15.03.2011
Renault, ses voitures, ses cafards…
Elle est quand même incroyable cette affaire Renault. Trois cadres, et du plus haut rang, avec des années de maison derrière eux, mis à pied du jour au lendemain et licenciés pour faute grave, avec plainte pénale à la clé pour espionnage au profit d’une puissance étrangère.
C'est tout le volet de la voiture électrique qui avait été vendu aux Chinois, avec de juteuses contreparties versées sur des comptes en Suisse et au Lichtenstein. Des informations sûres, car venant du service de sécurité de la firme, et suffisamment vérifiées pour briser l’honneur et la carrière de ces trois haut cadres, qui avaient usurpé la confiance que leur accordait Renault pour trahir l’entreprise qui était un peu leur vie. Lorsque l'affaire éclate, le 3 janvier 2011, Renault parle de faits graves sur lesquels l'entreprise enquête depuis août 2010.
Les cadres niaient, démontraient les incohérences des accusations, affirmaient ne pas avoir de compte bancaire à l’étranger et rappelaient tout ce qui faisait leur fidélité à l’entreprise. A d’autres... Au chômage, avec une bonne plainte aux fesses et une campagne nationale de presse. Non mais !
Sauf que c’était du balourd.
Dominique Gevrey, le responsable du service de sécurité de Renault, avait convaincu la direction de payer au total 700 000 euros pour des renseignements fournis par un tiers. Une officine géniale qui en savait plus que les services de sécurité de Renault et plus que la police. Tout le drame est que cet informateur était aussi bidon que ses informations.
Dominique Gevrey a été mis en examen dimanche pour « escroquerie en bande organisée » et placé en détention. Le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, a écarté tout soupçon d’espionnage et évoqué par contre une possible escroquerie au renseignement. L’enquête commence, et ça risque d’être assez croquignolesque sur la gestion des ressources humaines dans la grande entreprise.
Pour ce qui est du soit-disant espionnage, l’enquête conduite par le parquet a été assez simple. On a vérifié les comptes cachés à l’étranger, où arrivaient les commissions des vilains espions. Mauvaise pioche : aucune compte en Suisse ou au Lichtenstein. Tout le reste est tombé très vite.
Le procureur explique : « Les comptes bancaires imputés aux cadres de Renault n'existent pas. Ce qui nous a permis sans doute dans un délai extrêmement court de renoncer à un certain nombre d'hypothèses, notamment à celle qui était avancée dans la plainte initiale de la société Renault ». Dommage que Renault, qui soit-disant était sur une piste depuis août, ait oublié qu'il y a en France une police pour faire les enquêtes.
On imagine l’ambiance dans le haut staff de Renault avec des cadres comptant plus de trente de maison découvrant que la direction accepte de payer 700 000 € à des officines occultes pour avoir des renseignements sur eux.
Hier, le PDG Carlos Ghosn était sur TF1 pour présenter aux cadres licenciés des excuses plates comme des bouses de vache, et s’engager à verser des indemnités correspondant au préjudice subi. Déjà deux des salariés ont fait savoir qu’ils négocieraient car ils sont trop attachés à l’entreprise pour envisager de lui faire un procès. Carlos Ghosn a refusé la démission du directeur général délégué Patrick Pélata, qui avait en janvier dénoncé une filière organisée, pour ne pas « ajouter de la crise à la crise » et il a annoncé que tous deux renonçaient pour cette année à leur stock-options.
De quoi faire passer la pilule ?

00:49 Publié dans social | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : espions, liberté, licenciement











Commentaires
Les excuses faites par tous ceux qui accusaient les Chinois font un vacarme assourdissant !
Écrit par : Phidias | 15.03.2011
Du coup c'est le moment rêvé pour les chinois de recruter des espions, lol
Écrit par : Fran | 15.03.2011
Je crains que la sécurité qu'on nous chante sur tous les toits ne soit en soi une vaste escroquerie bien au delà de Renault.
Écrit par : yesroll | 15.03.2011
Les "preuves" dont parlait la direction de Renault et certains politiques peuvent-elles etre obtenues par des moyens légaux? Y a t-il une impunité réservée aux grandes entreprises en matière d'espionnage des salariés, piratage informatique de banque, et autres barbouzeries?
Écrit par : jean michel Laurent | 18.03.2011
c"est flippant cette histoire
Écrit par : révoltée | 19.03.2011
C'est vrai que ce n'est pas rassurant!
Écrit par : assurance auto jeune | 27.06.2011
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