04/01/2009
Hôpitaux : Deux accidents graves par jour
En 2006, on a compté 735 accidents médicaux graves dans les structures hospitalières. Ce sont les chiffres de l'Observatoire des risques médicaux.
Vendredi 2, c’est un nourrisson de six mois, Louis-Joseph, hospitalisé depuis à l'hôpital de pédiatrie et de rééducation de Bullion (Yvelines) qui est décédé dans l'après-midi après son transfert à l'hôpital Necker à Paris.
Le directeur du Centre hospitalier a fourni de premières explications.
« Le 1er janvier, vers 13 heures, une infirmière et une auxiliaire puéricultrice étaient chargées de changer la perfusion de l'enfant, qui se trouvait en attente d'une greffe de l'intestin. Il fallait régulièrement perfuser l'enfant qui disposait d'un cathéter. Les deux personnels devaient régler la vitesse du dosage mais ont commis une erreur en validant une vitesse trop importante d'écoulement du substitut alimentaire. »
« L'infirmière, qui était très grippée ce jour-là, a validé, en appuyant sur la touche de l'appareil, l'action de l'auxiliaire puéricultrice. Lorsque l'autre équipe s'est aperçue de l'erreur, le médecin de garde a appelé le Samu des Yvelines qui a transféré l'enfant en réanimation à l'hôpital Necker. »
« L'infirmière, qui souffre terriblement de son erreur, est en arrêt maladie à cause de sa grippe. »
Une faute dans la préparation de la pompe, et une validation trop rapide : inattention dans un geste de routine, et s’en suit le décès d’un enfant dont l’état de santé était, nous dit le directeur, stabilisé. Une affaire dramatique, que la mort de ce très jeune enfant, mort des mains qui le soignaient.
Pour l’essentiel, je ne peux que renvoyer aux deux notes des 26 et 29 décembre sur l’affaire de l’hôpital de Saint Vincent de Paul, tant les problématiques juridiques sont proches. Une même conjugaison des désarrois…
Le directeur n’a donné aucune indication sur les effectifs et la charge du travail, mais le présence en service d’une infirmière « fortement grippée » ressemble bien à un malaise dans le fonctionnement, un premier janvier. L’infirmière, qui aurait sans doute du être placée en arrêt maladie, a préféré venir assumer son service. Un comportement qui témoigne d’un investissement professionnel tout particulier, et dont un tribunal devra en tenir compte. Mais, il sera difficile de dire que cela suffit à faire disparaitre une faute d’inattention.
Il faut donc dans cette affaire prévoir des suites pénales, et le Parquet a d’ailleurs été saisi, ce qui est la procédure. Evidemment, la grande différence est qu’il n’y pas de garde-à-vue, ce qui établit, s’il en était besoin, l’erreur de Roseline Bachelot soutenant que c’était la procédure normale.
Là où il y a "gros malaise", c’est que cette affaire s’inscrit dans une série : décès d’Ilyes à Saint-Vincent-de-Paul le 24 décembre, d'un patient de 57 ans le 28 décembre, après une longue recherche d'un lit en réanimation, d’une octogénaire, le 26 décembre à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris après s'être étouffée en prenant son repas. Et ce soir c’est la maternité de Bastia qui est mise en cause…
Je vais peut-être surprendre,… mais il va falloir s’y habituer à ces chiffres. Le système hospitalier souffre de toute part. Un indice ? La durée moyenne de carrière d’un infirmière n’est que de douze ans : trois ans de formation pour douze ans de carrière... Et sur un autre plan, la majorité de hôpitaux sont désormais en déficit. Pour autant, la qualité des soins n’a pas reculé. Je dirais même le contraire, et je prends en compte deux indices parmi d’autres : la chute du nombre d’accidents en anesthésie et du taux d’infections nosocomiales.
Non, des infos sur des accidents graves, il faut s’attendre à en avoir deux par jour, si les médias restent intéressés. Mais si chaque fois, c’est une « breaking news » avec reportage émotionnel, ça va être très dur pour les hôpitaux, et le moral de patients. Car les statistiques s’établissent à environ deux accidents graves par jour. Ces chiffres résultent des publications de l’Observatoire des risques médicaux. Le dernier rapport publié concerne l’année, 2006, mais les chiffres restent du même ordre de grandeur.
L’Observatoire avait recensé 735 accidents graves, en distinguant :
Non renseigné 7
Acte de prévention (Vaccination) 1
Acte de diagnostic 81
Acte de soin 591
Autres (acte à finalité non thérapeutique) 55
Au sein de l’activité de soin, première cause des dommages, la répartition est la suivante :
Acte technique fautif 31 %
Acte non fautif (aléa) 19 %
Infection nosocomiale 19 %
Accident dû à la prescription ou à la délivrance de produits de santé 3 %
Accident dû au matériel médical ou à un produit de santé 1 %
Défaut d'information 1 %
Problème organisationnel 7 %
Tout cas individuel est dramatique, et mérite une réponse très personnalisée. Mais les chiffres de l’Observatoire montrent qu’il est impossible, au seul vu de ces évènements dramatiques, d’en tirer des leçons générales sur les difficultés actuelles des hôpitaux.

00:24 | Lien permanent | Commentaires (36) | Envoyer cette note | Tags : responsabilité, infirmière, faute, hopital











Commentaires
Comme tout ça n'est pas rassurant , au moins que l'on ait les chiffres antérieurs pour voir s'il y a eu une évolution positive ! les chiffres 2007 ? ça fait plus d'un an .... il suffit d'additionner les chiffres des établissements ?
Gilles comme vous connaissez très bien le métier : appartient il à une aide soignante de régler la vitesse de dosage ?
Vous parlez d'accidents graves ...quels sont les chiffres pour les autres accidents ? car avoir une jambe coupée suite à une infection nosocomiale c'est tout aussi grave ...
etc ....
Écrit par : jp2 | 04/01/2009
je pense que parfois, aussi il y a des problèmes d in firmières, j ai été opéré d urgence il
y a un an, à chaque fois qu'on me mettait la perfusion celle du matin j étais malade omme un chien , la nuit ça aller mieux donc j ai posé la question à l infirmière de nuit qui me répond c est qu elle vous met le débit trop fort pour aller plus vite et ça vous rend malade, donc le lendemain je le dis à l infirmière qui me répond c est intel qui vous a dit ça, je connais mon métier et elle en a fait qu'à sa tête donc j étais malade pendant 8 jour je n ai rien pu manger par les nausées, il a fallu qu elle soit de repos pour que j'aille mieux, je pense que des fois aussi il y a beaucoup d incompréhension
Écrit par : mimi | 04/01/2009
le rapport de l'observatoire
http://www.oniam.fr/rapport/ORM-2005-2006_VF.pdf
Écrit par : gilles devers | 04/01/2009
Le site de l'ONIAM office national d'indemnisation des accidents médicaux
http://www.oniam.fr/
Écrit par : gilles devers | 04/01/2009
La SHAM est le premier ( et très majoritaireà assureru des établsismetns de santé.
Voici les rapports de cette compagnie
pour 2004
http://www.sham.fr/IMG/pdf/exe_panorama_v2_2_.pdf
pour 2005
http://www.sham.fr/IMG/pdf/panorama_version_definitive.pdf
pour 2006
http://www.sham.fr/IMG/pdf/PANORAMA_VERSION_DEFINITIVE-2.pdf
Écrit par : gilles devers | 04/01/2009
Des chiffres très intéressant sur le pénal
Au pénal, il y a eu 48 dossiers clos en 2006, concernant :
Personnel médical 22
Personnel soignant 13
Personne morale 2
Directeur 7
Autres 4
TOTAL 48
Les poursuites pénales visent en premier lieu les médecins (46 %) ainsi que le personnel soignant
(27 %). Les Directeurs d’établissement sont exposés personnellement à des poursuites notamment dans des domaines comme la sécurité des installations incendie, la restauration collective, la passation des marchés publics, l’organisation des soins ou l’environnement (eau).
Très intéressant, le sort des procédures
Classement sans suite 13
Non-lieu 28
Relaxe 2
Condamnation 5
TOTAL 48
Parmi les dossiers clos en 2006, la majorité des poursuites engagées à l’encontre des personnels
hospitaliers a abouti à un non-lieu (59 %). Dans 4 % des cas une relaxe a été prononcée et
dans 10 % des cas, l’affaire n’a pas connu de suite.
Si ces données rappellent que les professionnels de la santé sont exposés à des poursuites pénales,
une affaire sur 10, seulement, a débouché sur une condamnation.
Voilà un chiffre de premier intérêt : dix condamnations pénale effectives pour 2006 au sein des établissements publics français assurés par la Sham. Disons donc environ 15 sur toute la France, vu que la Sham est très majoritaire sur le secteur.
Écrit par : gilles devers | 04/01/2009
Voila qui relativise et jette un regard lucide sur, les malheureux évènements dont la presse a fait des choux gras La société du tout sécuritaire,ce n'est pas pour demain,mais hypocritement ont fait comme si c'était possible
Je pense par contre qu'il y a du souci a se faire quant a la qualité de la formation actuelle et a la motivation des jeunes personnels de soins et notamment infirmiers Sur diplômés et ayant atterri dans cette filière faute de mieux,beaucoup sont,peu voir pas du tout en phase avec les difficultés,les contraintes et l'ingratitude de la fonction J'ai eu l'occasion de discuter avec des infirmières hospitalière en fin de carrière elles sont très inquiètes
Écrit par : antimythe | 04/01/2009
Il est certain qu'un métier qui concerne la vie des gens c'est pas rien ....
mais ça n'empêche pas de faire son travail correctement et de mettre de coté certains aléas privés ! Si on a la grippe on reste chez soi , si on a un rv de golf on privilégie la vie de son malade ...
Et puis moi j'ai un seul souci dans l'hôpital (ou la clinique ) ... c'est de tomber sur un chirurgien gros doigts , peu minutieux .... ou des infirmières anesthésiste indisposées et de mauvaise humeur ....
Je crois que le meilleur est à venir avec la spécialisation des grandes structures ! y a que ça de vrai !Se faire opérer de la prostate par un chirurgien qui en fait 10 par jour ! Ou se faire enlever un poumon par un spécialiste qui en a déjà enlevé 500 ....
Et surtout pas d'entrer pour une prostate dans une petite structure de province et de ressortir les pieds devant .....
Je suis prêt à faire 500 km pour être sur de m'en sortir !
L'hopital de proximité c'est comme la police du même nom : du pipeau !
Écrit par : jp2 | 04/01/2009
Le commentaire du blogcaptain illustre bien a petite opinion:
Le travail à flux tendu est devenu la norme! Et ceci a été "laissé faire" + ou - volontairement même dans le milieu hospitalier, là où plus qu'ailleurs encore, il devrait être Absolument proscrit!
On a caché une vérité simple au grand public, qui pourtant le vit parfois lui-même dans le cadre de son travail:
Les risques d'erreurs se sont multipliés, et naturellement (les faits sont toujours têtus) les accidents se multiplient! Tout simplement, on a tort de se prendre la tête, c'est le résultat d'une façon de penser collectivement nuisible que nous voyons de mieux en mieux apparaître.
Ma crise financière en est d'ailleurs, l'exemple le plus "réussi".
Je constate que les responsables de cet état de fait non seulement ne démissionnent pas, mais ne s'excusent même pas!
D'autre part, le plus triste reste que.... Je suis l'un des seuls ici à penser cela.
Preuve que la compréhension des "rapports de causes à effets" manque.
(on le voit avec le succès dangereux de l'astrologie ;-))
Bien navicalement / Met vriendelijke groeten & bon dimanche bon appétit!
Thierry Bressol OR1
- Le matelot blogueur, ex-ingénieur radio et ancien officier de la marine marchande
- http://souvenirs-de-mer.blogdns.net/
- http://marine-inconnue.blogspot.com/2008/09/contenu-de-marine-inconnue.html
Écrit par : Thierry BRESSOL | 04/01/2009
Quelques accidents,mais en contrepartie,nous vivons plus longtemps et mieux grâce a la médecine
Rentabilité ? mot tabou,qui n'avait pas besoin d'être évoqué lorsque la France croulait sous l'opulence ce n'est plus le cas aujourd'hui et encore moins demain
Le flux tendu est une notion de gestion du travail qui tend a éliminer la notion de stock (matériel)
Par contre l'application correcte des 35h a l'hôpital aurait nécessité l'embauche compensatoire de 10% de personnel Encore eut il fallut les former avant,et avoir les moyens de les payer Nous n'avions ni l'un ni l'autre
Alors place a gestion des pénuries financière et de personnel
Écrit par : antimythe | 04/01/2009
Il faut revenir aux 40 heures ! quand je pense que j'ai bossé 45 heures toute ma vie ! sans heures supplémentaires .....
Écrit par : jp2 | 04/01/2009
Qu'est-ce qu'elle faisait à l'hosto, l'infirmière grippée? Elle transmettait des virus? Pourquoi n'était-elle pas en arrêt-maladie, si non vaccinée?
Écrit par : Baba O'R. | 04/01/2009
Le démantèlement systematique du système public de santé par des élus nantis, et ce depuis des lustres, qui ne fréquentent que cliniques privées, est à la source de la deliquescence actuelle.
Écrit par : Fran | 04/01/2009
Fran crois moi il est préférable de se faire opérer dans un grand hôpital ! pour info , le déroulement d'une opération est consignée sur un cahier ....ce qui n'est pas le cas dans les cliniques ...sauf si ça a changé .
Les politiques vont se faire opérer au val de grâce comme les dirigeants palestiniens ... les nantis vont dans les grands hôpitaux parisiens spécialisés ! pas bêtes ....
Moi je fais confiance au public !
Tout ce que je te dis je le tiens d'un chirurgien Militaire qui a opéré dans les trois structures .....
Écrit par : jp2 | 04/01/2009
ILINES infirmiere 20ans service urgences que faisais ce flacon de magnesium dans un SERVICEde pediatrie1EREerreur au niveau de distribution de la pharmacie centrale 2EMEerreur mise en place dans le local reserve au solutes controle de la recption par une infirmiereou si non disponibilite par une surveillante ne pas delegue cet acte a une aide soignanta ou une ASH BEBEde QQmois decede une seringue electrique a ete poussee par qui la encore delegation de l acte ydeleguons un acte infirmier a un superieur voire un meddecin une surveillante nous navons pas le droit d impliquer et de rendre responsable le personnelAHS et aides soinsdenos actes il y a une legislation du code du travail des infirmiers n hesiter pas si vous etes debordees a appelerau secours vos surveillantes cadres responsables des servicesinfirmiers chefs de services chef du personnel leur implication les fera reagir tres vite vous avez aussi des syndicats
Écrit par : violo claudy | 04/01/2009
Juste pour infos il n'est pas dans les attributions d'une auxilliaire puericultrice de preparer des perfusions(entre autres et surtout le debit) et tous ce qui est sous formes injectables ...par contre elle peut preparer tous medicaments oraux, l’infirmier, la puéricultrice ou la sage-femme etant les donneurs d'ordres..
Écrit par : kriptonite | 04/01/2009
On a l'air d'oublier que très majoritairement les clients des hôpitaux sont d'abord des gens malades, donc par essence plus fragiles que des bien-portants. Il faut vraiment qu'on arrête avec cette société du risque zero. C'est un mythe, çà ne peut tout simplement pas exister et une société sans risques est une société morte.
Chaque médecin, chaque infirmière dans sa carrière, va commettre des erreurs, c'est normal, c'est mathématique, çà arrive dans tous les corps de métier, on prie simplement pour que l'obus tombe à coté.
Il y a une surmédiatisation du phénomène, les journalistes, ces êtres étranges venus d'ailleurs, s'emparent de sujets qui font pleurer Margot, c'est facile à traiter et çà marche toujours sans se prendre le chou.
L'autre problème est la surjudiciarisation, on en est pas encore comme aux States où chaque fois qu'un médecin s'installe, les avocats suivent mais on en est pas loin. Le résultat; il y a pénurie de médecins dans certaines spécialités à risques. Les primes d'assurance grimpent d'une manière phénoménale et viendra un moment où certains praticiens ne pourront simplement plus payer et changeront de spécialité avec une déshérence de celle-ci ou alors, ils se feront payer tellement cher que seuls les nantis pourront se soigner.
Écrit par : segil | 04/01/2009
ne mettons pas tout sur les services médicaux.regardons combien ils font d'heures avant de critiqués.
je sais cela est triste dans arriver a la mort de deux bébés mais est-ce que ses personnes n'étaient pas fatiguées vus ce qu'ont leur demande
se sont des étres humains pas des supers femmes ni hommes
pardon je sais que je vais en choquer plus d'un !!!
Écrit par : hiochensky | 05/01/2009
Je suis suivi depuis 10 ans, pour une maladie cardiaque. En Août 2007, je fais un nouvel infartuce. Déposé aux uegences de l'hopital Avicennes à Bobigny, je me retrouve sur un brancard pendant 6 heures. Bien sur on me fais des prises de sangs qui confirme l'infartuce. Puis personne pour s'occuper de la suite. Avec le repos mon état s'améliore, surtout que j'avais avec moi mon Natispray 0.30 mg. Aucun soin n'est prodigué. Le brancard sur lequel j'étais installé, devait dater des années 70. Il y avait un énorme trou dans la mousse, et il était très inconfortable.
Vers 20 heures, ne voyant personne pour s'occuper de moi, j'appel le docteur des urgences, qui m'explique, qu'il n'y a aucune place de libre en cardiologie, et qu'il fallait attendre le lendemain matin. Je devais rester aux urgences, et comme le médecin m'explique, nous allons vous mettre dans le couloir pour que vous puissiez dormir.
Les passages étaient nombreux et les urgences bruyantes.
Je décide donc, après avoir pris une dose de natispray, de partir, en signant une décharge.
Aujourd'hui, je suis toujours en vie, comme vous le voyez, mais ce n'est pas grace aux urgences. Je me suis soigné seul.
Ce n'est pas la faute aux urgences, mais aux personnes venant avec des petits bobos, tels que des coupures qui peuvent se soigner à la maison. Pour dire simplement que plus de la moitié, pour ne pas dire les trois quarts des personnes qui viennent aux urgences, peuvent se faire soigner par leurs médecins traitants.
Écrit par : safra.didier | 05/01/2009
Sauf que les médecins traitants font beaucoup moins de gardes, notamment le we.
Écrit par : Fran | 05/01/2009
tout ce qui se passe en ce moment n est pas nouveau. je travaille en milieu hospitalier comme aide soignante et vous ne pouvez imaginer la pression que l on a en permanence avec des patients qui débordent de partout on essaie de faire notre métier le mieux possible mais il arrive souvent de rentrer à la maison en n étant pas satisfaite du boulôt que l on vient de faire plus les années passent plus les patients sont lourds et moins de moyens à notre disposition les supérieurs ferment les yeux tant qu il n y a pas de coach important on n embauche pas de pe
rsonnel en fonction des besoins les hopitaux deviennent des usines à gerer financièrement
dans tout ça se sont les patients qui trinquent sans savoir toujours dans quelle galère nous sommes
Écrit par : pepsy | 05/01/2009
Combien de malades sauvés alors qu'on n'y croyait plus, combien d'opérations réussies pour une qui se passe mal ? Deux fois j'ai été accueilli aux urgences au centre hospitalier de bretagne sud : les deux fois j'ai été prise en main dès mon arrivée - occlusion intestinale puis début de pneumonie. Si les urgences n'étaient pas obligées de recevoir, les ivrognes qui se sont cassé la figure, les gens qui attendent le soir ou le dimanche pour aller aux urgences, et toute sorte de personnes qui pourrainet attendre et aller voir leur médecin traitant alors qu'ils ne sont pas bien dans la journée retardent les soins des vrais malades. Arrètons de crier haro sur le corps médical, comme dans toutes les professions il y a des bons et des mauvais, des gens aimables ou pas, mais si tout ce monde là n'existait pas que deviendrions nous ?
Écrit par : thomas | 05/01/2009
L'erreur n'est plus humaine quand elle est tragique ? Mettez-y donc des robots, on sera super tranquilles. Il y a 40 ans, on mourait bien plus dans les hôpitaux et on ne savait pas toujours pourquoi. Alors cessons ce jeu médiatique cyclique qui nous abreuve de nouvelles terribles par vagues et qu'on alimente souvent pour appuyer ou invalider une décision politique. Evidemment, nous on est des bonnes pâtes. On s'émeut. Pensez ! Un enfant de 3 ans, puis un autre de 6 mois et puis une dame de l'âge de ma mère et puis un type de l'âge de mon mari, etc. Je n'aime pas que l'on joue avec nos sentiments. C'est misérable !
Écrit par : nila | 05/01/2009
Infirmière aux urgences de l'hôpital Bon secours de Metz, je ne peux qu'être désolée de l'actualité du jour. Une petite précision quand même, 8heures passées sur un brancard, c'est possible même si celà devient moins fréquent. Le flux de patients aux urgences sur la période des fêtes a été très fort et le nombre de lits disponibles en aval très bas.
En revanche, un patient ne passe pas 8heures aux urgences sans avoir été vu par un médecin et sans que les soins préscrits ne soient exécutés par une infirmière: c'est impossible. Pour la journée du 31, par exemple, où les conditions météo extrèmes ont provoquées beaucoup d'accidents, les équipes paramédicales ont été renforcées très largement pour éviter aux patients de ne pas être pris en charge dans des délais raisonnables.
Je ne cautionne pas toujours les conditions d'accueil aux urgences qu'entraine une politique de la santé décalée, mais je peux affirmer que chacun des intervenants de ces services fait du mieux qu'il peut avec les moyens qu'il a...
Écrit par : Sidonie Gidenne | 05/01/2009
antimyte: tu a raison si les 35 h avaient été appliqués avec des embauches
jp2: 45 h , quelle activité
Écrit par : taillefer | 05/01/2009
infirmiere depuis plus de 25 ans j ai vu des avancees extraordinaires mais actuellement je me fais du soucis pour notre metier le manque de motivation du personnel ou sa demotivation est grandissante les conditions de travail sont certes mieux la structure les moyens informatiques le materiel adapte aux soins .. mais l acte infirmier lui disparait devant une tonne de taches qui se greffent le telephone qui sonne, les visiteurs de plus en plus presents aux heures non autorisees (il existe une charte du patient hospitalise mais il n existe pas une charte sur le respect du personnel),nous croulons sous une tonne de papiers a remplir ,nous passons plus de temps a faire du secretariat plutôt que d exercer notre rôle propre quand j entends que le gouvernement dit qu il y a assez de personnel c est faux les conges maternite non remplasse si l infirmiere grippee a travaille c est qu elle n a pas voulu mettre en desequilibre son equipe les planning etant toujours tres ric-rac nous nous battons tous les jours pour ameliorer nos conditions et par consequences le bien etre de nos patients et non pas clients comme on l entends de plus en plus battons nous !!pour que l hopital qui me soignera demain reste un service publique humain et sure
Écrit par : nana89 | 05/01/2009
Infirmière dans le secteur privée, je peux vous dire que tant qu'on tient debout, on vient travailler. Nous ne sommes pas spécialement bien payé et je ne peux me permettre les 3 jours de carence à la fin du mois sur mon salaire. Rien que l'an dernier, j'ai travaillé avec la grippe, un zona et la gastroentérite. Bien sûr, j'essaie de protéger les patients mais le mieux serait que je reste chez moi. Aucune solution si rien ne change.
Nous fonctionnons à flux tendu et on ne reconnait pas notre spécialisation. Chaque service a des soins spécifiques et on veut nous faire boucher les trous en permanence. Sans compter les congés maternités qui ne sont pas remplacés ni les arrêts maladie longue durée. Dans les bureaux, les dossiers peuvent s'accumuler mais dans un service il faut des infirmières en nombre 24h/24. Une fois, on m'a mis en réanimation de neurochirurgie pédiatrique alors que je travaillais dans un service de médecine adulte avec une interimaire alors que je n'y connais rien. Comment voulez vous que je travaille de manière optimale.
Parce que vous souhaitez des soins de qualité et pas de l'à peu près, parce que vous pensez qu'en 2008, vous n'avez pas à attendre vos soins, aux urgences ou dans les services, il faut que la population se mobilise derrière les infirmières. Dans le cas contraire, je crains une fuite massive de la profession pour celles qui peuvent, notament à l'étranger ou notre diplome est très bien vu (Québec), une difficulté de trouver des jeunes qui ont envie de faire un métier "à risque" mal payé. Ne resteront que ceux qui n'ont pas pu faire autre chose, des personnes non motivées alors que d'ici quelques années un grand nombre d'infirmières va partir à la retraite. Et vous payerez cher pour des soins au rabais.
En tout cas, je suis pour ma part en reconversion
Écrit par : liloo79 | 05/01/2009
Pour l'infirmière si elle est venue travaillée c'est certainement qu'il n'y avait personne pour la remplacer. Il y a un manque de personnel et après on s'étonne qu'il arrive des problèmes. J'ai été hospitalisée dernièrement pour une ponction lombaire et cela c'est très mal passé (à 3 reprises) et après personne n'est venue me voir pdt au moins deux heures et comme c'était en ambulatoire j'ai eu peur qu'il m'ai oublié ds le service et qd j'ai pû me lever il n'y avait personne à l'étage, après un bon moment j'ai vu ds le couloir une infirmière et je lui ai demandé ce que je devais faire, elle a appelé qq et je suis partie sans un arrêt de travail, ils m'ont dit allé voir votre médecin traitant, le lendemain je ne pouvais plus me lever ni m'asseoir et j'ai dû y retourner en urgence car j'avais une fuite du liquide et ils m'ont fait une piqure avec mon sang pour colmater la fuite et je suis repartie chez moi en taxi (heureusement c'était vendredi) j'ai pû reprendre mon tarvail le lundi ; je pense qu' à force de faire tout en ambulatoire pour vite nous ejecter il y a bcq plus de risque pour nous les malades.
Écrit par : mekki | 05/01/2009
L'"absence" de lit dans les services hospitaliers peut trouver une bonne explication.
Pour l'avoir vécu à plusieurs reprises, j'ai constaté chaque fois que mieux vaut ne pas arriver avant l'heure prévue : tout simplement parce que la chambre est encore occupée, ou le lit encore chaud. Le patient qui me précédait a, bien évidemment, payé sa journée complète de séjour. Et moi qui arrive, je la paye à nouveau. C'est bien, c'est rentable, surtout quand les séjours sont très courts, et comme la sécu ne trouve rien à dire au procédé, bravo ! Cette tricherie généralisée à tous les établissements de tout le pays correspond à quel pourcentage du "trou" de la Sécu ?
Le problème, c'est qu'à force de surbooking, il peut apparaître un nombre journalier de nuitées supérieur au nombre de lits, et celà, c'est difficile à camoufler ! Alors, quand cela arrive, mieux vaut prétendre qu'il n'y a plus de lit, et tant pis pour le patient ( le bien nommé ) qui attend !
On ne va pas risquer de tuer la poule aux oeufs d'or, quand même!
Écrit par : DUFOURMANTELLE | 05/01/2009
Poule aux oeufs d'or, laissez-moi rire, les administrateurs des HP ont à faire face à des achats absolument démesurés et longs à amortir, une bonne gestion est la moindre des choses...
Écrit par : Fran | 05/01/2009
petite réflexion toute personnelle:
je vois chaque jour des gens malades, grippés, inutile de rappeler la contagiosité de ce virus, hein, venir travailler "quand même", par "acquis de conscience professionnelle", cet acquis de conscience que vous citez, maître, comme étant à prendre en compte dans cette affaire, ce qui je présume le place dans la catégorie des "circonstances atténuantes".
cette société est folle à lier, c'est pas possible...
non, venir au travil malade n'est pas un acquis de conscience professionnelle. pour personne. c'est au contraire d'une inconscience folle.
malade, vous ne pourrez pas assurer la concentration nécessaire à votre job.
malade, vous vous risquez à l'erreur, qui dans certaines professions sera fatale à autrui, dans la plupart sera de toute manière un souci pour autrui.
malade, vous allez répandre votre grippe/gastro/rhume partout
la grippe, vous allez la refiler à une mamie qui n'a rien demandé, qui en mourra 8 jours après sans même que vous le sachiez.
votre rhume anodin finira dans les bronhioles d'un nourrisson qui passera des semaines à se faire torturer par un kiné par votre faute.
votre gastro chiante (hahaha) sera un cadeau inestimable pour le malade immunodéprimé qui aura ouvert la porte que vous aviez ouverte juste avant, et oui, la bactérie aime beaucoup se ballader sur les mains et voyager par les poignées de portes, téléphones et autres, ça lui fait voir du pays.
qu'est ce que c'est que cette mentalité de travaillliste débile qui veut qu'on aille toujours au boulot du moment qu'on tient debout?
et pire, on en est à demander la même chose aux gosses! (mais nan t'as pas mal, allez va à l'école)
se reposer quand on est malade, et maintenant même se reposer le dimanche, est un crime de lèse majesté.
tous complices, voilà ce que nous sommes.
Le travail vaut plus que la vie, plus que la santé.
fin de la petite réflexion personnelle, repartons en quête d'un coupable.
;-P
Écrit par : pupuce | 06/01/2009
Pupuce, je suis entièrement d'accord avec vous. Un personnel soignant contagieux peut contaminer un enfant, une persone fragile, bref, toutes les personnes qui viennent se faire soigner à l'hopital. Seulement, nos directions aiment les statistiques. Etre contagieux est un fait mais on nous demande sans cesse d'évaluer le bénéfice/risque insidieusement.
"Vous ne venez pas parce que vous avez la gastro, vous êtes contagieuse mais bon, vous travaillez en maison de retraite, votre collègue devra assumer seule tout le travail pour les 160 résidents (au lieu de 80). Ca va être dur pour elle et risque de faire des erreurs. Imaginez que vous soyez à sa place" Ce que l'on imagine facilemet car on s'est déjà retrouvé dans la situation.
Sans compter les "d'habitude, ça passe".
Aujourd'hui, je suis venue travailler avec la grippe. Je bosse au bloc opératoire. Une collègue était absente pour la même raison. La réflexion de la cadre : "elle n'est pas fiable". Un plan de licenciement s'annonce et comme partout, on ne veut pas faire partie de la charette alors on fait ce qu'il faut...
Nouveauté 2009, malgré la pénurie d'infirmière. On licencie. Les salariés coutent trop cher. A l'APHP, les bureaucrates envisagent 2000 licenciements alors qu'ils sont en surnombre...
Ils vont de réunion en réunion, de conseil de pole en conseil de pole, voir ou grignoter des postes...
Je ne sais pas ou on va mais on court à la catastrophe.
Écrit par : liloo79 | 06/01/2009
Non, non on ne peut pas courir à la catastrophe avec quelqu'un comme roselyne bachelot, enfin voyons, soyons sérieux...
Écrit par : Fran | 06/01/2009
lol
Écrit par : liloo79 | 06/01/2009
attendai ouvrai les yeux!!!! je travailles moi meme a l'hopital et vs imaginer meme pas la galere que c!!!
la pression des medecins car ils acceptent des admissions alors que le lit est deja occupé... de devoir prendre des prescriptions par telephone car ils sont deja occupé avec d'autre patients!!
venez faire notre metier rien qu'une journée et vs verrai!!!
on s'amuse pas a l'hopital!!! c facile de critiquer qd on passe 8h assis dvt un bureau, la ya pas de risque de tuer un patient !!! c pas vs qui devai prodigué des soins ... rempli une tonnes de papiers ... accueillir et ecouté les familles... encadrer des etudiants... ts sa en 1 journée!!!
avec une direction qui nous écoute pas!!!
moi je dis tous simplement merc a tte c infirmières... aide soignante ... auxiliaire de puericultrice... ash , car sans tte cette équipe soignante on pourrai pas travaillé correctement!!! et sauvez tte c vie qui nous encourage a continuer notre métier malgré des conditions de travail affreuse!!!
Écrit par : meli28 | 07/01/2009
il faut essayer de vivre apres un drame si douleureux, ma fille est decedée suite a une erreur medicale non fautive a la salpetriere en 2007, elle aurait eu 20 ans et a laissé un petit garcon de 17 mois a cette date terrible.
Écrit par : sativa | 18/06/2012
Écrire un commentaire