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Les BACmen menacés

police-nationale.jpgJe n’ai jamais lu un tel document. Un SMS reproduit par Le Point et qui circule d’après l’hebdo sur les téléphones portables des flics de France : « Les effectifs BAC-Grenoble ont été mis en repos de force par le préfet et obligés de quitter la région avec femmes et enfants. La BAC étant impliquée dans la mort du braqueur, les bruits courent que ses amis ne vengeront sa mort que par la mort d'un BACman au lance-roquettes si nécessaire. Comme l'État n'est pas capable d'assurer la protection de ses fonctionnaires, il organise leur fuite. Ne prenez plus de risques pour un État qui ne peut garantir la sécurité des premiers de ses défenseurs. Faites passer ».

J’attendais le démenti mais, pile à l’inverse, toutes les informations l’ont accrédité. Dans la cité de La Villeneuve à Grenoble, les écoutes téléphoniques et des infos recueillis ont établi que plusieurs policiers de la BAC font l'objet d'un contrat, et le ministère de l’Intérieur a mis sous protection ces policiers et leurs familles. Lisons Le Point : « Sur les 45 hommes de la BAC de Grenoble, la plupart ont obtenu d'être mis "au repos" et certains d'être mutés. Pour les remplacer, on a fait appel à d'autres BAC, notamment celles de Lyon et de Marseille. Ont été également déployés sur place, le RAID (Recherche Assistance Intervention Dissuasion), le GIPN (Groupe d'intervention de la police nationale) et la BRI (Brigade de recherche et d'intervention) ».

Je souhaite tout d’abord bon courage aux flics venus d’ici et d’ailleurs, qui doivent prendre la relève, dans les pires conditions, il n’est pas la peine d’insister. Je souhaite que les crapules qui lancent ces contrats et s’organisent – pour preuve le stock d’armes de combat saisies dans un bar – soient mises en échec, et puissent au plus tôt être arrêtées. Je souhaite par-dessus tout à ceux qui vivent dans ce quartier, et en particulier aux enfants, qu’ils gardent leur sang-froid, et retrouvent dès que possible leur droit à l’insouciance. Et, quoi que je pense des responsabilités politiques, je souhaite au gouvernement de ramener le bon ordre dans ce quartier. 3374651077_fcfe88762e.jpg

L’ordre doit régner, ça ne se discute pas. Mais ces jours-ci, chacun retient son souffle, car la grande crainte est que la police se trouve dépassée. Le langage guerrier des ministres devient pitoyable, devant les chiffres de l’effondrement des politiques d’Etat dans les banlieues. Ce matin, en me rasant, j’ai failli me taillader la peau en entendant à la radio des auditeurs expliquant que c’était la guerre, et qu’il fallait envoyer les militaires dans les cités. Catastrophique.

La cité de La Villeneuve, c’était une cité comme une autre, et pas la pire. Et en quelques heures, c’est le basculement, avec cette terrible ponctuation : les flics, qui font leur travail  comme fonctionnaires de l’Etat sont placés sous protection de la police, et obligés de fuir, avec femmes et enfants.  

On nous amuse beaucoup avec les amours contrariétés de Liliane Bettencourt et de la famille Woerth. Mais on s’en fiche. Les assujettis à l’IGF de Neuilly sont au pouvoir, et font leurs affaires : nous sommes au courant, et on sait ce qui les mobilise. Ce feuilleton est un dérivatif.

En revanche, ce qui se passe dans les banlieues et dans la police est grave, et nous concerne tous. C’est l’échec d’un discours fondé sur la peur : création de la peur contre les jeunes, salis par la qualification globale de « racailles » ; création de la peur face à la police et la justice. Un président de la République souhaitant que les jeunes aient peur de la Justice… Une aberration ! Ces grands services publics n’ont aucune vocation à faire peur, mais seulement à défendre l’ordre républicain, qui repose avant tout sur la compréhension, qui combat l’autoritarisme pour assoir l’autorité.

Il faut que cette crise passe, mais aussitôt après, il faudra trouver une autre discours et d’autres méthodes, face à l’échec cinglant du gouvernement sur la sécurité.

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Comment s'en sortir ?

Commentaires

  • Bien dit !

  • faut que Sego soit élue, comme ça elle trouvera LA solution: raccompagner chaque policier(e) pour le trajet domicile travail

  • L'envoie de l'armée dans les banlieues est une marotte de l'extrême droite et de la droite de l'UMP. Pas plus tard que ce soir :
    « Luca fustige quant à lui […] n'hésite pas à demander la “militarisation de certains quartiers, devenus des zones de guerres tribales” » http://www.lefigaro.fr/politique/2010/07/27/01002-20100727ARTFIG00581-la-droite-decomplexee-s-organise-a-l-assemblee.php

  • La violence amène la violence.
    Et à qui profite-t-elle?
    A force de voter des lois à partir d'un fait divers, on arrive à ce qu'un fait divers devienne un fait de société

  • Triste constat d'impuissance, les flics reculent devant une poignée de racailles. Je n'ai pas un amour immodéré de la police, mais dans beaucoup de situations elle sert de tampon et paie un lourd tribut en termes de blessés et de morts. A tel point que cela devient presque banal de voir des voyous foncer sur les barrages de police comme dans un jeu de quilles. C'est plus que de la police dont il s"agit, c'est l'autorité de l'état qui fout le camp.

  • Et vous êtes étonnés ? Vous faites de tristes constats ? Mais qui jetait la pierre sur la police et organisait des marches silencieuses en l'honneur des voyous, bandits, dealeurs ? Ce n'est pas les associations ou les populations qui préfèrent voir un flic mort que vivant, en tout cas hors de leurs cités pour qu'ils puissent se donner à leurs petites et grandes affaires ? les politiques n'ont pas soutenu à temps la police, au contraire, la plupart des maires a désarmé sa police municipale, les policiers nationaux ont l'ordre de tirer que dans de certaines circonstances. Tout a été fait pour que le banditisme, l'incivisme refleurisse. Oui, l'article de Me DEVERS est excellent. l'Etat capitule devant les voyous et laisse les flics seuls dans la rue. Laissez la police faire son travail et vous verrez que cela se calmera rapidement. Ils savent agir, quand il faut sans violence. Mais envoyez les flics aguerris, pas les jeunes sortis des écoles et les têtes farcies des idées utopistes. La police est avant tout répressive, préventive en même temps mais elle n'a pas le rôle d'assistante sociale. Il est temps de le comprendre. Je répète mais rappelez-vous le commissaire N'Guyen Van Loc qui faisait régner l'ordre à Marseille, pourtant une ville pas tranquille. Et les flics rentraient dans tous les quartiers. Qu'est-ce qu'il est devenu ? Dégagé, d'avoir trop bien fait son travail, officiellement, a pris sa retraite, il me semble, paix à son âme. Voilà comment il faut travailler. Et rarement, son équipe utilisait les armes. C'étaient des flics entraînés, avec une parfaite maîtrise de soi, respectueux des lois et de la population.

  • J'espère que les électeurs retrouveront suffisamment de bon sens pour virer du pouvoir les responsables de ce fiasco et leur petit chef.
    Il faudra juger ces pyromanes qui n'arrivent plus à faire les pompiers.

  • Hé oui ,il y a des endroits de la république qui sont des mondes a part,avec leurs lois,leurs organisations,leurs solidarités et ou les flics ne vont qu'a leurs risques et périls Ces salauds de flics,au service de Sarkoland,ces racistes qui contrôlent aux faciès ces povres d'jeunes victimes Ces flics qui utilisent leurs armes pour se défendrent Ces flics qui sont vilipendés tout les jours par les médias,qui ne sont pas respectés par les voyous Chercher l'erreur ?
    Ici la BAC est sur tout les murs de la cité avec des promesses,pour eux ,leurs mères ou leurs familles Certains ont leurs noms suivit de menaces Il n'y a plus qu'eux qui viennent encore Les municipaux y ont renoncés après y avoir laissés quelques véhicules,des plaies ,bosses et insultes Ils ont crânement essayés de venir en vélo a la sortie des écoles Certaines harpies les ont pris a partie,insultes crachats,ils ont abandonnés Ils viennent en nombre pour faire de l'éducation routière aux enfants point barre Chaque jours les petits voyou font des démonstrations de leurs mépris des lois Course poursuite en motos,en quad et même en vélo Inutile de vous arrêter si vous êtes accrochés par l'un ou l'autre sauf a vouloir se ramasser une grosse tête dernièrement un monsieur d'un certain age a réagit par ce que l'un de ces braves jeunes lui avait brulé la priorité Quelques instants après un 4*4 lui est rentré dedans pas l'arrière Les pompiers ont eut beaucoup de mal a l'évacuer (Fractures des vertèbres cervicales) C'est l'intervention d'un barbus armé,d'une canne qui a permit de calmer les esprits Je vous raconte pas le couple de jeunes mariés passés a tabac par ce que lui militaire avait eu l'outrecuidance de mettre un drapeau Français pour décorer sa voiture .....Bien sur je ne suis qu'un affreux xénophobe,raciste et tout ceci n'est que pure invention

  • Vous semblez ignorer que ces policiers sont humains avec des familles à protéger...

  • Le problème c'est que dans ce monde que nous nous dessinons depuis quelques dizaines d'années, un truand qui braque et cherche à tuer avec un Uzi, c'est un héros pour certains puis une victime, pour encore davantage de monde, lorsqu'il se fait abattre par les garants de l'ordre public.
    Cette spirale ubuesque dans laquelle nous plongent des angélistes et des canailles est à inverser.
    Je ne dis pas que tous les policiers et gendarmes sont irréprochables et que tous les braqueurs sont à abattre, mais le fait est que le braqueur est du mauvais côté, le policier, du bon. Celui qui est du mauvais et veut passer dans le bon doit pouvoir le faire, on doit lui en donner les moyens, et celui qui est du bon côté, s'il dévie, il doit être sanctionné.
    C'est limpide à graver dans le marbre.
    Ce qui se passe à Grenoble et toux ceux qui cherchent à le justifier nuisent, dans mon idée, à la collectivité.

  • Non, mais quand je vous lis ce jour, même si c'est toujours plutôt bien écrit, je ne peux que halluciner ! Bien sur qu'à un problème, il faut une solution à la hauteur, et plus on attend, et plus longtemps encore on reporte dans le temps l'insouciance retrouvée des enfants dont vous parlez ! Donc, il faut savoir ce que vous voulez, car sans proposition, on peut rester longtemps dans cet attentisme...

    Même si c'était l'idée de la Ségolène de mettre l'armée dans certaines cités, dans le cas présent ce serait particulièrement pertinent. Si face à une bande de jeunes chevronnés, l'état n'est même pas capable d'assurer la sécurité de ces flics, je n'ose imaginer ne serait-ce qu'une mili-seconde face à la N'Drangheta !!!...

    Et pour "Révoltée", en attendant c'est bien ce que fait l'état dans le cas présent ou la pratique courante lorsqu'une personne se fait menacer de mort !! Parce que c'est une proposition de Royal, on devrait rien dire et juger ça idiot... n'importe quoi.


    Ça fait déjà longtemps que l'armée est appelée par l'état en Italie contre les mafias. Il n'y a rien d'exceptionnel là-dedans. A la base, c'est justement pour sécuriser le quartier pour les enfants. C'est sur que ça leur construit pas un avenir, mais peut-être faudrait-il déjà parvenir à faire retirer toutes les armes dans ce quartier et faire cesser les trafics pour que ceux-ci puissent se concentrer sur les cours et autres activités...

  • En me relisant, je trouve que je ne suis peut-être pas assez explicite, donc je tiens à souligner que évidemment, il ne faut pas attendre 2015 pour faire venir l'armée dans les quartiers. D'autant que ceux-ci se paupiérisent et qu'aujourd'hui on ne vole plus pour voler mais juste pour ennuyer tout le monde. Si la police ne peut pas réussir à remettre de l'ordre dans un quartier comme celui-ci au quotidien, je ne vois en ce qui me concerne que l'Armée !


    C'est d'une telle évidence...

    Arrêtez de regarder la réalité derrière des lunettes fluos comme ça en a l'air. La police ne peut plus réussir ce tour de force. Et les habitants, notamment les enfants dont vous parlez, seront les premiers contents à voir l'ordre rétabli et la sécurité !

    Vraiment, je ne comprends pas vos barrières psychologique à écrire ce genre de chose contre l'armée comme si on franchissait un échelon, comme si quelque chose de grave se passait... Rien ne s'arrangera autrement et il ne s'agit pas de venir et de tout casser dans les cités mais de remettre de l'ordre. Comme si l'armée qui se ballade aux pieds de la Tour Eiffel ne savait pas se comporter ou manquait de tact devant les vendeurs à la sauvette ou les badauds qui insultent un agent de la police qui met un PV à leur véhicule devant eux...

    Ce défaut de confiance à nos armées est regrettable de votre part !...

    Mais c'est vrai que si c'est à Sarkozy de l'annoncer, ça fait peur !!...

  • Il n'est pas besoin d'impliquer l'armée, dont ce n'est pas le métier, dans ces affaires. Il faut revoir les procédures d'utilisation des armes par les policiers, et ne pas les laisser comme des couillons au milieu du gué, dans la crainte de se voir durement sanctionnés alors qu'ils sont en légitime défense. On ira peut-être vers une escalade de l'usage de la force, mais c'est préférable à la démission.

  • Je suis désolé Mathaf, mais cela peut tout à fait faire partie des prérogatives de l'Armée d'un pays. D'autant plus quand on voit comment au Niger l'Armée a pris les choses en main dans un pays où 7 millions de personnes sur 16 connaissent la famine ! Ou quand on voit comment en Colombie l'Armée a déployé ses forces pour lutter contre les forces de rébellions armées.

    Ce n'est pas 4 flics dans une cité qui vont changer grand chose. Les pauvres... je les plaindrais presque. En revanche, voir une armée présente avec une vingtaine de personnes, pas nécessairement tous armés puisqu'il n'y a pas de risque terroriste, ça rétablirait l'ordre. Encore une fois, c'est d'une telle évidence. Il faut arrêter de croire que tous les enfants vont être choqués. Si derrière tu donnes les moyens à leur éducation, ils peuvent comprendre, tout comme vous !

  • Les flics craquent et il y en a même qui croient encore (MDR) que le sieur Sarkozy n'est pas au courant de ce qu'il se passe dans les cités... Trop fort !!

    http://www.lepoint.fr/societe/denis-policier-a-la-bac-le-flic-est-un-sous-citoyen-28-07-2010-1219604_23.php

    Voilà, au choix tu mets des flics qui sont assoiffés de désir de vengeance ou l'armée en permanence pour faire respecter l'ordre et accompagner la police sur certaines missions...

    Mais la position actuelle est intenable, ne serait-ce que jusqu'à la fin de l'année. Sauf pour le flic en retraite de l'article...:)

  • Si le truc, c'est de dire que l'arret du service militaire pour le remplacer par rien a laissé un vide et des dettes couteuses, oui?

    Mais, pourquoi l'armée à La Villeneuve ?

    1. C'est un quartier qui vivait sa vie pas trop mal. A suivi le braquage et la mort d'un jeune, avec les suites que l'on sait. Il reste des enquetes de police à faire, et à toruver les coupables. Il vont faire quoi les soldats ?

    2. Faire de l'ordre public dans les quartiers c'est un métier, qui est celui de la police. alors, on peut foprmer l'armée a faire le travil de la police, mais où est l'intéret ?

    3. Je me souviens de l'époque (trois ans) où on ne pouvait rien dire contre Fadela, héroine des banlieues et du sarkosisme réunis. Elle avait grand plan génial pour répondre au" mal des balnlieux". La star de NPNS était venu dans la région faire un véritable show à Vaulx en Velin, pour présenter ce plan de génie qui alllait rattraper les années de rettard, et créer des emplois, et ramener les services publics et faire les poles d'excellence...

    Or, il n'y a rien eu. Rien

    La semaine dernière, la star était dans le Nord, où elle visité un quartier en moins d'une heure et sous escorte policiière

    Ce n'est pas d'armée dont on a besoin. Il faudrait d'abord des excuses, pour le mépris affiché.

  • euh... Angel06, Sego proposait de raccompagner toutes les femmes de la police qui rentrent tard le soir, pas une ou deux qui étaient particulèrement menacées. quid par ailleurs des femmes chauffeurs de bus qui peuvent rentrer tard aussi, des femmes de ménage qui peuvent commencer le boulot vers 5h du mat et donc sortir très tôt alors qu'il fait nuit? quid des infirmières qui bossent de nuit? quid quid et quid?
    J'ai voté Sego moi aussi (au second tour, pas au premier, faut pas pousser quand même), ça ne veut pas dire que j'étais d'accord avec toutes ses propositions. Mais il est vrai que je suis pardonnée pour mon vote car c'était un cas de force majeure

  • Pourtant, la solution peut etre a porté de tous, sans qu'on ait le besoin de mettre les militaires ou faire revivre le service militaire ou une autre solution couteuse et sans effet.

    Faudra regarder du cote le l'experience dans les Favelas en Colombie et au Brésil.
    Dans ces endroits de non-droit et extreme violence, la solution est occuper l'espace vide laissé par les institutions avec des mouvements citoyens.
    Offrir centres d'occupation pour les tout petits avec la formation par la musique et sport, les former aux reglès de respect et de vie dans une societé.

    Il a bien sur d'autres actions comme peut on voir dans ce link:

    http://www.slate.fr/story/4083/violence-et-citoyennet%C3%A9

  • oui les favelas Sauf qu'aucune école ne brule ,ni n'a jamais brulé dans les favelas Que les médecins,infirmière,professeur,pompiers y sont respectés Que la population a un réel désir de s'en sortir et ne réclame pas de l'assistanat ,mais des logements,l'eau courante,et du travail On est loin bien loin de la mentalité de nos cités

  • La mentalité des quartiers, attention...

    Qui aurait parlé de la mauvaise mentalité de La Villeneuve ? Qui aurait dénigrté ce quartier la veille des indicents ?

    Pour ce qui me concerne, je vois arriver à la fac, en M2 ou doctorat des étudiants issus de ces quartiers, et qui iront loin. Je ne suis donc pas d'accord du tout avec cette vision désastreuse. Il ya une hargne de réussir que l'on ne retouve pas à Neuilly.

  • Avec ce que nosu voyons ces jours ci, ce n'est pas un pb de banlieues mais un pb de police.

    Le bilan de Sarko est un désastre. il a défiguré ce grand service public. Tout ce qui lui reste, c'est la perte dans un discours hallu "la guerre".

  • L'assassinat de la jeune policière municipale par un braqueur de fourgon en rhône-alpes n'avait rien à voir avec un problème de la police ou de banlieue, mais avec un système judiciaire qui relâche dans la nature, de véritables prédateurs en confondant, allégeant, remisant les peines.

  • A Villiers-sur-Marne, pardon.

  • Les ravages de la socio-culture : témoignage d’un ancien directeur d’une maison de jeunes

    lundi 26 juillet 2010, par Jules Dupont

    J’ai été directeur d’une importante maison de jeunes (et de la culture, ajoutait-on) à Grenoble en 1979 et 1980. J’ai habité plusieurs années la Villeneuve, très précisément (les adresses ont leur importance à la Villeneuve) au 10 Galerie de l’Arlequin. Formé dans les mouvements de jeunesse et d’éducation populaire, j’avais quitté mon poste de professeur du secondaire pour revenir à ma passion première : les adolescents difficiles. Ma formation s’est faite dans la banlieue parisienne entre Villeneuve la Garenne et Bezons dans ce monde des cités. J’ai été imprégné de pédagogie par projet selon les principes de Piaget, dans une atmosphère héritée du mouvement ouvrier, très marqué par le syndicalisme et l’église catholique, les deux étant d’ailleurs très interpénétrés : entre jeunes de la JOC et des JC, les discussions et la camaraderie étaient la règle. Il n’y avait pas délinquance dans ce temps-là : dans la banlieue rouge, la référence c’était l’ouvrier P3 outilleur, l’aristocratie ouvrière. Il était hors de question de voler ou de manquer l’école. L’accès aux responsabilités supposait la perfection dans son métier et dans sa vie sociale. L’ascension sociale par le travail et l’instruction étaient la règle et avaient une finalité : l’émancipation du peuple et de la classe ouvrière.

    Avec des études supérieures et une solide expérience de terrain, j’ai été recruté par une grande fédération de maisons de jeunes et de la culture et me suis retrouvé à la tête de la maison du quartier de l’Abbaye, entre la Villeneuve et le centre ville, où parmi les nombreuses expériences sociales entreprises par la municipalité Dubedout, l’objectif était de sédentariser les gitans.

    Je me suis retrouvé rapidement en complète dissonance avec ce milieu : pour l’institution, les « jeunes » étaient par définition des victimes de la société. Ils n’étaient pas responsables de leur situation. Pour la mairie et pour les associations, le seul indicateur de performance était la quantité de moyens déversés sur le quartier. Le mot « jeune » avait une dimension sacrée, christique, et aller aux jeunes était vivre une sorte de chemin de rédemption. Une de mes collègues, directrice d’une maison voisine, en avait même épousé un, dans un double mouvement de dérision vis-à-vis de l’institution du mariage et de fusion compassionnelle avec un « jeune ».

    Je me suis très rapidement retrouvé marginalisé avec ma pratique basée sur la responsabilisation individuelle et le sens du collectif, et mes tentatives d’instaurer le principe de régulation des transgressions des normes. « Norme, mais de quelle norme parles-tu ? Nous ne sommes pas là pour cautionner la société bourgeoise ». Il n’y avait donc aucune norme. Les familles ne payaient pas leur loyer et attendaient le dernier moment pour se contenter de glisser le papier bleu dans la boîte aux lettres de l’assistance sociale. Dans les sorties de ski que j’organisais avec « les jeunes », ceux-ci me donnaient leurs lunettes à porter quand il n’y avait pas de soleil pour les reprendre ensuite « Tu es payé par la mairie pour t’occuper de nous ». L’assistanat généralisé était la seule règle. Rien n’était assez beau : on payait aux « jeunes » les plus beaux équipements. Les « jeunes » arboraient narquois l’argent du chômage en précisant qu’ils refusaient de contribuer à quoi que ce soit.
    Je vous épargne la suite pour les plus curieux Google

  • Lui sait de quoi il parle
    Les ravages de la socio-culture : témoignage d’un ancien directeur d’une maison de jeunes

    lundi 26 juillet 2010, par Jules Dupont

    J’ai été directeur d’une importante maison de jeunes (et de la culture, ajoutait-on) à Grenoble en 1979 et 1980. J’ai habité plusieurs années la Villeneuve, très précisément (les adresses ont leur importance à la Villeneuve) au 10 Galerie de l’Arlequin. Formé dans les mouvements de jeunesse et d’éducation populaire, j’avais quitté mon poste de professeur du secondaire pour revenir à ma passion première : les adolescents difficiles. Ma formation s’est faite dans la banlieue parisienne entre Villeneuve la Garenne et Bezons dans ce monde des cités. J’ai été imprégné de pédagogie par projet selon les principes de Piaget, dans une atmosphère héritée du mouvement ouvrier, très marqué par le syndicalisme et l’église catholique, les deux étant d’ailleurs très interpénétrés : entre jeunes de la JOC et des JC, les discussions et la camaraderie étaient la règle. Il n’y avait pas délinquance dans ce temps-là : dans la banlieue rouge, la référence c’était l’ouvrier P3 outilleur, l’aristocratie ouvrière. Il était hors de question de voler ou de manquer l’école. L’accès aux responsabilités supposait la perfection dans son métier et dans sa vie sociale. L’ascension sociale par le travail et l’instruction étaient la règle et avaient une finalité : l’émancipation du peuple et de la classe ouvrière.

    Avec des études supérieures et une solide expérience de terrain, j’ai été recruté par une grande fédération de maisons de jeunes et de la culture et me suis retrouvé à la tête de la maison du quartier de l’Abbaye, entre la Villeneuve et le centre ville, où parmi les nombreuses expériences sociales entreprises par la municipalité Dubedout, l’objectif était de sédentariser les gitans.

    Je me suis retrouvé rapidement en complète dissonance avec ce milieu : pour l’institution, les « jeunes » étaient par définition des victimes de la société. Ils n’étaient pas responsables de leur situation. Pour la mairie et pour les associations, le seul indicateur de performance était la quantité de moyens déversés sur le quartier. Le mot « jeune » avait une dimension sacrée, christique, et aller aux jeunes était vivre une sorte de chemin de rédemption. Une de mes collègues, directrice d’une maison voisine, en avait même épousé un, dans un double mouvement de dérision vis-à-vis de l’institution du mariage et de fusion compassionnelle avec un « jeune ».

    Je me suis très rapidement retrouvé marginalisé avec ma pratique basée sur la responsabilisation individuelle et le sens du collectif, et mes tentatives d’instaurer le principe de régulation des transgressions des normes. « Norme, mais de quelle norme parles-tu ? Nous ne sommes pas là pour cautionner la société bourgeoise ». Il n’y avait donc aucune norme. Les familles ne payaient pas leur loyer et attendaient le dernier moment pour se contenter de glisser le papier bleu dans la boîte aux lettres de l’assistance sociale. Dans les sorties de ski que j’organisais avec « les jeunes », ceux-ci me donnaient leurs lunettes à porter quand il n’y avait pas de soleil pour les reprendre ensuite « Tu es payé par la mairie pour t’occuper de nous ». L’assistanat généralisé était la seule règle. Rien n’était assez beau : on payait aux « jeunes » les plus beaux équipements. Les « jeunes » arboraient narquois l’argent du chômage en précisant qu’ils refusaient de contribuer à quoi que ce soit.La suite en cherchant sur Google,et avec un peu de temps il y a d'autres témoignages,pour ceux qui veulent savoir et comprendre pourquoi nous sommes dans cette impasse

  • d'où viennent ces armes si fréquentes dans certains quartiers? leur vente n'est elle pas interdite? si ce "marché " était stoppé ce serait un grand pas.

  • On peut se procurer une Kalach pour 200€, mais en l'occurence c'était un Uzi, nettement plus cher.

  • ma question ne concernait pas tellement le prix.
    mais bon, de toute façon il faudra bien un jour se pencher sur la question serieusement.

  • Il y a eu un afflux d'armes sur le marché parallèle, surtout russes, depuis la chute du mur et ensuite la guerre de Yougoslavie. Ce sont surtout des armes de guerre, y compris des RPG que les braqueurs de fourgons bancaires ont utilisés. Les filières sont nombreuses et extrêmement difficiles à éradiquer. Ca peut se passer aussi facilement que des camions de cartouches de cigarettes de contrebande.

  • c'est clair le pbm des armes est un pbm à considérer et à régler,
    mais ça ne suffira pas en soi, avec un couteau de cuisine ou des mains et des jambes on peut faire déjà bcp de dégats

  • On ne braque pas avec juste des bras et des jambes, on lynche certes mais ce n'est pas la meme clientèle.

  • oui oui je parlais du phénomène de violence d'une manière générale (j'aurais du préciser...)

  • Oui mademoiselle et j'ajouterai dans un pays où l'on a plus d'entrain à protéger la vie d 'un taureau que celle d'un policier.

  • Donc, d'abord le lien du reportage qu'Antimythe rapporte :

    http://www.marianne2.fr/Violences-a-Grenoble-le-fruit-de-decennies-de-victimisation-et-d-assistanat_a195765.html

  • il est évident que la politique sécuritaire du gvnt est une catastrophe, et pas uniquement la politique sécuritaire. Déjà que ça n'allait pas super bien avant que le type qui nous gouverne aujourd'hui ne fasse surface au ministère de l'intérieur puis à la tête de l'Etat, mais là c'est devenu carrement pire. Et tout ça sur de la tchatche, sur du vent. Il a réussi à monter les gens contre les uns contre les autres, les classes sociales les unes contre les autres, il a accentué l'animosité (c'est un euphémisme) jeunes/police, bref, un diviseur de première classe.
    et comme j'aime bien recouper les infos, voici deux infos, l'une sur les résulats du vidéoflicage à Lyon (bon là c'est vrai Sarko n'y est pour rien ce sont las villes), l'autre sur une histoire d'affrontement et de caillassage jeunes-police vers Lyon toujours
    http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2010/07/28/limpact-de-la-videosurveillance-est-de-lordre-de-1/#more-810
    http://www.lyoncapitale.fr/lyoncapitale/journal/univers/Actualite/Justice/Minguettes-prison-ferme-pour-un-caillassage-de-la-BAC

    donc dans le premier article on y constate que le fric que l'on met dans ces appareils ne sert pas à grand chose: certaines municipalités préfèrent mettre l'argent dans ces appareils et en réduisant ou supprimant l'argent qui pourrait aller à des assoc par exemple qui exercent parfois un excellent travail de terrain

    puis dans le second article (vous remarquez au passage la clémence et le laxisme du juge, puisqu'il parait que les condamnations ne tombent jamais et que les juges sont des complices de la délinquance par leur angélisme) on y apprend que les versions des faits divergent selon que l'on se place côté police ou côté jeunes. Loin de moi l'idée de prendre partie pour un camp ou pour un autre, mais simplement on découvre à la lecture de l'article que le doute aurait pu peut être être levé... par le visionnage des enregistrements de vidéosurveillance... et ça n'a même pas été fait. ...!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    inefficacité de la vidéosurveillance? CQFD

  • @Révoltée : Moui enfin, moi j'ai compris qu'avec bon sens ça ne sous-entendait pas toutes les femmes policières, mais celles qui sont menacées. Pour moi, malgré ses propos, il est facile d'imaginer que ce n'est pas possible et que c'était juste une parole pour revendiquer l'action à prendre dans toute sa mesure si nécessaire... Un peu comme chez nous dans le sud quand on s'enflamme et qu'on parle beaucoup pour faire comprendre tout ce qu'on ressent.

    @Gilles Devers : Le problème ne date pas de Sarko non plus. Il ne faut pas exagérer !!
    Chirac de son temps ne s'est jamais levé, n'a jamais pris la tribune et dit lors d'un discours "Si vous les jeunes vous vous rebellez dans les quartiers ou ailleurs, vous vous exposez à vous prendre une balle !" Il faut arrêter ce discours Sarko Sarko, car Ok il a peur de faire sa politique et préfère tout simplement faire comme son prédécesseur qu'il se permet de critiquer et de nommer "Roi fainéant", mais déjà le problème était à traiter depuis 1989 et les premières émeutes... Or, qu'est-ce qu'on voit ? C'est seulement maintenant que les anciens combattants d'ADN ont enfin les mêmes droits que les français pour le solde après la consécration d'un film. De même, nous n'avons eu aucun président qui a réellement pris l'ampleur du problème social de la jeunesse en face. Déjà du temps de Balavoine, ce dernier apostrophait Mitterand sur ce sujet et d'une façon assez violente pour en faire des rumeurs sur la mort de ce chanteur... Donc, si tous ces foutus politicards se préoccupaient plus de l'avenir de la nation et moins de leurs carrières politiques, on n'en serait pas là.

    C'est pourquoi notamment, je pense que les effectifs de la police que, en revanche et effectivement, Sarkozy ne cesse de réduire sont désormais insuffisants pour parvenir à se faire respecter. Et l'armée pour faire cesser les trafics avec une présence permanente pour faire crever certains abcès le temps que des enquêtes puissent être conduites est évident.

    Maintenant, je ne vis pas dans ces quartiers et il est certain que sans une bonne communication pour expliquer et présenter les choses, cela ne ferait que renforcer la stigmatisation que les jeunes de ces quartiers vont ressentir à la vue de ces nouveaux uniformes...

    En attendant, il faut bien que les plus jeunes étudient et aient l'envie de rester concentrés sur leurs projets d'étude. Jusqu'aux dernières nouvelles, celles-ci étant l'un des rares moyens de réussite dans ce monde, des formes de réussites souvent très éparses et difficiles quand on n'est sans réseau comme nous le savons tous...

  • Sauf qu'aucune école ne brule ,ni n'a jamais brulé dans les favelas Que les médecins,infirmière,professeur,pompiers y sont respectés Que la population a un réel désir de s'en sortir et ne réclame pas de l'assistanat ,mais des logements,l'eau courante,et du travail On est loin bien loin de la mentalité de nos cités


    Antimythe,
    Je ne sais pas de quelle favela tu parles, mais les notres ne n'ont pas aussi une belle charte d'intentions comme ça.
    Le respect est du qu'au chef traficant de drogues de la favela ( Si l'école, le professeur, le pompier, etc, ne le respect pas, il sautent). C'est- a dire: eliminées d'une façon barbare. La coutume est de mettre "l'infracteur" dans ce qu'on appele four a microonde. Il ne reste plus rien apres ça. PAs ce corps , pas de preuve...
    Les enfants sont mis comme vendeurs de drogues ( les lois brésiliennes sont très faibles pour le crime commis pas les mineurs. Pas de prison, et ils sortent très vite).
    Bon, leur future la majorité y pense, mais pour monter dans l'échellon du trafic de drogues, plus juteux, plus facile.
    Quelques uns pensent au travail, mais ils doivent subir et se taire la loi du trafic de drogues sous peine d'avoir la famille et sa "maison" detruite.

  • Lorsque je travaillais en Loire Atlantique, j'ai croisé une assistante sociale qui a été révoltée par la politique d'assistanat ! Comme Antimythe, elle voulait responsabiliser les jeunes, les faire travailler de leurs mains pour qu'ils sachent ce que c'est le travail. Les faisait effacer les tags, mais cela n'a pas duré. Comment ose-t-elle se démarquer de la politique générale ?! Pour ne pas perdre son travail, elle s'est résignée. Et combien de personnes comme elles sont ecoeurées par leur travail, démotivées et maintenant, elles ne vont presque plus dans les quartiers : trop dangereux, vous imaginez ?! Arrêtons de les victimiser, les jeunes des quartiers, certains s'en sortent très bien même s'ils ne sont pas soutenus par la famille. Donc, il y a un potentiel, il faut revenir dans les quartiers et ne pas les laisser aux mains des dealeurs et les barbus islamistes et autres.

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