13.09.2011
Comores : De quel droit la France se maintient-elle à Mayotte ?
Le ministère de l’Intérieur qui dénonce les Comoriens qui ne respecteraient pas la loi… C’est vraiment l’histoire de la paille et de la poutre ! De quel droit la France se maintient-elle à Mayotte ? La question est occultée, alors que les données juridiques sont certaines: aucun droit.
La question posée est celle de l'autodétermination des peuples, qui est un droit inaliénable.
Le temps des empires a pris fin, même si la France met bien du temps à le comprendre. C’est un processus considérable, entrepris depuis les années 1950, comme une marche irréversible vers le respect des souverainetés, et l’action actuelle de l’ONU s’inscrit dans l’achèvement de ce mouvement d’émancipation. Lors de l’ouverture de la session 2011 du Comité spécial de l’ONU sur la décolonisation, Ban Ki-moon été clair : « L’achèvement du processus de décolonisation nécessitera des efforts concertés de toutes les parties concernées : d’abord et avant tout du Comité spécial, des puissances administrantes et des peuples des territoires non autonomes ».
Or, contre vents et marées, contre les principes et les traités, la France se maintient à Mayotte, comme si elle était là-bas chez elle. Mayotte est française ? Non, la présence française à Mayotte n'est qu'une occupation.
L’état du droit a été clairement dit par l’ONU. Le Conseil de Sécurité, spécialement avec la résolution n° 376 du 17 octobre 1975, et l’Assemblée générale, avec ses résolutions n° 3385 (XXX) du 12 novembre 1975, n° 31/4 du 21 octobre 1976, n° 49/18 du 28 novembre 1994 et n° 49/151 du 23 décembre 1994. Tous ces documents sont parfaitement accessibles et bien connu, sauf de ceux qui pensent que le colonialisme est l’avenir de la France.
La référence décisive est la résolution 3385 d’admission des Comores à l’Organisation des Nations-Unies. L’assemblée générale est explicite, affirmant : « la nécessité de respecter l’unité et l’intégralité de l’archipel des Comores composé des îles d’Anjouan, de la Grande-Comore, de Mayotte et de Mohéli, comme le soulignent la résolution 3391 (XXIX) du 13 décembre 1994 et d’autres résolutions de l’assemblée générale ».
Cette résolution rappelle que l’occupation par la France de l’île comorienne de Mayotte constitue une atteinte flagrante à l’unité nationale de l’Etat comorien, occupation qui viole les principes fondamentaux défendus par l’ONU et en particulier la résolution 1514 (XV) de l’assemblée générale du 14 décembre 1960 relative à l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux qui garantit l’unité nationale et l’intégrité territoriale de ces pays.
Dans cette résolution, l’assemblée générale de l’ONU a condamné les référendums des 8 et 11 février 1976 organisés dans l’ile comorienne de Mayotte par le gouvernement français qui sont considérés comme nuls et non avenus.
De même, l’Assemblée a rejeté :
- toute forme de référendum ou consultation qui pourrait être organisée ultérieurement en territoire comorien de Mayotte par la France ;
- toute législation étrangère tendant à légaliser une quelconque présence coloniale française en territoire comorien de Mayotte.
Cette résolution demande à la France de « se retirer immédiatement de l’île comorienne de Mayotte » pour « respecter sa souveraineté » et elle invite tous les Etats membres de l’ONU à apporter « individuellement et collectivement une aide efficace à l’Etat comorien et à coopérer avec lui dans tous les domaines pour lui permettre de défendre et sauvegarder son indépendance, l’intégrité de son territoire et sa souveraineté nationale ».
Donc, la France doit revenir à la légalité et rendre ce qui ne lui appartient pas. Or, loin de respecter le droit, la France entend inscrire la violation du droit dans la durée, par la départementalisation. Ces législations internes, et qui ne tiendront pas devant l’ordre public international.
Sur l’Ile de Mayotte, la France est un occupant, et n’a aucune souveraineté. On attend toujours son contre argumentaire aux résolutions de l’ONU. Elle se contente d’user de son influence comme membre permanent du Conseil de sécurité et elle sait pourvoir compter sur le consensus dans l’opinion publique française, du fait de la méconnaissance entretenue du sujet.
L’Union des Comores, ou la société civile comorienne, aurait beaucoup à faire, et elle y viendra tôt ou tard, car la souveraineté est inaliénable. Le temps qui passe ne règle rien. L’archipel des Comores a été admis comme Etat membre de l’ONU, regroupant un archipel de quatre iles : Anjouan, La Grande-Comore, Mohéli et Mayotte.
En 2011, tous les mécanismes juridiques, onusiens ou européens, existent pour rétablir le droit. La France peut conclure des accords de coopération avec l’Etat comorien, mais l’occupation militaire française de Mayotte doit prendre fin, et le plus tôt sera le mieux.

01:10 Publié dans Droit international | Lien permanent | Commentaires (45) | Envoyer cette note | Tags : colonisation, comores











Commentaires
y en a qui vont vous dire que les gens de mayotte preferent resté françois pour bénéficier des allocs...
Écrit par : tarek | 13.09.2011
y en a qui vont vous dire que les gens de mayotte preferent resté françois pour bénéficier des allocs...
Écrit par : tarek | 13.09.2011
ALLOCUTION DE
S. E. M. AHMED ABDALLAH MOHAMED SAMBI,
President de l'Union des Comores
devant I'Assemblee Generale de I'Organisation des Nations Unies
https://visit.un.org/en/ga/65/meetings/generaldebate/Portals/1/statements/634209467356718750KM_fr.pdf
Écrit par : gilles | 13.09.2011
il est où bob denard ???
Écrit par : tarek | 13.09.2011
Je ne comprends pas. Si Mayotte est un département français, pourquoi n'aurait-elle aucun droit de s'y maintenir?
Écrit par : Antoine | 13.09.2011
J'ai toujours tendance à penser que le référendum est le summum en matière d'expression de la volonté populaire. [J'ai aussi constaté que le référendum français de 2005 pouvait être considéré par certains comme une exception à la règle]. En ce sens, je ne pense pas que la présence française soit une occupation militaire. Si les Mahorais veulent rester Français, il s'agit bien de l'expression du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
Écrit par : Phil | 13.09.2011
Comique votre article sauf que le sultanat de Mayotte existait depuis le XVe siècle et n'a pas été conquis par le sultanat d'Anjouan voisin. Au 18e ce sultanat était sous domination Malgache. Quid d'un grand état des comores. Je note aussi les remarques faites dans le PDF que vous joignez :
"Nous renouvelons, egalernent, notre soutien indefectible ala revendication legitime de
la Republique Populaire de Chine, du retour de Taiwan dans Ie giron chinois."
"Nous reiterons, par ailleurs, notre ferme soutien a l'integrite territoriale du Royaume
frère du Maroc [...] sur Ie Sahara marocain."
Le plus intéressant reste cela :"Mon pays salue, en outre, les efforts visant amettre un terme aux cont1its fratricides qui dechirent Ie Soudan, l' Afghanistan, la Somalie, la Republique Dernocratique du Congo et la Region des Grands Lacs."
La partition du Soudan est-elle ce que souhaitait ce grand orateur?
Le grand scandale n'est pas la présence française mais la tentative d'annexion juridique de Mayotte par les Comores.
Écrit par : Julien | 13.09.2011
Oh la la, les mahorais ne seraient donc pas français selon vous? Un (des) référendum(s) ne seraient donc pas valides? La voix du peuple est à mettre à la poubelle... Bizarre votre position.
Écrit par : Olivier | 13.09.2011
Il me semble que pour l'ONU, Mayotte fait partie des Comores et n'appartient pas à la France.
Écrit par : Sicotine | 13.09.2011
... Comme l'écrit Gilles dans son article.
Écrit par : Sicotine | 13.09.2011
Prise de position fu Forum socialiste européen
http://socialiste.forumactif.com/t10896-appel-a-l-independance-immediate-de-mayotte
Écrit par : gilles | 14.09.2011
La France est puissance occupante, et cette occupation est illicite. Ca ne fait pas l'ombre d'un doute.
Pour etre admis à l'ONU il faut un accord concordant du Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale de l'ONU. Or, l'admission à l'ONU est celle de "L'Union des Comores" soit quatre iles. C'est donc l'Etat du droit, et c'est incontestable.
La Constitution des Comores, article 1, mentionne les 4 iles.
Le seul qui puisse valablement organiser un référendum, c'est l'Etat comorien, et il ne peut l'organiser que sur les quatre iles, car la question est celle de la souveraineté du peuple comorien. Ce référendum a été organisé au moment de l'indépendance, et il était très majoritairement pour l'Union des quatre iles. Donc, c'est fait.
La France a organisé un référendum à Mayotte, mais ce référendum n'a aucune valeur en droit international. Comment une puissance occupante, qui n'a aucune légitimité en droit, peut elle organiser un référendum. L'Union des Comores, c'est un Etat, et il est impensable qu'un autre Etat se permette d'y organiser un référendum.
L'ONU avait par avance déniée toute valeur à ces référendums illégaux.
C'est la meme chose pour la loi de départementalisation. La France n'a aucun droit pour imposer ses lois en dehors de ses frontières, sur un territoire qui appartient à une autre Etat
Écrit par : gilles | 14.09.2011
article détaillé
http://www.legavox.fr/blog/issa-said/contentieux-comorienne-mayotte-france-epreuve-2784.htm
Écrit par : gilles | 14.09.2011
Ce qui est trop fort, ce sont les Comoriens des îles d’Anjouan, de la Grande-Comore, et de Mohéli qui viennent voir leur famille à Mayotte, et se font rejeter comme illégaux - des sans papiers - par un Etat qui occupe illégalement
Écrit par : gilles | 14.09.2011
Juridiquement, l'argumentation tient. La conclusion d'Issa Said est un poil démagogique.
Mais viennent les faits. Si le referendum qu'a mené la France est illégal, il est aussi révélateur. Une énorme majorité de mahorais se sont prononcés pour le statut de département, ce qui est un mouvement à l'opposé de la quête d'indépendance.
En outre, on assiste plus a une émigration des 3 autres iles comoriennes vers Mayotte que le contraire.
Et puis il faut être réaliste, le droit international est limité par le jeu des puissances. La France viole le droit international à Mayotte, mais chaque pays au Conseil de Sécurité (en tout cas les 4 autres permanents) le fait aussi ailleurs (USA - guerre en Irak, Porto Rico; Russie - Tchétchènie, Ossetie; Chine - Tibet; UK - Malouines).
Cette argumentation est cynique je vous l'accorde, mais je pense qu'elle est assez pragmatique.
Écrit par : Pierre G. | 14.09.2011
Pierre G.
Il y a aussi la “Pragmatique sanction" : édit promulgué par un souverain pour statuer définitivement sur une question fondamentale.
"Et puis il faut être réaliste, le droit international est limité par le jeu des puissances."
Ce que vous appelez un jeu est plutôt pour moi un abus, pour ne pas dire, dans certains cas, un crime, motivé par des intérêts divers.
Dans le cas de Mayotte, il y a l'intérêt touristique qui attire des Français fortunés ...et bien en place.
Pour le statut de département que vous évoquez, il faut que je me renseigne, ... Je vais lire les liens que Gilles a pris la peine de m'indiquer.
Écrit par : Sicotine | 14.09.2011
Bonjour,
Je crois que votre article mériterait d'être éclairci contextuellement mais surtout juridiquement car j'avoue qu'en l'état, sans remettre en question certaines absurdités que vous pointez, j'ai du mal à y voir clair.
Sur le contexte : il me semble qu'un premier referendum avait été organisé par la France en 74 pour entériner l'indépendance de la totalité de l'archipel et que Mayotte avait voté contre l'indépendance. Du coup la France avait rejeté le résultat et remis les cartes sur le tapis deux ans plus tard, essuyant un nouveau refus de séparation à plus de 99%.
Sur le droit, surtout :
- vous faites référence à une résolution du conseil de sécurité 376/2005. N'est-ce pas une erreur ? Cette référence renvoie à un rapport du secrétaire général de l'ONU.
- hormis cette référence vous renvoyez à des résolutions de l'assemblée générale de l'ONU.
Pouvez-vous nous préciser quelle est la forces juridique de ces actes et leur opposabilité à la communauté internationale et à la France en particulier ?
Écrit par : lapin | 14.09.2011
Plusieurs points pour éclaircir:
- Mayotte est une île française depuis 1841 quand elle été vendue à la France par le Sultan Andriantsoly
- Les comores sont devenus protectorat français en 1886 alors que Mayotte était possession Française (comme la réunion, île déserte colonisée par la France)
- Si l'Assemblée générale des Nations unies s'est prononcée contre la valeur des référendums à Mayotte, cet acte est dépourvu de toute force juridique et ne constitue qu'un avis.
On notera que l'Assemblée générale des Nations unies se base sur la déclaration 1514 de l'ONU, notamment de point 6 (bien que l'Union des Comores ne soit pas la continuité d'une structure qui pré-existait avant l'arrivé des Français) et ne tient pas compte du point 2 où le peuple Mahorais est en droit de choisir librement son destin.
En conclusion, d'un point de vu du droit international, la présence française n'est pas contraire au droit contrairement à ce que l'article laisse supposer puisqu'aucune résolution ayant force juridique de l'ONU n'a été énoncée.
Écrit par : Jean-Luc | 14.09.2011
le droit divain...
Écrit par : tarek | 14.09.2011
Pour la résolution, c'était une faute de frappe, que j'ai rectifiée. Il s'agissati bien sur de l'année 1975, car la résolution du Conseil de sécurité doit etre antérieure au vote de l'assemblée générale
Voici le lien, avec cette résolution très breve
http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=S/RES/376(1975)
Écrit par : Gilles | 15.09.2011
Voici le lien avec la résolution de l'AG ONU admettant les Comores comme Etat, et soulignant l'unité des quatre iles
http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=A/RES/3385(XXX)&Lang=F
Écrit par : Gilles | 15.09.2011
Un docuement bien fait et complet
http://www.migrantsoutremer.org/IMG/pdf/memorandum_2009-02_caac-comores.pdf
Écrit par : Gilles | 15.09.2011
1/ le cadre juridique est la décolonisation
Deux textes de base de l’Assembée générale :
- résolution 1514 (XV) du 14 décembre 1960, contenant la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux,
- résolution 2621 (XXV) du 12 octobre 1970, contenant le programme d’action pour l’application intégrale de la Déclaration,
2/ Une analyse constante de l’Assemblée générale
Dans toutes ses résolutions l’AG affirme « l’unité et l’intégrité territoriale des Comores », et la nécessité de « respecter l’unité et l’intégrité territoriale de l’archipel des Comores, composé des îles d’Anjouan, de la Grande Comore, de Mayotte et de Mohéli
3/ Le référendum de 1974
Ce référendum du 22 décembre1974 a été organisé selon un protocole du 15 juin 1973 entre les Comores et la France, relatif à l’accession des Comores à l’indépendance
Selon ce protocole, les résultats du référendum du 22 décembre 1974 devaient être considérés sur une base globale et non île par île.
Donc, le point de vue de la France, retenant le vote ile par il, viole le protcoe que la France avait signé.
4/ Résolutions constantes de l’AG ONU
L’AG ONU
- Réaffirme la souveraineté de l’Union des Comores sur l’île de Mayotte;
- Invite le Gouvernement français à respecter les engagements pris à la veille du référendum d’autodétermination de l’archipel des Comores du 22 décembre 1974 pour le respect de l’unité et de l’intégrité territoriale des Comores;
- Prie instamment le Gouvernement français d’accélérer le processus de négociation avec le Gouvernement comorien en vue de rendre rapidement effectif le retour de l’île de Mayotte dans l’ensemble comorien
Il n'y a aucun échapattoire : l'illégalité est totale.
Écrit par : Gilles | 15.09.2011
L'article 1 de la Constitution de l'Union des Comores
Art.1 L’Union des Comores est une République, composée des îles autonomes de Mwali (Mohéli), Maoré (Mayotte), Ndzuwani (Anjouan), N’gazidja (Grande Comore).
Écrit par : Gilles | 15.09.2011
Les accords relatifs à l’accession des Comores à l’indépendance ont été signés le 15 juin 1973 entre les Comores et la France
Les résultats du référendum du 22 décembre 1974 devaient être considérés sur une base globale et non île par île, ce qui est le texte de l’accord et l’interprétation constate de l’ONU
Le 3 octobre 1974 le gouvernement a déposé un projet de loi tendant à organiser la consultation des Comoriens, en vue de leur autodétermination.
Le Sénat a fait adopté un amendement vicieux de telle sorte que la loi ne parlait plus d’une consultation « de la population » mais d’une consultation « des populations », ce qui était d’une malhonnêteté totale, et a permis ensuite à la France de faire un décompte des suffrages île par île.
Écrit par : gilles | 15.09.2011
Merci pour cet éclairage, mais attention toutefois aux liens que vous nous proposez... ce que vous appelez le "Forum socialiste européen" est le forum du "Parti socialiste unitaire national-européen". L'animateur de cette organisation, un certain Thomas Ferrier, se répand avec complaisance sur des sites comme VoxNR, Egalité & Réconciliation, Riposte Laïque... Le blog de ce monsieur regorge de délires néo-païens, vous pouvez vérifier ça ici : http://thomasferrier.hautetfort.com/
Bref, je ne crois pas que les communiqués de cette structure doivent être pris autrement qu'avec de grosses pincettes.
Écrit par : Gauvain | 15.09.2011
L'illégalité totale ! Mais M. Devers, vous êtes à "l'ouest" ou à la solde d'un dictateur comorien. Je vous rappelle que les îles d'Anjouan et Mohéli ont proclamé leur indépendance. Concernant Anjouan, une intervention militaire et une occupation par l'armée Comorienne maintient ce territoire au sein des Comores contre sa population. Pourquoi ne défendez-vous pas le droit de ce peuple à son indépendance? Ah oui, l'Onu a acceptée les Comores comme ayant 4 îles... Cela me fait penser à la Yougoslavie ou Grande Serbie... Il faut donc revenir en arrière?
Écrit par : Sylvie | 15.09.2011
Sylvie,
je n'ai pas vu passer la dépeche annonçant la dissolution de l'AG de l'ONU, mais ça m'a surement échappé.
Merci de combler ma lacune
Écrit par : gilles | 15.09.2011
Non mais Gilles, simplement, au-delà du raisonnement juridique plaqué sur les accords de décolonisation et les résolutions de l'AG, au-delà des manoeuvres des uns et des autres, au-delà du mouvement non achevé vers la décolonisation, il y a une espèce de malaise face à votre argumentation, et je crois que ce malaise provient en premier lieu du résultat des referendums successifs.
Ok, ces referendums peuvent sans doute être taxés d'illégaux mais tout de même les habitants de Mayotte ont exprimé à une majorité écrasante leur refus de l'indépendance avec rattachement aux Comores en 1974 et 1976. Plus récemment en 2009, ils ont voté là-encore avec une majorité écrasante pour devenir un département français.
D'où le malaise car quelle que soit l'appréhension de la légalité au niveau international, il en résulte une impression que votre position ne tient pas compte de la volonté des habitants de l'île, alors même que la volonté du peuple est une composante essentielle de l'équation...
Écrit par : lapin | 15.09.2011
Non mais Gilles, simplement, au-delà du raisonnement juridique plaqué sur les accords de décolonisation et les résolutions de l'AG, au-delà des manoeuvres des uns et des autres, au-delà du mouvement non achevé vers la décolonisation, il y a une espèce de malaise face à votre argumentation, et je crois que ce malaise provient en premier lieu du résultat des referendums successifs.
Ok, ces referendums peuvent sans doute être taxés d'illégaux mais tout de même les habitants de Mayotte ont exprimé à une majorité écrasante leur refus de l'indépendance avec rattachement aux Comores en 1974 et 1976. Plus récemment en 2009, ils ont voté là-encore avec une majorité écrasante pour devenir un département français.
D'où le malaise car quelle que soit l'appréhension de la légalité au niveau international, il en résulte une impression que votre position ne tient pas compte de la volonté des habitants de l'île, alors même que la volonté du peuple est une composante essentielle de l'équation...
Écrit par : lapin | 15.09.2011
Juste remarque de Lapin. Car si on se base sur l'argumentaire déployé, on peut se demander si de nombreux territoires ne devraient pas retourner dans le giron d'autres territoires. Le dernier exemple du sud soudan serait donc en opposition avec les arguments développés ici. Plus particulièrement, que voulez-vous faire? Offrir les mahorais à l'armée Comorienne qui occupe les îles de Mohéli et Anjouan alors qu'elles ont proclamé leur indépendance. Quel principe appliquer? L'intégrité territoriale ou le droit des peuples à disposer d'eux même? Il y a surtout un paradoxe à se dire démocrate et de gauche et ne pas tenir compte de la volonté du peuple mahorais.
Écrit par : Kevin Le Gall | 16.09.2011
M. Dever quelques question en vrac :
- Qu'en est-il du point de vue du droit, de l'indépendance d'Anjouan proclamée en 1997 qui est sous occupation militaire de la Grande Comore depuis 2008?
- Le fait que les habitant de Mayotte n'est pas le droit d'avoir un passeport Comorien n'est-il pas contradictoire avec le fait de considérer Mayotte comme faisant partie et étant citoyens de l'Union des Comores? (alors qu'un Comorien peut aussi avoir la nationalité française)
Écrit par : Olivier | 16.09.2011
Il est incroyable de vous voir camper sur vos positions en invoquant le droit et de l'autre vous voir défendre les roms en précisément faisant fi du droit.
Écrit par : Canardino | 16.09.2011
Même si j'ai fait quelques progrès, ... je reste très faible en droit ; dictateur ou pas ; droit du peuple a disposer de lui-même (certes), mais ce qui me parait certain : c'est que Mayotte n'appartient pas à la France.
Écrit par : Sicotine | 16.09.2011
Un autre facteur à prendre compte, c'est aussi que Mayotte est une tête de pont de l'impérialisme français dans la région... en particulier le contrôle de Mayotte permet à la France de contrôler le canal du Mozambique. Autodétermination du peuple mahorais ou pas, la présence française à Mayotte EST une entreprise impérialiste et colonialiste. Ce ne sera pas d'ailleurs la première fois qu'une intervention impérialiste se pare de vertus démocratiques. L'exemple le plus récent : la Libye...
Écrit par : Gauvain | 16.09.2011
L'impérialisme français à Mayotte dont les citoyens ne perçoivent guère l'intérêt faute d'informations suffisantes (militaires et économiques) se cache sous une apparence de légitimité humanitaire et ne bénéficie d'aucune légalité. Je partage l'avis selon lequel l'institution de l'état comorien comme constitué des quatre îles ou non (selon une forme confédérale ou centralisatrice) ne concerne pas l'état français qui aurait dû se retirer et doit encore songer à le faire. Cela devrait être notre objectif : nous devrions consacrer les années qui viennent à préparer les liens commerciaux et politiques futurs par l'annonce de la dé-départementalisation... Comment le faire sans créer la panique à Mayotte? Cela ne peut être réalisé que sous l'égide d'une institution supranationale veillant à écarter tout risque de répression ou d'oppression du peuple mahorais par l'armée comorienne. La départementalisation est de toute manière une erreur du côté français et mahorais qu'il faudra réparer. Autant s'y préparer dès maintenant en utilisant ses sentiments d'apparente bienveillance en vue du développement de l'autonomie économique mahoraise.
Écrit par : shantal | 17.09.2011
C'est beau comme l'anti-impérialisme, sous des atours progressistes, se fout complètement de la position des populations concernées (vous direz ce que vous voudrez, il n'y a PAS de mouvement d'ampleur indépendantiste à Mayotte et les consultations successives ont exprimé la volonté de rattachement à la France, cf. en dernier lieu l'ampleur prises de position en faveur de la départementalisation dans le corps social en 2009). Et au final vous rejoignez la ligne de la droite réac qui dénie aux Mahorais le droit de faire partie de la nation française.
Écrit par : rocher | 17.09.2011
"Cela ne peut être réalisé que sous l'égide d'une institution supranationale veillant à écarter tout risque de répression ou d'oppression du peuple mahorais par l'armée comorienne"
De quel droit une quelconque organisation devrait venir mettre son nez dans les affaires du peuple comorien? si les mahorais sont des traitres alors il est normal qu'ils soient en subissent les conséquences.
Écrit par : trotskide | 17.09.2011
Les gens là-bas le dzemandent et parfois l'exigent. J'en connais.
Même si C politiquement discutable. Et ça nous coûte moins cher que nos politocards corrompus, d'entretenir les iles tropicales!
Écrit par : Thierry Bressol | 17.09.2011
@Thierry Bressol
Je ne comprends pas votre message. Pouvez-vous préciser?
Écrit par : Jean-Louis | 22.09.2011
Avant les mahoré voulait être français juste pour ne pas avoir à faire avec les comoriens. un mahoré ne valait rien a leurs yeux. C'est pour sa qu'ils ont dit qu'ils veulent rester pour la liberté. moi je pence que ils avaient raison, nous somme plusieur a partager cette avis.
Écrit par : Soldat Pendzo | 29.09.2011
Le droit de peule de disposer d'eu même est un droit inaliénable même si certaines ce borne à ne pas vouloir savoir ce que cela veux dire. Ce n'ai pas à l'ONU, ni à l'OUA de dicter aux mahorais leur destins politiques et institutionnelle. Cela ne serais autres que de la suprématie des puisances. Le temps Change, la France a opté pour un référendum libre et démocratique sur tout l'archipel.
Respect pour le chois du peule Mahorais, un chois qui a été accordé aux quatre îles de l'archipel.
Écrit par : Espé | 08.11.2011
Le droit de peule de disposer d’eux même est un droit inaliénable même si certaines ce borne à ne pas vouloir savoir ce que cela veux dire. Ce n'ai pas à l'ONU, ni à l'OUA de dicter aux mahorais leur destins politiques et institutionnelle. Cela ne serais autres que de la suprématie des puissances. Le temps Change, la France a opté pour un référendum libre et démocratique sur tout l'archipel.
Respect pour le chois du peule Mahorais, un chois qui a été accordé aux quatre îles de l'archipel.
Écrit par : Espé | 08.11.2011
On avait pas assez des Dom-Tom et de la Corse comme boulets aux pieds, il a fallu que des crétins nous rajoutent celui de Mayotte. Malédiction !
Écrit par : Mathaf Hacker | 08.11.2011
Malédiction, comment oses tu profaner de tels propos envers Mayotte?
Ce n'est pas toi qui va apporter les aides financières cette ile !
ni toi qui va contribuer à rattraper son retard!
alors réfléchi avant de parler
Écrit par : MARIE | 16.02.2012
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