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Licencié pour avoir mangé deux gâteaux

Il y a vraiment des mecs qui ont le melon, ça m’écœure. Virer pour faute grave un salarié qui a trente ans d’ancienneté parce qu’il a croqué deux gâteaux destinés à être jetés… Ce sont des brutes.

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Joël, 49 ans, est chauffeur de nuit à la base logistique d'Intermarché à Bressols (Tarn et Garonne), avec trente ans d’ancienneté.

Après sa tournée de nuit, il rentre au dépôt et il explique : « Je me sentais un peu fatigué. J'ai simplement voulu grignoter deux biscuits de la casse. Chez nous, la casse est un conteneur où l'on entrepose des marchandises abîmées, destinées au reconditionnement, à la Banque alimentaire ou à la destruction ».

Oui, mais voilà, c’est interdit de chez interdit. Son supérieur hiérarchique, à qui rien n’échappe, l'a vu en flagrant délit de manger les deux gâteaux, et il en réfère à la direction, qui aussitôt dégaine l’artillerie : mise à pied conservatoire et licenciement pour faute grave, c’est-à-dire sans préavis et sans indemnité de licenciement, prononcé le 24 novembre.

Motif : le règlement intérieur prévoit une interdiction formelle de piocher dans les stocks, et même dans la fameuse «casse.»

Les collègues, conduits par la CGT, ont alors bloqué l’entrepôt, expliquant par un tract : « Même si la faute est avérée, comment pouvons-nous accepter une telle décision ? ». La direction n’a pas voulu revenir sur le licenciement, mais elle a accepté de verser 20 000 € de dommages et intérêts.  

Sur RTL, Joël laisse parler son désarroi : « Ils ne m'ont donné que 20.000 euros après trente ans de boîte. Ce n’est pas moi le voleur…  Un gars qui a 50 ans, on peut le détruire complètement pour deux gâteaux. Grâce au directeur, mes enfants vont être un peu plus privés pour Noël. Je vais être obligé de vendre ma maison.»

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Alors, bien sûr, on va me sortir les litanies : le respect du règlement intérieur,... qui vole un œuf vole un bœuf,... le vol dans les entreprises… Merci, je suis au courant. Au bureau, la salle d’attente est dans la bibliothèque et des livres disparaissent régulièrement.

Mais je me contrefiche de ça. J’invite seulement les p’tits mecs au melon d’Intermarché à s’écarter des certitudes du règlement intérieur pour réfléchir deux minutes à ce qu’est la vie d’un père de famille qui, après trente ans de bons et loyaux services, rentre chez lui sans boulot, viré comme un voleur.

Continuez la casse, continuez la violence et faites bien les malins avec vos règlements de psychorigides... Si vous avez cinq minutes, passez demain à la médecine du travail que le toubib vérifie si vous avez un cerveau dans le crâne. Après, il faut toute une éducation pour apprendre à s’en servir. Au début, ça fait peur, mais vous verrez, au final, c’est pas mal de devenir un être humain.

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Gestion moderne des ressources humaines

Commentaires

  • Pendant plus d'une dizaine d'années mon job était de former des gens en entreprise aux systèmes informatiques, en moyenne des séquences de 3 à 5 jours. J'ai ainsi connu toutes sortes de milieux privés et publics. Sans la moindre hésitation, c'est l'ambiance grande distribution et en particulier ces plateformes logistiques qui sont les plus pourries.
    Tout le monde surveille tout le monde pour des salaires au lance pierre, sans compter l'usage effréné des stagiaires et l'arrogance vulgaire des cadres.

    Si une nouvelle révolution devait avoir lieu, citoyennes et citoyens, sans hésiter...

  • Au bureau, la salle d’attente est dans la bibliothèque et des livres disparaissent régulièrement.

    Ça doit être un truc d'avocats, la bibliothèque au bureau. Je connais deux avocats qui en ont dans leur bureau.
    Je me vois mal " prêter" ces livres sur droit, sauf si c'est pour me faire une berceuse les jours d'insomnie. Je suis génétiquement programmé pour divaguer et penser a autre chose quand j'ouvre un bouquin sur ce sujet.

    Bon, vraiment, prendre deux biscuits dans un bac a la casse et se faire virer pour ça, c'est mesquin. Il est vrai q j'ai travaillé trois mois dans une ambiance pareille. Tout le monde surveillait tout le monde pour pouvoir dénoncer après les méfaits.
    Je me suis cassé de cette endroit pourri.
    En vérité, il est difficile de trouver un ambiance saine dans le lieu de travail. Il parait q quand il y a des humains , il y a les passions, les vengeances, la jalousie, la mesquinerie.
    La seule façon de ne pas tomber malade a force de fréquenter ses endroits est créer un monde a soi même et vivre dedans. Et se on croit que plus on est éduqué, plus l'ambiance est saine , erreur fatale. J'ai vu des gens bardé de diplômes faire des trucs immondes.
    Eh bien, après cela, ce truc de dire travail est santé , c'est un grand mensonge.

  • Viré pour 2 gâteaux, il devait être dans le collimateur le pauvre gars. Faut pas se leurrer, des employés vivent l'enfer dans certaines boîtes de nos chers entrepreneurs adorés.

  • J'ai fait pas mal de petits boulots et mon expérience à CORA enseigne de grande distribution ne me laisse pas un bon souvenir Ambiance de merde de la part des petits chefs de rayons ,mais aussi au niveau des salariés J'ai vécu la suppression de l'avantage achat a petit prix réservé au personnel pour les articles ayant subit des dégâts soit au transport,soit a la mise en rayon ou manipulation en stock Cet avantage avait été supprimé par ce que la direction avait constaté,que des produits étaient (soit disant ?) sciemment endommagé par certains employés Je travaillais au niveau alimentaire et la SPA ,et un petit élevage animalier venaient régulièrement "s'approvisionner",dans les bacs de rebuts Jusqu’à un beau jour ou les services vétérinaire,mettent fin a ceci en argumentant sur la possibilité que ces aliments puissent servira l'alimentation humaine et dons engage la responsabilité de CORA Les bacs furent rentrés dans l'enceinte et donc hors d'atteinte du public Et effectivement le personnel avait interdiction de consommer les rebuts,sous prétexte, de respect des consignes d’hygiène et d'abus constatés Voila pour l'ambiance,pour ce pauvre gus,il y a fort a parier que ce n'est pas que ces deux gâteaux qui ont motivé son licenciement Lorsque la direction veut dégraisser les effectifs dans ces grandes surfaces les petits chefs aidés de petits Kapos trouvent toujours une tête a couper

  • Le dialogue social, les "partenaires sociaux"* et la bienveillance du patronat français, dans toute leur splendeur...
    *"partenaires sociaux"... j'adoré cette expression, la quintescence de la langue de bois.
    Un jour à l'ANPE, (ça date de mon premier chômage, quelques 8 ou 9 mois dans les années 1990) un de ces abrutis m'a dit qu'il fallait retrouver ma confiance en moi.
    Je suis resté sans voix, c'était la première fois qu'on me disait ça! Je ne comprenais ça. En fait, on dit ça à tous les chômeurs et j'ai cru savoir que ça continue comme ça.
    L'intéressé ici cité, il ne va pas tarder à se l'entendre dire car en fait, C sûr qu'il se débarrasseront de toujours de gens comme lui dès que possible. Il leur faut des décérébré serviles, pas des être humains. C'est d'ailleurs pour ces raisons que je considère urgent de nationaliser TOUTE les grandes entreprises et de changer intégralement leur "management", sans état d'âme et sans indemnité. Sans faire cela, on aura toujours les mêmes problèmes, dans nos sociétés.
    Affaire à suivre!
    Reprenons: On entend dire quoi dans le même style?
    "...vous devez retrouver votre confiance en vous"...
    "... assumer et assimiler votre échec pour le transformer en expérience positive..."
    Je ne comprenais pas. Moi, j'ai absolument confiance en moi! je sais exactement ce que je sais et peux faire, comme ce que je ne peux pas faire, et ce que sont mes points faibles et mes points forts.
    Si un problème de confiance existe, je ne crois pas être unique, c'est en la plus grande partie de mes interlocuteurs, que je n'ai plus aucune confiance. Et l'intéressé cité ici, lui aussi il n'aura plus souvent confiance, après cette mésaventure.
    Qu'un truc comme ça puisse arriver en 2012, c'est bien la preuve que notre droit du travail est débile!
    Et que des salopars comme ces patrons là ne soient ni sanctionnés ni virés de leur poste, c'est bien là preuve que la conception du droit "en vigueur" est "très spéciale", pour rester courtois...
    Ceci dit, l'ambiance dans les entreprises, ça devient réellement motivant! ;-)) Et ils s'étonnent que beaucoup de gens ne veulent plus travailler... C fort de café ça!

  • Et là je me pose la question, est-ce qu'aux Prud'hommes le vol de deux biscuits justifie la faute grave et le licenciement sans indemnités ? Qu'il y ait faute, d'accord, mais grave à ce point ?

    @ Gatsby : Malheureusement, il n'avait même pas besoin d'être dans le collimateur. Ou plutôt, il était dans le collimateur du seul fait de ses 30 ans d'ancienneté : ça coûte cher à une entreprise, les anciens. Et avec encore au moins 10 ans à faire devant lui.
    Maintenant, ils peuvent embaucher un petit jeune payé beaucoup moins pour le même boulot. Voire prendre un stagiaire...

  • L'exploitation ou devrais-je dire la traite des stagiaires c'est aussi un phénomène auquel il faidrait s'intéresser de près.

  • C'est terrible ce que vous racontez, on se croirait dans un conte de Dickens mais c'est la réalité

  • La question centrale est qu'est ce qui a changé pour que nous en soyons la ? ce qui a changé c'est que nous subissons une dérégulation sociale et sociétale conséquente des errements Européiste et mondialiste Ces phénomènes d'exploitations de l’être humain autrefois surtout rencontrés surtout dans les pays du tiers monde sont aujourd'hui,amplement partagés par tout les peuples Européens Cette Europe et ce mondialisme qui nous accoutume comme toute les dictatures,petit a petit au moins disant social et a l'esclavagisme au profit du monde de la finance Les peuples Europeens ont subit le syndrome de la grenouille Depuis des années petit a petit les peuples sont devenus addictes et totalement dépendant de l’état maman et de l’assistanat et des diktats des technocrates de Bruxelles ….Cela c'est fait sans douleur comme la grenouille que vous mettez dans une casserole pleine d'eau ….Vous allumez le feu sous la casserole et la grenouille n'y voit qu'un confort dans cette eau qui devient tiède…. Quand elle devient chaude elle éprouve un malaise mais ne réagit pas car la chaleur l'a rendue léthargique….La suite est évidente… Elle cuira dans son jus car elle n'aura plus la force de sauter de la casserole ….Si on l'avait précipiter dans une casserole d'eau chaude elle aurait instinctivement sauté de la casserole…. L’Europe c'est la casserole, le feu c'est la finance et la grenouille les quidams de tout les pays…. Réfléchissez a cela et vous verrez que cette petite scénette est pleine d'enseignement ….Il est grandement temps d’éteindre le feu ou de sauter hors de la casserole, avec un peu de courage et l’énergie de l’instinct de survie ou du désespoir ..Ce n’est pas gagné, car certains n’en sont encore qu’a l’eau tiède et ne veulent pas voir ce qui les attend...

  • Il faut changer la casserolle et baisser le feu.

  • LA tradition collaborantine n'a pas disparu.... je serait le povre homme je fouillerai du coté du delateur qui ne doit pas être propre sur lui...

  • il vaut mieux bosser pour google...

  • Qu'aurait donné un recours en justice ?

    Bien difficile de donner un avis, mais franchement le recours en justice était jouable

    Il faut d'abord bien distinguer la décision du chef d'entreprise et celle du juge. Contrairement à ce que "pense" Montebourpif, une entreprise relève du droit privé et celui qui décide est le patron. Ca ne plait pas mais c'est comme çà, et ce n'est pas d'hier. Aussi, le juge (itou le gvt) n'a aucun droit pour se substituer au chef d'entreprise. Il est juste là pour sanctionner des abus.

    Alors, s'il a un contrôle assez large pour savoir si les faits sont prouvés et méritent la qualification de faute, il a un contrôle bcp plus réduit sur le degré de gravité de la sanction.

    Il peut ainsi déplorer in peto la gravité de la sanction, sans pour autant s'autoriser à l'annuler. En effet, la loi ne lui donne pas la possibilité de moduler ou de restreindre la sanction. Soit il confirme soit il annule.

    On peut citer un arret de la Cour de cass de 2006 pour des vols imputés à un salarié ayant une grande ancienneté et qui étaient de faible importance. Il a été jugé ce que ces faits ne constituaient pas une faute grave, ni une cause de licenciement

    http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriJudi.do?idTexte=JURITEXT000007495487&dateTexte=

    Dans notre affaire l'employeur a d'ailleurs vite laché 20 000 €, et s'il était sur de gagner le procès il se serait abstenu.

    Pour le salarié, c'est 20 000 de suite dans la poche, ou plus de deux ans de procès (prud'hommes et cour d'appel)... Alors il s'est laissé convaincre. On voit la toute la violence de l'employeur.

  • Une société qui fonctionne comme ça, est aussi un fort inquiétant "message" pour nos enfants. C'est absolument odieux.

  • J'ai fait pas mal de petits boulots et mon expérience à CORA enseigne de grande distribution ne me laisse pas un bon souvenir Ambiance de merde de la part des petits chefs de rayons

  • Gilles,

    Une petite nuance : en matière disciplinaire le juge dispose d'un pouvoir d'appréciation sur le degré de gravité de la faute commise par le salarié, pouvoir qui lui permet de requalifier une faute grave ou lourde en faute simple si les critères ne sont pas réunis (mais pas l'inverse).

    Avec pour conséquence première, dans ce cas, la restitution de l'indemnité de licenciement et du préavis.

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