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Une grande réussite du bébé-médicament

fiv2.jpgAndrès, aujourd’hui âgé de 7 ans, était atteint d’une redoutable forme d’anémie : une bêta-thalassémie majeure, la forme la plus grave de cette anémie génétique due à une anomalie des gènes de l'hémoglobine. Un petit garçon destiné à recevoir des transfusions la vie durant, et une vie pleine de périls. Aujourd’hui, Andrès est guéri. Son médicament ? Un petit frère, Javier, né en octobre 2008, à l'hôpital Virgen del Rocio de Séville. Une première médicale en Espagne.

Toute une aventure pour Javier. Car ce n’était pas n’importe quel enfant du couple qui pouvait  sauver le grand frère. Il fallait être sûr que cet enfant soit compatible avec ce dessein thérapeutique.

La manip’ salvatrice, c’est un prélèvement sur le sang du cordon ombilical du nouveau-né, qui est greffé à son frère, pour que ces cellules saines colonisent la moelle osseuse du frère malade et lui permettent à son tour de fabriquer des globules rouges sains. Ce sont les fameuses « cellules souches », contenues dans le cordon ombilical, qui sont les bases de la fabrique du sang. Rien d’évident, mais beaucoup d’espoir dans ces progrès humains.

Tout commence par une fécondation in vitro (FIV) : stimulation hormonale, prélèvement d’ovules de la mère, fécondation par le espoir.jpgsperme du père dans un laboratoire. S’ouvre alors la phase la plus délicate, scientifiquement et juridiquement : le diagnostic pré-implantatoire : observation des embryons, et tests pour choisir les plus aptes.

En France, cette technique est légale depuis la loi de bioéthique d’août 2004, et repose sur une étroite collaboration entre les parents, les médecins d’une équipe spécialisée, et l’Agence de biomédecine qui est chargée de délivrer les autorisations au cas par cas.

Ce qui pose aussi le devenir des embryons non sélectionnés. D’après la loi, il revient aux parents de décider de leur sort, en concertation avec les médecins du centre de procréation médicale : destruction, congélation pour une éventuelle utilisation future ou don à la recherche scientifique.

Après la naissance, les médecins de Séville ont attendu quelques mois, et le 23 janvier a été effectuée la transplantation, appelée transplantation médullaire, avec des chances de succès estimées entre 70% et 90%.

Hier, l’équipe médicale a crié victoire. La greffe a été une réussite, et Andrès vient désormais à l’hôpital comme simple visiteur.

Enthousiasmant, mais pas simple. Rein à voir avec le clonage, certes, mais les questions sont complexes.

Scientifiquement la technique offre de magnifiques perspectives, mais la réussite n’est pas assurée. Sur un plan éthique, la sélection des « bons » embryons, et le rejet des autres n’est pas rien : la loi donne un cadre, et acceptant de briser le tabou de la « destruction des embryons ». Humainement, de grands enjeux attendent les parents, car il faudra assumer le fait que le petit frère est né avec une mission bien précise, et qu'en incluant cette donnée fondatrice, il reste à créer une vie d’enfant, insouciante, joyeuse et curieuse de tout.

Naissance du désir - Raphaëlle Giordano

Commentaires

  • Jolie illustration pédagogique :"les ovules mis en présence des spermatozoïdes", on leur passe un slow ? Belle victoire médicale.

  • Là est un des sujets les plus complexes de la biologie, mais aussi du Droit...
    Il oblige le législateur à tout "reconsidérer", pièce par pièce.

    Ce qui m'étonne toujours avec le clonage, c'est la collection de fantasmes colportés autour de ça.
    Là aussi, comme pour les OGM, faut avoir fait un peu de biologie cellulaire et de génétique au moins au bac D, comme "fran" et moi.
    C'est pas si simple, et c'est hélas un peu insuffisant.
    Il a été oublié (ou pas du tout compris) que la fameuse "copie conforme" en réalité ne l'est pas, et ne PEUT PAS l'être:
    En effet par exemple, pour la fameuse brebis Dolly, les vaches ou les chats (car "ça marche" bien aussi avec les chats), il a aussi été constaté (ça n'a pas surpris du tout les scientifiques) que leurs taches de couleurs sur la fourrure ne sont jamais les mêmes sur la "copie"!
    Donc, l'être vivant, à commencer par le bipède mammifère omnivore sapiens et constructeurs d'engins de morts ou de vie parfois très bête et méchant, il n'est pas "reproductible" à l'identique et encore moins immortel...
    C'est dire que lorsque ça arrivera avec l'un(e) d'entre nous, il y aura fatalement un étrange "air de famille", mais ce ne sera pas une bonne copie. Car c'est tout bonnement impossible.
    Et c'est peut-être très bien comme ça...
    Article sur-intéressant.

  • salut je veux savoire le principe de technique ARMS-PCR

Les commentaires sont fermés.

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