15.02.2012
Les grosses ficelles du juge Garzon
Le juge vedette, c’est le justicier, shérif enrubanné de bonnes intentions. Alors… Et quand c’est l’occasion d’un conte pour enfants – la méchante justice contre le gentil juge – ne vous trompez pas : c’est une nouvelle saillie de la pensée bien pensante... et bien pesante. La justice ramenée au petit juge courageux… Ouah le navet.
En Espagne, ce qui est en jeu n’est pas le sort du juge Garzon, mais celui de la justice. Et comme les contacts avec les amis avocats espagnols sont permanents, ce n’est pas trop compliqué : la justice espagnole est nickel. Bien sûr, on retrouve les deux colonnes, avec des réussites et les maux endémiques de tout système judicaire : complexité, retards, incompréhensions… Mais pour les principes, tout est sain.
L’un des mes bons amis avocats a appris le droit alors qu’il avait été condamné à 14 ans de prison comme militant basque pour sa participation à une opération d’enlèvement. Dites-moi combien d’anciens condamnés, et pour l’appartenance à des groupes qualifiés de terroristes, ont obtenu leur réhab et sont devenus avocats en France ? Alors, la condescendance,… c’est bon.
On pourrait aussi rappeler que l’Espagne est soumise au contrôle de la CEDH, et si les juges étaient encore des post-franquistes pourades, je pense que des avocats auraient fait le nécessaire, non ? Passons sur la litanie molle, et regardons les faits.
C’est une vérité, puisque Le Monde le dit : le juge Garzon est un héros des droits de l’homme pour avoir, entre autre faits de guerre, lancé un mandat d’arrêt contre Pinochet et d’autres généraux sud-américains.
Exact quant au faits, mais nul dans l’analyse. Si le juge Schmoll peut lancer un mandat d’arrêt, c’est 1) que la loi l’y autorise, 2) que des victimes et leurs avocats ont porté plainte, et 3) qu’un procureur a autorisé les poursuites. Donc, tout ce ceci a été possible car les parlementaires espagnols ont voté des lois adaptés, que des avocats ont constitué de bons dossiers et que le procureur a joué le jeu. Donc, on se calme. Et puis, un mandat d'arrêt, c'est la justice ? Je vois que les conceptions UMPistes de la justice progressent...
Usant des mêmes lois, et membres de la même magistrature, bien d’autres juges espagnols ont fait leur métier. Certains se sont aventurés à accepter des poursuites contre les généraux israéliens responsables de l’attaque du 22 juillet 2002 à Gaza, causant 16 morts dans le quartier populaire de Al-Daraj, dont un responsable du Hamas. Un juge avait son travail.
Depuis, la loi a été changée pour remettre en cause ce régime législatif de la compétence universelle. Ben oui,… le vieux Pinochet, ça va, mais pas les responsables militaires de l’Etat sioniste qui défend si gentiment les valeurs de l’Occident…, non, pas possible.
Pas la peine de préciser que ceux qui chouignent aujourd’hui sur le sort du juge n’avaient pas eu un mot quand le parlement espagnol a modifié la loi, enterrant ces procédures.
Alors, le juge justicier Garzon…
C’est incontestablement un rescapé des conseils de discipline. Il faudrait beaucoup de temps pour faire la liste des personnes emprisonnées par Garzon et ensuite libérées, mais cassées à vie. Et cette insupportable manière de toujours se mettre en avant alors que la discrétion est inhérente à la fonction de juge. L’Express titre « les grandes causes de Baltazar Garzon » ! Mais depuis quand un agent de l’Etat peut-il ainsi s’approprier des causes ? C’est le mythe du juge justicier, ce qui est la négation de la fonction judiciaire.
Garzon ne passe pas en conseil de discipline pour les innocents qu’il a jeté en prison, mais pour un dossier dans lequel il a fait progresser son enquête… en plaçant sur écoutes les avocats de la défense. Quelle classe ! Pour cela, les sept juges qui se sont prononcés, le CSM espagnol, ont statué à l’unanimité. Onze ans d’interdiction d’exercer.
Ah mais me dit-on, la méchante magistrature post-franquiste a fait un carton en multipliant les plaintes. Regardons çà.
Il y avait un autre dossier de corruption passive. Le juge avait classé une affaire financière concernant une banque US… qui l’avait largement rétribué pour tenir des conférences (sûrement sur l’éthique des juges). Eh bien, la justice disciplinaire a abandonné ce grief, en déclarant les faits prescrits, car les derniers paiements dataient de plus de trois ans lors de l’ouverture de l’enquête.
Mais il reste le pire !... Garzon est poursuivi pour avoir réouvert le dossier des enfants volés du franquisme (dont le blog a rendu compte). Sous Franco, des enfants annoncés comme morts à des femmes républicaines étaient donnés en adoption à des familles franquistes. Garzon est poursuivi pour avoir instruit alors qu’une loi d’amnistie l’interdit. Et Garzon agite toute la planète des braves gens…
Garzon se moque du monde, une fois de plus. Il est poursuivi par des associations d’extrême droite,… mais le procureur a dénoncé cette plainte comme non fondée, demandant qu’elle soit rejetée.
Si Garzon veut s’engager sur des causes et ainsi, avec énergie et modestie, contribuer à l’œuvre de justice, il lui reste une chose simple à faire : demander son inscription au barreau. Mais attention, il faudra de la rigueur dans le travail pour que ça marche.
Si c'était juste l'histoire de ces juges vedettes à la noix, on s'en ficherait. Mais pour construire leur pub, ces sherifs détruisent la perception de la justice : un travail collectif, fondé sur la loi, opiniatre, contradictoire, rien sans les preuves, rien sans l'argument... Et si un jour, vous avez le sentiment d'avoir fait progresser la justice d'un petit rien, c'est déjà une grande victoire.

Votre héros est caché dans la photo... Saurez vous le découvrir ?
01:07 Publié dans justice | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : espagne, franquisme, juge











Commentaires
Concernant le dossier des "enfants volés", la loi d'amnistie ne couvre que les crimes, pas les crimes contre l'humanité.
La position du juge Garzon était donc, à mon avis, défendable sur ce point précis.
Écrit par : Tortuga | 15.02.2012
La référence de jurisprudence est celle du Comité des Droits de l’Homme de l’ONU : Communication 322/1988, x. c. Uruguay, 20 mars 1992, par 12.4.
Le Comité des estimes incompatibles avec le Pacte les amnisties prononcées pour des violations flagrantes des droits de l’homme.
« Le Comité réaffirme en outre sa position selon laquelle les amnisties prononcées pour des violations flagrantes des droits de l’homme sont incompatibles avec les obligations contractées par l’État partie en vertu du Pacte, l’État partie devant s’acquitter de la responsabilité qui lui incombe de fournir un recours utile aux victimes desdites violations »
L’amnistie est de nature a causer de nouvelles violations du droit quand elle donne le sentiment de l’impunité.
« Le Comité craint qu’en adoptant cette loi d’amnistie, l’État partie n’ait contribué à créer un climat d’impunité qui peut nuire à l’ordre démocratique et donner lieu à d’autres violations graves des droits de l’homme »
Écrit par : gilles | 15.02.2012
La CEDH (Ely Ould Dah, 17 mars 2009, req. n° 13113/03)) appliqué la meme solution
Ely Ould Dah avait participé, de novembre 1990 à mars 1991, à la répression de groupes ethniques accusés d’avoir fomenté un coup d’Etat. En 1993, la Mauritanie a adopté une loi d’amnistie pour les membres des forces armées ayant participé à ces événements. Ely Ould Dah est arrêté en France en 1999
Ely Ould Dah se plaignait devant la CEDH d’avoir été condamné pour des faits commis en Mauritanie, où ceux-ci avaient été amnistiés. Il estimait ne pas pouvoir prévoir que la loi mauritanienne "serait écartée au profit de la loi française". La Cour rejette ses arguments : "Force est de constater qu’en l’espèce la loi d’amnistie mauritanienne est intervenue non pas après le jugement et condamnation du requérant, mais précisément en vue d’empêcher toute poursuite pénale à l’encontre de celui-ci."
Comme le comité des droits de l’homme des Nations unies et le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, la CEDH "considère que l’amnistie est généralement incompatible avec le devoir d’enquêter sur de tels actes".
Écrit par : gilles | 15.02.2012
CEDH Qui compose cette fameuse cour ? Dans les trois premiers: Président et vice president(es) Des avocats..... Cette instance technocratique n'a aucune légitimité démocratique et rend la justice au nom du droit et non des peuples Quand donc ces peuples cocus d'eux même se révolteront ils contre ces foutriquets qui n'ont aucune légitimité démocratique et font du droit un bras armé de leurs idéologie ?
Écrit par : antimythe | 15.02.2012
Un bel amalgame et un grand n'importe-quoi cette article!
Si vous parlez de cette affaire en "détail", vous n'aurez donc aucun problème à lire cette article en espagnol, qui vous fera comprendre bien des choses:
http://elpais.com/elpais/2012/02/09/opinion/1328816501_098588.html
Écrit par : Bruno | 15.02.2012
La perfection n'est pas de ce monde... Donc, Le Juge Garzon, encore moins que moi, par exemple...
Ceci dit, il dérange, donc on le flingue! Là est la vérité.
Écrit par : Thierry Bressol R/O | 15.02.2012
Excellent article en profondeur d'el Pais, qui n'est certainement pas un brûlot gauchiste.
Écrit par : Mathaf Hacker | 15.02.2012
Les autorités judiciaires espagnoles ont nommé Garzon a d’importantes fonctions et lui ont confié des dossiers importants. Je n’ai donc aucune raison de remettre en cause des compétences qui ont été si justement appréciées, et je ne l’ai pas fait.
La question posée c’est du juge qui devient justicier, et qui du même coup, accrédite goulument l’idée – car ce genre est friand de médias – que la justice est naze.
C’est avatar rituel : le petit juge va sauver le monde. C’est Robin des tribunaux qui défend les gentils. Foutaise.
Et Garzon en rajoute, et ça marche à plein tube : la justice post-franquiste se venge… et le vire de la magistrature, car la justice a peur de la vérité qu’incarne le gentil juge.
Il poursuivi au disciplinaire pour avoir fait des enquêtes en plaçant des avocats sur écoutes. Courroye fait le 10° de ça, et tout le monde lui tombe dessus. A d’autres.
Joly vient joindre les pleureurs. C'était le meme modèle, et avec les éclats médiatiques qui permettent de devenir qq'un. Le travail judiciaire de Joly ?
Écrit par : gilles | 15.02.2012
Joly a prononcé la mise en examne de DSK pour l'obliger à démissioner, et elle a prononcé un non lieu ensuite car le dossier était vide
Elle est allée pourrir Dumas qui a été innocenté par la cour d'appel.
Écrit par : gilles | 15.02.2012
Ach ! Effa Cholly, l'horreur absolue. Je poste l'article du Point pour le dessin de Plantu, toujours efficace :
http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/emmanuel-berretta/le-front-de-gauche-accuse-plantu-de-germanophobie-15-02-2012-1431773_52.php
Ca me fait poiler un max.
Écrit par : Mathaf Hacker | 16.02.2012
Eva Joly a été une double bulle médiatique : judicaire et politique, car les résultats dans les deux cas sont au même niveau
La compétence du TGI de Paris dans les affaires économiques est bien établie, et elle n’a jamais reposé sur les épaules de la petite juge courageuse. Il y a des magistrats particulièrement ajustés, et j’ai souvent été impressionné par le niveau de compétences des services de la police et par celui des magistrats de la cour d’appel, en particulier du coté de la chambre d’instruction.
C’est là que ce fait un vrai travail, qui mérite la considération. Bien autre chose que ces juges qui s’autoproclame « juge anti-corruption »
Écrit par : gilles | 16.02.2012
Thierry, je crois sincèrement que vous vous trompez, mais le plan médiatique est assez bien fait pour induire en erreur
Personne n’est parfait,… et chacun est bien placé pour le savoir. Moi le premier pour ce qui me concerne
mais ce n'est pas le débat.
Le juge Garzon passe en conseil de discipline pour une raison simple : pour faire progresser ses enquêtes, il a mis sur écoute des avocats. C’est une faute d’une particulière gravité, et tout avocat normalement constitué peut vous garantir que s’il lui arrive la même chose, il se débouillera pour que le juge qui aurait fait ça, ait de ses nouvelles ! En droit français, le secret des entretiens entre l’avocat et le client est constitutionnel. Il faut donc une mentalité très pourave pour recourir à de telles méthodes.
Le juge se plaint de passer en disciplinaire pour cela, et on accuse la magistrature d’être post franquiste ? Ca veut dire qu’il revendique de pouvoir pratiquer des écoutes illégales et clandestines, et de briser les droits de la défense ?? Il a en réalité bénéficié de beaucoup d’indulgence, car le parquet ne l’a pas poursuivi au pénal. Parlez en à Courroye qui se trouve mis en examen pour avoir fait bien moins que ça.
Le juge Garzon dérangeait ? Qui ? Et comment croire que des procédures de cette ampleur reposent sur la volonté d’une seule personne ? La présentation romancée des aventures des juges médiatiques est à des années lumières de la réalité. Elle fait un tort considérable au travail judiciaire. Regardez un gros dossier qui arrive devant une cour d’appel, et mesurez le nombre de personnes qui ont travaillé pour arriver à ce résultat.
Je rappelle à nouveau qu’il n’est pas jugé « pour l’ensemble de son œuvre » mais uniquement pour ces écoutes illégales et clandestines.
La question de l’enquête sur les disparus du franquisme ou les enfants volés ne sont en rien concernées. Seulement, la justice espagnole est tellement démocratique qu’une asso peut déposer une plainte discipliniare contre un juge. Ceux qui souhaitent toujours plus de responsabilité des juges peuvent en admirer le résultat !
mais le procureur a nettement pris position pour dire qu’il ne soutenait pas cette demande, et qu’instruire malgré une loi d’amnistie n’avait rien d’une faute disciplinaire.
Et comme Garzon a fait le choix de se mettre en lumière comme victime, j’ajoute : il est très regrettable que le procureur près de la CPi ait recruté Garzon qui venait d’etre suspendu de ses fonctions pour motifs disciplinaires.
Écrit par : gilles | 16.02.2012
Je suis d'accord avec vous Gilles, il est certain qu'il en "a fait trop", en utilisant des procédés discutables. Et ça lui retombe dessus. C sûr, il s'est ridiculisé avec ces écoutes. On ne peut pas critiquer quelques méthodes des dictatures tout en les utilisant aussi, sans risquer de se faire mettre "le nez dedans". C arrivé semble-t-il, vous avez raison. Il s'est fait frapper où il s'est montré vulnérable.
Pour le reste, en Espagne tout ce qui touche le "généralissime" reste très délicat 35 ans après, tellement en son temps il était puissant et il faisait peur, le plus souvent à juste titre:
Un bon collègue à moi, Galicien aussi comme Francisco Franco, me raconta un jour que lorsqu'il était enfant, les années 1960 comme moi, ses parents lui disaient parfois, lorsqu'il "fallait" faire pression sur l'enfant turbulent que nous étions toutes et tous:
- Si tu n'es pas sage, le généralissime viendra te chercher!"
C'est dire!
(en France, mes parents ne m'ont jamais menacé de la visite de notre général... ;-))
Un jour ça a failli mal tourner, car ce sale gosse eut la mauvaise idée de le dire à l'école...
;-)) L'instit convoca les parents et.... Ouf! C'était:
1/ pour en rire.
2/ pour inciter à plus de prudence...
Si le régime de Franco fonctionnait, c'est aussi que tout simplement, ses partisans étaient très nombreux et se situaient "un peu partout".
Franco avait une particularité, c'est le SEUL dictateur d'extrême droite qui n'a pas échoué dans ses projets, qui ne laisse pas que des mauvais souvenirs* et qui ne fut vaincu que par son âge et sa santé! Sans son âge, il serait toujours en place...
(*j'en connais qui confirment qu'on vivait mieix que maintenant!)
D'autre part, j'ai raconté ici-même deux gags de la justice Espagnole, il y a 2 ou 3 ans je crois:
- Une véritable tentative de racket d'un navire câblier français à Valencia au début des années 1970, qui a failli très mal "évoluer" et ne fut stoppée que parce que le Chef de Mission Câble du câblier Marcel Bayard avait un bon copain au ministère des Télécom à Madrid!
Un coup de téléphone a suffi pour remettre la justice locale dans le "droit chemin"...
Ce serait "remonté" jusqu'au.... Caudillio, rendu furieux qu'on ait osé perturber les travaux de ce câble téléphonique! Avec lui, "ça fillait 15 noeuds"!
- Dans les années 1990, acheter un appartement en Espagne et se faire arnaquer:
C'était une mésaventure grave avec absolument aucune chance d'avoir gain de cause, tellement le milieu de l'immobilier en Espagne est pourri! Impossible de compter sur la justice locale... (à Barcelona)
Leur justice a comme en France, des tas de soi-disants experts auprès des tribunaux, toutes et tous surtout brillants experts en enculothérapie collective active!
Le copain à qui s'est arrivé, il a presque tout perdu, mais surtout il a perdu tout ce qu'il avait payé plus les "frais de justice". Pardon! De déni de justice...
Et... Heureusement qu'il faisait semblant de ne pas comprendre l'Espagnol, ce qui lui a permi d'éviter pire encore!
Je ne doute pas un seul instant, compte tenu de ce qui se passe en Espagne, que c'est encore pire aujourd'hui!
Et même si on a un pote bien placé à Madrid, comme c'est "démocratique", il ne pourra rien!
Cela dit, autant en France nous sommes fort mal placés pour donner des leçons à la justice Espagnole, autant là-bas c'est aussi peu digne de confiance qu'en France. Là est le problème.
Écrit par : Thierry Bressol R/O | 17.02.2012
"Je rappelle à nouveau qu’il n’est pas jugé « pour l’ensemble de son œuvre » mais uniquement pour ces écoutes illégales et clandestines."
écoutes illégales et clandestines???
C'est tout de même bizarre que vous ne preniez pas le temps de lire le dossier pour pouvoir écrire la vérité!
Comme indiqué dans mon message précédent, lisez l'article de El País mis en lien!
Je vous traduis rapidement ce passage:
"Si la actuación de Garzón merece tales reproches, estos alcanzan al ministerio fiscal que avaló las escuchas, al juez Pedreira que las prorrogó cuando se hizo cargo de la instrucción del caso Gürtel, y al magistrado del Tribunal Superior de Madrid que discrepó de su anulación. Es disparatado sugerir, por más que le venga bien al Supremo para reforzar su condena, que el ministerio fiscal haya podido respaldar prácticas totalitarias o se haya abstenido de perseguirlas."
Si les actes de Garzón mérite ces reproches, ils atteignent le Ministère qui a donné son aval pour les écoutes, le juge Pedreira qui les a prolongé quand il a pris en charge l'enquête de l'affaire Gürtel et le juge du Tribunal Supérieur de Madrid qui n'était pas d'accord avec l'annulation de celles-ci. Il est absurde de suggérer, même si cela conforte le "Supremo" dans sa condamnation, que le Ministère fiscal ait pu soutenir des pratiques totalitaires ou a omis de les poursuivre.
POURQUOI donc la justice s'en prend seulement au juge Garzón???
Il est aussi bon de rappeler que si Garzón a des doutes sur la relation qu'entretiennent les avocats avec leurs clients (pour, par exemple, les aider à continuer leur activité frauduleuse), il a le droit de les mettre sur écoute dans le cadre de l’enquête! Ecoutes qui ont l'aval de la police!
Comment dès lors ne pas douter de l'indépendance de la Justice?
Écrit par : Bruno | 17.02.2012
En Europe, nous n'avons en réalité que des républiques bananières dont les notables politiciens sont au service des lobbies financiers. Les jeunes gens qui ne montrent pas qu'il le sont en débutant en politique, ne sont pas admis à se présenter aux élections.
Et la population est majoritairement abrutie (voir le résultat des élections). Donc, parler d'indépendance de la justice dans cette Europe pourave, c'est ridicule.
A votre âge, vous croyez encore au père Noël semble-t-il....
Écrit par : Thierry Bressol R/O | 17.02.2012
Les faits sont têtus. Mais il faut sortir de la légende, plutôt un scénario moyen de bédé, et regarder les faits.
Garzon a été condamné le 9 février à onze ans d'interdiction d'exercer dans une affaire d'écoutes illégales. C’est çà et rien d’autres, d’ailleurs il a fait un recours contre cette décision, demandant la nullité de cette peine qu'il juge "arbitraire".
Donc, il n’est pas jugé pour sa carrière, mais pour cette crapulerie : écouter les avocats.
Ca le place à un haut niveau dans la lutte pour les droits de l’homme, pas de doute !
Courroye est mis en examen pour moins que çà. Alors que Garzon a échappé à des poursuites pénales.
Pour faire la victime, Garzon fait l’amalgame avec l’autre affaire : une plainte d’association d’extreme droite pour avoir enquêté sur les disparus du franquisme. Lors de l’audience, le parquet a redit que ces faits ne relevaient pas d’une approche disciplinaire, et il a refusé de se joindre à l’accusation ?
Alors, pourquoi en faire des tonnes sur le mode « je suis poursuivi par la justice franquiste » alors que cette justice le soutient sur ce dossier. C’est d’une malhonnêteté intellectuelle parfaite.
Et pourquoi ne parle t il pas de la 2° affaire : corruption passive pour avoir arrêter une enquête contre un banque qui lui a financé des conférences (alors qu’il est fonctionnaire temps plein) ?
Les faits sont établis, et tellement bien que le procureur a pu vérifier que le dernier paiement d’argent datait de plus de trois ans ; donc c’est prescrit.
Donc,
- Le matin je fais un beau discours sur les droits de l’homme
- L’après midi, je mets sur écoutes les avocats pour faire avancer mes enquetes
- Le soir je me fais payer une conférence par la banque que je renonce à poursuivre
- Je prends des poursuites disciplinaires, et je dénonce la justice franquiste
Un héros, je vous dis.
Et le mandat d’arrêt contre Pinochet considéré comme le nec plus ultra ! quelle vision de la justice… Un arrêt du raisonnement. La justice, c’est juger, ce n’est pas faire arrêter les personnes ! Je me permets aussi de rappeler que quand un juge peut délivrer un mandat d’arrêt, c’est que le parlement a voté une loi l’autorisant, et qu’un procureur a saisi le juge en ce sens. Un peu de calme.
Cette feuille de chou qu’est « Le Monde » parle de juge encombrant. C’est le journaliste qui est surtout encombré de ses idées toutes faites
Écrit par : gilles | 25.02.2012
L’affaire de corruption passive portait sur des conférences du juge Garzon à New York rétribuées par les banques Santander, BBVA et les entreprises Telefonica, Cepsa et Endesa, entre 2005 et 2006.
Garzon avait classé sans suite une affaire de droit pénal contre ces sociétés, et une enquete sur les manières de procéder du jgue avait été ouvert.
Le dossier n’est pas classé pour absence de faute, mais pour prescription des faits.
Le Tribunal supreme a classé pour prescription les faits. Il estime que les faits "sont constitutifs, toujours avec un caractère d'indice, d'un délit de corruption passive, mais que les faits sont prescrits car la procédure a été entamée plus de trois ans après le dernier versement pris en compte »
Écrit par : gilles | 25.02.2012
La baudruche Garzon se dégonfle
http://www.lepoint.fr/monde/espagne-le-juge-garzon-acquitte-dans-le-proces-sur-le-franquisme-27-02-2012-1435562_24.php
Résumons sur ce point:
- il n'était pas poursuivi par le procureur, mais par une association de faschos
- le procureur avait dit que ces faits ne relevaient pas d'une procédure discplinaire
- Le tribunal dit la meme chose
Voilà.
Ce n'était pas la peine de salir la justice espagnole, accusée de post franquisme.
Une grosse manip, rien de plus, de la part d'un juge qui admire sa publicité, les ronds que lui filent les banques contre lesquelles il ennquete, qui fait progresser ses enquetes en ecoutant les avocats, et qui discrédite l'institution qui l'a nourri et lui a permis de faire ses exploits médiatiques
Écrit par : gilles | 27.02.2012
Vous continuez sur votre lancée:
"Garzon a été condamné le 9 février à onze ans d'interdiction d'exercer dans une affaire d'écoutes illégales. C’est çà et rien d’autres, d’ailleurs il a fait un recours contre cette décision, demandant la nullité de cette peine qu'il juge "arbitraire".
Mais vous évitez de répondre à la question de mon précédent commentaire, que vous ignorez car cela vous permet de continuer à écrire des anneries à propos "d'écoutes illégales".
Je la réécris donc encore, peut-être aurai-je cette fois ci une réponse...
POURQUOI donc la justice s'en prend seulement au juge Garzón???
(de plus, à lire l'article du Point que vous citez, je ne comprends pas trop votre première phrase "La baudruche Garzon se dégonfle"... Ce verdict, au contraire, montre que certaines personnes voulaient le voir condamné, d'une manière ou d'une autre, en lui intentant procès sur procès...)
Par ailleurs, cela serait intéressant de connaître votre avis sur le récent procès de l'ex-président de la région de Valencia, Francisco Camps, dans l'affaire des fameux costumes et de la trame de financement illégale du PP dite "Gürtel"...
Écrit par : bruno | 27.02.2012
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