu son fils et que le père de son enfant soit considéré coupable par la justice est la moindre des chose.

  • avec un s , choses...

  • Si tu lis le sujet avant de jacter, tu verras que la mère ne voulait pas de poursuites.

  • "Le jugement est la marque de la civilisation du rapport humain."

    Non, le jugement "juridique" est la marque de la civilisation du rapport humain.

  • moi et mon compagne sont sourds,ns avaient deux enfants,ns avons jamais laisser mes enfants dans la voiture,quand -même !!!!!surveillons toujours tant important !

  • @ jp2: Certes, la loi est la loi. Mais rappeler la responsabilité du père ne ramènera pas son enfant, ni ne lui enlèvera la culpabilité. Dans ce genre de "délit", la peine est prononcé immédiatement en même temps que l'accident.

  • Oui c'est plus que certain la vraie peine c'est ça ! mais la société quoi qu'il arrive doit répondre présent ...ne jamais oublier les affaires d'enfants battus , abandonnés sans nourriture ou soins etc ...Quelle que soit l'origine de la mort les nourrissons et enfants ont droit au jugement des leurs en cas de manquement !
    C'est pourquoi je le répète , malgré les mauvais juges "outreauesques" qui certainement existent , ce juge me parait avoir répondu avec justesse à cette terrible affaire que l'on ne souhaite à personne !

  • Oublier son bébé dans un siège auto, excusez moi mais ça n'a rie d'une faute d'inattention, ni de l'accident domestique!
    C'est carrément un acte manqué, c'est carrément irresponsable, c'est du même registre que d'ebouillanté son gain dans la baignoire bon sang!
    Et bien sûr, puisque Monsieur etait pharmacien, et qu'en plus il explique son "oubli" par sa bonne citoyenneté en "sauvant une personne victime d'un délit de fuite", alors oui, on va aller l'enquiquiner avc de la prison ferme, après tout il l'a pas tellement fait exprès!
    C'est gerbant. Vive les nouveaux pères!

  • Je pense pour ma part que pour eviter se genre de situation il faudrait apprendre des le plus jeune age (lorsque la reflexion est acquise)l'anticipation aux dangers....les personnes n'anticipent pas assez les dangers de la vie,que ce soit sur la route ou les accidents domestiques etc...si vous anticipez le danger vous avez 95% de chances de l'eviter le reste etant que le zero absolu n'existe pas!!!
    Prenons l'exemple le plus courant la voiture,lorsque vous roulez vous regardez la voiture qui est devant vous ou celle qui est devant celle que vous avez devant vous,ou le plus loin que porte votre regard?en regardant plus loin vous anticipez le coup de frein que pourrait donner celui qui est devant vous et donc a eviter de vous encastrer dans son pare choc,un ballon qui traverse votre route c'est un gamin qui est derriere...et c'est pour tout pareil...
    Je ne jetterai pas la pierre a ce pere,a cause des 5% restant!

  • Un enfant c'est une part de soi même ! ça passe avant une aile froissée , un délit de fuite "matériel " et même un braquage de banque de 10 ou 50 milliards ! la vie d'un être humain est plus important que tout l'or du monde qui n'est que matériel bordel !

  • L'oubli de ce père est incompréhensible. Fatigue, stress, égarement, émotivité, forte consciente de sa responsabilité professionnelle pour ne pas se permettre le moindre retard, émotion suscitée par l'accrochage, suivi d'un délit de fuite ?

    Nul ne peut juger de la fragilité d'un être humain, geste d'oubli que l'intéressé, lui-même ne s'explique. Quel préjudice a été commis envers la société, si ce n'est celui à la famille même de l'enfant, qui ne demande rien. Le jugement, c'est juste du temps et de l'argent de perdu, car cela ne le ramènera pas.

    La justice dans tout cela, ferait mieux de s'occuper des dossiers lourds, qu'elle n'a pas le temps de traiter correctement, en lieu et place, d'accabler davantage une famille dans la peine, qui en l'occurrence ne lui demande rien. S'agit-il là d'appliquer une double peine ?

  • @Jp2
    Qui te dit qu'en assistant ou en etant toi meme pris dans un accident tu sois tellement ebranle que ton cerveau n'occultera pas ton present immediat????les 5% JP2 .....
    Mais je constate avec plaisir que tu mets la vie d'un etre humain de tout etre humain au dessus de tout!!!

  • On connait le mode de fonctionnement "pilote automatique" sur le trajet du travail, cet homme n'avait sans doute pas l'habitude d'accompagner son enfant. Il voit une accident, se met en mode poursuite, et oublie tout le reste. Je ne le clouerais pas au pilori, ce n'est pas quelqu'un qui a délibérément laissé son enfant dans la voiture pour faire les courses au supermarché. Il doit se repasser le film deux cent fois par jour.

  • Moi j'aurais condamné le monsieur à 3 ans avec sursis... Choqués(es) ??? Je m'explique...

    Depuis la création de la société, les sanctions existent pour punir ceux qui causent du tort à autruit... A partir de là, le concept de la loi a été inventée... Simplement pour promettre qu'une sanction existe et attend toute personne coupable de délit (délibéré ou non...) envers la société.

    Dans le cas de monsieur le pharmacien, je suis tout à fait conscient de la douleur que lui et sa famille vivement depuis ce malheureux accident (je ne discute pas ce fait...).

    Mais lorsque l'on parle "société", il faut qu'il y ait une sanction qui incite les gens à être toujours plus prudent... Car dans le cas contraire, si on sait que pour un incident de ce type (ou accident domestique quelconque), si aucune sanction n'existe, rien ne nous "motivera" à accroitre notre vigilence...

    Je reviens sur les 3 ans avec sursis,

    -3 ans est un minimum pour éveiller la crainte de l'être humain "normal"... Mois que 3 ans, cela restera dans le domaine du négligeable.
    - Avec ou sans sursis, c'est en fonction de l'act... Et au juge (jurés) que reviens la décision.

    Mais il faut une sanction... Ce n'est pas pour punir le père, mais pour inciter les autres à mieux faire...

    Je suis de tout coeur, avec ce malheureux papa et je saouhaite que sa famille soit assez forte pour l'aider à apaiser sa souffrance.

  • Oui, sans doute.
    Il faut changer la loi. Et les politiques ou les banquiers qui détournent des millions, il faut interdire le sursis et leur donner ferme, en attendant qu'ils remboursent.
    Tout est relatif, Eouera, la justice devrait déjà traiter le problème des délinquants et ne pas en rajouter, avec des honnêtes gens, surpris par le destin.

  • Pour rassurer tout le monde, Marchiani condamné à trois ans ferme, devrati faire l'objet d'une grâce présidentielle. Ferme, pas ferme ? Vive les décisions de justice bafouées.

  • @Mathaf
    Préfet du Var (1995-1997) et député européen (1999-2004), Jean-Charles Marchiani fut l'homme de confiance à l'Intérieur en 1986-1988 et 1993-1995 de Charles Pasqua.
    C'est a se demander si Sarkozy ne fait pas cette grace aux 40 detenus pour y englober Marchiani

  • Comme vous dites Jean, tout est relatif...

    Il y a eu beaucoup d'affaire où l'on reproche aux juges leurs sanctions, soit pas adaptées, soit pas assez sévères...
    Sauf dans ce cas précisément, je pense que la décision du juge était sensée (bien qu'elle soit trop légère à mon avis) et bien réfléchie.... Une sanction symbolique qui pourrait servir les autres.
    Puis, il ne faut pas oublier qu'un être humain a disparu... Condamner le fautif, même symbliquement, c'est honnorer le disparu aux yeux de la société.

  • On ne commente pas les décisions de justice ?
    Je vais me gêner ! Tout ce que demande le Code, c’est de ne pas les dénigrer. Ne pas confondre.

    Alors notre vaillant tribunal de grande instance de Vienne a suivi les réquisitions. 8 mois avec sursis. Pas 7 ce serait trop faible, ni 9, ce serait excessif. Et pourquoi ?

    Dans une telle affaire, cette condamnation est une anomalie.

    Dire le père coupable, c’était déjà beaucoup. Le père qui adorait son enfant, qui ne vivait que pour lui. Le père qui ne pensait qu’à demain, le jour de la fermeture de la pharmacie, les vacances tant attendues, et enfin de belles journées à vivre, l’enfant sa maman et son papa. Avec cet enfant de deux ans, qui avait le plus bel avenir devant lui, avec lequel les parents se sentaient assez forts pour conquérir le monde s’il le fallait. Des années d’études, de travail, de constance. Enfin, depuis deux ans l’enfant était là. La vie recommençait. Et devant son sourire, devant ces liens qui se créent, devant ce sentiment de la confiance, tous les efforts trouvaient leur justification.

    Alors, soudian, le piège d’un automatisme de la vie. Dans le petit village, où tout le monde se connait, un acte aussi incivilisé qu’un délit de fuite. Noter les coordonnées de ce sauvage qui se casse, prendre du temps, réconforter la victime, attendre les gendarmes. Reconstruire un peu, devant l’injure sociale du fuyard, cette vie de responsabilité à laquelle le papa croit tant.

    Et après l’inexplicable. Inexplicable a dit le procureur. Comment requérir une peine, quand on ne sait expliquer ? Au nom de quoi embarquer la loi dans une telle galère ? C'est comme le PV: "On ne discute pas!"

    Ce 15 juillet, le papa est déjà à demain. Tout ce qu’il y a de si beau à vivre, demain, tout ce qu’il reste à régler aujourd’hui, dans le monde des contingences, pour atteindre le monde de la vraie vie, le temps des vacances. Le souhait d'être hors contingences. Inexplicable?

    Par inattention ? Non, le père est le plus attentif de tous les pères. Je souhaite à tous les bébés du monde un père comme lui. Par occultation. Et il n’y a pas de faute par occultation.

    Le destin tragique de cet homme, nous rappelle nos faiblesses. Nous nous croyons des héros, des costauds, des mecs. Nous voyons tous les jours célébré, dans un décor chancelant, l’idéal de l’homme parfait qui maitrise son destin, qui pense son amour, qui tous les soirs s’analyse à froid, comme s’il s’agissait de la résultante d’une démarche qualité.

    J’ai en horreur ces conceptions, et elles sont aux antipodes de ce qu’est la réalité humaine. Un homme qui cherche à bien faire, qui veut se situer dans un monde si complexe, qui assume tout ce qu’il peut.

    Mais un homme fragile, vulnérable. Un vrai homme, un qui se trompe, reconnait ses erreurs et se redresse. Un homme qui connait le malheur et trouve les forces pour croire encore à la vie.

    Condamner cet homme ? pourquoi ? Parce que la presse à parler de cette affaire ? Misère de la pensée!

    Condamner cette homme, c’est nous condamner tous. Car c’est dire qu’être faillible est un faute. Le tribunal applique le code, mais il doit lire le code à la lumière des réalités humaines. Dans cette affaire, il peut délivrer le plus beaux message : un vie, c’est un parcours entre l’ombre et la lumière ; c’est la joie et les larmes ; ce sont de plaies, et des cicatrices.

    Non, il n’y avait rien à condamner, si ce n’est la nature humaine.
    Le tribunal s’est égaré.

  • Cette histoire est une tragédie, meurtrissante, je me demande comment on peut encore croire en Dieu aprés ce genre d'injustice ultime.

  • Faut arreter de tout mettre sur le dos de Dieu......

  • Ou plus exactement mettre Dieu a toutes les sauces!!

  • C'est pas si mal, Fran a beaucoup d'interrogations sur l'existence de Dieu. En l'occurence c'est le dieu soleil qui a tué.

  • A quoi il sert ton Dieu neptune, à remplir les églises et les quêtes ?

  • Mon Dieu c'est moi...c'est pas lui qui me fait bouffer c'est moi...c'est pas lui qui fait mais malheurs ou mes bonheurs c'est moi....c'est pas lui qui prend mes decisions c'est moi....je ne crois qu'en une seule chose MOI...et si tout le monde pensait comme moi le monde aurait une autre allure!!!!

  • Nom de dieu, je suis d'accord.

  • ALLELUIAAAAAAAAAAAA!!!!!

  • Allez l'OM !

  • mécréant ...

  • sarkosyste...

  • Ton ignorance te fait dire n'importe quoi : un mécréant peut être selon les cas un infidèle, incroyant , athée , kafir ou païen ! Tu mérites une fatwa pour tes blasphèmes ! mais dieu te pardonnera si tu reconnais tes fautes !

  • Je l'em.....e ton dieu jp.

  • Tu as de la chance de ne pas être au temps de l'inquisition ....

  • "Des années d’études, de travail, de constance. Enfin, depuis deux ans l’enfant était là. La vie recommençait"...
    Attention Gilles a l'emphase sur la situation sociale/professionnelle/economique du pere, qui ressemble a un jugement de valeur. Certains des commentaires me font me demander s'ils eussent ete les memes (cre vin dieu, j'ressors mon subjonctif!) si le pere avait ete issu d'un milieu defavorise, peut-etre sans education superieure, peut-etre au chomage, peut-etre avec un mariage en detresse, etc. C'est l'acte d'un homme que la justice regarde, pas son statut social. Quant au jugement, la mort de cet enfant etait deja bien suffisante. IL devra s'en expliquer toute sa vie si on lui demande des renseignements sur des condamnations pour des assurances/boulot etc., et il devra le declarer. La justice a pense que c'etait dans l'interet de la societe de condamner cet homme. Je n'en suis pas du tout sure.

  • Analyse très finement présentée.

  • Fran,

    Neptune n'est pas le dernier moutardier du pape. Tu devrais demander directement aux gens pourquoi ils remplissent les églises. Perso je me sens étranger à ce qui s'y passe, depuis que Vatican II a kidnappé ma liturgie, sauf pour les messes en basque.

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