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Affaire Dany Leprince : Rompre le silence !

Dany Leprince ? Vous connaissez l’affaire Dany Leprince, qui pose en majuscules la question de l’erreur judicaire ? Voici un texte d’Alexandra  Staritzky, élève-avocate à l’EFB de Paris – l’Ecole de Formation professionnelle des Barreaux de la Cour d'Appel de Paris –  qui a connait bien cette affaire, et dont le travail a été salué ce mois de janvier dernier, au concours de plaidoiries pour la défense des droits de l’homme du Mémorial de Caen.

Alexandra n’est ni un juge suprême, ni une cour de révision. Non, on ne se trompe pas de registre. Simplement elle nous dit, avec une belle force, que quand on aime la justice,… on combat l’injustice. C’est pour cela que l’affaire de Dany Leprince est l’affaire de tous.

Merci Alexandra.

 

erreur judiciaire,dany leprince

 

Il y a un an, quasiment jour pour jour, un homme très certainement innocent, était ramené dans la cellule qui avait été la sienne pendant 16 années. Il venait pourtant d’être libéré, neuf mois auparavant, par une décision de la Commission des condamnations pénales de la Cour de Cassation en raison du sérieux doute qui pesait sur sa culpabilité.

Cet homme s’appelle Dany Leprince et son histoire nosu pose à tous la question de l’erreur judiciaire.

L’affaireerreur judiciaire,dany leprince

Dany Leprince, était agriculteur dans la Sarthe et il a été condamné pour le quadruple meurtre de son frère, de sa belle sœur et de ses deux petites nièces, tués à l’arme blanche le 4 septembre 1994.

Dany Leprince a été reconnu coupable en 1997 par la Cour d’Assises de la Sarthe de ces meurtres sur la seule base d’aveux partiels - faits au cours d’une garde à vue épuisante et sans avocat - qui seront très rapidement et définitivement rétractés, ainsi que sur les accusations - contradictoires et changeantes - de sa femme et de sa fille.

Pour le reste, il n’existe aucun mobile, aucune preuve matérielle ou scientifique de sa présence sur les lieux du crime. Et pourtant, au vu du massacre, il est impossible de croire que l’auteur du crime n’y ait pas laissé ne serait-ce qu’un cheveu !

C’est dans ces circonstances que Dany Leprince est jugé et est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de vingt-deux ans.

A cette époque, c’est un autre droit qui s’appliquait : garde-à-vue sans avocat, arrêts de Cour d’assises non motivés et pas d’appel possible en matière criminelle. Dany Leprince est donc condamné dans des conditions qui sont aujourd’hui unanimement jugées comme étant inéquitables et non garantes des libertés.

A la quasi-absence d’éléments à charge lors de la condamnation de Dany Leprince, va venir s’ajouter une série d’éléments troublants, qui achèveront de conforter, sinon la certitude de son innocence, du moins le doute sur sa culpabilité.

Parmi ces éléments troublants, on peut retenir, le film regardé par Dany Leprince le soir du quadruple meurtre, qui démontre qu’il ne pouvait pas être sur les lieux du crime, à l’heure où sa femme et sa fille certifient l’y avoir vu, la découverte d’un couteau comportant les traces de deux ADN compatibles avec celui d’une des victimes et celui de la principale accusatrice, et enfin celle d’un couteau marqué Leprince qui avait été enterré dans une carrière.

La procédure de révisionerreur judiciaire,dany leprince

Au vu de ces éléments, une requête en révision a été déposée en 2005 par Dany Leprince sur le fondement de l’article 622 du Code de procédure pénale, qui permet de demander la révision d’une condamnation dès lors qu’un fait nouveau ou inconnu de la juridiction au jour du procès fait naître un doute sur la culpabilité du condamné.

La Commission de révision, filtre obligatoire avant la saisine de la Cour de révision, va mener un minutieux complément d’enquête pendant près de cinq ans, dont les conclusions la conduiront à transmettre le dossier à la Cour de révision.

Mais la Commission de révision va surtout décider de libérer immédiatement Dany Leprince. C’est la première fois que la Commission, saisie d’une requête en révision, libère « provisoirement » un condamné dans l’attente de la décision finale de la Cour de révision.

C’est dire la conviction que cette Commission devait avoir quant au fait que la machine de la réhabilitation était définitivement en marche!

Pourtant, neuf mois plus tard, le 6 avril 2011, la Cour de révision rend un verdict implacable et en totale contradiction avec l’analyse de la Commission. La requête de Dany Leprince est rejetée et l’homme est immédiatement renvoyé en prison.

Aujourd’hui, la justice française n’a plus l’opportunité de reconnaître l’innocence de Dany Leprince.

Trop de questions non examinées erreur judiciaire,dany leprince

Depuis le départ, le fonctionnement du système judiciaire dans cette affaire aura été scandaleusement déroutant.

On peine à comprendre pourquoi les magistrats de la Cour de révision ont refusé à Dany Leprince le droit d’avoir un nouveau procès et fait obstacle à sa probable réhabilitation, alors que les éléments soulevés lors de la requête en révision étaient inévitablement perçus comme les prémices d’une innocence en passe d’être reconnue.

Cette décision est à l’image d’une justice aveugle et obstinée, telle que décrite et crainte par bon nombre de justiciables.

Martine Anzani, présidente de la Commission de révision en charge du dossier, sortant de la réserve habituelle propre aux magistrats, a déclaré : « Dany Leprince a certes échappé à la guillotine mais pas au couperet d’une justice qui a refusé de se remettre en cause».

La justice est humaine, elle se trompe. Parfois lamentablement et souvent au prix de vies gâchées. Mais face à l’inéluctabilité de l’erreur judiciaire, on voudrait, à tout le moins, voir la présomption d’innocence respectée et savoir que la justice est capable de reconnaitre ses erreurs, que le système judiciaire lui donne les moyens de se remettre en cause.

Or, dans cette affaire, refuser de reconnaître l’existence d’un doute sur la culpabilité de Dany Leprince pour rejeter au loin l’ombre de l’erreur judiciaire est absurde et insupportable.

Il n’y a que certains juges pour croire que notre système judiciaire est infaillible. Par beaucoup, il est perçu comme implacable et injuste. Enfin, d’autres – et j’en fais partie – veulent croire que la justice des hommes est avant tout perfectible et que dans ce dessein il faut s’employer à dénoncer ses erreurs.

Un silence assourdissanterreur judiciaire,dany leprince

Dany Leprince crie son innocence depuis prés de 18 ans mais, seul et du fond d’une prison, il est impossible d’être entendu.

Le silence qui a entouré cette affaire est tel que la plupart des gens ne la connaissent pas. Il y a bien eu et il existe toujours, des comités de soutien et des  journalistes qui ont fait un formidable travail d’investigation, mais jamais d’importants mouvements d’opinion en faveur de Dany Leprince, jamais de soutiens d’intellectuels ou de personnalités médiatiques.

Cette indifférence est d’autant plus difficile à admettre quand on constate que les affaires judiciaires sont souvent au cœur de l’actualité.

Au cours des seuls derniers mois, l’affaire Cassez aura été largement évoquée, et même commentée en temps réel. Les affaires DSK et Polanski auront fait couler beaucoup d’encre. On s’est ému de telle ou telle image, de tel ou tel système judiciaire, on a brandi le droit à la présomption d’innocence. Mais dans le même temps, pas une ligne sur l’affaire Dany Leprince. Qui décide alors de ceux que l’on doit oublier ?

La mobilisation citoyenne n’est jamais vaine. Bien au contraire : « quand les supérieurs font une injustice évidente et atroce, il faut que cent milles voix leur disent qu’ils sont injustes. Cet arrêt, prononcé par la nation, est leur seul châtiment ; c’est un tocsin général qui éveille la justice endormie, qui l’avertit d’être sur ses gardes, qui peut sauver la vie à des multitudes d’innocents ». (Voltaire, La Méprise d’Arras, 1771).

Pour briser le silence, une pétition, mise en place à l’initiative des élèves-avocats de France, peut être signée par tous :

http://leprince-rompre-silence.fr/

erreur judiciaire,dany leprince 

Commentaires

  • Pour avoir accès aux détails de l’affaire, je renvoie au travail du journaliste du Monde Franck Johannès dans son blog

    http://libertes.blog.lemonde.fr/laffaire-dany-leprince/

    Et pour la version papier, le livre « le Couteau Jaune » est également disponible en librairie :

    http://libertes.blog.lemonde.fr/2012/02/18/affaire-leprince-autopromo

  • La plaidoirie d'Alexandra

    http://www.dailymotion.com/video/xo54nl_2e-concours-de-plaidoiries-des-eleves-avocats-le-memorial-de-caen-le-droit-a-un-proces-equitable-baf_webcam

  • Le sympathique et intéressant concours de plaidoiries du Mémorial de Caen

    http://www.memorial-caen.fr/avocats1/index.php?option=com_content&view=article&id=289&Itemid=105

  • Ce qui me rappelle cette maxime que l'on m'a apprise étant enfant qu'il valait mieux dix coupables en liberté qu'un innocent accusé à tort. Aujourd'hui je trouve cela un peu court, mais sur le fond je suis toujours d'accord.

    A propos de Dany Leprince, j'avais lu avec étonnement et horreur la chronique du blogueur du Monde Franck Johannés dont vous mettez le lien plus haut. La question clé qui m'est restée en tête devenant "Mais puisque cela ne peut être lui, qui alors a commis ces crimes ?" avec une suspecte n°1.

  • Il existe dans tous les domaines de l'activité humaine des gens qui voient bornés, qui refusent d'admettre qu'ils ont fait une erreur.
    Lorsqu'il s'agit de la justice il me semble que le doute doit profiter à l'accusé,... et qu'un deuxième jugement est alors nécessaire.

  • Et si c'était à Leprince lui-même de rompre le silence ?

    " il n’existe aucun mobile " ( Gilles )

    c faux, il existait une reconnaissance de dette. Le document atteste d’un prêt de 10 000 francs de Christian à Dany. de plus Dany redemandait de l'argent à son frère.
    ceux qui les connaissent parlent d'une jalousie qui a mûri durant des années, se transformant en haine...
    je sais que c le métier des avocats de croire tous les accusés innocents, mais je leur laisse ce combat car il y a aussi des victimes.

    par ailleurs il y a le cas de Solène, aujourd'hui on reconnait aisément une intelligence certaine de l'enfant dès sa naissance, les psys reconnaissent l'existence de traumatisme intra-utérin en cas de dépression de la mère, bref, mais comme par hasard son témoignage est balayé d'un revers de manche.

    Selon Dany devrait, devra, parler, il le fera probablement, peut-être sur son lit de mort, paisiblemen, pour soulager sa conscience.
    Car soit dany l'a fait soit il sait qui c'est. Or il n'a jamais accusé sa femme comme ceux qui veulent insinuer le doute suffisant.

  • " il n’existe aucun mobile " ( Gilles )

    Fran
    encore une erreur judiciaire ! L'auteur du texte est Alexandra, et pas moi ! non, j'ai trouvé sa démarche et son texte très bien, alors elle est la bienvenue. Mais le texte est du Alexandara de A à Z.

    Aujourd'hui, c'est elle qui fait le job. Moi je suis avec mon pote Bolorré sur le Yatch. Il y a un invité qui s'est désisté, il parait qu'il a qq soucis ces jours-ci...

    Treve de plaisanterie, Alexandra vous répondra en direct live...

  • Okay Gilles ma juridiction révise votre procès et vous offre un séjour au carlton de lyon.

  • En fait si j'ai bien compris les exploits allongés des bodyguard d'Obama, les hotels de Carthage en Colombie semble plus hype que les Carlton de la douce France et de Dédé La Saumure

  • Voici deux textes assez détaillés du procès en révision

    http://chroniquesjudiciaires.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/03/21/cour-de-revision-la-derniere-chance-de-dany-leprince.html

    http://chroniquesjudiciaires.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/04/06/fin-de-partie-pour-dany-leprince.html

  • Une fiche sur la procédure de révision

    http://vosdroits.service-public.fr/F1381.xhtml

  • Il y a une grande différence entre Alexandra et nous, c'est que comme elle est élève avocate, elle est obligée de travailler...

    Alors, elle nous répondra ce soir !

  • Ce soir j'ai piscine au sofitel, dsl.

  • Belle prestation d'Alexandra, promise à un brillant avenir.

    Nous sommes très loin de la "Magna Carta" inspirée par les rois français d'Angleterre, les Plantagenet. Les assises et leurs intimes conviction sont trop souvent une loterie, un preuve de plus.

  • je viens de lire le blog de Johannes....tout simplement incroyable... pas d'empreinte lui appartenant, pas de sang sur lui, des traces de chaussures jamais identifiées, une épouse qui pue la suspicion...
    Pas simple pourtant le boulot d'enquêteur...faire pression lors des GAV pour obtenir des réponses, mais pas trop pour pas être accusé de violence policière et d'avoir fait dévier une enquête dans le mauvais sens...faire cela avec les images des corps ensanglantés, surtout ceux des gamines !! la vision que cela doit être, nom de DIEU !!
    Et 18 ans après : on ne sait trop rien, on a un gars mais au fond, on ne sait pas qui a fait cela... d'accord avec yesroll, cette question finale : "mais qui a fait ça ? qui dort, mange, baise, chie aujourd'hui, libre, après avoir commis l'indicible??!!"

  • @yseroll : La maxime à laquelle vous faite référence est une citation de William Blackstone dans: "Commentaires sur les lois anglaises". « It is better that ten guilty escape than one innocent suffer », traduite généralement par « Que dix coupables échappent à la justice, plutôt que souffre un seul innocent ».
    Je suis d’accord avec vous, c’est un peu court, mais l’esprit de la phrase reste, selon moi indispensable. C’est d’ailleurs sur cette citation que j’avais commencé ma plaidoirie au Mémorial de Caen.

    @ Sicotine : Vous avez raison, le doute doit nécessairement profiter à l’accusé. Dans l’affaire Dany Leprince, le doute s’imposait dès le procès, en 1997, et il a été renforcé avec les nouveaux éléments transmis à l’appui la requête en révision. Dés lors, je ne comprends pas comment cet homme a pu être condamné, et je comprends encore moins qu’il n’ait pas eu le droit à un nouveau procès.

    @ Fran (pour quand il sera rentré de la piscine) :
    Je me permets de revenir d’abord sur vos deux remarques factuelles :
    - La reconnaissance de dettes datant de 1986 a été retrouvée trônant sur un secrétaire, posée là bien en évidence comme par un heureux hasard.…J’ai un parti pris évident mais c’est quand même assez maigre comme mobile (et assez louche aussi) !
    - S’agissant de Solène, son témoignage n’a pas été balayé du revers de la main. Bien au contraire, il a largement compté durant le seul procès qu’aura eu Dany Leprince.
    Pour les faits, et si ce sujet vous intéresse, je vous invite à lire le livre de Johannès particuliérement exhaustif.

    Par ailleurs, vous semblez affirmer que ce serait à Dany Leprince de parler.
    Je ne suis pas d’accord avec vous. Selon moi, c’est à la justice de parler (ou plutôt « c’était à la justice de parler » puisque le dossier est dans une impasse judicaire et qu’il n’y a quasiment plus aucune chance pour que Dany Leprince ait un nouveau procès).
    En effet, Dany Leprince a parlé puisqu’il clame son innocence depuis 18 ans.
    Pour le reste, et toujours selon le respect du droit à la présomption d’innocence, c’était au ministère public de prouver le contraire.
    A mon sens il ne l’a pas fait.
    Surtout, les errements de l’enquête et du procès auront été largement préjudiciables à Dany Leprince, à l’image de l’acte d’accusation scandaleusement partial.
    Quoiqu’on en dise, la justice n’a pas su faire la lumière sur ce qui c’est passé la nuit du 4 septembre 1994 à Thorigné-sur-Dué, comment peut-elle condamner quand elle ne sait pas ?

    @ Mathaf Hacker : Merci !

    Et enfin, @ Gilles : Encore merci pour la tribune !

  • Il y a cap, inévitable : d’un coté la présomption d’innocence, de l’autre l’autorité de chose jugée. Entre les deux phases, un jugement définitif

    On comprend aussi que la procédure en révision soit stricte. On comprend aussi la part d’opportunité dans l’appréciation du juge. Le pénal ne requiert pas la preuve parfaite, et dans la vie réelle des délibérés, le passage entre « le doute profite à l’accusé » et « l’intime conviction des jurés » est une phase bien peu balisée.

    Ne racontons pas d’histoires : les condamnations qui reposent sur trois fois rien, mais avec un trois fois rien qui dégage une conviction, c’est en pagaille. Je dois ajouter que c’est assez inévitable, car en bout de course, le juge ne peut pas se satisfaire de condamner les buses, et de donner la faveur au délinquant malin qui agit finement , et laissant peu de traces.

    C’est pour cela aussi que les procédures d’instructions sont longues, et passent bcp de temps sur les expertises psy et les enquêtes de personnalité.

    Mais ici, ce qui est plus que gênant – sans connaitre le dossier – c’est que Dany Leprince a été jugé en fonction de dispositions de procédure que l’on a réformé car elles étaient inéquitables, et violant les bases du droit de la défense :

    - Audition en garde à vue sans avocat
    - Condamnation d’assises non motivée
    - Condamnation sans appel

    En bref, on a adopté ces réformes pour des affaires Dany Leprince ne se reproduisent pas. Je trouve très anormal que cette dimension objective ne soit pas prise en compte dans la procédure de révision.

    Car en toute hypothèse, il y a une chose dont on est sur : Dany Leprince a été condamné après une procédure qui violait les droits de la défense. La procédure était formellement régulière, car elle respectait la loi. Mais la loi ne respectait pas le droit.

  • Excellente intitiative! Cette histoire est abominable. D'autre part, une question s'impose:
    Qu'ont à gagner les "pro" de la justice impliqués dans cette sale affaire, en s'obstinant à persécuter Leprince? Je ne comprends pas du tout ça.
    Il me semble que:
    A partir du moment où les preuves sont contestable ou inexistentes et où l'accusé clame durant plus de 15 ans son innocence, quand en plus la sale cabale familiale ou de voisins malveillants (affaire Deperrois et Josacine) semble probable ou possible, le doute devrait profiter au dit accusé, au minimum en reprenant totalement l'enquête avec une autre équipe!
    Si la justice veut être respectée, il faut d'abord ne pas inspirer la peur ou le dégoût.
    Ces pratiques discréditent le Droit.
    D'autre part, il faut en avoir conscience, TOUT LE MONDE peut se faire cravater dans une histoire de ce genre, malchance aidant....

    D'autre part, l'ads du site de la pétition sera à bord de mon site "Souvenirs de mer" d'ici ce soir.

  • Si le cas Leprince n'a pas attiré des intellectuels de renoms, il a bénéficié de beaucoup de soutiens, que d'autres causes n'auront probablement jamais la chance d'avoir.
    En dépit de ce qui est dit par tous ceux qui semblent découvrir l'histoire, la presse régionale en région de Sarthe a grandement alerté l'opinion publique.
    Les médias nationnaux, presse écrite, radios et émissions de télévision ont donné un écho assez fantastique.
    Toutes les grosses émissions, de 7 à 8 à Ruquier en passant par Spécial investigations de Bernard Nicolas.
    Les unes et grands articles se comptent par dizaines, de Paris Match à France Soir en passant par Le Monde.
    Ce battage, curieusement est aujourd'hui passé inaperçu.
    Avant le livre admirable de Franck Johannès, il y en a eu deux autres pour donner l'alerte, coécrits par Roland Agret et Nicolas Poincaré, tous deux investis à fond sur la probable innocence de Dany Leprince.
    Olivier Duhamel a consacré un brillante chronique.
    Le premier livre, le tapage médiatique et les éléments apportés par l'association de Roland Agret avec le soutien des proches de Dany ont permis d'apporter des éléments ayant permis la réouverture du dossier, puis cet arrêt qui a été dit historique de la révision.
    Ensuite, plus de communication avec les médias. Rien.
    De nombreux soutiens se sont écartés par rapport à certaines attitudes de Dany Leprince et de son épouse Béatrice.
    Franck Johannès explique bien tout cela.
    La Chambre des révisions a tranché presque en silence, sans guère de réactions.
    Pourtant, il y avait de quoi s'insurger !
    Dany Leprince en est à 18 ans d'incarcération qu'il subit encore en pleine passivité.
    Après l'échec de la CEDH, il attend une réduction de la peine de sécurité et une conditionnelle selon Franck Johannès.
    Toujours sans la moindre étincelle de révolte sur le sort qui lui est fait.
    Qu'il soit libéré au plus vite, oui, c'est la moindre des choses...
    Mais après ? J'ai bien peur qu'il accepte sa condamnation et reste dans le cocon d'une même attitude.

  • @Gilles : S’agissant de la procédure de révision, même si la nécessité d’une procédure de révision stricte est évidente, je pense néanmoins que le processus devrait être facilité pour les condamnés qui n’ont pas eu le droit à un deuxième procès.
    Comme vous le relevez vous-même, la Cour de révision ne tient à l’évidence pas compte de cette circonstance. Or, le droit fondamental au double degré de juridiction devrait, à mon sens, conduire à plus « de souplesse » dans l’examen des requêtes en révision pour les affaires jugées avant 2000.

    @Thierry Bressol: Vous écrivez : « Si la justice veut être respectée, il faut d'abord ne pas inspirer la peur ou le dégoût. Ces pratiques discréditent le Droit. ».
    J’entends souvent les gens exprimer leur crainte et leur résignation par rapport à un système judicaire dans lequel ils ont de moins en moins confiance.
    Je serai bientôt avocate et – malgré ce qui me révolte dans l’affaire Dany Leprince - j’ai le plus grand respect pour la justice de mon pays et ses magistrats qui n’ont évidemment rien à gagner à condamner un innocent.
    Cependant ce que vous exprimez est un ressenti réel et largement partagé qui doit être entendu et qui mérite, à mon sens, une attention toute particulière. Car si le lien entre la justice et le justiciable s’effiloche trop durablement et trop fortement, je ne vois pas comment le système judicaire pourra pérenniser.

    @ Victor : Les références médiatiques et journalistiques que vous citez sont tout à fait justes, de là à parler d’un « écho fantastique », il ne faut rien exagérer !
    En tout cas, mon propos n’est certainement pas de dénigrer le travail remarquable qu’ont fait Roland Agret, Nicolas Poincaré et Franck Johannès avec leur livre respectif.
    Par contre, je m’étonne, un peu comme vous le faites, que cela n’est pas été suivi par un mouvement d’opinion important, ou par la réaction d‘intellectuels (je n’aime pas ce mot mais à défaut..), ou de personnalités médiatiques, dont le soutien contribuent inévitablement à mobiliser les foules.
    Comme vous je pense que l’arrêt de la Cour de révision - commenté par le propos indigné de certains magistrats de la Commission de révision - méritait réaction et débat !
    Que le retour de Dany Leprince en prison se soit fait dans une telle indifférence est invraisemblable.

    Pour finir, permettez-moi de m’opposer fermement contre votre remarque : « Toujours sans la moindre étincelle de révolte sur le sort qui lui est fait. ».
    Personne ne peut se permettre de juger un homme sur sa capacité à se révolter sur le sort qui lui est fait, ni d’ailleurs sur la manière dont il le fait.
    Personnellement, je pense que le poids de la machine judicaire et de l’injustice peut susciter la révolte aussi bien que l’abattement.
    Et ce n’est pas parce qu’un homme ne correspond pas à la figure de l’innocence - dont on peut d’ailleurs critiquer la représentation - qu’on doit l’oublier ou le déconsidérer. Au contraire.

  • Créer de l'innocence, quel beau métier.

  • Créer la culpabilité sans preuves concrètes c'est peut-être pire.

    "Ce qui est affirmé sans preuve peut être nié sans preuve". Euclide.

  • Le blème c'est que les mobiles, les preuves, sont systematiquement démontés et lorsqu'elles sont indémontables, on cherche le vice de procédure.
    S'il n'y en a pas, on plaide l'absence ponctuelle de discernement, on va gratter du côté obscur : la psychiatrie. C'est d'ailleurs ce qui va se passer sans nul doute dans l'affaire des crimes de l'Essonne.
    Les lendemains qui chantent de la justice, c'est zéro prisons, zéro peines, zéro coupables, juste des victimes de crimes inexplicables. Et des enquêteurs qui ne font pas bien leur travail car ils ne parviennent pas à franchir la ligne d'arrivée d'une course d'obstacles de + en + fournie.
    Le far west nous guette les amis.

  • http://libertes.blog.lemonde.fr/2012/04/20/affaire-dany-leprince-la-peine-de-surete-a-ete-levee/#xtor=RSS-3208

    Possible remise en liberté conditionnelle en septembre 2012. Fran ne lis pas, tu vas avaler de travers ta camomille lol

  • Je pense qu'on n'a pas fini d'entendre parler de lui.

  • Ca bouge, mais il n'est pas sorti de là...

  • @Alexandra

    Bonjour,
    Vacances achevées...Retour au tablier.
    Je n'exagère rien en maintenant que Dany Leprince a bénéficié d'un soutien médiatique fantastique que beaucoup de détenus, clamant leur innocence (D Leprince n'est pas le seul) n'auront jamais.
    Nicolas Poincaré n'a pas fait que participer à deux livres ! Je l'ai entendu hurler sur les ondes, à la télé, dans la presse écrite !
    Roland Agret a bel et bien été le porteur de la voie de la révison de procès, "sans qui elle n'aurait jamais jamais existée" selon Franck Johannès, à un mot près dans son super livre.
    Il a tenu une conférence de presse tout nu pour soutenir Dany Leprince.
    Avec Nicolas Poincaré il est allé au ministère de la Justice, à l'Elysée.
    Si l'affaire a été connue du public, c'est bien grâce à eux.
    En 2005, ce ne sont pas maître Yves Baudelot ni maître Bredin qui ont déposé le recours en révision, mais maître Dominique Chambon et maître Cornut qui ont été évincés par la suite. Eux aussi ont participé.
    Le couteau jaune a été le bienvenu, au bon moment où l'histoire s'enlisait.
    Les autres n'ont fait que ramasser un paquet tout ficelé ou se sont précipités sur le strapontin qui restait disponible.
    Qu'un détenu s'écroule ou s'enflamme, ça se comprend. Mais Dany Leprince n'est ni écroulé ni enflammé. Il subit, la bouche close et les bras ballants.
    Je viens même de lire "qu'il avait toujours eu confiance en la Justice".
    Après 18 ans de prison pour rien, le comble !
    Pour ma part, accusé de la pire des choses, je crois que je tenterai au moins une grève de la faim et que je hurlerai si fort de mon cachot que la terre entière m'entendrait !

  • L.affaire LEPRINCE ,enquête malmenér ,Mais ,si DANY LEPRINCE. ,est innocent ,CELA veux dire ,que. LES ASSASSIN sont toujours en liberté ,ne devrait on pas ,refaire l'enquête ,par respect pour les VICTIMES ?

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