10/07/2012
TF1 / Merah : Que dit le droit ?
TF1 a reçu de mains charitables 4 h 30 de rushes des enregistrements de Merah discutant avec la police, dans les négociations qui précèdent l’assaut, et après un tri soigné, TF1 a diffusé des extraits dans l'émission « Sept à huit ». Le débat est complexe et les réactions partent dans tous les sens. Essayons de garder à l’esprit quelques repères.
Quels textes définissent le secret de l’instruction ?
Le texte de base est l’article 11 du Code de procédure pénale :
« Sauf dans le cas où la loi en dispose autrement et sans préjudice des droits de la défense, la procédure au cours de l'enquête et de l'instruction est secrète.
« Toute personne qui concourt à cette procédure est tenue au secret professionnel dans les conditions et sous les peines des article 226-13 et 226-14 du code pénal ».
Le texte prévoit une dérogation au profit du procureur, ce qui vous explique pourquoi ce sont les procureurs qui commentent les débuts d’enquêtes.
L’article 226-13 du Code pénal est celui qui définit le secret professionnel :
« La révélation d'une information à caractère secret par une personne qui en est dépositaire soit par état ou par profession, soit en raison d'une fonction ou d'une mission temporaire, est punie d'un an d'emprisonnement et de 15000 euros d'amende ».
Quelles procédures ont-été engagées ?
Deux enquêtes sont ouvertes.
Le parquet de Paris a annoncé dès dimanche soir l’ouverture d’une enquête préliminaire pour violation du secret de l’instruction, confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), dite la « police des polices ».
On recherche les auteurs, selon la procédure d’enquête classique.
De son côté, le ministère de l’Intérieur a ouvert une enquête administrative interne, estimant qu’il n’est pas impossible que la fuite provienne de ses services.
Pourquoi n’y a-t-il par d’enquête administrative au sein du service de la Justice ?
Elle n’a pas été annoncée,… on verra. Mais il semble que les enregistrements n’aient pas encore été versés au dossier de l’instruction.
Les juges d’instruction ont demandé aux enquêteurs d’analyser ces enregistrements, et il y en a des heures. Il faut les retranscrire et vérifier tout ce qui en ressort. C’est un long travail, et le délai n’est pas a priori anormal. On focalise beaucoup sur le juge d’instruction, mais en réalité une masse travail est faite, sous son contrôle, par la police.
Qui peut être condamné pour violation du secret de l’instruction ?
Ceux qui y sont soumis, à savoir les personnes travaillant dans les services chargés l’enquête judiciaire. Cela concerne aussi les magistrats, les greffiers, les avocats… mais si effectivement les enregistrements n’ont pas encore été remis au juge, les soupçons se tournent essentiellement vers la police.
Il faut que l'auteur de la violation soit identifiée. Ainsi, dire que la fuite est venue de tel ou tel service, à supposer que l’enquête parvienne à l’établir, ne suffit pas. Il faut déterminer la ou les personnes qui ont fait le coup. C’est très difficile, car l’auteur a eu tout le temps pour préparer son méfait et brouiller les pistes.
Est-ce que TF1 peut être condamnée pour violation du secret de l’instruction ?
C’est possible, mais peu probable.
Pour qu’il y ait recel, il faut que l’infraction principale soit constituée. C’est le premier point. Il faut avoir prouvé qu’une personne tenue au secret a remis ces pièces de l’enquête à telle ou telle personne de TF1. Si on n’élucide pas ce premier point, il ne peut pas y avoir de recel. La loi ne focalise pas sur le secret, mais sur celui qui viole le secret.
La Cour de cassation vient de se prononcer dans une affaire proche à propos du secret médical (Cour de cassation, chambre criminelle, 6 mars 2012, n° 11-80801). L’Equipe avait publié le bilan sanguin d’un coureur du Tour de France, avec des résultants montrant la dope, mais l’enquête n’avait pas permis de savoir qui avait donné le bilan au journaliste. La Cour de cassation a jugé qu’on ne pouvait pas condamner le journaliste pour recel de violation du secret, car on ne savait pas si celui qui lui avait remis le bilan était tenu au secret médical.
Et si l’auteur est identifié, et qu’il était soumis au secret ?
Là, c’est le grand match entre la violation du secret de l’instruction et la liberté de l’information. On est à la recherche d’un équilibre, entre deux approches contradictoires, qui se pose dans ces termes :
- cette publication est licite car elle porte sur une question d’intérêt général, qu’il s’agisse de la personnalité de Merah ou des pratiques de la police,
- elle est abusive car s’imposait un besoin social supérieur, la dignité des victimes.
C’est un débat ancien et permanent. L’une des bases est l’arrêt de la CEDH de 1998 ayant reconnu licite la publication par Le Canard Enchaîné de la feuille d’impôt du patron de Peugeot… qui était un grand allégé fiscal. Il y avait recel, mais l’imposition des grands patrons est une question d’intérêt général, et la prime avait été donnée à la liberté de l’information.
Que se passe-t-il si la diffusion perturbe une enquête en cours ?
Le besoin social de limiter la diffusion est évident, et joue d’ailleurs un texte, l’article 434-7-2 du Code pénal, qui prévoit des sanctions sévères :
« Sans préjudice des droits de la défense, le fait, pour toute personne qui, du fait de ses fonctions, a connaissance, en application des dispositions du code de procédure pénale, d'informations issues d'une enquête ou d'une instruction en cours concernant un crime ou un délit, de révéler sciemment ces informations à des personnes qu'elle sait susceptibles d'être impliquées comme auteurs, coauteurs, complices ou receleurs, dans la commission de ces infractions, lorsque cette révélation est réalisée dans le dessein d'entraver le déroulement des investigations ou la manifestation de la vérité, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende.
« Lorsque l'enquête ou l'instruction concerne un crime ou un délit puni de dix ans d'emprisonnement relevant des dispositions de l'article 706-73 du code de procédure pénale, les peines sont portées à cinq ans d'emprisonnement et à 75 000 euros d'amende. »
Comment apprécier cette notion de dignité ?
Le critère est en réalité moins le respect de la dignité des victimes que de savoir si l’atteinte à cette dignité a excédé ce qui était admissible pour diffuser une information d’ordre général.
Cette confrontation liberté de la presse / dignité doit être analysée de manière contextualisée, et non par référence à des absolus. C’est par exemple le débat pour la publication de photos après un attentat : force de l’information ou atteinte à la dignité des victimes ?
Le fait que les victimes soient choquées et atteintes par la décontraction de Merah ne me paraît pas contestable. Mais du point de vue du juge, objectif, cette atteinte est-elle de nature à justifier l’interdiction de la diffusion ?
Alors, c’est sans limite…
Non. Par exemple, Al-Jazeera avait refusé de diffuser les vidéos faites par Merah. De même, diffuser la vidéo faite par assassin québécois de ses victimes tronçonnées aurait dépassé la limite. Ce serait ici du voyeurisme morbide, visant la recherche du sensationnel et n’apportant aucune info.
Il faut aussi tenir compte du temps qui passe. Le Docteur Gübler publiant les secrets sur la santé de Mitterrand quelques jours après sa mort avait été sanctionné, mais la diffusion du livre, passé le temps, a été admise car donnant des informations importantes sur un débat d’intérêt général.
Ici, la personnalité de Merah, ce qu’il dit de son parcours, les méthodes de la police… Nous sommes sans conteste sur le terrain d’informations d’intérêt général. Cela ne veut pas dire qu’on peut prendre pour argent comptant ce qui disent Merah et le policier. Tout doit être mis en question, et sur bien des points, on est dans le concours de balourds. Mais décrypter l’info à partir d’une matière brute, c’est du travail de journaliste, soumis à l’esprit critique du public.
C’est l’analyse faite par TF1 : « Nous respectons l'émotion des familles des victimes. Mais ce document contient des informations importantes et rien ne saurait s’opposer à sa publication ».
Comment intervient le CSA ?
La CSA va plus loin que la seule application de la loi et impose des règles de nature déontologiques – des devoirs – aux sociétés autorisées à émettre. Chacun sait la puissance que donne le passage sur le petit écran, et les règles du CSA vont plus loin que la loi. Le CSA s’est fâché en dénonçant un « grave manquement au respect dû à la mémoire des victimes et à leurs familles », et a demandé que prennent fin ces diffusions, ce qui a été respecté par les télés.
Le CSA doit être d’autant plus vigilant qu’il peut craindre l’effet du précédent, pouvant encourager d’autres chaînes, grandes ou petites, à se faire une gloire en diffusant des documents enflammés par la proximité du crime. FT1 fera amende honorable car il est lui est difficile d'entrer en opposition au CSA.
En conclusion ?
Que l’enquête progresse, et que les faits soient soumis au juge, qui tranchera…
Mais le débat sur la dignité va au delà de la seule application de la loi pénale.
Il y a consensus pour ne pas diffuser les documents émanant des auteurs de crimes, ne serait-ce que pour ne pas entrer dans une spirale immaîtrisable qui conduirait vers l’apologie.
Ici, le document émane de la police, mais il revient quand même à donner la parole à l’auteur des faits, et cette arrivée dans le petit monde de la télé, entre une émission de variétés et un écran publicitaire, est d’une brutalité objective. Le mode de diffusion compte beaucoup, et TF1 a recherché cet effet.
Mais on ne peut pas se placer sur le terrain de l’interdit. Le Monde publie de larges extraits, mais les vicitimes ne réagissent pas de la même manière. C'est dire que le mode de diffusion compte plus que le contenu. De même, ces déclarations ont vocation à être débattues publiquement, devant la presse, lors du procès qui suivra… mais avec les méthodes du procès équitable.
Dans le cas présent, je crois qu’est plus en cause l’émotion que la dignité. Les victimes sont atteintes et blessées. Mais, on ne peut confondre l’émotion des proches et la dignité humaine.
Hiers, ont été diffusées des images qui heurtent profondément la dignité humaine : en Afghanistan, une femme exécutée par balles, tirées de dos. On voit cette femme arriver sur le lieu de l’exécution, et s’agenouiller. Un mec s’approche, avec une kalachnikov. Il est à quelques mètres derrière elle. Il tire, mais il rate le deux première balles. La troisième, tirée en pleine tête, est mortelle et la femme s’écroule. Le tireur vide alors on chargeur sur le cadavre.
C'est un cas flagrant d'atteinte à la dignité humaine,... et notons que cette diffusion a été bien tolérée. Pour autant, l'atteinte à la dignité de cette femme dont la mort atroce passe en boucle sur les écrans, justifiait-elle la censure de ces images ? Rien n'est simple. Nous avons tous à l'esprit la photo de la jeune fille vietnamienne, nue, en pleurs, fuyant un bombardement US au napalm. Cette image du désarroi violait la dignité de cette enfant, mais donnait à l'information un impact tel qu'elle a été l'amorce d'un retournement dans la poltique des US.
Gardons toujours le temps de la réflexion.

Auguste Rodin, Le Penseur
01:51 Publié dans affaires criminelles | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : crime, police, secret, instruction, dignité











Commentaires
Le document n'a rien révélé si ce n'est le goût de TF1 pour le sensationnel. On savait Merah narcissique, entrainé, fanatique et sans remord...
Je me demande combien de jeunes désaxés ont visionné ce témoignage d'outre-tombe en se disant " Pourquoi pas moi un jour ? ".
Bravo TF1, bravo Chain, du bon boulot d'information qui sert à rien si ce n'est à faire du dimat et du pognon.
Écrit par : Gatsby | 10/07/2012
@ Gatsby :
Je ne suis pas de votre avis, ces extraits ont révélés beaucoup sur la personnalité de Mérah, son attitude face à la police... Ce n'est à mon avis pas pour rien que cet extrait "sort" au moment où l'avocate du père de Merah doit venir en France donner à la Justice des vidéos qui prouveraient au contraire qu'il s'agit d'un coup monté, qu'il ne voulait pas mourir...
La théorie d'un complot où Merah serait un pauvre type complètement manipulé, pour pouvoir accuser l'islamisme et faire monter Sarkozy dans les sondages se développait. Rien de mieux pour la combattre que ces quelques extraits, et je suis sincèrement convaincu que les policiers qui travaillent sur l'affaire, même sans être au courant de cette violation du secret, en sont plutôt satisfaits.
Écrit par : Archicham | 10/07/2012
Ce pataquès n'a été rendu possible que parce que Merah a été abattu alors qu'il pouvait très probablement être arrêté et jugé.
Ce choc médiatique est comme tant d'autres l’œuvre de la télé spectacle pour laquelle les termes de décence et de respect ont été éradiqués de leur kit de communication.
La question que je (me) pose est : n'est ce pas là une forme d'embrouille, de leurre, pour masquer la politique des différents services de renseignement européens (et autres) qui jouent à mélanger les genres entre indics, provocateurs et pièges divers dans la lutte contre les maffieux et les terroristes ?
Que leur boulot ne soit pas facile, c'est évident, mais il y a forcément une ligne rouge et avec Merah, elle avait été franchie.
Écrit par : yesroll | 10/07/2012
UNe fois de plus, le secret de l'instruction est tourné en ridicule. Le profil de ce chien pourri a été exposé en long en large et en travers dans la presse, et ce "document" n'apporte rien de plus. C'est du journalisme de caniveau digne des taboïds anglais. Par contre cette publicité fait des ravages sur le moral des parents et des proches des victimes.
Écrit par : Mathaf Hacker | 10/07/2012
Yesroll,
J'ai lu dans la presse que les premières salves du RAID étaient des balles en plastique dans les membres sup et inf gauche d'après l'autopsie, ce qui constitue la volonté initiale de le prendre vivant. Donc il ne pouvait pas "probablement" être pris vivant puisque des gens compétents pour le faire ne l'ont pas fait. Après on peut accuser le RAID d'incompténce mais je laisse ça aux professionnels. Moi je ne saurais apprécier leurs procédures.
Écrit par : Gatsby | 10/07/2012
Gatsby,
Je ne parle pas d'incompétence mais d'ordres donnés.
Je dis juste ceci :
La thèse officielle ne tient pas debout, pour preuve la photo (Paris-Match) du balcon d'où est censé s'être jeté Mohamed Merah. Un balcon qui ne fait pas trois mètres de large, et où stationnaient en armes au minimum trois policiers. Sur le bord de ce balcon, les preuves de quatre tirs de sniper ayant raté leur cible.
Les policiers du raid ont leurs HK, à chargeur transparent de 30 cartouches. Et tous ceux qui escaladent les échelles en premier en sont munis.
Mais je dis surtout que la question pour moi n'est pas là, mais plutôt dans l'enquête que mène actuellement le juge Trévidic.
Écrit par : yesroll | 10/07/2012
Pour les familles entendre les propos de ce terroriste est certainement douloureux Pour l'information du public ,cela permet de rendre plus lisible le comportement de ce type et permet aussi de combattre le révisionnisme tentant de faire de ce fou une victime Par contre ,il y a d'autres Merah,qui s’échauffent dans les cités et qui rêvent, de faire ce qu'ils a fait (en pire,si possible) pour eux,cette diffusion est un encouragement Le message c' est la célébrité posthume,le martyr religieux,la gloire du djihadiste Je pense que hélas ceci sera le déclic du prochain passage a l'acte,et c'est pour moi en cela que les médias sont irresponsable Indirectement ,il font l'apologie de ces crimes,et pour cela ,je pense que le gvt devrait porter l'affaire devant les tribunaux
Écrit par : antimythe | 10/07/2012
Ca devient très intéressant
http://www.lepoint.fr/societe/exclusif-la-dcri-telephone-a-merah-2-heures-apres-la-tuerie-d-ozar-hatorah-10-07-2012-1483683_23.php
Écrit par : gilles | 10/07/2012
Il existe sans doute dans les carnets de la DCRI un petit groupe à suivre de petits caïds susceptibles de se muter en fous de dieu. Merah était ainsi suivi mais il n'était pas le seul je présume, je vois mal la DCRI mettre en GAV tous les suspects dès qu'il y a un crime antisémite comme celui d'Ozar Hatorah.
Écrit par : Gatsby | 10/07/2012
être idiot, vaut toujours mieux que d'être complice, semble-t-on se dire aujourd'hui pour sauver les meubles d'une agence de renseignements en pleine faillite morale.
Alors que ce même individu, on vient à nouveau de la confirmer, avait un mode de vie hors-normes, qui aurait dû dès le départ en interpeller plus d'un.
Car Mérah, ce jeune banlieusard suicidaire, avait aussi une autre corde à son arc, oubliée depuis, alors qu'on le sait depuis avril dernier, qui le reliait directement à la fois au grand-banditisme et à la fois à d'autres liens douteux de la police comme on va le voir.
Non, franchement, on a beau retourner le problème dans tous les sens, l'affaire Merah nage dans des eaux (troubles) où l'on croise beaucoup de gros poissons.
Écrit par : Gipsy | 10/07/2012
@ Gilles,
Sacré Sarkozy et ses manies d'apprenti bonaparte en chef.
Depuis le début je disais que la fusion DST - RG c'était pas clair. Certains hauts fonctionnaires de la police craignaient que le recoupement automatique des info (quand au moins il y avait deux entités) soit condamné => c'est fait !
il fallait aussi s'attendre à une reprise à des fins politiques de ce super organe de contrôle selon les méthodes de la DST pourtant largement minoritaire sur tous les plans => Ben voilà !
Ou encore (pour les durs de la feuille qui veulent sauver le bébé) :
http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/10/17/bernard-squarcini-mis-en-examen-dans-l-affaire-des-fadettes_1589390_3224.html
Écrit par : Denis75 | 10/07/2012
Je voudrais juste savoir si Mr ROSENMACK aurait apprécié d'entendre la voix de l'assassin de ses enfants à la télévision !
Moi non et je pense que beaucoup des parents des victimes sont dans le même cas !
Avant l'information il y a le respect des victimes et de leurs familles mais l'on fait trop souvent passer les assassins en "vedette" en oubliant le chagrin des familles des victimes et les victimes elles mêmes !
De plus cela n'a rien amené de complémentaire à ce que l'on savait déjà : ce dément était plus paumé et narcissique que humain !
Et je trouve enfin que l'on devrait arrêter d'en parler pour ne pas créer d'autres Merah !
Écrit par : MOREAU | 11/07/2012
Je voudrais juste savoir si Mr ROSENMACK aurait apprécié d'entendre la voix de l'assassin de ses enfants à la télévision !
Moi non et je pense que beaucoup des parents des victimes sont dans le même cas !
Avant l'information il y a le respect des victimes et de leurs familles mais l'on fait trop souvent passer les assassins en "vedette" en oubliant le chagrin des familles des victimes et les victimes elles mêmes !
De plus cela n'a rien amené de complémentaire à ce que l'on savait déjà : ce dément était plus paumé et narcissique que humain !
Et je trouve enfin que l'on devrait arrêter d'en parler pour ne pas créer d'autres Merah !
Écrit par : MOREAU | 11/07/2012
Je voudrais juste savoir si Mr ROSENMACK aurait apprécié d'entendre la voix de l'assassin de ses enfants à la télévision !
Moi non et je pense que beaucoup des parents des victimes sont dans le même cas !
Avant l'information il y a le respect des victimes et de leurs familles mais l'on fait trop souvent passer les assassins en "vedette" en oubliant le chagrin des familles des victimes et les victimes elles mêmes !
De plus cela n'a rien amené de complémentaire à ce que l'on savait déjà : ce dément était plus paumé et narcissique que humain !
Et je trouve enfin que l'on devrait arrêter d'en parler pour ne pas créer d'autres Merah !
Écrit par : MOREAU | 11/07/2012
Cela dit, Rien de réellement nouveau là-dedans. Nous le savions déjà, qu'il fut longtemps manipulé par des gros malins, qui ont fini par se faire mener en bateau à leur tour!
Ca arrive souvent dans la profession.
D'autre part, s'il reste sûr que les propos de "l'intéressé" qui viennent d'être diffusés pas très adroitement, ne pouvaient naturellement pas faire plaisir aux proches des victimes, l'attitude qui consiste en un déni de réalité ne les aidera aucunement.
Il était comme ça Mehra, il nous faut faire avec et.... Il a rejoint le camp des victimes, par sa faute. On ne le regrettera pas réellement.
La police aurait sans doute dû faire écouter ça aux proches, ils ont le droit de savoir avant nous.
D'autre part, il y a à l'évidence eu des maladresses commises. C le boulot de la police, d'en tirer les leçons..
Mais bon...
Tout cela, ce récent et triste déballage n'apporta rien de nouveau et nul ne sait si un autre "fondu" comme lui ou notre ami Anders Breivik ne nous prépare pas une nouvelle surprise.
Il ne faut pas oublier que nos société, par leur fonctionnement très "maladif", fabrique des gars de ce genre, peu, heureusement. C'est à cela qu'on doit réfléchir, pour essayer d'éviter la récidive.
On n'en prend pas réellement le chemin! (les excès de nombrilisme lus ici le prouvent)
Écrit par : Tembol | 11/07/2012
Voyez la contradiction:
- on discrédite la publication de TF1 en disant ce n'est pas de l'info. Ce n'est pas un bouleversement de l'info, et ce sont des éléments qui sont tous à décrypter, aucun ne pouvant etre pris au premier degré. Mais ces sont des élements d'information
- ce soir, toute la presse fait la une sur la déclaration du fiston Hollande, expliquant qu'il est "amer" après la publication du tweet et qu'il ne veut plus voir Valérie. Ca, c'est de l'info ????
Écrit par : gilles | 11/07/2012
Un élément de vérité n'est toute la vérité :
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/affaire-merah-la-boule-de-cristal-119811
Écrit par : yesroll | 12/07/2012
La récente remarque de notre blog-captain s'imposait!
(les états d'âme du fiston d'une famille recomposée, aussi sympa qu'il soit Thomas, ça ne nous regarde pas! Il s'est peut-être fait remonter les bretelles par son père d'ailleurs... Même s'il a le droit de mal apprécier la nouvelle bergère de son père!)
Pour moi, autant TF1 ne nous a pas réellement appris du neuf avec "ça", autant ça confirmait bien ce qui était soupçonné, à savoir que des gros malins croyant le manipuler en le prenant pour un con, se sont faits rouler dans la farine!
C'était une information en soi, même si la façon était maladroite...
D'autre part, dans "Secret Défense" de JD Merchet, le RAID et le GIGN ont été invités à tout raconter. Ils ont avoué que...
D'habitude, capturer un forcené ou un tout autre genre "d'agité", c'était assez facile finalement, pour des pros bien équipés comme eux.
Il a surpris tout le monde en se défendant avec une extrême énergie. Ca arrivera peut-être encore et... Ca aurait pu être pire!
Il était un dur à cuire, Méhra. On aurait aimé le connaître "du bon bord"...
Écrit par : Thierry BRESSOL R/O (OR1) | 12/07/2012
Juste pour rire encore un peu du montage merdique qu'est la fusion DST-RG (DCRI) : c'est la DCRI qui va enquêter sur le déroulement des opérations menées par la DCRI.
Arrêt sur images (vite dit) :
"Impossible pour le ministre de l'Intérieur Manuel Valls d'accéder au dossier classé secret-défense de Merah, selon le Canard enchaîné. Si le ministre a bien déjà "eu connaissance, pour partie", des enregistrement audio de l'échange entre Merah et les policiers (dont nous parlions ici), et s'il a pu visionner la vidéo des meurtres que le terroriste avait lui-même tournée, il "n'a toujours pas eu accès au dossier Merah" établis par les services de renseignement.
Début juin, le ministre de l'Intérieur, persuadé qu'il y a eu des "dysfonctionnements" et des "failles" (nous les pointons dans notre émission), demande une "étude" sur le sujet à la Direction générale de la police nationale. La hiérarchie policière lui promet alors qu'il pourra consulter des notes classées "secret-défense", ou "confidentiel-défense" à la fin du mois de juin, raconte le Canard. Depuis, il n'y a toujours pas eu accès.
A faire attendre le ministre ainsi, "les services de renseignement jouent contre eux", estime un haut fonctionnaire de l'Intérieur. "Soit ils n'ont rien, et c'est grave. Soit ils veulent cacher quelque chose et c'est encore plus grave".
Le Canard souligne un autre point étonnant : c'est la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur), qui est chargée d'enquêter sur le déroulement des opérations, qui avaient été conduites... par la DCRI elle-même ! "Elle va donc s'autosaisir afin d'obtenir l'éventuelle déclassification de documents qu'elle détient elle-même. Pourvu qu'elle accepte", raille le journal.
Pour ajouter aux difficultés, il semble que ce soit la guerre entre les services de police. Selon le Canard, une "engueulade" a éclaté entre la DGSE (Direction générale des services extérieurs) et la DCRI lors d'un débriefing des services, quelques jours après la mort de Merah. La première reprochait à la seconde "un manque d'évaluation de la dangerosité" du terroriste.
C'est justement cette guerre des polices qui a sans doute alimentée les fuites des enregistrements des conversations entre Merah et les policiers, comme nous le racontons ici. Des fuites qui soulignent les lacunes des services de police et de renseignement, souligne Daniel Schneidermann."
Écrit par : Denis75 | 12/07/2012
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