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Le Pape en panne

monopoly-jail.jpgEn langage codé, on dit « des décennies d'abus sexuels dans des institutions religieuses ». En langage réel, c’est une série de viols, avec des vies brisées par centaines. D’un côté, des salopards qui ont abusé de leurs fonctions d’autorité. De l’autre, de jeunes hommes et de jeunes femmes qui ne demandaient rien à personne, et qui passeront des années à se débarrasser de la souillure.

En novembre dernier, la police irlandaise avait mis en lumière cette série de viols criminels, commis pendant des années par des prêtres catholiques sur des centaines d'enfants pendant plusieurs décennies. Le rapport de la police traitait de 320 plaintes contre 46 prêtres. Un document de synthèse de plus de 700 pages, stigmatisant l'attitude de la hiérarchie catholique dans l'archevêché de Dublin entre 1975 et 2004. Les quatre archevêques successifs avaient protégé les violeurs, choisissant de ne pas dénoncer ces criminels sans scrupules. L'Irish Times dénonçait « le silence bien étudié du Vatican ». Cela « alimentera les suspicions selon lesquelles l'Eglise reste obsédée par la protection de son image en lambeau », estimait le journal.

Six mois à attendre la réaction du Vatican. Et c’est nul. Dans une lettre aux catholiques d'Irlande publiée hier, Benoît XVI exprime la « honte » et le « remords » de toute l'Eglise. Les excuses ? Mot interdit. La sanction pénale pour les plus graves des crimes ? Inconnue au bataillon. Le droit disciplinaire pour virer ces vicelards ? Silence dans les rangs. Des réformes structurelles pour rompre avec la loi du silence, et assurer la coopération avec la justice dans d’autres cas ? Pas d’actualité. crime_0.jpg

Face à ce crime institutionnalisé, La Vatican offre une réponse de guimauve : une « visite apostolique dans plusieurs diocèses d'Irlande», ainsi que dans « des séminaires » et « congrégations religieuses ». Foutaise ! Des enquêtes, de la taule et des dommages et intérêts, oui.

Maeve Lewis, la directrice générale du groupe de victimes One in Four dénonce « une absence d'excuses, douloureuse à l'extrême » et déplore que le Pape « néglige le rôle du Vatican » et « refuse encore d'admettre l'évidence ». John Kelly, représentant de la SOCA, un autre collectif de victimes, stigmatise « des aspirations plutôt que de la substance ». Une victime, Christine Buckley, a dit vouloir rencontrer le pape « en chair et en os » en présence de celle qui a « détruit sa vie ».

Pardonner ? Pourquoi pas, mais ça n’appartient qu’aux victimes. Et comment pardonner quand l’auteur ne s’est pas excusé ? Quand il se planque comme un rat. Est-ce si difficile de dire qu'un crime est un crime devant la loi ?

1-jail-cell.jpg

Commentaires

  • Sans rentrer sur les problématiques théologiques à propos de la sexualité.

    D'un coté la position des cathos sur le secret de la confession et ne pas dénoncer les coupables se tient.
    C'est pas tendance, mais c'est cohérent et peut être même salutaire à une époque où les pouvoirs démagos tendent vers le "dénoncez vous les uns les autres". Des fois ici ou ailleurs, on se croirait en Allemagne de l'est de la pire époque.
    C'est à l'institution étatique de faire son boulot de police et de justice quitte à sanctionner les entraves quand il y en a.

    Ce qui ne va pas c'est quand la hiérarchie catho a connaissance de crimes et qu'ils ne règlent pas le problème en interne, à minima en écartant du public, et à fortiori des jeunes, les prêtres présumés coupables ou ayant confessés les faits.
    L'église catholique romaine dispose bien aussi de structures d'enfermement lorsque tout est établi, non ? c'est là où ils me semblent vraiment irresponsables et criminels.

  • Les religions ne sont que des sectes,avec leurs lots de saloperies,bien a l'abri derrière un pseudo humanisme Il en ait ainsi depuis la nuit des temps sous toutes les latitudes et dans toutes les ethnies y compris les plus primitives Il suffit de s'intéresser un peu a notre histoire et a celle du monde pour constater que les religions ces esclavagistes de la pensée dominent le monde depuis longtemps,par l'obscurantisme et l'abrutissement des masses Les exactions des unes et des autres devraient ouvrir les yeux des plus réfractaires Hélas il n'en est rien ,la peur de la mort,ce terreau fertile des croyances est l'allier indéfectible des sectes religieuses et autres croyances

  • Pour Gilles qui n'a pas lu la lettre du Pape :

    http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/letters/2010/documents/hf_ben-xvi_let_20100319_church-ireland_fr.html

    C'est heureusement la fin du silence et le début du grand nettoyage dans les evêchés, il était plus que temps.

  • La chasteté est tout de meme une belle connerie.

  • Interview d'Odon-Vallet sur le sujet :


    http://www.lexpress.fr/actualite/societe/benoit-xvi-est-le-pape-le-plus-severe-sur-la-pedophilie_849322.html

  • Pas d’avantage convaincu par cette lettre, qui ne m’est pas destinée, ce qui est tout le pb.

    C’est une lettre destinée aux « Frères et sœurs de l’Eglise en Irlande ». Donc pas aux citoyens irlandais, ni aux juges, ni aux victimes. Or, la commission du crime a d’abord une dimension sociale. Cette lettre « pastorale » est un document religieux, avec donc toutes sortes d’analyse qui je en maitrise pas, et qui ne me regardent pas. J’ai - j’essaie – d’avoir le plus grand respect pour la liberté de religion. Je n’ai donc pas à porter une analyse juridique sur un texte qui ne l’est pas. J

    Ce qui me regarde, et pour lequel je garde une entière liberté d’analyse, c’est que 6 mois après les faits, et après avoir couvert ces crimes de viols pendant des décennies, il n’y a toujours pas de message pour la société. C’est là le drame.

    Car l’un des points d’analyse auquel on n’échappe pas, c’est le caractère hiérarchique de l’église. Ce qui explique pourquoi le Pape a convoqué les évêques irlandais à Rome, pour conclure : « Je nourris l'espoir que, par conséquent, les évêques se trouvent à présent dans une position plus forte pour accomplir le devoir de réparer les injustices du passé et pour affronter les thèmes plus vastes liés à l'abus des mineurs selon des modalités conformes aux exigences de la justice et aux enseignements de l'Evangile ».

    Et là je ne suis plus d’accord.

    Je retrouve ce que j’avais déjà vu à propos des crimes pédophiles commis aux US » des erreurs de jugement, une mauvaise gestion.

    Je me garde bien d’interférer en quoi que ce soit sur la manière dont l’Eglise gère ces questions en interne. Comme du statut des prêtres, qui n’est pas mon problème. Le Pape a une situation interne à régler, et c’est tout l’objet de cette lettre. Je suis très heureux de voir qu'il s'en occupe mieux que d'autres.

    « Pour ma part, compte tenu de la gravité de ces fautes, et de la réponse souvent inadéquate qui leur a été réservée de la part des autorités ecclésiastiques dans votre pays, j'ai décidé d'écrire cette Lettre pastorale pour vous exprimer ma proximité et vous proposer un chemin de guérison, de renouveau et de réparation ».

    Dont acte.

    Reste donc entière la question sociale. Et là, il n’y a rien. D’autant plus rien, que la réponse ne peut souffrir d’ambigüité. C’est la dénonciation pénale de crimes et des criminels, la dénonciation pénale de ceux qui ont couverts le crime, permettant ainsi la réitération des infractions, la coopération avec la justice, et l’indemnisation des victimes en tant que civilement responsable.

    Il reste à écrire:
    - la lettre aux citoyens d'irlande et aux victimes
    - la lettre au procureur

  • Procédures interne, et respect de la loi..
    Je soumets à votre réflexion cet arrêt de la Cour de cassation, chambre criminelle, 17 décembre 2002, N° de pourvoi: 02-83679

    Il s’agissait d’une information suivie contre François X..., membre d'une congrégation religieuse, du chef de viol aggravé.

    Le juge d'instruction a fait procéder, le 6 août 2001, à une perquisition et à la saisie, dans le bureau du vice-official régional, à Lyon, et dans le bureau de l'évêque d'Autun, Chalon et Mâcon.

    Le but n’était pas de rechercher des indices matériels, mais de récupérer dans la procédure interne à l’église( droit canon) « des confidences de la victime et des témoins, ou les éventuels aveux du mis en cause ».

    Requête en annulation de l'avocat de la personne mise en examen et du procureur de la République, et la chambre de la l’instruction annule cette perquisition du 6 août 2001.

    Motifs de la cour d’appel (Chambre de l'instruction)

    La procédure canonique est régie par des obligations précises, comme celle, pour la personne qui dépose, de dire la vérité, sous la foi du serment, fût-ce pour s'accuser, et par des règles procédurales particulières fondées notamment sur un secret absolu, qui procède du secret professionnel des ministres du culte, et incite les personnes entendues à la confidence, dans le cadre d'une relation fondée sur le partage d'une même foi et des mêmes dogmes ;

    au contraire, la procédure pénale doit être équitable et contradictoire, et préserver l'équilibre des droits des parties, garantir la séparation des autorités chargées de l'action publique et des autorités de jugement, respecter la présomption d'innocence des personnes suspectées ou poursuivies, qui ont le droit d'être informées des charges retenues contre elles, et d'être assistées d'un défenseur ; ces dernières ont le droit de ne pas répondre aux questions des enquêteurs, et ne prêtent pas le serment de dire la vérité;

    Pour la cour d'appel, « la recherche, d'une possible preuve, dans le dossier de la procédure canonique, pour être utilisée dans la procédure pénale laïque, plus protectrice des droits de la personne mise en cause, peut être analysée comme un procédé déloyal, aboutissant à faire échec aux règles de celle-ci, et aux droits de la défense »

    Négatif répond la Cour de cassation dans un attendu lapidaire

    « Attendu que l'obligation imposée aux ministres du culte de garder le secret des faits dont ils ont connaissance dans l'exercice de leur ministère ne fait pas obstacle à ce que le juge d'instruction procède à la saisie de tous documents pouvant être utiles à la manifestation de la vérité ».

  • Le texte de l'arret

    http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriJudi.do?oldAction=rechJuriJudi&idTexte=JURITEXT000007071034&fastReqId=132377940&fastPos=1

  • que disaient ces prêtres pédophiles en action ? "ah ça IRA, ça IRA"

  • Cour de cassation, chambre criminelle, 27 février 2001, N° de pourvoi: 00-84533

    L’évêque de Bayeux avait été mis en examen pour s'être abstenu de dénoncer aux autorités judiciaires ou administratives les faits de viols et d'atteintes sexuelles commis sur des enfants mineurs par un prêtre de son diocèse.

    Il avait contesté la constitution de partie civile des victimes jusqu’à la cour de cassation.

    Motifs de la chambre d'accusation : « En ne révélant pas aux autorités judiciaires ou administratives le comportement sexuel du prêtre envers les enfants dont celui-ci avait la charge, l’évêque a privé les parents d'une information qui leur eût permis de comprendre le comportement de leur fils et adopter envers lui une attitude propre à apaiser ses difficultés à un âge difficile de son existence ».

    Motif confirmé par la Cour de cassation : l'article 434-1 du Code pénal (non dénonciation d’infraction) a également pour but la protection des intérêts privés et autorise l'exercice de l'action civile.

    L’évêque a ensuite été condamné en septembre 2001 à trois mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé les actes pédophiles de l'abbé.

    Jurisprudence tout à fait transposable au cas irlandais

    http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriJudi.do?oldAction=rechJuriJudi&idTexte=JURITEXT000007628654&fastReqId=1964576210&fastPos=3

  • Une circulaire ministérielle sur le sujet

    "C'est pourquoi vous veillerez à ce que les procureurs de la République fassent diligenter de manière systématique des enquêtes, dès lors qu'existe une suspicion de non révélation de crime ou de mauvais traitements ou de privations infligés à des mineurs de 15 ans ou à une personne vulnérable, afin de pouvoir déterminer avec précision dans quel cadre le représentant du culte concerné a eu connaissance des faits".

    http://www.justice.gouv.fr/bulletin-officiel/3-dacg95c.htm

  • Il n'y a jamais eu la moindre ambigüité de la part de Joseph Ratzinger sur la pédophilie, et c'est documenté depuis au moins 2001.
    Sa lettre traite de tous les aspects de fond, d'un point de vue pastoral et d'un point de vue externe aussi.


    "En particulier, il y eut une tendance, dictée par de justes intentions, mais erronée, une tendance à éviter les approches pénales à l'égard de situations canoniques irrégulières."
    ...
    "Dans le même temps, la justice de Dieu exige que nous rendions compte de nos actions sans rien cacher. Reconnaissez ouvertement vos fautes, soumettez-vous aux exigences de la justice, mais ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu."
    ...
    "Outre à mettre pleinement en œuvre les normes du droit canonique en affrontant les cas d'abus sur les enfants, continuez à coopérer avec les autorités civiles dans le domaine de leur compétence. "

    Il promet un ensemble de mesures concrètes, ce ne sont pas de vains mots. Il doit se rendre en Irlande, comme il l'avait déja fait en Australie et aux USA. Ce n'est pas pour faire un road show mais pour mettre les choses en ordre. Il y a déja des initiatives prises par le clergé hollandais et le clergé suisse. Le successeur de Ratzinger à la congrégation de la doctrine de la foi commence à communiquer ses analyses.

    Le Pape s'adresse aux croyants, pas à la justice ni à un pays en particulier. Il est le patron de la plus grande administration du monde qui s'engage à imprimer un revirement radical. En quelques mots :"Plus d'évitement des procédures pénales" et "coopération avec les autorités civiles"

    On ne peut faire plus clair.

  • Sur la toile de fond du secret professionnel, il faut aussi bien distinguer deux infractions proches « non dénonciation » et « non assistance à personne en danger ». Ca change tout.

    La dénonciation ne concerne pas les personnes mais les faits. Sinon, il faut utiliser le terme de délation, que ne connait pas le droit français (sauf sous vichy, mais c’est un autre problème). Je dois dénoncer les faits qui ressemblent à une infraction, et la police fera l’enquête.

    Si on est strictement dan le cadre du secret (consultation avec un avocat, un médecin, confession) l’obligation de dénonciation tombe. Pour l’évêque de Bayeux (condamné par le tribunal de Caen, voir plus haut) il n’y avait pas eu de « confession », mais c’était le fonctionnement normal interne. S’il l’info était venue lors d’une confession, l’évêque ne pouvait dénoncer les faits à la police.

    Sauf la non assistance à personne en danger, et attention, car c’est là que les condamnations tombent.

    L’évêque ne dénonce pas, pas plus que le médecin ou l’avocat les crimes dont il a connaissance à l’occasion de secrets qui lui sont confiés.

    Sur un plan moral, il va inviter la personne a se mettre en règle avec la loi, et avec sa conscience. Il ne peut dénoncer lui-même, mais l’affaire n’en reste pas là. En effet, il y a les victimes. S’il existe un risque de renouvellement de l’infraction, et l’hypothèse est permanente avec les pédophiles et autres prédateurs sexuels, il doit tout faire pour protéger les victimes et il ne peut prendre le risque de les exposer à des nouvelles agressions.

    Ce qui signifie qu’il faut enfermer le prêtre vicelard dans un monastère, loin de tout enfant, ou qu’il faut tout faire pour les enfants se cassent du lieu ou exerce le prêtre.

    Même chose pour les toubibs, qui se plantent régulièrement.

    Si le père agresseur d’enfant se confie à eux, ou en dit suffisamment pour que le toubib ait tout compris, il ne peut pas dénoncer le mec aux flics, car il y a le secret. Mais il ne peut laisser la situation en l’état, car il sait que l’enfant est exposé demain à une nouvelle agression, donc il y a non assistance à personne en danger.

    S’il ne peut écarter le père, ni trouver une solution pour mettre l’enfant à l’abri (hospitalisation, séjour au loin), il en revient à la dénonciation, car s’est le seul moyen de protection de l’enfant.

    C’est la combinaison de 226-13 et 226-14

    La règle du secret

    "Article 226-13
    "La révélation d'une information à caractère secret par une personne qui en est dépositaire soit par état ou par profession, soit en raison d'une fonction ou d'une mission temporaire, est punie d'un an d'emprisonnement et de 15000 euros d'amende.
    Les exceptions au secret

    Article 226-14

    "L'article 226-13 n'est pas applicable dans les cas où la loi impose ou autorise la révélation du secret. En outre, il n'est pas applicable :

    "1° A celui qui informe les autorités judiciaires, médicales ou administratives de privations ou de sévices, y compris lorsqu'il s'agit d'atteintes ou mutilations sexuelles, dont il a eu connaissance et qui ont été infligées à un mineur ou à une personne qui n'est pas en mesure de se protéger en raison de son âge ou de son incapacité physique ou psychique ;

    "2° Au médecin qui, avec l'accord de la victime, porte à la connaissance du procureur de la République les sévices ou privations qu'il a constatés, sur le plan physique ou psychique, dans l'exercice de sa profession et qui lui permettent de présumer que des violences physiques, sexuelles ou psychiques de toute nature ont été commises. Lorsque la victime est un mineur ou une personne qui n'est pas en mesure de se protéger en raison de son âge ou de son incapacité physique ou psychique, son accord n'est pas nécessaire ;

    "3° Aux professionnels de la santé ou de l'action sociale qui informent le préfet et, à Paris, le préfet de police du caractère dangereux pour elles-mêmes ou pour autrui des personnes qui les consultent et dont ils savent qu'elles détiennent une arme ou qu'elles ont manifesté leur intention d'en acquérir une.

    Le signalement aux autorités compétentes effectué dans les conditions prévues au présent article ne peut faire l'objet d'aucune sanction disciplinaire.

  • Le fameux signalement, c'est une question qui revient à chaque décès d'enfant maltraité : assistantes sociales, médecins, enseignants, etc. Et que d'erreurs ou omissions.

  • Cher Maître,

    Vous êtes-vous jamais intéressé aux actes de pédophilie commis par des membres de l'enseignement ?
    Pendant très longtemps, "l'institution", c'est ainsi qu'elle s'est autoproclamée, a caché soigneusement ces vilaines "dérives" qu'elle ne saurait voir...
    Bien sur, certaines affaires n'ont pu être étouffées et ont éclaté au grand jour. On en a même fait des films "Les risques du métier" dont le co-scénariste a été un célèbre avocat, Maître Cornec...
    Mais à côté de ces quelques cas, combien d'affaires vite expédiées par des mutations fort opportunes des "mis en cause", par la peur des victimes (des représentants des victimes, mineurs...) de mettre en branle une machine infernale qui pourrait les broyer, par la peur dis-je de supposées représailles, et par le silence honteux des responsables de l'éducation nationale.
    En 1997, Mme Ségolène Royal a été nommée ministre des enseignements scolaires, sorte de sous-ministre sous la tutelle de M. Claude Allègre, ministre, lui, de l'éducation nationale.
    De ce jour, l'omerta qui régnait depuis...très longtemps a été rompue. Elle a imposé à tous les responsables, à tous les niveaux de la hiérarchie, les signalements qui s'imposaient...
    Elle a même exigé des responsables de l'éducation nationale (recteurs, inspecteurs d'académie...) l'exhumation des affaires qui avaient été enterrées...
    Je vous prie de croire qu'il y en avait. Mais beaucoup de faits, avérés, étaient prescrits.
    Je vous parle en connaissance de cause, ayant eu à traiter de plusieurs de ces dossiers.

    Alors, je serai un peu plus charitable que vous vis-à-vis du Pape. Ce qu'il a décidé est à l'honneur de l'Eglise et à son honneur.
    Et ce qu'avait décidé Mme Royal était à l'honneur de sa fonction de ministre. Je vous prie de croire que ce coup de pied dans la fourmillière en avait gêné plus d'un.

    Essayons un peu de regarder les choses sans passion et avec honnéteté.

  • que les criminels soient religieux,enseignants,animateurs,ou proches familiers ne change rien à l'hypocrisie d'une institution qui prêche la morale sexuelle (abstinence,chasteté,virginité,etc..).Ce que ne font pas les autres.
    Au fait que dit C.Boutin qui brandissait la bible au parlement lors du vote du Pacs ? on ne l'a pas entendue sur ce sujet.

  • Et oui....
    "...C'est heureusement la fin du silence et le début du grand nettoyage dans les evêchés, il était plus que temps...."
    Cela dit, ils ont mis le temps!
    Il y a là, quelques années de prison et de belles séances de Cour d'Assises" qui se perdent.

    A mon sens, les évêques qui ont étouffé ces affaires, méritent le rétablissement du pilori.
    (pour ne pas dire de se faire fouetter et sodomiser en place publique)
    Surtout en Irlande, car ce que j'ai lu dans leur presse locale, ça m'a hérissé les cheveux....

  • Question (toute personnelle) au Pape:
    Pourquoi ne pas revenir à la Tradition Authentique?
    C.à.d. au mariage des prêtres. Ca soignerait sans doute une partie du "problème".

    Pour d'autres religions, on n'entend jamais de telles séries de scandales aussi vicelards.
    Tout au plus j'ai eu vent d'une triste histoire, tout à fait isolée, de recteur de la mosquée en Algérie. Mais.... J'aime autant vous le dire, celui-là, il n'a pas été "couvert"!!!
    (et certainement pas par les autres Imans) Il est passé dans le journal, puis à sa place:
    au gnouf!

  • Ecrit par : pragmatique | 22.03.2010 ...l'hypocrisie d'une institution qui prêche la morale sexuelle...

    La première des hypocrisies c'est de faire, de tout faire, pour étouffer les scandales quand ils éclatent...
    De ce point de vue, l'Eglise n'a rien à envier à l'institution que j'ai bien connue, jusqu'à une période encore récente, où quand des plaintes n'étaient pas encore déposées on se dépêchait à déplacer "l'objet du scandale", souvent coopérant dans la circonstance, il faut bien le dire. On déplaçait le mistigri, avec un appel téléphonique sur le ton de la confidence embarrassée de l'autorité expulsante à l'autorité destinataire: "Vous allez recevoir X... Faites bien attention à lui...Il a eu des "problèmes" chez moi, vous voyez ce que je veux dire? " - "Oh ! Bien sûr ! Moi, ici, j'ai un monsieur Y... qui me donne bien des soucis. Vous n'en voudriez pas, par hasard ? "
    Je caricature à peine.
    Aurait-on idée de jeter l'opprobre sur tout le corps enseignant à cause de quelques centaines de brebis galeuses ? Certes, non, ce serait stupide !
    C'est tout aussi stupide de le faire pour les prêtres...

  • Il est normal d'être beaucoup plus sévère envers l'Eglise qu'envers d'autres qui n'ont pas de positions aussi fortes contre la pédérastie. Il ne faut pas pour autant tomber dans l'ostracisme qui a valu à ce prêtre d'Outreau de faire pas mal de temps en prison comme pointeur. La question du célibat est hors sujet ; 80% des crimes pédophiles sont commis au sein des familles. Le mariage n'est pas un remède, c'est même la première cause de divorce; si l'on regarde la situation de l'église Anglicane qui s'est un peu amusée sur le dogme, on est plutôt rassuré par Ratzinger.
    Le mariage des prêtres de l'ordre séculier ne serait pas une mauvaise chose en soi, mais que faire des religieuses ? C'est la boîte de Pandore.

  • Le mariage des prêtres de l'ordre séculier ne serait pas une mauvaise chose en soi, mais que faire des religieuses ?

    on les marie ensemble.....

  • @ Mathaf Hacker:

    Ecrit par : Mathaf Hacker | 23.03.2010

    Tout à fait d'accord avec votre vision des choses.

    BàV

  • Ce matin, Pierres Moscovici, grand socialiste et défenseur éternel de la laicité, se permet de grandes élucubrations sur la mariage des prêtres.

    Un respect scrupuleux de la laicité - donc de la liberté de religion - devrait conduire à s'abstenir d'analyses sur des données qui relèvent du dogme.

    On ne peut s'en saisir,que si on revendique son appartenance à cette religion, ou a défaut par des manifestations extérieures qui troublent l'ordre public.

  • @gilles devers
    On peut avoir une opinion sur certaines pratiques religieuses sans appartenir à cette religion. Ce n'est pas incompatible.
    Aucune religion ne doit être à l'abri de la critique, nous ne sommes pas en théocratie

  • Pas d'accord du tout. Sauf si la loi est atteinte, et seulement en ce que la loi est atteinte.

    Les témoins de Jéhovah refusent les transfusions. Je n'ai pas à leur expliquer, à l'appui de démonstrations scientifiques, que ça ne tient pas. Je dois en prendre acte, et c'est tout. Si la mort s'en suit, c'est le respect de leur personne. Mais si la santé (vitale) est en cause, je peux saisir le procureur chargé des enfants, qui verra si l'ordre de transfuser peut être donné, par application de la loi sur l'enfance en danger.

  • Vous n'avez certes pas à leur expliquer cela, mais vous pouvez penser que c'est stupide et l'exprimer publiquement, et il en est de même pour le mariage des prêtres...Après la hiérarchie catholique fait ce qu'elle veut.

  • Ce n'est pas étonnant de la part de Moscovici; non pas qu'il soit particulièrement méchant, mais le PS est profondément anticlérical. C'est le type de questions qui regardent les croyants et personne d'autre. La laïcité est un pacte de non-ingérence, ni plus ni moins. Ce genre d'interventions est aussi déplacé que bas de plafond. Cela dit, des conneries et des injures contre l'église catholique, personne ne s'en prive (moins que sur les musulmans, pour être juste), c'est assuré tout risque.

  • Je précise mon propos qui peut paraitre excessif. La critique est libre, sauf à sanctionner le blasphème. Mais

    1° Mosco n'est pas un citoyen lambda quand il s'exprime. Il parle en tant que responsable d'un parti.

    2° La parité étant une donnée sociale très établie, on peut certainement critiquer et dénoncer des appareils religieux qui sont mono-sexué, tendance mâle le plus souvent d'ailleurs. Mais on glisse vite, car ce qui sous tend cet appareillage religieux là, ce sont des théories religieuses.

    Alors, on peut limiter d'autorité s'il y a atteinte à la loi et critiquer librement. Mais celui, par ex un homme politique, qui entre dans la querelle dogmatique, entre dans un domaine qui n'est pas le sien.

  • je suis d'accord avec vous pour condamner le mélange des genres politique et religieux...

  • l'hypocrisie benoite ne resiste pas à l'information relayée par les nouveaux moyens de communication.Ce qui se savait localement est désormais diffusé largement :nouvelle affaire aux EU ,après le Canada,l'Irlande,l'Autriche,l'Australie...

  • Après cette nouvelle affaire de pédophilie, le Vatican aurait couvert les abus sexuels d’un prêtre américain sur des enfants sourds, une remise en cause de la hiérarchie catholique est inévitable,La lettre du pape semble bien insuffisante vu la gravité et la multiplicité de ces crimes sur les enfants , la parole de l'église semble bien décrédibilisée.
    Ce n'est pas avec ce genre de scandale que les églises vont se remplir de nouveau

  • Ce n'est pas la religion qui est en cause,mais les fonctionnaires de Dieu.Leur cas est aggravé par la bonne parole de pureté sexuelle qu'ils professent.
    Les pédophiles familiaux,animateurs,enseignants ou autres sont tout aussi coupables,mais ils ne parlent pas de péché et ne confessent pas leurs victimes.

  • Pédophilie/pape : "tentative ignoble"
    AFP
    25/03/2010 | Mise à jour : 18:21
    L'Osservatore Romano dénonce ce soir "une tentative ignoble d'atteindre à tout prix Benoît XVI" après la publication par le New York Times d'informations selon lesquelles le pape aurait dans le passé couvert les agissements d'un prêtre pédophile.

    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/03/25/97001-20100325FILWWW00681-pedophiliepape-tentative-ignoble.php

  • La chasteté quelle connerie...Meme un curé doit se vider "légalement" les burretes. Sinon ça monte au cerveau, c'est évident. Laissons les curés forniquer.

  • Personnellement j'ai trouvé cet article écrit par un théologien assez intéressant, il explique les logiques et les morales en cause et en opposition dans ces tristes affaires :

    http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/03/25/pedophilie-le-droit-canon-est-desormais-inadapte-par-charles-condamines_1324340_3232.html

  • Yesroll,

    J'aime bien l'article dans son équilibre qui montre combien le droit canon a précédé les moeurs, et sa conclusion aussi. Après l'offensive contre les musulmans, nous avons une offensive contre l'église catholique qui relève de la même source. Rien de surprenant.

  • Mathaf,

    Il y a au moins deux entités qui s'opposent aux "vieilles religions" majoritaires, les puritanistes évangéliques anglo-saxons et ici en France plus spécifiquement la moitié intolérante des "laïcs".
    Enfin vu de dehors, c'est l'impression que j'ai et j'ai un peu de mal à me situer la dedans.

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