21.07.2011
L’Europe est l'avenir des Européens
L’Europe nous sauve la mise, le psychodrame de ces jours-ci l’a bien montré. L’Europe progresse, et c’est une grande réussite, pas à pas.
Tirer sur l’euro, source de tous les malheurs, était le plus idiots des arguments, et de ce point de vue, il était bien logique que ce soit le FN qui s’en saisisse, avec son talent habituel.
Euro ou pas euro, toutes les économies sont interdépendantes. Si la Grèce, sans l’euro, part en sucette et fait dégringoler sa monnaie de 30%, toutes les entreprises en lien d’affaires avec des partenaires grecs partent dans le tourbillon. A commencer par les grandes banques européennes, qui ont prêté des max de fric à la Grèce. Les affaires étant transeuropéennes, il faut des solutions transeuropéennes. Merci Bruxelles, merci l’euro, merci la BERD, et bravo aux mécanismes de travail qui petit à petit se rodent. Sarko et Merkel ont bien joué.
Vive l’Europe, donc, mais attention de ne pas s’emballer.
Il faudrait que ce genre d’épisodes conduise à arrêter une bonne fois pour toutes les discours anti-Bruxelles entonnés à tue-tête dès que quelque chose ne va pas. Les litanies contre les technocrates de Bruxelles, ces déconnectés qui passent leur temps à faire du mal aux gentils gouvernements… Comme les scènes d’hystérie française quand il y a un an, la commissaire européenne avait osé faire des remarques sur les expulsions massives et illégales de Roms.... Bruxelles exerce les compétences que lui ont conférées les Etats, alors, pitié, qu'ils cessent de diaboliser l’Europe dès que quelque chose ne va pas.
Et puis, dans un autre sens, il faudra arriver à rendre le fonctionnement européen plus lisible. Trois présidents à la fois ! Le président institutionnel, notre ami Von Rompuy, dont pas un citoyen européen ne connait le son de la voix, le président de la commission, le transparent Barroso, et la présidence tournante au nom d’un Etat, la Pologne depuis ce 1° juillet… Le but de joli trio étant de rester dans la plus totale des inactions, car toutes les décisions importantes doivent venir des deux grands Etats que sont la France et l’Allemagne. Ajoutons un parlement d’inconnus, où s’agglutinent les rescapés du scrutin proportionnel, invendables dans toute autre assemblée. Il serait temps de simplifier cela.
Dans ce décor à construire, voilà que j’entends parler hier comme le nec plus ultra du bonheur absolu, un fonds monétaire européen… Un genre de truc qui est on ne sait quoi, où seront nommés on ne se qui, selon on ne sait quels procédés, pour appliquer on ne sait quelle politique financière européenne, en dehors de tout contrôle effectif ! Attention, chères amies et chers mais, il ne suffit pas de faire de la bonne finance et du juridique solide. Pour passer au stade politique, il faut trouver des instituions autour desquelles se crée l’adhésion populaire, et où s’expriment de vraies solidarités. Nous en sommes loin, alors ne chargeons pas trop la mule.

23:31 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : bruxelles, europe, grèce











Commentaires
Il faut plus de démocratie pour une société plus égale. C'est là qu'il existe une contradiction entre une Europe démocratique efficace à 27 et cette Union dirigée d'un commun accord par les gouvernements nationaux et les technocrates de Bruxelles (qui ne sont là que par la volonté des gouvernants des Etats-nation - si on met à part les parlementaires qui, de fait, ne servent pas beaucoup l'idéal européen). Contradiction dans le fonctionnement même de ces institutions juxtaposées : quand Bruxelles fait bien, c'est grâce aux Etats (qui revendiquent les bénéfices) ; quand Bruxelles décident bêtement, c'est aussi la faute aux Etats (qui se dédouanent facilement auprès du peuple).
Il faut combler le déficit démocratique de l'Europe en élisant directement les représentants siègeant au sein des institutions européennes au lieu de laisser la main aux gouvernants - qui désignent des technocrates assez incompétents et qui n'ont aucun compte à rendre (voir les problèmes récurrents depuis plus de 20 ans). Un Parlement européen qui bénéficie de la plénitude des fonctions normales d'un Parlement. Un exécutif élu (président + les commissaires (gouvernement)) par les peuples européens. Et exit le conseil des ministres ou alors uniquement pour donner des avis et non pas pour légiférer. En somme plus de poids pour le système électif direct au lieu du système électif très indirect et opaque qui règne actuellement en maître.
Pas mal ce texte de Rosanvallon :
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/07/21/penser-le-populisme_1551221_3232.html
Écrit par : Denis75 | 22.07.2011
Quand Bruxelles copie Moscou
Que les peuples se soient exprimés ou non, l'Europe et son mini traité (de Lisbonne) nous a bel et bien été imposé. Sa prochaine révision est en préparation (démantèlement des fonctions publiques, libre concurrence des salaires) et se fera bientôt sans la consultation des peuples. Cette Europe est un réel déni de démocratie, Sarkozy s'est assis sur le non français, l’UE a obligé les irlandais à revoter car le premier résultat ne lui convenait pas. "Si vous dites oui, c'est oui pour toujours. Si vous dites non, ce sera oui quand même ! Nous sommes des démocrates européistes qui ne seront respectueux des règles démocratiques les plus élémentaires que si vous êtes d'accord avec nous ! »
Les institutions européennes et les traités mille-feuilles sont conçus pour que les peuples ne comprennent rien et renoncent à comprendre, les eurocrates avancent en catimini en dépouillant les peuples de leur pouvoir de décision, en les réduisant au silence et en leur refusant le vote référendaire sur la question de l’élargissement de l’UE. Tout ceci, avec le plein accord des chefs d'Etat, des gouvernements-relais et de la plupart des partis politiques.
Les institutions européennes sont un copier-coller du Soviet suprême et du Politburo : la Commission européenne et son président ne sont pas élus au suffrage universel, ils sont nommés suite à des tractations opaques et ne rendent de comptes à personne. Aucun juge, aucun banquier central n’est confirmé par le Parlement européen, un parlement croupion aux pouvoirs limités et ne disposant pas de l’initiative législative.
Herman Van Rompuy, actuel président du Conseil européen, a passé un grand oral devant le très secret groupe Bilderberg au Château de Val Duchesse quelques jours avant sa nomination.
Le pouvoir exécutif de l’UE est un concentré de pions qui mangent dans la main de Washington et de Wall Street. Les USA misent sur l’affaiblissement de l’Europe en maintenant la pression pour faire entrer la Turquie, en faisant la guerre à l’euro et en assujettissant le grand marché européen à celui de l’Empire américain.
Écrit par : Coline | 22.07.2011
Je pense aussi. Il me semble que les Européens n'ont pas le choix. La France ou l'Allemagne seules ne pèsent pas grand chose face aux grandes puissances comme les EU, la Chine, l'Inde, le Brésil etc... Alors que dire des autres "petits" pays.
Ce qui me surprend, c'est que les Européens ne semblent pas le comprendre. Je ne peux expliquer cette cécité que par par la persistance des nationalismes.
Écrit par : aysin | 22.07.2011
blablabla, l'europe c une chimère affairiste. Tournons la page, on en prend pour 15 milliards de dette supplémentaire alors qu'on ne sait pas rembourser le reste, l'idéal européen à été violé, ne soons pas les collabos des violeurs.
Écrit par : Fran | 22.07.2011
On nous annonce un FME, sans aucun controle politique, et tout va bien. Hoillande toruve qu'on a joué petit jeu.
C'est incroyable si on se rappelle les débats lors du référendum pour l'Europe, qui était bien loin d'oser imaginer un FME
Quand je serai président de la rep, je ferai des inaugurations et des réceptions onze mois de l'année, et je ferai toutes les réformes entre le 14 juillet et le 15 aout.
Écrit par : gilles devers | 22.07.2011
Je propose DSK pour diriger le FME.
Écrit par : Fran | 22.07.2011
"la présidence tournante ": ça c'est un job pour DSK, je suis étonnée qu'on ait pas pensé à lui...
Écrit par : révoltée | 22.07.2011
Et quand on glisse la peine capitale dans le traité de Lisbonne (qui l'a voulu ce traité?) on entre dans une dictature au dessus de tout soupçons, c'est fort et ce n'est plus a là porté du peuple et quand bien on se rebif on t'enferme a trépas.
Écrit par : unjean | 23.07.2011
Si je devais faire une petite critique je dirais :
La Commission Européenne (ou "Commission de Bruxelles") est le gouvernement de l'Union Européenne. Ses membres ne sont pas élus, et le public n'est jamais informé de leurs décisions. Des parts croissantes du pouvoir des états sont transférés à cette Commission qui n'est soumise à aucun contrôle démocratique. (La législation européenne représente déjà 80% des lois appliquées par les états de l'Union.)
Ces transferts de souveraineté ont été réalisés par des politiciens de droite et de gauche, dans le but de faire échapper au débat public l'essentiel des décisions économiques, sociales, et environnementales.
De plus, la Commission Européenne est entièrement sous l'influence des lobbies industriels qui sont les grands inspirateurs de la réglementation européenne. La politique européenne est élaborée en étroite collaboration avec l'European Round Table qui rassemble les dirigeants des grandes multinationales européennes. L'European Round Table est associée à toutes les grandes décisions en matière économique, financière, sociale, ou environnementale. Enfin, beaucoup de Commissaires Européens sont très liés à des multinationales ou à des réseaux d'influences favorables au libéralisme et à la mondialisation.
Par ailleurs, de nombreux commissaires européens sont membres du très puissant "Groupe de Bilderberg":
- Jose Manuel Barroso (actuel ou ancien) président de la Commission Européenne, ancien premier ministre du portugais
- Frits Bolkestein (actuel on ancien) commissaire européen auteur de la "directive Bolkestein") etc.
Bilderberg, du nom de l'hôtel Bilderberg, situé à Oosterbeek aux Pays-Bas...
Écrit par : Sicotine | 23.07.2011
La Turquie a décidé de geler ses relations avec l'UE quand Chypre prendra la présidence tournante de l'UE.
Sarkozy en rêvait Erdogan l'a fait.
Écrit par : aysin | 23.07.2011
Quel est le problème avec les chypriotes, ce peuple opprimé par les turcs ? On ne va tout de même pas les envoyer sur l'île de gorée.
Écrit par : Fran | 23.07.2011
le pb est que la Turquie ne reconnaît pas Chypre donc difficile de négocier avec l'UE quand Chypre prend la présidence tournante
PS : ce sont les chypriotes grecs qui oppriment les chypriotes turcs mais bon c'est vrai que vous vous en foutez quand les victimes sont musulmanes
Écrit par : aysin | 23.07.2011
pourquoi depuis quand y a pas de musulmans chez les grecs ?
Écrit par : Fran | 23.07.2011
je n'ai pas trop compris la question mais le différend entre la partie turque et grecque de l'île est instrumentalisé par l'église orthodoxe de Chypre qui est vraiment raciste est nationaliste (je le dis clairement) et s'oppose à tout rapprochement entre les 2 parties
Écrit par : aysin | 23.07.2011
n'y a t il pas de musulmans grecs ?
Écrit par : Fran | 23.07.2011
vous vous foutez des victimes musulmanes, du moment qu'elles ne sont pas turcs, dans ce conflit ?
Écrit par : Fran | 23.07.2011
Oui il y a des musulmans grecs mais ils sont en Grèce.
En Chypre, il y a deux peuples fondateurs : les chypriotes grecs et les chypriotes turcs. La Turquie en tant que garanteur a utilisé son droit d'intervention en 1974 pour empêcher les colonels grecs de rattacher l'île à la Grèce. Depuis l'île est divisée et la Turquie ne reconnaît pas à la partie grecque la souveraineté sur l'intégralité de l'île.
Écrit par : aysin | 23.07.2011
je crois qu'on dit à Chypre mais je n'en suis pas sûre
Écrit par : aysin | 23.07.2011
Quand on voit comment s’est négociée l’affaire de la dette souveraine grecque, on comprend très bien pourquoi Sarko ne veut pas de la Turquie en Europe.
Tout s’et joué sur le couple franco-allemand, et la Franc est plutôt à amender les volontés de l’Allemagne qui est en grand forme financière à coté de la France. La Grande Bretagne fait son ronron dans son coin, l’Italie et l’Espagne sont affaiblies.
Si la Turquie est là, elle devient le 3° plus puissant Etat. Le PIB fait la moitié de la France, mais elle est au top de la puissance économie et financière, avec ces 8/10% de croissance par an. Surtout, un rapprochement Allemagne Turquie met la France à la ramasse.
Écrit par : gilles devers | 24.07.2011
Adhésion de la Turquie à l'UE ou pas le rapprochement entre l'Allemagne et la Turquie est inéluctable. Ne serait-ce qu'à cause de la forte présence turque en Allemagne. Ca créé des liens forts mine de rien. D'ailleurs, l'Allemagne est bcp moins virulente à l'égard de la Turquie que ne l'est la France.
PS : La Turquie est la 1ère croissance économique du monde au premier semestre 2011
Écrit par : aysin | 24.07.2011
J'espere que la locomotive turque ne pas pas s'accrocher à cette europe de loosers blanc se disant de culture judéo-chretienne...Elle merite mieux que "çà"...
Écrit par : tarek | 24.07.2011
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