21.12.2009
Copenhague : Ce n’est pas la fin du monde
Avec Copenhague, les allumés de l’écologie ont largué les amarres, et ça déblatère à tout va. Restons calmes, mes amis. Copenhague n’est qu’une étape dans un processus complexe, et l’essentiel est sauvegardé car le Protocole de Kyoto n’a pas été remis en cause. 183 Etats tenus par un traité, ce n’est quand même pas rien ! Mais ce luxe de déprime est-il le fruit de l’incompétence,… ou vise-t-il à discréditer le contraignant Protocole de Kyoto, pour miner la négociation de la phase n° 2 ?
Kyoto : Une excellente base
Tout part de la Convention Climat, qui est un texte d’ordre général adopté dans le système ONU : la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), entrée en vigueur le 21 mars 1994, suite à la ratification par 189 pays. C’est dans ce cadre qu’est venue la mise en application, par le Protocole de Kyoto. Un texte imparfait, mais qui a de grands mérites, car il repose sur trois données incontestables : la rigueur scientifique, le principe d’équité et le droit international. Les décisions juridiques doivent être justifiées par les travaux d’un groupe international d’experts, le GIEC, qui s’est imposé par la qualité de ses publications. Le Protocole de Kyoto, signé en mars 1998, est entré en œuvre en février 2005, avec à ce jour la ratification de 183 pays. Les US ont ratifié la Convention-Cadre, mais pas le Protocole.
Le Protocole définit un certain nombre d’actions et d’objectifs, et pour être efficace, il instaure des procédés industriels et financiers compensateurs. Le texte distingue trois groupes d'Etats. Trente-huit pays industrialisés (Pays de l’annexe 1) supportent seuls l’engagement de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, de 5% pour la période 2008 / 2012. A l’autre bout, on trouve le groupe des pays les moins avancés, 77 Etats, qui doivent être les premiers bénéficiaires des mesures compensatrices. Entre les deux, les pays qui entrent dans le processus, s’engagent à retranscrire les principes du traité en droit interne, mais ne sont pas tenus par la contrainte de la réduction, le traité tenant compte du niveau d’émission observé et de « l’avance » des pays industrialisés. 
Le traité a été mis en œuvre avec de vrais résultats, mais il l’a été de manière déséquilibrée s’agissant des mécanismes compensateurs destinés aux pays les moins développés. La perspective était d’obtenir un accord plus ambitieux, et il était demandé aux premiers bénéficiaires de l’accord de patienter, pour ne pas donner de prétextes à des positions de repli à des Etats susceptibles de rejoindre le Protocole, ou de passer du groupe intermédiaire au groupe 1.
Le Protocole est durable, comme toute convention internationale, mais le texte prévoit des objectifs par phase. Cette démarche progressive a été choisie pour tenir compte des avancées de la connaissance scientifique et de la volonté de devenir plus pertinent, par des ajustements en fonction de l’expérience acquise. Ainsi, le Protocole est pérenne, mais son contenu doit être adapté au fil du temps, au vu des objectifs généraux énoncés dans la Convention Climat. C’est l’article 3.9 du Protocole qui prévoit cette renégociation des mesures, en fonction des principes fondateurs : expertise, équité et cadre juridique international contraignant.
Le premier volet de mesures adoptées avec le Protocole de Kyoto prendra fin en 2012. Aussi, dès 2006, ont été engagées les négociations pour une nouvelle période, pouvant aller de 2013 à 2017, voire 2020. C’est le rôle de l’AWG-KP (Groupe de travail sur le Protocole de Kyoto). Le résultat attendu est la détermination du contenu de la phase n° 2 du Protocole,… et sûrement pas la remise en cause du Protocole.
Bali : La recherche d’un accord universel pour noyer Kyoto
Cette évolution du traité était l’objet de la conférence de Bali, en décembre 2007, qui a permis de mettre en lumière les enjeux.
Tout tourne autour du rôle des Etats-Unis, le premier et le plus ancien pollueur de la planète. Les US ont affirmé qu’ils ne rejoindraient pas un tel processus, jugé trop contraignant et trop intrusif. Du coup, la Chine qui atteint désormais les mêmes taux d’émission de gaz à effet de serre, refuse la perspective de rejoindre les pays du groupe 1. Pour les deux superpuissances, les critères ne sont plus la science et l’équité, mais le développement de l’économie nationale. Aussi, le risque est réel de voir des pays tels que le Japon, l’Australie et le Canada se retirer du Protocole de Kyoto, laissant les pays européens, tenus par l’attention de leurs électorats, seuls membres du groupe 1. Ceci explique le discours majoritaire précédent Copenhague : discréditer Kyoto et faire rêver d’un cadre global séduisant.
D’abord, discréditer Kyoto, ce qui n’est pas le plus difficile face à des opinions toujours prêtes à douter de la science et du droit international. Le Protocole a été décrit comme un système d’une complexité redoutable. Les pays bénéficiaires ont été invités à modérer leurs demandes, pour ne pas compliquer le jeu des négociations, et donner des prétextes aux pays tentés par le repli national. Le résultat a surtout été de d’atteindre le Protocole de Kyoto, qui de facto devenait moins efficace, et donc moins défendable.
Ensuite, faire rêver à une cadre global séduisant. La volonté affichée a été de remplacer le Protocole de Kyoto, dont le principal défaut est l’efficacité, par un accord plus souple, de nature à inclure les US et la Chine. Lors de la Conférence de Bali, a été adopté l'idée de ce processus universel, avec un nouveau groupe de travail, l’AWG-LCA (Groupe de Travail ad-hoc sur l’action coopérative à long terme), complémentaire des travaux de l’AWG-KP, destinés à renforcer Kyoto. L’idéal annoncé était d’obtenir un consensus justifiant le passage du Protocole de Kyoto à un autre traité. L’objectif réel était d’arriver à une apparence de consensus, par un accord non contraignant, qui aurait contribué à affaiblir le redouté Protocole. On abandonnait ainsi le droit international pour un accord politique généreux, et une mise en œuvre par chaque Etat,… avec des garanties n’ayant plus rien à voir.
Copenhague : Victoire des cyniques, les US et la Chine
Les travaux préparatoires ont confirmé le véritable enjeu de Copenhague : mettre en pièces le Protocole de Kyoto par un accord flou et vantard, de nature à permettre une sortie en douceur du Protocole, ce au détriment de l’efficacité écologique et des Etats bénéficiaires du texte.
Les pays industrialisés (Annexe 1) ne voulaient plus supporter seuls la charge, et pensaient qu’en adoucissant leur sort, ils pourraient amener les US et la Chine dans un processus vertueux. Pour l’Europe, Copenhague était une occasion de défendre ses intérêts à court terme, ce qui explique l’activisme de ses dirigeants, masqués sous le drapeau de l’écologie. Côté pile, c’était le discours sur l’avenir de la planète, et l’ouverture vers les grands pays émergents – la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud – destinés à devenir de vrais partenaires de l’Europe. Côté face, c’était la volonté d’attirer ces pays dans le groupe acceptant des procédés juridiques contraignants. Car en cas de refus, le risque était grand de voir des Etats tels le Japon, l’Australie ou le Canada s’éloigner de Kyoto, au motif allégué de la faible pertinence du Protocole, et au motif réel de la concurrence économique. Ici était le vrai péril pour les pays européens : rester les seuls à supporter la charge des contraintes.
Les efforts ont été importants, sous l’égide notamment du groupe de travail élargi (AWG-LCA) pour promouvoir un grand accord. Le Japon et l’Australie ont pris position pour une fusion des deux accords. Le Conseil de l’Union Européenne a demandé « un seul instrument juridiquement contraignant » et applicable pour la période commençant le 1er janvier 2013, intégrant « l’ensemble des éléments essentiels » du Protocole de Kyoto. Annonce ambitieuse, mais qui était velléitaire, car l’Europe n’avait pas les moyens d’imposer une telle solution.
Ceci explique la grande embrouille des pays européens : un discours volontariste car les opinions publiques veillent ; une volonté d’impliquer les pays émergents dans le groupe 1 pour éviter le départ d’autres pays industrialisés ; la thématique d’un grand accord universel, pour justifier de mettre fin au protocole de Kyoto dès la fin de la première période d’engagement. Engagés par leurs discours électoraux, les dirigeants européens renâclent à mettre en œuvre le Protocole, pour ne pas pénaliser leurs économies, mais ils ne peuvent se permettre de sortir du Protocole… D’où le rêve d’en trouver un autre acceptable par les opinions publiques.
Le résultat de Copenhague est maintenant connu : un accord politique minimal. La Chine et les US restent maitres chez eux. Obama peut plastronner devant son opinion publique. Les US font un geste politique, mais ils préservent leur possibilité d’agir à leur guise, l’œil rivé sur le concurrent chinois. Et Kyoto reste intact, les contraintes restant à la charge des seuls signataires. Les cyniques ont gagné.
Pour les pays européens et plus globalement ceux du groupe 1, l’échec est cuisant. Et le dénouement de la Conférence, à l’issue d’une réunion tenue entre les US et les pays émergents, pour ensuite informer l’Europe, est une humiliation. Les US du président Obama montrent une volonté impérialiste intacte, en annonçant ce texte comme la résolution finale, avant même que son adoption par l’ensemble des pays membres de la Conférence, comme c’est pourtant la règle. Obama est un bon américain, pas de doute.
Kyoto, phase 2 : Retour à la rigueur
Le Protocole de Kyoto, c’est une loi internationale avec 183 parties. Ce qui prend fin en 2012, c’est la première phase de mesures, pas le Protocole. Bien au contraire, le Protocole impose de trouver une suite négociée, ce qui correspond à ses bases : évoluer en fonction de ce que disent la science et l’équité. L’article 3.9 est explicite : « Pour les Parties Visées à l’annexe 1, les engagements pour les périodes suivantes sont définis dans des amendements à l’annexe B du présent Protocole qui sont adoptés conformément aux dispositions du paragraphe 7 de l’article 21 ». Ce n’est donc pas un choix, mais une obligation. Il s’agit d’ailleurs de l’application de la règle générale, issue de l’article 59 de la Convention de Vienne sur le droit des traités (1969). Un traité est considéré comme ayant pris fin lorsque toute les parties à ce traité concluent ultérieurement un autre traité portant sur la même matière et « s’il ressort du traité postérieur ou s’il est par ailleurs établi que selon l’intention des parties la matière doit être régie par ce traité ». Seul un traité postérieur sur la même matière peut avoir pour effet l’extinction du traité antérieur.
Aussi, il est certain que les Etats parties à Kyoto doivent négocier de nouveaux objectifs qui deviendront la phase n° 2 du Protocole, ce dans le cadre de l’article 3.9. Le risque est que Kyoto reste, comme une coquille vide, à la suite d’une négociation contaminée et dépressive, suite à
Copenhague. En ce sens, les déclarations de dirigeants européens sont plus qu’ambiguës. Certes, Copenhague est marqué par la désinvolture d’Obama, qui part triompher aux US sur le thème « J’aide à tourner la page Bush, qui isolait les US, sans renoncer à rien de ce qui assure notre suprématie ». Les pays émergents, que l’Europe cherchait à convaincre, s’alignent en quelques heures sur le point de vue des US… et de la Chine. De quoi déprimer, surtout quand le match s’est joué en terre européenne !
Mais si les dirigeants européens étaient francs, ils auraient un discours clair : « Nos engagements dans la lutte contre le réchauffement climatique ne sont pas négociables, et nous allons les mettre en œuvre de manière spectaculaire dans la phase n° 2 du Protocole de Kyoto. Nous prenons acte de l’échec du projet de grand accord universel, du fait de l’attitude des US et de la Chine, qui ne visent que leurs intérêts immédiats, et affaiblissent leur crédibilité comme acteurs internationaux. Ils veulent gouverner le monde, mais n’assument pas les responsabilités. Nous appelons à la réunion au plus tôt d’une conférence qui permettra de conclure la phase n° 2 de Kyoto, marquant un pas sensible dans la lutte contre le réchauffement climatique, et ouvrant une nouvelle ère de coopération avec les pays non industrialisés, qui souffrent de manière inique des excès des Etats industrialisés ».
Or, on n’entend rien de tel, et les protestations sont bien molles. Les écolos patentés, compatibles avec l’Etat UMP, vont en se lamentant, comme si tout était fichu. Pour ma part, je vois là un satisfecit in peto des pays européens qui trouvent dans ces évènements le prétexte pour, étape par étape, vider le Protocole de Kyoto de son contenu. Car, l’échec de Copenhague sert aussi les intérêts immédiats des économies européennes. La conclusion d’un accord général permettait de mieux répartir la charge, et il fallait tenter l’opération. Mais comme cette accord général est impossible, il faut en prendre parti, et jouer à son tour l’égoïsme national, tout en faisant porter les torts sur les US et la Chine. Le péril est là, pour la planète, et pour les pays les moins avancés. Ces pays souffrent d’un développement économique trop inégal ? Eh bien, il est juste temps d’accélérer.
Alors ? Imposer la phase 2 de Kyoto sous la contrainte
La pression, la saine pression, est indispensable pour sortir de ce scénario noir, et elle peut compter sur trois forces : la connaissance scientifique, l’opinion publique et la volonté des pays non industrialisés. Les trois forces conjuguées peuvent permettre d’imposer une bonne phase n° 2 au Protocole de Kyoto, avec pour base les engagements pris publiquement à Copenhague. 183 Etats sont engagés par une ratification. Combien oseront, sous les projecteurs, sortir du Protocole ? Comment ces 183 Etats pourront-ils renoncer à leurs engagements, au prétexte que le US n’ont pas rejoint le mouvement ?
Les pays bénéficiaires du protocole, de manière groupée, doivent mettre en avant ce qu’ils auraient du obtenir de la phase n° 1, pour en faire le ticket d’entrée dans la phase n° 2, et ce sous réserve de mettre en œuvre des processus de sanction. C’est l’heure du rapport de forces. Des mécanismes internationaux existent, et la plupart des Etats ont retranscrit les engagements du Protocole en droit interne. Que la loi s’applique ! Préparez la machine à plaider !
Les US se moquent de Kyoto, certes. Mais ils sont parties à la Convention Climat, et se sont engagés par l’alinéa 1b (i) du plan d’action de Bali sur la « comparabilité des efforts ». Donc extérieurs au traité, ils n’agissent qu’en droit interne, mais de manière « comparable ». Là encore, préparons nous à plaider. L’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) a jugé que les émissions de gaz à effet de serre étaient une menace pour la santé publique et a ouvert la porte pour leur régulation gouvernementale. Il est vrai qu’en avril 2007 la Cour suprême des Etats-Unis avait ordonné à l'EPA de prendre des mesures de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, jugeant que le Clean Air Act, la législation anti-pollution, ce n’était que du vent.
Bon. On arrête de pleurer, et on se met au travail. Pour traverser le monde, ce n'est pas compliqué,... c’est tout droit !

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Commentaires
faire du "sur place", ce n'est pas un progrès. On aurait pu aller plus loin. Et ce n'est pas une déclaration d'intention qui va changer la donne pour les futurs réfugiés climatiques ou les habitants du Sud.
Écrit par : révoltée | 21.12.2009
Echec de Sarkozy qui en avait fait un point culminant de com' afin d'éviter la politique intérieure quelque temps ( bin oui la grippe A, c'est plus ça hein...).
Écrit par : Fran | 21.12.2009
C'est bien ce que je pensais : le grand bal des cocus.
Écrit par : Mathaf Hacker | 21.12.2009
Copenhague est présenté comme un échec absolu alors, que le texte final apporte un petit ajout à la Convention Climat . Le Protocole de Kyoto (183 pays), adopté en application de la Convention Climat, reste intact. Dans ce texte on distingue la cadre général, qui est pérenne, et les mesures d’application. La phase n° 1 arrive à terme en 2012, et il s’agit de conclure la phase n° 2 qui s’appliquera à partir de 2013. Cette négociation n’est en rien remise en cause par Copenhague.
Copenhague montre une seule chose : l’extrême réticence des US et la Chine à entrer dans un processus international contraignant pour leurs économies. Ils préfèrent des lois nationales et de bonnes campagnes de presse. Ce n’est pas nouveau.
Les pays européens espéraient obtenir la remise en cause du Protocole de Kyoto, qui est contraignant, et le prétexte était de faire entrer les US dans le processus. Copenhague est pour eux un échec car le Protocole reste, et les US ne sont pas liés. D’où la volonté de noircir le tableau pour pourrir la négociation de la phase 2 de Kyoto.
Les pays africains ont accepté une mise en application très contestable de la phase 1 de Kyoto pour ne pas tendre la situation, alors que la perspective proclamée était d’amener les US dans le processus. Désormais, la question est réglée. Les pays africains doivent jouer le rapport de force pour obtenir ce que leur donne la phase 1 et négocier une phase 2 dans leur intérêt.
Une grande partie de l’affaire se joue devant l’opinion publique européenne, très sensible à la question climat, et les pays européens se trouvent tenus par les discours ambitieux tenus dans le contexte de Copenhague.
Écrit par : gilles devers | 21.12.2009
"Ceci explique le discours majoritaire précédent Copenhague : discréditer Kyoto et faire rêver d’un cadre global séduisant."
"Les écolos patentés, compatibles avec l’Etat UMP, vont en se lamentant, comme si tout était fichu." => HAHAHAhahahaha, mdr
Merci pour ce billet instructif et optimiste.
Écrit par : Denis75 | 21.12.2009
Et ce matin, Borloo qui en remet une couche, en cartonnant l’ONU. Ca, c’est insupportable. C’est comme les dirigeants étatiques qui cartonnent l’Union européenne, en oubliant que l’Europe, c’est eux.
Il dit : quand les chefs d’Etat sont arrivés à Copenhague, ils ont découvert un draft avec bcp de passages entre parenthèse, et donc à négocier. Bref, il râle en disant, rien n’était prêt. Mais il se moque du monde. Comment nous faire croire que pour une négociation de cette importance les chef d’Etat découvre le projet en arrivant sur place ? Il n’y a rien en amont ? Le mail n’existe plus ? Le fax était en panne? Les réunions préparatoires sont secrètes? Rigolo...
Je pense vraiment que les dirigeants européens sont sur ce coup de la plus parfaite mauvaise foi. Tout leur propos est de discréditer Kyoto, ….parce que Kyoto est efficace.
La Convention Climat avait permis Kyoto.
La Convention Climat a bénéficié d’un petit plus. Donc, la phase 2 de Kyoto n’est en rien menacée.
Il faut donc que Borloo/Sarko/Hulot arrêtent de nous saouler, et répondent à cette question simple : qu’attendent ils pour retranscrire leurs engagements de Copenhague dans Kyoto phase 2 ???
L’un des pb est la difficulté des pays du groupe des 77 (les pays les moins industrialisés) à se faire entendre. Ils restent trop divisés, trop dépendants de l’ONU, trop réticents à faire du contentieux…. Et ils ont tous leurs boulets. Les pays riches en profitent.
Écrit par : gilles devers | 21.12.2009
Faut pas s'leurrer, quand t'as le feu à la grange, tu t'en tapes de la sécheresse. Les pays comme la France ont de sérieux problèmes à régler avant de s'offrir le luxe de songer à sauver des ours polaires. C'est même quelque-part indécent d'y songer comme une priorité alors que les SDF tombent comme des mouches dans notre propre pays.
La situation intérieure est vraiment préoccupante et avant de penser à aprés-demain, faut regarder demain en face.
Voilà pourquoi tout le monde s'en tape. Les chinois se développent, les ricains sauvent leur pays. Alors nous...On ne va pas sauver le monde hein...
Écrit par : Fran | 21.12.2009
Un article raisonnable dans Le Monde, qui rappelle les évolutiosn d'une longue affaire, mais qui sous estime la dimension juridique , à savoir la large indépendance du processus Kyoto sur le processus Copenhague, et sous estime la malhonneteté intélectuelle des dirigeants européens qui ont joué la dramatisation de Copenhague dans le seul but de flinguer Kyoto
Écrit par : gilles devers | 21.12.2009
Euh, voici le lien avec l'article du Monde
http://www.lemonde.fr/le-rechauffement-climatique/article/2009/12/21/copenhague-la-portee-de-l-echec-doit-etre-relativisee_1283463_1270066.html#ens_id=1275475
Écrit par : gilles devers | 21.12.2009
J'ai vu une interview très convaincante de Claude Allègre récemment sur BFMTV (lui qui sort un livre par ailleurs...) sur son opposition aux conclusions du GIEC.
Au bout du compte, il y avait tout de meme aussi bien d'autres sujets à inclure dans ces questions sur l'environnement comme les phénomènes de pollution...
Mais pire, c'est concernant qu'aucun chef d'Etat puissant n'ait daigné lever le petit doigt pour la faim dans le monde comme s'est manifesté le directeur de la FAO dernièrement.
Quand on pense à tous ceux qui crévent de faim et de soif, là j'avoue que c'est vraiment cynique!!
Écrit par : jimmy | 21.12.2009
Cher Jimmy, j'ai aussi vu cet interview,mais franchement Alègre est un personnage trouble dont je doute de la pureté des vues.
L'acharnement qu'il met à opposer au danger du réchauffement de la planète celui de l'épuisement des réserves en eau et de la pollution des sols et de l'eau (les 2 mamelles de la dialectique Allègre) me gêne.Non pas que son discours soit absurde: il a raison de soulever ces 2 autres immenses dangers. Mais il a tort lorsqu'ils les opposent, et veut nous vendre le choix alternatif entre 2 priorités.
Or, hélas pour nous, il y a le feu partout ! Lutter contre la gabegie de l'eau, l'empoisonnement de la planète ne doit pas nous dispenser de la lutte contre les GES...
Je ne peux faire confiance à quelqu'un dont je soupçonne qu'à l'instar de beaucoup de chercheurs, il cherche d'abord à cultiver son égo et sa notoriété personnelle.
Allègre veut tuer Hulot. Pour celà, il lui faut démonter sa thèse, et peu importe si la planète doit en souffrir, du momnt que son immense orgueil y trouve la victoire.
Je ne peux faire confiance à Allègre tant qu'il jouera ce jeu là.
Écrit par : longjohn | 21.12.2009
correction:.. lorsqu'il les oppose !! Bon sang, je dégénère, moi aussi ?
Écrit par : longjohn | 21.12.2009
Allègre, c'est une opinion parmis d'autres mais je dois avouer que je n'ai pas lu ses livres sur le sujet.
Par contre, il a raison de dire qu'il y a aussi bien d'autres priorités.
Pour ce qui est de la faim et la soif dans le monde, c'est véritablement la conférence qui aurait due etre organisée à Copenhague (quoique pour finir comme ca!??).
De toute facon, le problème s'impose de lui meme avec toute cette immigration clandestine ou l'on voit les miséreux du Sud, poussés par la guerre, par le manque de tout, s'inviter au Nord. C'est vraiment un problème, celui de l'aide au développement des pays d'Afrique et d'Asie ainsi que d'Amériques centrale/latine, sur lequel les pays industrialisés doivent se pencher.
Pour ce qui est des citoyens modernes que nous sommes, je vois surtout beaucoup de gaspillage dans tout ce que nous consommons. Nous sommes francais sommes sans doute les plus raisonnables mais quand je vois qu'on peut nourrir 3 personnes avec ce qu'on nous sert dans les restaurants, que dire des denrées de base!! Il faudrait mettre en oeuvre des mesures simples d'éducation...
Écrit par : jimmy | 21.12.2009
Quand le principe d'équité et la rigueur scientifique ne correspondent pas aux intérêts économiques (à court terme) des 'grandes puissances', cela donne ce que nous avons vu...
Écrit par : Sicotine | 21.12.2009
Allègre a raison, mais sa technique de digression est bien connue. Des sommets sur la faim dans le monde, des agences (FAO) qui travaillent sur ces problèmes existent déjà. Des conventions internationales pour lutter contre la pollution des mers existent déjà.
Tout ce qu'il recherche, c'est le contournement du problème du "changement climatique" ou "dérèglement climatique" parce que ça lui fait trop mal à son ego de s'être trompé lourdement (et à répétition). C'est trop marrant de le voir maintenant avouer qu'il y a augmentation du taux de CO2 et autres gaz à effet de serre alors qu'il a nié cette réalité pendant 10 ans (il avait nié également que l'augmentation desdits gaz était due à l'activité de l'Homme. Maintenant que les scientifiques qui publiaient des études sur le sujet depuis 30 ans ont enfin "droit de cité" au sein de l'opinion publique, il retourne sa veste et admet qu'une "partie de l'augmentation serait d'origine anthropique"). Sa nouvelle marotte : c'est la vapeur d'eau qui est beaucoup plus préoccupante... Il est tout simplement de mauvaise foi.
Pour paraphraser Léodagan : non, Jimmy, face à la mauvaise foi il n'y a que le mépris. Ou une claque dans le nez mais là c'est autre chose" (Livre IV de Kaamelott, ép. 53).
Oui, les problèmes sont nombreux et ils faut tous les traiter ; mais pas dans le désordre et pas faire mine d'en traiter un ou deux afin d'éluder dix, vingt ou une centaine d'autres problèmes cruciaux.
Écrit par : Denis75 | 21.12.2009
Oui Sicotine, c'est surtout ça...
"pessimisme de la raison ; optimisme de la volonté" (Gramsci)
Écrit par : Denis75 | 21.12.2009
Le problème est classique pour le juriste : mettre en œuvre un matière scientifique qu’il ne connait pas. C’est du quotidien : nous ne pourrions jamais engager un procès dans les domaines de la médecine, de la construction, de l’informatique… ou du climat, s’il fallait maitriser les connaissances qui sont la matière du procès.
Nous passons par des experts, mais nous n’admettons jamais d’acquiescer par principes aux conclusions des experts. Nous ne discutons pas les conclusions elle-même (ce n’est pas
Écrit par : gilles devers | 21.12.2009
Il me semble que le simple fait qu'une colossale messe comme le sommet de Copenhague ait pu avoir lieu est en soi positif.
Etions nous vraiment raisonnables dans nos attentes sur ce sommet ?
Comme le suggère Gilles dans ce papier, c'est ce qui va se passer maintenant qui est important. Sauf à passer pour le hooligan de la planète, aucun Etat responsable ne pourra plus, au moins, se comporter comme Bush.
Les chinois, qui sont des gens fiers et hautement pragmatiques, vont prendre la route industrielle qui va les conduire, très rapidement, au leadership de la production d'équipement environnementaux. Insensiblement, la situation de la dépense énergétique pourrait s'infléchir. Mais est-ce pour autant que la menace sera conjurée ? Bien sûr que non! Il y a bien d'autres périls mortels qui nous menacent (et là, on peut rejoindre Claude Allègre) . Il faut une prise en compte rapide et globale de ces périls.
Pour celà, il reste à mon sens quelques conditions indispensables:
1/ que le fossé qui sépare les pays pauvres des pays dits "riches" ne se creuse pas exagérément. L'environnement est un problème de riches, même s'il frappe en priorité les pauvres. Seul un pays qui dispose d'une marge de manoeuvre peut jouer sur de fléaux comme la déforestation, le braconnage des espèces sauvages, ou la braderie au plus offrant de ses richesses.
2/ qu'il y ait une approche globale de ces problèmes. Si Allègre était respectable et plus soucieux des problèmes de son temps que de son image et sa carrière, il pourrait être crédible lorsqu'il souligne l'importance de tous les autres maux qui nous accablent, et qui sont superbement ignorés de Copenhague, ne serait-ce que le premier et pire d'entre eux: la surpopulation. Car enfin il faut bien admettre que la faillite de la maison Terre relève d'un double mouvement, l'adoption par un nombre croissant de terriens du mode de consommation occidental, et l'explosion démographique généralisée. Même là où il n'y a pas explosion, il y a croissance. Une planète à 10 milliards d'individus ne peut avoir une chance de survie que si nous abandonnons radicalement et immédiatement nos pratiques consuméristes.
Or nous voyons clairement qu'une telle mutation n'est tout simplement pas à l'ordre du jour.
La Terre est comme un gros fumeur ou un gros mangeur qui serait conscient de sa mauvaise hygiène de vie, mais qui attendrait la première alerte grave pour changer de mode de vie.
Écrit par : longjohn | 21.12.2009
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Écrit par : koto | 22.12.2009
LJS,
Je viens de lire un entretien avec Bjorn Lomborg ou il pointe que la croissance demographique est inevitable. Il n'y a qu'un gouvernement dictatorial comme la Chine qui puisse dire: un seul enfant et etre obei.
L'autre voie serait diminuer l'écart entre les classes sociales avec l'éducation puisque les gens qui ont une certaine aisance financière veulent moins d'enfants ( plus de dépenses) tandis qui ceux qui sont au bas de l'échelle ont plus d'enfant ( plus de bras pour le travail).
Écrit par : adriana | 22.12.2009
L'echec du Sommet de Copenhague et le fait du gouvernement mondial que les chrétiens d'Europe veulent établir ( voir sur Google : gouvernement mondial)
Les russes ( orthodoxe) les Hindouistes ne sont pas d'accord
La France de pétain a du chemin a faire, et les complices dans les médias aussi! Dont 20 minutes
inscrivez-vous dans mon groupe sur Facebook oh secours de la planète
Écrit par : Mulero | 24.12.2009
CAMOUFLET
Les Sages du Conseil constitutionnel annulent la taxe carbone
http://www.lepoint.fr/actualites-economie/2009-12-30/camouflet-les-sages-annulent-la-taxe-carbone/916/0/409101
ces exemptions "créaient une rupture caractérisée de l'égalité" devant l'impôt.
Très drôle les zozos de l'UMP
Écrit par : Mathaf Hacker | 30.12.2009
Longjohn :
« Car enfin il faut bien admettre que la faillite de la maison Terre relève d'un double mouvement, l'adoption par un nombre croissant de terriens du mode de consommation occidental, et l'explosion démographique généralisée. Même là où il n'y a pas explosion, il y a croissance. Une planète à 10 milliards d'individus ne peut avoir une chance de survie que si nous abandonnons radicalement et immédiatement nos pratiques consuméristes. »
oneil
=Selon mes livres d'histoire géographie, la population humaine était estimée à 2milliards en 1925. Elle est aujourd'hui estimée à 7milliards. Elle s'est donc multipliée par 3,5 en 85ans.
Et on estime qu'elle sera de 10milliards d'individus en 2025= donc une multiplication par 5 au cours d'un seul siècle !=
Face à ces chiffres, il me semble, que la peur d'une expansion funeste de la population humaine est malheureusement plausible.
Pour ma part, je vois resurgir les images du film « Soleil vert » …
Wikipédia : Soleil vert se déroule en l'an 2022. Le monde baigne alors dans une étrange lumière jaune, qui a détruit la faune et la flore. Très peu de terres sont encore cultivables et les habitants qui n'ont pas les moyens d'acheter des aliments naturels mangent un aliment de synthèse, le « Soleil vert » (Soylent green), produit par la multinationale « Soylent ». Les émeutes sont fréquentes et sévèrement réprimées. Après le meurtre d'un des dirigeants de la société Soylent, qui produit le Soleil vert, un policier en charge de l'affaire va découvrir que ce dernier n'est, contrairement à la publicité de la Soylent company, pas fabriqué à base de plancton… mais d'êtres humains...
Et ce sujet là, il n’a pas et ne sera pas abordé lors d’une rencontre organisée par l’ONU avant longtemps.
Mais le sujet ne mérite-t-il pas d’être abordé ?…
Et avant de penser tout de suite à l’exemple de la chine, pour sa politique de restriction de la natalité. ON peut appeler à une prise de conscience au niveau planétaire.
Cela ne pourrait –t-il pas ralentir l’emballement des phénomènes : d’appauvrissement en eau potable, de la famine ( ex : enrayement des cycles de famine en chine), des pollutions. ??
Enfin trêve de divagations, je conclue en remerciant gilles DEVERS pour son article m’ayant donner un peu de lumière sur une réalité bien difficile à percevoir.
PS:Tant qu’il y aura des lumières en face des obscurantistes, il y aura toujours de l’espoir…
Écrit par : oneil | 01.01.2010
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