02/08/2012
Italie : «Tu n’as pas de couilles» est une injure
L’histoire est une affaire de famille, entre deux cousins. Vittorio est avocat, Alberto est juge de paix…et tous deux s’accrochent au tribunal de Potenza, dans la région de Basilicate, au Sud de l’Italie Le ton monte, et le juge de paix (assez combattif...) reproche à son cousin « de ne pas avoir de couilles ».

Vittorio décide de saisir la justice, s’estimant injurié alors qu’Alberto soutient que l’expression, entrée dans le langage courant, relève juste du langage coloré. Le tribunal donne raison à Vittorio, mais la cour d’appel le 24 janvier 2011 réforme le jugement et innocente le juge Alberto. L’affaire est alors venue devant la Cour de cassation, qui ne parvenant à rapprocher les parties, à du trancher l’affaire… et vient de condamner le juge.
La décision a été signée par un homme, le juge Maurizio Furno, et elle retient pour motivation : « Outre la vulgarité du terme échangé, l’expression est de surcroît injurieuse. Elle implique non seulement un manque de virilité de la personne visée, mais aussi une faiblesse de caractère, un manque de détermination, de compétence et de cohérence, autant de vertus, qui, à tort ou à raison, sont identifiées comme appartenant au genre masculin ».
La Cour a tenu compte du fait que le propos avait été tenu sur le lieu de travail et en présence de tiers, ce qui avait porté atteinte à la réputation de Vittorio. On peut ainsi penser que, dans un autre contexte, on en serait sans doute resté à une expression haute en couleur, mais n’atteignant pas le seuil de l’injure. Le débat n'est donc pas clos...
Mais quand même, la Cour de cassation nous la joue macho.
La première partie de la motivation est nickel : « Outre la vulgarité du terme échangé, l’expression est de surcroît injurieuse. Elle implique non seulement un manque de virilité de la personne visée, mais aussi une faiblesse de caractère, un manque de détermination, de compétence et de cohérence ».
Très bien, mais pourquoi avoir ajouté : « …autant de vertus, qui, à tort ou à raison, sont identifiées comme appartenant au genre masculin ».
Il reste à attendre une dispute entre cousines, et un nouveau procès, pour amener la Cour de cassation italienne à préciser sa pensée sur les vertus « identifiées comme appartenant au genre féminin ».

01:21 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : italie, cour de cassation, injure











Commentaires
La cour de castration italienne ?
Écrit par : Gatsby | 02/08/2012
Il est des sujets sensibles où l'opinion publique attend le juge au tournant, se demandant comment il va pouvoir se tirer du mauvais pas où semble le placer la question posée.
Comment, par exemple, la société fait-elle savoir qu'elle désapprouve des pratiques satanistes, des invocations démoniaques, du spiritisme, des malédictions, ou plus largement, tout comportement motivé uniquement par la superstition et les croyances, tout en leur déniant toute efficacité, toute influence, toute légitimité rationnelle ? J'avoue ne pas lire un arrêt concernant une secte, par exemple, sans avoir enclenché préalablement une sous-routine de surveillance de la laïcité de l'Etat, pour ne pas dire de son cartésianisme.
Ici, pourquoi le juge a-t-il apporté ces précisions ? Sans doute qu'il se sentait également épié par une opinion publique curieuse du piège tendu : comment dire que "n'avoir pas de couilles" est une insulte, sans signifier implicitement que l’appartenance au sexe féminin, notoirement dépourvu de testicules, alors en serait une aussi ?
La circonlocution du juge ne vise qu'à introduire les termes "à tort ou à raison". Pour ne pas comporter ces mots, la première partie de la phrase, que seule vous approuvez, s'expose à telle critique et donne par trop d'arguments aux machistes et phallocrates. Je ne dirais pas que le juge italien s'en est tiré de la façon la plus subtile, ni que sa décision ne consacre pas une regrettable progression du "politiquement correct", mais au moins la phrase prête-t-elle à moindre raillerie que si cette précision manquait..
Écrit par : An Ankoù | 02/08/2012
Consternante la Cour de Cassation italienne.
Au fait, combien de femmes ont-elles eu à se prononcer sur ce si délicat problèmes ? Combien de femmes juges compte-t-on au Tribunal de Potenza, à la Cour d'appel, et à la Cour de Cassation ?
Écrit par : Dehors les soutiens à Israël comme état juif | 02/08/2012
Le commentaire précédent est signé : Marianne.
Écrit par : Dehors les soutiens à Israël comme état juif | 02/08/2012
Blablabla... Tout ca pour ca... Article inutile qui vise à créer une polémique inutile au sujet d'un procès ridicule.
Si l'auteur consacrait plus de temps à faire quelque chose d'utile, je suis sur que cela serait mieux pour tout le monde
Écrit par : chibisuke | 02/08/2012
je pense que les tribunaux n'ont vraiment pas grand chose a faire pour juger de telles conneries ! effectivement, ces paroles sont dans le langage courant, et si la justice commence a condamne ce genre de chose, il va falloir ouvrir beaucoup de tribunaux car tout le monde utilise ce genre de langage, ça va en faire du monde qui va maintenant porter plainte pour rien !
Écrit par : tonton5769 | 02/08/2012
Attention n'oubliez pas que les juges ne choisissent pas les affaires sur lesquelles ils statuent...
ici vous avez un schéma très usité : une personne porte plainte, le tribunal lui donne raison, l'autre fait appel et la cour lui donne raison, donc le plaignant va en cassation.
Le juge saisi d'un recours est tenu de statuer... ou ce serait le déni de justice.
Finalement, c'est un dossier d'injure qui va en cassation, et ça arrive aussi bien en France (Je pense d'ailleurs que l'analyse aurait été proche)
On voit surtout les dossiers d'injure... au prud'hommes dans le cadre du contentieux disciplinaire, et c'est très très fréquent de voir les juges examiner avec une loupe et un trébuchet de bonnes et grasses vulgarités, pour apprécier quelle genre de sanction elles pouvaient mériter...
Écrit par : gilles | 02/08/2012
Les couillus deviennent de plus en plus rare et font place a des idiots utiles qui effectivement se sont fait coupés les "cojones" ,souvent par des femmes culturellement émasculatrices,ou par idéologie tellement climatisante qu'ils s'y vautrent avec délectation et jouissance ...Mais chut dans leurs imaginaires fantasmagoriques ils sont l’élite,la quintessence de l'humanisme, le dernier rempart contre le fascisme Les sans "cojones" sont des guerriers ,les derniers,ceux qui sauveront l'humanité et il ne faut pas jouer avec leurs "cojones" intellectuelles ,car c'est avec elles qu'ils se masturbent les méninges ,jusqu’à devenir sourd
Écrit par : antimythe | 02/08/2012
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