21/04/2012
La pêche à la ligne : Un droit ? Une liberté ?
S’assoir au bord de l’eau et pêcher les petits poissons est-ce encore une liberté ? Oui, mais très encadrée. Pour la vraie liberté, il faut retrouver la mer.

En eau douce
La législation de base pour la pêche en eau douce est la loi n° 84-512 du 29 juin 1984 qui était logiquement hébergée dans le Code rural, mais que le législateur bobo a fait émigrer dans le Code de l’environnement.
Vous connaissez bien le système : on commence par de grands principes, on continue par des interdits et ont fini par des taxes.
Le beau principe se trouve proclamé à l’article L. 430-1 du Code.
« La préservation des milieux aquatiques et la protection du patrimoine piscicole sont d'intérêt général.
« La protection du patrimoine piscicole implique une gestion équilibrée des ressources piscicoles dont la pêche, activité à caractère social et économique, constitue le principal élément ».
Alors, là, les pêcheurs ne sont pas en eau trouble… Ils préservent la nature, une mission d’intérêt général, et sont les cakes du développement durable, activité « à caractère social et économique ». Le pêcheur, un héros social.
Le Code a même donné à la pêche son parlement avec le « Conseil supérieur de la pêche », un établissement public (Art. L. 434-1) qui vit des ressources de la taxe piscicole. Le Conseil constitue un organisme consultatif auprès du ministre chargé de la pêche en eau douce.
Ministre de la pêche en eau douce ? Moi, je postule… Ca me parait être un ministère très tendance, et plein d’avenir…

La vie est belle, mais se complique avec l’article L. 436-1.
Pour taquiner le goujon, il faut être membre d'une association agréée de pêche, et payer la cotisation de l’association et une adorable redevance.
Ensuite, on ne pêche pas n’importe où, mais sur le territoire alloué à cette association (Art. L. 436-4), et attention de ne pas s’aventurer trop loin : depuis la rive, en marchant dans l'eau, et parfois selon la catégorie de la rivière, depuis un bateau.
Le texte combat le capitalisme pêcheur, car ce droit de pêche ne peut s'exercer « qu'à l'aide d'une seule ligne ». Mon ami Poutou - le plus sympa de l'équipe - approuve !
Puis s’enchaîne une série de décrets déterminant les conditions dans lesquelles sont fixés « les temps, saisons, heures pendant lesquels la pêche est interdite », mais aussi la maille des poissons et le nombre de captures autorisées pour certaines espèces, des arrêtés préfectoraux prenant le relais.
La loi définit ensuite une kyrielle d’infractions, notamment avec les articles R. 436-3 et R. 436-5 pour ceux qui pêchent sans payer la taxe ou sans adhérer à une association.
En s’approchant de l’océan
Là, c’est trop. J’ai laissé tomber le Code de l’environnement, et je suis allé voir l’océan qui commençait à se retirer, découvrant les magnifiques fonds des environs de La Cotinière, sur l’Ile d’Oléron.
Pas de code, ni de taxe. Seulement, la mer, splendide, l’iode à plein poumons, le vent qui s’amuse des marées, et le soleil qui illumine le ciel, créant cette blancheur inimitable.
Le jeu est de descendre aussi vite que le mer, en se trouvant un chemin au milieu des roches qui se découvrent pour aller se poser auprès des grands trous que la marée libère ou, au loin, aux confins de la marée basse. Ici, tout est enivrant, rien de moins…
Tu peux t’amuser à jeter un fil à l’eau, ou préférer guetter dans les trous de roche, admirant cette si belle nature qui brille au soleil, et qui dans quelques heures sera à nouveau recouverte de trois mètres d’eau.
Tu peux aussi de poser au large, repérer un bon coin, et t'installer pour lire un bouquin, les pieds dans l'eau. Par exemple le sublime « Chants » de Giacomo Leopardi, aux éditions Rivages Poche, à 10,65 euros. Un très grand voyage.
Pas sûr de ramener beaucoup de poissons… Mais de délicieuses palourdes au goût infini de l’océan et quelques petits crabes, histoire d’organiser une course vers l’eau une fois de retour sur la plage.
La vraie vie, quoi…

Le port de La Cotinière, Ile l'Oléron
00:50 Publié dans Droit | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : environnement, présidentielles 2012











Commentaires
Le pré supposé d'une démocratie c'est qu'il y est un peuple souverain ....Or, nous sommes encore un peu peuple Français avec plus beaucoup de souveraineté et pas vraiment peuple Europeen et en cela privé de toute souveraineté ... Le politique Français n'est que le contremaitre de la puissance financière mondialisée et de son rejeton Europeen..Le vote est devenu une mauvaise habitude,et je crois que cette fois ci je vais m'en débarrasser,car c'est la seule façon avec une révolution de foutre en bas ce merdier
Écrit par : antimythe | 21/04/2012
Ah!!!
un sujet qui me plaît...
Depuis tout petit, mon père m'a appris à pêcher les truites "à la main" (à la pogne, disait-on...).
Si la truite est trop petite (en desoous de la "maille") on la remet à l'eau et elle s'en sort sans dommage aucun (sauf, peut être, une petite frayeur)... Alors qu'à la "ligne", si elle a "avalé", c'est même pas la peine de la remettre à l'eau... En plus, à la main, tu ne peux pas pêcher dans les "trous" (plus de 50 cms d'eau), propices à la reproduction de l'espèce.
Mais, pour cette pêche "écologique", il faut se cacher du méchant garde-pêche qui va, s'il vous surprend, vous mettre un PV, à vous qui ne risquez pas de détruire l'éco-système... Vous n'avez pas le bel hameçon avec ardillon qui empêche le pauvre alevin de se détacher... donc PV!! la pêche à la main est interdite!
D'ailleurs, nos ancètres les gaulois ne pêchaient-ils pas à la ligne?
Écrit par : alix | 21/04/2012
Lisez le livre de Jean Salem "Election piège à cons".
Il y rappelle que les élections ont souvent de désastreux résultats et que....
Quand "ça dérange", on ne tient pas compte de leur résultat! Puis parfois, on refait voter jusqu'à obtenir le résultat souhaité!
Le référendum sur le fameux traité UE, est l'exemple type! On a assez parlé de démocratie, ou baratiné sur elle. Exigeons là!
Pour moi le remède c'est cette proposition:
- Bulletins blancs pris en compte, dans le % des résultats.
- Pas d'isoloire! Chacun doit avoir le courage de ses choix, ouvertement!
- Pas d'élection à deux tours!
- Plus les petits bulletins ni les petites enveloppes, remplacé par un bulletin forme "A4" avec la liste des candidats en colone, portant en face de chaque nom, une "note" de 1 à 10 ( ou de A à F.... Peu importe) à attribuer pour chaque nom!
- Un choix "O" possible pour pouvoir exclure celui qu'on voit comme 100% inadmissible!
Alors seulement, on risquera beaucoup moins d'obtenir un résultat de population débile!
Je n'invente rien ! Ceci est partiellement Réalisé en Australie et a été étidié N fois en Université, entre autres à Orsay et à Berkeley.
Tout le reste, C du baratin pour bourrer le crâne des gens et.... Conserver l'ordre pourri existant!
Écrit par : Thierry Bressol R/O | 21/04/2012
Très belle images écrites sur la mer. J'aime beaucoup ton coté poétique, qu' ont laisse rarement échapper, sauf en moments d'inattention de façon timide.
Devrait essayer d'écrire des romans.
Écrit par : Adriana | 22/04/2012
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