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Déportation : Les excuses marchandes de la SNCF

01_afficheSNCF%20copie.gifLa SNCF s’excuse pour le crime de déportation qu’elle n’a pas commis, et solde la Résistance des cheminots. Tout ça pour récupérer un marché chez l’oncle Sam. Nous sommes vraiment tombés bien bas.  

 

En 1940, la SNCF était une société d'économie mixte, l’Etat étant majoritaire à 51%, et elle exploitait le service des transports ferroviaires dans le cadre d’une convention approuvée par un décret-loi du 31 août 1937.  Elle avait été placée à la disposition des autorités allemandes dès juillet 1940, et à partir de 1942, elle avait été chargée par les autorités de Vichy des déportations, selon les objectifs chiffrés fixés par les traitres Pétain et Laval.  

 

Dans les années 2000, une famille avait engagé un recours pour faire retenir la responsabilité de la SNCF, et le Conseil d’Etat avait rejeté ce recours par un arrêt du 21 décembre 2007 (n° 305966), confirmant un arrêt de la Cour administrative de Bordeaux. Le Conseil d’Etat a ainsi synthétisé le processus :

 

-          - Les opérations de transport étaient réalisées par la SNCF sur demande de « mise à disposition » ou sur « réquisition » émanant d'une autorité administrative de l'Etat, moyennant le versement d'un prix déterminé en fonction du trajet parcouru et du nombre de personnes transportées.

-          Ces transports n'avaient pas donné lieu à la conclusion par la SNCF d'une convention spéciale les organisant dans leur ensemble.

-          Alors même que des agents de la SNCF ont participé à des réunions techniques destinées à coordonner l'exécution de ces transports, les conditions dans lesquelles ceux-ci devaient être réalisés, notamment la détermination de la composition des trains, du type de wagons utilisés, de leur aménagement intérieur et de leur dispositif de fermeture, de même que le nombre des victimes transportées et les modalités de leur traitement, étaient fixées par l'occupant et mises en œuvre par les autorités de l’Etat.

-          Les représentants allemands exerçaient le commandement et la surveillance armée des convois avec, parfois, le concours des forces de sécurité publique ».cheminots.jpg

Aussi, le Conseil d’Etat avait rejeté toute idée de responsabilité juridique de la SNCF, accablant a contrario les autorités politiques de Vichy. Dans l'hypothèse où la SCNF aurait agit volontairement, en se portant candidat, la solution aurait été pile l’inverse : responsabilité pénale et civile pour complicité de crimes contre l’humanité.  

Oui, mais voilà. Nous sommes en 2010, la SNCF a maintenant besoin de ronds, et les marchés aux US l’intéressent diablement. Diablement au point de vendre son âme et l’histoire des cheminots, avec des excuses négociées pour tenter de gagner le projet de ligne à grande vitesse Tampa-Orlando, à Fort Lauderdale, en Floride.

Le lascar qui déblatère ces excuses financières s’appelle Guillaume Pépy, et c’est un peu le directeur de la SNCF, ce qui est gênant quand même.

La larme à l’œil et la main sur le portefeuille, Guillaume a dit le « souhait de la SNCF d'exprimer sa profonde peine et son regret pour les conséquences de ses actes », tout en soulignant que les transports de Juifs avaient été réalisés sous le régime de la réquisition par les autorités nazies.

Eh bien Guillaume, tes arguments à deux balles, tu peux te les garder.

Mets toi d’abord bien dans le crâne que dans un Etat de droit, ce sont les juges qui disent le droit, et pas le service commercial de la SNCF. La SNCF n’a aucune responsabilité dans les déportations, alors tu remballes tes salades, merci.

Ensuite, et faisant cœur avec la CGT, je te rappelle quelques chiffres : 8.938 cheminots ont été tués sous l'Occupation, 15.977 blessés pour faits de résistance, 2.480 déportés et quelques dont 1.157 sont morts dans les camps nazis. La CGT ajoute que, comme les poissons, la SNCF pourrit par la tête, et que 6.500 cheminots de la Reichsbahn avaient été détachés dès 1940, et beaucoup plus après, dans la cadre de la politique de collaboration.

la_bataille_du_rail.jpgMais je t’offre en paquet cadeau deux lois d’époque, qui témoignent de la vitalité de la Résistance, et dont tu pourrais jacter aux gentils habitants de la Floride, puisqu’ils sont apparemment passionnés d’histoire de France.  

La première est la loi n° 4336 du 28 octobre 1941 (JO du 29 novembre 1941, page  5140), portant création d’un service de « garde des communications ». Déjà, la Résistance marquait des points sérieux dans la bataille des ponts et des chemins de fer, alors qu’en juin1941 avait eu lieu le tournant de la guerre, par l’ouverture des hostilités entre l’Allemagne et l’URSS.

Le dispositif était un aveu, même s’il restait modeste : c’était la création d’un corps de sécurité.

« Art. 1°. – Il est constitué un « corps des gardes des communications » dont les détachements, stationnés en différents points du territoire, ont pour mission essentielle d’assurer la surveillance des ouvrages d’art des voies de communication et des installations s’y rattachant directement, et pour mission accessoire d’assurer, éventuellement, la surveillance dans les trains et dans les gares, dans leur zone d’action, ou en renfort des détachements voisins ».

La loi restera inefficace. La direction des services de l’armistice a recensé, pour la période allant de janvier 1942 à juillet 1944, 13 998 attentats et sabotages dirigés contre les occupants. Parmi eux, 43 % visaient les moyens de communication, dont essentiellement les équipements ferroviaires. La moyenne mensuelle passera de 72 début 1942, à 584 sur le second semestre 1943, et 1237 jusqu’en juillet 1944 (Dictionnaire historique de la Résistance, Robert Laffont, 2006, p. 693).

Le phénomène s’amplifiant, il fallut procéder à l’armement de ces forces de l’ordre, avec la loi n° 646 du 23 novembre 1943 (JO 11 décembre 1943, p. 3166).

« Art. 1°. – Dans l’exécution de son service, le personnel du corps des gardes des communications doit faire usage de ses armes :

« 1°  Lorsque, se trouvant en présence de bandes ou d’individus armés, il est, de ce seul fait, en état de légitime défense ;

« 2°  Dans tous les cas où l’usage des armes est nécessaire à l’exécution de sa mission ». 

Donc, mon gentil Guillaume, tu pourrais récupérer les marchés en vantant l’âme résistante de la France, et ce dès les premiers temps de l’Occupation, ce qui aurait de l’allure, mais je vois que tu préfères vendre l’âme de cette grande entreprise aux intégristes californiens.

L'histoire est tragique, Guillaume. Ressaisis-toi.

Laval-a-Compiegne-11-aout-1942.jpg
Gare de Compiègne le 11 août 1942
Laval et des officiers allemands, pour le discours sur la Relève

Commentaires

  • La jurisprudence

    Conseil d'Etat, Arret du 21 décembre 2007

    http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriAdmin.do?oldAction=rechJuriAdmin&idTexte=CETATEXT000018008093&fastReqId=991991984&fastPos=4

    Cour administrative de Bordeaux, 27 mars 2007

    http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriAdmin.do?oldAction=rechJuriAdmin&idTexte=CETATEXT000017994459&fastReqId=1872423511&fastPos=5

    Cour administratice de Lyon, 10 décembre 2009

    http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriAdmin.do?oldAction=rechJuriAdmin&idTexte=CETATEXT000021750093&fastReqId=403683666&fastPos=3

  • @ quand les excuses de :
    celui qui a fabriqué les wagons il s'est excusé ?
    celui qui a coupé le bois qui sert pour les wagons ?
    celui qui a planté l'arbre...

  • A quand les excuses de

    celui qui a fabriqué les wagons il s'est excusé ?
    celui qui a coupé le bois qui sert pour les wagons ?
    celui qui a planté l'arbre...

  • les grandes compagnies prétrolieres des etats unis vont faire pareils ,pour avoir fournis sans compter des carburants aux armées NAZI !!!!!!!

  • C'est honteux mais le lobby juif américain est aussi incontournable que le parti communiste chinois quand on veut commercer. Il doit y avoir du Sarko là-dessous.

  • Bonjour,

    Vous omettez de préciser que les archives de cette entreprise portant sur la période 40-44 et concernant ces transports ont fort opportunément été détruites au début des années 50, si mes souvenirs sont exacts, sur décision d'un responsable communiste exerçant à l'époque des responsabilités de premier plan au sein de la SNCF.
    Comme le dit Serge Klarsfeld dans ce texte (http://d-d.natanson.pagesperso-orange.fr/SNCF-Klarsfeld.pdf): "La livraison de 10 000 Juifs considérés comme apatrides a nécessité l’établissement d’une étroite collaboration entre la police nationale et la SNCF. Malheureusement et malgré nos démarches auprès du président de la SNCF, qui datent de six ans, les archives du service de liaison de la SNCF auprès du service allemand qui dirigeait l’ensemble des transports civils et militaires en France occupée (WVD au 29, rue de Berry à Paris) n’ont pas encore été retrouvées. N’ont pas été retrouvées non plus les archives du service de la SNCF en liaison avec le 9e bureau de la police nationale à Vichy, organisateur des transferts de zone libre, pas plus que les archives correspondantes du 9e bureau de la police nationale qui assurait la liaison avec la SNCF pour les convois spéciaux de Juifs."
    J'ajoute que plus loin, l'auteur indique clairement que: "Nous n’oublions pas non plus le comportement des cheminots qui acheminaient vers leurs destinataires les messages ramassés le long des voies ou qui tentaient d’apaiser la soif des déportés.". C'est pour aussitôt préciser: "Le IIIe Reich paye la SNCF pour les Juifs déportés et l’État français paye la SNCF pour les gendarmes qui surveillent les Juifs. Une circulaire du directeur de la police municipale, le 15 septembre 1942, nous apprend enfin que c’est en dernière minute la SNCF qui ferme et plombe les wagons de déportés : “ Le Commissaire
    divisionnaire s’assurera que les wagons auront été fermés et plombés par la SNCF. ” "
    Le jugement que porte Klarsfeld sur cette entreprise est assez dur mais je le crois juste. Que des cheminots se soient engagés et aient payé au prix fort leur engagement, personne ne le conteste et il est asbolument normal de leur rendre un juste et légitime hommage. Mais absoudre, au nom de ce noble idéal, l'organisation SNCF de toutes responsabilités dans le drame de la déportation ne rend pas service à la connaissance et à la compréhension de l'histoire. Je n'oublie quand même pas que cet engagement n'a vraiment pris corps qu'après le déclenchement de Barbarossa en juin 41. Nul ne nie l'importance joué par le PC et ses affidés dans la Résistance mais l'objectivité commande de préciser que le rôle de ce parti reste des plus troubles avant juin 41 en dépit de ses dénégations (il n'existe pas à ma connaissance de travail de fond sur les sabotages dans l'industrie d'armement française en 39-40 bien qu'on dispose de témoignages assez spectaculaires en la matière). Il est quand même dommage que la documentation de base ait été détruite. A-t-on voulu ainsi dissimuler des agissements coupables?

    Bonne journée

  • Merci H, et vous allez ouvrir un vrai débat.

    Oui, selon l'expression, ce n'est pas Hitler qui poussait les wagons...

    Mais je pense pour ma part que nous devons dissocier deux approches:

    - celle de la vérité historique, et sur ce plna nous n'irons jamais assez loin dans la connaissaince, et inévitablement, l'avancée dans la connaissance rapproche des réalités humaines. oui, il fallait quelqu'un sur le quai pour fermer les wagons.

    - celle de la responsabiliité juridique, et là, nous avons maints repères légaux et jurisprudentiels, pour ne pas se perdre dans la casuistique.

    Or, ce qu'a dit le Conseil d'Etat me parait incontestable sur le plan du droit.

    L'entreprise déconomie mixte, à majorité publique, avait été réquisitionnée par l'Etat de Vichy dans le cadre des accords passés avec le pouvoir nazi. La responsabilité juridique tombe.

    Je crois que ce que Chirac avait dit sur le role des autorités françaises était juste.

  • L'amerique est malade de ses lobbys. Les lobbys sont antidémocratiques car ils passent leur temps à altérer la volonté du peuple, à limité celle-ci, voir à la supprimer. Les intérêts particuliers deviennent supérieurs.

    A ce train là, on peu demander des comptes aux entreprises comme BASF, ou aux 150000 soldats de tout rang engagés dans l'armée allemande.

    Tout çà c'est une histoire de fric ni plus ni moins...

  • États Unis, politique de relance de l'économie et de transport:

    Dès mars 2009, l’American Recovery and Reinvestment Act (ARRA) a consacré 9,3 milliards de dollars au développement des liaisons ferroviaires interurbaines, dont 8 milliards pour la création de voies nouvelles.
    Le Surface Transportation Authorization Act, présenté en juin dernier, recommande, quant à lui, d’allouer 50 milliards de dollars supplémentaires sur six ans en faveur des seules lignes à grande vitesse.

    Traduction: de juteux marchés publics pour lesquels des entreprises de toutes nationalités seront près à tous. Au delà de l'argent cela représente pour les États Unis des milliers d'emplois. Et une formidable rente pour qui exploitera le transport ferroviaire.

    Que la SNCF présente des excuses, pour sont rôle réel ou supposé dans la déportation des juifs, n'est pas une exigence morale mais un obstacle à finalité économique.

    Conclusion: Ceux qui ont exigé de telles contritions se moquent bien du sort des déportés, ce qui compte c'est le présent et l'allocation de ces marchés publics.

  • la France se confond constamment en excuses . Ce qui s'est passé pendant ces années est dramatique, la guerre d'algérie, ça a été dramatique aussi, pourtant la France refuse de s'excuser... Peu de monde ne semble choqué par les atrocités commises par les israéliens sur les paléstiniens?
    le génocide pardonnerait-il tout?

  • @Sevand

    Le jour où l'Algérie dera un appel d'offre pour construire des lignes TGV de l'est à l'ouest, ou du nord au sud, peut être que le gouvernement france (où la SNCF?) se répandra en excuses et .... bingo!

  • @ Gilles Devers

    Je ne dispose pas des compétences juridiques requises pour discuter la position du Conseil d'Etat sur ce point. Je ne doute pas de la qualité du raisonnement suivi, tout au plus dirai-je que les travaux sur cette période fondamentale de notre histoire montre, à l'évidence, que la situation était loin d'être blanche ou noire. Ma démarche se veut strictement historique avec les limites que l'exercice impose au fur et à mesure que l'on s'éloigne de la guerre.
    Pour, j'ai la faiblesse de le croire, bien connaître ce qui s'est passé sous l'occupation (uniquement à travers des lectures dont la liste commence à être longue, je tiens à le préciser), rien ne m'horripile plus que ces brevets de résistance décernés à-postériori car, c'est bien évident, il est hors de question que, confrontés à une situation identique, nous choisissions le côté obscur. C'est comme ceux qui croient en la réincarnation, ils sont finalement peu nombreux à admettre qu'ils ont pu avoir un ancêtre SDF!!! On n'a pas le droit moral et politique de récupérer éhontément l'action des lycéens et les étudiants qui ont manifesté courageusement leur patriotisme le 11 novembre 1940. Leur geste était fort et osé mais je me garderai bien, comme je l'ai trop entendu ces derniers jours, de les qualifier de résistant au sens plein du mot. A cette période précise et en dépit de la répression qui a suivi, l'occupation allemande n'avait pas encore pris le côté impitoyable qu'on lui a connu après 1942.
    J'ai eu la chance de connaître une personne qui a eu un parcours exemplaire dans la Résistance et ce, dès 1943. Il est même célèbre pour avoir organisé un véritable fait d'armes un 11 novembre. Je sais aussi qu'il a fait parti de la LVF, qu'il l'a désertée quand il a compris ce qu'on lui faisait faire et qu'il a traversé l'Europe pour rejoindre la France et choisir un nouveau chemin. Après la guerre, sous la pression insistante des camarades, il s'est éloigné pendant 30 ans en AOF pour se faire oublier. Si je cite son cas, c'est qu'il montre que, lorsqu'on a 20 ans, il n'est pas toujours facile de discerner le bon grain de l'ivraie et que dans une période trouble, se fourvoyer est somme toute assez facile. Je ne fait aucune illusion si nous étions confronté de nouveau à une telle situation et me méfie autant de mes réactions que de celles de mes concitoyens. C'est ce que le regretté Jean Yanne avait illustré à travers son film grinçant "Les chinois à Paris". Tout au plus, nous pouvons essayer de comprendre ce qui s'est passé afin d'éviter de nouvelles et funestes erreurs, les leçons de l'Histoire en quelque sorte. Mais même si je crois en la puissance du droit, on ne peut pas dissimuler les erreurs commises par la SNCF, ou tout autre organisme, au prétexte que des membres de cette organisation ont payé de leur vie leur engagement.

  • @ Sevand,
    Si on entre dans le petit jeu du décompte macabre, la France a effectivement beaucoup de torts et elle s'efforce de les reconnaître au fur et à mesure (et surtout selon les grandes orientations politiques prônées par les divers élus (pas de commentaire particulier sur la période 2007-10, une critique globale étant suffisante). D'autres pays aussi et il est en effet surprenant que peu de monde s'indigne durablement des effets de la guerre israélo-arabe (l'émoi est à son comble durant un ou deux mois après un drame, puis l'opinion se ravise, convaincue à nouveau que seul le danger arabo-islamiste est générateur de haine).

    Mystère et boule de gomme !!


    @ Gilles,
    Je ne comprends pas tellement votre démarche pour ce billet. J'avais commencé à écrire un long billet sous le coup de l'indignation. En voici un résumé :
    - CE, Ass. 12 avril 2002, Papon ;
    - TA de Paris, 27 juin 2002, Fédération nationale des déportés et internés
    "En raison du principe de continuité de l'Etat, la nature de son régime institutionnel et de ses fluctuations au cours de l'histoire ne saurait interrompre sa permanence et sa pérennité ; L'Etat républicain instauré par la Constitution du 4 octobre 1958 doit donc assumer la totalité de l'héritage de ses prédécesseurs". (Magnifique, non ?)
    - Et le jugement du TA de Toulouse du 6 juin 2006, consorts Lipietz => 40 000€ à la charge de l'Etat ; 20 000 à la charge de la SNCF

    Entretemps, un décret est intervenu le 27 juillet 2004 : les enfants de déportés ayant trouvé la mort en déportation doivent désormais faire une demande de réparation à l'administration pour obtenir 27 000€. Ce dispositif doit être regardé comme assurant la réparation intégrale des préjudices.
    ehm... ehm... Ma parole, ils nous auraient refait le coup de la jurisprudence Perruche ??? Naaan !! Pas possible !!!

    Mais bon, entrons dans le détail :
    L'arrêt du CE du 21 décembre 2007 concernait le jugement du TA de Toulouse. L'Etat ne s'étant pas manifesté, seule la réparation due par la SCNF était en cause. La décision renvoie à la juridiction judiciaire le soin de trancher le litige. Et c'est là que je tique car, malgré votre légitime indignation, il s'agira toujours pour des juges de s'immiscer dans les sinuosités historiques.

    Les Lipietz ont obtenu la condamnation de l'Etat (40 000€) mais ils doivent engager une autre procédure - incertaine selon certains commentateurs - devant les juridictions civiles. Mouais, mouais, mouais. D'autres administrés devront obtenir une réparation automatique et formatée, puis engager la responsabilité civile de la SNCF. N'aurait-il pas été plus simple et logique que la juridiction administrative se reconnaisse compétente pour les faits d'une personne morale agissant par voie de mise à disposition ou de réquisition des autorités étatiques françaises ?? (et, par la même occasion, de déclarer l'illégalité du décret du 27 juillet 2004 en ce qu'il impose une indemnité formatée et destinée uniquement aux enfants de déportés - atteinte au principe d'égalité).



    Mon commentaire personnel : la France et principalement les autorités étatiques françaises ont toujours du mal à assumer leurs responsabilités morale, politique et surtout juridique pour la période de l'Occupation.

    Le commentaire de Pépy importe guère. Qu'il fasse de la com' s'il le veut. Certes, c'est au juge de "dire le droit", mais vous êtes certain que les juges civils ne condamneront pas la SNCF ?
    De toute façon, qu'il s'agisse des juridictions civiles ou administratives, l'argent sortira des caisses de l'Etat. Peut-être espèrent-ils que les juges civils seront plus cléments envers la SNCF ou, bien pire, dans l'impossibilité de la condamner. Pour Pépy, ça ne coûte rien de présenter des excuses. Il ne fait que profiter du principe de concurrence à outrance.
    Tout cela me fait dire que les autorités étatiques n'ont cherché (avec ce décret de 2004 et les évolutions jurisprudentielles successives) qu'à réduire le coût de la "note" (salée, par définition).

    Alors, bien sûr, je pense également que ni le législateur, ni les autorités administratives ou juridictionnelles ne doivent "écrire" l'histoire. Par contre, je suis intimement persuadé qu'ils doivent tous être au service de l'État et veiller à la cohésion entre tous les citoyens selon les normes édictées. Et là, leur position globale sur cet épisode tragique de notre histoire nationale est très ténue et riche en tergiversations malsaines.
    Par conséquent, les autorités étatiques françaises devraient clarifier au plus vite leur position et cesser de magouiller - avec l'histoire justement.

  • J'aime bien ce mot "reconnaissance" tellement il ne coute rien, tellement il déresponsabilise, tellement il est bô!

  • J'ai un peu de mal à croire que la SNCF ait la moindre chance de décrocher ce marché. Les USA ont mille et un tour dans leur sac (voir les avions ravitailleurs) pour s'accrocher à leur nationalisme économique. Surtout dans le contexte actuel.

  • >>à leur nationalisme économique.
    Yesroll,
    Tu pourrais m'éclairer qu'est-ce que tu sous-entends pour nationalisme économique?

  • Adriana,

    Oh, le terme plus habituel est "protectionnisme", autrement dit donner la préférence aux entrepreneur autochtones. L'opposé en est le "libre échange" soit négocié par des accords bi latéraux ou multilatéraux.
    L'OMC (qui succéda au GATT) est la plateforme de négociation de ces accords commerciaux internationaux, le dogme, à tort ou à raison (je souligne), c'est que le libre échange c'est bien, le protectionnisme, c'est pas bien.

    Les USA ont eu il y a peut être dix ans un problème de déficit de leur balance avec le Japon.
    Ils l'ont réglé vite fait bien fait en augmentant les droits de douane de 10%. Et le tour était joué, au mépris des accords en vigueur.
    Ils utilisent aussi d'autres mécanismes dans l'industrie du spectacle pour ne permettre de tourner un film que si la majorité des acteurs et du personnel de tournage est étatzunienne.

    L'affaire des avions ravitailleurs pour l'USAF que j'évoquais, c'était en gros qu'Airbus/EADS avec pas mal de concessions et notamment celle de les fabriquer sur place, avait gagné l'appel d'offres. Et le lobby de Boing a trouvé des arguties politico-juridiques pour casser le contrat histoire de remettre la solution Boing dans la course. C'est résumé un peu plus longuement ici :
    http://www.opex360.com/2010/04/21/avions-ravitailleurs-us-eads-revient-dans-la-course/

    C'est leur profond nationalisme que je n'aime pas, une forme de fanatisme qui les conduit où ils en sont, et ils l'appliquent sans sourciller au niveau économique également.
    D'un coté pour les autres pays, ils chantent à tue tête les vertus du libre échange. Faites ce que je dis, pas ce que je fait, c'est un peu se foutre du monde.
    Bon, tu me diras avec raison que nous en Europe, on en fait autant avec les pays émergeant. (je fais les questions et les réponses tu vois ça va plus vite).
    Voilà c'est un peu rapide, mais ce soir je suis rapide, on m'attends.
    @+

  • Les US investissent beaucoup trop dans la technologie militaire et pas tellement dans la technologie civile. Il est peu propable qu'ils puissent mettre sur pied un train à grande vitesse avant dix ans, même s'il en ont les capacités. Je ne crois pas qu'ils accepteront d'acheter une technologie étrangère, plutôt crever.

  • D'accord Yesroll,
    Connaissais le mot protectionnisme. Merci pour m'éclaircir

    >>Bon, tu me diras avec raison que nous en Europe, on en fait autant avec les pays émergeant. (je fais les questions et les réponses tu vois ça va plus vite).

    Tu prends deja mes questions a l'avance? LOL.

    En parlant d'Airbus, J'ai lu dans la presse brésilienne que beacoup de modeles ont des problemes electriques. Sans compter les turbines qui ont des graves.
    fuites.
    http://www1.folha.uol.com.br/bbc/829743-airbus-lanca-alerta-internacional-para-problemas-eletricos-em-avioes.shtml

  • Enfin... Après 9 mois de suspense insoutenable, l'Elysée annonce ceci :

    Tsoin tsoin tsinn tsoin !!

    http://www.lepoint.fr/politique/remaniement-sarkozy-accepte-la-demission-de-fillon-13-11-2010-1261868_20.php

  • Je crois très juste l’analyse faite par le Conseil d’Etat… en 2007, et alors que le Conseil d’Etat entre 1940 et 1944 était dix fois pire que la SNCF.

    Le TA de Toulouse s’était gaufré, et à tout point de vue. La SNCF était une société mixte, contrôlée par l’Etat, mais restant privée.

    Si la SNCF avait agit de son propre choix, comme les usines SA Renault ou SA Berliet, ou tant d’autres, alors on restait dans la compétence judicaire, et la complicité de crime. Il n’aurait été possible d’agir qu’au civil contre les sociétés, la responsabilité des personnes morales n’existant pas à l’époque.

    C’était donc une responsabilité de l’Etat, et pas de la SNCF.

    Le recours dirigé contre la SNCF est en perdu.

    Pétain était un antisémite viscéral, et l’une de ses premières mesures a été d’abroger le décret loi Marchandeau, (loi du 16 août 1940) pour libérer la propagande antisémite. Dans un premier temps, (statut d’octobre 1940) il a tapé sur les juifs étrangers, mais il a ensuite nommé la crapule antisémite Xavier Vallat « commissaire aux affaires juives « pour avoir du travail de pro, ce qui a été le second statut et toutes lois entre juin/ sept 1941.

    La rafle du Vel d’Hiv et les quotas chiffrés de déportés, c’était des accords directs passés avec les dirigeants nazis, enragés, car atteindre ces seuils chiffrés de déportés était le moyen pour les traitres Pétain et Laval de faire « sérieux », et d’envisager de discuter le jour venu comme alter ego des dirigeants allemands et italiens pour la nouvelle Europe.
    Ces types étaient des tueurs absolus. Leur culpabilité est totale. N’oublions jamais que Pétain a livré Mandel deux fois : d’abord aux Allemands, puis aux miliciens.

    Aussi, il faut imaginer la marge de manœuvre qui restait pour les cheminots, et alors que le haut encadrement était nazi. Il n’y avait rien, à part de petites et grands manœuvres dans la clandestinité, puis la Résistance. Sans aucun soutien de Londres et de de Gaulle, car pour eux il ne fallait surtout pas un front intérieur. Des divisions allemandes stagnantes pour assurer l’ordre, mais tout ce qui pouvait amener à réorienter l’effort militaire vers l’Est était bon en vue du débarquement.

    Alors, parler d’une responsabilité de la SNCF est pour moi un non sens.

  • Voici le souvenir très précis d’un ami qui nous a quittés. Il se trouve qu’il a été un voisin, et que nous avons préparé ensemble sa déposition lors du procès Touvier. Ancien des FTP, il refusait de se considérer « victime » de Touvier », alors qu’il avait été arrêté et torturé sous ses ordres directs. Il est resté « témoin » au procès de Versailles.

    http://www.decitre.fr/livres/Petit-Louis.aspx/9782012356115

    http://www.lexpress.fr/culture/livre/petit-louis_806084.html

    Il racontait être entré dans la « résistance », comme cela, naturellement, par patriotisme et refus de l’ordre. Au début ce sont de petites choses, des « actes de bravades » comme il disait. Des tracts, une affiche collée, une discussion cachée, des rendez vous de petits réseaux pour des amis qui refusaient l’ordre établi.

    Et puis un jour tout bascule, du fait de la répression.

    Pour lui, c’est un de la bande qui avait été tué devant la prison de Lyon, pour une distribution de tract. Tout ensuite s’était enclenché.

  • La loi du 16 août 1940 concernant l’organisation provisoire de la production industrielle, a été le premier texte constructif de Vichy. Etait en cause l’aptitude du nouveau régime à mettre en œuvre son projet économique.

    L’enjeu était double.

    Dans l’immédiat, il fallait assurer un niveau d’activité suffisant, alors que l’Angleterre semblait mieux résister que prévu, ce qui différait d’autant les projets de paix.

    Il s’agissait surtout d’édifier les bases d’un nouveau régime économique qui se démarquait et du capitalisme, et de la lutte des classes (Message du maréchal Pétain du 11 juillet 1940).

    La loi était précédée d’un très éclairant rapport, œuvre du ministre secrétaire d’Etat à la production et au travail, René Belin, l’ancien secrétaire général adjoint de la CGT, lequel bénéficiait alors à son cabinet du concours de Pierre Laroque. La compétence de celui-ci l’avait rapproché de Vichy, avant que, en application du statut juif du 3 octobre 1940 – il avait deux grands-mères et un grand-père juif – il soit révoqué en décembre 1940, pour ensuite rejoindre la Résistance, et devenir à la Libération le grand ordonnateur des questions sociales.

    « Une stricte discipline doit dominer les activités industrielles. Seul l’Etat dispose de moyens d’action et d’autorité immédiatement efficaces. Il se doit d’agir énergiquement et sans délai.

    Un projet complet d’organisation professionnelle a dors et déjà été mis à l’étude. Il prévoit que la direction des différentes branches d’activité économiques sera assurée par la collaboration des représentants de l’Etat avec les représentants qualifiés des employeurs et des salariés.

    La proposition centrale était la création de comités chargés, dans chaque branche d’activité, de prendre les mesures nécessaires. Ceci conduisit à supprimer les organisations professionnelles patronales et ouvrières, mesure justifiée par un « souci d’autorité. »
    Vichy s’était donné tous les pouvoirs pour contrôler l’économie. L’article 7 de la loi du 16 août 1940, qui supprimait toute réalité syndicale, plaçait le patronat à la merci d’une décision gouvernementale. La loi du 16 novembre 1940 relative aux sociétés anonymes poursuivait ce mouvement de déstabilisation en introduisant la règle de la responsabilité personnelle des dirigeants, une aberration.

    En réalité, il s’agissait de contrôle toute l’activité économique. La loi créait un club fermé, unissant les responsables politiques et ceux des grands secteurs de l’économie. Ce groupe d’environ deux cents personnes, mêlant autorité publique et intérêts privés, allait avoir les toutes les clés en main, par une confiscation législative de l’initiative économique.

  • Cncernant le protectionnisme des deux côtés de l'Atlantique: l'étude des statistiques globales des échanges montre clairement que l'Union Européenne est plus ouverte que les Etats-Unis.
    La part des importations dans la consommation intérieure et dans le PIB est plus grande dans l'UE qu'aux Etats-Unis.

    Les Etats-Unis utilisent facilement les normes et réglementations pour bloquer l'importation de biens étrangers.

  • Marianne,

    Je suis de ton avis en comparant globalement UE vs USA.
    C'est vu d'ailleurs aussi bien comme une force que comme une faiblesse.
    L'Union Européenne est même (en un certain sens) globalement un modèle d'équilibre, entre importations et exportations vis à vis du reste du monde.
    C'est d'ailleurs je crois ce qui fait de l'Euro une monnaie forte et stable.

    Ce à quoi je pensais toutefois vis à vis des pays émergents concerne le domaine agricole et le système de la PAC tel qu'il est, est devenu à plus d'un titre aujourd'hui insupportable. Par exemple les subventions aux produits agricoles destinés à l'export faussent les règles du jeu en décourageant par exemple en Afrique les producteurs locaux.
    Encore qu'il faut regarder au cas par cas et là s'arrête ce que je sais.

  • "Alors, parler d’une responsabilité de la SNCF est pour moi un non sens."
    Ecrit par : gilles devers | 14.11.2010

    Désolé, mais je ne suis toujours pas convaincu.

    "C’était donc une responsabilité de l’Etat, et pas de la SNCF. "
    C'est donc bien de la compétence du JA pour déterminer les dommages-intérêts dus par la SNCF. Le juge civil ne devrait pas à avoir à connaître des réparations concernant une entreprise privée qui fut réquisitionnée.

  • Oh putain, c'est grave : comment se fait-il que je n'étais pas au courant ?

    http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/appel-au-boycott-des-produits-israeliens-80-personnes-poursuivies_927945.html


    http://www.rue89.com/2010/11/13/stephane-hessel-violemment-attaque-pour-ses-critiques-disrael-175677#

  • Tiens, en parlant de boycott, il serait bon de raviver la BDS contre les crimes des juifs en Palestine.
    http://www.youtube.com/watch?v=lzMnzg9XEPE&feature=related

  • à noter également que l'avis Hoffman Glemane du CE de 2009 (qui traitait de la "réparation") évoquait la responsabilité de l'Etat pour (entre autres) les opérations de convoiement

  • Pour le BDS il faut être plus fin, on a une armada de lobbyistes féroces, des gens qui se sentent coupables à qui on le rappel souvent. Il ne faut pas ciblé un pays en particulier. Le consommacteur fera le tri...

  • Exprimer "ses regrets" pour des actes «effectués sous la contrainte de la réquisition» ne me semble en aucun cas être des excuses et encore moins aller à l'encontre de la position de la Sncf et de la loi depuis 50 ans. Je ne vois pas où G. Pepy reconnait la moindre responsabilité de la Sncf, ni là où il renie les cheminots ayant donné leur vie.

    Ressaisissons-nous donc, Monsieur l'auteur, ou apprenons à lire ?

  • Tout cela est effectivement lamentable.
    Moi aussi (famille de cheminots) j'ai lu avec consternation "les convois de la honte". Mais je le savais plus ou moins, ce qui est arrivé. Mon grand-père, cheminot à l'époque m'en a un peu parlé avant de "partir".
    (il raconta aussi son évasion d'Allemagne et son retour épique dans le midi de la France, pour découvrir que le voyage était plus facile en Allemagne qu'en France et plus facile en zone occupée qu'au Sud... Et qu'il suffisait étant arrivé d'écrire au Ministère des prisonniers pour ne plus être recherché par les gendarmes et retrouver son job... Etc. Et no comment!
    Qui va comprendre ce que faisait "Vichy"?)
    Tout le monde se doutait, même et surtout sans RIEN savoir, que lorsque ces trains changeaient de locomotive et de conducteurs à Metz, pour aller "on ne sait pas où, loin à l'Est", que ce ne serait certainement pas dans le "genre clubmed" à l'arrivée. (dixit le gd père)

    Savoir que la SNCF se faisait grassement payer pour ça, ça peut surprendre écoeurer, C sûr! C'était de la prostitution.
    Mais.... Par rapport au reste des pays occupés, la SNCF a eu de la chance!
    (même si la vente de son âme ne fut pas payée assez cher)
    En Belgique, rien ne fut payé et TOUTE la SNCB fut saisie et contrainte, et ça n'a rien empêché. Ce fut ainsi dans toute l'Europe occupée sauf en France, avec son statut "bizarre".
    La direction de la SNCF n'avait qu'un seul choix:
    - Accepter de "rendre ce service" crapuleux demandé en se faisant payer à son CLIENT ENCOMBRANT et OBLIGATOIRE.
    - Ou "se faire démissioner" et ne pas se faire payer du tout, puis "se le faire arracher" avec les couilles ou les ovaires du peuple cheminot, content ou pas, ce "service" très spécial...

    Avec ou sans paiement par les nazis, les cheminots qui refusèrent la "conduite" de ces trains furent peu nombreux (mais il y en a eu plus qu'on le croit) et... Furent Remplacés sans discussion Immédiatement! Et le plus souvent, ça s'est mal terminé pour eux...

    Que la politique de Laval & Pétain ait eu pour conséquence trash et insolite de voir la SNCF se faire payer pour se qui risquait fort d'être du boulot forcé et gratis, ce n'est pas ce qui arriva de pire durant la 2nde guerre mondiale.
    Après 1945, on a "retrouvé" du matériel de la SNCF jusque dans le cenrtre de la Chine! C'est aussi dire le boxon que firent les Allemands...

    Bof, je pense que Mr Pépy s'est prostitué et ridiculisé en faisant ces ridicules excuses, dues en réalité par les ex dirigeants tous morts aujourd'hui. Mais c'est moins grave qu'en 1940!
    Bon... S'il n'y avait que ça pour faire plaisir aux lobbies souvent tordus qui existent aux USA, et bien qu'il les fasse ses plates excuses! (et qu'on en finisse)
    Cela dit, rien ne garantit que ça suffira pour décrocher le pompom... ;-))

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