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Devoir de réserve des gendarmes : Ce que dit la loi

Viré de la gendarmerie pour avoir dénoncé une réforme rompant avec l’histoire de la gendarmerie… Notre ami Sarko a peut-être bien eu la main un peu lourde, parce qu’en droit, la « Grande Muette », c’est has been.

Un arrêt de la CEDH donne le ton

break_the_silence.gifLe gendarme qui s’est fait radié hier par un décret signé Sarko, est un grand amateur de liberté d’expression – qu’hommage lui soit rendu –  et on lui doit d’être à l’origine d’un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme datant de quelques mois (15 septembre 2009, no 30330/04) qui nous précise de manière très circonstancié dan quelles conditions les militaires peuvent l’ouvrir. Même si ça défrise l’autorité, et que ça mine le moral des troupes. Eh oui…

Jean-Hughes Matelly, officier de gendarmerie depuis 1992, était jusqu’à hier un gendarme de haut rang : affecté depuis le 15 février 2002 au commandement des écoles de gendarmerie nationale à Maisons-Alfort, et par ailleurs titulaire d’un doctorat de science politique sur les problématiques d’exercice de la police judiciaire et chercheur associé au Centre d’Études et de Recherches sur la Police de Toulouse. Il a publié de nombreux articles spécialisés et des ouvrages. Bref, ce poulet est un gadin.

En janvier 2003, il avait publié dans la très sérieuse revue « Les Cahiers de la Sécurité Intérieure » un article intitulé « Une obligation de résultat pour les gendarmes ? », dans lequel il décortiquait les nouvelles méthodes managériales en fonction d’objectifs chiffrés. L’article n’était passé inaperçu, et Jean-Hughes avait développé son point de vue dans divers grand médias, de manière aussi argumentée que polémique.

Dans les jours qui avaient suivi, il avait reçu de son commandement l’ordre verbal de ne plus communiquer avec la presse écrite et audiovisuelle, puis il se fit infliger un blâme pour violation d’un « règlement militaire » et pour « manquement à l’obligation de réserve dans l’expression écrite ou orale ».

S’en était suivi toute une série de recours, ce jusqu’à une arrêt de la CEDH(. Un arrêt très intéressant, fondé sur l’article 10 qui protège la liberté d’expression. 

D’abord, « La Grande Muette », ce n’est pas le truc. « La Cour rappelle que l’article 10 ne s’arrête pas aux portes des casernes. Il vaut donc pour les militaires comme pour l’ensemble des autres personnes ». On ne devra donc raisonner par l’absolu « On se la ferme », mais par l’absolu « Vas-y tout doux ».

La CEDH pose le principe de ce relativisme : « L’Etat doit donc pouvoir imposer des restrictions à la liberté d’expression là où existe une menace réelle pour la discipline militaire, le fonctionnement efficace d’une armée ne se concevant guère sans des règles juridiques destinées à empêcher de saper cette discipline. Les autorités nationales ne peuvent toutefois pas s’appuyer sur de telles règles pour faire obstacle à l’expression d’opinions, quand bien même elles seraient dirigées contre l’armée en tant qu’institution. »

Applications aux gendarmes : « La Cour estime qu’en embrassant une carrière militaire, le requérant a accepté les devoirs et responsabilités liés à la vie militaire et ne pouvait méconnaître les obligations dérivant de son statut particulier. » Embrassons, embrassons, il en restera toujours quelque chose.

La Cour rappelle qu’il s’agissait d’articles grands publics, évoquant une manipulation des chiffres de la délinquance, « fait de nature à porter atteinte à la crédibilité de ce corps militaire, et à la confiance du public dans l’action de la gendarmerie elle-même ». Dans ces conditions, le devoir de réserve avait été dépassé. Mais, et la Cour souligne que c’est un « élément déterminant de cette affaire », les sanctions prononcées avaient été très modérées.

La loi français embraye, mais la pratique...

silence_1228238931.jpgLe fameux devoir de réserve est une obligation générale des fonctionnaires, dont le régime est essentiellement jurisprudentiel. Le Conseil d’Etat, statuant en matière disciplinaire, rappelle régulièrement que « le devoir de réserve s'impose à tout agent public. » (Conseil d'Etat, N° 97189, 28 juillet 1993)

Le Code de la défense inclut désormais ces règles.

Article L. 4121-1 : « Les militaires jouissent de tous les droits et libertés reconnus aux citoyens. Toutefois, l'exercice de certains d'entre eux est soit interdit, soit restreint dans les conditions fixées au présent livre ».

Article L. 4121-2 : «  Les opinions ou croyances, notamment philosophiques, religieuses ou politiques, sont libres.

« Elles ne peuvent cependant être exprimées qu'en dehors du service et avec la réserve exigée par l'état militaire. Cette règle s'applique à tous les moyens d'expression. Elle ne fait pas obstacle au libre exercice des cultes dans les enceintes militaires et à bord des bâtiments de la flotte.

« Indépendamment des dispositions du code pénal relatives à la violation du secret de la défense nationale et du secret professionnel, les militaires doivent faire preuve de discrétion pour tous les faits, informations ou documents dont ils ont connaissance dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de leurs fonctions. En dehors des cas expressément prévus par la loi, les militaires ne peuvent être déliés de cette obligation que par décision expresse de l'autorité dont ils dépendent.

« L'usage de moyens de communication et d'information, quels qu'ils soient, peut être restreint ou interdit pour assurer la protection des militaires en opération, l'exécution de leur mission ou la sécurité des activités militaires ».

Ce cadre légal est en lui-même nickel, mais la décision prise contre Jean-Hugues parait bien décalée, par l'inadéquation entre le fait reproché et la sévérité de la mesure. Il n'y avait ici aucune trahison des secrets du service, mais une analyse d'ordre général, rare et utile dans le débat d'idées.

Et cette nouvelle affaire ?

Le fait est la publication d’une tribune sur Rue89, « La gendarmerie enterrée, à tort, dans l'indifférence générale », signée non en tant que militaire, mais comme chercheur, et en cosignature avec deux autres chercheurs Christian Mouhanna et Laurent Mucchielli (CNRS, CESDIP). L’article était une synthèse d’un autre texte plus fouillé, publié dans une revue scientifique, et il traitait d’un sujet d’importance : Un projet de loi « portant dispositions relatives à la gendarmerie » qui en pratique anticipait sur le rattachement de la gendarmerie à la police nationale. Vous trouverez ci-dessous le texte en cause. Le ton est sévère, mais les arguments se tiennent, et c’est un débat d’ampleur national qui bénéficié ainsi d’un éclairage avisé sous cette triple signature.

Alors, la mesure de radiation résistera-t-elle aux recours en justice ? Nous verrons, mais le débat est à mon avis très ouvert.

L’auteur a fait preuve d’une prudence certaine, en n’apparaissant pas comme haut gradé, mais comme membre d’une équipe de chercheurs ; le texte traite d’une question de grand intérêt, et apporte au débat ; le texte critiquait des choix politiques, mais était un éloge de l’action de la gendarmerie, notamment dans son rôle social ; enfin, la sanction prononcée est d’une extrême sévérité. Nous attendrons avec intérêt le futur et second arrêt Jean-Hugues de la CEDH…

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Un gendarme titillé par la liberté d'expression

 

Commentaires

  • l'arret de la CEDH

    http://cmiskp.echr.coe.int/tkp197/view.asp?action=html&documentId=855265&portal=hbkm&source=externalbydocnumber&table=F69A27FD8FB86142BF01C1166DEA398649

  • C'est une sanction massacrante, ça vient du petit nerveux. C'est plus facile que de débattre sur le fond.

  • C'est brutal, inapproprié, contre-productif et un aveu de faiblesse d'un pouvoir qui confond autoritarisme et autorité.

    Une "réforme" bâclée de plus qui avait besoin d'un coup de projecteur.
    Alors allons y, c'est quoi au juste cette fusion Police et Gendarmerie ?

  • Cela ne m'étonne pas du tout. Mon époux s'est vu retirer l'agrément de policier car il a osé verbaliser un ami du maire qui faisait des brûlages interdits par l'arrêté du préfet pendant les grosses chaleurs. Résultat : tous reconnaissent son professionnalisme, mais - perte totale de la confiance du maire et mon époux est reclassé dans le grade pour balayer des rues. Cette raison a été cause de deux AVC et de maladie de longue durée actuelle. Dire la vérité, déjà un simple citoyen ne peut le faire que difficilement, alors les fonctionnaires entourés de carcan de règles qu'on peut toujours retourner contre eux, n'ont quasiment aucun droit de liberté d'expression, sinon, lisez plus haut et encore plus haut. Il serait temps que les syndicats des policiers réagissent plus vigoureusement et que les militaires soient mieux respectés car ils ne disent que la vérité, surtout, dans ce cas-là. Continuez, Monsieur, n'abandonnez pas, nous attendons le 2e arrêt. Ne faites pas plaisir aux inamovibles que ne veulent rien moderniser et tombent dans la bureaucratie complète. Il faut leur conseiller de lire Gogol, écrivain russe à ce sujet; 19e siècle et plus actuel que jamais !

  • La tribune sur Rue89 :

    http://www.rue89.com/2008/12/30/la-gendarmerie-enterree-a-tort-dans-lindifference-generale

    C'est une des réformes sur lesquelles De Gaulle s'était cassé les dents, avec la régionalisation et la suppression du Sénat. Les gendarmes sont "territoriaux", et les policiers sont "urbains". Une rationalisation peut très bien se concevoir, avec les moyens techniques actuels, mais le piège est dans le suivi de la réforme. Le manque de suivi, grand mal français qui fait qu'on se retrouve toujours avec beaucoup moins et pire que ce qu'on avait au départ.

  • Les prémisses d'une réaction en chaine :

    http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/france/police-gendarmerie-matelly-radie-pour-ses-critiques-26-03-2010-841840.php

  • Et voici le lien vers la publication à la source du scandale :

    http://www.cesdip.fr/IMG/pdf/Matelly_Mouhanna_Mucchielli.pdf

  • Le gendarme radié a déposé un référé
    AFP
    26/03/2010 | Mise à jour : 12:26
    Le chef d'escadron de gendarmerie Jean-Hugues Matelly, radié pour avoir critiqué le rapprochement police-gendarmerie au sein du ministère de l'Intérieur, a déposé aujourd'hui un référé devant le Conseil d'Etat.

    Si le rapprochement est fait, on ne voit pas pourquoi les gendarmes ne pourraient pas se syndiquer comme les policiers.
    Par ailleurs il n'y a aucun débat démocratique sérieux sur l'emploi des militaires, comme c'est le cas dans beaucoup de pays démocratiques. Lors du vote parlementaire sur la mission en Afghanistan les socialistes se sont défilés comme des pétochards en s'abstenant.

  • Ce gendarme ,cadre au demeurant a franchi la ligne jaune sciemment et en toute connaissance de cause,quant aux conséquences Il pleure aujourd'hui pour avoir était sanctionné?
    Le fait que les militaires puissent exprimer certaines de leurs conditions de travail pourquoi pas,mais en attendant un texte l'y autorisant :La loi c'est la loi C'est bien ce qu'ils sont chargés de faire et ils l'appliquent ,vis a vis du citoyen lambda Allez circulez

  • La Liberté, l'information véritable, et le langage ordinaire, sont aujourd'hui, un peu partout, séparés par un fossé devenu presque infranchissable...

  • Antimythe,

    Il est sanctionné en tant que gendarme pour un texte signé (voir le lien plus haut) publié en tant que chercheur.
    La sanction appliquée est de toutes façons lourde et disproportionnée.

    A part ça, je salue dans la série "le courage de ses opinions" Chantal Jouanno qui n'a eu pour le moment à subir qu'un remontage de bretelles. Elle n'est pas militaire, c'est vrai.

  • Le lien sur l'arret de la CEDH proposé par Maître Devers fait 10 pages dans Word... mais c'est intéressant !

  • Il y a une pétition en ligne :


    http://petitioncontreradiationcdtchercheurmatelly.wordpress.com/

  • Ce qui lui est reproché constitue effectivement une violation du devoir de réserve, mais la sanction est complètement exagérée.

  • Mathaf,

    Elle est réconfortante cette pétition...

  • Cette sanction, n'a rien de sévère étant donné que ce monsieur est un récidiviste qui se vit infliger le 18 mars 2003 un blâme du ministre de la défense pour violation d’un « règlement militaire » et pour « manquement à l’obligation de réserve dans l’expression écrite ou orale. Le conseil d'état avait cassé cette sanction. Je crois que ce monsieur a bien épuisé son droit à l'erreur et ses incartades répétées le situent bien dans le domaine de la faute grave, sanctionnée à sa juste mesure. Monsieur Mattely avait d'ailleurs posé un recours concernant sa liberté d'expression devant la cour européenne des droits de l'homme et avait été débouté. Le compte rendu figure sur ce lien. http://www.delegfrance-conseil-europe.org/strasbourg/spip.php?article309

  • Comment ça pas sévère ? Même les gendarmes qui ont été pris les doigts dans la confiture n'ont pas été radiés. Ce sera à la Justice de trancher, et pas à l'exécutif, c'est une occasion de faire évoluer le jurisprudence. Le fameux "domaine réservé" de De Gaulle n'a plus lieu d'être en 2010.

  • En effet, un militaire a connaissance du devoir de réserve lorsque il signe son engagement.
    De même un fonctionnaire ou un employé ne peuvent s’exprimer librement sauf à être représentés par des syndicats.
    D’autres professions, comme les médecins, les psychologues les avocats, et d’autres, sont subordonnées au secret professionnel, et même les prêtres au secret de la confession.

    Cependant la loi a pris des dispositions ces dernières années pour permettre de rompre cette obligation lorsque le professionnel se trouve confronté à une situation qu’il estime devoir signaler à la justice.

    Ces arguments vont dans le sens d’une stabilité du fonctionnement des institutions et des entreprises. A moins de se trouver franchement dans une mouvance contestataire ou anarchique, personne de censé ne songe à remettre en question les fondements de la stabilité.

    Simplement, si tout le monde les suivait jusqu’au bout, le peuple n’aurait jamais remis en question l’inquisition, ni la royauté, ni l’esclavage, ni les absolutismes et totalitarismes politiques ou économiques.
    Les idées des grands penseurs, philosophes et sociologues n’auraient pas vu le jour et beaucoup l’ont payé de leur vie.
    La pensée intellectuelle de la France n’aurait pas rayonné dans le monde au siècle des Lumières.
    Nous aurions toujours les murs de la Bastille en guise de Déclaration des Droits de l’Homme.

    Le respect des principes ne doit pas rendre aveugle ni sourd, ni laisser déraper les situations. Car les dirigeants n’en sont pas moins hommes, et donc faillibles, surtout lorsqu’ils sont soumis à des situations qui exacerbent certaines de leurs tendances sous-jacentes.

    Je ne m’arroge ni le droit ni les compétences de porter des jugements de valeur sur les hommes.
    En revanche, je m’intéresse aux idées qu’ils véhiculent à leur façon, avec leurs moyens, leurs mots, dans leur contexte. Et là je trouve matière à progresser.

    Les livres et articles de Jean Hugues Matelly sont les supports du fruit de sa pensée, de ses recherches, et d’une responsabilité qu’il porte envers nous tous de par la formation que le pays lui a fourni, tout comme les professeurs en médecine doivent à leur tour transmettre l’enseignement qu’ils ont reçu autant que les résultats de recherches auxquelles ils sont tenus. Cela fait partie du «contrat».

    Une petite touche de questionnement sincère et de Mise en question loyale de problématiques dans le cadre d’évolutions, en perspective d’anticipation, est toujours intéressante et productive.
    Il s’agit simplement d’apporter sa pierre à l’édifice.

    C’est aussi elle qui a fait de l’armée ce qu’elle est aujourd’hui, une armée moderne, ouverte, qui prend en compte la composante humaine dans la chaine de commandement pour mieux gérer les opérations et les ressources (exemple de la prise en charge du stress professionnel en opex par l’armée de terre).


    C’est aussi malheureusement le contraire qui conduit nombre de salariés et fonctionnaires au désespoir et la France en dangereux déséquilibre social au lieu de la stabilité recherchée. Dans ce cas, le respect de la hiérarchie et de l’institution ou de l’entreprise est devenu silence coupable, et indifférence, qui tuent, les hommes autant que les institutions.

  • Observons également les "Lois de la relativité", Maitre Devers, sous l'angle, qui pourrait également vous intéresser vivement, de la liberté non seulement d'expression, mais plus fondamentalement de recherche des chercheurs en général.

    En effet, comme vous l'avez très justement rappelé, JHM a officié en tant que co-chercheur du CNRS, fonction autorisée par la Gendarmerie.

    Beaucoup de scientifiques du monde de la recherche et de l'enseignement supérieur sont très inquiets depuis quelques mois et projets de réformes voire de réformes en cours, quant au cadre d'exercice de la recherche, de la liberté qu'elle présuppose, quant à la propriété intellectuelle, aux conditions d'expression, de communication et de publication de leurs travaux.

  • Sarkomence... "Ceux qui ne sont pas d'accord peuvent sortir."
    Voila à quoi ça se résume à l'heure actuelle...

  • Oui il y a au dessus une hiérarchie composée de généraux séniles incompétents dépassés par le progrès la liberté d’expression pour les militaires et gendarmes.
    Ils sont encore à la gie de grand papa "garde à vous et ferme ta gueule" ils ont oubliés d'évolués avec le temps voila pourquoi cette institution et si en retard par rapport à la police qui ramasse toujours les meilleurs parts du gâteau.
    le rapprochement avec la police sous la tutelle de l'intérieur est la perte de cette arme la gie n'a rien à gagner dans cette union au contraire tout à perdre sauf pour le gouvernement qui à toute latitude pour museler une nouvelle grogne du personnel en bas de l'échelle honte à ceux qui on pris cette décision.

  • Vous parlez tous du devoir de réserve.Qui peut en définir les contours ? Où commence t il ? Sans texte, comment juger ?

  • Cette décision de radiation n’est rien d’autre qu’une forme « d’autoritarisme » qui révèle la faiblesse d’un pouvoir essayant par la force de garder une légitimité que lui refusent les citoyens comme nous l’avons vu lors des élections régionales :

    http://euroclippers.typepad.fr/alerte_ethique/

    La dérive autoritaire du gouvernement est aussi constatée dans la « mise au pas » de la justice et nous rapproche chaque jour un peu plus d’une société dans laquelle tous les contre-pouvoirs sont progressivement neutralisés.

    Tout ceci est la porte ouverte au développement d’un véritable totalitarisme mafieux – mafieux en raison de la corruption de nos élites - et dont nous ne pourrons sortir que par une très grave crise politique.

    Jean-Charles Duboc

  • Bravo à Isabelle Voidey qui a bien défini le problème et où cela peut nous mener à terme si l'on s'accroche, sans réfléchir, aux règles qui ne sont faites que par les hommes. Je suis entièrement d'accord avec vous. Dans notre région, un commandant de gendarmerie ou capitaine, je ne suis pas très forte dans les grades a été sanctionné car il a osé critiquer le fonctionnement actuel de la gendarmerie démotivant, privilégiant les chiffres qui cachent la forêt. Résultat : avertissement. Il n'est pas bon, actuellement, de dire la vérité en France.

  • La question est plus simple encore.

    D'un coté la cooptation, qui bien sûr justifie et exige un devoir de réserve très rigoureux. Car si les magouilles, les coups de téléphones transversaux ou les lettres de félicitations "bidons", sur mesure, pour "justifier" un traitement de carrière particulier, hors tuyau de gestion avec les règles normales étaient médiatisés, on peut dire sans risque de se tromper que la réforme de l'Etat prendrait de suite une grande accélération, très inattendue. Entre parenthèses, je me souviens d'un coup de téléphone, donné sur ordre au cabinet particulier, avec un passe d'entrée(....), pour pistonner un cadre, qui ne remplissait pas du tout les conditions pour accéder au grade supérieur. Plus tard, début décembre, lorsque je l'ai fait appeler chez le chef de corps, pour qu'il soit félicité de son inscription à l'avancement, il est arrivé en tremblant, pensant qu'il avait fait une connerie et serait puni. Il a failli "tomber de la chaise", quand le chef lui a annoncé son inscription au grade supérieur, alors qu'il pensait même, ne jamais passer.
    NB/ le message officiel pour l'avancement est transmis en général vers le 22 décembre. Ceux qui disposent de l'information déjà le 5 décembre, donc une quinzaine avant le Ministre lui-même, possèderaient par conséquent un pouvoir supérieur à celui du Ministre ? Bon alors, c'est qui le pilote dans l'avion ? Fermez la parenthèse.

    De l'autre, une radiation sur ukase, on ne pose pas la question de savoir, si ce que dit cet officier est pertinent ou intelligent, on considère que vu son grade, qu'il y a plein de généraux, beaucoup plus "intelligents", la preuve par neuf, puisqu'ils sont plus gradés.

    En conclusion, le chef a raison... (cf Courteline dans toute sa splendeur) D'ailleurs il vaut mieux ne pas discuter et griller des paillotes, la preuve par neuf, on passe direct Colonel : une autre façon de clore le dossier : en résumé, "vos gueules les mouettes, c'est pas votre problème". Les exemples sont là pour fixer les repères et les idées : la discipline est toujours la force principale des armées et commencer à réfléchir, c'est commencer à désobéir!

    En Bosnie, je me suis penché sur des errements du même style, à l'époque de Srebrenica, avec des chefs très disciplinés, certains très médiocres, mais disciplinés jusqu'à l'outrance extrême. J'ai bénéficié d'un rapatriement en cours de séjour, suite à l'envoi entre autres, d'un Fax à Jean-Louis DEBRE, à l'Assemblée Nationale. Seulement au mois du Juillet c'est les grandes vacances et j'ai reçu la réponse, après être rentré en France en septembre.

    En fin d'année on m'a incidemment proposé ma quatorzième mutation, inscrit d'office et en dernière minute, tout en bas d'une liste hiérarchique, même après les jeunes lieutenants, par un officier, qui a quasiment fait trente cinq ans dans la même unité, sans mutations. Quelque mois plus tard, après quelques papiers complémentaires, j'ai été radié des cadres avec un préavis de 4 jours..... Mais chacun peut vous le dire, nous ne sommes pas en Afrique, mais bien en France, sauf qu'il y a bien quelques "africains" aux commandes.

    Concernant Mattely, il n'a aucune chance en conseil d'Etat, car les commissaires de la République ne sont pas neutres mais aux ordres, à l'image des parquets. Cela dit, son but est sans doute d'épuiser toutes les voies de recours nationales, pour attaquer la décision au niveau de la cour européenne.

    Le problème du militaire est de choisir entre se taire et subir les conneries ou se comporter en homme responsable. Vaste dilemme!

    Par exemple, un cas didactique. Comme un Ministre, qui récemment a dépensé 116.000 euros ou quelques pour une balade touristique. On pourrait comparer à d'autres, qui établissent un ordre de mission, font valider l'engagement des dépenses par le contrôle administratif, puis achètent 20 billets à Air France, payés au prix fort. Deux jours plus tard, ils annulent, acquièrent les billets auprès d'une compagnie low cost, deux fois moins chère et font rembourser la différence. Bilan : gain de cinquante pour cent et détournement équivalent des caisses de l'Etat. Alors on fait quoi ? On profite comme tout le monde du financement dégagé pour les pots, banquets et sorties à l'étranger? Ou on fait le vilain canard, qui va se faire plumer en prime, bousiller la carrière et exclu du banquet d'Odin ?

    Finalement le devoir de réserve, c'est salutaire, à moins de procéder à une réforme radicale de l'Etat, en pénalisant toute forme d'inefficacité, de gabegie, à considérer au même titre qu'un détournements injustifiés de fonds publics. Il est clair, que cela responsabiliserait les postes clés de la hiérarchie, qui écouteraient sans doute avec beaucoup plus d'acuité, les subordonnés, lorsqu'ils font montre d'une intelligence ou d'une intuition, hors pair.

  • Jean, ce que vous avez écrit, de façon impartiale et argumentée mais aussi avec beaucoup d'amertume est tout à fait exact. Seulement, où l'avez-vous vu qu'un supérieur accepte un subordonné intelligent, et d'autant plus, plus intelligent et instruit que lui, le CHEF ?! Ailleurs, c'est la persécution sous toutes formes, à l'armée et fonction publique c'est la radiation des cadres. Jamais, la hiérarchie supérieure, ni les élus n'étaient nantis d'autant de pouvoir et à tort ! Il faut de la comptétence pour diriger et pas un piston !!!

  • Naguima,

    Non pas d'amertume. Soit on s'adapte au système ou on quitte. Quand au devoir de réserve, cela concerne les dossiers et activités, qui requièrent d'une protection ou relèvent du secret. La loi du silence imposée, sous couvert du devoir de réserve, porte préjudice à la Nation. Par ailleurs, en interne par la voie hiérarchique rien ne transpire bien loin. Car dès lors que vous proposez une analyse non-conformiste, au mieux vous mettez indirectement en cause votre chef ou la hiérarchie. Croyez bien que cela passe très mal et ce sont eux qui vous notent. Ils ne vous oublieront pas, car vous êtes dangereux pour le déroulement optimal de la carrière, à mettre en lumière des manques ou des dysfonctionnements, même si vous proposez une solution.

    Court-circuiter la voie hiérarchique, cela peut se faire. J'avais proposé une modification d'un matériel opérationnel, cela coûtait 70 francs et était simple à réaliser avec un gain opérationnel très important. Un colonel a mis mon papier sur la table à l'EMAT à Paris. Ils n'ont rien compris mais l'un d'eux a téléphoné à mon Général pour lui dire de me donner du boulot, que cela éviterait de proposer des modifications de systèmes d'armements, qui ne relèvent pas de ma mission.

    J'ai proposé mieux, entre autres, à la commission de la défense de créer une émanation du Parlement, disposant d'un pouvoir réel, y compris la possibilité de saisine du pouvoir judiciaire, à l'image de ce qui existe chez les Allemands. Chaque chaque militaire peut contacter cette instance directement, hors voie hiérarchique, en toute confidentialité, pour soumettre ses idées, comme lss griefs, y compris fautes de commandement observées, infractions pénales et autres. J'ai vu un capitaine parachutiste allemand, avoir de gros souci, parce qu'il avait un problème avec un appelé. Histoire de l'ennuyer il lui avait fixé un rendez-vous le vendredi à 16 heures, alors que la fin du travail était à midi. Il a eu chaud et le dossier a été transmis à la justice. Il avait du s'arranger et s'excuser. Le capitaine était issu d'une famille très haut placé, cela ne l'a pas aidé du tout.

    En France, la démocratie, n'est pas assez forte, pour concevoir ce genre de commission compétente. Les premiers à s'y opposer sont le pouvoir exécutif, dont le ministre, qui n'acceptent pas d'ingérence, ni de contrôle parlementaire de ce type. Même le Président de la Commission de la défense ne répond pas à un tel courrier. En clair, on préfère continuer à enterrer les délits, magouilles, combines, brimades, harcèlement, alcoolisme, ou laisser fleurir les castes et sectes, voire couvrir bien pire.

    Du coup, le devoir de réserve, correspond précisément à la loi du silence en vigueur en Corse ou en Italie du Sud, avec la bénédiction des politiques de tous bords.

  • je t envoie cet article j espere que tu le recevras

  • Non, si le système est véreux, on ne peut s'adapter. On s'attire beaucoup d'ennuis, j'en sais qch, mais je n'ai jamais abandonné. J'ai été élevée avec un grand sens d'honneur, d'honnêteté et de fierté. On ne me fera pas faire les choses qui plaisent à l'hiérarchie ou bien, j'exige un écrit, et là, cela s'arrête net. Les Français sont devenus peureux, vous allez droit à la dictatures, mes potes et vous ne vous en rendez pas compte car tout se fait en douceur. Et votre fierté, cela fait longtemps que beaucoup de citoyens français ont mis le mouchoir dessus. Comment peut-on vivre avec une conscience salie ? J'ai du mal à comprendre, peut-être, de part mes origines asiatiques, mon honneur est au-dessus de tout, même de la vie.

  • "J'ai du mal à comprendre, peut-être, de part mes origines asiatiques, mon honneur est au-dessus de tout, même de la vie."

    Vous êtes originaire de quel pays asiatique ?

  • Mes origines sont mongole, tatare, allemande et peut-être turque et russe. Mes aieux combattaient dans l'armée de Gengis-Khan et les ailleules aussi d'ailleurs. Aussi bien que les hommes, elles coupaient les têtes des ennemis avec des sabres courbés. Je dois avoir hérité de leurs gènes. C'est pour cela certainement je ne supporte pas l'interprétation intégriste de l'Islam. Avec tout cela, je suis musulmane sunnite de tendance soufie.
    Satisfaite, Aysin ?

  • merci

  • merci

  • super post de video et video xxl

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    Depuis 16 ans, je traduis régulièrement des articles parus dans les publications de plusieurs organismes spécialisés en économie, business, management, stratégie internationale et armements.
    Je vous propose de traduire vos documents de l’anglais au français et du français à l’anglais (authentiquement bilingue, comme l’attestent d’autres employeurs au CAPRI, AREION, CESIM et FRS, entre autres.

    Je traduis et/ou relis les travaux de recherche de nombreux collègues de l’université de Grenoble où j’enseigne, de même qu’au GSCM de Montpellier (joignable à cette adresse : y.barlette@supco-montpellier.fr, ainsi que Sciences Po Paris (Yves Déloye Département de Science Politique Institut Universitaire de France, yvesdeloye@hotmail.com) d’Amélie COURTINAT Université de Toulouse II Laboratoire "Psychologie du Développement et Processus de Socialisation amcourt@hotmail.fr, ou Rébecca Grollemund, Laboratoire dynamique du langage,soyer@enesad.inra.fr, valeriepallas@yahoo.fr (université Paris XII), dumazertj@esc-larochelle.fr, francesco.maiani@idheap.unil.ch, nferrari@excellency.fr, www.recherche-et-organisation.com, vida-editions@wanadoo.fr , Institut de la Méditerranée : g.desormiere@femise.org, etc.
    ,

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    Je suis disposé à effectuer une première traduction gratuite, pour faire connaissance (gratuite jusqu’à 1000 mots, dans la partie du document, égal ou supérieur à 2000 mots, de votre choix, ou 50% de gratuité pour un document inférieur à 2000 mots).

    Voici comment je travaille : mes tarifs ont été fixés par rapport aux prix du marché, et toujours en dessous. Traductions (et bien sûr relecture) sur la base de 0,09€/mot de l’original, et non de la traduction, qui est toujours plus longue (Vous pouvez calculer la dépense avant même de commander, sans craindre que la traduction s’avère beaucoup plus longue que l’original et donc plus coûteuse que prévu ).

    Et comme une traduction est le plus souvent effectivement plus longue, je vous demande, avant de commander, d’ajouter 20% forfaitaire au tarif de base, quelle que soit la longueur de ma traduction, et pour couvrir aussi les taxes Agessa et Ircec que je dois acquitter pour ma part (enregistré à la Chambre de Commerce, Siret 520 457 367 00016). Ainsi, mes tarifs ne sont pas des estimations mais sont fermes et définitifs ; en dessous du marché, sans toutefois brader mon travail, car lors de cette première collaboration, j’espère que vous en constaterez aussi la qualité.

    Même calcul pour la relecture seule, sur la base de 0.05€/mot, tarif très compétitif car, comme il est parfois aussi long de corriger que de traduire, certains traducteurs demandent le même tarif pour relire que pour traduire. Tarifs inférieurs à ceux (0.15 à 0.25€/mot) pratiqués à l’heure actuelle.

    Dans l’attente du plaisir de collaborer avec vous, croyez, Madame, Monsieur, en mes sentiments dévoués

    Dominique Macabies
    Professeur d'anglais UFR ESE
    Université Pierre Mendès France,
    BP 47, 38040 Grenoble cedex

    Domicile: Cidex 362
    38920 Crolles

    Tel: 04 76 08 06 61
    04 76 82 57 24
    06 80 777 503

  • Euh oé enfin ça date quand même tout ça

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