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03.01.2012

SeaFrance : Un plan qui oublie la loi

Un plan pour sauver SeaFrance, avec les 880 emplois maintenus. C’est si simple,… alors pourquoi ne pas l’avoir fait plutôt ? Et aussi, pourquoi un dépôt de bilan si l’affaire est si belle ? Ce plan est irréaliste, mais surtout illégal.

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Une grosse affaire de com’ ?

Sarko ne pouvait pas commencer l’année de la présidentielle par 880 salariés au chômage, dans un secteur para-public. C’est donc de la bonne grosse manip’, pour une solution qui relève du délire pur et simple. Le plus drôle était de voir les « ministres » soutenir lundi l’inverse de ce qu’ils disaient vendredi. Pour le réveillon, Mariani s’est offert une dégustation de couleuvres, et la digestion n’a pas été facile, si j’en juge par sa tronche hier soir sur le plateau de LCI. Voir Mariani défendre les coopératives ouvrières, c’était d’un chou !

Quelle est la grosse faille ?

La première est l’impasse sur les perspectives de business. Quel est le projet industriel assurant la rentabilité à 880 salariés, quand les boss du secteur n’ont pas de solution à plus de 600 salariés, et encore dans une logique de groupe ? Trouver de l’argent pour passer un cap difficile, c’est une chose. Mais sur un marché bien défini, peu extensible, trouver les moyens d’un développement à long terme, et sur la basse inchangée des 880 emplois, c’est de la magie. Il y a évidemment un marché,… mais aux conditions de la rentabilité.

Que disent les boss du secteur ?

Le danois DFDS, poids lourd du transport maritime et expert – regardez la carte du Danemark – a fait une dernière proposition à plus de 600 salariés,… qui a été refusée par les salariés… Un autre gros du secteur, Louis Dreyfus Armateurs, a abandonné. Alors, il est bien difficile de croire que la SCOP va devenir rentable à 880 salariés, et sans le rattachement à un groupe…

Le plan du gouvernement…

Le plan de rien du tout ! La société SeaFrance, filiale de la SNCF à 100%, a déposé le bilan, et s’applique la loi sur les faillites. C’est le Tribunal de commerce de Paris qui arrêtera le plan, s’il y a un plan… Le tribunal ne peut pas faire n’importe quoi, car il doit respecter la loi. Et puis lui, il n’est pas candidat aux présidentielles.

naufrage.jpg

Mais l’argent est là, via les indemnités !

C’est la seconde grande faille. On se demande où ils vont chercher çà... Le président de la SNCF, une société indépendante,  convoqué à l’Elysée pour se voir intimer de verser de super indemnités de licenciement et à vitesse grand V… Le jour où on annonce les augmentations  des tarifs ferroviaires, car la SNCF ne s’en sort pas…

Les salariés peuvent investir l’argent dans la SCOP !

Pour qu’il y ait indemnité de licenciement, il faut qu’il y ait licenciement. Donc, le plan passe par la liquidation judiciaire de SeaFrance et c’est le liquidateur qui prononcera les licenciements. Chaque ex-salarié sera libre de faire ce qu’il veut de son argent. S’il estime judicieux de verser ses indemnités – on parle d’une moyenne de 75 000 euros par salarié – dans le capital de l’entreprise, alors que les business man refusent d’investir,... ça sera effectivement sa liberté !

La société nouvelle sera viable car elle aura les quatre bateaux à l’œil…  

Troisième faille. Le plan, c’est la SNCF qui rachète les bateaux à 1 euro et les louera gratis à la SCOP. Restons sérieux. Une faillite, c’est une masse de dettes cumulées. Le liquidateur doit procéder à la vente des biens aux meilleures conditions, en vue de limiter la casse pour les créanciers. Le tribunal n’aurait aucun droit pour avantager la SNCF, qui détient 100% de SeaFrance, alors qu’on peut vendre les bateaux pour peut-être 50 millions d’euros… et reverser l’argent aux créanciers de SeaFrance.

Les bateaux vont donc être vendus…

Oui, et publiquement. C’est la loi. Tout investisseur pourra enchérir, payer, et devenir propriétaire des bateaux. Le danois DFDS et Louis Dreyfus Armateurs – ou d’autres – pourraient ainsi devenir acquéreurs, partir avec… ou rester, et reprendre le marché sur des bases rentables. La SCOP n’a aucune chance de se retrouver avec les bateaux, sauf si elle participe aux enchères… mais elle n’a pas l’argent nécessaire.

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Pourquoi l’Etat ne recapitalise-t-il pas ?

Pourquoi l’argent public devrait-il financer des structures industrielles auxquelles les industriels ne croient pas ? D’ailleurs les règles de la concurrence, européennes notamment, interdisent ces actions publiques qui permettraient tous les coups tordus, et qui mettraient à mal l’argent public.

La SCOP est-elle une bonne solution ?

C’est un modèle éprouvé, et certaines marchent très bien. Mais sur un secteur concurrentiel, très capitalistique, une SCOP disposant de si peu de fonds propres,… c’est plus qu’aventureux ! Quel concours cette SCOP pourra-telle trouver de son banquier, alors que les boss du secteur jugent le projet injouable et qu’elle n’aura aucun patrimoine à donner en garantie, car elle ne sera pas propriétaire des bateaux ?

Quelle solution alors ?

La liquidation, les licenciements, la vente des bateaux et l’indemnisation des créanciers. L’acquéreur des bateaux tentera de monter un business valable et embauchera au niveau raisonnable. Les salariés garderont leurs indemnités, et tant mieux pour ceux qui pourront être réembauchés.  

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Commentaires

Cela fait presque 20 ans que Sea France, Sealink avant, est au bord de la faillite. Depuis le lancement d'Eurotunnel en somme. Les syndicats ont tiré sur la ficelle jusqu'à ce qu'elle casse. Bressol doit connaître ce cas mieux que moi.
Cela était déja une faute de faire racheter 100% de Sealink par la SNCF.
Ce montage de bric et de broc est vraiment ridicule; l'état n'a pas à mettre ses doigts partout, d'autant moins pour tresser un tel sac de noeuds.
Même la CFDT est opposée au plan de sa branche de Calais, pour cause d'irréalisme. J'aime bien la forme de société de coopérative de main d'oeuvre, mais vous ne transformerez pas des foncontionnaires en salariés participatifs. Le mal est fait.

Écrit par : Mathaf Hacker | 03.01.2012

"Le Danois DFDS (...), expert -Regardez la carte du Danemark-". Un argument juridique vraiment imparable, y a pas à dire.
"Le président de la SNCF, une société indépendante" : trop drôle. Bien sûr, G. Pépy fera tout pour contrecarrer les plans de Sarkozy.

Les arguments juridiques sont intéressants. Les discussions économiques de comptoir ne valent pas mieux que ce que je lis ailleurs.

Écrit par : aballain | 03.01.2012

LDA s'était fait blackbouler sur sa proposition de reprise des navires à 1€ pièce par le tribunal de commerce dont l'estimation est de 50 M€ minimum. C'est même étonnant rapporté au prix unitaire d'un Ro/Ro. Ce plan ne fait que différer la mort de l'entreprise ; comme d'habitude on donne de faux espoirs aux salariés.

Écrit par : Mathaf Hacker | 03.01.2012

Comme d'habitude on donne de faux espoirs aux salariés, pour mieux trahir...

Écrit par : Sicotine | 03.01.2012

Pour illustrer le chapitre sur la recapitalisation, P&O s'apprête à porter plainte aupès de la C.E. :

http://www.liberation.fr/economie/01012381064-p-o-pret-a-porter-plainte-contre-le-projet-de-sauvetage-de-seafrance

Écrit par : Mathaf Hacker | 03.01.2012

Merci Gilles pour cet éclairage précis, j'en étais simplement resté à "y a un truc qui cloche la dedans".
La délicieuse NKM a bien dit que les indemnités étaient "extra-légales". Curieuse notion.
Et Benet Hamon a mis parait il 100€ dans la SCOOP, j'ai du rêver...

Écrit par : yesroll | 03.01.2012

Le naufrage de cette "société" est inscrit dans les faits depuis belle lurette La main mise syndicale sur le fonctionement,la gestion de l'entreprise par les syndicats sont dénoncés depuis de nombreuses années par la cour des comptes....Ce n'est hélas pas le premier cas...De nombreuses entreprises ont étés coulés par des syndicats qui avaient pris le pouvoir dans l'entreprise...Si le contre pouvoir est souhaitable,il est destructeur lorsqu’il se substitue au pouvoir ...Les salariés via les syndicats se sont tirés une balle dans le pied...On peut chercher des boucs émissaires dans le gouvernement,c'est de bonne guerre électoraliste,mais la réalité des faits est que la faillite de cette entreprise est avant tout un échec collectif salariés et responsables syndicaux face a la faillite des dirigeants ....

Écrit par : antimythe | 03.01.2012

Le statut de société coopérative de main d'oeuvre ouvrière remonte à 1917. J'ai travaillé de nombreuses années dans une société de ce statut, portée par ses salariés qui étaient réellement récompensés en retour, avec de bons dirigeants il est vrai.
C'est une culture d'entreprise qui ne s'acquiert pas sur un clacquement de doigts, et cela ne ressemble pas du tout à l'état d'esprit de ces salariés.

Écrit par : Mathaf Hacker | 03.01.2012

Bonsoir,

Tout d'abord, meilleurs vœux pour cette nouvelle année qui s'annonce des plus riches. Ensuite, merci pour ce billet qui remet salutairement les pendules à l'heure. Si j'ai du mal à éprouver de la compassion pour les principaux intéressés, largement co-responsables de la situation actuelle (il faut entendre un de leurs représentants découvrir qu'en cas d'échec de cette SCOP, lui et ses collègues perdront tout: bienvenu dans la réalité du monde économique et des entrepreneurs), c'est une honte sans nom qui me submerge quand je découvre les pitoyables gesticulations du pouvoir et le cynisme dont il fait preuve dans cette affaire au mépris de toutes les règles existantes.

"Quand un politicien vous souhaite une bonne année, ne croyez pas qu'il pense à la vôtre." (http://www.objectifeco.com/economie/economie-politique/article/vincent-benard-demarrons-ensemble-une-bonne-annee-2012-en-citations-pour-briller-dans-les-diners-en)

Écrit par : H. | 03.01.2012

Attention, sur le dernier point, "Quelle solution alors ?" En cas de liquidation judiciaire, de vente des bateaux, de reprise de tout ou partie de l'activité de l'entreprise liquidée par leur acquéreur et d'embauche par celui-ci d'un certain nombre de salariés de l'ancien employeur, ces derniers n'auraient en principe par droit à des indemnités de licenciement, qu'ils devraient même rembourser si elles avaient été payées, ancien article L. 122-12 du code du travail (nouveau L. 1224-1) oblige. Leurs contrats de travail seraient en effet sensés n'avoir jamais été rompus et s'être poursuivis de plein droit avec le nouvel employeur. Les licenciements que le liquidateur aura dû prononcer en exécution du jugement de liquidation pourraient être jugés "privés d'effet". Voir en ce sens l'abondante jurisprudence de la chambre sociale de la cour de cassation.

Écrit par : Thrasybule | 04.01.2012

Tout tourne effectivement autour de l'outil de production : les bateaux. Si ceux-ci venaient à être vendus, comme cela pointe à l'horizon, les salariés pourraient se prévaloir d'un licenciement économique. C'est une notion un peu ambigüe car, d'une part les grèves à répétition peuvent s'avérer être une arme fatale, et d'autre part le sabordage peut-il être considéré comme une fatalité ?

Écrit par : Mathaf Hacker | 04.01.2012

Le président de la SNCF Guillaume Pepy s'est dit prêt hier soir à proposer un reclassement dans l'entreprise à "l'ensemble des salariés" de SeaFrance en cas d'échec du projet de reprise de la compagnie par la société coopérative (Scop), porté par la CFDT.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2012/01/05/97002-20120105FILWWW00541-seafrance-la-sncf-prete-a-reclasser.php

Ca devient un peu plus rationnel, mais relève de l'ancienne logique de planquer les déficits dans une entreprise publique. C'est ça aussi la sécurité de l'emploi des fonctionnaires qui peuvent bousiller leur entreprise à volonté sans en subir les conséquences.

SNCF propose de racheter les navires... Vieille recette dans le transport : cela s'appelle le lease back; c'est à dire vendez votre outil de production pour le louer à un bailleur. Rationnel aussi car cela dégage des fonds propres, mais cela ne tient pas la route une seconde en regard de la réglementation européenne. Grosse ficelle qui ne résoud toujours rien.

Écrit par : Mathaf Hacker | 05.01.2012

Bonjour,

Pour compléter le post d'antimythe: http://www.europe1.fr/France/SeaFrance-pratiques-douteuses-de-la-CFDT-890965/

Quant à la soviétie française, ceux qui doutaient de son existence sont servis (voir le commentaire précédent).

Bonne journée

Écrit par : H. | 05.01.2012

Le patrimoine de deux dirigeants CFDT de SeaFrance vient d'être dévoilé, hallucinant ! C'est aussi pourri qu'à la SNCM, il est temps d'en finir.

Écrit par : Mathaf Hacker | 07.01.2012

J'aime bien chercher à comprendre et la seule hypothèse qui m'est venue en ce qui concerne la CFDT, c'est que quelques uns ont voulu rejouer le coup de LIP qui a marché un temps.

Je cite par ailleurs le communiqué officiel de la CFDT nationnale :
"La Fédération générale des transports et de l’équipement (FGTE-CFDT), l’Union régionale CFDT du Nord-Pas-de-Calais et la Confédération se sont déclarées « en désaccord avec les leaders CFDT de SeaFrance qui n’ont pas voulu examiner d’autres projets », dont ceux de LDA-DFDS qui prévoyait de sauvegarder au moins 600 emplois.

« C’est une erreur grave », a pointé la Commission exécutive de la CFDT qui a par ailleurs réagi aux « soupçons de pratiques obscures et frauduleuses des responsables CFDT de SeaFrance » relayés dans la presse : s’ils « étaient confirmés par l’enquête judiciaire, la CFDT prendrait les décisions qui s’imposent en termes d’exclusion du syndicat concerné (syndicat maritime Nord) et de ses responsables »."

Écrit par : yesrol | 07.01.2012

Cela illustre bien la formule du grand Céline "les syndicats sont les maquereaux du travail". Comment un gouvernemet quel qu'il soit peut-il s'acquoquiner avec de pareils truands ? Ca dépasse l'entendement. On attend les commentaires de la régionale de l'étape, Titine, et ceux de la raie au beurre noir du coin : Jack Lang.

Écrit par : Mathaf Hacker | 07.01.2012

Quiconque s'intéresse au sujet ou tout simplement, veut prendre le temps de savoir et comprendre comment et quand ceci a commencé, est invité à passer à mon bord!

Ici.... Impossible de passer un lien! Donc:
Demandez mon nom et prénom à notre ami Google, qui sait tout nous dire sur tout ou presque, avec "Souvenirs de mer" et montez à bord!
Ou plus directement, demandez "SEAFRANCE en PERDITION ?"
Cette page est une revue de la presse, qui "remonte loin" dans le Temps.

Biern navicalement & bon week-end!
Le site-captain et ancien officier de la marine marchande, qui a aussi navigué à "l'Armement Naval SNCF" en son temps, quand il y avait plus de monde, plus de navires et plus de lignes!

Écrit par : Thierry Bressol R/O | 07.01.2012

Merci Thierry pour ton dossier complet et documenté, ça m'a pris deux heures pour tout lire, mais je comprends mieux le fond et les péripéties de cette sombre affaire d'affairistes débridés.

Écrit par : yesroll | 07.01.2012

Ben oui Yesroll... Ce qui me semble maintenant bizarre, c'est que la seule lecture des titres de chaque article, presque tous extrêmement complets et intéressants, semble parfois à eux seuls tout dire!
Même si naturellement, la lecture de tous les articles en lien permet de réellement tout savoir!
Cette affore me touche, car j'ai navigué avec les plus "anciens", ceux qui ont bien vécu la période "Armement Naval". Un immense gâchis disent les officiers... Et oui!

Cela dit, les petits malins qui attendent de pouvoir racheter les bateaux à prix sympa et
repartir sur un bon pieds avec "tous sauf ceux de la CFDT", ils commencent à enlever le camouflage....
Il ne faut pas oublier que au centre de l'affaire, il y a de nomnreux "conflits de personnes"!
Déjà en 1982, Didider Capelle passait beaucoup de temps à se disputer avec l'un des commandants, (qui n'était pas beaucoup plus "marrant" que Capelle mais essayeait de bonne foi et avec maladresse de défendre l'intérêt collectif réel) dans des conflits qui coutèrent fort cher, de longue date et N fois!
Quand ça va repartir, probablement avec un nouveau nom, le ménage sera fait! Ca C sûr!
Mais dans cette "distribution des sacs", ily aura aussi des injustices et ça, C triste!

Écrit par : Thierry Bressol OR1 | 08.01.2012

D'autre part, j'ai bêtement oublié de l'écrire... Les remarques du blog Captain Devers s'imposaient aussi. Cela dit, le pb C aussi que dans cette entreprise, on contournait la Loi, souvent au-delà de tout raisonnable!

Écrit par : Thierry Bressol OR1 | 08.01.2012

SeaFrance va fermer, et c'est aussi le cas pour le club "les Chandelles", pourtant une belle clientele...

http://www.liberation.fr/societe/01012380627-echangisme-le-club-des-chandelles-en-berne

Écrit par : gilles | 09.01.2012

Autre projet de la 25ème heure, un lease-back des navires par Eurotunnel :

http://www.liberation.fr/economie/01012382124-seafrance-eurotunnel-pour-voir-le-bout

Sur le papier c'est assez séduisant, mais la Scop sera-t-elle capable de payer ses loyers ? De plus c'est assez borderline au regard des règles de la concurrence.

Écrit par : Mathaf Hacker | 09.01.2012

Je viens de mettre à jour la page de revue de presse "SeaFrance en perdition?"
Des gens souvent inattendus par quiconque ne connait pas "le dossier" sont effectivement en embuscade, pour ramasser les morceaux et récupérer le trésor du Détroit.
Affaire à suivre, cet après-midi!

Écrit par : Thierry Bressol R/O | 09.01.2012

12h30 le couperet est tombé!
Maintenant les grandes manoeuvres peuvent commencer... Affaire à suivre!

Écrit par : Thierry Bressol R/O | 09.01.2012

Voila, c'est fini, cessation d'activité de SeaFrance. Les créanciers pourront être en partie remboursés par la vente des navires.

Écrit par : Mathaf Hacker | 09.01.2012

@Matthaf est ce soir un peu naïf... En fait il ne connait pas "le dossier". Comme il n'y a pas d'autre marin que moi sur cette page, certaines erreurs de jugement se conçoit!
- Beaucoup de créanciers vont surtout n'avoir plus que leurs yeux pour pleurer!
- Cela dit, si ça repart sur de bonnes bases, tout le monde y gagnera, sauf ceux qui seront victimes du "grand ménage" qui était hélas devenu très nécessaire. Mais les conditions de navigation ne seront plus jamais ce que ce fut et ça, C un peu triste. Selon qui va gagner la bataille pour récupérer le trésor du Détroit, et les négociations qui s'engageront avec ceux qui risquent le moins de tout perdre, les 2/3 des officiers et ceux qui devenaient "indésirables"... Tout ne sera pas foutu en l'air.

Quiconque s'intéresse au sujet ou tout simplement, veut prendre le temps de savoir et comprendre comment et quand ceci a commencé, est invité à passer à mon bord. Demandez à notre ami Google qui sait tout nous dire sur tout ou presque:
-"SEAFRANCE en PERDITION ?" Cette page est une revue de la presse "m.à.j." régulièrement, qui "remonte loin" dans le Temps. L0, vous saurez de quoi il s'agit.

Biern navicalement & bon week-end!
Le site-captain et ancien officier de la marine marchande, qui a aussi navigué à "l'Armement Naval SNCF" en son temps, quand il y avait plus de monde, plus de navires et plus de lignes!

Écrit par : Thierry Bressol R/O | 09.01.2012

Non pas naïf, les créanciers seront très contents de récupérer 20% de la dette, si c'est le cas. Si cela sonnait le glas de la voyoucratie de la navale ce serait un coup d'olifan mémorable. Ce monde ne m'est pas totalement étranger, ce sont les écuries d'Augias à passer au Karsher, l'acharnement de Sarko à vouloir prétendument sauver des emplois qui ne le méritent pas est pile à contresens.

Écrit par : Mathaf Hacker | 09.01.2012

Si ils y arrivent! Personne ne nous a expliquer qui va payer les (environ) 400 à 450 000 Euro que coûte chaque jour d'immobilisation des 4 navires depuis le 15 novembre! Je constate en lisant les commentaire, là aussi, comme en matière d'aviation civile, de chemins de fer ou d'industrie pétrolière etc.... Trop de gens s'expriment sans rien (ou presque) connaître du sujet!
Si tu avais lu au moins un article sur 10 de la revue de presse que j'ai faite sur le sujet, tu saurais!
Il n'y a pas que sur certains navires qu'il y a des voyous et des crapules, il yen a aussi dans les bureaux de la direction de nombreuses grandes entreprises, où ils sont beaucoup plus nombreux. Et ça commence enfin à être compris!
C'est d'ailleurs, très au-delà du cas SeaFrance, un "cas d'école" dans le genre, une des premières causes de la Crise! La crapule au pouvoir un peu partout!

Comme au chantier naval de la Seyne sur Mer, la direction "savait" pour le "coulage" et laissa faire, parce que c'était une politique délibérée de couler la construction navale en 1987!
Voilà, la réalité. Cet exemple est "parfait", le chantier achetait assez de peinture, de bois, de moquette, de câbles en cuivre etc... pour construire 3 fois le paquebot Fairsky!
D'ailleurs, ça "tombait bien car le client US voulait 2 autres paquebots comme son beau Fairsky! Mais on lui a dit non! pendant qu'on racontait dans la presse pourrie en France, que les chantiers n'avaient pas d'avenir...
Et la France des veaux le croyait. Là aussi...

Écrit par : Thierry Bressol R/O | 10.01.2012

Bon bon, je vais lire ta revue de presse et j'te dis quoi.

Écrit par : Mathaf Hacker | 10.01.2012

Avant la prochaine mise à jour, (le tout va constituer "l'historique" presque complet autant que faire se peut, de cet immense gâchis) je "fouille partout!
- Mes archives perso, très diversifiées.
- Mes souvenirs de navigation avec "l'Armement Naval SNCF", dont les "épisodes" notables sont en lien en bas de la page, car il faut aussi savoir en rire.
- Mes contacts réguliers avec quelques personnes concernées directement, qui naviguaient (jusqu'au 15 Novembre 2011!) chez SeaFrance.
- Les info disponibles "ça et là" sur la vaste toile.
Quand on fouille bien et si on remonte dans le temps, on constate que la presse a globalement couvert le sujet avec (en général, car il y a aussi eu "de la daube") beaucoup de sérieux dans le "suivi objectif", "dans le Temps" aussi car le problème ne date pas d'hier!

Résumé:
Il est loin maintenant le magnigique héritage "Naval" de la Cie PLM, qui fit de la SNCF dès son plus jeune âge en 1938, un Armateur par vocation, presque autant que faire rouler ses trains!
Son trou dans l'eau ne se refermera pas de si tôt. Ce qui est arrivé hier sera son plus mauvais souvenirs depuis la période 1940/44, quand il fut impossible de faire du Détroit et de la Ligne Dieppe Newhaven, une source de richesse.
Rappel: La RAF bombarda les navires ou la Royal Navy les a saisis, ce que firent aussi les allemands.... ;-)
Mais après tout ça, la SNCF renaissante fut durant longtemps très fière de ses bateaux, jusqu'au Chartres (1973), au Champs Elysées et au Côte d'Azur (1982), en "passant" par les premiers car-ferries et trains ferries modernes du Monde:
Le vénérable St-Germain (1952), le Compiègne, Villandry et Valençay et le Chantilly (années 1960) etc...
Ensuite, la direction a oublié sa vocation et ses points fort, puis considéra l'héritage du PLM comme un boulet, sans savoir s'en servir... On a vu le résultat!

Note: On était globalement en toute Sécurité à bord des navires de la SNCF, il n'y a pas eu de naufrage et très peu d'accidents de mer graves*, dont très peu d'incendies, TOUS Eteints dès le début. Pourtant la "zone" Calais - Douvres", c'est un des "coins" les plus dangereux du Monde!! Et Diepe-Newhaven aussi c'est "glissant", compte tenu de la densité du trafic et de la météo souvent sévère. Très peu de Cies de Navigation aussi anciennes peuvent afficher un tel bilan!

Bon:
- Peu à peu, gestion médiocre, puis mauvaise, puis très mauvaise, puis très très mauvaise!
Seule la gestion technique des navires s'est améliorée dans le temps. Les "SeaFrance" furent longtemps techniquement fort "bien tenus", bien mieux que ce que j'ai vécu autrefois.
- Le laisser aller et les combines douteuses se sont peu à peu installées, en même temps qu'une concurrence déloyale et frénétique! Il y a toujours eu de l'or en barre à gagner, sur le Détroit! Même s'il faut investir beaucoup de blé et mouiller la chemise.
- La suppression il y a 10 ans du "duty free" sur les navires fut sans doute une des plus belles conneries de l'Union Européenne. La Brittany Ferries a d'ailleurs failli en mourrir, mais bien "tenue" avec de bons patrons, "ça roule" toujours... Jusqu'à quand?
- Les règles de "libre concurrence" imposées par l'UE ne permettaient plus de travailler sereinement avec des prévisions possiblmes à long terme.
- Dans cet environnement, le projet de SCOP.... Oh, my Godness!
C'est sympa le système de la SCOP! C'est devenu à la mode et il a souvent fait ses preuves.
Mais... Ce n'est (malheureusement) pas adapté à toutes les activités. Et pas vraiment au Métier d'Armateur de Navires de Commerce. Le statut de SCOP ne convient pas bien pour un outils de travail très gros, très lourd et très cher à entretenir, "tout simplement"!
C dire que sur le Détroit avec des "durs" comme P&O "en face puis les règles de l'UE...
Hum-hum...
Comme l'ont dit deux officiers que je connais un soir à la TV, Armateur c'est un Métier qui ne s'improvise pas, surtoput quand des "farceurs" (le déballage commence) veulent piloter le projet!
C'est dire que, nul n'a le droit d'en vouloir à la Région Nord Pas de Calais, à l'Etat ou aux Armateurs "pro", quans ils font "la chochote" pour poser des dizaine de million d'Euro sur la table dans ces conditions!
Dans toutes ces Conditions, c'est un investissement à très haut risque, de voir disparaître tout le pognon dans le Triangle des Bermudes, le vrai! Qui oserait le faire?
- En plus, les vieilles querelles internes etc....
- Ca ne pouvait plus fonctionner "comme ça", ça au moins c'est sûr! Voilà ce qui s'est passé.

La Navigation Maritime, même sur des distances ultra-courtes comme le Détroit, (30 km et par beau temps, on se voit d'en face l'autre bord!) ce n'est pas seulement un Métier, c'est tout une Culture. C'est pour cela que l'affaire SeaFrance, c'est tout un symbole.

* Accidents de Mer de la SNCF:
Quelques traversées furent mémorables par la casse à bord, dû la forte houle et les rafales de vent dont la Manche a le secret. (j'en ai "fait" 2, dont je me souviendrai!))
Le pire fut le retour du Chartres à Dieppe en fin Janvier 1990 (18 blessés dont 4 très graves et un naufrage évité de peu, j'ai "loupé ça" et ne m'en plaindrai pas).
Puis la surréaliste et très violente collision du Côte d'Azur et du Chantilly dans le chenal de l'entrée du port de Calais en Aout 1982. Quelques blessés et 4 mois de Chantier Naval. Ouf!
Se rentrer dedans de face et "dans l'axe" comme c'est arrivé, est extrêmement rare, heureusement! D'autre part, quiconque voudrait le faire, ne réussirait pas. Qu'on se rassure. (stupide malentendu à la radio et problème médical d'un officier de quart...)

Écrit par : Thierry Bressol R/O | 10.01.2012

Le mandataire judiciaire chargé de la liquidation de SeaFrance, Stéphane Gorrias, a évalué à "190 millions d'euros" les dettes de de la compagnie de ferries SeaFrance, liquidée par le tribunal de commerce de Paris, et dont "819 salariés sont inscrits à l'effectif".
(AFP)

Les créanciers chyrographaires n'ont que les yeux pour pleurer.

Écrit par : Mathaf Hacker | 10.01.2012

Une compagnie française (enfin plus précisément bretonne, nation de marins avec les corses s’il en est) de trans-manche qui réussit, hé bien figurez vous que ça existe et ça s’appelle Brittany Ferries.

Écrit par : yesroll | 10.01.2012

Ben oui Matthaf! On ne nous explique pas qui paiera les 400 000 Euro par jour que coûte l'immobilisation des 4 bateaux depuis le 15 Novembre, "par mesure de sécurité" nous a-t-on dit!

Mais quand il n'y a pas d'autre équipage qu'une équipe réduite de "garde à quai" à bord, lors du récent coup de vent, (avec rafales de 110 km/h) on a vu ce que ça a donné!
Les gars du câblier d'Alcatel ont eu une belle frousse en voyant le pauvre (et très gros) berllioz "se balader" bêtement n'importe comment dans le bassin en ayant rompu ses amarres!
Et ça n'a pas loupé... Ils se sont fait casser le cul sans rien pouvoir faire pour éviter ça.
Voilà la sécurité, vue par les cornichons qui dirigent ce qui reste de SeaFrance depuis 2011 et qui ont arrêté les navires le 15 novembre.

Ca porte un nom ça... Même en Droit peut-être, je me demande ce qu'en pense Mtre Devers!?
(dont toutes les remarques ici étaient plus que fondées, pas "seulement" au point de vue juridique)
Ce que la direction actuelle a fait depuis le 15 novembre, ça s'appelle un véritable sabordage entièrement volontaire!
(là, on est loin de l'inextricable situation de la flotte à Toulon le 27 novembre 1942, quand le pauvre amiral de Laborde ne pouvait plus faire que ça et méritait donc à ce titre l'indulgence, pour n'avoir pas compris la vraie nature de la situation assez tôt. C'était une erreur, pas une trahison)
Cette année 2011, les sabordeurs l'ont fait volontairement avec la volonté incontestable de détruire définitivement l'entreprise. Car cet arrêt des navires, il n'y a pas besoin d'avoir fait HEC pour le comprendre, il a rendu impossible tout sauvetage!
Plus de trésorerie approvisionnée et le tiroir-caisse qui tourne à l'envers à une vitesse folle!

A cause de ces voyous, Seafrance va laisser de fortes dettes, surtout qu'il reste un peu d'argent (certains gros clients camionneurs payaient avec délai de 3 mois) qui ra directement aux salariés actuels! C'est la loi je crois.

Pour rester poli, ne disons rien sur le parfait mépris de ces "décideurs" pour la sécurité des usagers et travailleurs du port, compte tenu du danger représenté par des incidents pouvant survenir à cause du mauvais temps (on est en Hiver!) avec ces navires immobilisés sans à bord, "qui il faut".

Rappel technique: Il est extrêmement difficile de "rattraper" un navire qui dérive de la sorte dans un bassin, comme c'est arrivé le 5 janvier dernier. C'est très dangereux en plus!
(remarquons aussi le quasi silence des médias, alors que ça a failli être très grave!)
faut-il raconter ici ce qui m'a été raconté? Ca n'a pas été facile... Le Berlioz, c'est pas un canot!
Exemple, à Dieppe en 1987 (à vérifier) le ferry Cornouailles s'est ainsi "baladé" dans le bassin au centre ville durant une violente tempête. En voulant le rattraper et le remorquer, un gars a perdu un bras et un autre un oeil...
Mais là au moins, c'était totalement accidentel, c'est le métier. Le 5 janvier, c'est à la limite du criminel ce qui s'est passé.

Notes sur le Métier d'Armateur: Un Navire, c'est très comparable à une usine!
Mais C pas si simple en fait... Ya deux "soucis" de plus!
Un navire qui ne navigue pas, coûte infiniment plus cher qu'une usine arrêtée! Il est "là", quelque part, à un quai qu'il faut payer, il boit du fuel etc.... Qui va payer tout ce boxon?
Plus atroce encore...!
Une usine qui ferme. c'est "point barre"! Elle a disparu et ça ne fait pas beaucoup de peine à la concurrence... ;-)) Non?
Une boîte de navigation ferme, ses bateaux sont d'abord "arrêtés" puis...
(à moins de les envoyer à Alang, un lieu où se trouve le vrai triangle des Bermudes)
Fatalement ceux qui n'ont pas su ou pu les acheter, vont les retrouver tôt ou tard "en face d'eux" sur le marché, parfois même on les a "modifiés" pour être encore plus productifs! Ce "détail", ça change tout!

Note "géocommerciale": le Détroit est une mine d'or et les 4 bateaux de Seafrance de bons outils de travail, même si l'un d'eux est ancien. La bataille va être dure!
Autre exemple de ce qu'est le Transmanche:
Fin des années 1980, début triomphal des travaux du Tunnel.
Réaction de Townsen Thoresen (pas encore rachetée par P&O): faire IMMEDIATEMENT construire 2 énorme super-ferries en Allemagne!
Réaction SNCF: Rien! sauf se passionner pour le Tunnel en ne voyant pas plus loin que le bout de son nez... Alors que disposer de la complémentarité absolue entre les deux façons de très différentes traverser, c'était de l'or en barre!

Non seulement les cornichons gouvernent mais ils sont bêtes, méchants et incompétents.

Écrit par : Thierry Bressol R/O | 10.01.2012

@Et oui yesroll!! C cela la différence entre des vrais Patrons et les cornichons.

Écrit par : Thierry Bressol R/O | 10.01.2012

Ca m'est arrivé d'avoir une ancre qui décroche dans un petit poste de mer de Chine du Sud où on s'était réfugiés après s'être faits branler pendant 48 heures. Putain de panique à bord !!!
C'est il y a dix ans qu'il fallait redresser SeaFrance, pas maintenant.

Écrit par : Mathaf Hacker | 10.01.2012

Propositions du fameux rapport Perruchot, parti au pilon, sur la gestion des syndicats :

http://medias.lemonde.fr/mmpub/edt/doc/20111214/1618205_a3d2_scan_f001.pdf

Pile l'inverse de la loi Waldeck-Rousseau (1884). Encore une honteuse reculade des députés.

Écrit par : Mathaf Hacker | 11.01.2012

"...C'est il y a dix ans qu'il fallait redresser SeaFrance, pas maintenant...." Ben oui Matthaf!
Bien plus tôt même.
Mais il n'existait pas de réelle volonté collective de le faire. C top tard maintenant pour rectifier le tir. La SNCF ne voulait pas de ses bateaux et n'assuma jamais cette idée. Pire, c'était un tort.
LDA (ou qlq un d'autre) va ramasser les morceaux maintenant, il jettera "à la baille" ce qui ne l'intéressera.
D'autre part, les bateaux... Tout le monde semble s'en foutre. Mais je rappelle que c'est NOUS qui les avons payés! Et nous seront spoliés "one more time" si on les vend aux enchères et qu'ils partent "on ne sait où"...
Depuis 10 ans il ne s'est pas fait que des horreurs chez Seafrance, on a fait construire les Rodin et Berlioz et ce fut une réussite sur tous les plans.
Rappel, ils ont gagné bcp de blé ces bateaux....

T'as été marin en mer de Chine Matthaf? Tu nous en caches des choses.

Écrit par : Thierry Bressol R/O | 11.01.2012

Ben oui, en mer de Chine du Sud et en mer d'Andaman, mais sur un voilier. Traverser le rail commercial Singapour Hong Kong sur un ketch fout un peu les choquottes, et puis il y a les pirates, la mousson et tout le toutim. La mer d'Andaman est magnifique, et on peut engager du personnel de bord à Phuket...

Écrit par : Mathaf Hacker | 11.01.2012

Euh juste comme plaisancier s'entend.

Écrit par : Mathaf Hacker | 11.01.2012

Un "coin" où la "mère Théo" n'est pas toujours marrante.
Pour ma part, j'ai traversé en 1985, pour escaler 11 jours à Wangpoha, banlieue de Canton. je suis certain que je ne reconnaitrais pas la ville en revenant...
Ma revue de presse SeaFrance est mise à jour...
Et L’émission "C dans l’Air" de Yves Calvi a évoqué le sujet ce 10 janvier au soir avec (entre autres) pour invités l’Armateur Francis Vallat et Jean-Luc Touly, "spécialiste du syndicalisme". Avec "ces deux là", il y a toujours quelque chose à apprendre.
Francis Vallat est un vrai Armateur. Et un des rares patrons qui ne racontent pas des "salades" aux gens en passant à la TV! Il a su fort bien expliquer un certain nombre de choses, trop ignorées du "grand public".

Écrit par : Thierry Bressol R/O | 11.01.2012

J'ai vu l'émission qui était fort bien faite, avec l'armateur et le syndicaliste. J'ai travaillé il y a longtemps pour une filiale des Chargeurs Réunis, j'avais aussi des copains chez Delmas Vieljeux. Jamais travaillé directement dans le maritime mais ce ne m'est pas étranger. Ah j'oubliais aussi les défuntes Croisières Paquet, du même groupe, que je connaissais bien.

Écrit par : Mathaf Hacker | 11.01.2012

Aahhh.... Les Chargeurs Réunis, là aussi un immense gâchis, parce que Jérôme Seydoux était un nul qui ne savait pas ce qu'était son héritage... La France des nuls, une fois de plus!
Heureusement qu'il n'y a pas qu'eux, mais ils sont dominants, ça C sûr...

Écrit par : Thierry Bressol R/O | 11.01.2012

Seydoux nous a vendu à la Mitte en faisant 20 fois la culbute, tout ça pour établir le monopole d'Air France, compagnie de fonctionnaires onéreux et incapables et de syndicats pourris. Je n'ai pas versé une larme sur Bérégovoy, intermédiaire de cette transaction, quand il a été suicidé.

Écrit par : Mathaf Hacker | 11.01.2012

ll n'y a rien d'intéressant à dire sur ce pauvre Seydoux. Sur les Chargeurs Réunis dont il n'a rien su faire, un peu plus!
Dès le début des années 1980 ça se sentait, qu'il voulait s'en débarrasser, il avait la même mentalité que la SNCF avec ses bateaux, il voyait ça comme un boulet.

Il y en a un qui "savait" pourtant, Claude Abraham, ancien Président de la CGM (ex fusion de la Cie Gale Transatlantique et des Messageries Maritimes). C'était bien avant que la CGM soit "bazardée" à Jacques Saadé le copain marseillais de Chirac.
Abraham projeta pour "booster" sa CGM, de racheter les "Chargeurs Réunis" et leur fond de commerce mondial, ce qui pouvait constituer une "synergie" astucieuse, Complémentaire pour rendre possible la remise en ordre des comptes de la CGM et sa consolidation à long terme.
N'était-ce pas intelligent? Je croyais et le crois toujours, que si!

Seulement il existait un "problème idéologique":
Ben oui.... C'était possible, une occasion à saisir vite et bien, mais! C'était entre 1986 et 1988, une "époque" de privatisation frénétique!
Pour réaliser son beau et grand projet Claude Abraham devait (fatalement et héas) consulter son ministre, car la CGM n'était pas (encore) privatisée.
Vous imaginez comment ça a été reçu? La Cie de navigation nationale, rachetant une très grosse Cie privée? Pendant que la France des veaux commençait à bazarder ses banques etc...
Ce n'était pas très "politicaly correct" ça...
La CGM à l'époque, comme SeaFrance ces derniers temps, ne faisat que perdre de l'argent, pour des tas de raisons "techniques", alors son fond de commerce valait de l'or!

C'est sans doute une coïncidence hasardeuse, si Jacques Saadé le copain marseillais (et immigré Libanais) de Chirac, pensa aussi que la CGM était une "bonne affaire", pour ne pas dire une "bonne occase", parfaitement compatible avec sa jeune CMA!
(depuis, ça se nomme CMA-CGM, pour ne rien cacher!)

En 2012 c'est étrange, on a "exécuté" (y a-t-il un autre mot pour le dire?) SeaFrance, pour qu'un autre s'installe à sa place... Ca au moins c'est évident.
C'est aussi dans le cadre de ce genre de combine astucieuse, que les "tordus de la maison" purent longtemps faires des tas de bêtises sans que la justice ne se dépêche de leur mettre le grapin dessus!
Ca fait un bail que des dénonciations et des plaintes étaient déposées, et je vous fais grâce du reste...
C'est seulement maintenant que "on déballe" tout!
Maintenant, la justice immanente, qui sera probablement suivie de la "justice légale", va frapper! "Ca va cogner" sans doute.
Pendant ce temps, le fond de commerce et les beaux "outils de travail" que NOUS avons payés, ont passer pour pas cher dans les mains des petits malins qui n'attendaient que le grand plongeon final prévisible.
Ceux-ci ne sont pas de réels copains du sarkozysme, mais ils auraient bien tort de se gêner!
Surtout qu'ils pensent comme moi que si les "gros méchants" de P&O prenaient tout, ce serait tout de même bien triste!

On est peu nombreux à le dire, mais c'est tout de même triste de bazarder comme ça, les bateaux et le fond de commerce, crées et payés durant des dizaines d'années par les contribuables, pour que d'autres récoltent tout ce que la SNCF sema en son temps.
En plus, quand cette farce et ce véritable sabordage sème cette fois le chômage dans une région qui sait déjà ce que c'est, qu'en penser?
(Bienvenue chez les "Chti"!)

Écrit par : Thierry Bressol OR1 | 12.01.2012

Même si on est le plus déterminé des "nettoyeurs" pour sauver l'entreprise et l'emploi, on ne peut rien contre ces poussahs affairistes qui se gavent sur le dos des salariés.

Écrit par : Mathaf Hacker | 12.01.2012

C plus compliqué que ça Matthaf....
Ceci dit, il me vient une réflexion à propos de la SNCF et ses merveilleuses modifications des horraires (horreurs devrait-on dire) le mois dernier...
Quand on voit comment la SNCF d'aujourd'hui a des problèmes pour faire rouler ses trains, qui va s'étonner qu'elle n'ait pas été capable d'exploiter ses navires?.... ;-))

Moi, l'ex Dieppois que je suis, se souvient encore de la colère locale lorsque la ligne Paris Dieppe via Gisors fut supprimée (années 1980). A partir de ce jour, il fallut passer par Rouen ou prendre sa voiture, son vélo ou ses chaussures...
D'autre part la colère d'un vieux monsieur et cheminot Dieppois en retraite, se manifesta ainsi:
Il fit une affiche comparative des horraires entre Dieppe et Paris à partir d'un montage de photocopies:
Le tableau de 1942 à côté de celui de 1986.....
Ben oui.... Comme dans le conte d'Andersen "les habils de l'Empereur"!
On allait plus vite en 1942 qu'en 1986, et c'est toujours le cas...

Bien sûr, il arrivait que la RAF mittraille les trains ou bombarde les ponts. Ce qu'elle ne fait plus! En plus, déjà on volait parfois le cuivre! Tout ça, ce n'était pas la faute de la SNCF réellement martyrisée de ce temps là. Mais ça roulait quand même le plus souvent!
Tout est dit.... (suis petit fils de cheminots donc sensibilisé à "ça")

Écrit par : Thierry Bressol R/O | 13.01.2012

Pour information, la situation dev ient de plus en plus "trash"
Interrogez donc Google avec:
Le NAUFRAGE de SEAFRANCE ou SEAFRANCE en perdition
associé avecv "Souvenirs de Mer"...

Écrit par : Thierry Bressol R/O | 15.02.2012

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