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Un homme de 85 ans placé en détention ?

070530mains-vieux-proche_g.jpgBrutalité des faits. Un homme de 85 ans, Robert, a tué par balle son épouse, elle-même octogénaire, 83 ans, Suzanne. Tous deux étaient liés par le grand des amours. « C'était un couple très uni et très apprécié. Leurs proches, qui les surnommaient ‘les inséparables’, avaient connaissance de leurs difficultés mais ne se doutaient pas de l'ampleur », a témoigné le vice-procureur de la République de Castres.

 

Suzanne était atteinte depuis des années par les maladies d’Alzheimer et de Parkinson, et son état empirait inexorablement. Le couple avait le choix de maintenir la vie à la maison, et tous deux n’étaient pas isolés. Leur fille, âgée de 61 ans, vivait à proximité. Le médecin n’était pas loin, et les services sociaux apportaient toute leur aide, notamment avec deux auxiliaires de vie, une femme de ménage, et le portage des repas.

 

Robert et Suzanne, qui avaient tant vécu de choses, tant aimé la vie, voulaient que tout continue tant que c’était supportable, puis, mettre fin à l’histoire quand ce ne serait plus possible, et partir ensemble.solitude.jpg

 

Robert avait gardé à la maison un vieux pistolet semi-automatique, datant vraisemblablement de la guerre 14-18. Tout a été préparé pour lundi. La journée passée, Robert a écrit deux lettres, l’une pour leur fille, l’autre pour la police, expliquant que la maladie était trop forte, et que tout ceci n’avait plus de sens. Vers 21 heures, Robert a abattu Suzanne, de deux balles tirées à bout portant, puis, semble-t-il l’arme s’est enrayée. Robert, bouleversé, a appelé la police, tout en disant qu’il voulait se suicider. Le dialogue s’est engagé, et les secours ont pu arriver à temps.

 

Robert a été placé en garde-à-vue – quarante-huit heures – et conduit chez un juge d’instruction de Toulouse, pour être mis en examen pour assassinat : meurtre avec préméditation, un qualification incontestable. Et il sera difficile d’échapper à une condamnation pénale.

 

Visant la gravité des faits et le trouble à l’ordre public, le parquet avait requis un mandat de dépôt, mais le juge de la liberté et de la détention (JLD) en a décidé autrement, ordonnant un placement sous contrôle judiciaire avec obligation de pointage et interdiction de quitter le département.

 

Le parquet a fait appel.

 

Robert placé sous mandat de dépôt ? 

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Commentaires

  • Dans la maladie d'Alzheimer il y a des moments très durs pour la personne affectée et pour l'entourage. Et l'issue est forcément fatale.
    C'est obligé qu'à un moment où à un autre, on se pose la question quand on est très proche de la victime de la maladie, comme c'est dans la situation évoquée.
    La question est : à quoi ça sert de laisser souffrir sans espoir.
    Et donner la mort peut apparaître comme la chose à faire, la plus compassionnelle, en son âme et conscience.
    Socialement, juridiquement je comprends que le débat soit difficile et complexe. Et il ne peut y avoir que du cas par cas. Pour Robert, et pour la société au sein de laquelle il vit, la prison n'a bien sur aucun sens.

    Aux Pays Bas, la législation est assez ouverte sur le décès assisté; dans ce cas, je ne sais pas si leur procédure aurait fonctionné. Mais les lois ici sont inadéquates, à peine mieux qu'en Italie.
    Pourquoi ? Influence religieuse ou précautions contre de possibles abus ?
    Le parquet ici se comporte comme attendu, mécaniquement, sans humanité.

  • La garde à vue peut avoir un sens dans ce cas : protéger cet homme contre lui-même. On a pas fini de voir de tels cas, dans une société dont le progrès médical amène de telles situations : vivre vieux, mais dans quel état ?

  • C'est une tres belle histoire d'amour ,la justice aura a se prononcer peut-etre ...si Robert ne decide pas de rejoindre Suzanne ,un amour comme celui qui unissait ses deux etres ne peut en laisser un sur le bord de la route!j'ai vu un couple (dans l'exercice de ma profession) comme Robert et Suzanne et lorsque un s'en est allé(cancer ) l'autre n'avait qu'une obssession rejoindre son mari,elle est morte de chagrin au bout de deux mois...là c'est la maladie qui les avaient separées,alors imaginez l'etat d'esprit de Robert qui lui a porté le coup fatal et qui n'a pas tenu la promesse faite a sa Suzanne de l'accompagner pour le dernier voyage.
    S'il devait malgré tout comparaitre j'espere que le jugement rendu sera un peu "Humain"!

  • Encore une belle histoire à l'eau de rose excusant cette fois-ci le soulagement de l'épouse par balles.

  • Je suis attristé de lire cette histoire.

  • Aurons nous un jour le courage de dépénaliser l'euthanasie et éviter ce genre de drame ?
    Pourquoi,sommes nous aussi en retard sur ce sujet ?

  • "Excusant..."

    Non, le texte n'excuse rien du tout. Je dis que la qualification d'assassinat ne fait pas de doute, et qu'il sera difficle d'échapper à une condamnation.

    Le problème c'est
    - un histoire, qui conduit à réfléchir
    - la question de la prison dans une telle affaire.

    Un homme de 85 ans condamné pour assassiant de son épouse: inéluctable, et inidspensable

    Un homme de 85 placé en détention provisoire: c'est une autre question. ET c'est la question qu'aura à trancher prochainement la Chambre d'instruction de la cour d'appel de Toulouse, car il y a eu appel du parquet sur la remise en liberté.

  • Mathaf Effectivement un mandat de dépôt aurait pu le protéger contre lui même ! Il a encore de belles années à vivre ? il parait qu' internet fait vivre vieux ou du moins pourrait retarder Alzeimer , tout autre activité intellectuelle également !
    Mon grand père est mort étouffé en mangeant je ne sais quoi!....à 98 ans ! normalement il aurait pu vivre jusqu'à 115 ans comme sa mère ! ses neurones marchaient bien ! Il était veuf depuis l'age de 50 ans !

    Robert voulait il mettre fin à ses jours sur le coup du chagrin ? mais demain ? il lui reste peut être 10 , 15 ou 20ans à vivre auprès de ses enfants et petits enfants ?

  • C'Est Une Histoire Vraiment Malheureuse, Et Complexe A Plusieurs Niveau...

    La Question Que Je Me Pose C'Est, Est-Ce Que Ce Genre De Chose Aurait Pu Avoir Lieu Si L'Euthanasie Active Avait Etait Légale ?

    Il Serait Grand Temps, Je Pense, Que La France Prenne Exemple Sur La Belgique Où Les Pays-Bas...

  • Apparemment certains étaient des proches de la famille pour savoir que madame souhaitait mourir.

  • La logique juridique est inéluctable. C'est un fait intangible.
    Le droit à la Mort n'existe pas - & - Il n'est pas possible de légiférer intelligemment.
    Notre société justiciée est-elle immature ? Ce n’est pas certain.

    Il reste que le verdict est rendu par des êtres humains
    qui eux aussi seront face à la mort... ou qui l'auront été...
    Et peut-être faudrait-il donc qu'il soit prévu ‘statutairement’ dans ces cas que le juge,
    comme un analyste qui doit avoir fait sa propre analyse,
    ait été confronté au dilemme du choix entre 'la vie ou la mort'...
    autrement que virtuellement et introspectivement...

    Ma grand-mère a été atteinte par la même maladie et est décédée en 1976.
    J'en connais donc bien les ravages ...
    et même anciens, les souvenirs restent toujours vifs.
    Je crois comprendre, avec amour, les raisons et les éléments moteurs
    qui ont décidé Robert à passer à l'acte.

    Je ne peux que continuer de penser
    qu'il vaut toujours mieux avoir du bon matériel...

  • Mandat de dépôt pour éviter qu'il ne se suicide.

    En tant que simple lecteur, on peut débattre à l'infini du sens de sa vie après la mort de sa femme, mais quand quelqu'un est sain d'esprit (ce que je présume in concreto) notre humanité ne nous oblige-t-elle pas à tout faire pour éviter une telle décision??

    PS: jsuis pas catho

  • C'est un pari.

    Il y a sept fois plus de suicides en prison que dans la vie réelle.

    POur ma part, je pense qu'il peut y avoir condamnation pénale, et sans tarder SVP, mais qu'il n'est pas nécessaire de prononcer de la prison ferme.

  • A y réfléchir, un internement en HP serait approprié. Il ne serait pas seul, recevrait des soins, et commencerait une thérapie en attendant son procès.

  • Ben oui...
    Un évènement terrible, qui risque de se renouveler à l'avenir. Les progrès de la médecine, de fait ne sont pas un réel progrès pour tout le monde.... Tout a déjà été dit sur le sujet.
    (j'ai souvent été choqué par l'obsession anti-suicide de la société en général, quand un problème n'a pas de solution...)
    - Un histoire, qui conduit à réfléchir sur le rôle de la prison, à commencer pour ce genre de cas.
    En effet, il ne va probablement pas être dangereux pour les "matons", le personnel pénitentiaire, les codétenus et... Encore moins pour la population à l'extérieur.
    - La stricte réponse juridique pour ce cas ben oui, c'est la Cour d'Assises et la prison, mais à quoi ça sert à 85 ans, pour quelqu'un qui de toutes façons, ne tuera personne d'autre?

    Et... Il "s'évadera" d'ici pas très longtemps pour la rejoindre...

    Met vriendelijke groeten / Bien amicalement & navicalement
    Thierry Bressol OR1
    - Le matelot blogueur, ex-ingénieur radio et Consultant Telecom et ancien officier de la marine marchande

  • les juges ne sont formes que par des hommes

  • On sait bien que ce genre d'affaires se termine par une condamnation à une peine de principe aux assises, c'est quasiment une jurisprudence. Il faut entendre les témoignages de parents qui sont laissés seuls à prendre soin de handicappés lourds, passé un certain âge ce n'est plus soutenable. Il faut regarder la détresse des proches et du malade lui-même devant la décrépitude mentale et physique. La détention préventive n'est pas la solution dans ce cas, le parquet est rayé.

  • Mandat de dépot ou pas? Le condamner ou pas? Prison ferme ou pas?

    Quel importance pour cet homme? Sa décision était arrêtée : mourir avec la femme qu'il aime.

    Quoi qu'il soit décidé le concernant, il s'est déjà condamné. Consciemment et librement. Je ne peux que lui souhaiter de réussir ce qu'il veut faire pour lui-même, quoi qu'il veuille faire, peu importe ce qu'autrui veut pour lui.

  • Oui mais souvent après un échec de suicide , on regrette ! et on voit la vie d'une autre façon ?

  • Il serait plus jeune peut-etre...

  • En fait il y a au moins 2 circonstances où il est permis de tuer autrui :
    en cas de guerre, en cas de légitime défense.
    Pourquoi ne pas ajouter par amour à cette liste ?

  • C'est une affaire privée, pourquoi vouloir engorger la justice avec ce type de question alors que la plupart des malfrats passent à coté. Le choix de l'arme n'était certes pas des plus inspiré. Un escalier bien raide ?

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