01.09.2011
L’affaire Bettencourt confiée au procureur Cyrus Vance
Exclusif : Le blog vous révèle que l’affaire Bettencourt a été dépaysée de Nanterre pour être attribuée… non pas au tribunal de Bordeaux mais à celui de Manhattan.
Nos reporters sont dans le bureau du Procureur Cyrus Vance Eternal Junior, chargé de l’enquête, et qui a convoqué les témoins de l’affaire.
Entre Madame le Juge Prévost-Desprez. 
- Madame le Juge, vous êtes un magistrat de haute réputation, rompue à l’exercice de l’instruction et du jugement des affaires de délinquance économique. Vous avez conduit une instruction du dossier Bettencourt sur des aspects mettant en cause les plus hautes sphères du pouvoir. Vous vous êtes heurtée à l’hostilité fracassante du Procureur, lequel s’est ensuite fait rembarrer par sa hiérarchie, qui lui a reproché une partialité flagrante, répondant de beaucoup trop près aux vœux de l’Elysée, et le dossier m’a été attribué. L’un des aspects les plus sensibles de l’affaire est la remise d’argent en espèces à diverses personnalités, dont l’actuel Président de la République, au temps de sa campagne électorale. En exposant dans un livre dont vous savez qu’il sera hautement polémique les déclarations hors PV de l’infirmière, vous établissez une triple faute, à savoir une faute disciplinaire pour, recueillant des informations susceptibles d’être la matière d’une infraction, ne pas en avoir avisé le Parquet, une violation du secret professionnel pour avoir rendu public des informations confidentielles connues à l’occasion de vos fonction, et un manquement à l’obligation de réserve en participant à la publication de ce livre. Chacun pense que votre déclaration est mûrement réfléchie, et vous savez que vos propos vont faire mouche dans l’opinion, en accréditant un contexte d’une malhonnêteté rare. A six mois de la présidentielle, cette affaire va faire mal. Je suis chargé de l’enquête et je veux donc savoir si vous confirmez les déclarations faites aux deux journalistes ?
- Oui, Monsieur le Procureur, mais je voudrais d’abord apporter quelques précisions car cette affaire est tout de même plus complexe que ça.
- Des précisions…
- Ca ne remet pas en cause l’essentiel, mais il y a des points qui doivent être précisés car ils ne sont pas nets dans le livre.
- Quoi, ce que vous avez dit aux journalistes n’est pas l’exacte vérité ?
- Juste quelques précisions. Entre ce que dit la presse et ce que doit être le travail de la justice, il y a…
- Non, Madame le Juge. Je suis désolé. Deux versions, c’est trop. L’une détruit l’autre, c’est chimique. Votre crédibilité est atteinte. Je vous remercie.
Madame le Juge Prévost-Desprez quitte le bureau et entre l’infirmière de Madame Bettencourt. 
- Madame l’infirmière, vous avez été l’infirmière de Madame Bettencourt. Une infirmière est une confidente, et au service de Madame Bettencourt, vous étiez un peu de la famille. Vous êtes une infirmière honnête et vous vivez loin de la vie des affaires et du fric qui fait tourner la tête. Votre propos a d’autant plus d’importance. La Juge Prévost-Desprez expose qu’hors PV vous avez dit avoir assisté à plusieurs reprises à des remise de sommes d’argent en liquide au candidat de l’UMP 2007. Ces propos sont particulièrement importants, car ils corroborent pilepoil celles du maitre d’hôtel et de la comptable, qui se sont tous les deux ensuite plus ou moins déballonnés. Vous n’avez pas fait de déclarations officielles, alors que toute personne doit apporter son concours à la justice. Vous avez déclaré au journal Marianne 2 que vous aviez fait l’objet de menaces de mort, précises et intimidantes pendant que l’enquête faisait rage, mais vous n’avez pas porté plainte. Votre témoignage est décisif et donne une vision très grave de cette affaire, car votre désintéressement total dans l’affaire fait de vous un témoin neutre. Pouvez-vous me confirmer vos déclarations antérieures.
- Oui, Monsieur le Procureur, mais je dois toutefois faire quelques rectifications sur l’interview publiée dans Marianne 2.
- Quoi, vous n’avez pas dit la vérité ?
- Si bien sûr. Je confirme les menaces de mort, mais l’interview a été rapide, et je n’ai pas pu…
- Non, Madame l’infirmière. Je suis désolé. Deux versions, c’est trop. L’une détruit l’autre, c’est chimique. Votre crédibilité est atteinte. Je vous remercie.
Madame l’infirmière quitte le bureau du procureur et entre Monsieur le Président de la République. 
- Bonjour Monsieur le Président de la République. Je suis très honoré de vous recevoir, et je vais faire, avec mes services, tout ce qui possible pour éclairer cette affaire qui empoisonne la vie politique française, et vous met rudement en cause.
- Je vous remercie de votre accueil, mais faites votre travail en toute indépendance, Monsieur le juge d’instruction.
- Non, Monsieur le Président, permettez-moi de relever une petite erreur de droit. Je ne suis pas juge d’instruction mais procureur.
- Ah bon, et c’est vous qui faites l’instruction ?
- Oui, dans notre droit, nous n’avons pas de juge d’instruction.
- Ah tiens, c’est intéressant. Parce que figurez-vous que j’avais annoncé à mes chers compatriotes que pour moderniser la justice française j’allais supprimer le juge d’instruction et confier l’instruction au Parquet, chose que je n’ai pas faite.
- Ah bon, une déclaration nette et précise qui n’a pas été tenue ?
- Oui, j’ai changé d’avis, et c’est passé comme une lettre à la poste. Pour compenser, j’ai installé des jurés populaires en correctionnelle.
- D’accord, c’est très bien les jurys. Mais vous avez dit une chose et vous en avez fait une autre.
- Tout à fait. Vous savez en politique, j’ai tout appris de Chirac, qui lui-même avait tout appris de Mitterrand. Alors… Et quand leur job a pris fin, ils sont devenus des quasi-héros.
- Certes, Monsieur le Président. Je suis désolé, mais…
- Mais ça n’a rien à voir avec ma plainte.
- Non, c’est impossible. La recherche de la vérité, c’est la confirmation des dires du témoin. Or, qui a menti mentira. Votre crédibilité est atteinte, je vous remercie.
- Mais pour mon enquête, je fais comment ?
- Dépaysez l’affaire à Bordeaux… Il y a là bas des juges d’instruction qui appliquent le Code de procédure pénale.

La vérité sortant du puits
00:10 Publié dans affaires judiciaires | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note | Tags : bettencourt, juge d'instruction











Commentaires
Contrairement aux affirmations officielles et répétées de l'exécutif, la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) – le contre-espionnage français – a bien procédé à l'examen des appels téléphoniques passés par notre collaborateur Gérard Davet, entre le 12 et le 16 juillet 2010, afin de tenter d'identifier ses sources. Ce faisant, les services secrets ont, sur ordre, violé la loi sur le secret des sources pour tenter de colmater les fuites du dossier Bettencourt.
http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/09/01/affaire-bettencourt-les-services-secrets-ont-viole-le-secret-des-sources_1566033_3224.html
Écrit par : gilles | 01.09.2011
Je me demande si tout cela ne vient pas de la faute du général De Gaulle…
En instaurant sa nouvelle République, la cinquième : il remettait le pouvoir entre les mains d'un seul homme.
Nous avions donc une République monarchique ou une Monarchie démocratique, c'est selon.
Ainsi nous revenions au temps de Louis XIV, qui avait certes quelques défauts, toutefois, il me semble qu'il gouvernait mieux la France que ne le fait notre président actuel.
Jean de la Fontaine n'écrivait-il pas déjà : " Selon que vous serez puissant… etc. "
...Ce n'est pas vraiment sérieux ce que j'écris.
Écrit par : Sicotine | 01.09.2011
Tout gouvernement qui a une taupe dans son administration fera tout pour la débusquer. La magistrate sort carrément des clous en colportant des conversations de couloir. L'affaire est maintenant entre les mains des juges d'instruction de Bordeaux, à suivre...
Écrit par : Mathaf Hacker | 01.09.2011
Pas mal vu !!
Bon, j'ose espérer que Mme Prévost-Desprez a assuré ses arrières...
Écrit par : sevand | 01.09.2011
Les "taupes" se trouvent généralement là ou il y a du fromage...
Si tout était clair qu'il n'y ait rien à déclarer à bon utiliser une taupe.
Écrit par : Sicotine | 01.09.2011
Pas de doute: c'est la rentrée
Mediapart annonce qu'un de ses journalistes a déposé plainte pour menaces de mort, dans le contexte de la publication des infos sur Takieddine. le journal nomme précisemment une personne, proche de l'Elysée.
Écrit par : gilles | 01.09.2011
Dans ce cas, la taupe s'est prise dans une tapette. lol
Écrit par : Mathaf Hacker | 01.09.2011
En fait, je me demande dans quelle mesure, le fait, par madame Prévost-Desprez d'accepter la rédaction et la parution de ce livre ne serait pas aussi une excellente protection personnelle.
De toute façon, je suis extrêmement confiante, monsieur Fillon ayant déclaré que tout cela ne repose sur rien, le gouvernement va, évidemment, accepter l'enquête réclamée par madame Aubry. Ce qui lui permettra, au gouvernement, de mieux prouver que cette affaire est un simple coup bas en prévision de la présidentielle et pas du tout une affaire d'état.
Écrit par : Ysabeau | 01.09.2011
Des propos hors pv, c’est de tous les jours, avec des propos plus ou moins importants. Le juge ne peut donc pas être surprise.
Dans sa déclaration aux journalistes, elle parle d’ailleurs de confidences faites en présence de la greffière, si j’ai bien compris, ce qui nous ferait un tiers. Ah, ah.
Lors d’une interview, on peut toujours se laisser surprendre, et lâcher une bulle. Genre Rocard et la maladie mentale de Dominique-Gaston.
Là, rien à voir.
D’abord, et pour l’instant, elle n’a pas démenti
Ensuite, accepter une interview à des journalistes d’investigation sur une affaire en cours est un choix murement réfléchi
Et puis, il s’est passé du temps entre l’interview et la publication, et a priori elle a bien laissé faire.
Mieux que personne elle connait les fautes professionnelles qu’elle commet.
Aussi, je pense que ce magistrat très expérimenté a vécu une situation telle est sure de bien faire. L’avenir dira, et nous sommes dans l’inédit.
Écrit par : gilles | 01.09.2011
Elle assume ses propos », confirmait hier Christophe Regnard, de l’Union syndicale des magistrats (USM). Quitte à être « grillée » pour de bon ou à s’expliquer devant les instances disciplinaires. Et il promet « qu’elle dira bien d’autres choses » si l’inspection générale des services judiciaires venait à interroger la juge.
Écrit par : gilles | 01.09.2011
oui! j'espère pour elle que c 'est bien calculé, car pour l'instant ca ressemble plus à une boulette....
Écrit par : sevand | 01.09.2011
petite info dont personne ne parle et entendu dans ma voiture ce matin:"Il a fallu 5 avions pour le déplacement de Nicolas Sarkozy en Nouvelle-Calédonie !"
http://www.rmc.fr/blogs/lesgrandesgueules.php
A l'heure des économies...:(
Écrit par : sevand | 01.09.2011
"VANCE" "VANCE"...
Ca ne change rien au propos... mais c'est juste pour... pour quoi? au fait...
Je ne me souviens plus...
Écrit par : alix | 01.09.2011
"Dans sa déclaration aux journalistes, elle parle d’ailleurs de confidences faites en présence de la greffière, si j’ai bien compris, ce qui nous ferait un tiers. Ah, ah." (Gilles)
N'oubliez pas le vieil adage "Testis unus testis nullus", DSK dirait ""Testiculus unus testiculus nullus" soit-dit en passant.
Écrit par : Mathaf Hacker | 01.09.2011
Elle a du courage Madame Prévost-Desprez. Et ce n'est pas la presse couchée qui va la soutenir.
Merci Madame.
Écrit par : Marianne | 01.09.2011
Le blog-captain Devers va nous donner des cauchemars! Cette affaire là dans le bureau de Mr Vance, il est sûr de se noyer!
Ceci dit Claude Guéant mérite réellement la médaille d'or de la langue de bois...
Dire qu'on a pas voulu écouter mais seulement savoir avec qui et quand l'intéressé téléphone... ;-)) On se fout du peuple, "one more time"!
@Sicotine | 01.09.2011 la constitution de la Vème, C de la daube! Ca C sûr!
Bien que, il n'aurait sans doute pas voulu ça le "Grand Charles"...
Lisez la constitution de 58/62... C'est "charabièsque"! A comparer avec celle des Etats-Unis, compréhensible même par quelqu'un qui maîtrise mal l'anglais...
Cette horreur juridique qu'est la nôtre, ne durera pas aussi longtemps que celle des USA de 1783!
La constitution de la Vème, ce fut historiquement une espèce de "costard" taillé sur mesures dans l'extrême urgence pour un personnage unique. Personne sur le moment n'a pensé aux dérives pourtant prévisibles.
Cette affaire en est une, parmi des milliers!
AVIS! Ne votez en 2012, que pour des candidats qui s'engagent à effacer la Vème!
Écrit par : Thierry Bressol R/O | 02.09.2011
Thierry Bressol R/O
" @Sicotine | 01.09.2011 la constitution de la Vème, C de la daube! Ca C sûr!
Bien que, il n'aurait sans doute pas voulu ça le "Grand Charles"... "
Certainement, je suis de votre avis, c'est la raison pour laquelle j'écris que mon commentaire n'est pas vraiment sérieux.
Il n'a pas envisagé le "Grand Charles" que cette constitution pourrait un jour être mise entre les mains de gens qui ne sont pas à la hauteur et si peu sérieux ; dont la motivation n'est pas vraiment celle de servir utilement le pays...
Écrit par : Sicotine | 03.09.2011
Une procédure judiciaire bête en cours...
Écrit par : Mathaf Hacker | 03.09.2011
Cha Ché Shüürrr
Écrit par : Thierry Bressol R/O | 03.09.2011
Le Procureur Cyrus Vence, en définitive, parle pour ne rien dire, on a toujours envie de lui demander : " Vous n'avez rien à déclarer ? "...
Écrit par : Sicotine | 03.09.2011
C'est pas Cyrus Vence, mais Cyrus Vance. Pas bien d'écorcher les noms.
Écrit par : Mathaf Hacker | 03.09.2011
Mais Mathaf, j'ai copié sur le titre de l'article de Gilles ; tu sais, ce Vance m'intérresse peu, alors Vence ou Vance ; il me fait un peu penser à un ...escargot.
Écrit par : Sicotine | 04.09.2011
Ah oui l'escagot, gastéropode et androgyne. "A l'enterrement d'une feuille morte, deux escargots s'en vont, ils ont des coquilles noires, du crêpe autour des cornes".
Écrit par : Mathaf Hacker | 04.09.2011
C'est ça, gastéropode et androgyne avec des cornes.
Écrit par : Sicotine | 04.09.2011
Mais Mathaf, j'ai copié sur le titre de l'article de Gilles ; tu sais, ce Vance m'intérresse peu, alors Vence ou Vance ; il me fait un peu penser à un ...escargot.
Écrit par : Sicotine | 04.09.2011
Là, je ne sais pas ce qui c'est passé...
Écrit par : Sicotine | 04.09.2011
Deux versions, c’est trop. L’une détruit l’autre, c’est chimique.
Je vois que la chimie n' a pas laisse des bons souvenirs.
Faut revisiter Lavoisier,
D'ailleurs, juge coupable et decapite uniquement pour avoir servit le Roi.
Un autre bon exemple de coupable ideologique.
les evenements de ces annees ne pourra que du bien aux Marats en herbe.
Écrit par : adriana | 04.09.2011
Je m'excuse pour cette coquille.lire: ne pourra que faire du bien
Écrit par : adriana | 04.09.2011
Adriana,
Nos grands intellectuels révolutionnaires ont fait cet épitaphe à Lavoisier :"la république n'a pas besoin de savants". Grande hauteur de vue, grand humanisme.
Écrit par : Mathaf Hacker | 04.09.2011
La greffière de la juge de Nanterre Isabelle Prévost-Desprez n'a pas confirmé avoir reçu des confidences sur des remises d'espèces à Nicolas Sarkozy chez Liliane Bettencourt, assure dimanche 4 septembre le "Journal du dimanche" (JDD). Elle a été entendue vendredi par la police à la demande des juges de Bordeaux en charge de l'affaire, ajoute le "JDD".
Hmm, ça sent pas bon pour la magistrate.
Écrit par : Mathaf Hacker | 04.09.2011
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