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16.01.2010

Peillon fait joujou avec le FN

la-guerre-des-boutons.jpgPeillon est vraiment un drôle de mec, pas drôle du tout.

Arlette Chabot est la journaliste sur le plateau et la patronne de l'info de France 2, mais la rédactrice en chef de l’émission À vous de juger, c’est Nathalie Saint-Cricq, qui a raconté l’histoire au Point. Elle avait contacté Peillon il y a plus d’un mois. « J'ai invité Vincent Peillon avant Noël pour le 14 janvier. Il a accepté sans discuter. Au retour des vacances, le 3 ou le 4 janvier, je lui ai confirmé que l'émission aurait bien lieu et je lui ai détaillé le dispositif. » Bref, la présence aussi de Marine Le Pen et d’Eric Besson, et on avait discuté de l’organiation. « Vincent Peillon préférait passer en second de manière à entendre au préalable le duel Besson-Le Pen. Il souhaitait ainsi ramasser les arguments échangés et pouvoir se positionner. »

Jeudi matin, vers 11 heures, Arlette Chabot passe 30 minutes au téléphone avec Peillon pour une dernière mise au point. Du classique. Il insiste  que l'on parle de son livre Une religion pour la République (Le Seuil) et en fait  porter deux exemplaires à France 2, alors que Nathalie Saint-Cricq échange plusieurs mails avec son secrétariat. Tout baigne, et Peillon est attendu à 20 heures au siège de France Télévisions.

A 20 heures 15, rien. A 20 heures 30, toujours rien, et Nathalie Saint-Cricq cherche à le joindre sur son portable. Injoignable. Vers 21 heures, arrive une dépêche AFP. Peillon est outré de passer après Le Pen, s’offusque, se dit obligé de refuser et demande la démission d’Arlette Chabot. 2-84949-021-0_couv.jpg

Depuis, Peillon a expliqué que c’était organisé pour faire un coup, et que cela relevait de son engagement antifasciste.

Cette affaire, c’est un summum de bêtise et de malhonnêteté.

Marine Le Pen fait partie de la vie politique. Son parti n’est pas interdit, et les thèses qu’elle défend n’ont rien d’illégal. Il est normal qu’elle soit présente sur les plateaux télé, en proportion de l’influence de son mouvement politique. C’est très simple : elle s’exprime et on combat ses idées.

Quand aux andouilles qui nous avaient gavé avec la "lepénisation des esprits", qu’ils restent gentiment au placard. En diabolisant un discours idiot, dangereux et dépassé, ils lui avaient offert une tribune permanente conduisant au 2° tour de la présidentielle. Que la France regarde son histoire ! On trouve de manière récurrente un courant d’extrême droite, populiste, et se nourrissant des misères de la société, qui se retrouve vite au dessus de 10%. Donc pas d’hystérie, mais une action raisonnée.

Après, vient cette pitrerie du juvénile Peillon, qui monte son coup tordu, puis coupe son portable pendant qu’il faxe un communiqué à l’AFP. Dérisoire. Martine Aubry aurait été bien inspirée de dénoncer ces méthodes au lieu d’apporter un soutien mou comme une chique. Car de cette histoire, on retiendra deux choses : Peillon est un sale gosse qui n’a pas de parole ; des responsables PS sont prêts, à nouveau, à valoriser le FN pour l'intéret à court terme de la fragilisation de la Droite lors des élections régionales. Ils ne grandiront donc jamais...

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15.01.2010

Justice : le Gouvernement fonce dans l’impasse

new-justice.gifFrançois Fillon, étudiant dilettante, recevant une leçon du Procureur Général près la Cour de cassation, Jean Louis Nadal. La rentrée de la Cour, hier, n’a pas été banale.

La question, c’est la suppression du juge d’instruction, lancée en janvier dernier, avec un transfert des pouvoirs au Parquet. Jean Louis Nadal a dit avec force ce que pense tout le monde du droit : « L'obstacle n'est plus politique mais bien juridique et pour ce qui me concerne, je ne vois pas comment il sera franchi sans que soit, tôt ou tard, reconsidéré le statut du Parquet ». Et Fillon joue à celui qui n’a rien entendu : « Ni l'indépendance de la magistrature, ni la manière dont la France a historiquement organisé la séparation des pouvoirs, ne seront remises en cause par la réforme ». Pour comprendre, il faut revenir sur les deux familles judiciaires, le Siège et le Parquet, qui ont deux fonctions différentes : juger et conduire l’action publique. Il faut aussi se rappeler ce principe : une autorité n’est judiciaire que si elle est structurellement indépendante.

« Force est de constater que le procureur de la République n’est pas une "autorité judiciaire" au sens que la jurisprudence de la Cour donne à cette notion : il lui manque en particulier l’indépendance à l’égard du pouvoir exécutif pour pouvoir être ainsi qualifié ». Encore une résolution de congrès syndical ou une attaque politique contre le Parquet ? Et, non, c’est tout simplement un attendu de la Cour européenne des droits de l’homme, dans une affaire Medvedyev (CEDH, 5e Sect. 10 juillet 2008, req. n° 3394/03).

L’équipage d’un bateau battant pavillon cambodgien  avait été détenu à bord, sans décision d’un juge, le temps de venir du Cap-Vert à Brest, soit 15 jours. Abusif avait dit la Cour, relevant l’absence d’intervention d’un juge, et soulignant au passage que le procureur de la République n’est pas assez indépendant du pouvoir pour être considéré comme une autorité judiciaire. Genre douche froide, c’est assez réussi. Un arrêt d’autant plus significatif qu’il s’appuie sur de sérieux précédents (CEDH, 4 décembre 1979, Schiesser c. Suisse, req. n° 7710/76 ; CEDH, 23 octobre 1990, Huber c. Suisse, req. n° 12794/87). Lady-Justice.jpg

Il faut dire que le lien hiérarchique entre le Ministère et le Parquet n’est pas un phantasme, mais résulte des textes. Je peux citer, comme base, l’article 5 de l’ordonnance du 22 décembre 1958 : « Les magistrats du parquet sont placés sous la direction et le contrôle de leurs chefs hiérarchiques et sous l’autorité du garde des sceaux, ministre de la justice. A l’audience, leur parole est libre. » Et comme piqûre de rappel, l’article 30 du Code de procédure pénale, introduit par la loi Perben du 9 mars 2004 : « Le ministre de la justice conduit la politique d’action publique déterminée par le Gouvernement. Il veille à la cohérence de son application sur le territoire de la République. A cette fin, il adresse aux magistrats du ministère public des instructions générales d’action publique. Il peut dénoncer au procureur général les infractions à la loi pénale dont il a connaissance et lui enjoindre, par instructions écrites et versées au dossier de la procédure, d’engager ou de faire engager des poursuites ou de saisir la juridiction compétente de telles réquisitions écrites que le ministre juge opportunes ». Ajoutez à cela toutes les interventions politiques sur la conduite des affaires…

Tout le problème est que le Conseil constitutionnel avait validé ces textes, affirmant que « l’autorité judiciaire comprend à la fois les magistrats du Siège et du Parquet » (Décision n° 2004-492, 2 mars 2004 ; décision n° 93-326, 11 août 1993). Le législateur a donc confié de nombreux pouvoirs au Parquet, et l’arrêt  Medvedyev menace tout un pan de notre procédure pénale.

s-justice-is-blind-sm.jpgLa France a fait appel, et l’affaire a été examinée devant la grande chambre de la Cour de Strasbourg, le 6 mai. On attend l’arrêt, qui fera autorité, dans les semaines qui viennent. La Cour peut jongler, compte tenu de la complexité des faits dans l’affaire du bateau cambodgien, ou trancher dans le vif. Mais à ce jour, le statut du Parquet est en sursis. Si la Cour confirme, il faudra soit retirer au Parquet nombre de ses pouvoirs, soit lui donner une vraie indépendance vis-à-vis du ministère.

Le problème est déjà sérieux, mais il devient ingérable quand le gouvernement a pour projet de confier les pouvoirs d’enquête judiciaire au Parquet sans ne rien changer à son statut hiérarchique. Là, il faut distinguer. Cette suppression du juge d’instruction n’était pas franchement un impératif, dès lors que depuis une quinzaine d’années, des droits avaient été retirés au juge et d’autres reconnus à la Défense. Ceci dit, pourquoi pas ? Sur le principe, confier l’enquête au Parquet, face à la Défense, a le mérite de la clarté. Mais il faut alors que le Parquet soit indépendant, pour devenir un autorité judicaire incontestable. Or, le projet devient insensé car le gouvernement n’envisage pas un instant d’abandonner son autorité hiérarchique sur le Parquet. Ce qui signifie que toutes les procédures seraient menacées par un arrêt de la Cour européenne des Droits de l’homme.  

Tout le monde a bien compris: ce que Sarkozy et Fillon veulent, c’est limiter l’indépendance de la justice, et prendre via le ministère, le contrôle sur les enquêtes. Et ils font comme s’ils pouvaient voter tout et n’importe quoi parce qu’ils ont la majorité à l’Assemblée.  

Ce qui est très nouveau avec l’intervention de Jean-Louis Nadal, lors de cette audience officielle, c’est que la magistrature veut défendre son honneur et sa fonction. Les juges pourraient laisser faire, restant à leur rôle : appliquer la loi. Mais ils savent que c’est toute la justice française qui serait atteinte. On se rappellera la formule de Jean-Louis Nadal : l’obstacle n’est pas politique, mais juridique. Aujourd’hui, les juges refusent de se laisser entrainer dans la spirale de ce projet contre nature, qui veut fouler au pied ce qui est l’essence de la justice : son indépendance vis-à-vis du pouvoir.

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14.01.2010

La burqa prend la tête des politiques

Ils nous saoulent avec la burqa. Tous d’accord pour la combattre, mais quand il faut dire comment, ils se focalisent sur la loi, et ça part dans tous les sens. Revue de détail des points de vue affirmés hier.

 

Le cas Copé

clown_20080924140928_20080924140947.jpgJean-François Copé propose une loi, interdisant la burqa dans l’espace public. Parole de futur hyperprésident. Problème : il n’existe aucune référence pour dire ce que peut être l’espace public.

Un petit cas pratique. Une dame en noir ferme la porte de son appartement, et s’aventure dans l’escalier de la copropriété, qui est la partie commune d’un bien privé. Alors, gendarme Jean-François, tu dresses procès verbal ou non ? Eh ben non. Une copropriété, privée, ne peut devenir espace public. Et imagine la dame en noir sur son balcon, privé, visible depuis la rue, publique ? PV ou pas PV ? Des questions importantes qui vont occuper les tribunaux… La dame part ensuite en voiture. La voiture, privée, utilise la voie, publique. PV ou pas PV ? Pas de PV parce qu’on ne voit rien. Mais le lendemain, la dame roule dans un cabriolet, et, horreur, le gendarme Jean-François identifie l’objet du délit. Il bondit sur son carnet à souches, et se précipite, mais la dame en  noir a déjà actionné la capote du cabriolet, qui est redevenu un méchant espace privé. Notre pandore garde le stylo au chaud et engage une filature. Du flair, mes amis ! La dame gare sa voiture, et part faire ses courses chez Carouf’. N’écoutant que son courage, le gendarme fonce pour faire un flagrant délit, mais il est bloqué par le patron du supermarché : « Halte là, moussaillon, ce lieu, ouvert à toute clientèle, n’en est pas moins privé. Tu es le bienvenu pour faire tes courses à côté de la dame en noir. Et je te précise qu’il nous reste au rayon librairie quelques exemplaires du Code civil. »  

 

Le cas Aubry

clown.gifPour Martine Aubry, une loi d'interdiction telle que la propose Jean-François Copé « serait soit inconstitutionnelle si elle était très large, soit inefficace si elle ne l'était pas ». Et Martine estime que le droit actuel est suffisant pour « empêcher » le port de la burqa. Ah bon... Il serait bien de nous dire comment, petite cachotière.

Dans l'immédiat, le PS s'oppose à une loi d'interdiction mais se réserve toutefois la possibilité d'évoluer sur le sujet. Limpide, voire lumineux.

Je crois quand même comprendre que le Parti socialiste s’apprête à voter contre la loi et à saisir le Conseil constitutionnel, pour défendre les droits des femmes portant la burqa. C’est un point de vue intéressant, mais il va falloir assumer. Imaginons la loi votée par notre gentille UMP, et le PS qui en demande l’annulation devant le Conseil constitutionnel, rédigeant des pages brûlantes sur le droit des femmes, la liberté de conscience et les droits des minorités religieuses. Jusqu’à ce jour, tout ce je lis est plutôt mollasson de chez mollasson. Il faut prévoir un grand écart, et attention aux adducteurs.

 

Le cas Gerin

8361i.jpgLe vieux député communiste, qui a été maire de Vénissieux pendant près de 20 ans sans trouver le moyen d’y faire édifier une mosquée, a une judicieuse idée :  une loi interdisant la burqa est possible dès cette année. « Il faut la faire dans de bonnes conditions et surtout avoir la certitude qu'elle ne sera pas frappée au coin du Conseil constitutionnel ».

Ah ah, le petit rigolo ! Voilà six mois qu’il fait le tour de France à pérorer, pour nous dire aujourd’hui qu’il n’a pas progressé d’un centimètre. Mais si la loi est anticonstitutionnelle, elle sera aussi contraire à la Convention européenne des droits de l’homme et au Pacte des droits civils et politiques de 1966. Donc si le PS trouve une pirouette bien pensante pour ne pas saisir le Conseil constitutionnel contre la loi du couple Gerin / Copé, il nous restera à saisir les juridictions internationales et citer Martine Aubry comme témoin devant le Comité des droits de l’homme de l’ONU. On va bien rigoler.

Une mention à notre génial André Gérin. Pour lui, la loi devra viser « une partie des femmes qui sont contraintes et donc avoir un aspect de libération ». Il restera juste à savoir comment mesurer, scientifiquement, ce critère législatif. Sans doute par un contraintomètre, vendu sur prescription médicale.

 

Le cas Dray

360704~Happy-Clown-Wearing-Hat-Posters.jpgL’horloger de la rue de Solferino a une autre idée. Il faudrait « non pas une loi contre la burqa » mais « une loi à caractère général pour la dignité ».

Excellent, Camarade ! Bien sûr, cette loi, qui ne recherche que notre bonheur, donnera des définitions qualifiées et quantifiées de la dignité. Comme tout cela sera difficile à mettre en œuvre, les juges auront recours à des experts judiciaires en dignité.

Avec un premier dossier brûlant : 220 ans après la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, proclamant le principe d’égalité, est-il digne que l’Assemblée Nationale ne compte que 107 femmes pour 470 hommes ?

Quand on voit un député envisager de définir la dignité par la loi, et donc placer le juge en mesure de dire si un comportement est légalement digne ou non, pour prononcer une condamnation si les critères légaux de la dignité ne sont pas réunis, il y a de quoi flipper.

 

Le cas Sarkozy

026908-clown.jpgNicolas Sarkozy s'est prononcé hier en faveur du vote par le Parlement d’une résolution interdisant le port de la burqa, qui serait suivi d'une adaptation de la législation française.

Dans le genre faux cul, c’est un must.

Papy Sarko nous dit que (1) la burqa est une abomination et qu’il faut l’interdire, (2) que ce n’est pas la peine de foutre le bazar avec ça avant les régionales, (3) qu’au lieu de voter une loi efficace il faut dans l’urgence voter une résolution inefficace, et (4) qu’après les régionales on pourra voter une loi, mais (5) si elle n’est pas contraire à la Constitution, et que comme (6) pour le savoir il faut voter la loi et attendre que le PS saisisse le Conseil,  (7) il est hors de question de voter la loi car on risque de servir un caviar au PS et donc (8) on en restera à l’inefficace résolution mais que surtout (9) il ne faut rien en dire pour ne pas faire un cadeau à Jean François Copé.

Quand je vois par qui nous sommes gouvernés, je tremble en pensant que nous pourrions un jour être confrontés à des choix militaires.

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L'Assemblée à la recherche du concensus

13.01.2010

Un gamin attaque le site du collège pour modifier ses notes

hacking-ym.gifAmis collégiens, vos notes vous déplaisent ? Alors, piratez le site de votre collège, et redonnez leur meilleure allure. Cela vous permettra aussi de faire connaissance avec le juge des enfants.

Le site d’un collège privé objet d’une cyber-attaque. « Damned ! What happens ? » J’imagine la tête du principal du collège Saint-Joseph d'Arras (Pas-de-Calais) découvrant ce mois d’octobre que le site de ce paisible établissement était victime d’un mail-bombing d’anthologie : 40 000 mails par jour, et rapidement un serveur explosé. Alors, des espions venus de l’Est, des groupes terroristes ? Mais quel pouvait être le but de cette si violente attaque ? Un trésor caché ?

Le principal, Dominique Devos, porte plainte, et les gendarmes du pôle cybercriminalité lancent la contre offensive… pour vite identifier une IP,… qui est celle d’un des élèves de 3° du collège. Le gamin, 15 ans, est embarqué par les flics, et vite raconte l’histoire. Celui qui se décrit comme pirate du web explique que ses devoirs avaient été injustement notés, et qu’il avait voulu entrer dans le système informatique du collège pour apporter des rectifications de bon goût. Ca n'avait pas marché, alors il avait bombardé le site. Élise Bozzolo, substitut du procureur chargée des mineurs, confirme à La Voix du Nord : « C'était un jeu pour lui, il avait récupéré un logiciel sur Internet qu'il a voulu essayer. Mais, « il dit n'avoir pas mesuré les conséquences de ses actes ».

Le collège a été un bon prince disciplinaire, n’infligeant que deux jours d’exclusion, et les parents, civilement responsables, devront casser la tirelire pour payer la réparation. 

Sur le plan pénal, le hacker en culottes courtes a été mis en examen pour entrée et maintien irréguliers dans un système informatique, et entrave à ce système, et il se trouve aujourd’hui convoqué devant le juge des enfants.

Le cas ne parait trop difficile à défendre, mais je me permets une suggestion. Pour cette affaire de bidouillage de fichiers, notre jeune génie de l’informatique pourrait demander à être défendu par l’un des spécialistes du Barreau de Paris, mon excellent confrère Dominique Galouzeau de Villepin. Conjugaison des talents et transmission des savoirs : toute la pédagogie moderne !

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12.01.2010

Le pharmacien avait empoisonné son fils

dessin_cour_assises.jpg« Je reconnais être coupable de la mort de mon fils, mais en aucun cas avoir voulu empoisonner mon épouse ». Xavier s’exprimait hier à la barre de la Cour d’assises de Meurthe-et-Moselle. Il est jugé cette semaine pour l’empoisonnent de son fils, Alexis, et pour une tentative d’empoisonnement de son épouse, Carine.

 

Tous deux étaient pharmaciens, jeunes internes au CHU de Nancy, lorsqu’ils se sont mariés en 1997. Alexis est né en 2000, mais le couple patauge. C’est très difficile, très compliqué.

 

En 2004, l’épouse, souffrant de douleurs gastriques et de malaises peu explicites, doit être hospitalisée à trois reprises. Elle pense à un empoissonnement, et porte plainte. Classé sans suite. Réglez vos histoires de couple, et tout ira mieux.

 

La procédure de divorce est engagée. Xavier a une nouvelle amie, mais avec ce divorce à gérer, ça ne marche pas, et la nouvelle amie le quitte. Le jugement est rendu à la mi-juin : la résidence habituelle de l’enfant est fixée au domicile de la mère, qui habite désormais à Pontarlier, dans le Doubs.

 

Le 2 juillet, Xavier vient chercher l'enfant au domicile de la mère. C’est l’exercice du droit de visite, pour ce mois de juillet. Premier mois de vacances, seul à seul avec Alexis.

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Dans la voiture, l’enfant est pris de vomissements et de somnolences. Xavier se rend aux urgences de l’hôpital de Nancy en début de soirée. Mais l’état s’aggrave, et les médecins ne peuvent rien faire. Le jeune enfant meurt le 3 juillet 2005 à une heure du matin.

 

Carine fait part de ses soupçons, et porte plainte. Une première enquête et des expertises toxicologiques conduisent à arrêter Xavier. Placé en garde à vue le 1er août, il reconnait avoir administré à son enfant de l'azoture de sodium, un poison violent dont la toxicité est comparable à celle du cyanure.

 

Du coup, le premier dossier, celui de la tentative d’empoisonnement de celle qui était alors l’épouse est réouvert. Xavier nie, mais le juge d’instruction a retenu les charges, et la cour d’assises est saisie des deux séries de faits.  

 

Et pourquoi tuer cet enfant, juste après le divorce ? Un jeune père séparé, un bon travail, des contacts réguliers avec l’enfant… que du bien banal. Le procès va durer toute la semaine. L’audience devra  dire si doit être retenue la tentative s'agissant de l’épouse en 2004, et peut-être de comprendre le pourquoi s'agissant de l’enfant.

 

Hier, le psychiatre expert a avancé, face à la cour, trois explications possibles à cet empoisonnement : « Un, faire disparaître Alexis pour discréditer son ex-femme ; deux, pour que sa nouvelle compagne, qui l'avait quitté en raison de son statut de divorcé et de père de famille, revienne ; trois, puisque la situation était insoluble, puisqu'il était de facto éloigné d'Alexis depuis le divorce, pour que tout le monde souffre ».

 

La peine encourue est la perpétuité. Verdict vendredi soir.

 

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L'homme qui chavire - Giacometi

11.01.2010

Racisme en Italie : Mais que fait l’Europe ?

mafia.jpgDes immigrés se font tirer de dessus, le gouvernement italien s’en contrefiche, et que font les dirigeants européens ? Ils se la ferment ! Quelle bande de nazes ! C’est pas possible cette histoire.

Que s’est-il passé à Rosarno, petite ville de Calabre ? On ne sait pas exactement, mais on a tout compris. Le racisme le plus abject et le plus violent, en toute tranquillité. Dans une région dominée par la mafia, on a tiré sur des hommes, parce qu’ils sont africains, et qu’on ne veut pas les payer pour le travail qu’ils ont fait. Et pendant ce temps, les Européens enfilent des perles.  

Kamal, un Marocain résume au journal La Repubblica : « Ces types nous tiraient dessus comme s'ils étaient à la fête foraine, et ils riaient. Je hurlais, d'autres voitures sont passées mais personne ne s'est arrêté, personne n'a appelé la police ».

Là-bas, c’est la plaine de Gioa Tauro, l’un des paradis des mandarines et des oranges.  On y compte 1200 entreprises agricoles, et chaque année, quelques milliers de travailleurs immigrés y débarquent, essentiellement d’Afrique, pour la récolte qui s’étale entre décembre et mars. Ces travailleurs vivent dans la misère la plus absolue, hébergés dans des usines désaffectées ou d’anciens silos, sans eau, ni électricité, ni sanitaires. Le salaire ? 25 euros pour des journées de dix à quatorze heures, et la mafia du coin, la ’Ndrangheta, qui contrôle le marché des agrumes, envoie ses sbires pour piquer 5 euros au passage.fireandrain.jpg

Ca dure depuis des années, et ça nous permet de trouver les belles mandarines sur les marchés pour Noël. De ce que je lis,  tout ceci est parfaitement connu : sur 20 000 ouvriers agricoles saisonniers employés en 2008, seuls 6 400 étaient légalement autorisés.

Cette année, c’était trop. Trop dur, trop misérable, trop de retard dans les salaires. Les boss locaux ont joué la provoc’ à fond, pour amener un début de protestation, et les marlous de la mafia ont lâchés leurs bandes de racistes.

Aujourd'hui, ces travailleurs s’enfuient comme ils peuvent, cherchant à sauver leur peau. D’autres sont évacués comme des réfugiés, et d’autres doivent rester, car ils n’ont rien et n’ont pas été payés. Laura Boldrini, porte-parole du Haut commissariat pour les réfugiés en Italie, explique : « Ils ont peur. A Rosarno, ils ne se sentent plus en sécurité mais ils sont nombreux à ne pas avoir reçu leur paie. Or, cet argent, ils en ont un besoin désespéré. »

Roberto Maroni, le ministre de l’Intérieur, issu du parti extrémiste La Ligue du Nord, ne fera rien, se complaisant à constater « le signe d’une trop grande tolérance envers les clandestins ». Le gouvernement d’une économie pourrie par la mafia, et qui voit ses travailleurs immigrés lynchés, a d’autres préoccupations. Il faut vraiment que la Gauche italienne soit indécrottable pour le Berlusconi Circus reste aux affaires. Donc, rien de viendra des autorités italiennes.

underground%20rr.jpgAlors, il faut très clairement se tourner vers les dirigeants européens pour leur poser cette question simple : Vous attendez quoi pour vous secouer la couenne ?

Ce sont les droits de l’homme qui sont en jeu, fondamentalement. Il est impossible d’accepter que des actes de cette gravité, criminelle, restent sans suite, à part l’enquête bidon que fera semblant de conduire Maroni. Les Européens doivent exiger une enquête approfondie, et sur tous les aspects de cette affaire. Ils doivent envoyer dès demain leurs agents sur place pour voir comment vivent ces travailleurs, vérifier quel est leur état de santé, obtenir le juste paiement de leur travail, et enquêter sur le rôle de la police.

L’Europe a maintenant trois présidents : notre ami Van Rompuy, fraîchement installé qui a là une magnifique occasion pour imposer son autorité, Zapatero du fait de la présidence espagnole et Barroso, pour la commission. Alors, c'est très simple : on les colle tous les trois dans un avion et ils sont demain à Rosarno.

Je sais bien qu’ils ne feront rien. Eh bien, ils souscrivent à l’injustice, ils tolèrent le crime, et ils ridiculisent l’Europe à la face du monde.

Le seul qu’on ait entendu, c’est le Pape. Oh, le Pape, t’es mon pote...

 

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