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  • Mon programme pour faire de bons ministres français

    Eric veut de bons Français, et moi, je veux de bons ministres français. Conjuguons nos efforts, mon cher Eric ! Je t’adresse les principes, et tu m’en fais une loi, vite fait bien fait sur le gaz. Ne t’inquiète pas, le groupe UMP vote n’importe quoi, il n’y aura pas de problèmes. Merci d’avance et bonjour à la famille.  1_0.jpg

    Article 1. – Une personne qui a fait campagne dans un camp ne peut pas se faire nommer comme ministre de l’autre camp.

    Article 2. – Les ministres respectent la Constitution, et exercent donc sous l’autorité directe du Premier ministre, chef du gouvernement, et non pas en se tirant la bourre par de petits copinages avec le président de la République, garant de l’unité du pays, et œuvrant bien au-delà des contingences politiques et électorales, non mais.

    Article 3. – Les ministres respectent les déclarations de droits fondamentaux, qui sont la fierté de la France, et se refusent à voter des lois débiles, qui se feront carboniser au premier procès venu, ceci juste pour tenter de ramener le FN à moins de 12% au premier tour de la présidentielle, pour sauvegarder les chances de Nicolas au second tour.

    Article 4. – Les ministres respectent le droit européen, et renoncent à prendre la Commission de Bruxelles pour un paillasson, alors que leur gouvernement a lui-même installé cette Commission, et que la Commission applique les textes adoptés par la réunion des instances gouvernementales européennes, dont la tienne, hé banane !  

    Article 5. – Les ministres ne se prennent pas le chou, et évitent de traiter les instances de l’ONU d’assemblées d’andouilles, ceci pour garder un peu de dignité à la France, et pour leur propre bien-être aussi, en application du principe : « Plus grosse est la tête, plus forte sera la migraine ».

    Article 6. – Les ministres font voter les lois quand c’est raisonnable, et évitent par exemple de faire voter sur le thème de l’immigration 5 lois en 7 ans, ce qui relève de l’incontinence législative dans sa forme grave.

    Article 7. – Les ministres qui s’occupent des finances de l’Etat renoncent à s’occuper des finances du parti qui les a nourris.

    Article 8. – Les ministres condamnés en correctionnelle pour injure raciale ne la ramènent ni trop vite, ni trop tôt.

    Article 9. – Les ministres évitent de se prendre pour des maraîchers, et de nous vendre des salades du genre : « Je ne connais pas cette circulaire qui entre dans mes attributions ministérielles et à la préparation de laquelle un de mes proches collaborateurs a activement participé ».

    Article 10. – Toute infraction dûment constatée conduira au retrait de deux points sur le permis d’exercer du ministre contrevenant, et lorsque le taf sera épuisé, le ministre fera l’objet d’un arrêté de reconduite à la frontière du gouvernement, avec retour au pays d’origine (Mon pote, tu vas te retrouver dans les bras de Martine !... et interdiction de la ramener même pour un court séjour).  

     

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    Mon pote Eric a la patate !
  • Le foulard musulman bienvenu au conseil municipal

    dossiersgalleries-1129215915224-127_0_0_1.jpgUn maire interdit le foulard musulman au conseil municipal… et se fait condamner pour discrimination religieuse. Chères amies, chers amis, la patrie est en danger (Cour de cassation, chambre criminelle, 1 septembre 2010, n° 10-80584).

    Souad, qui porte le foulard musulman, a été élue par mégarde par des électeurs sous-informés de Montreuil. Et bien sûr, voilà notre Souad qui débarque au conseil municipal avec le symbole textile de l’asservissement sur la tête. Par un moment de faiblesse, le maire laisse la conseillère municipale prendre place. Après tout, le maire est communiste, et le parti connait la vie : les femmes ne sont dangereuses que quand elles parlent. Mais le pire n’est jamais loin : Souad demande la parole pour dire ce qu’elle pense : horreur absolue ! Deux siècles d’histoire républicaine menacés de s’écrouler.  

    N’écoutant que son courage, le maire s’est dressé, pour défendre la lumière contre les ténèbres.

    - Jean-Pierre : « Je vous prie de cesser d'exhiber ce signe religieux, vous êtes dans une enceinte laïque ».

    - Souad : « J'ai le droit de porter ce foulard »0310.jpg

    - Jean-Pierre : « Vous aurez la parole quand vous arrêterez cette attitude provocatrice, contraire à la loi de 1905 sur la laïcité ».

    Mon Jean-Pierre, dans l’effort, était admirable : « Y avait du soleil sur son front qui mettait dans ses cheveux grisonnants de la lumière ! »

    Mais Souad, habitée par je ne sais quelle démon, a saisi la justice, tenez vous bien pour « discrimination ». Alors que mon Jean-Pierre défendait le vivre ensemble, les valeurs de la civilisation et le socle de la République… Le monde à l’envers. Et là, c’est le drame : Jean-Pierre a été condamné par le tribunal, puis par la cour d’appel et pour finir par la Cour de cassation ! Notre pays n’est plus le même. Que disent ces juges qui ont tout lâché devant l’invasion par le Sud ?

    -          Jean-Pierre a privé une élue de l'exercice de son droit de parole en raison du port par cette dernière d'un insigne symbolisant son appartenance à la religion musulmane ;

    -          Il n'est nullement établi, qu'en l'espèce, le port d'un foulard par Souade ait été un facteur de trouble susceptible de justifier que le maire, usant de son pouvoir de police, la prive de son droit à s'exprimer, en sa qualité d'élue municipale ;

    -          Aucune disposition législative, nécessaire en vertu de l'article 9 de la Convention européenne des droits de l'homme, pour que des restrictions soient apportées à la liberté de manifester sa religion ou ses convictions, ne permet au maire d'une commune, dans le cadre des réunions du conseil municipal, lieu de débats et de confrontations d'idées, d'interdire aux élus de manifester publiquement, notamment par le port d'un insigne, leur appartenance religieuse.

    Coq_francais.jpgVous avez bien lu ce dernier considérant… Ils veulent nous détruire, je vous le dis ! Vous me connaissez,… mon cœur a failli défaillir ! Toutes ces années consciencieuses à coller des affiches de Ni Putes Ni Soumises, à faire la clape aux meetings de Jean-Pierre Raffarin défendant la loi de 1905 comme grammaire de la société, à apprendre par cœur les discours d’Elisabeth Badinter, à faire des soirées d’évangélisation laïque dans les sections du Parti socialiste, à m’époumoner dans la chorale de Caroline Fourest, ces nuits enfiévrées à débattre avec les jeunes du MODEM, ces discussions de feu dans les préfectures toutes dédiées à la célébration de l’identité nationale… Tout s’écroule, c’est cuit, c’est râpé. Et je ne peux même pas maudire l’Europe : c’est un arrêt de la Cour de cassation.

    Voilà, vous savez tout : il ne reste rien.

    Si. Il reste juste à préciser que l’affaire concerne Patricia, élue à Montreuil, à l’époque de Jean-Pierre Brard, et que Patricia ne portait pas un foulard mais une croix chrétienne, ostensiblement visible sans être ostensiblement ostentatoire, et inversement.

    Cet arrêt de la Cour de cassation n’est pas une révolution, mais juste une piqûre de rappel pour tous les intégristes de la laïcité. Vous vous rappelez le délire national à propos d’Ilham, la candidate du NPA aux régionales dans le Vaucluse. Jetez un coup d'oeil à toutes les invraisemblables salades avariées que nous fourguaient ces nobles crétines et crétins, à propos des amours contrariés de la sphère publique et de la sphère privée.

    Il faut quand même que tous ces ramollis du bulbe ne se soient pas posé beaucoup de questions sur le sens de la vie, ce qu’est notre passage sur terre ou ce qu’est la pensée d’un être libre, pour être à ce point terrorisés par un croix autour d’un cou ou un foulard sur la tête.  

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    En direct de l'Université d'été de Ni Putes Ni Soumises
  • Le Droit : Comment ça marche ? (2)

    la-loi-du-silence-22906811.jpgDésormais, la loi est soumise au contrôle du juge. On en serait resté aux belles intentions si ce renouveau ne s’était pas accompagné de procédés permettant d’en assurer l’application, plaçant la loi sous le contrôle de juges. Le processus a été progressif, mais il est aujourd’hui bien installé et d’une grande efficacité. Deux mécanismes se complètent.

     

     

     

    Contrôle interne et contrôle international

     

     

     

    Le premier est d’ordre interne : le Conseil constitutionnel est chargé de veiller au respect de la Constitution. En 1974 été reconnu le droit de saisine par les parlementaires, ce qui a ouvert à l’opposition l’accès à la contestation des lois, et en 2008 a été introduit le mécanisme de la question prioritaire de constitutionnalité (QPC), qui permet à tout citoyen à l’occasion d’un procès, de contester la constitutionnalité de la loi qu’on lui oppose.

    Le second est d’ordre international, et il est encore plus vivace. Bien connue est la Cour européenne des droits de l’homme, dont le siège est Strasbourg, et qui contrôle l’application de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme. De façon plus récente,  la Cour de Justice de l’Union européenne applique le droit de  l’Union européenne, dont la Charte des droits fondamentaux. Il faut ajouter le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU, chargé de contrôler l’application du Pacte des droits civils et politiques de 1966 et qui peut être saisi dans le cadre de recours individuels. Ce mécanisme inclut deux puissants amplificateurs.

     

     

     

    La multiplication des références par la jurisprudence

     

     

     

    Les textes qui servent de référence sont des textes courts, au contenu assez général avec, sous des tonalités sensiblement différentes, une grande convergence de vue. Sur cette base textuelle, les cours rendent leurs décisions et phénomène décisif, chaque décision a elle-même une portée jurisprudentielle supra législative : une décision du Conseil constitutionnel devient une référence constitutionnelle et un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme devient une référence de droit européen. Et par la vitalité du contentieux ces cours ont été amenées à se prononcer dans des affaires extrêmement diverses, qui donnent ainsi autant de références supra-législatives, bien au delà de la prévision des textes originaires. Les textes et les démarches des juridictions sont proches, et se dégage une sorte de langage commun.

    Le résultat est en particulier remarquable pour la Cour européenne des droits de l’Homme qui concilie un grande activité avec un champ territorial étendu sur 47 Etats, incluant la Russie et la Turquie. Ce langage commun reste celui d’un contrôle sur les limites, sur les bornes que les Etats, par leurs textes ou par leurs pratiques, ne peuvent pas dépasser. De telle sorte, ce droit échappe au travers de la modélisation, car si les références sont nombreuses pour tracer les limites, le contenu est libre, à chaque pays selon son gré. La protection de la liberté de religion en est le meilleur exemple. La jurisprudence, sur la base de l’article 9 de la Convention, s’est prononcée maintes fois, dégageant un corpus de règles indérogeables, mais laissant à chaque Etat ses traditions et son régime propre.

    Ensuite, et contrairement à ce qui est souvent entendu, la saisine des cours suprêmes n’est pas qu’un processus de « bout de course », atteint après des années de procédures à épuiser les voie de recours internes. Ceci n’est vrai que pour une partie du contentieux, à savoir le parcours d’un particulier qui saisit la Cour pour faire juger une affaire. Mais en revanche, la jurisprudence rendue est elle immédiatement applicable, et par tous les tribunaux internes. Ce qui en pratique signifie qu’une personne contestant une hospitalisation sous contrainte peut saisir le juge des référés en se fondant directement sur une jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, rendue à propos de l’un des 47 pays du Conseil de l’Europe. Et dans l’hypothèse où le juge estime que cette règle jurisprudentielle s’applique aux faits en cause, il doit la faire primer sur les dispositions législatives du Code de la santé publique, ou sur l’application qui en est faite par un arrêté préfectoral.

     

     

     

    Une République des juges ? affiche-la-loi-du-silence.jpg

     

     

     

    Ces nouvelles approches du droit sont désormais la pratique courante, spécialement pour tout le champ des libertés fondamentales. La critique facile est celles d’un droit des juges, éloigné des bases de la démocratie élective : une majorité politique peut se dessiner pour l’adoption de textes de loi, qui une fois votés seront annulés par des juges. Certes, à ceci près que les juges ne statuent que parce qu’ils ont été saisis, et qu’ils jugent selon des procédures et en fonction de textes qui ont été adoptés démocratiquement. Et si un Etat ou une majorité de sa population ne supporte plus cet encadrement de la loi, il lui suffit de changer de constitution ou de dénoncer les traités qui ont été ratifiés. En assumant les conséquences de ces choix.

    La vue première est un relativisme de la loi, devenue une norme soumise à d’autres textes et contrôlée par des juges. Mais en réalité, ce processus n’affaiblit pas la loi car il institue des mécanismes qui en garantissent la qualité. En ouvrant à toute personne concerné la possibilité de discuter de la validité de loi, le droit conforte la légalité. Et ce qui est particulièrement intéressant, c’est que sont peuvent être soumis à cet examen analysés non seulement les textes, mais encore les pratiques qui découlent des textes. Ainsi, il ne fait pas de doute que la loi sur l’hospitalisation d’office respecte les normes supra législatives alors qu’un arrêté d’hospitalisation d’office ou le placement en chambre d’isolement peut être contesté devant le juge national en fonction de la jurisprudence internationale.

    Aussi, le débat sur une loi en devenir n’est pas inutile, loin de là. La loi reste le cœur de la vie démocratique, et une loi mauvaise peut commettre bien des ravages, ce qui justifie tous les débats et toutes les attentions. Mais en réalité le débat se dédouble : contestation de la loi par rapport aux principes du droit, et les atteintes les plus graves doivent tomber ; contestation des mesures de mise en œuvre et des pratiques devant le juge national, avec tous les apports du droit, national et européen, textes et jurisprudence. Et le débat soit être assez structuré pour inspirer les pratiques, et limiter le débat devant le juge à ce qui est strictement nécessaire.

     

     

     

     

    Un peu de lecture

    S. Rials, La déclaration des droits de l’homme et du citoyen, Livre de Poche, coll. Pluriel, 1989

    G. Lagelée et C. Manceron, La conquête des droits de l’homme, La Cherche-Midi, 2005

    L. Favoreu et L . Philip, Les grandes décisions du Conseil constitutionnel, 15 ed., 2009

    J.-P. Marguénaud, La Cour européenne des droits de l’homme, 4° Ed. Dalloz, 2008

    J. Andriantsimbazovina, H. Gaudin, J.–M. Marguenaud, S. Rials  et F. Sudre (Dir.), Dictionnaire des droits de l’homme, PUF, 2008

    F. Sudre, Droit européen et international des droits de l’homme, 9° ed., PUF, 2008

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    La liberté guidant nos pas
  • Le Droit : Comment ça marche ? (1)

    la%20loi%2001.jpgLa loi ne peut plus tout faire, car elle doit respecter un corps de principes. Le phénomène du recul normatif de la loi, bien connu des professionnels du droit, surprend encore les non-juristes, encore très focalisés sur les lois.

     

    La loi, centrale mais en recul

     

    Dans la conception classique, la loi est l’emblème de la démocratie : la majorité, issue d’élections régulières, définit les règles. La loi remet en cause les droits des minorités, mais ce n’est là in fine que la conséquence d’un vote démocratique, et s’il y a des excès, d’autres élections viendront, conduisant à des rééquilibrages. En découle l’idée que connaitre la loi, c’est connaitre le droit, idée bien fausse. L’expérience historique a prouvé que le nombre pouvait avoir tort, perdre le sens de l’intérêt commun, voire organiser le crime à partir du processus vertueux des élections. Aussi, l’activité du législateur est aujourd’hui encadrée.

     

    Deux principes se sont imposés :

    -          la loi n’est légitime que dans le respect des principes

    -          le droit, c’est la loi telle que le juge l’interprète.

     

    La loi n’a pas disparu, et elle reste l’outil de référence des démocraties. Mais alors que dans la conception classique elle était au sommet, la loi est désormais une étape dans un processus. La question qui était « que dit la loi ? » est devenue  « quel droit résultera de cette loi ? ». La loi prend place dans un canevas de normes supra législatives.

     

    Les textes à valeur supra-législative

     

    La loi doit respecter la Constitution et les engagements internationaux, ce qui la place au troisième degré dans la hiérarchie des normes. Le processus se décline : un arrêté hospitalisation d’office doit respecter les décrets, les lois, les traités et la constitution. 

    Les textes constitutionnels sont

    -          la Déclaration des droits de l’homme de 1789,

    -          le Préambule de 1946 

    -          la Charte de l’environnement de 2005.

    Sur le plan international, les principaux textes sont

    -          la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme, applicable dans les 47 Etats du Conseil de l’Europe,

    -          la Charte des droits fondamentaux, adoptée à Nice le 7 décembre 2000 qui a pris force exécutoire avec l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne du 10 Décembre 2009,

    -          le Pacte des droits civils et politiques de 1966, adopté dans la cadre de l’ONU

    -          la Convention internationale des droits de l’enfant.

    Ces textes définissent un corpus qui traite de l’ensemble des droits et libertés, et dont la conception est claire. Le rôle de l’Etat n’est pas seulement de garantir l’exercice des libertés, dans la conception de l’Etat gendarme, qui assure les fonctions régaliennes et laisse le champ libre aux acteurs de la société. L’Etat a un but, la cohésion sociale, car il n’existe de démocratie que solidaire. Les droits-libertés sont rejoints par des droits-créances. D’un côté, la liberté d’expression, d’aller et venir, d’entreprendre ; de l’autre le droit à l’éducation, à la protection sociale.

    Cette évolution se retrouve à travers deux temps du droit : 1789 et 1945, avec les droits-libertés complétés par les droits créances.

    Les droits libertés affiche%20La%20Loi.jpg

    Tout part de l’article 1 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Autant du droit que de la philosophie, et quel message ! « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Du point du vue de l’énonciation du droit, l’essentiel est dit. A la naissance, nul ne vaut plus qu’un autre. L’égalité, bien sûr, ne se constate pas, mais est à construire. Toute la Déclaration est dans cet esprit et ces  règles sont d’une si grande qualité qu’elle ont quitté la sphère du droit écrit pour devenir des références coutumières.

    -          article 4 : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui » ;

    -          article 5 : La Loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société ;

    -          article 8 : La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires ;

    -          article 9 : Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne, doit être sévèrement réprimée par la Loi,

    -          article 10 : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi ».

    Cette conception très individualiste de la personne : l’autorité publique doit garantir aux personnes l’exercice de leurs libertés. Une base irremplaçable, mais dangereuse si elle n’est pas assortie de garde-fous, et même, vu la puissance des tensions sociales, des correctifs. La société, ce n’est pas la coexistence de millions et de milliards de personnes toute plus souveraines les unes que les autres, construisant leurs vies comme un défi aux libertés. L’histoire nous a appris que la démocratie doit être solidaire. Pour l’avoir oublié, les démocraties ont sombré dans la dictature, et le  plus grand des crimes a été conçu dans l’un des berceaux des civilisations du droit. Aussi,  la conception individuelle des droits de l’homme a été complétée par une dimension économique et sociale.

    Les droits-créances de l’Après guerre

    Le deuxième pilier de notre légalité  est le Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946. C’était la IV° République, celle des lendemains de la guerre, celle du programme du Conseil National de la Résistance. La V° République de 1958 a tout changé, mais elle a gardé le Préambule, qui fait partie de notre doit positif. C’est un texte magnifique.

    « Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. Il réaffirme solennellement les droits et les libertés de l’homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des Droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République ».

    Avec ce texte, s’impose l’idée d’un deuxième temps de la démocratie, qui a pour objectif sacré de défendre la personne humaine. 1789, c’était la liberté sans entraves… pour ceux qui pouvaient y accéder. 1946, c’est la solidarité. La société doit assurer sa propre cohésion, et l’exercice des libertés doit se combiner avec la reconnaissance de droits, pour tout un chacun: 

    -          « La Nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement » ;

    -          « Elle garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs » ;

    -          « Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence ».

    La protection sociale y trouve là ses meilleures sources.

    Ce texte, qui a de l’allure et du contenu, est un vrai programme, et cette évolution est d’autant plus importante qu’elle s’inscrit dans un mouvement mondial. Elle trouve en écho la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 ou la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme de 1950. Mais les pays qui ont été le plus réactifs son ceux qui avaient connu, dans leur chair le nazisme, avec au premier rang l’Allemagne, qui s’est alors dotée d’instruments constitutionnels remarquables.

    Les Tables de la Loi

  • Femme kamikaze : Un gros balourd

    Intox03.jpgLundi, Brice en faisait des tonnes sur la femme kamikaze, évoquant la possibilité d'un attentat « imminent » en France d'Aqmi, une menace « réelle ». Comme un Busch de la grande époque des armes de destructions massives, Nicolas avait interrompu son séjour aux US pour gérer la situation et la menace terroriste depuis Paris. On nous avait même ressorti de la naftaline le bon vieux Bruguière pour pérorer dans nos belles télés. Et c’était la grande mobilisation des troupes.

    Je relis en me poilant ce qui se publiait de partout, et je vous propose l’article du Parisien de mardi. Mes amis, il ya de quoi flipper. Les scénaristes ont même imaginé un attentat contre l’ineffable Boubakeur, trop content de se trouver soudain important … Lisez ce roman, c’est dingue !

    « Le risque d'un attentat s'est accru en France depuis ces derniers jours. «La menace est réelle», a confirmé lundi Brice Hortefeux, lors d'un déplacement à Moissy-Cramayel (Seine-et-Marne). «Notre vigilance est renforcée», a précisé le ministre de l'Intérieur, rappelant que le plan Vigipirate restait activé au niveau rouge, avant-dernier échelon avant le niveau écarlate, déclenché en cas de risque d'attentat imminent.

    « Plus tôt lundi, le ministère de l'Intérieur avait annoncé que le risque d'un attentat s'était renforcé depuis jeudi dernier. Selon une information de RTL, les services de renseignement intérieur (DCRI) ont appris dans la nuit de mercredi à jeudi qu'une femme kamikaze s'apprêtait à commettre un acte terroriste dans Paris dans la journée. Ce renseignement en provenance d'Algérie, et attribuant la menace à Al-Qaïda au Maghreb islamique, a alors été transmis à l'Elysée et à Matignon. 

    « Dès 5 heures du matin, jeudi, le plan Vigipirate a été rehaussé et les fonctionnaires de l'anti-terrorisme mobilisés à la recherche de la suspecte. Brice Hortefeux a alors annulé un déplacement en province pour superviser les opérations et se rendre notamment à l'aéroport de Roissy-CDG et à la Tour Eiffel.

    « Lundi, on a appris de source judiciaire que le parquet antiterroriste de Paris avait confié à la Direction centrale du renseignement intérieur et à la section antiterroriste de la Brigade criminelle de Paris (SAT) une enquête préliminaire pour vérifier ce renseignement. Après avoir indiqué dans un premier temps que la menace visait les transports, le ministère de l'intérieur est revenu sur cette précision, parlant simplement de «types d'objectifs totalement indéfinis».intox01_02092003.jpg

    « Toujours selon RTL, les services de renseignements ont appris que le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, 69 ans, qui préside actuellement le conseil français du culte musulman, était la cible d'une menace majeure de la part de fondamentalistes. Il est placé depuis jeudi sous la protection de trois fonctionnaires du SPHP (Service de protection des hautes personnalités), détachés pour une durée indéterminée. 

    « Selon une source proche du ministère de l'Intérieur, cette mesure «n'est pas liée au renforcement de la menace, mais tout le monde se souvient que la série des attentats de 1995 a débuté avec l'assassinat de l'imam Sahraoui». Cet imam modéré de la mosquée de la rue Myrha (XVIIIe), porte-parole à Paris du Front islamique du salut (FIS), avait été tué par balles le 11 juillet 1995, en compagnie de son secrétaire particulier, par deux hommes qui n'ont jamais été identifiés ».

    Bon, c’est pas la guerre, mais tout comme.

    Problème. Deux jours plus tard, le directeur général de la police nationale Frédéric Péchenard explique à Libé que c’était un gros balourd : « L'hypothèse de la femme kamikaze, c'est une information que nous avons eue mais qui, aujourd'hui, sans rentrer dans les détails opérationnels, paraît peu crédible. On m'a réveillé à 01H30 du matin, le 16 septembre, pour m'informer du renseignement d'un service ami sur un projet d'attentat à Paris le jour même. Nous avons pris toutes les mesures de vigilance accrues dans les lieux publics, les gares et aéroports. Evidemment, cette menace a perdu de sa crédibilité dans la mesure où il ne s'est rien passé ».

    Qu’on nous prenne pour des imbéciles à ce point, ça commence à bien faire.

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