17.12.2010
Faut-il sauver l'euro ?
Je devrais faire camembert, car je ne connais rien à l’euro et à la finance internationale. Mais le sujet me parait d’une importance telle que je veux en causer.
Si je méconnais les règles qui guident l’économie, j’essaie d’être un citoyen attentif et je constate que personne n’est en mesure d’expliquer pourquoi il faut tout faire pour sauver l’euro. Et quand j'entends notre président à 28% nous dire d’un air inspiré « il faut défendre l’euro, parce que l’euro, c’est l’Europe », je flippe carrément.
Je veux juste poser deux questions à la recherche de réponses cohérentes.
- - L’euro peut-il tenir ?
- - Si l’euro tient, c’est à quel coût social ?
Comme un brave soldat de la construction européenne, la paix par la prospérité et réciproquement, j’avais voté pour la monnaie unique. Nous avions alors le cœur heureux et les yeux plein d’avenir : une croissance soutenue, des échanges intra-européens en développement, avec en perspective des économies qui allaient se rapprocher. Aussi, la monnaie unique était un outil très présentable. Chaque pays gérait sa politique, et il était seulement demandé de ne pas creuser le déficit public – les fameux 3% – pour ne pas déstabiliser l’ensemble en aiguisant les appétits des banquiers.
Aujourd’hui, deux problèmes changent tout :
- les politiques économiques sont très distinctes, car les Etats doivent privilégier la cohésion interne, la démocratie européenne étant embryonnaire ;
- les Etats se sont endettés, d’une manière importante mais pas forcément excessive, sauf au regard de la règle des 3% qui est la condition de la tenue collective de l’euro. 
A Bruxelles, semaine après semaine, se suivent les réunions, avec toujours le même menu : « réunion de crise pour sauver l’euro » ; et le même communiqué triomphal : « l’euro est sauvé, jusqu’à la semaine prochaine ». L’Europe s’enferme dans un tête-à-tête avec « la finance internationale », comme si le reste devenait anecdotique.
La Grèce, abasourdie par le plan qui lui a été imposé, a fait face quelques mois, mais le remède est plus fort que la maladie, malgré les déclarations inspirées de DSK. C’est la misère qui s’installe, et la société chancelle. Déjà, l’Irlande se rebelle…
Même cata, dans un autre genre, à voir la France se coller au centimètre près à ce que décide l’Allemagne, avec la grande trouille étant d’être emportée en 2011 par la chute de l’Espagne, que tout le monde redoute.
Alors, serait-il une aberration absolue de dire que l’idéal de la monnaie commune n’est plus de mise quand les grandes puissances économiques – Etats-Unis, Chine, Japon – font de la politique monétaire un pilier de leur développement ? Les inconvénients seraient-ils pires que les avantages ?
On a aimé l’euro, qui reste un aiguillon pour l’Europe. Mais dans la période actuelle, mettre l’euro entre parenthèse pour quelques années en laissant des mécanismes d’entraide, serait-il vraiment un drame ?
Poser la question n’est pas un sacrilège, et il est logique d’attende des réponses raisonnées, et non pas des litanies pathétiques.

01:19 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : euro, europe, etat











Commentaires
vous observerez que c'est la Grèce, ce pays majeure de l'économie mondiale, qui a été choisie pour cible de tous les discours d'apocalypse, que l'on désigne à la vindicte, et dont on veut nous persuader que viendrait tout le mal.
Dans la réalité, quasiment tous les pays du monde sont en "fallite". Et la petite minorité de ceux qui ne le sont pas directement, le deviendrait bien vite si les pays en faillite (qui sont leurs débiteurs et leur rémunèrent des intérêts) faisaient faillite...
En ce qui concerne l'euro, nous manquons cruellement de convergence des politiques économiques des différents pays européens. Cette convergence n'existe pas et plus que la monnaie elle-même, c'est le cours de la construction de l'Union Européenne qui est menacée.
Écrit par : sevand | 17.12.2010
En fait la monnaie unique n'était pas une mauvaise idée comme vous le dites. La mauvaise idée a été de laisser les mains libres à des bandits de grands chemins de la finance internationale jouer avec.
Écrit par : Fran | 17.12.2010
L'euro est une belle idée politique. L'abandonner maintenant serait une catastrophe pour l'idéal européen. Pourtant, ce qui n'était encore qu'une hypothèse d'école il y a quelques temps devient nettement envisageable désormais. La crise sociale qui découlerait de cet abandon serait évidemment terrible pour les impécunieux européens mais ne nous mentons pas, il y aura aussi crise si on garde l'Euro (l'exemple nous est donné par l'Irlande, la Grèce et le Portugal, bientôt l'Espagne. Pour l'Irlande, voir http://www.fahayek.org/index.php?option=com_content&view=article&id=1992:irlande-faits-et-chiffres-pour-en-finir-avec-les-idees-recues-sur-la-crise-irlandaise&catid=67:analyse&Itemid=40). La monnaie unique a joué jusqu'à présent un formidable rôle d'amortissement mais le silent-bloc est usé, il ne joue plus son rôle et amplifie dangereusement les vibrations causées par un mauvais réglage du moteur. Le problème, c'est que cette monnaie a plongé nombre de sociétés européennes dans un douce et agréable léthargie. Quelque soit la solution choisie (n'en doutons pas un instant, il y en aura une, imposée par la situation ou non), le réveil va être brutal et il va falloir revoir de fond en comble le fonctionnement de nos sociétés et de nos états providence dispendieux et si peu efficaces. Moins que les fameux acteurs financiers, c'est notre personnel politique et sa démagogie permanente qui nous ont plongé dans cette tourmente. Avant de promettre du beurre, il faut s'assurer d'avoir une crémière et de la crème. La politique économique suivie depuis trente ans dans ce pays a aboutit à ce qu'il n'y est plus ni l'une ni l'autre. Le problème des retraites en est l'illustration la pus flagrante. Il y a là un principe de réalité qui s'impose à tous.
L'attrait du pouvoir pour le pouvoir est tellement fort qu'il en devient une fin et non un moyen. J'ai voté pour l'Europe. J'ai donc voté pour le respect des fameux critères de Maastricht qui devaient amener l'assainissement de nos finances publiques. je demande donc compte à ceux et celles qui par lâcheté, ambition et incompétence nous ont conduit dans la situation présente. Le tribunal de l'Histoire les jugera sévèrement à défaut de pouvoir les condamner physiquement. L'opposition n'est plus entre la droite et la gauche qui, peu ou prou, mène des politiques économiques semblables pour ne pas dire identiques, mais entre le conservatisme le plus étroit (qui consiste au maintien, voire au renforcement quand on dispose des moyens de pressions ad-hoc, de la situation actuelle et dont on voit les effets délétères chaque jour) et une autre voie beaucoup plus révolutionnaire (non, pas rouge). Vous qui officiez probablement en secteur libéral, vous savez quel est le prix de l'incompétence. A une échelle différente, il en est de même pour les Etats. Les mauvais finissent par sombrer (ex: l'URSS). Notre pays tient encore son rang car, pour le moment, il survit en détruisant son capital (sur ce sujet, on peut critiquer maint aspect de la politique du Général mais lui, il a su investir pour l'avenir). Qu'en sera-t-il quand celui-ci aura disparu?
Je vous invite puisque le sujet semble vous intéresser à parcourir ce blog (http://www.jpchevallier.com/article-monnaies-nations-strategies-62991223.html). c'est un peu dur à entendre mais il s'avère que les prédictions qui y sont faites sont, sauf accident, étrangement confirmées. Tant que le moteur ne sera pas bien réglé, le désordre ira en s'accentuant. Comme le dit l'auteur, "La stratégie américaine est celle d’accentuer le désordre en Europe en se basant sur les erreurs (dues à l’ignorance) de ses dirigeants. Elle est gagnante.". Par ailleurs, les allemands ont de la mémoire, contrairement à nous. Ils se souviennent des effets de la terrible inflation que leur pays a connue dans les année 20 et qui a conduit à ce que nous savons. Tout en absorbant l'Allemagne de l'Est, ils ont mené, là où nous dépensions sans compter (Ah, ce cher Jospin et sa cagnotte) une politique économique courageuse, même si elle est perfectible, qui les a conduit là où ils sont. Viendra inéluctablement le moment où ils siffleront la fin de la récré. Ils ne sacrifieront pas indument tous leurs efforts pour nourrir les cigales qui dansaient aux temps chauds.
Écrit par : H. | 17.12.2010
La spéculation ne pourrait rien contre l'euro si les états ne creusaient pas leurs déficits et leur dette publics. Les Grecs ont menti sur leurs comptes, les irlandais ont fait du dumping fiscal, les espagnols se sont lancés dans une spéculation immobilière à tout crin.
La France s'est surendettée continuellement depuis trente ans: 1600 milliards d'euros, calculez combien un point ou deux supplémentaires de pourcentage de taux d'intérêt ajouterait à la facture de l'état.
En plus, les pays faibles sont comme l'écureuil qui pédale dans sa cage: plus il assainissent leurs finances, plus ils obèrent leur croissance, c'est sans fin.
Il va falloir naviguer au près pour s'en sortir; sortir de l'euro est difficilement imaginable.
Écrit par : Mathaf Hacker | 17.12.2010
Ca m'énerve prodigieusement d'entendre des gens répéter comme des perroquets que les Etats "sont en faillite".
Cette notion ne s'applique qu'à des entreprises ou à des individus. Mais un Etat ne peut pas être "en faillite" vu qu'on ne peut pas en dresser un bilan comptable. A combien vous valorisez l'aéroport Charles de Gaulle et les remparts de Carcassonne dans le bilan de la France ? A combien on comptabilise l'Acropole dans celui de la Grèce ? Le Louvre, ça vaut combien ? Pompeï, combien ? Le pont du Tage, how much ? Et à l'Elysée, le mètre carré de bunker anti-nucléaire vaut combien en plus que le mètre carré de salon de réception ? RI-DI-CU-LE !
Un Etat peut être en cessation de paiements. Il peut disparaître (ça arrive bien plus souvent qu'on ne croit). Mais être en faillite, non, sauf ne cas de guerre nucléaire peut-être. Mais si cela survenait, qui serait le curateur de la faillite ?
Écrit par : Gracchus | 17.12.2010
Mathaf, le contrôle et le pilotage budgétaires ça existe. S'être contenté du déclaratif des pays que tu cites, c'est de l'amateurisme ou au mieux du je-m'en-foutisme de la part de Bruxelles.
Écrit par : Fran | 17.12.2010
Encore une fois, je ne connais pas la matière
Je veux bien croire qui si chaque pays décide soudain de se retirer de l’euro pour le lendemain, faire une politique monétaire inversée, ça ferait partir dans une drôle aventure
Mais j’ai un peu le sentiment qu’il y a des choses à envisager entre la ligne du maintien absolu et chaque pays qui joue sa carte, égoïste et à court terme.
Avant l’euro, ce n’était pas le néant. On avait des trucs genre « le serpent monétaire ».
Comme tout se joue à la marge, est-ce si dangereux d’envisager de jouer avec cette marge là ?
Écrit par : gilles devers | 17.12.2010
@ Gracchus
"Mais un Etat ne peut pas être "en faillite" vu qu'on ne peut pas en dresser un bilan comptable"
C'est les argentins qui vont être contents de l'apprendre. Je leur transmets illico votre affirmation et ils vont redevenir le pays (très) riche qu'ils étaient il y a plus de soixante ans (A l'époque, on disait communément "riche comme un argentin").
Jean-Pierre Chevallier est plutôt pessimiste: "Depuis cette date (mai 2010 avec le défaut de paiement d’au moins deux banques présentant un risque systémique, dixit la BCE), l’euro-système survit sous perfusion d’une dose massive de poudre de perlimpinpin : de l’argent apporté par l’Allemagne (des centaines de milliards d’euros) qui engrange les excédents qui permettent à l’euro-système d’équilibrer ses comptes vis-à-vis de l’étranger et un chômage et un désordre qui augmentent dans ces cochons de pays du Club Med.
Le seul remède à ce mal (un cancer létal) qui ronge la zone euro est son éclatement d’une façon ou d’une autre (par la sortie des pays où la productivité est la plus faible).
Plus cette échéance est retardée, pires en seront les conséquences.
Le dernier exemple d’arrimage monétaire d’un pays à faible productivité par rapport à un autre pays à forte productivité a été celui de l’Argentine avec le dollar des Etats-Unis : il a tenu 10 ans, de 1991 à fin 2001 pour s’écrouler dans la douleur début 2002 avec une dévaluation du peso de plus de 70 % par rapport au dollar." (http://www.jpchevallier.com/article-euro-et-productivite-63196091.html)
Respectueux des pensées d'autrui, libre à vous de penser le contraire mais les faits sont têtus et les lois économiques implacables.
Écrit par : H. | 17.12.2010
Il n'y a pas de retour en arrière possible ; imaginons un retour au Franc, à partir d'une dette publique abyssale, quels sont les banquiers qui financeront le franc et sur quelle base ?
C'est une dévaluation avec une dépréciation des actifs de tous les français, et des taux d'intérêts massacrants. Autant arrimer notre devise au Yuan pour pousser le raisonnement à l'absurde. Cela fait trop longtemps que l'état vit au dessus de ses moyens, et que l'impôt ne suffit plus à pourvoir au train de vie de la France. Quand j'entends une femme aussi brillante que Lagarde dire qu'elle compte sur le retour de la croissance pour assainir les finances, c'est à désespérer, c'est un leurre : aucun gouvernement n'a d'impact tangible sur la croissance, à part quelques recettes à la poudre de perlinpinpin.
Fran,
C'était à la BCE, à Francfort, d'assurer un suivi rigoureux du respect des critères de convergence. Cela n'a, de toute évidence, pas été fait au moins en ce qui concerne la Grèce. Raison de plus pour se méfier des politiques qui veulent garder une emprise sur la caisse.
Écrit par : Mathaf Hacker | 17.12.2010
Il me semble aussi que sortir de l'€uro serait un saut vers le n'importe quoi.
Donc pas d'autre choix que de consolider la zone €uro en harmonisant toute une série d'entités financières.
Une bonne partie de la dette est réelle mais une autre est tout simplement virtuelle.
Mais tant que le choix actuel restera de protéger les banques contre les états, on sera dans la panade. C'est un enjeu politique aussi net que la lutte contre la corruption et pour la transparence.
Écrit par : yesroll | 18.12.2010
Si les états étaient capables de s'autofinancer, dans un monde idéal, la question ne se poserait pas. Nous ne sommes plus sous Philippe le Bel qui envoyait ses créanciers au bûcher pour clôturer son année financière, et nous pouvons pas non plus plomber la monnaie pour nous en sortir, comme sous l'ancien régime et à l'après guerre.
Les US ont compris depuis le XIX ème siècle qu'ils pouvaient prospérer sur l'endettement en remboursant en monnaie de singe. L'émergence de la Chine a grandement changé la donne, devenue la deuxième puissance mondiale, le premier créancier, ce n'est plus le dollar mais le Yuan qui donne le La.
Le prochain plan Marshal sera-t-il chinois ?
Écrit par : Mathaf Hacker | 18.12.2010
On préfère essuyer la tempête en limitant les dégâts et garder ce symbole fort de l'intégration européenne, même si ce n'est pas économiquement optimal - mais pas sûr non plus que mettre fin à l'Euro soit optimal à moyen-long terme, même si ça permettrait des rééquilibrages conjoncturels.
Ce qui paraît en revanche à peu près sûr, c'est que la zone Euro n'est pas une zone monétaire optimale; mais en virer les vilains canards pour retrouver une ZMO ne serait pas non plus terrible, politiquement parlant...
Écrit par : VilCoyote | 18.12.2010
Mathaf, je crains que le prochain plan Marshall ne soit pas chinois, tellement qu'ils sont à la peine entre inflation, problèmes intérieurs et soutiens divers à la finance américaine.
Écrit par : yesroll | 18.12.2010
Les aberrations de cette Europe étaient déjà apparentes, elles deviennent flagrantes au détour de ces deux petites phrases adoptées presque à la sauvette, de manière honteuse. Comment pouvait-il y avoir une monnaie commune, à la valeur identique partout, entre des pays de plus en plus nombreux ? Souvent par nécessité, ces pays avaient des économies divergentes, donc des politiques économiques qui suivaient comme elles le pouvaient ces contingences, quitte à anticiper des tendances afin de mieux les maîtriser. Comme aucune politique commune n'avait été prévue par Maastricht (éh éh , il fallait le lire, ce traité), l'euro s'est trouvé écartelé entre des entités économiques tirant à hue et à dia. Impossible de continuer ainsi. Entre une Allemagne qui fait de la rigueur son pain quotidien depuis des dizaines d'années, tout en exportant massivement ses produits, et des pays moins développés au départ, qui devaient mettre en place des infrastructures encore inexistantes ; entre une mentalité sombrement luthérienne, prônant l'effort besogneux et solitaire, et l'exubérance naturelle des pays du sud, ouvertement partageuse et joviale, le grand écart ne demandait qu'à s'agrandir.
C'est pourquoi l'euro, malgré la bonne volonté de tous, tiendra difficilement la route. Mais c'est tout l'édifice qui nous fut imposé, qui est voué à l'échec. Basé sur un moins-disant permanent, sur l'alignement des salaires au plus bas, couplé avec une délocalisation forcenée vers des pays hors Europe encore moins regardants sur la qualité de vie, et la qualité des produits, ce système génère nécessairement un écroulement des échanges, faute de liquidités pour consommer. Ce ne serait pas grave, dans un contexte d'entraide comme il en existe dans les pays pauvres mais partageurs. C'est catastrophique, dans une machine à faire consommer toujours plus. Le crédit ne vaut qu'un temps, très vite les plus vulnérables sont surendettés, entraînant de plus en plus d'autres dans leur chute.
Les Pères de l'Europe se sont trompés, ou c'est sciemment qu'ils ont institué un système qui rend l'Europe de plus en plus inféodée à des États-Unis fiers de leur abyssale dette intérieure et extérieure. Sortir de ce guêpier, c'est bon gré malgré sortir de cette fausse Europe. Nos politiciens l'accepteront-ils, ou vont-ils encore aggraver la situation ?
Écrit par : babelouest | 18.12.2010
Je crois qu'à la question du maintien de l'euro il faut aussi poser celle de son alternative.
Sans être spécialiste, j'ai l'impression que l'euro nous sert plus qu'il nous dessert. Le problême est que son cours est mis en péril par l'Irlande et la Grèce.
Si nous étions encore au Franc, le Franc aurait surement un cours très faible (l'Allemagne sotient le court de l'Euro) et vu notre industrie nationale, je ne pense pas que ça aurait representé un avantage, liberté de faire marcher la planche à billet, n'y pensons pas.
Le problême plus général est le manque d'unité politique de la zone euro. Et je rejoinds tout à fait l'analyse Sevand.
Écrit par : Pierre G. | 19.12.2010
Avoir une monnaie européenne suppose d'accepter des transferts internes.
Au niveau national, on peut donner des subventions aux régions défavorisées et il y a des transferts vers les vieux (les retraites) vers les malades (les prestations maladies) et les chomeurs (allocations chomage): cela fait qu'une monnaie nationale a un sens.
Pour que l'euro ait un sens, il faut des transferts internes à la zone Euro, une solidarité, et une politique économique un minimum coordonnée.
Cela signifie aussi que l'on agisse pour que le taux de change de l'euro ne soit pas fixé seulement à partir de la compétitivité de l'Allemagne, mais aussi du niveau de compétitivité de pays à l'économie moins forte.
Écrit par : Marianne | 19.12.2010
L'Euro ne tiendra que tant que ses avantages paraitront plus forts que les inconvénients de sa suppression. Or, manque de pot, un des atouts majeurs de l'Euro réside dans la solidarité entre états... solidarité qui a un sacré plomb dans l'aile.
L'autre atout, fort mis à mal également, c'est l'acceptation par tous les pays membres d'un socle minimal de "conduite vertueuse" , visant à limiter ses déficits et à garantir un minimum de transparence.
Las... comme le souligne judicieusement Mathaf, certains états ont triché (avec la complicité d'autres états), et d'autes ont voulu présenter comme de la richesse ce qui n'était que de la bulle spéculative (le cas de l'Espagne est caractéristique de la façon dont certains états ont jeté de la poudre aux yeux pour masquer leur grande fragilité structurelle...idem pour l'Irlande)
L'image des dominos, pour illustrer les mécanismes qui entraînent les faillites en chaîne des états (les états peuvent faire faillite, Gracchus..), parait adaptée, mais on a l'impression que se substitue à cette contagion "horizontale" un effet de maëstrom autrement plus violent et inquiétant encore...
Vous rappelez vous les paroles rassurantes des économistes il y a seulement 2 ans encore ?
"La crise de 29 ne peut plus se reproduire, car la maîtrise actuelle des modèles financiers et économiques n'a rien à voir avec les balbutiements de 1929...". Oui, peut être, ...on voudrait y croire. Mais on y croit de moins en moins.
Écrit par : longjohn | 19.12.2010
L'ile de Yap a trouvé la solution pour le problème de la monnaie.
Je suggère adopter les memes measures pour résoudrele problème de l'Euro.
Why a Loan in Yap Is Hard to Roll Over
By Art Pine. Wall Street Journal. (Eastern edition). New York, N.Y.: Mar 29, 1984. pg. 1
http://eresources.library.mssm.edu:2153/pqdweb?did=27047540&sid=2&Fmt=3&clientId=9269&RQT=309&VName=PQD
Écrit par : adriana | 20.12.2010
Je vous explique ce qu’est un peu la bourse, haut lieu de la finance capitaliste :
1/
Ça se passe dans un village qui vit du tourisme, sauf qu'à cause de la crise il n'y a plus de touristes.
Tout le monde emprunte à tout le monde pour survivre.
Plusieurs mois passent, misérables. Arrive enfin un touriste qui prend une chambre. Il la paie avec un billet de 100$.
Le touriste n'est pas plutôt monté à sa chambre que l'hôtelier court porter le billet chez le boucher, à qui il doit justement cent dollars.
Le boucher va aussitôt porter le même billet au paysan qui l'approvisionne en viande.
Le paysan, à son tour, se dépêche d'aller payer sa dette à la prostituée à laquelle il doit quelques passes.
La prostituée boucle la boucle en se rendant à l'hôtel pour rembourser l'hôtelier qu'elle ne payait plus quand elle prenait une chambre à l'heure.
Comme elle dépose le billet de 100$ sur le comptoir, le touriste, qui venait dire à l'hôtelier qu'il n'aimait pas sa chambre et n'en voulait plus, ramasse son billet et disparaît.
Rien n'a été dépensé, ni gagné, ni perdu. N'empêche que plus personne dans le village n'a de dettes. N'est-ce pas ainsi qu'on est en train de résoudre la crise mondiale?
2/
Une fois, dans un village, un homme apparut et annonça aux villageois qu’il achèterait des singes pour 10 $ chacun.
Les villageois, sachant qu’il y avait des singes dans la région, partirent dans la forêt et commencèrent à attraper les singes. L’homme en acheta des centaines à 10$ pièce et comme la population de singes diminuait, les villageois arrêtèrent leurs efforts.
Alors, l’homme annonça qu’il achetait désormais les singes à 15$. Les villageois recommencèrent à chasser les singes.
Mais bientôt le stock s’épuisa et les habitants du village retournèrent à leurs occupations.
L’offre monta à 20$ et la population de singes devient si petite qu’il devint rare de voir un singe, encore moins en attraper un.
L’homme annonça alors qu’il achèterait les singes 50$ chacun. Cependant, comme il devait aller en ville pour affaires, son assistant s’occuperait des achats.
L’homme étant parti, son assistant rassembla les villageois et leur dit : « Regardez ces cages avec tous ces singes que l’homme vous a achetés. Je vous les vends 35$ pièce et lorsqu’il reviendra, vous pourrez les lui vendre à 50$. »
Les villageois réunirent tout l’argent qu’ils avaient, certains vendirent tout ce qu’ils possédaient, et achetèrent tous les singes.
La nuit venue, l’assistant disparut.
On ne le revit jamais, ni lui ni son patron ; que des singes qui couraient dans tous les sens.
Écrit par : tarek | 20.12.2010
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