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Clermont-Ferrand : Le temps de l’enquête judiciaire

sans-titre.pngPetit à petit, on comprend mieux l’affaire de Clermont-Ferrand, qui semble effectivement d’une particulière gravité. Vendredi, c’était l’ouverture d’une information judiciaire, et hier l’annonce du décès de Wissam El-Yamni 10 jours après son interpellation.  

Au départ, on apprend l’interpellation musclée d’un homme jeune dans la nuit du réveillon vers 2 heures du matin, dans le quartier de la Gauthière, classé « Zone urbaine sensible ».

Les faits commencent à se préciser. La police aurait été appelée car un homme était allongé sur le sol. A leur arrivée, les policiers auraient trouvé quatre jeunes discutant sur un banc. L’un d’eux se serait levé, et aurait jeté une pierre en direction du véhicule de policiers. Ceux-ci ont appelé le renfort de la brigade canine, et s’est engagée une course poursuite. Finalement, l’homme est rattrapé, plaqué au sol, et conduit au commissariat. Là, il fait un malaise, et les policiers attendent un peu. Mais le jeune homme sombre dans le coma, et il est hospitalisé en urgence au CHU.

A ce stade, il est difficile de se faire une opinion. Un malaise cardiaque – si c’est bien la cause du coma – peut survenir de manière rapide, décompensée par une arrestation objectivement violente. A prendre en compte aussi la présence d’alcool et cocaïne, selon des doses non connues.

Depuis, on en a appris un peu plus. Le malaise a été très rapide, survenu pendant le transport, et la réaction de la police a été lente. Surtout, lors de l’admission à l’hôpital, on a découvert que le jeune homme présentait des fractures des cotes et des lésions au cou.

Une enquête est aussitôt confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), et dès le 7 janvier, le procureur de la République a ouvert une information judiciaire pour coups et blessures volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique, visant nommément deux fonctionnaires ayant procédé à l'arrestation.

Hier 10 janvier, le jeune homme est décédé, et la qualification pénale va devenir violences ayant entraîné la mort, ce qui est une qualification criminelle. Une mise en examen n’est pas une condamnation, et l’un des aspects essentiels du débat sera la proportion utilisée par les fonctionnaires de police lors de l’arrestation. Là, les pistes divergent totalement.

Ce lundi soir, ministre de l'intérieur a déclaré : « Je me garderais d’avoir moindre avis sur cette question. La seule chose que je voudrais dire, c'est que s'il y a eu une interpellation difficile, ça n'est pas le fait des policiers ».

Les certificats médicaux vont dire beaucoup, mais des témoignages sont indispensables. L’avocat de la famille, Maître Canis, qui va se constituer partie civile, dit que de nombreux témoignages sont disponibles. Un reportage de Mediapart (lien payant)rapporte le témoignage d'une personne qui a assisté à la scène de sa fenêtre : « On l'a vu couché sur le ventre, les menottes dans le dos avec une patrouille de police. On s'est dit ‘c'est bon, il s'est fait attraper. Encore un qui va commencer la nouvelle année en garde à vue'. Sauf que suite à ça, nous avons vu une dizaine de voitures de police arriver en une minute, dont quatre banalisées. Les policiers sont descendus, ils ont mis de la musique à fond, de la funk, et ont démuselé les deux chiens. Ils étaient chauds, ils ont fait un décompte 'Trois-deux-un go' et ils lui ont mis des coups.»

Un monde entre ces deux déclarations, et le dossier ne fait que commencer. Une affaire à suivre de très près.

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Commentaires

  • RIEN DE NOUVEAU SOUS LE SOLEIL! BONNE ANNEE!

  • Une surenchère malsaine a été initiée au plus haut niveau de l'état et certains en payent très lourdement les conséquences.
    Qui peut avoir aujourd'hui l'autorité de dire stop des deux cotés, qui propose un scénario de désescalade ?

  • Trés délicate affaire, une interpellation qui se termine par la mort c'est trés grave en effet. Interpeller un type sous l'emprise de stups, qui résiste, c'est quasiment mission impossible, alors faut-il renoncer dans ce genre de cas, non car il faut faire le taf, et le taf vu les faits c'était l'interpellation.

  • Tous les éléments sont réunis pour emmener les flics en cour d'assises. Il pourront alors se faire massacrer à leur tour.

  • Il est certain que les policiers n'y sont pas allés de main morte ! pourquoi une telle violence pour l'arrestation d'une personne seule ?
    Les policiers savent comment il est possible d'immobiliser et de mettre les menottes.
    Mais pourquoi jeter gratuitement une pierre contre une voiture de police ; s'attirer des ennuis... et les aggraver en prenant la fuite...
    Il est connu qu'une fuite devant la police est presque toujours inutile et se termine souvent mal.
    Le candidat d'un parti politique, élu au plus haut de l'État, a eu des paroles et des comportements qui aujourd'hui se payent très cher...
    On ne traite pas impunément des jeunes français de racaille à nettoyer au Karcher...

  • Comparution immédiate pour les jeunes qui ont manifesté suite à cette triste histoire et mise en congé pour les deux policiers poursuivis pour homicide peut-être volontaire vu les circonstances relevées par de multiples témoins...
    Vous apprécierez.
    Pour moi, je l'ai déjà expliqué ici, handicapé qui a dû passer 10 jours en soins intensifs avec pronostic vital engagé suite à l'intervention de 4 policiers Parisiens (deux femmes et deux hommes) qui m'ont ensuite poursuivi en correctionnelle où j'ai été relaxé puis m'ont poursuivi jusqu'en cassation au civil où ils n'ont pas été admis après leur condamnation à me verser 1.500 euros, vous comprendrez pourquoi j'ai préféré m'installer dans un pays européen plus accueillant pour demeurer en vie malgré mes 700 ans de lignée Française ininterrompue.

  • Un autre témoignage sur Europe 1

    http://www.europe1.fr/France/Clermont-ce-n-etait-pas-des-petits-coups-898203/

  • @yesroll : c'est en effet le coeur du pb ... sachant tout de même que les armes ne sont pas les mêmes des deux côtés.
    Des pierres contre des flashball, tonfa, taser ... mais qui, ici, est gardien de la paix ?

    Où sont passés les gardiens de la paix ?

    Signé : une racaille 2 f...rance qui envoie une fleur pour la tombe d'une autre racaille de f...rance.
    Trop de karcher, pue et tue, quand la vie d'une racaille est méprisable comme en 1961.

  • Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen

    Article IX
    Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne, doit être sévèrement réprimée par la Loi

    Article VII
    Nul homme ne peut être accusé, arrêté, ni détenu que dans les cas déterminés par la Loi, et selon les formes qu’elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis ; mais tout Citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi doit obéir à l’instant : il se rend coupable par la résistance.

    L'enquête déterminera si l'article IX a été violé, mais il semble pour l'instant que l'article VI ait été violé par la victime en fuite qui est une forme de résistance à la loi.

  • Certains témoignages sont de vrais scénarii pour faire un film anti-police, même la musique est là !

    Les policiers font leur travail. Vu comme ils sont surveillés, cela m'étonnerait qu'ils tabassent qn au vu et au su de tout le monde et en plus, dans un quartier sensible ! Quand j'ai vécu dans un quartier comme cela, c'était impressionnant : dès que la police arrivait (plusieurs voitures) pour arrêter un délinquant (voleur, dealer, ...), d'un seul coup, une vingtaine de jeunes faisait leur apparition comme des champignons magiques de sous la terre !
    Et les policiers repartaient bredouille. Et nous, on enrageait. Les délinquants sortent vainqueurs, il y a toujours des imbéciles pour les défendre et salir la police.
    Que ce jeune homme repose en paix, mais le coeur malade, aller dealer ?

    Moi-aussi alors, comme je suis actuellement dans la misère noire, je vais aller dealer et toutes les assoc vont me soutenir ? Tout de même, un peu de bon sens. Et sa famille ? Laisser dehors un jeune malade, bon, je ne vais pas l'accabler, elle est déjà dans la souffrance.
    Mais arrêtez de mettre tout sur le dos de la police et surtout croire tout ce qu'on raconte sur la police pour la rabaisser et la montrer en brutes épaisses. A mon humble avis, les brutes épaisses, ce n'est pas vraiment du côté de la police qu'il faut les chercher ...

  • Certains témoignages sont de vrais scénarii pour faire un film anti-police, même la musique est là !

    Les policiers font leur travail. Vu comme ils sont surveillés, cela m'étonnerait qu'ils tabassent qn au vu et au su de tout le monde et en plus, dans un quartier sensible ! Quand j'ai vécu dans un quartier comme cela, c'était impressionnant : dès que la police arrivait (plusieurs voitures) pour arrêter un délinquant (voleur, dealer, ...), d'un seul coup, une vingtaine de jeunes faisait leur apparition comme des champignons magiques de sous la terre !
    Et les policiers repartaient bredouille. Et nous, on enrageait. Les délinquants sortent vainqueurs, il y a toujours des imbéciles pour les défendre et salir la police.
    Que ce jeune homme repose en paix, mais le coeur malade, aller dealer ?

    Moi-aussi alors, comme je suis actuellement dans la misère noire, je vais aller dealer et toutes les assoc vont me soutenir ? Tout de même, un peu de bon sens. Et sa famille ? Laisser dehors un jeune malade, bon, je ne vais pas l'accabler, elle est déjà dans la souffrance.
    Mais arrêtez de mettre tout sur le dos de la police et surtout croire tout ce qu'on raconte sur la police pour la rabaisser et la montrer en brutes épaisses. A mon humble avis, les brutes épaisses, ce n'est pas vraiment du côté de la police qu'il faut les chercher ...

  • Désolée pour le doublon.

  • @naguima

    Peut-être une vieille chanson résumera-t-elle bien la situation... :

    www.youtube.com/watch?v=JkoIMiy6vEY

    J'ajoute que la brutalité, elle peut exister dans un métier à force de déformation professionnelle. Et aussi à force de pleurer et commémorer ses propres morts ("morts pour le devoir", en effet, et de façon parfois atroce, en effet, parce que les voyous n'ont pas de pitié pour les flics parfois, en effet), eh bien à force de pleurer et commémorer ses propres morts, on peut en arriver, en tant que corps professionnel, à oublier que les morts "des autres", ont aussi de l'importance, la même importance exactement, que ses morts à soi. Et donc que, en 2005, il aurait fallu secourir Zyed et Bouna dans le transfo, au lieu de partir sans s'en soucier.
    Et que le syndrome de la gachette facile, c'est pas un bon syndrome pour faire respecter sa profession.
    La police peut exister sans bavures. Il faut qu'elle en fasse l'effort et qu'on l'y pousse.

  • Hem ... la vieille chanson est plutôt là (ça change de texte, tout de suite) :

    http://www.youtube.com/watch?v=mUvWlts39sk

    Eh ouais, déjà dans les années 1980...

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