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Tentative d’assassinat à 13 ans

mineurs, crime, prison, JusticeC’était le 15 mai 2009, au collège François-Mitterrand de Fenouillet, près de Toulouse. La veille, une prof de math avait collé une punition à un élève de sa classe de 5°, âgé de 13 ans, pour un devoir non rendu. Ce 15 mai, l’élève vient voir la prof et lui demande de retirer la punition, ce que la prof refuse.

«Bien, je vais te tuer ».

L’élève sort un couteau, et porte un coup au thorax, un coup prémédité et potentiellement mortel.

La victime a pu être soignée, et elle a depuis repris ses activités d’enseignement.

Le collège était connu pour être tranquille, et le gamin était sans histoire. L’irruption soudaine de la plus extrême violence…

Le sinistre de l’Education nationale de l’époque était Darcos Xavier, qui avait fait preuve d’un grand sang-froid et d’une parfaite analyse de la situation… en annonçant la mise en place de portiques de sécurité dans les colléges ! Bien vu, gros malin ! Excitons les peurs, ça fait progresser la société... Et c’était parti comme en quatorze, avec le tintamarre joyeux des répressifs apeurés, le festival de l’Internationale des redresseurs d’enfants, la rave party des cinglés de la famille au carré, la séance d’hallucination collective des traqueurs de laxisme, la chorale des pucelles sociales pleurnichant sur la perte des valeurs… De Gaulle disait que les Français sont des veaux… peut-être, mais avec ascendant mouton.  

Heureusement, la justice est confiée à des gens sérieux, qui étudient et réfléchissent avant de parler. Ça aide.

Le procès s’est tenu ce 2 octobre, alors on peut faire le bilan.

Le cadre, c’est le tribunal pour enfants de Toulouse, qui applique la grande ordonnance de 1945 sur les mineurs : l’autorité par l’application de la loi, l’intelligence par les mesures éducatives. Le procès se tient à huis clos, mais on en sait assez pour poser quelques données d’analyse.

D’abord, le gamin n’a jamais été incarcéré. Douloureux dilemme pour le juge, qui a du statuer dès le lendemain de faits, et qui avait quelques heures pour réunir le plus grand nombre d’informations et jauger la personnalité de cet enfant.

A 13 ans, la prison est possible pour crime. Mais le juge avait fait le choix d’éviter la bascule de l’enfermement carcéral. Le gamin a été placé un an dans un centre fermé, et depuis deux ans et demi, il était pris en charge dans un foyer doté d'une équipe renforcée d'éducateurs.mineurs, crime, prison, Justice

Le tribunal a pris son temps pour juger, et on imagine que tout a été fouillé pour comprendre : interrogatoires minutieux, auditons des proches, examen des années passées, expertises psy, enquêtes de personnalité, compte-rendu des soins pratiqués et analyse du travail éducatif entrepris. Ce temps passé avant l’audience compte beaucoup pour cerner la personnalité d’un enfant, qui évolue si vite entre 13 et 16 ans.

L’audience elle-même a duré 12 heures, et le jugement rendu est conforme aux réquisitions du parquet : cinq ans de prison, dont deux ans ferme.

Comme l’a expliqué Maître Boquet, l’un des avocats de l’enfant, le tribunal a prononcé une peine de prison ferme « pour marquer le coup d'un acte particulièrement grave », mais il a « ouvert la porte » en fixant dès le 6 novembre l'audience d'aménagement de la peine. C’est que le 6  novembre, on discutera des mesures de contrainte et du cadre éducatif strict qui peut être mis en place, et qui, s’il est bien suivi, peut permettre d’éviter l’incarcération. L’avocat de la victime s’est exprimé sur le même registre.

La presse donne des échos des déclarations des uns et des autres, dont l’expert, mais il est trop aventureux de se faire une idée de faits si complexes à partir de ces éléments trop épars.

En revanche, on voit bien le mécanisme du droit des mineurs. La justice se prononce, avec l’application de la loi commune et la fonction cathartique  du procès. Mais dans le même temps, joue le processus éducatif, efficace car il est conduit par des professionnels et dans la contrainte de la loi. La répression, nécessaire, compte, mais elle ne doit pas remettre en cause le travail éducatif de l’enfant.

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Commentaires

  • Ceux qui nous gouvernent, ne disent et ne font que des balourdises.
    Ce qui console, c'est que sans l'imbécilité, il n'y a plus d'intelligence.

  • Moralité, pour avoir un suivi scolaire performant, poignarde ta prof.

    Si la justice était confiée à des gens sérieux, elle serait moins fantasque. Ce gamin est dangereux et c'est pour ça que les acteurs de la justice en sont tombés amoureux, ils salivent de ce défi de le changer en brave petit élève qu'on tentera de hisser jusqu'au doctorat pour ensuite se palucher dans des publications sur la sublime réversibilité de la condition humaine.

  • Avec les politiques et les medias qui sautent sur les faits divers violents comme des pervers sur une vierge, on n'arrive plus à percevoir le réel.

    Ma sœur instit m'affirme que les gamins de maintenant ne sont plus les mêmes qu'il y a 30 ans. J'ai aussi l'impression qu'il y a plus de gamins "à problèmes", pas seulement de violence, mais de santé, de grande souffrance ou simplement "agités"...
    Et les faits de violence des jeunes qui existaient moins dans les décennies 60 à 70, aisance économique aidant, et dont on parlait moins, ont à mon avis toujours eu lieu.

    Je suis content de ce que vous avez écrit. Expliciter la justice des enfants n'est pas si simple (surtout quand on s'adresse à des pauvres d'esprit aux idées reçues).
    J'ai eu l'occasion de connaître certains de ses acteurs et ils méritent toute ma considération.
    Et je voudrais aussi rendre hommage à Mme Myriam Sanchez, juge des enfants simplement sévère et juste, puis enseignante à l'ENM de Bordeaux sauvagement assassinée l'an dernier par le père de ses enfants.

  • @ Gatsby : ce qui est dingue c'est que vous ne connaissez rien de plus du dossier de ce gamin que n'en dit M Devers dans cet article et par idéologie vous décidez qu'il est dangereux et irrécupérable. Ne croyez vous pas que les juges et les éducateurs qui le suivent depuis 2009 n'en savent pas un peu plus que vous?

    En gros vous proposez quoi pour ce gamin : de le condamner à perpétuité sans possibilité de libération? La peine de mort?

  • Vu la méticulosité de l'étude de ce cas par les magistrats, c'est sans doute la moins pire des conclusions; à condition que le conrôle judiciaire soit sérieusement suivi.

  • @mussipont

    "L’élève sort un couteau, et porte un coup au thorax, un coup prémédité et potentiellement mortel. "

    Jamais on ne me fera penser que c'est rachetable immédiatement par de l'éducation. Je ne partage pas les sentiments dégoulinants d'attention pour ce petit, qui a un truc en lui qui lui a permis de passer à l'acte et qu'une justice prétentieuse croit pouvoir lui ôter. Je ne partage pas cette fascination.

  • Voilà ce qu'on peut lire ici :

    La victime a pu être soignée, et elle a depuis repris ses activités d’enseignement.


    Lu dans la presse :

    La victime, aujourd'hui âgée de 38 ans, ne comprend toujours pas ce qui s'est passé. L'instruction n'a pas permis de donner de réponse. Cette femme, meurtrie dans sa chair, enseigne à nouveau mais garde des séquelles à la fois physiques et psychologiques.



    Si ce môme avait tué sa prof comme il voulait le faire, le propos serait le même, ne pas l'enfermer car ça en ferait un fauve, ne pas l'emprisonner car c'est l'école du crime.
    Bref on en est rendu au point que la réponse hautement répressive devant un acte grave ( ne vous marrez pas ) du système judiciaire prisé ici, c'est l'accompagnement en semi-liberté vers le retour au monde des gentils. Du suivi, de la palabre, des paris sur l'humanité.
    Le monde des bisounours quoi...

  • Ceux qui nous gouvernent, ne disent et ne font que des balourdises.
    Ce qui console, c'est que sans l'imbécilité, il n'y a plus d'intelligence.

    Écrit par : Sicotine | 04.10.2012

    je ne comprends pas votre remarque ....
    les faits tels que décrits n'apporte aucune interrogation ou brouillage de neurones...et je suis plutôt d'accord avec la présentation et le partie pris de ce billet....

    Bref, où est le problème?

  • @ Gatsby : Mais où voyez vous des "sentiments dégoulinants d'attention" ? Où voyez vous une "fascination" ? Est si difficile de comprendre qu'il est possible de "rattraper" un gamin de 13 ans car c'est justement à cette période que se modèle la personnalité?

    Et je répète ma question : vous proposez quoi pour ce gamin : de le condamner à perpétuité sans possibilité de libération? La peine de mort?

  • Dans ce cas il faudrait surtout se pencher sur la cause même du problème : l'école obligatoire.

    O-bli-ga-toi-re ! Vous rendez-vous compte de ce dont il s'agit ?
    Une mesure prise il y a plus d'un siècle pour forcer la main des parents qui avaient besoin d'aide aux champs quand la France était à 90% rurale et qui n'a aucun sens aujourd'hui.

    Proposer l'enseignement laïc gratuit pour tous : Oui
    Enfermer un enfant qui n'a pas envie d'apprendre : Non ! Ca le rend fou ! C'est la même chose que l'enfermer en prison. Nous en avons des preuves tous les jours et celle-ci n'en qu'une parmi un océan.

    Alors je sais, c'est pas facile. Combien de parents qui n'ont cure de l'éducation scolaire (ou éducation tout court) de leur progéniture se servent de l'école comme d'une garderie.
    Il faut réfléchir à trouver une solution de remplacement à la fois pour les enfants et les parents avant de mettre cette solution à l'étude...

    @Mussipont : Ne rien faire n'est pas faire quelque chose. Agiter des fantasmes n'est pas réfléchir. Ce gamin il faut le sortir du système scolaire : N'avez-vous pas entendu son appel ?

  • Il serait raisonnable en effet de rétablir la scolarité obligatoire jusqu'à quatorze ans. Trop de mômes n'ont rien à faire à l'école à cet âge, à part mettre le souk. La qualité de l'enseignement s'est tellement dégradée en cinquante ans que cela ne rime plus à rien.

  • @mussipont

    Est si difficile de comprendre qu'il est possible de "rattraper" un gamin de 13 ans car c'est justement à cette période que se modèle la personnalité?


    Mais qu'est-ce que vous en savez de ça ? D'autres experts que vous, qui on publié, disent qu'à 6 ans tout est joué.

    Pour répondre à votre question, je propose pour cet apprenti assassin une vie en marge ( des journées, des mois voire des années de TIG avec nuit en centre fermé ) pendant une durée nécessaire qui permettra de s'assurer qu'il n'est pas disposé à réitéré son geste à la première contrariété.

  • Tiens regardez ce que ça donne notre justice du "tout le monde il est beau tout le monde il est gentil" :

    "Echirolles : Les deux fuyards les plus impliqués sortaient juste de prison et ont déjà été condamnés pour des faits de grande violence ".

    Oh mais ils avaient payé leur dette me direz-vous ? Hé bien La preuve que non. Car quand on paye une dette jusqu'au dernier centime, on ne recommence pas.

  • J'ai passé ma treizième année en maison de correction, comme on disait. Cela ne m'a pas empêché plus tard de faire carrière à un niveau très au dessus de la moyenne. La vengeance contre les ados ne vaut pas, et ça je le sais.

  • "Le deuxième fuyard, prénom nom, qui aura 21 ans le 27 octobre, avait lui été jugé en comparution immédiate le 27 août dernier pour avoir attaqué un homme avec un couteau à un distributeur automatique à Grenoble. Le tribunal l'avait relaxé mais le parquet avait fait appel de cette décision." ( Le Parisien )


    Voilà où on en est aujourd'hui, on a construit, ou laissé construire un système plus que permissif.

  • @ Gatsby :

    Ah je vois que vous progressez en écrivant :

    " je propose pour cet apprenti assassin une vie en marge ( des journées, des mois voire des années de TIG avec nuit en centre fermé ) pendant une durée nécessaire qui permettra de s'assurer qu'il n'est pas disposé à réitéré son geste à la première contrariété."

    Ce qui suppose que vous pensez que ce gamin est éventuellement capable de revenir dans la société. Vous êtes moins catégorique que je ne pensais.

    D'un autre coté, et c'est tout le paradoxe de la prison, vous espérez que quelqu'un qui a fait preuve d'asociabilité (et une tentative de meurtre c'est un comportement asocial modèle XXXXL) redeviendra plus social après une longue période de "vie en marge". Là j'ai toujours eu un peu de mal à comprendre la logique du truc.

  • @ Matahf Hacker : Vous devez être une sorte d'aberration statistique, une anomalie. Normalement ayant été délinquant à 13 ans vous auriez dû récidiver.

    Comment ça, on est capable d'évoluer après 6 ans???? Nous aurait on menti ????

  • @Mussipont, statistiquement je n'étais pas déliquant car il n'y a pas eu de juge ni de procès. Des broutilles sans violences, mais qui risquaient d'entâcher le nom de la famille. Alors il y a eu un arrangement entre le commissaires du coin et le conseil de famille, c'était comme ça. Fort heureusement le château de Combreux n'était plus l'antichambre du bagne pour enfants de Belle isle en Mer, depuis l'ordonnance de 1945. J'en suis sorti à la fois plus révolté et plus fort, ce sont des destinées individuelles. Je ne peux que louer le travail des juges pour enfants, moi qui ny'ai pas eu droit. C'est encore un peu douloureux cinquante ans après, mais ça se surmonte.

  • D'un autre coté, et c'est tout le paradoxe de la prison, vous espérez que quelqu'un qui a fait preuve d'asociabilité (et une tentative de meurtre c'est un comportement asocial modèle XXXXL) redeviendra plus social après une longue période de "vie en marge". Là j'ai toujours eu un peu de mal à comprendre la logique du truc.

    Écrit par : Mussipont | 04.10.2012


    Vous avez mal lu, je propose des TIG qui le socialiseront, s'occuper de personnes âgées notamment, de malades, etc. Il doit payer en ramant lentement et surement sur un long chemin pour mériter le pardon. Long le chemin.

  • @ Gatsby : Ok mais vous l'enfermez la nuit (risquerait d'aller poignarder de nouveau la prof pendant la nuit, c'est ça?).

    Et la question du pardon est à mon avis inopportune. La société n'a pas à pardonner, seule la victime le peut. La société doit sanctionner, et si possible en améliorant les choses. Et la société doit ensuite considérer la faute réparée une fois la peine exécutée.

    Vous noterez que la solution choisie par la justice n'est pas si éloignée de ce que vous proposez puisque le gamin a été placé en CEF puis en foyer. Mais la justice a préféré confier cet ado a des éducateurs et des profs. Mieux vaut lui apprendre à écrire et à lire correctement, ça lui serait sûrement plus utile pour plus tard.

  • Il n'est pas interdit (jusqu'à présent), de croire en la rédemption, à la rémission des pêchés. C'est une forme supérieure d'humanité, en même temps j'dis ça, j'dis rien.

  • Amen !

  • Perso accéder à une forme supérieure d'humanité, je m'en tape comme de mon premier slip kangourou, je laisse ça aux culs bénis.

    Ce môme doit payer son acte, cher et durablement. Il faut une société dure à la hauteur des actes graves commis. Sinon c'est la lente deliquescence que l'on connait.

  • Mieux vaut un cul béni qu'un trou du cul tout court.

  • Gatsby,

    Les Etats-Unis raisonnent comme toi : résultat, ils ont près de 1% de la population totale en taule et leur société est toujours plus violente et en "déliquescence".

    Sinon, le modèle européen et notamment les résultats scandinaves sont beaucoup plus encourageants : au niveau du traitement pénal de la délinquance et de la criminalité c'est exactement l'inverse de ce que tu proposes.

  • Denis75, tu sors n'importe naouak comme dab, payer cher et durablement ne veut pas nécessairement dire être en taule.

    Mathaf, la bonne formule c'est trou du cul béni, ça a d'ailleurs tourné la tête à bon nombre d'hommes de dieu.

  • "tu sors n'importe naouak comme dab, payer cher et durablement ne veut pas nécessairement dire être en taule. "
    Écrit par : Gatsby | 05.10.2012


    Lol : ah bon... C'est vrai que balancé comme ça, on voit tout de suite ce à quoi tu fais allusion :)
    C'est tellement facile de dire n'importe quoi sur des sujets aussi importants et complexes. C'est un peu moins simple quand on se frotte à la réalité des institutions judiciaires et carcérales.

  • il y a des types qui bossent depuis des années sur cette question...
    La solution: enfermer tous les gamins jusqu'à 25 ans, les faire sortir avec une femme et un boulot et hop! le tour est joué...

  • Il se trouve que la racaille que je suis a été, jadis, prof de maths (non titulaire, remplaçante) en collèges et lycées.
    "Jadis" se situant au début des années 2000.

    Des gamins "à problèmes", y'en a quelques uns dans toutes les classes... je rejoins les questionnements sur l'école obligatoire (et coupée de la vie de pas mal de mômes, mais relisez Freinet ça pourrait être utile à un Peillon sans ambition).
    Mais aussi sur le système punitif et ses impasses : moi aussi, j'ai eu des problèmes avec des gamins qui supportaient plus. Tous les cours, le même aller retour, carnet de correspondance, mot, punition, pour des attitudes qu'ils étaient pour certains, incapables de ne pas avoir (comme discuter entre eux au lieu d'écouter le prof).
    J'ai eu deux fois à menacer de faire intervenir un tiers extérieur : le commissariat. Soit une fois par an.
    A chaque fois, cela a fait revenir l'élève au réel et à ses enjeux.
    Mais tout de même, voici l'anecdote suivante avec un "petit 6e" : fin de cours, pour la énième fois, son carnet est sur mon bureau et je lui écris un mot à signer par ses parents dedans. Cependant que j'écris, il prend le compas en bois du tableau, et s'avance vers moi, le brandissant telle une matraque, en exigeant : "j'en ai marre de vos mots dans mon carnet, madame". Quelques autres gamin.e.s de la classe, resté.e.s là, tentent de le raisonner, en vain.
    Je lui dis : "S., je crois que si tu fais ce que tu es en train de faire là, ça ne relèvera pas du mot dans le carnet, mais qu'il faudra en parler au commissariat. Alors je serais toi, je poserais ce compas".
    S., posant le compas : "ah m'dame, j'plaisantais".
    Moi, lui rendant le carnet : "alors file vite, parce qu'elle est de mauvais goût, ta plaisanterie. Et n'oublie pas de faire signer ton mot...".

    Si on remplace compas par couteau, la scène est à peu près la même.
    Quand un élève commence à dire "je vais te tuer", c'est physique il faut se garantir...en prenant une distance suffisante dans l'interlocution. Facile à dire (je faisais de l'aïkido donc j'avais ce réflexe quant à moi). L'agression n'a pas été tout à fait par surprise, dans son cas aussi, il y a eu explication...

    Pour le compas, comme c'était une "plaisanterie", on en est restés là.
    J'ai eu plus de chance que cette collègue...
    Mais c'est inévitable, il y a des rapports très durs à l'école, avec la contrainte et le système punitif...et puis les parents derrière.
    Dans mon cas, les parents du gamin nétaient pas là : il était placé, et, tenez vous bien, j'ai appris par la prof principale qu'il tapait ses "parents" de famille d'accueil... à un tel âge, d'où peut venir une telle habitude ?
    Je ne sais pas, je ne connais pas son histoire.
    Je sais juste que c'est ce même gosse qui s'est amusé à peloter les filles formées de la classe à la fin de l'année... et là, on peut comprendre qu'il n'a probablement pas inventé tous ces comportements violents tout seul, et pas été placé à l'extérieur de sa famille d'origine "pour rien". Mais que notre système de protection de l'enfance n'est pas suffisant (en termes humains) pour faire évoluer des gamins qui ont grandi avec, par exemple, l'exemple de la violence parentale, ce qui est probable dans ce cas.

    Pour le cas de notre assassin de 13 ans, j'ajoute qu'il peut y avoir le cas de parents très sévères, au point que le gamin ne trouve plus d'autre issue, pour ne pas rapporter de mot punitif à la maison, que de se "débarasser de la source des mots".
    Si à cet instant là, rien ne rappelle au gosse ou à l'ado que c'est pas une mort de jeu vidéo, et qu'il y aura le commissariat derrière, c'est tout à fait possible, et probable, d'avoir de tels actes... par un gamin qui trouve pas d'autre issue.

    Sur le fait, par un gamin ou un adulte, d'assassiner avec préméditation, je me permets enfin de renvoyer au bouquin de Pierre Truche sur l'assassinat du président de la république par l'anarchiste Santo Caserio : il comporte la retranscription de toutes ses auditions. On voit bien l'acte prémédité, justifié. Et aussi le fait qu'une fois le couteau planté, l'humain qui vient de commettre le geste irrémédiable voit dans le regard de celui qu'il vient d'ôter du monde, ce qu'il vient de commettre, et que ce qu'il vient de commettre est infiniment irrémédiable.
    Le meurtrier - du moins celui dont le but est de "supprimer un problème", et pas de supprimer des personnes par sadisme - imagine mal son meurtre...

    Aujourd'hui, d'autant plus mal lorsqu'à la télévision, films comme dessins animés nous montrent des bagarres pleines de coups qui, dans la réalité, donneraient force hémoglobine et blessures irrémédiables voire décès, de manière aseptisée, avec des types qui s'en relèvent sans aucune trace.
    Hormis dans le manga "ken le survivant" où là, on a une vision réaliste de ce que fait un coup... mais du coup, c'est ce manga là, qui a déplu aux adultes français par sa "violence"...

    Voilà.

  • On applique les principes séculaires et universels de la justice, et on se fait traiter de Bisounours. C'est rigolo.

  • Ce pauvre Racaille n charche pas à observer les choses en amont... Donc il n'a rien compris au film.
    Il reste sûr que là, on va droit au système de justice-western!
    De tout temps en tout lieu, il y a eu des conneries petites et grandes faites par des jeunes gens, parfois sans motif explicable. Ce que nous voyons depuis 10 ou 15 ans se multiplier, ça n'existait pas autre fois. Nous les "fabriquons" ces petits crétins barbares. Mais nous assistons dans tout le monde Occidental à la multiplication de ce genre de faits divers.
    N'y a-t-il pas un rapport de cause à effet (ou plus?) entre le système économique extrêmiste qui nous est imposé? le culte de l'argent et de la dérision en toute chose sont omniprésents dans un monde médiatique qui fonctionne majoritairement avec la pub, la première Grande école du conformisme, de la vulgarité et de l'exploitation des pulsions plus ou moins conscientes, bonnes ou mauvaises.
    (mais comme il est plus facile d'exploiter les mauvaises accompagnées de l'ignorance...)
    Quel environnement culturel avons nous construit pour nos enfants depuis trente ans?
    Ce qui se fait en matière d'éducation et de "gouvernance" dans le monde occidental, C pas brillant!
    Ce n'est pas qu'un problème de responsabilité individuelle, C un pb d'éducation foirée. Un (ou une) môme qui n'a pas appris à se dominer et se connaître lui-même, a 100 fois plus de chance de nous faire un mauvais coup qu'un autre qui sait se dominer...
    Et ça.... Quand ça passe dans le journal, C comme quand un avion passe dans le journal, il a décollé mais n'a pas atterri!
    (en aviation la règle d'or, C maintenir chaque jour un nombre égal de décollages et d'atterrissages. Le décollage est facultatif, mais l'atterrissage est toujours ensuite obligatoire! Tout abus a été, est et sera puni. C'est ce qui nous arrive quand on a des enfants, les élever c'est les faire décoller et les aider à voler....)

  • Dur-dur... j'ai écrit Racaille en lieu et place de Gatsby, que Racaille veuille bien me pardonner! Gatsby a pigé ça "à l"américaine et là-bas, on commence "à en revenir"! Seule l'inertie sociale, le conformisme ambiant et le fait qu'il leur faudra changer 50 fois de camp, retarde une évolution nécessaire, je renvoie là au message de Denis75, qui rappelle que le 100% répressif, c pas très efficace! Ca se saurait, depuis des milliers d'années...
    (tout au plus, la peine de mort empêche effectivement la récidive à coup certain... ;-)) Mais là aussi, si elle faisait baisser réellement le nombre de crime, ça se saurait! Son seul réel avantage, on ne regrette pas tout le monde après avoir "exécuté"... mais s'il y a erreur, ça fait désordre...

  • "Quand on paye une dette jusqu'au dernier centime, on ne recommence pas."

    Désolé, mais c'est pile l'inverse

    Et, comme vous sembez définitivement cerné par de catastrophiques Bisounours, je me permets de vous suggérer d'interroger des surveillants de la pénitentiaire. Ils savent tous que l'éxécution de la peine est impossible à gérer sans l'aménagement de la peine

    Laissez tomber Valls, et lisez les auteurs.

  • @Thierry : bon, excuses acceptées, mais que tout le monde note bien pour l'avenir :

    - je suis UNE racaille, et non UN racaille (après, des gens vont dire que ce sont les racailles comme moi qui savent pas parler la France ? Zyva y'en a qui s'moquent du monde ou quoi ? Bah j'leur dis pas wesh, à ceux-là).
    - Et jamais on ne traite une racaille de PAUVRE (racaille).
    La racaille n'est jamais pauvre : elle est riche de toutes ses ruses de racaille, et nique le système ad honf comme son héros vénéré, Tony Montana.
    Traiter une racaille de "ce pauvre racaille", c'est risquer de se faire un ennemi mortel pour l'avenir (attention, il paraît que les racailles, de nos jours, ont des kalash et autres armes très très dangereuses en stock, des vraies terreurs, donc mesurer ses mots pour sauver sa peau, ça peut être utile).

    Bref, la racaille a une réputation à tenir, et elle y tient (selon Nicolas, la racaille terrorise la ville entière, et même, a p't'êt' la bombe nucléaire,
    donc faut la passer au karcher.
    Enfin ça,
    c'est juste pour la rime en "ère"...).

    @gilles : le discours sur les "bisounours" est assez répandu sur les forums et facebooks de flics depuis que c'est le PS qui est au pouvoir. C'est possible que pour eux et un halo de population autour, "gauche" soit synonyme de laxisme aussi automatiquement que pour nous à gauche, "droite" est synonyme de "sécuritaire". Avec Valls, remarquez, ça va peut-être changer leurs repères à ce propos...
    ...mais derrière, ça questionne aussi ce que doit être "faire la police" (si je suis pas dans le pur répressif, je suis un bisounours et plus un flic ? Pourtant parfois, ne pas être uniquement dans le coup d'trique, c'est plus efficace...). Bref, il y a tout un métier derrière.
    Je ne sais pas si notre internaute est flic, mais voilà disons la sphère sociale où se dit le mot le plus souvent en ce moment.

    PS : et qu'on ne croie pas que la racaille soit anti-flics.
    La racaille kiffe les flics, parce que ça l'amuse de les semer et d'être plus rusée qu'eux.
    Quant aux flics, ils ne devraient pas oublier que sans la racaille, bah ils ne pourraient pas être flics.
    Nan j'déconne : il faudrait revenir aux basiques, dans ce pays.
    Il n'y a pas de racaille : il y a des délinquants et des criminels, point. Ou, plus précisément encore, des auteurs d'actes délinquants ou criminels.
    Un jour, on y arrivera à le jeter à la mer, ce putain de karcher.

    Et à faire comprendre que Louise Michel a été plus efficace, en refusant de porter plainte contre celui qui avait voulu la tuer (d'une balle dans le crane, qu'on n'a pas pu lui ôter ensuite, je crois) : cela a fait beaucoup réfléchir ce dernier, qui a terminé sa vie en admiration pour cette femme qu'il détestait auparavant au point de vouloir sa peau...

    A bons entendeurs, salut. La clémence vaut parfois mieux que la vengeance.

  • Starsbourg,
    Le jeune Daouda, 13 ans et 1m60, mis à mort par le "justicier des terrains", 14 ans, 1m80. Ce dernier va enfin avoir un bon suivi éducatif grâce à nos petits acteurs de la justice rédemptrice.


    @Gilles

    "Désolé, mais c'est pile l'inverse"

    Qu'est-ce que vous en savez, vous n'êtes pas la synthèse de la justice française ni le confident des tous les matons, mais un avocat parmi d'autres. Je passe sur Valls, la lecture, et autres allusions pathétiques.

  • @thierry bressol

    La justice western existe déjà en France et les victimes abattues ou lynchées tombent de + en + régulièrement, mais contrairement au far west, seul un camp est armé et c'est ce camp qui suscite l'attention des sauveurs de destin broyé en France et qui recueille toutes les circonstances atténuantes ( crise éco, foyer éclaté, la TV, le culte de l'argent, etc ). Les victimes brisées n'ont qu'un avenir, mourir, ou vivre avec les séquelles physiques et psychologiques. A ce titre relisez le bref passage de ce papier, bien édulcoré le passage, concernant la prof : " La victime a pu être soignée, et elle a depuis repris ses activités d’enseignement. " Or cette femme est brisée, physiquement et psychologiquement. Mais il ne faut pas le dire, ce n'est pas le but de ce genre de papier, d'ailleurs ce n'est jamais le but, ici. Alors vos "il n'a pas compris " et " il se croit aux " , vous vous les gardez. On ne focalise pas sur les mêmes acteurs du film.

  • Gatsby

    je vous propose de vous faire inviter dans une bibiothèque universitaire de droit.

    On n'y trouve pas le "livre" de Valls, car nous sommes sur le registre de la connaissance et de la science, mais on peut notamment y lire la "Revue de droit pénitentiaire" rédigé par et pour les professionnels

    Tout le monde est d'accord : l'exécution de peine sans aménagement est impossible à gérer.

  • Le système monté est aberrant, perpet veut dire 22 ans et ces 22 ans veulent dire 10 à 12 ans puis aménagement. Bref pour le plus immonde des meurtres, c'est entre dix et douze ans.
    La preuve de l'ignominie de ce système et de ceux qui le défendent : Un type comme Dutroux, un jour, ressortira. Encore frais et plein de sève. Mais là on connaitra mieux ses complices.

  • "Bref pour le plus immonde des meurtres, c'est entre dix et douze ans"

    Non, entre 25 et 30.

    Si le mec est jugé à 30 ans, il sort à 60.

  • A part Fourniret je vois pas...

    Guy Georges c'est 22 ans incompressibles.

    Les périodes de sûreté de 30 ans, c'est pas courant. En général c'est 22 et encore, on demande souvent au TAP de lever la sûreté.

  • Gatsby! On n'en est pas encore au western toujours et partout, il faut rester calme.
    On n'est à Cristobal Colon nulle part en France!
    (Cristobal Colon est une ville portuaire d'escale à l'entrée du canal de Panama ou les navires font souvent "les soutes" - "le plein" en d'autre terme - avant de traverser le Pacifique parce que le fuel est détaxé, elle est mondialement renommée chez les marins pour son incroyable insécurité! En montant dans un taxi par exemple, on n'est même pas sûr que ce soit un vrai taxi et....)
    D'autre part, le jour où je me sentirai mal en sécurité en me baladant en ville en France, jour ou nuit, je ne demanderai pas la permission des autorités, je sortirai avec mon arme. Ca ne risque pas d'arriver! On en est fort loin et pas réellement sur le chemin, même s'il existe ça C vrai, quelques symptômes inquiétants...
    Si je ne le fais pas parce que ça ne sert à rien et que....
    J'aurais la gâchette facile, probablement. On n'est pas à Philadelphie ici, ville où presque tout le monde sort en ville avec un flingue (souvent porté en double avec un ceinturon et deux sacoches latérales sous le costume gris, ou dans le sac à main pour les dames et en tailleur élégant), mais où les agressions sont très rares, on sait pourquoi.... ;-)) A noter: A Philadelphie les fusillades sont très rares! peut-être à cause d'un équilibre qui existe, mais qui n'est pas souhaitable partout...
    Le problème, c'est l'éducation, pas les armes. Bien éduqués, nous n'avons aucun besoin d'arme.

  • En parlant de ça, cette culture du couteau sur soi c'est vraiment pénible, surout si on est sujet au "nervous breakdown". A croire que les mecs qui se baladent sans lame ont des abrutis suicidaires prêts à se faire saigner pour refus de clope ou muavais regard. C'est abyssalement aberrant et indéfendable, sauf par les plus cons.

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