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Sarko, il faut que tu arrêtes avec les Roms

Après l’ONU, le Conseil de l’Europe et le Pape, c’est le Parlement de l’Union européenne qui explique, référence après référence, argument après argument, comment la France bafoue ses engagements internationaux et fait le choix délibéré de frapper des personnes vulnérables, et les plonger dans la précarité. Demain, pendant que nos enfants se calent sur la rentrés scolaires, d’autres redoutent l’arrivée à six heures du matin des mégaphones, des gaz lacrymogènes et des pelleteuses, pour détruire ce presque rien qui est la base de leur vie, et les embarquer dans la plus incertaine des misère.

Je suis écœuré par l’action de Sarkozy Nicolas, Fillon François, Hortefeux Brice, Alliot-Marie Michèle, Besson Eric, Kouchner Bernard et tous leurs sbires. Ils ont oublié et le droit et la conscience. Ils sont dans l’illégalité et l’inhumanité et leur place est devant un tribunal pour répondre de leurs méfaits.

Le monde entier les a condamnés moralement et politiquement. Le vice fondamental, outre la brutalité, est qu’ils font payer à ces personnes, de manière indifférenciée, les fautes commises par d’autres, ceux qui avaient dévasté un village. Si ces faits de délinquance grave n’avaient pas eu lieu, il n’y aurait pas eu cette loi anti-roms.Ca s’appelle une punition collective, et son interdiction est tellement établie dans le monde qu’elle a acquis une valeur coutumière.

Les arguments juridiques ne manquent pas. J’avais cité et détaillé la résolution du Comité des ministres du Conseil de l’Europe du 30 juin 2010, qui argumentait à partir de la Charte sociale européenne et de sa jurisprudence, avec des renvois directs au droit interne. La résolution du parlement européen, datée du 9 septembre 2010, est tout aussi motivée. Apprécions la qualité de ce travail.

Les protestations des associations et des manifestants sont sincères, et ils sont nombreux à cotés des Roms et des Tsiganes. Mais maintenant, il faut être logique. La politique du gouvernement de Sarkozy est brutale, violente, et voir Hortefeux ou Besson parler de départ volontaire de la par de personnes dont les forces de police française ont détruit la maison le matin même place ces ministres à leur juste niveau, celui de l’humus. D’accord. Mais la suite est simple : les associations ne peuvent dénoncer ces violations du droit et ne pas saisir la justice. Ou alors, c’est dire que ces violations ne le sont peut être pas tant que ça. Il faut être cohérent.

A mon humble avis, il est temps de saisir la justice. Question de crédibilité.

Ci-dessous la résolution du Parlement européen. C’est long, ardu, austère… oui, mais c’est aussi structuré et limpide. Cette dénonciation politique repose sur la violation du droit. Au lieu de crier comme un petit malheureux incompris, le gouvernement de Sarkozy Nicolas ferait mieux de répondre sur le plan du droit, un terrain qu’il a abandonné. Au passage, je vous invite à apprécier la qualité du travail du Parlement européen.

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Résolution du Parlement européen du 9 septembre 2010

 sur la situation des Roms et la libre circulation des personnes dans l'Union européenne

Le Parlement européen,

Les visas

Ingres,_The_source.jpg–  vu la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, et en particulier ses articles 1, 8, 20, 21, 19, 24, 25, 35 et 45,

–  vu le droit international en matière de droits de l'homme, notamment la convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale, la convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes et la convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant,

–  vu les conventions européennes sur la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et la jurisprudence correspondante de la Cour européenne des droits de l'homme, la charte sociale européenne et les recommandations correspondantes du Comité européen des droits sociaux, ainsi que la convention-cadre pour la protection des minorités nationales du Conseil de l'Europe,

–  vu les articles 2 et 3 du traité sur l'Union européenne, qui consacrent les droits et les principes fondamentaux de l'Union européenne, y compris les principes de la non-discrimination et de la libre circulation,

–  vu les articles 8, 9, 10, 16, 18, 19, 20, 21, 151, 153 et 157 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne,

–  vu ses résolutions du 28 avril 2005 sur la situation des Roms dans l'Union européenne, du 1er  juin 2006 sur la situation des femmes roms dans l'Union européenne, du 15 novembre 2007 sur l'application de la directive 2004/38/CE relative au droit des citoyens de l'Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres, du 31 janvier 2008 sur une stratégie européenne vis-à-vis des Roms, du 10 juillet 2008 sur le recensement des Roms en Italie sur la base de leur appartenance ethnique, du 11 mars 2009 sur la situation sociale des Roms et l'amélioration de leur accès au marché du travail dans l'UE et du 25 mars 2010 sur le deuxième sommet relatif aux Roms,

–  vu la directive 2000/43/CE du Conseil du 29 juin 2000 relative à la mise en œuvre du principe de l'égalité de traitement entre les personnes sans distinction de race ou d'origine ethnique, la directive 2000/78/CE du Conseil du 27 novembre 2000 portant création d'un cadre général en faveur de l'égalité de traitement en matière d'emploi et de travail, la décision-cadre 2008/913/JAI du Conseil du 28 novembre 2008 sur la lutte contre certaines formes et manifestations de racisme et de xénophobie au moyen du droit pénal, la directive 2004/38/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 relative au droit des citoyens de l'Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres et la directive 95/46/CE du Parlement européen et du Conseil du 24 octobre 1995 relative à la protection des personnes physiques à l'égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données,

–  vu les rapports sur les Roms, le racisme et la xénophobie dans les États membres de l'Union européenne en 2009, publiés par l'Agence des droits fondamentaux, et les rapports du Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg,

–  vu les conclusions des Conseils européens de décembre 2007 et de juin 2008, les conclusions du Conseil "Affaires générales" de décembre 2008 et les conclusions du Conseil "Emploi, politique sociale, santé et consommateurs" sur l'intégration des Roms, adoptées à Luxembourg le 8 juin 2009,

–  vu la proclamation en 2005 de la Décennie pour l'intégration des Roms et la création d'un Fonds pour l'éducation destiné aux Roms dans un certain nombre d'États membres de l'Union, de pays candidats et d'autres pays dans lesquels les institutions de l'Union sont présentes de manière notable,

–  vu sa résolution du 24 octobre 2006 sur l'immigration des femmes: le rôle et la place des femmes migrantes dans l'Union européenne,

–  vu les conclusions du premier sommet européen sur les Roms (Bruxelles, 16 septembre 2008) et du deuxième sommet européen sur les Roms (Cordoue, 8 avril 2010),

–  vu le rapport à venir de sa commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures concernant la stratégie de l'Union européenne sur l'intégration des Roms, attendu pour la fin de l'année 2010,

–  vu les recommandations présentées par le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale de l'Organisation des Nations unies au cours de sa 77e session (du 2 au 27 août 2010),

–  vu le 4e rapport de la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI) du Conseil de l'Europe, publié le 15 juin 2010,

–  vu les dix principes fondamentaux communs en matière d'intégration des Roms,

–  vu l'article 110, paragraphe 4, de son règlement,

Les considérants

Descartes.jpgA.  considérant que l'Union européenne est fondée sur les principes consacrés par la Charte des droits fondamentaux et les traités de l'Union européenne, parmi lesquels figurent les principes de la non-discrimination, des droits spécifiques définissant la citoyenneté de l'Union et du droit à la protection des données personnelles,

B.  considérant que la mise en œuvre de ces principes est assurée par les directives 2000/43/CE, 2000/78/CE, 2004/38/CE et 95/46/CE précitées,

C.  considérant que les 10 à 12 millions de Roms européens continuent de subir des discriminations systématiques graves, en matière d'éducation (en particulier la ségrégation), de logement (notamment les expulsions forcées et les mauvaises conditions de vie, souvent dans des ghettos), d'emploi (un taux d'emploi particulièrement bas) et d'égalité d'accès aux systèmes de santé et à d'autres services publics, et que leur niveau de participation politique est incroyablement bas,

D.  considérant qu'une majorité d'entre eux sont devenus des citoyens de l'Union européenne après les élargissements de 2004 et de 2007, si bien qu'eux-mêmes et les membres de leur famille ont le droit de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres,

E.  considérant que de nombreux Roms et communautés roms qui ont décidé de s'installer dans un État membre autre que celui dont ils sont ressortissants se trouvent en situation de particulière vulnérabilité,

F.  considérant que des renvois et des retours de Roms ont eu lieu dans différents États membres, notamment en France récemment, où le gouvernement a fait procéder soit à l'expulsion soit au retour "volontaire" de centaines de citoyens roms de l'Union, entre les mois de mars et d'août 2010,

G.  considérant que les autorités françaises ont invité les ministres de l'intérieur de l'Italie, de l'Allemagne, du Royaume-Uni, de l'Espagne, de la Grèce, du Canada, des États-Unis, et, ultérieurement, de la Belgique, ainsi que des représentants de la Commission, à participer à une réunion organisée à Paris en septembre pour aborder les questions d''immigration" et de libre circulation relevant de la compétence de l'Union européenne, à laquelle les autres États membres n'ont pas été conviés, et que le ministre de l'intérieur italien a fait part de son intention de préconiser un durcissement de la législation européenne en matière d'immigration et de libre circulation, notamment à l'égard des Roms,

H.  considérant que cette attitude est allée de pair avec une vague de stigmatisation des Roms et de dénigrement général des Tziganes dans le discours politique,

I.  considérant que le tribunal administratif de Lille a confirmé sa première décision du 27 août 2010 annulant les arrêtés préfectoraux de reconduite à la frontière prononcés à l'encontre de sept Roms, en estimant que les autorités n'avaient pas prouvé l'existence d'une "menace pour l'ordre public",

J.  considérant qu'il n'a de cesse d'inviter la Commission à mettre sur pied une stratégie de l'Union visant à promouvoir les principes de l'égalité des chances et de l'insertion sociale pour les Roms en Europe,

K.  considérant que l'Union européenne dispose de divers outils de lutte contre l'exclusion des Roms, à l'instar de la nouvelle possibilité, prévue dans le cadre des Fonds structurels, de consacrer jusqu'à 2 % de la contribution totale du Fonds européen de développement régional (FEDER) aux dépenses de logement en faveur des communautés marginalisées, laquelle entrera en vigueur dans le courant de l'année 2010, ou bien des possibilités qu'offre le Fonds social européen,

L.  considérant que les progrès réalisés dans la lutte contre la discrimination à l'encontre des Roms visant à leur garantir leur droit à l'éducation, à l'emploi, à la santé, au logement et à la libre circulation dans les États membres ont été inégaux et lents, et que les Roms devraient être mieux représentés dans les structures gouvernementales et l'administration publique au sein des États membres,

La décision

mahatma-gandhi.jpg1.  rappelle que l'Union européenne est d'abord et avant tout une communauté fondée sur des valeurs et des principes qui visent à y préserver et à y encourager l'existence d'une société ouverte et inclusive ainsi que la citoyenneté de l'Union, en particulier en interdisant toutes les formes de discrimination;

2.  souligne que le droit de tous les citoyens de l'Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement dans toute l'Union constitue un pilier de la citoyenneté de l'Union telle qu'elle est définie par les traités et mise en œuvre par la directive 2004/38/CE, que tous les États membres sont censés appliquer et respecter;

3.  se déclare vivement préoccupé par les mesures prises par les autorités françaises ainsi que par les autorités d'autres États membres à l'encontre des Roms et des gens du voyage prévoyant leur expulsion; les prie instamment de suspendre immédiatement toutes les expulsions de Roms et demande à la Commission, au Conseil et aux États membres de formuler la même demande;

4.  souligne que les expulsions collectives sont interdites par la Charte des droits fondamentaux et par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et que ces mesures sont contraires aux traités et au droit de l'Union européenne, car elles constituent une discrimination fondée sur la race et l'appartenance ethnique ainsi qu'une violation de la directive 2004/38/CE relative au droit des citoyens de l'Union et des membres de leurs familles de circuler librement dans l'Union européenne;

5.  s'inquiète vivement en particulier de la rhétorique provocatrice et ouvertement discriminatoire qui a marqué le discours politique au cours des opérations de renvoi des Roms dans leur pays, ce qui donne de la crédibilité à des propos racistes et aux agissements de groupes d'extrême droite; rappelle dès lors les décideurs politiques à leurs responsabilités et rejette toute position consistant à établir un lien entre les minorités et l'immigration, d'une part, et la criminalité, d'autre part, et à créer des stéréotypes discriminatoires;

6.  rappelle à cet égard que la directive 2004/38/CE prévoit, à titre exceptionnel uniquement, des restrictions à la liberté de circulation et à l'expulsion de citoyens de l'Union et impose à ces mesures des limites spécifiques et bien définies; relève, en particulier, que les décisions d'expulsion doivent être évaluées et adoptées sur une base individuelle, et tenir compte des circonstances personnelles ainsi que du respect nécessaire des garanties procédurales et des obligations de réparation (articles 28, 30 et 31);

7.  souligne également que, conformément à la directive 2004/38/CE, l'absence de revenus ne peut en aucun cas justifier une expulsion automatique des citoyens de l'Union (considérant 16 et article 14) et que les restrictions à la liberté de circulation et de séjour pour des raisons d'ordre public, de sécurité publique ou de santé publique ne peuvent se fonder que sur un comportement individuel et non sur des considérations générales relevant de la prévention ni sur l'origine ethnique ou nationale;

8.  souligne, en outre, que le relevé des empreintes digitales des Roms expulsés est illégal et contraire à la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne (article 21, paragraphes 1 et 2), aux traités et au droit de l'Union européenne, en particulier aux directives 2004/38/CE et 2000/43/CE, et qu'il constitue une discrimination fondée sur l'origine ethnique ou nationale;

9.  prie instamment les États membres de respecter pleinement leurs obligations en vertu du droit de l'Union et de supprimer les incohérences existant dans l'application des exigences de la directive relative à la libre circulation; demande une nouvelle fois aux États membres de revoir et d'abroger leurs lois et dispositions qui instaurent directement ou indirectement, à l'encontre des Roms, des discriminations fondées sur la race et l'appartenance ethnique, et demande au Conseil et à la Commission de contrôler l'application par les États membres des traités et directives sur les mesures destinées à lutter contre la discrimination et relatives à la liberté de circulation, en particulier en ce qui concerne les Roms, et, si tel n'est pas le cas, d'adopter les mesures qui s'imposent, notamment en lançant des procédures en manquement;

10.  considère que la situation des Roms en Europe ne peut en aucun cas affecter l'accession à venir de la Roumanie et de la Bulgarie à l'espace Schengen, ni les droits de leurs citoyens;

11.  regrette profondément la réaction tardive et réservée de la Commission, pourtant gardienne des traités, lorsqu'il s'est agi de vérifier la conformité des actions menées par les États membres avec le droit primaire et la législation de l'Union, et plus particulièrement les directives susmentionnées sur la non-discrimination, la libre circulation et le droit à la confidentialité des données personnelles; confirme l'inquiétude que lui inspirent les implications de la répartition actuelle des responsabilités concernant les politiques relatives aux Roms entre les membres de la Commission et appelle à une coordination horizontale étroite capable d'assurer à l'avenir une réaction rapide et efficace;

12.  invite la Commission à soutenir fermement les valeurs et les principes inscrits dans la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et les traités et à réagir sans attendre en procédant à une analyse exhaustive de la situation en France et dans tous les États membres quant à la conformité des politiques qui y sont menées à l'égard des Roms avec la législation de l'Union, notamment sur la base des informations fournies par les ONG et les représentants des Roms;

13.  s'inquiète vivement de ce que, en dépit de l'urgence de la question, la Commission n'ait pas encore répondu jusqu'ici à la demande qu'il lui a faite en janvier 2008 et en mars 2010 d'élaborer une stratégie européenne sur les Roms, en coopération avec les États membres; invite à nouveau la Commission à mettre sur pied une stratégie européenne globale sur l'insertion des Roms;

14.  estime que l'Union et tous les États membres doivent assumer ensemble la responsabilité qui leur incombe de promouvoir l'intégration des Roms, laquelle nécessite une approche globale au niveau de l'Union prenant la forme d'une stratégie de l'Union concernant les Roms, fondée sur les engagements pris lors du deuxième sommet relatif aux Roms à Cordoue:

- la prise en compte de la problématique des Roms dans les politiques européennes et nationales sur les droits fondamentaux et sur la protection contre le racisme, la pauvreté et l'exclusion sociale,

- une meilleure conception de la feuille de route de la plate-forme intégrée sur l'insertion des Roms et l'établissement de priorités pour les objectifs clefs et les résultats attendus,

- la garantie, fondée sur une vérification de l'utilisation des ressources, que les instruments financiers existants de l'Union parviendront aux Roms et les aideront à améliorer leur intégration sociale; l'introduction de nouveaux critères propres à garantir que l'utilisation des fonds permettra de mieux résoudre les problèmes des Roms

15. Déplore vivement le manque de volonté politique affiché par les États membres lors du deuxième sommet sur les Roms, auquel seuls trois ministres ont assisté, et invite les États membres à adopter des mesures concrètes en vue d'accomplir les engagements pris dans la déclaration commune du sommet faite par le trio de présidences ;

16. estime qu'il est essentiel que soit établi un programme précis de développement ciblant simultanément tous les domaines politiques connexes et rendant une intervention immédiate possible dans les zones de "ghettos" confrontées à de graves désavantages structurels; invite la Commission et les États membres à veiller à ce que les mesures en faveur de l'égalité des chances soient strictement appliquées lorsque les programmes opérationnels seront mis en œuvre, de manière à ce que les projets n'entérinent pas la ségrégation et l'exclusion des Roms, de façon directe ou indirecte; souligne qu'il a adopté, le 10 février 2010, un rapport sur l'éligibilité des interventions dans le domaine du logement en faveur des communautés marginalisées, qui permet lesdites interventions au bénéfice de groupes vulnérables dans le cadre du FEDER, et appelle à une mise en œuvre rapide du règlement révisé afin que les États membres puissent activement recourir à cette possibilité ;

17. réclame la mise en œuvre effective de politiques orientées vers les femmes roms, qui sont victimes d'une double discrimination: en tant que Roms et en tant que femmes; demande donc à la Commission et aux États membres, en collaboration avec les ONG, de réaliser des campagnes de sensibilisation ciblant les femmes roms ainsi que le grand public et d'assurer la pleine mise en œuvre des dispositions pertinentes pour lutter contre les habitudes culturelles discriminatoires et les modèles patriarcaux, prévenir une polarisation et s'attaquer aux stéréotypes sexistes largement répandus et à la stigmatisation sociale qui sous-tendent la violence contre les femmes, et veiller à ce qu'il n'y ait pas de justification de la violence pour des raisons de coutumes, de traditions ou de considérations religieuses ;

18. exprime son inquiétude quant au rapatriement forcé de Roms vers les pays des Balkans occidentaux, où ils risquent de se retrouver sans abri et d'être victimes de discriminations; invite la Commission, le Conseil et les États membres à veiller à ce que les droits fondamentaux des Roms soient respectés, et notamment leur droit à une aide et à un suivi appropriés ;

19. recommande que le Conseil adopte une position commune sur la politique structurelle et les Fonds de préadhésion qui traduise l'engagement politique européen de promouvoir l'intégration des Roms et de veiller à ce que les principes fondamentaux communs en matière d'intégration des Roms soient pleinement pris en compte dans chaque révision des programmes opérationnels correspondants, notamment en vue de la prochaine période de programmation; invite instamment la Commission à analyser et évaluer les effets sociaux obtenus à ce jour des investissements réalisés dans le cadre des Fonds de préadhésion et des Fonds structurels visant les groupes vulnérables, à en tirer des conclusions et à mettre au point de nouvelles stratégies et de nouvelles règles si cela est jugé nécessaire dans ce domaine ;

20. demande que l'Union européenne et les États membres mobilisent les fonds nécessaires pour soutenir les projets concernant l'intégration des Roms, que la distribution de ces fonds aux États membres, la manière dont ils sont utilisés et la bonne mise en œuvre des projets soient soumises à un contrôle et que l'efficacité de ces projets fasse l'objet d'une évaluation, et invite la Commission et le Conseil à publier un rapport sur ce sujet assorti de propositions utiles ;

21. encourage les institutions de l'Union européenne à associer les communautés roms, depuis la base jusqu'aux ONG internationales, au processus d'élaboration d'une politique globale pour les Roms au niveau de l'Union, y compris sous tous les aspects de la planification, de la mise en œuvre et de la supervision, et les invite également à tirer profit de l'expérience acquise grâce à la Décennie pour l'intégration des Roms 2005-2015, du plan d'action de l'OSCE et des recommandations du Conseil de l'Europe, des Nations unies et du Parlement lui-même ;

22. charge sa commission compétente, en coopération avec les parlements nationaux et après consultation de l'Agence des droits fondamentaux, qui devrait élaborer un rapport, ainsi que des ONG et organismes qui se consacrent aux droits de l'homme et aux problèmes des Roms, de suivre la question et de préparer un rapport sur la situation des Roms en Europe, en s'appuyant sur les résolutions et rapports antérieurs du Parlement; préconise à cet effet d'instituer un mécanisme d'évaluation de pair à pair au niveau de l'UE afin de contrôler et de garantir la conformité de l'action des États-membres ;

23. demande instamment aux États membres de respecter strictement les obligations qui leur incombent en vertu de la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale en mettant immédiatement en œuvre les recommandations présentées par le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale de l'Organisation des Nations unies au cours de sa 77° session ;

24. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, aux gouvernements et aux parlements des États membres et des pays candidats, ainsi qu'au Contrôleur européen de la protection des données, au Conseil de l'Europe et à l’OSCE.

 

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Commentaires

  • C'est limpide en effet. Les trouducs qui nous gouvernent se comportent comme des Lieberman et des Netanyahu. L'image de la France dans le monde a rarement été aussi ternie.

  • D'abord je suis ému par le travail qui a été fait et que vous relatez clairement ici.
    Du coup je me sens obligé d'apporter quelques informations complémentaires.

    Samudaripen est le terme en Romani qui signifie Génocide Rom et AMIDT est l'association pour la mémoire de l'internement et de la déportation tsigane. Près de 600 000 membres de la communauté ont été assassinées en Europe.

    Voici une adresse : http://lesrroms.blogg.org/

    La culture Rrom revendique l'itinérance comme partie de son patrimoine culturel.
    Cette spécificité est reconnue par l'article 13 de Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

    Derrière le vote de la Résolution du Parlement Européen, il y a au delà des différents aspects énoncés ce simple fait : dans les pays d'Europe où les 10 à 12 millions de Rroms sont biens traités, ils ne posent aucun problème particulier. On estime les deux tiers des Rroms d'Europe tout à fait intégrés.

    Il y a entre 50 000 et 100 000 Rroms circulant en France. Il y a environ 8 000 Rroms de Roumanie et 1 000 de Bulgarie. Il faut rapprocher ces derniers chiffres des 100 000 ressortissants Roumains et Bulgares non-Rroms présents sur le territoire.

    Ces derniers points viennent de notes prises suite à un article Marcel Courthiade paru dans Télérama cet été.

    Selon Tranparency International la Bulgarie et la Roumanie sont les deux pays les plus corrompus d'Europe. Le post communisme n'excuse pas tout. Alors la coopération avec les autorités de ces nations je n'y crois pas.
    C'est d'une gestion et d'une action directe de l'UE dont les Rroms ont besoin pour aider ceux qui en ont besoin à sortir de l'ornière.
    Et de l'éradication de toutes les lois discriminatoires à leur égard partout où elles existent en Europe.

    La cerise sur le gâteau c'est que nous sommes en plein milieu de la Décennie de l’inclusion des Roms 2005/2015 que l'ONU évoque ici :
    http://www.un.org/wcm/content/site/chronicle/lang/fr/home/archive/issues2007/thesolidarityofpeoples/pid/5031

    Mon garagiste préféré est Rrom "intégré et sédentarisé", comme ses confrères il peut être excellent et pas cher, ou moins bon, et on discute.

    Je vous recommande le livre d'Alice Ferney "Grâce et Dénuement" qui parle de lecture et de Rroms.
    "Non, se disaient maintenant les frères gitans, leurs vies n'étaient pas si misérables. Ils n'étaient pas les plus pauvres. Ils n'étaient pas des rampants sans feu ni lieu, puisqu'ils avaient des camions, des caravanes, et de belles femmes qui portaient de jeunes enfants. Que pouvait-on demander de plus à la vie ?"

  • Ce matin, ont été publiée deux circulaires racistes.
    On se doutait que des ordres avaient été donnés. Nous avons les preuves. Les procès ne devraient pas tarder.

  • 1 milliard d'hommes,de femmes et d'enfants meurent de faim au travers du monde et quelques autres milliards vivotent en dessous du seuil de pauvreté Ceci ne date pas d'aujourd'hui ,ni d'hier,cela fait des siècles Qui s'en soucie?
    Les roms des pauvres,eux aussi depuis des siècles
    Leurs expulsions du territoire est humainement injuste,légalement probablement limite,et pourquoi eux et seulement eux ? Un coup politique minable probablement comme celui du parlement de Strasbourg
    A ce parlement je demande de répondre a cette question simple pour la France :
    A partir de quel seuil invasif de ce réservoir sans fond de la misère mondiale, vous sentirez vous obligé de juger que la cour est pleine ?
    Et je permet ce conseil Mrs et Mmes les députés pour donner des leçons humanistes il faut être soit même irréprochable et surtout donner l'exemple Vos salaires et avantages font de vous des super riches,(comparativement a la situation des Roms),alors commencer donc, par diminuer votre train de vie et transformez ces sommes en habitations, et en emplois dédiés aux roms en Roumanie et en Bulgarie

  • On lit dans cette circulaire du 5 août 2010 signée par Michel Bart, le directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur: "300 campements ou implantations illicites devront avoir été évacués d'ici trois mois, en priorité ceux des Roms. Il revient donc, dans chaque département, aux préfets d'engager (...) une démarche systématique de démantèlement des camps illicites, en priorité ceux de Roms".

    Le ministre de l'Immigration Eric Besson avait contesté la semaine dernière que les Roms aient été spécialement visés par ce que le gouvernement présente comme une politique d'aide aux retours volontaires.

  • Et bien sûr, l'Union européenne, qui n'a pas accordé (pour une période déterminée) la libre circulation des biens et personnes à la Bulgarie et à la Roumanie (mais pour quelle raison ? Hmmm... c'est véritablement un mystère insoluble), se retourne contre un pays qui applique les lois qu'elle a elle-même votées. Voilà un magnifique exemple d'hypocrisie à l'échelle d'un continent !

    Mais bien sûr, c'est bien plus facile de donner des leçons et d'appeler artificiellement à "l'intégration" de populations qui refusent toute intégration puisque leur mode de vie, par choix, est radicalement incompatible avec le mode de vie des sociétés dans lesquelles ils évoluent et dans lesquelles ils devraient vouloir s'intégrer. C'est le serpent qui se mord la queue... Parce que trouver une solution (chose qui, justement, ne peut se faire éventuellement qu'à l'échelle du continent), c'est une autre paire de manches.

  • Mon pote Ratzinger va bientôt foutre deux baffes dans la gueule du mécréant Sarko. Vous verrez qu'il marchera un peu plus droit.

  • Le mépris des roms fait qu'on a jamais compabilisé de façon à peu près précise le nombre de victimes de l'holocauste tzigane. On a coutume de dire entre 400 et 600 mille. En quoi est il moins monstrueux d'exterminer 600 mille tziganes que 6 millions de juifs?

  • Les Rroms sont un peuple européen trans-national, on peut dire je crois les choses comme ça.
    Un statut cadre a même été mis en ligne, version 2008.
    http://www.rroma-europa.eu/fr/sc_fr.html

    La musique a parfois le don de rapprocher les gens, voici quelques références pour ceux qui méconnaissent :
    * Django Reinhardt
    * Bratsch
    * Goran Bregovic
    * Fanfare Ciocarlia
    * Romano Drom
    * Gipsy Kings
    * Mathias Jonas
    * Les Yeux Noirs
    * Yoska Nemeth
    * Esma Redzepova
    * Titi Robin
    * Taraf de Haïdouks

  • Arrêtez de jouer les bonnes ames au grand coeur, au lieu d'être en train de pleurnicher sans arrêt sur le sort des roms, vous n'avez qu'a en inviter chacun chez vous, dans votre jardin, sur votre propriété, etc.... mais là on trouve déjà beaucoup moins de volontaire n'est ce pas.....
    Comme d'habitude, beaucoup de bla bla mais au fond vous n'en avez rien à foutre non plus, du moment que ça vous touche pas de près, vous faites votre petit travail d'opposition, vous gesticulez et le reste ce n'est que du vent.
    Continuez comme ça, ça fait le bonheur de sarko et du fn, ça leur mache le boulot pour 2012.

    Vous nous faites bien rire en tout ças.

  • L'article 225-1 du Code pénal définit la discrimination comme « toute distinction opérée entre les personnes physiques à raison de leur origine, de leur appartenance ou de leur non appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie.

  • Bingo: le Gisti prépare un recours devant le Conseil d'Etat "pour que la circulaire soit annulée

  • Bravo et à suivre...

    Le saviez vous ?
    Sur les 27 pays membres de l’UE, la France est le seul qui n’a pas signé la convention-cadre pour la protection des minorités nationales.

  • Voilà la circulaire que ces petits coquins cachaient

    http://www.lecanardsocial.com/upload/IllustrationsLibres/Circulaire_du_5ao%C3%BBt_2010.pdf

  • Ma famille a toujours accueilli les forains, et j'ai fait travailler des manouches l'année dernière. Par contre les Roger ne seraient sans doute pas les bienvenus chez nous.

  • La haine est le moteur principal de Sarkozy et de ses âmes damnées.
    Puisse elle se retourner contre lui un jour, le plus tôt possible d'ailleurs..

    Merci au passage, Gilles, pour cette information si complète.
    Il y a des fois, en effet, où l'on peut se réjouir de l'existence de l'UE. Celle ci en est une.

    Après 2012, il faudra que Sakozy rende des comptes à la Nation.
    La forfaiture est avérée, et a pris des formes multiples et répétées. Ce type là violente la constitution, viole nos valeurs humanistes; il salit la France et nous fait grande honte.
    Mais hélas, les Socialistes sont tellement inconsistants, ectoplasmiques, que je me demande encore, si scandaleuse que soit sa conduite, si ce sale individu qui nous sert de Président de la République ne va pas encore une fois repasser...
    Tant est grande l'insoutenable légèreté des Français.

  • Sarko il faut que tu arrêtes les roms.

  • Finalement, tout ça me rappelle l"époque où nos intellos de chiottes cautionnaient le communisme. Des soit-disant intellos qui se permettent d'insulter le pape, comme cet Alain Minc, juif haineux envers les catholiques.

  • Mathaf, on peut citer aussi Louis Aragon et Elsa Triolet, Jean-Paul Sartre, Yves Montand et Simone Signoret. Tous n'étaient pas Juifs parmi eux et pourtant, ils en ont chanté des dithyrambes à l'ex-URSS. Rappelons-nous également André Malraux.
    Je me souviens d'une émission télévisée sur un Français retenu depuis la Seconde Guerre Mondiale en Russie. Tout content de tomber sur un groupe de touristes français dans les années 60-70, il leur a donné sa lettre préparée à l'avance à transmettre à l'ambassade française. Ces chers touristes français, communistes exemplaires, ont transmis cette lettre au KGB. Et après cela, le régime Vichy vous étonne ? Ce Français a réussi à rentrer en France mais plusieurs années plus tard.
    Comment les membres d'un peuple peuvent-ils être capables de tant de lâcheté, quitte à trahir leur propre compatriote ? Ce genre de comportement est répugnant, pire, il est inique. Ce fait aussi, il peut faire partie de la torture, la torture morale de la part de son propre peuple. Immonde.

  • "Ma famille a toujours accueilli les forains, et j'ai fait travailler des manouches l'année dernière."

    Quel rapport entre les Roms et les forrains? Franchement forrain ce n'est pas Roms et Roms ce n'est pas forrain. Arrêtez de foutre tout le monde dans le même sac. Les Roms de Roumanie sont SEDENTAIRES et n'ont rien à voir avec les gens du voyage...

  • http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/politique/20100913.OBS9778/roms-cafouillage-a-droite-autour-des-circulaires.html

    Qui va sauter Besson, Hortefeux enfin un prétexte et que fait la halde ? Jeannette brougrade n'est pas choqué
    A lire :
    http://www.lepoint.fr/societe/reconduites-de-roms-la-presidente-de-la-halde-n-est-pas-choquee-02-09-2010-1231484_23.php


    http://www.leparisien.fr/politique/circulaire-sur-les-roms-hortefeux-revoit-sa-copie-13-09-2010-1066867.php

    Vraiment des brèles ! Si on mettrait des cons sur orbites, ils auraient pas fini de tourner !
    http://www.dailymotion.com/video/x5wpde_les-cons-sur-orbite_shortfilms

  • Au delà d'une ethnie c'est un mode de vie qu'ils veulent éradiquer :

    http://www.rue89.com/2010/09/13/gb-les-autorites-expulsent-les-gens-du-voyage-de-leurs-terrains-166407

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