La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

07/01/2009

Prisons : La loi du milieu ?

La prison est lieu où la loi règne en maître. Le problème est que cette loi est celle du milieu, si j’en juge par les recommandations de Jean-Marie Delarue, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté, publiées au  Journal officiel du 6 janvier 2009, suite à sa visite à la maison d'arrêt de Villefranche-sur-Saône.

Quand le JO parle, je peux me taire et lire. Ce d’autant plus que si j’avais écris moi-même les lignes qui suivent, plus d’un se serait dit que je voulais encore allumer le bal. Non. Je ne danse pas. Je vous invite seulement à suivre Jean-Marie Delarue, directeur de ballet.

La violence dans la prison

2967-La-Raison-du-plus-fort.jpg« Comme l'a démontré dans l'établissement visité une violente rixe survenue le 31 août dernier, opposant plus d'une quinzaine de détenus, les cours de promenade sont les lieux de tous les dangers : menaces, rackets, violences, jets de projectile, trafics... Elles sont le réceptacle de toutes les tensions et toutes les frustrations, d'autant plus vives que les détenus sont massivement privés d'activités. Le personnel ne s'y introduit jamais avec eux et surveille ces cours depuis des postes avoisinants ou par vidéosurveillance. Elles constituent paradoxalement un espace dépourvu de règles dans des établissements soumis à des normes multiples et incessantes. Elles sont, en quelque sorte, abandonnées aux détenus, qui considèrent volontiers la cour comme un exutoire au confinement en cellule et comme un marché, substitut aux privations. En cas de rixe ou d'agression, il faut attendre que les détenus aient réintégré le bâtiment pour reprendre le contrôle de la situation. Les conséquences en sont triples : le plus fort impose sa loi ; des blessures graves sont fréquemment constatées ; bon nombre de détenus refusent d'aller en promenade, de peur des agressions. Et les coupables d'infractions sont loin d'être toujours sanctionnés. »

La reconquête des cours de promenade… 

« La reconquête des cours de promenade, qui ne peut se concevoir que comme un processus de longue haleine, doit être recommandée comme un objectif de l'administration pénitentiaire. Progressivement, dans certaines hypothèses, dans certains établissements, jusqu'à s'appliquer en toutes circonstances et en tous lieux, les surveillants, en effectifs suffisants, comme d'ailleurs tout autre acteur, doivent coexister dans tous les espaces avec les détenus. La cour doit redevenir ce pourquoi elle est faite : un lieu de promenade, c'est-à-dire de détente, de sociabilité ou de possibilité de rester seul. »

Les personnels d’insertion et de probationgrin935l.jpg

« L'attention doit être attirée évidemment sur les conditions de travail difficiles des personnels. Notamment a été constaté le découragement des personnels d'insertion et de probation (que traduit par exemple la rotation importante des effectifs), symétrique du vif mécontentement des détenus à leur endroit. Surchargés de tâches bureaucratiques et de cas à traiter, singulièrement dans l'établissement des dossiers nécessaires pour les procédures d'application des peines et de sortie de l'établissement, tâches qui ne correspondent d'ailleurs pas aux motivations d'origine de nombre d'entre eux, ces agents délaissent, parce qu'ils ne peuvent faire autrement, deux actions majeures en maison d'arrêt : d'une part, l'écoute et la prise en considération du tout-venant des préoccupations des condamnés, notamment de ceux condamnés à des peines courtes et de ceux en situation de précarité, dont les demandes restent sans réponse dans des délais raisonnables et dont la personnalité est, par conséquent, de moins en moins réellement connue ; d'autre part, les actions en faveur de la population des prévenus, laquelle reste à l'écart (sauf dans l'hypothèse d'une procédure « arrivants », lorsqu'elle existe) de toute intervention sociale efficace. »

Une prise en charte sociale défaillante

prison-cellule-individuelle.jpg« La prise en charge sociale de la plupart des détenus est défaillante aujourd'hui. Il est recommandé de restaurer, par des effectifs renforcés, par un effort constant d'écoute en détention qui vaut aussi pour les conseillers d'insertion et de probation, par une meilleure prise en considération des facteurs personnels dans les commissions d'application des peines, par la réponse aux préoccupations quotidiennes de tous les détenus sans exception, la qualité de cette prise en charge. Il est également recommandé que, comme le personnel de direction, les conseillers d'insertion et de probation soient plus présents en détention, pour pouvoir tout à la fois répondre aux sollicitations et mettre en œuvre (tout autant que suivre) des activités socio-éducatives et culturelles intéressant le plus grand nombre possible de détenus. »

Alors ?

Je reprends le clavier. Ce que nous dit Monsieur le Contrôleur général des lieux de privation de liberté, c’est que la prison est en ruine. Le lieu qui ne devrait être régi que par la loi, la marque de la République, est abandonné par la loi.

Je me rappelle d’un président de la République qui avait déclaré : «  La prison ne doit être qu’une privation de liberté. » C’était notre bon Giscard, et c’était en 1974. » Nous sommes en 2008 : carence de l’Etat. Donc, le problème est assez simple, cher Nicolas, chère Rachida. Vous vous en occupez, ou on s’en occupe. Nous, c’est-à-dire, les avocats des détenus, qui allons saisir les juridictions pour obliger la République à respecter la loi. Et merci de nous épargner des lois idiotes, inapplicables et décoratives : respecter celles qui existent suffit.

27Gogh_The%20Prison%20Courtyard.jpg

 

Commentaires

A ce sujet je recommande la trés bonne série tv US : " Oz "

Écrit par : Fran | 07/01/2009

Nous ,vivons a crédit depuis trop longtemps,donc bien au dessus de nos moyens Moralité des secteurs de vie sociale ont étaient abandonnés,dont les prisons

Écrit par : antimythe | 07/01/2009

la prison a toujour etait ca , a mon temp on etait une 10 a15 encellule , solidarite respec ca marcher tres bien ,pas de tele juste un poste radio quand tu pouver le cantine. costume gris pour les comdane, risque pas etre raqueter. est je peut pas tout dire il me faudre un ecrivain. quand on vol faut apprendre a vivre en prison je suit loin de faire la moral certe il a du boulot mes avec d ancien taulard . on verrait plus claire j ai 50 ans en 1975 la prison etait la prison on en fesait pas tout un plats apelon un chat un chat est tout irat pour le mieux.

Écrit par : creff | 07/01/2009

Je pense qu'une des difficultés de la prison vient du triple-rôle que certains souhaiteraient lui faire jouer. 1/ Punition pour la faute, 2/ Mise à l'écart de l'individu (pour ne plus nuire) et 3/ Dissuader les autres personnes de faire la même chose. Pour ma part, il me semble qu'elles ne devraient servir qu'au rôle 2, donc pour éviter que des criminels et violeurs (principalement) ne puisse directement nuire à autrui. La punition pour la faute devrait être plus adaptée à la faute comise: l'utilisation pour des utilités publiques qui ne peuvent pas de toutes façons être réalisés (faute de moyens ou de volontés) en serait une possibilité (ex: entretien d'espaces forestiers, ...). Enfin, la dissuasion ne peut se faire justement que si la peine est adaptée au larcin, et surtout si TOUTES les fautes sont considérées, y compris des enrichissements indus par exemple.

Écrit par : Liam | 07/01/2009

j'ai fais un ptit sejour a St paul...j'avoue qu'il faut etre fort mentalement et physiquement...
respecter les regles, apprendre une vie qu'on ne connait pas...moi je me suis fais discret.. sans me laisser plus ou moin intimider...et conserver une certaine solidarité...et surtout etre patient...

Écrit par : OCANA | 07/01/2009

N'y a-t-il pas des personnes aptes à apprendre les bases que sont l'écriture et les maths?
Sans posséder ces minimums,il est vain d'espérer un poste enviable et rémunérateur?
Parmi les visiteurs des prisons,n'y a-t-il pas des enseignants,à qui ferait plaisir d'apprendre aux autres les bases qui leur manquent,afin de pouvoir plus aisément se réinsérer.

Écrit par : Dorsi | 07/01/2009

Vous voulez dire que vous allez saisir la Cour europeene des droits de l homme ?

En tout cas il faut rappeler que le mandat du controleur est de lutter contre les traitements degradants, inhumains et la torture dans les lieux de privation de liberté, a la suite de la ratification par la France du protocole optionnel de la convention contre la torture.

La priorite n est peut etre pas au marche noir qui se deroule dans les promenades non?

Il a pas le depot du palais de justice de Paris ou l infirmerie psychiatrique de la police a Paris a visiter ? Si il n arrive pas a trouver l adresse, on peut lui donner ;)

Écrit par : Jean | 07/01/2009

c'st l'évidence quand on visite une prison on se demande comment peuve vivre des gens enfermés qu'ils soient punis pour les fautes ok mais que dejà leslieux sont propres c'esst un minimum et c'est loin d'être le cas et depuis des lustres on peut y aller daamin pour un accident grave involontaire, une contravention et on est avec des delinquants de haut niveau la personne fragile moralement et physique ne peut guère s'en sortir sans soutien familial et l'espoir de retrouver sa famille en sortant et un boulot c'est évident pourquoi tant de suicide de si jeunes gens si c'était vivable on fait une faute on paie sa dette ok mais pas en cellule avec 3 ou 4 pires et manque de propreté totale pas de wc digne de ce nom ni possibilité de bosser pour tout ceux qui le veulent

Écrit par : roussey | 07/01/2009

L'Observatoire International des Prisons

http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/societe/20090106.OBS8506/on_ne_doit_pas_risquer_sa_vie_en_prison_estime_loip.html

Écrit par : gilles devers | 08/01/2009

un ami a fait 22 mois de prison a villepinte et acquitté , il avait un bon comportement avec les surveillants et ça joue beaucoup dans l'enfermement , les gens de l'extérieur ne comprenne pas qu'en prison il y a peu de travail et vue la surpopulation le travail n'est pas pour tous ! il faut s'inscrire pour faire un stage d'entretien du jardin et qu'une fois pour laisser la place a tous et ça dure 15 jours , les soins il faut attendre 2 mois et écrire ! la télévision se paye 40 euros mensuel ! le détenu a aucun droit a des chaussures faut en faire la demande et défois refuser ! aucun réchaud il pourrait faire des plaques a infra rouge et pour laver le linge rien a la famille de le prendre et le ramener ! en tout cas le personnel de villepinte est bien la famille bien accueillie par les surveillants .

Écrit par : jacqueline | 08/01/2009

Pour éviter le caida en prison et surtout en cours de promenade ,il faut revenir aux cours camembert avec une quarentaine de detenus.De plus eviter de donner les commandes des prisons à des personnes venant de l'exterieur sans expérience du terrain. Avant le seul concours était celui de surveillant pénitentiaire qui gravissait tous les échelons par son travail,ilpouvait atteindre les sommet(Directeur régional).vous avez en detention des chefsde service sans aucune experience du terrain.Il faut revenir en arrière l'administration a commencé à le faire en séparant les prévenus des condamnés.En plus pour motiver le personnel s'il depassait la moyenne gènèrale il optenait deuxmois sur son échelon,il était toujours motiver.Pour les gradés il existait un tableau d'avancement qui permettait d'arriver à Directeur de prison.

Écrit par : nunez | 08/01/2009

Je crois que chaque commentaire ici ne répond pas à la problématique du danger des cours en prison et c'est là, en général, il me semble le problème de la prison.
la prison suscite beaucoup de débats parce qu'elle dérange l'opinion publique;
tout le monde s'accorde à la trouver parfaite pour des crimes odieux mais la critique pour de la délinquance "propre";
or, avant tout, la prison est un endroit privatif de liberté pour toute délinquance, c-ad-pour:
-la personne qui a commis un délit donc qui dit délit dit victime (=une personne ou la société)=>le détenu
-la personne en attente de jugement (pour sa sécurité ou pour celle des autres)=>le prévenu (considéré innocent jusqu'à la déliberation au jugement)
Dans les peines de moins d'un an, il est toujours recherché un aménagement de peine c'est à dire qu'elle permet à la personne de ne pas faire sa peine en étant incarcérée (bracelet, semi-liberté....)
Si des personnes sont incarcérées pour des petites peines de mois d'un an c'est qu'elles n'ont pas joué le jeu.
Donc jusque là, on est bien d'accord que la prison est une nécessité pour protéger la société
mais qu'elle accorde aussi des possibilités de se réinsérer (c'est à dire une seconde chance) à des personnes qui ont commis un délit et fait des victimes.

Maintenant, il est vrai qu'il y a d'autres problèmes: les lieux de détention et les personnels.
-les lieux sont très vétustes et ces dernières années, le gouvernnement a montré des efforts dans la réhabilitation et la construction mais c'est cher et c'est long et il est vrai que ce n'est pas forcément la priorité.
ce que l'on peut comprendre aussi : il y a des gens qui n'ont même pas un toit, qui n'ont pas commis de délit et qui ne sont pas aidé...chacun son tour!
-le gouvernement a aussi mis en place un recrutement important de surveillants ce qui effectivement pourrait permettre de renforcer un peu l'humanité (mais oui, il y a aussi de bons surveillants car derrière l'uniforme, il y a un homme...) et de garantir la sécurité dans les établissements et notamment dans les cours.
Par contre, le gouvernement n'a pas trouvé important d'augmenter les postes de conseillers d'insertion et de probation et donc, de mettre à mal, la phase sociale, socio-culturelle, travail sur le projet entrée, incarcération et sortie.....bon, soit....c'est vrai qu'ils ont une place bâtarde : ils sont entre le salaud de surveillant et le batard de juge donc en vrai : ils sont les gentils alors les détenus vont les utiliser pour leurs services mais vont pas faire de pub pour ne pas dire qu'on les aide et la plupart des surveillants les méprisent car ils ont l'impression qu'il n'y a que qui galèrent et qui travaillent....
Pour parfaire tout cela, il faudrait donc des lieux adéquates, un personnels suffisants, une paye acceptable et un esprit d'équipe...on pourrait ensuite en reparler....

Écrit par : kudzia | 08/01/2009

Je crois que chaque commentaire ici ne répond pas à la problématique du danger des cours en prison et c'est là, en général, il me semble le problème de la prison.
la prison suscite beaucoup de débats parce qu'elle dérange l'opinion publique;
tout le monde s'accorde à la trouver parfaite pour des crimes odieux mais la critique pour de la délinquance "propre";
or, avant tout, la prison est un endroit privatif de liberté pour toute délinquance, c-ad-pour:
-la personne qui a commis un délit donc qui dit délit dit victime (=une personne ou la société)=>le détenu
-la personne en attente de jugement (pour sa sécurité ou pour celle des autres)=>le prévenu (considéré innocent jusqu'à la déliberation au jugement)
Dans les peines de moins d'un an, il est toujours recherché un aménagement de peine c'est à dire qu'elle permet à la personne de ne pas faire sa peine en étant incarcérée (bracelet, semi-liberté....)
Si des personnes sont incarcérées pour des petites peines de mois d'un an c'est qu'elles n'ont pas joué le jeu.
Donc jusque là, on est bien d'accord que la prison est une nécessité pour protéger la société
mais qu'elle accorde aussi des possibilités de se réinsérer (c'est à dire une seconde chance) à des personnes qui ont commis un délit et fait des victimes.

Maintenant, il est vrai qu'il y a d'autres problèmes: les lieux de détention et les personnels.
-les lieux sont très vétustes et ces dernières années, le gouvernnement a montré des efforts dans la réhabilitation et la construction mais c'est cher et c'est long et il est vrai que ce n'est pas forcément la priorité.
ce que l'on peut comprendre aussi : il y a des gens qui n'ont même pas un toit, qui n'ont pas commis de délit et qui ne sont pas aidé...chacun son tour!
-le gouvernement a aussi mis en place un recrutement important de surveillants ce qui effectivement pourrait permettre de renforcer un peu l'humanité (mais oui, il y a aussi de bons surveillants car derrière l'uniforme, il y a un homme...) et de garantir la sécurité dans les établissements et notamment dans les cours.
Par contre, le gouvernement n'a pas trouvé important d'augmenter les postes de conseillers d'insertion et de probation et donc, de mettre à mal, la phase sociale, socio-culturelle, travail sur le projet entrée, incarcération et sortie.....bon, soit....c'est vrai qu'ils ont une place bâtarde : ils sont entre le salaud de surveillant et le batard de juge donc en vrai : ils sont les gentils alors les détenus vont les utiliser pour leurs services mais vont pas faire de pub pour ne pas dire qu'on les aide et la plupart des surveillants les méprisent car ils ont l'impression qu'il n'y a que qui galèrent et qui travaillent....
Pour parfaire tout cela, il faudrait donc des lieux adéquates, un personnels suffisants, une paye acceptable et un esprit d'équipe...on pourrait ensuite en reparler....

Écrit par : ninaka | 08/01/2009

@ninaka,

Je te suis gré d'avoir recadrer le débat, je comprend même chaque jour un peu plus que c'est une nécessité.

Toutefois permet-moi de rebondir sur quelques-uns de tes propos, car ils soulèvent également des problèmes sociaux, moraux, psychologiques et philosophiques importants.

Ainsi :

- La prison n'est pas l'endroit de la privation de liberté exclusivement. La prison doit également être l'endroit de la réinsertion du condamné. Que l'on observe les détenus ayant bénéficiés d'un suivi tout au long de la période d'enfermement, et ceux qui ont souffert d'une "sortie sèche". Le taux de récidive est incroyablement plus élevé chez la seconde catégorie de détenus.

- Le bracelet électronique est selon moi une fausse solution de réinsertion. Ce moyen pose en outre un problème psychologique majeur. Effectivement, avec un bracelet eléctronique un condamné peut exécuté la peine chez soi, sous condition de ne pas franchir la porte d'entrée, voire la fenêtre pour se rendre à l'extérieur.

Imaginez-donc la tentation, la pression psychologique qui se crée pour le condamné ( cf phénoménologie des sentiments, voire Sartre ou Husserl par exemple ).

Il est par évidence plus commode pour un détenu de se déchaîner contre une porte en fer que de résister pour ouvrir une clanche.

Eh oui, c'est plus facile de pouvoir se révolter contre une chose ou une autorité. D'ailleurs, lorsque le bracelet leur est proposé, certains condamnés refusent ce moyen parce qu'avec le bracelet ils se souviennent avoir vécu un moment pire que la prison.

- Qu'on le veuille ou non, le réaménagment et la réforme des prisons est une nécissité. Dire qu'il y a des pauvres gens qui n'ont même pas de toit sur la tête est un raccourci trop facile.
Parce que les détenus ont commis des infractions, qu'ils constituent la lie de la société, ils mériteraient le traitement dont ils souffrent. Eh bien je dis non pour trois raisons.

La première c'est qu'il ne sied pas à la société de décider lequel entre deux individus devra croupir sans aucune autre considération. Les sans-abris comme les condamnés sont des hommes et citoyens à part entière, c'est tentant mais ne les opposons-pas.

La deuxième ; cela montrerait, de manière certes infime dans notre cas, que notre société cède de plus en plus au principe de vengeance au détriment du Droit. Ce n'est même plus "oeil pour oeil, dent pour dent" c'est "tu as commis une infraction alors ne te plains pas". Entre la vengeance et le droit, j'aime encore mieux le droit. C'est pour cela, la lecture de L'Esprit des Lois devrait être une obligatoire dans les Facultés de Droit.

La troisième ; les établissements pénitentiaires constituent un service public rattaché au Ministère de la Justice au profit d'usagers tels que nous. Je dirais même plus, nous sommes tous des usagers du service public pénitentiaire en puissance. Or, un usager a le droit de se "plaindre" d'un service qui ne remplirait pas les objectis qu'il s'est assigné.

Dans l'ensemble, je trouve que notre Droit pénal traverse une période obscure de son existence. Mais ceci n'est qu'un avis... Revenons-en à nos moutons : Les dangers des cours de prison.

Écrit par : Long John Silver | 09/01/2009

Moi j'ai une solution, lorsqu'un type est condamné pour avoir volé, on lui tapote la main, s'il a agressé, on lui met une claque, s'il a violé, on lui tape les fesses, et s'il a tué, on le prive de steack pendant une semaine...Je sais, c'est dur, mais au moins je vide les prisons. Bon je risque d'encourager des réglements de comptes style far-west, mais bon on punit ceux qui l'ont tué au sortir du tribunal, en les privant de steack.Et ainsi de suite.
Je suis dispo pour rédiger le projet de loi.

Écrit par : Malko | 09/01/2009

long john silver,

Il y aurait tant à dire....
je n'ai pas reproduit ici une longue étude de ce qui est fait en prison mais sache que bien évidemment, elle est aussi un lieu de réinsertion.
Toutefois, pour les condamnés qui le veulent avant tout (et oui, il y en a bcp qui ne veulent pas et qui se cachent derrière le "rien n'est fait") et pour les établissements qui le peuvent : moyens matériels et du personnel (revoilou le manque de CIP).
on est bien d'accord qu'il ya une différence selon les établissements (plus ou moins garnis) mais le travail de réinsertion existe partout même s'il est encore bcp trop déficitaire...à mon goût...apparement ça coûte encore trop cher et ce n'est pas la priorité gouvernementale même si on peut tout de même se féliciter des derniers petits efforts....

ça répond aussi à ses fameuses sorties sèches.Je te rappelle que l'une des missions du jap et des CIp est d'éviter la récidive.... ce n'est jamais une volonté du JAP, des établissements ou des CIP de ne pas ou peu travailler les sorties mais cela reste toujours liées à des difficultés d'ordre matérielles ou de personnel. Il n'est pas plaisant pour tous ces travailleurs de voir qu'une personne récidive et qu'ils n'ont pas pu (et non su )éviter cela....

concernant le bracelet, il ne s'effectue que sur des fins de peine voir courtes peine (moins d'un an) alors je suis entièrement d'accord ce n'est pas évident à vivre mais qu'est ce qu'on fait ?on les laisse en détention....
En aménagement de peine c'est toujours ce que les gens demandent en priorité: un bracelet pour être chez eux!
Il leur ait expliqué que c'est une mesure difficile mais bon, la LC augmente le suivi et la SL les oblige à rentrer en détention le soir ou seulement le W.E pour certains mais c'est toujours trop alors qu'est ce qu'on fait?
De plus, il y a souvent un emploi, une formation....ou autre sortie (noel, nouvel an , paques, l'aïd, recherches d'emploi, medecin...)les personnes ne sont pas uniquement à la maison, ils sortent mais...c'est geéré...bon, il faut bien que ça ait un sens "punitif" tout de même sinon je vois pas trop l'utilité....
il faut aussi que les gens y mettent un peu du leur...on ne peut pas tout avoir...c'est pas super, je te l'accorde mais il ne faut pas trop exagéré quand même!
Les seuls qui, à mon avis, pouraient s'en plaindre se sont les CJ+ bracelet dont la mesure en bracelet est parfois bcp trop longue mais là, c'est lié à l'instruction dont les enquêtes sont elles aussi bcp trop longues.
cela reste une minorité de cas mais un cas de trop quand même!

concernant le raccourci SDF-condamné c'est vrai, je l'avoue, c'était peut-être un commentaire de comptoir mais je ne respecte que trop les droits de l'homme et je n'ai pas voulu mettre qui que ce soit sur une échelle de valeur en tant qu'être humain mais simplement en tant qu'homme vivant en société...il faut quand même payer son délit mais je suis tout à fait d'accord avec toi dans des conditions humaines respectables.

Concernant le service public, j'admets qu'on a le droit de s'en plaindre qu'il est loin d'être parfait mais j'aimerai que les personnes qui en bénéficient (malheureusement) passent autant de temps à analyser leur délit et le sens de leur peine qu'ils passent à s'en plaindre peut-être on pourra commencer à travailler ensemble....

Écrit par : ninaka | 10/01/2009

La réalité est simple.... La prison, c'est le fond du trou de balle d'un pays. L'état de ses prisons révèle avec la plus extrême crudité l'état réel de sa société, bien au-delà de la langue de bois des médias.
L'observatoire international des prisons place la France dans le peloton de tête du grand confort en la matière en Europe avec la Grèce, la Turquie et la Belgique! (où l'établissement de Lantin par exemple connaît des "habitudes" régulièrement révélées par la presse... C'est Indicibles)

Les "résidents" des prisons sont ceux qui "ont failli", d'une façon ou d'une autre.
Ils ont "pêché" et se sont fait chopper, ce qui transforme n'importe quel criminel en victime à son tour.
Pour moi qui suis un peu sévère, je n'ai pas trop d'états d'âme Sauf que...
Rien n'est simple dans la vie!
- Un certain nombre des "résidents" ne méritent pas l'enfermement, qu'ils y soient par erreur judiciaire ou par excès de justice.
Ces cas sont "un peu" nombreux pour un pays qui se dit civilisé et dont les notables font régulièrement le tour du Monde pour donner des leçons...
- Et un certain nombre d'individus tiennent le haut du pavé mais devraient s'y trouver, ou n'y sont pas encore. Par exemple, l'individu qui a été reçu ce matin par France Inter à 08h20 ou le politocard du PS Julien Dray, pour ne citer que ceux-là.

Les résidents des prisons bénéficient d'une "considération" terrible, de la part de leurs concitoyens.
Ainsi, il ne faut pas trop s'étonner que dans un pays qui n'est pas même capable de maintenir "en l'état" correct les services publics élémentaires des citoyens libres, les prisons:
On ne leur laisse que "les restes"! (et il ne reste plus grand-chose...)

2 Remarques s'imposent "en passant", à propos de la justice Américaine dont on sait ici aussi, qu'elle n'est pas parfaite:
- Là-bas, les patrons voyous, quand on les choppe, c'est la prison, et pour longtemps!
- Ici dans notre république bananière, pour les médecins marrons, les patrons voyous etc...
Même en ayant provoqué des dizaines de morts terribles, ils sont condamnés à qlq mois de "prison avec sursit", c.à.d. presque rien, ou même, ils sont relaxés!

D'autre part à quoi ça sert vraiment la prison?
Faire souffrir les coupables ou supposés tels, ça ne fait pas revenir les victimes, ne soigne pas leurs traumatismes et cela répare encore plus rarement les faits les plus douloureux... Hélas.
Il faut à mon sens d'abord se satisfaire de "l'éloignement" des personnes dangereuses, sans émotion.

Pourquoi maintenir les prisons dans un état aussi lamentable? A terme, presque tous les "résidents" sortent tôt ou tard!
Plus ils sont mal traités, plus "ça va mal" et ça coûte cher à la sortie...
(bon sens le plus élémentaire n'est-ce pas?)
Est-ce réellement faire des économie que maintenir ce scandale?
(libérer des fauves sans s'en occuper, c'est intelligent...)
D'expérience, dans tous les domaines, les économies de bouts de chandelles et de fonctionnement sont régulièrement conclues par des désastres financiers ou autres.
J'ai parfois rêvé (comme Luther King, mais une chose encore plus irréaliste):
Qu'on arrête ces conneries! Et ça, je crois que C pas Rachida et Nicolas qui vont nous le cuisiner...

Bien navicalement / Met vriendelijke groeten
Thierry Bressol OR1
- Le matelot blogueur, ex-ingénieur radio et ancien officier de la marine marchande
http://souvenirs-de-mer.blogdns.net/spip.php?article291
http://souvenirs-de-mer.blogdns.net/spip.php?article258
http://marine-inconnue.blogspot.com/2008/09/contenu-de-marine-inconnue.html

Écrit par : Thierry BRESSOL | 15/01/2009

Écrire un commentaire

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu