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Zevs risque la prison

zevs_chanel.jpgSi le nom de Zevs vous est inconnu, ses oeuvres ont sûrement attiré votre regard un jour ou l’autre. Les logos des grandes marques qui dégoulinent, c’est lui. Les plus belles affiches magnifiquement détournées, avec la beauté qui se lézarde ou la vedette agrémentée d’une blessure sanguignolante, c’est lui aussi. Artiste urbain, génie du graffiti, et provocateur déluré.

Un petit délire sur le vrai délire des marques, une pub si lissée qui devient destroy, un mur de la rue transformée en expo,… et un effet remarquable, au point que l’artiste de la rue se retrouve avec de vraies expositions intra-muros. Tant mieux pour lui. Celle du moment se tenait à Hong-Kong, à la Art Statement Gallery.

Le problème est qu’à Hong-Kong, la créativité lui est remontée à la tête. Dans le quartier chic, Zevs trouve face à face les deux boutiques Chanel et Armani. « Ayant trouvé ces deux géants face à face, j’ai décidé de souligner la guerre des marques en liquidant Chanel sur Armani ».

Ce 12 juillet, Zevs se bricole une magnifique reproduction du logo Chanel, va l’installer sur le mur de la boutique Armani, et fait ruisseler une belle gouache noire. Effet réussi : voici Chanel qui coule comme une camembert en surchauffe au soleil de l’Orient.

Pour le vernissage de cette peu orthodoxe expo, rendez-vous… au commissariat. L’artiste sur son échelle, avec ses pots de peinture, ce n’était pas fait pour passer inaperçu. Dégradation de bien immobilier ? Mais non ! Juste une œuvre, et éphémère : tout est fait à la gouache. Un coup  jet d’eau et le blasphème disparaîtra.

En fait, pas si simple, et même compliqué, car le mur de la boutique est fait d’une pierre calcaire, laquelle s’est abreuvée de la peinture, et a tout avalé. Le nettoyage n’est pas impossible, mais nécessite d’avoir recours à de savants procédés chimiques. Des travaux qu’Armani a estimé à 700 000 euros !

Et Zevs se retrouve au tribunal pour dégradation immobilière. Une connerie n’allant jamais seule, il plaide coupable, renonçant à expliquer les beautés du graffiti dans une ville qui n’en goûte guère. Le problème est qu’un coupable, ça se condamne... L’affaire revient ce jeudi 14 août à l’audience. Plus que trois jours pour faire revenir le mur impec, sinon Zevs risque la prison.

Je ne doute pas que celui a tant fait pour nous ouvrir les yeux sur l’art dans la ville aurait des idées sur l’art en prison. Oui, mais comme simple visiteur, ça irait aussi bien. Avec tout de même, ce détail important : Zevs pourrait y aller franco, car il est rare les murs de prison soient en pierre poreuse…

lv-zevs.jpg

Commentaires

  • il en faut peu pour se retrouver en prison de nos jours !

  • l'article du quotidien du peuple

    http://french.peopledaily.com.cn/Culture/6720525.html

  • Qu'on laisse tranquille Orelsan

    http://www.youtube.com/watch?v=GyqIdpK_dc4

  • Chanel a-t-il apprécié la "liquidation"?

  • Et Karl ? Il en pense quoi, l'artiste ?

  • N'empêche le graff a été un facteur de paix sociale dans les quartiers. Comme le HIP HOP en général.

    Aux States, ce fut même pendant un temps un moyen de trêve entre les gangs. Au lieu de se battre à base de coups de poings ressorts, ils se défiaient en dansant. Ce mode de combat a ressurgi ces dernières années, alors qu'on le croyait évanoui depuis la fin des années 80. Maintenant il y a le gang des clowns qui cartonnent en crumps (nouveau style de danse), et qui on délaissé les flingues.

    La mode a été exportée en France, et dans les années 80 dans mon quartier, et entre les quartiers, il y avait beaucoup de battles de danse organisés. Les soucis, les péripéties et la violence étaient contenus par ce moyen d'expression corporelle. Je vous dit ça à travers le témoignage de mes grands frères, moi je suis de 87, c'était encore la mode dans les années 90 mais l'âme n'était plus là.

    Et puis souvenez-vous de Sydney : H.I.P H.O.P, si tu veux danser, allumes ta télé. Les Bambaataa Afrika et la Zulu Nation. Souvenez-vous des DJs comme Grandmaster Flash et Herbie Hancock.

    Ca dansait partout, du quartier nord de Marseille au Port du Havre, dans le métro, pendant les embouteillages, pendant un feu rouge même. des gars qui maitrisaient la chose comme des bêtes. Un gars dansait dans la rue, au bout de dix minutes 100 personnes étaient autour de lui.

    Nous on a quand même réussi à ramener poppin taco (l'entraineur de Mickael Jackson), de grands danseurs du Bronx, des funkies de Chicago, histoire de faire revivre le smurf, le popping, le breakdance et le boogaloo, mais l'âme n'y est plus.

    Allez, pour la fièvre du samedi soir lol :

    http://www.youtube.com/watch?v=pspmBbbOHh8&NR=1&feature=fvwp

    Pour retourner aux sources, sur un son de Herbie Hancock :

    http://www.youtube.com/watch?v=9mwvQrtKeEQ

  • @Long John Silver

    Mais bien sur, et vive la "richesse" de la "culture" du ghetto ouaiche ouaiche mec..

    Le foutre en prison pour un mur sali c'est pas sympa mais j'avous que ça me plaît quand même de le voir sanctionné, les graffitis, c'est vraiment moche.

  • @coolguy,

    Si pour toi la culture ghetto se limite à "ouech ouech" ou "yo yo", je t'invite à revoir très sérieusement ton jugement.

    Je t'invite également à considérer les sources de la culture ghetto ; des chants de coton cultivés par les esclaves afro-américains jusque maintenant.

    Le graffiti est de l'art, c'est un art du quotidien. Elle égaye la tristesse du quotidien. Du gris on passe au multicolore. C'est vraiment beau à voir, voir ce qu'un homme peut faire d'un pauvre mur gris qui ne sert à rien si ce n'est à ce que les chiens et les hommes urinent dessus.

    Ensuite il y a une distinction entre le graff et le tag. Le tag a comme vocation de détériorer les choses, c'est une révolte de vandale. Le graff a vocation d'embellir les choses, c'est une révolte dans laquelle on entrevoit l'espoir.

    D'ailleurs, la profession de certains taggeurs est de bousiller le travail de grands graffeurs.

    Bon moi je préfère le Breakdance et le funk en général, mais c'est personnel, car dans ma famille certains ont contribué à importer le smurf en France.

    Un site où l'on voit de bons graffs :

    http://www.snakegraffiti.com/home.html

    Une vidéo qui te propose de balayer devant ta porte de bien-pensant :

    http://video.google.fr/videosearch?q=boogaloo+shrimp&hl=fr&emb=0#

  • En fait le second lien c'est celui-là, il a un balais magique tu verras :

    http://www.dailymotion.com/video/x1y3qq_boogaloo-shrimp-in-the-film-breakin_music

  • Rien à faire de ta pseudo culture de banlieusard, ton monde musicale à lui seul est anti-culturel. Et tas même l'audace de justifier l'existence de ta " musique " en tirant la petite larme des esclaves dans les chants de coton. Rassures toi tes "références" musicales n'ont rien à voir avec ce que ces pauvres hommes d'autres fois pouvaient créer dans leur labeur.

    "dans ma famille certains ont contribué à importer le smurf en France." Oh voyons j'en suis très impressionné

    Puisque t'aimes autant les vidéos jsuis sur que t'adoreras celle-là
    http://www.dailymotion.com/video/x8xcd7_eric-zemmour-parle-du-rap-francaisa_music

    yo yo mon frère

  • @coolguy,

    Un Guy pas très cool on dirait. Non non, ma culture est infiniment plus diverse que tu le crois. Je te prie de ne pas sombrer dans de vulgaires préjugés, cet affublement ne me parait guère accommodant pour un bien-pensant...

    En tout cas je suis enclin à la discussion, sur quel sujet de la "culture de rue" souhaites-tu t'entretenir avec moi ?

    "Et tas même l'audace de justifier l'existence de ta " musique " en tirant la petite larme des esclaves dans les chants de coton. Rassures toi tes "références" musicales n'ont rien à voir avec ce que ces pauvres hommes d'autres fois pouvaient créer dans leur labeur"(tu me cites) :

    Au passage, je vois que tu as reproduit une faute d'orthographe que j'ai commise sur "chants" de coton. Je voulais dire "champs" de coton, assurément. Simple coquille que tu n'as pas pensé rectifier... Mes excuses de pirates, très cher.

    Ensuite je t'assure que le rap tire ses origines de ces champs-là, regarde un peu le style et les revendications de la Bambaataa Afrika, de la Zulu Nation, de divers groupe tels que les Black Panthers, de leurs revendications politiques et sociales. Tout est imbriqué, du saxophone à la basse, de la coupe afro au levé de poing.

    Enfin, pourquoi suggères-tu que je fasse tirer la larme ? C'est avoir l'esprit mal placé que de penser cela de premier abord. Non non, le pseudo-humanisme à deux balles ne m'atteint pas. Je te conseille la lecture et la méditation de l'œuvre de Lévi Strauss (une institution à lui seul) peut-être ensuite sauras-tu mieux de quoi je parle.

    Quant à Zemmour, que j'apprécie aussi au passage, sauf quand il fait la promotion de ses origines banlieusardes, et sauf lorsqu'il se montre aussi simpliste et idiot que dans ce cas, je ne pense pas que tu aies compris ce qu'il a voulu entendre par là.

    Je t'explique, d'après ce que, à mon sens, j'ai compris : Il dénonce le rap en se plaçant dans une idéologie bien précise qu'a fait ressurgir la montée de l'égalitarisme et du pseudo-relativisme : Zemmour a tenté de renouer avec la culture grecque, selon laquelle "tout ne se vaut pas" (il le dit lui-même). Chaque culture a certes ses valeurs qui lui sont propres, et les penseurs grecs se sentaient en droit de les hiérarchiser, quand bien même ils les étudiaient toutes profondément.

    Simplement Zemmour , qui a cru renouer avec cette haute culture, est tombé dans un préjugé ridicule ; du pseudo-relativisme on tombe dans le catégorique. Il n'a fait preuve d'aucune nuance qu'impose pourtant sa stature intellectuelle.

    Et pourtant, des nuances doivent être faites, comme les ont faites les grecs desquels il s'inspire (pour un exemple va lire Hérodote). Que Rimbaud n'ait rien à voir avec abd Al Malik c'est sûr, mais ces deux-là ne se situent ni dans la même époque, ni dans le même style, ni dans le même contexte en général. Dans ce cas, nul écrivain qui ait gagné le prix Goncourt (concours de merde) ne vaut Rimbaud. Si tu les compares à Rimbaud, fous les Houellebecq et le Clezio à la poubelle (nonobstant yves Bonnefoy). A chaque époque son artiste.

    ensuite il y a des nuances entre Rim-K, rappeur médiocre, mais très sympathique au passage, et Iam (encore plus sympathiques car marseillais et plus chaleureux).

    Leçon à tirer : Non à l'égalitarisme, non au catégorique. Oui au relativisme et à la nuance au sens noble du terme (vraiment va lire Lévi Strauss).

    Le monde n'est pas binaire : Entre "cool-guy" et "méchante-guiche" il y a pleins d'autres nuances que notre ouverture d'esprit devrait reconnaitre et tenter de cerner.

    Et à propos de ma famille, je te donne l'occasion de te repentir :

    http://www.dailymotion.com/video/x3mimq_break-machine-street-dance_music

    Tkt, bientôt tu deviendras un vrai lascar à la démarche boiteuse, et qui crache dans la rue. Et ouais ma gueule tu peux pas test !

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