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Nora Berra : La santé par l'exclusion

59838_1.jpgChaque fois qu’elle ouvre le bec, on redoute la bulle. Nora Berra est un véritable accident industriel de la politique, mais tellement à l’aise dans ce gouvernement qui a remplacé la fraternité par l’exclusion.

 

 « L'homosexualité est un facteur de risque pour le VIH, donc une contre-indication de don ». Non, ce n’est pas Brice sortant d’une fête de la bière auvergnate, c’est Madame la secrétaire d'Etat à la Santé au Sénat. Rien de moins.

 

Les sénateurs planchaient sur le projet de loi de bioéthique, plus particulièrement sur le don d’organe, et le groupe socialiste a proposé un amendement ainsi rédigé : « Nul ne peut être exclu du don en raison de son orientation sexuelle ».

 

Alain Milon (UMP), le rapporteur de la loi, lance la discussion.

 

Nora Berra, secrétaire d’Etat. – Il ne s’agit pas d’exclusion mais de contre-indication, qui s’explique par un risque sanitaire avéré. Je suis défavorable à cet amendement.

Alain Milon, rapporteur. – Je comprends la ministre, mais c’est au médecin d’apprécier une contre-indication et l’orientation sexuelle ne saurait motiver une exclusion du don.

Isabelle Debré. – Sur la philosophie de l’amendement, nous sommes tous d’accord. Mais pourquoi écrire cela dans le texte, alors que nous sommes tous égaux devant la loi ? Pourquoi le répéter ici ?

Jean-Pierre Godefroy. – Parce qu’aujourd’hui, les homosexuels ne peuvent donner un organe. Je rejoins Alain Milon, il faut vérifier la compatibilité médicale de l’organe et du receveur, pas plus ! Si j’ai besoin d’un don, il m’est égal que le donneur soit homosexuel ou hétérosexuel dès lors que l’organe est compatible.MOI-ET-LES-AUTRES.jpg

Nora Berra, secrétaire d’Etat. – La loi ne discrimine personne mais prend en compte les données épidémiologiques, selon lesquelles par exemple l’homosexualité est un facteur de risque pour le VIH, donc une contre-indication de don.

Raymonde Le Texier. – En quoi les femmes homosexuelles sont-elles à risque ?

Nora Berra, secrétaire d’Etat. – Il s’agit des hommes seulement. Mais aucune catégorie n’est exclue dans la loi et cette mention ne mérite pas d’être inscrite dans le texte.

L’amendement n° 10 est rejeté. »

C’était mardi 29, et le temps que les propos sortent du Sénat, et tout le monde proteste devant cette arriération de l’esprit : ce n’est pas la sexualité qui est facteur de risque, mais le comportement.

Nora Berra tente depuis de brouiller les pistes, expliquant qu’elle n’a pas voulu « stigmatiser l'homosexualité » et que l’accuser « d'homophobie est très loin de mon état d'esprit ». Bichette...

Ce gouvernement marche comme cela : stigmatiser, marquer l’autre comme différent. Réunir, c’est compliqué, ça oblige à réfléchir. En revanche, faire du consensus en tapant sur les minorités, c’est du bonheur. L'exclusion est un poison. La gourde en chef Berra n’a pas besoin d’être homophobe ; il lui suffit d’être du dernier bastion sarkozyste.

Et là, tout devient naturel : relaxez-vous, lâchez-vous.

les-routes-du-poison.jpg
Nora Berra se dopant avec le programme de l'UMP

Commentaires

  • C'est de la discrimination envers les homosexuels, donc Mme la Secrétaire d'Etat continue à les considérer comme faisant un peuple à part n'appartenant pas aux êtres humains. Et la tolérance, la compassion, la compréhension, l'amitié, enfin ? Mais avec eux, j'ai l'impression de prêcher dans le désert.
    D'autre part, je signale que dès que j'essaie de mettre un commentaire dans 20mn ou approuver quelqu'un, cela ne marche pas. Donc, ce journal est devenu réellement sectaire qui trie les interventions et ne publie que celles qui lui conviennent. Bravo pour le droit à la liberté d'expression.
    J'espère que votre blog ne subira pas ce sort car vous êtes toujours très percutant dans vos analyses parfois enflammées.

  • percutant oui...Dans le sens de force de frappe de l'islamisme en France..

  • C'est-à-dire, qu'elle retarde de quelques années. Effectivement, quand on a découvert l'existence du SIDA, c'était la "maladie des homosexuels", des homosexuels masculins s'entend. J'ai même entendu dire à cette époque qu'elle ne touchait que les hommes. Depuis, d'une part, on connaît mieux la maladie et on sait la dépister, d'autre part, les facteurs de risque sont aussi bien connus.

    Dans les années 1980, madame Berra aurait eu raison.

  • Y'a pas à tortiller : un article sur la Palestine "fait" 53 commentaires, un sur les homos en fait 3 !
    Allez comprendre ... Loin des yeux près du coeur, si j'ose dire... :-)

  • "ce n’est pas la sexualité qui est facteur de risque, mais le comportement." ......ben voyons et ce comportement ne serait pas sexuel ?......et le risque n'aurait aucun rapport avec le sexe? Et les gays ne seraient pas ou plus la population la plus infectée par le virus ?.... Belle leçon de langue de bois....

  • "L'homosexualité est un facteur de risque pour le VIH"

    Jusque là, la phrase est exacte ; c'est même cela qui a permis aux chercheurs en 1984 de s'orienter vers la piste du sang.

    À partir du moment où pour le sang un dépistage du virus du SIDA et de l'hépatite C, est fait :

    Il devient complètement idiot, de vouloir et même parler, d'une exclusion quelconque, surtout de la part d'une femme qui occupe un poste au sénat.

  • La constance avec laquelle Sarkozy s'entoure jusqu'au bout des responsables (irresponsables) les plus ringards et les plus arrogants, ne cesse de m'esbeaudir....

    Ces débats nauséabonds me font penser aux derniers débats de l'"Etat français" de Pétain avant le départ pour Sigmaringen....

    Glauque, glauque, la fin de règne du petit dictateur...
    Une petite musique de Glauque-Haine spiel (les puristes germanophiles du mauvais jeu de mots apprécieront..)

  • Les chirurgiens sont exclus du don de sang,de la chirugiophobie,les personnes incarcérées sont eux aussi exclus,de la prisonophobie Tout ça c'est la faute a Sarko,vivement que le PS soit au pouvoir histoire de nous refaire le coups du sang contaminé ...La Sarkophobie donne lieu a de franches rigolades
    Le comportement de la population gay est davantage à risque lié à l'échangisme et l'absence de préservatif …Par ailleurs, la susceptibilité qu'à le virus HIV de pénétrer la paroi anale est supérieure à la paroi vaginale. La paroi anale étant tout simple plus fragile et susceptible de micro-lésions permettant un passage du virus. Alors, médicalement c'est simple, le risque statistique est supérieur. Cela n'a rien à voir avec des discriminations à la con, mais d'études.

  • C'est tres ilogique ce débat, quand les donnes statistiques démontrent que le virus HIV, s'est disséminé aussi d'une facon importante chez les femmes hétérosexuelles.
    donc, ce virus, depuis longtemps ne touche plus a une seule catégorie de la population.
    La contamination se passe par le sang, pas que seulement pour les rapports sexuels.
    Donc, les transfusions, partager une seringue, tout ça est depuis belle lurette connu et n'est pas lie aux préférences sexuelles.
    Ce débat relève soit d'une ignorance crasse, soit de la discrimination toute crue.
    et la je suis étonnée qu' on puisse avoir des politiques aussi incompétents.
    Le minimum, si on a la bonne foi, est d' établir une enquête scientifique sur le sujet.

  • étude PREVAGAY publiée par Act-UP en juin 2010 et disponible sur leur site : "La moitié des gays contaminés en 2015 ? L’enquête PREVAGAY avait déjà montré que, parmi les gays fréquentant les bars parisiens, une personne sur six était infectée par le VIH et 20 % ignoraient leur statut sérologique. Depuis, des données d’incidence particulièrement dramatiques ont été publiées à partir de cette étude. Ces chiffres sont tellement effarants que personne n’a pu les commenter. En février 2010, l’InVS a rendu public une première estimation de l’incidence issue de l’enquête PREVAGAY.Le nombre de personnes ayant contracté le virus du sida dans l’année parmi la population qui fréquente les établissements gays parisiens s’élève à 7,5 %.Ce qui signifie que parmi cent personnes, au moins sept gays se sont contaminés dans l’année. Autrement dit, si le rythme des contaminations se maintenait pendant les prochaines années, près d’un tiers des gays dans cette population seraient infectés dès 2011 et la moitié en 2015. Une autre manière d’aborder ces chiffres est d’envisager le risque qu’a en moyenne un jeune gay qui aurait sa première relation sexuelle à 18 ans de devenir séropositif au cours du temps.Avec une telle incidence,il a 25% de risque de devenir séropositif dès 22 ans, 50% dès 27 ans et 75% à 36 ans. C’est dire combien ces résultats sont particulièrement alarmants. À notre connaissance, il s’agit des chiffres d’incidence les plus élevés jamais publiés concernant la population gay dans les pays occidentaux. On peut ainsi s’étonner que l’ensemble des associations ainsi que les pouvoirs publics soient restés totalement silencieux à l’annonce de ces résultats qui auraient au moins mérité une franche discussion (…) Il faut dire qu’une autre étude estimait l’incidence parmi les homosexuels français à 1% en 2008.Un taux déjà 200 fois supérieur à celui rapporté dans la population hétéros

  • il faut quand bien de temps pour diagnostiquer le sida ?

  • combien

  • Cet article décrit les caractéristiques des personnes chez lesquelles une séropositivité VIH ou un sida ont été diagnostiqués en 2008 en France, à partir de systèmes de surveillance coordonnés par l’Institut de veille sanitaire : notifications obligatoires du VIH, du sida et surveillance virologique menée par le Centre national de référence du VIH.
    Le nombre de découvertes de séropositivité chez les hommes homosexuels est stable depuis deux ans, après avoir augmenté entre 2003 et 2006. En 2008, ces découvertes représentent 37% des nouveaux diagnostics.
    Inversement, le nombre de découvertes de séropositivité liées à une contamination hétérosexuelle, qui a diminué entre 2004 et 2007, ne diminue plus en 2008. Ces découvertes représentent 60% des nouveaux diagnostics en 2008, dont la moitié chez des personnes de nationalité d’un pays d’Afrique subsaharienne.
    Parmi les infections à VIH-1 diagnostiquées en 2008, la proportion de sous-types non-B est de 43%.
    Bien que le nombre de diagnostics concomitants d’infection VIH et de sida diminue depuis 2003, le dépistage reste tardif pour une partie des personnes infectées : presqu'un tiers de celles découvrant leur séropositivité en 2008 ont un nombre de CD4 inférieur à 200/mm3 et 13% sont au stade sida.
    Un taux de 200 fois superieur par rapport a la population hetero , c'est douteux au vu de cette article. C'est pour cela que le gvt Francais doit présenter des résultats sérieux et officiels avant de faire voter quoi que ce soit.
    http://www.invs.sante.fr/recherche/index2.asp?txtQuery=Hiv&Submit.x=12&Submit.y=14

    En plus l'ensemble de sauna gay parisien n'est pas représentatif de tout l'univers en France.
    http://www.invs.sante.fr/publications/2006/sida_donnees_300605/sida_donnees_300605.pdf
    Page 14

    S' il faut faire des dépistage en vue de don d'organe au vu des données du institut de veille sanitaire, il faut faire aussi pour les hétérosexuels.
    Il suffit de voir le décompte par région:

  • Asyn,

    Le temps de faire une analyse de sang après le don. Il ne sera pas utilisé avant que ne soient connus les résultats de l'analyse.

    - Dans le sperme il y a du sang : "Comme toute production corporelle, le sperme est d'abord un filtrat du sang."
    - Dans un échange de seringue contaminée, elle le sera également par le sang...

    En fait, beaucoup de facteurs contribuent à la persistance de l'épidémie, mais il serait trop long de tous les écrire d'une manière correcte.


    http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2011/04/06/nora-berra-la-sante-par-l-exclusion.html#comments

  • http://www.maladies-du-sang.com/pages/sida.php#s4

    rectif. :-)

  • une bonne mise au point

    http://www.20minutes.fr/article/702091/societe-polemique-nora-berra-personne-exclu-don-organes

  • Ben voilà ! Merci Gilles, il suffisait de lire 20minutes.fr

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