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Enfant secoué : Un an de prison pour le père

quels_sont_les_symptomes_permettant_de_savoir_qu_un_enfant_a_ete_secoue_L240_H230.pngUn enfant handicapé à 80 %, depuis l’âge de 6 mois. En cause, le comportement des parents, qui ont trop brutalement secoué leur enfant. Lundi, le tribunal correctionnel de Chartes a condamné le père à trois ans de prison dont un an ferme et la mère à un an avec sursis. L’enfant, victime de ce que l’on appelle « le syndrome de l’enfant secoué » est placé dans une famille d'accueil.

C’est surtout le petit enfant qui est menacé, en raison de son développement corporel : une tête qui pèse lourd, jusqu’à 15% du poids corporel, et une musculature trop faible pour la stabiliser. Chacun voit bien le geste d’attention pour porter un bébé, en posant la main derrière sa nuque.

Le drame survient, car c’est un drame, quand la tête de ce bébé se trouve secouée d’avant en arrière. Le cou n’amortit rien et la tête subit des chocs internes violents : les couches tissulaires du cerveau sont bousculées, compressées contre les os du crâne, créant des lésions et des atteintes circulatoires. Les vaisseaux sanguins, étroits et très fragiles, en arrivent à se déchirer, causant des micro-hémorragies. Les conséquences sont terribles, car sont touchées des fonctions neurologiques vitales. En quelques heures le bébé devient aveugle, handicapé ou grabataire. 

C’est une question de santé très étudiée, mais qui reste inconnue ou sous estimée dans le public, même si le ministère de la santé et les médecins, depuis une dizaine d’années, veillent à sensibiliser les parents. Image43.jpg

Pour la justice, il est souvent difficile de distinguer l'imprudence et la malveillance. Il peut arriver que ces lésions graves et irréversibles ne soient pas le résultat d’un acte de maltraitance. J’ai souvenir d’une de ces affaires, avec la mise en cause d’un jeune homme, qui avait tout du père tendre et aimant, et dont l’enfant, âgé de quelques mois, portait tous les signes de ce syndrome. Le père était seul ce jour là à la maison, et avait trouvé en fin d’après midi l’enfant sans réaction dans son berceau. Il avait appelé le médecin, qui avait fait hospitaliser l’enfant, et très vite les examens avaient confirmé la gravité des séquelles. Que s’était-il passé dans l’après-midi ? Rien. Si, à bien réfléchir, le père avait dans l’après-midi trouvé l’enfant dormant très profondément. Il faisait très chand, et le père s’était inquiété. Il avait pris l’enfant dans ses bras, et décrivait l’avoir fait sauter dans ses bras, pour le stimuler. Cela avait suffit.  

Geste objectivement violent ? Oui. Les séquelles parlent. Mais le père avait-il eu une intention violente ?

Pour ces affaires, le juge dispose d’abord des examens médicaux. Plusieurs critères définissent l’ampleur des lésions internes, et permettent d’apprécier l’intensité du geste. Mais le juge procéde aussi à une enquête approfondie pour comprendre la scène et les personnalités des parents. Une enquête redoutable pour celui qui, par une geste inapproprié mais dénué d’intention violente, a brisé la vie de l’enfant chéri.

Nous étions restés de longues heures dans le bureau du juge. Les constations médicales étaient peu favorables au père, mais rien dans l’enquête n’établissait la moindre violence comportementale.  Le juge pour enfants avait finalement retenu l'hypothèse du geste malheureux, et avait remis l'enfant aux parents.

Dans l’affaire de Chartes, le couple niait les violences et décrivait une chute dans la baignoire. L'aspect décisif a été la netteté des constatations médicales. Ont certainement été aussi prise en compte la personnalité des parents et le caractère peu vraisemblable de la chute dans la baignoire.

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Commentaires

  • Ca donne la chair de poule, un bébé hurleur peut rendre fou. Je ne sais s'il existe des services spécialisés sur les nourissons difficiles en France, cela existe dans les pays Anglo-Saxons, tout sauf péter les plombs.

  • Atroce...

  • c'est malheureux, mais des fois cela arrive aussi en soulevant un peu fort un enfant "vers le haut" pour jouer avec lui ou pour le faire rire.

  • Les os du crâne ne sont pas soudés, c'est très fragile et sensible aux gestes brusques. Les gens devraient demander de l'aide avant de craquer.

  • Certains parents maltraitent leurs enfants sans s'en rendre compte, qu'il s'agisse de maltraitance physique (comme ici) ou de maltraitance psychique (notamment dans le cadre de divorces).

    Bénéficier de la présence de sa famille, d'amis ou d'institutions pour prendre le relais en cas d'épuisement est très important.

    L'information aussi. Le fait d'avoir eu à s'occuper de nourrissons ou de très jeunes enfants dans un cadre familial (frères, soeurs ou neveux ou nièces) peut aider, de la même manière que la diffusion de ces histoires dramatiques.

  • il faut verifier ses sources; c'est CHARTRES et non CHARTES et les parents sont de DREUX, mais cela n'excuse en rien le geste, la condamnation est justifiée

  • Il est difficile d'être juge dans ce genre d'affaires mais je pense qu'il ne faut jamais perdre de vue que les parents ont une responsabilité dans le déroulement de ce fait. En tant qu'adultes, nous nous devons d'avoir du recul surtout lorsqu'il s'agit d'enfants et de surcroit les notres. On ne secoue pas un enfant de la sorte même pour s'amuser...il y a d'autres façon de stimuler un bébé....alors ignorance ou fatalité?
    De nos jours, certains parents n'assument plus rien, ni l'éducation, ni la scolarité, ils font des enfants sans projeter leur responsabilité et pensent que la société doit prendre le relais...alors pensez....l'enfaut pleure ou est hyperactif alors, on le secoue croyant qu'il se calmera....je trouve le verdict clément par rapport aux séquelles que cet enfant aura toute sa vie, pour moi, ces gens devraient être interdits d''enfants c'est tout . personnellement, même fatiguée, stressée, je n'ai jamais maltraité ma fille, bine au contraire. Il faut aussi voir le profil de ces parents, car on ne sait pas qui ils sont en fait....désolant tout cela.

  • Le coup de "je ne l'ai pas fait exprès" est quand même pas mal.
    Il y a beaucoup d'enfants avec ce syndrome en France ? Je ne crois pas non. Pourtant quand on voit comment certains parents, surtout les mère d'ailleurs, s'excitent sur leurs gamins...
    Bref, il n'y a aucune contestation possible sur le fait qu'un bébé secoué est victime de parents ultra violents et qu'il faut les mettre hors d'état de nuire.

  • Hallucinant, le poste de LUDOVIC!!! je ne vois pas en quoi ce sont plutot les mères que les pères qui secouent les enfants!! Regardez les condamnations, ce sont le plus souvent les pères mis en cause. Car ils craquent! Malheureusement, il est humain de craquer et souvent des gens secouent leurs enfants sans se rendre compte de l'impact que cela peut avoir. Enfin, maintenant, on est de plus en plus prévenu, il semble de plus en plus difficile de l'ignorer. Mais personne, je pense , ne le fait sciemment. Personne n'a envie de passer le reste de sa vie avec un enfant rendu handicapé par lui.

  • Guy Bedos disait il y a peu qu'il faut d'urgence un permis de voter, accessible sous condition d'une solide formation!
    Je suppose que ça peut aussi être étudié pour faire des enfants, car C un peu trop facile...

  • Un bébé, il faut lui tenir la nuque si on le penche en arrière et le tenir sous le menton si on le penche en avant, c'est agréable pour lui ; C'est geste prudent, mais aussi affectueux...
    Quant à savoir si y a maladresse, imprudence, violence, ou intention de tuer son bébé, c'est difficile à préciser...

  • est ce qu'une mise en garde est systematiquement donnee aux jeunes parents lors de la naissance d'un enfant? depuis combien de temps en parle t'on? j'aimerai bien le savoir car ma derniere fille a 18 ans, et a cette epoque on ne parlait de rien.

  • Ben c'étaient des choses qui se transmettaient de parents à enfants, dans le temps. Aujourdhui, on demande l'assistance de la "société".

  • Une mère de 28 ans a été condamnée mardi à neuf ans de prison par la cours d'assises de la Vienne, à Poitiers, pour avoir provoqué la mort d'un de ses enfants âgé de deux ans et demi en le secouant violemment. Son compagnon et père de l'enfant a été condamné à six ans de prison.

    La mère a expliqué qu'elle s'était mise en colère contre l'enfant qui ne voulait pas manger. En le secouant, la tête de Corentin a heurté plusieurs fois le rebord d'une fenêtre. Le père aurait pris la décision de ne rien dire.

    La famille «vivait dans des conditions déplorables en termes d'hygiène et d'insalubrité», selon les enquêteurs.

    Cet état d'indigence a incité, en avril 2007, les gendarmes à signaler la situation au parquet de Poitiers. Les enquêteurs se sont rendus compte qu'il manquait deux enfants, Cassandra et Corentin. La fillette était chez ses grands-parents mais pour le garçon, le couple avait expliqué l'avoir confié à une famille de gens du voyage.

  • Attention de ne pas confondre une maltraitance avec la suite désastreuse d'un vaccin à un enfant qui n'est as en état de le supporter. La littérature confidentielle du grand producteur de vaccin GSK mentionne que le "syndrome de l'enfant secoué" peut être une conséquence d'un vaccin, notamment Infanrix.

    Pourquoi une augmentation subite des cas de "bébés secoués" ? Serait-ce lié à des suites de vaccination ? Voilà qui ne simplifiera pas la tâche des juges qui ont besoin d'une preuve de culpabilité et pas seulement d'indice.

Les commentaires sont fermés.

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