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Les lycées et collèges interdits de débats ?

Alors, comme çà, les débats sur les questions de société seraient interdits dans les lycées et collèges… Les trouillards incompétents qui « gouvernement » ont tellement peu d’idées qu’ils ont peur de celles des autres, et notamment des plus jeunes.Affiche (1).jpg

1/ Le dangereux mythe de la neutralité

Sarko avait commencé avec une loi sur l’encadrement des mineurs, et Hollande proclame l’interdiction du débat dans les lycées et collèges. Nos chères petites et chers petits doivent être de bons élèves qui apprennent bien les leçons des gentils professeurs, mais attention aux débats sociaux et aux idées qui passionnent. Ce sont des virus dont il faut protéger nos chérubins, et pour cela on a trouvé le remède absolu : la neutralité.  

Sauf que ça ne marche pas. L’enseignant est bien sûr en faute s’il cherche à inculquer ses propres opinions, et il doit se tenir à une démarche telle qu’il ne puisse pas être suspecté de partialité. Oki. 

Mais, la neutralité n’est pas l’équidistance avec toutes les opinions, comme si toutes avaient la même valeur. Faute de quoi le prof d'histoire devrait présenter comme deux données simplement antagonistes le nazisme et la Résistance. Une heure pour la théorie nazie, une heure pour la Résistance, et à l’élève de se faire une idée ! Non, dans l’enseignement, la neutralité est une démarche engagée, qui entre dans le champ des opinions, apprécie les valeurs, apprend à se forger une opinion en construisant un raisonnement et cultive le respect des opinions.

Quoi, mais c’est horrible,... nos chéris vont être endoctrinés ! Eh bien essayez, et on verra le résultat,… qui, tôt ou tard, sera un splendide coup de pied au cul de l’endoctrineur. Comment peut-on sous-estimer à ce point l’esprit citrique de nos enfants… L’enseignant qui amène des débats d’idées riches et stimulants sera respecté, alors que  l’endoctrineur rencontrera l’indifférence ou le mépris, en attendant le conseil de discipline. Il faut laisser passer les idées, permettre à toutes de s’expliquer, puis faire le tri, discuter la pertinence des raisonnements, identifier les niveaux de connaissances… Chercher à comprendre, c’est toute la mission de l’école. Dans la vie sociale, les mineurs sont confrontés à toutes les idées, toutes les interrogations, toutes les vérités, et on voudrait les passionner pour une école qui ignorerait les débats d’idées, et passerait son temps à célébrer des messes noires à la Déesse Neutralité ?

Ah, mais il y aurait une limite : respecter le programme, s’en tenir au programme ! Or, le mariage gay n’est pas au programme, donc c’est fini, terminé, argument fatal... Eh bien, je ne suis pas d’accord car l’éducation ce n’est pas que le programme scolaire, et on dispose de nombreuses références juridiques qui définissent le vrai droit à l’éducation. Alors, respectons la loi.

2/ Le droit à l’éducation08-ALIRE-LeMaitreIgnorant-b920b.png

En droit international

Le droit à l’éducation est défini par l’article 29 de la Convention relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990, dont les dispositions sont applicables en droit interne dès lors qu’elles sont assez précises (Conseil d’Etat, 6 octobre 2000, n° 216901 et 18 octobre 2000, n° 213303).

Alors, c’est quoi ce droit à l’éducation ? Pas de place pour les débats sociaux ? Voici l’article 19.

« 1. Les Etats parties conviennent que l'éducation de l'enfant doit viser à :

« a) Favoriser l'épanouissement de la personnalité de l'enfant et le développement de ses dons et de ses aptitudes mentales et physiques, dans toute la mesure de leurs potentialités;

« b) Inculquer à l'enfant le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales,et des principes consacrés dans la Charte des Nations Unies;

« c) Inculquer à l'enfant le respect de ses parents, de son identité, de sa langue et de ses valeurs culturelles, ainsi que le respect des valeurs nationales du pays dans lequel il vit, du pays duquel il peut être originaire et des civilisations différentes de la sienne;

« d) Préparer l'enfant à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre, dans un esprit de compréhension, de paix, de tolérance, d'égalité entre les sexes et d'amitié entre tous les peuples et groupes ethniques, nationaux et religieux, et avec les personnes d'origine autochtone;

« e) Inculquer à l'enfant le respect du milieu naturel ».

Le sens de cet article a été précisé par le Comité des droits de l’enfant via une publication du 17 avril 2001 (CRC/GC/2001/1). L’idée est que l’éducation doit permettre l’épanouissement de la personnalité, comme un véritable apprentissage de la citoyenneté.

Il s’agit de promouvoir une culture imprégnée des valeurs appropriées relatives aux droits de l’homme.

« 2 (…)  L’éducation à laquelle chaque enfant a droit est une éducation qui vise à doter l’enfant des aptitudes nécessaires à la vie, à développer sa capacité à jouir de  l’ensemble des droits de la personne et à promouvoir une culture imprégnée des valeurs appropriées relatives aux droits de l’homme. L’objectif est de développer l’autonomie de l’enfant en stimulant ses compétences, ses capacités d’apprentissage et ses autres aptitudes, son sens de la dignité humaine, l’estime de soi et la confiance en soi ».

L’éducation doit permettre d’apporter au cours de sa vie une réponse équilibrée et respectueuse des droits de l’homme.

« 3. Le droit de l’enfant à l’éducation n’est pas seulement une question d’accès à l’éducation, mais concerne également le contenu de l’éducation. L’éducation dont le contenu est fermement ancré dans les valeurs énoncées au paragraphe 1 de l’article 29 constituera pour chaque enfant un outil indispensable lui permettant d’apporter au cours de sa vie une réponse équilibrée et respectueuse des droits de l’homme aux défis liés à la période de changements fondamentaux dus à la mondialisation, aux nouvelles technologies et aux phénomènes connexes ».

Les enfants doivent être préparés à jouer une jouer un rôle de réconciliation, sur des antagonismes anciens qui divisent les sociétés.

« 4. Conformément au paragraphe 1 de l’article 29, les États parties conviennent que l’éducation doit viser toute une série de valeurs. (…) De plus, les enfants peuvent jouer un rôle privilégié dans la réconciliation d’un grand nombre de différences qui ont de longue date séparé les groupes de population les uns des autres ».

A ce titre, il convient d’encourager l’enfant à exprimer ses opinions librement.ecolebu6.jpg

« 8. Ainsi, les efforts visant à encourager l’exercice d’autres droits ne doivent pas être entravés mais doivent être encouragés grâce aux valeurs inculquées dans le cadre du processus d’éducation. Il s’agit à cet égard non seulement du contenu des programmes scolaires, mais également des processus d’éducation, des méthodes pédagogiques et du milieu dans lequel l’éducation est dispensée, qu’il s’agisse de la maison, de l’école ou d’un autre cadre. Les enfants ne sont pas privés de leurs droits fondamentaux du seul fait qu’ils franchissent les portes de l’école. Ainsi, par exemple, l’éducation doit être dispensée dans le respect de la dignité inhérente de l’enfant et doit permettre à l’enfant d’exprimer ses opinions librement conformément au paragraphe 1 de l’article 12 et de participer à la vie scolaire ».

En définitive, l’objectif fondamental de l’éducation est le développement de la personnalité individuelle.

« 9. (...) Conformément à l’accent placé dans la Convention sur l’importance d’agir dans l’intérêt supérieur de l’enfant, cet article repose sur la notion d’éducation axée sur l’enfant, à savoir que l’objectif fondamental de l’éducation est le développement de la personnalité individuelle des dons et des aptitudes de l’enfant, reconnaissant le fait que chaque enfant a des caractéristiques, des intérêts, des aptitudes et des besoins d’apprentissage qui lui sont propres. En conséquence, les programmes scolaires doivent être pleinement adaptés au milieu social, culturel, environnemental et économique de l’enfant ainsi qu’à ses besoins présents et futurs et doivent être conçus en fonction de l’évolution des capacités de l’enfant; les méthodes d’enseignement doivent être adaptées aux différents besoins de chaque catégorie d’enfants ».

A ce titre, le milieu scolaire doit promouvoir des valeurs et des politiques favorables au respect des droits de l’homme.

« 19. En outre, le milieu scolaire lui-même doit ainsi être le lieu où s’expriment la liberté et l’esprit de compréhension, de paix, de tolérance, d’égalité entre les sexes et d’amitié entre tous les peuples et groupes ethniques, nationaux et religieux, et avec les personnes d’origine autochtone (…) L’expression «éducation dans le domaine des droits de l’homme» est trop souvent employée dans un sens très réducteur. L’important, outre l’éducation formelle dans le domaine des droits de l’homme, est de promouvoir des valeurs et des politiques favorables au respect des droits de l’homme, non seulement dans les établissements scolaires et les universités, mais également au sein de la communauté dans son ensemble ».

En droit interneEcole-buissonniere51-300x300.jpg

Le droit international, c’est bien joli, me direz-vous, mais c’est de l’agitation intellectuelle. Non, la Convention peut être invoquée en droit interne – j’ai cité la jurisprudence du Conseil d’Etat – et d’ailleurs le droit interne a intégré cette approche. Ce but émancipeur de l’éducation est proclamée par le premier article du Code de l’éducation, l’article L. 111-1.

« L'éducation est la première priorité nationale. Le service public de l'éducation est conçu et organisé en fonction des élèves et des étudiants. Il contribue à l'égalité des chances.

« Outre la transmission des connaissances, la Nation fixe comme mission première à l'école de faire partager aux élèves les valeurs de la République. L'école garantit à tous les élèves l'apprentissage et la maîtrise de la langue française.

« Dans l'exercice de leurs fonctions, les personnels mettent en œuvre ces valeurs.

« Le droit à l'éducation est garanti à chacun afin de lui permettre de développer sa personnalité, d'élever son niveau de formation initiale et continue, de s'insérer dans la vie sociale et professionnelle, d'exercer sa citoyenneté.

« L’expression des idées est protégée par le respect du pluralisme et de la liberté d’autrui, dès lorsqu’elle ne porte pas atteinte aux activités d’enseignement, au contenu des programmes et à l’obligation d’assiduité.

Aux termes de l'article L. 511-2 du code de l'éducation : 

« Dans les collèges et les lycées, les élèves disposent, dans le respect du pluralisme et du principe de neutralité, de la liberté d'information et de la liberté d'expression. L'exercice de ces libertés ne peut porter atteinte aux activités d'enseignement. » 

Selon l’article R. 421-5, le règlement intérieur détermine les modalités selon lesquelles sont mis en application (1°) la liberté d'information et la liberté d'expression dont disposent les élèves, dans le respect du pluralisme et du principe de neutralité. Seule une atteinte grave aux droits d'autrui et à l'ordre public peut justifier la remise en cause de la liberté d'expression, garantie par les dispositions précitées de l'article L. 511-2 du code de l'éducation ».    

Je conclus par quelques extraits de la circulaire n° 91-052 du 6 mars 1991 sur les droits et obligations des élèves.

« L'exercice des droits et obligations des élèves est inséparable de la finalité éducative des établissements scolaires et ne prend son sens qu'en fonction de celle-ci. Il a en effet pour but de préparer les élèves à leur responsabilité de citoyen. La mise en œuvre de ces droits et obligations ne peut s'exercer que dans le respect des principes fondamentaux du service public et, en particulier, ceux de laïcité et de gratuité.

« L'apprentissage de la citoyenneté et de la responsabilité doit être progressif depuis l'entrée au collège jusqu'aux années de lycée où de nombreux élèves ont atteint l'âge de la majorité. Ainsi, à toutes les étapes de la scolarité, l'exercice de leurs droits et le respect corrélatif de leurs obligations accoutument les élèves à assumer leurs responsabilités et contribuent à transformer leurs relations avec le reste de la communauté scolaire ».

*   *  *

Ce n’est donc pas une question de public ou de privé. C’est une question d’apprentissage de la liberté d’expression, alors, il faut juste souhaiter que les débats vont se généraliser. Sans idées, sans débats, on étouffe.

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Commentaires

  • C'est le deuxième attaque de ces gros bourrins contre l'église en peu de temps. Ca finira bien par leur péter au nez comme le reste.

  • Si Célestin Freinet pouvait revenir il ferait des miracles avec les ordinateurs dans les classes et les "tableaux-écrans".

    Il est effectivement difficile d'expliquer à des enfants plus ou moins âgés comme on fait des enfants "comme tout le monde" et comment les gays et les lesbiennes en feront.

    Alors qu'avec bien d'autres je ne les regarde nullement de haut ou avec mépris, a fortiori quand il s'agit de couples stables et non égocentriques, j'affirme que les homosexuels seront égaux lorsque, sans la moindre intervention de ne serait-ce que d'un minusculissime élément du sexe opposé, l'un des deux du couple, et pourquoi pas les deux, pourront concevoir et mettre au monde un enfant.

    Et ça même une gynécologue lesbienne ou un gynécologue gay ne pourra jamais le faire pour son type de couple comme pour l'autre.

    Avant ce jour, il n'y aura donc jamais d'égalité et de « comme tout le monde »

    Mais, avec des abus de langage, on peut écrire sur ce sujet des milliers de livres et donner des milliers d'interviews et manifester des milliers de fois.

  • Il est des débats qu'on n'impose pas forcément à des mômes. Surtout lorsqu'en même temps les adultes s'étripent sur le sujet. Puis faut que ça soit bien amené tout le monde ne peut s'appeler Rufo ou Cirulnik. De toutes façons, les mômes sont toujours plus naturels et moins culs serrés que certains adultes, emberlificotés dans leur propre éducation rigide.
    Quant à l'église, s'opposer au mariage gay c'est d'une connerie sans nom, pas de quoi être fier. Il est temps d'épouser son époque.

  • S’il n’est pas possible de tenir ces débats dans les lycées, c’est parce que le gvt ne sait même pas le tenir dans l’opinion publique.

    C’est grave, et presque accablant

    Aussi, ce qui est en cause c’est une interdiction morale de débattre. Un peu comme un mec qui se sait sensible à l’alcool, et qui s’interdit de boire un verre, car il a peur de craquer pour un verre.

    Quel est le suel arguemetn : l’égalité

    Oki

    Alors :
    - Pourquoi un frère et une sœur qui s ‘aiment ne pourront se marier ?
    - Pourquoi une égalité de mariage et pas une égalité de famille (car la PMA est écartée c’est évident) ?

    Avec cette absence de débat possible sur les questions importantes (alors qu’on passe des heures sur le passeport de Depardieu) on créer des carences majeures. Preuve évidente : ce pauvre avocat lyonnais, sans doute très bon technicien, mais qui se fonde sur des fiches Wikipédia pour prouver que « Levy » est un nom juif et demander sa récusation.

    Et un jour ou l’autre, l’impossibilité de débattre conduira à l’explosion, la révolution. La marmite bout, ne fermez pas le couvercle. Un débat moyen ou mal conduit et mille fois meilleurs que la censure

    Die que le débat est interdit sur la sexualité et la famille dans les lycées... Quelle régression !

  • @Odile : vous affirmez que « les homosexuels seront égaux lorsque, sans la moindre intervention de ne serait-ce que d'un minusculissime élément du sexe opposé, l'un des deux du couple, et pourquoi pas les deux, pourront concevoir et mettre au monde un enfant. »

    Je ne sais pas trop comment l'expression de votre opinion s'inscrit dans le prolongement du débat ouvert par notre hôte estimé, mais notez quand même qu'on parle d'égalité "de droit". Ca n'exclut pas les différences de fait.

    En plus, si vous faites référence au débat sociétal en cours, la question première est celle du droit "au mariage" et pas à la conception d'un enfant. Les liens entre les deux sont très indirects.

    D'ailleurs, contrairement à la tendance dominante qui fait s'enliser le débat, je préfère nettement évoquer la conception d'un enfant non en termes de droit mais en termes de liberté. La conception d'un enfant est comme la conception d'une idée ou d'une opinion : ce ne sont pas des "droits" dont il faudrait demander la réalisation à quelqu'un et dont on pourrait contester l'inexécution des obligations. Ce sont des libertés, dont on ne peut demander la réalisation qu'à soi-même, dont on supporte les conséquences et les responsabilités, et pour la réalisation desquelles on peut choisir ou non de se passer de tiers.

    Les gens mariés (et les autres d'ailleurs) n'ont ainsi aucun "droit" (et encore moins d'obligation) à concevoir un enfant. Ce serait ridicule. Ils ont en revanche la liberté d'en faire avec les moyens à leur disposition (juridiques, techniques ou autres - conceptions adultérines incluses).

    Et personnellement je ne vois pas ce qu'il y a de choquant à considérer que les homosexuel(le)s (marié(e)s ou non, là n'est donc pas la question), sont également libres de concevoir un enfant avec les moyens à leur disposition. La liberté ne présage jamais du résultat de son usage : ainsi, je reconnais sans que ça ne me coûte rien votre liberté de postuler pour un prix Nobel ou de vous téléporter sur Mars.

    En plus, les libertés de penser, de conscience, de croyance et celle de concevoir un enfant sont précisément de ces libertés qu'on exerce et dont on forge l'usage dans l'intimité sanctuarisée de sa vie privée (là d'où l'intervention de la force publique est, par principe, exclue). Je vois un gain collectif manifeste pour tous les couples à ce que l'Etat s'affirme tellement extérieur à ce qui se passe au sein de cette sphère sanctuarisée qu'il souhaite même ignorer de quel sexe en sont les membres. Celà cadre parfaitement avec l'engagement démocratique que j'attends d'un Etat démocratique et de droit, capable d'auto-limiter sa puissance dans le respect du citoyen. L'enjeu fondamental du débat me semble ici et c'est dommage que personne ne l'évoque.

    Dans les auditions des personnalités influentes des différentes religions à l'Assemblée Nationale, toutes à l'exception du bouddhisme ont plus ou moins posé la problématique dans ses prolongements procréatifs, en termes d'opposition entre "droit de l'enfant" et "droit à l'enfant". Il me semble que le poser en termes de liberté d'avoir un enfant permet de dépasser les clivages et les blocages doctrinaux tout en évitant de présenter l'opinion des autres sous un jour nutlmeent choquant.

    C'est dire, au passage, combien on peut polluer le débat ou l'orienter, le fermer par mégarde, voire en prédéterminer l'issue (ou l'enlisement, en l'occurrence), rien que par les termes qu'on emploie pour le poser. Cela ne prête guère à conséquences, finalement, quand le bébat a lieu entre adultes qui se sont fait une opinion ou sont en train de la mûrir en conscience. J'émets quand même des réserves quand ce débat est posé par une autorité morale et éducative en exercice dans un établissement privé confessionnel.

  • Bambi est une nullasse. Elle n'a rien à dire et elle parle. Ici, on la connait par coeur, et elle était purement cosmétique.

    Hier elle a ddé à BFM de retirer une vidéo où dans un lycée/collége elle se disait favorable à la loi ! Elle est porte parole du gvt, elle ne va pas en dire du mal? On prend vraiment les gens pour des imbéciles

    Mais le plus fourbe, c'est Peillon. Là, rien de neuf pour qui connait ses manières politiques

  • Ce sont des gens qui veulent faire taire leurs contradicteurs. Drôles de méthodes.

  • @ gilles sans majuscule

    Réclamez vous vraiment un débat où le droit de forcer votre opinion à pénétrer les consciences virginales de nos enfants ?

    Si vous entamez un vrai débat, c'est en courant le risque qu'une opinion contraire vous contredise et l'emporte.

    - l'égalité n'est pas le seul argument. La liberté me semble un argument meilleur encore, puisqu'il s'agit de laisser les couples libres de se marier ou non. Il s'agit de faire disparaître une contrainte de sexe. La disparition d'une contrainte est toujours une liberté en plus.

    - pourquoi un frère et une soeur qui s'aiment ne peuvent pas se marier ? Déjà parce que l'amour n'est pass un critère objectif. Le seul critère objectif qu'un état de droit peut réclamer sans s'insinuer dans les consciences, c'est l'expression d'un consentement. Ensuite, peut-être, parce que la nature fraternelle de l'attachement entre un frère et une soeur (ou entre deux soeurs ou deux frères) est justement de nature à vicier leur consentement ou à laisser supposer que l'un joue de son influence sur l'autre pour lui extorquer ce consentement. Mais enfin et surtout parce que la famille est un lieu sanctuarisé où l'Etat s'interdit justement, par principe, d'intervenir. Il est donc essentiel que l'Etat ne laisse aucune légitimité, même à posteriori à l'idée que l'initiation sexuelle en famille pourrait être normale. Vous savez très précisément quel genre de pervers pourrait se sentir tout à coup déculpabilisé si l'Etat admettait officiellement une seule union incestueuse, même infertile, même entre adultes consentants, même s'il s'agit de légitimer une naissance issue de l'inceste. Vous savez exactement qui seraient les victimes, quel pourraît être leur âge, et quelle serait la nature de leurs sévices. Et vous savez exactement aussi que, les faits se passant dans le cadre sanctuarisé de la famille, l'Etat ne pourrait pas y faire grand chose sauf à briser, au détriment de tous, l'interdiction qu'il se fait d'intervenir dans l'espace privé des citoyens. Est-ce que vous mesurez bien l'horreur de votre argument ?

    - Pourquoi une égalité de mariage et pas une égalité de à propos de la PMA ? Je l'ai évoqué dans ma réponse à Odile : parce que la conception ne s'exprime sainement qu'en termes de liberté de faire un enfant avec les moyens à sa disposition et non en termes de droit à l'enfant. Exprimé ainsi, vous n'aurez en principe aucun scrupule à admettre que les homosexuels sont aussi libres d'avoir faire un enfant que vous de contrecarrer les effets de la pesanteur, c'est à dire qu'aucune règle DE DROIT n'a à vous l'interdire. Vous n'aurez aucun mal non plus, par voie de conséquence, à estimer que la question qui se pose à vous s'exprime en termes de moyens à réunir pour le faire (avion, ballon à hydrogène, etc.) et pas en termes de droits. En tout état de cause, le débat sur l'accès à des moyens procréatifs dont la nature éthique est à débattre est clairement un débat parfaitement séparable du débat sur le mariage en tant qu'il ne fait que rendre officiel et opposable aux tiers un échange de consentement. On vous offre une simplification du débat en le scindant en des étapes séparées, tout en vous assurant qu'en l'état actuel des choses, l'étape suivante n'est pas d'actualité. Faut-il que vous soyez paniqué dans vos certitudes pour que vous souhaitiez puiser dans cette étape future et improbalbe, les arguments pour refuser l'étape en cours !

    Mais continuons donc ce débat : j'y suis ouvert. Une fois que nous aurons réussi à montrer l'exemple d'un vrai débat, c'est à dire, comme je l'ai fait, en répondant aux questions de l'autre et en lui amenant des arguments qu'il pourra à son tour, contester, nous saurons si nous sommes dans les dispositions d'esprit requise pour amener ce débat à l'école. Tant que nous ne l'aurons pas fait, tout ce que nous risquons d'y introduire, c'est les préjugés et l'endoctrinement par lesquels une génération conservatrice entend soigner ses peurs que ses certitudes irrationnelles restent minoritaires.


    Bien à vous,
    L'Ankoù

  • J'ai le sentiment diffus que Gilles a une dent (sensible ?) contre les socialos et contre Bambi qui ne lui a pourtant rien fait.

    :-)

  • @l'Ankoù

    J’ai pris position de longue date sur ce blog pour le mariage homo, la PMA et la GPA, dans des conditions encadrées par la loi.

    Mais je dis ces questions complexes et je suis intéressé par les arguments opposé. J’admets de me tromper, et je veux confronter mes idées.

    Je trouve ridicule de dire oui au mariage homo et non à la famille homo. Ça ne veut rien dire. Donc, il faut assumer, mais ça repositionne toutes les questions familiales, et le rôle des parents

    Il me parait donc indispensable qu’on en parle dans les lycées et collèges.

    De toute façon nos enfants sont pleinement concernés, visant les divorces et les recompositions familiales pour eux ou leurs amis. Ils en parlent à la récré alors il serait interdit d’en parler en classe ? Pas de débat sur la sexualité ? Pas de débat sur la famille au lycée ???

  • C'est justement ! lol

  • Je n’ai pas de dents contre le gvt car il y a rien à croquer. Une masque à gaz suffira.

    Nous n’avons JAMAIS eu tels amateurs. Vous avez lu les propos de Bambi sur la liberté de la presse ??

    Ce Gvt va tuer l’idée de Gauche démocratique plus vite et mieux que ne l’a fait Blair. Ce sont donc de vrais ennemis, c’est une évidence. La Droite préserve l’opposition de Gauche, alors que la « Gauche Molle » (selon la qualification donnée par Martine Aubry) tue l’idée de la Gauche.

  • Je vais en rajouter une petite touche en te disant merci pour ce blog à la fois ludique et intelligent. C’est un vrai plaisir que de venir y naviguer.

  • @ gilles :

    J'ai pris bonne note de votre ouverture débat.

    Je n'ai pas tous les éléments de votre analyse, mais il me semble que dire oui au mariage entre personnes de même sexe implique l'admission d'une famille fondées par elles, avec les moyens à leur disposition. Convenez quand même que la légalité de ces moyens et leur disponibilité pour tous est une affaire à examiner au cas par cas, en fonction notamment des progrès scientifiques futurs. Il me parait bien imprudent de prédéterminer sans même les connaître s'ils peuvent être utilisés ou non. Les questions qui se posent à ce propos tiennent notamment à l'indisponibilité du corps humain, son maintien hors commerce juridique, ainsi que des questions éthiques. Dès lors qu'il est imprudent de préjuger de ce questions pour les moyens futurs, il ne me paraît pas scandaleux de faire de même pour les moyens existants : rien n'oblige à traiter ces derniers comme une composante essentielle du mariage, alors que les premiers ne peuvent matériellement l'être.

    Quand à débattre dans les écoles et les lycées, personnellement, je n'y suis pas contre dès lors qu'on installe assez de balises pour garantir que ce débat ne sera pas dévoyé à des fins d'endoctrinement. Quand on voit que les autorités morales qui encadreraient de tels débats présente les études sur le genre comme une "idéologie" au seul motif que ça bouleverse leur vision dogmatique des sexes, on peut craindre objectivement que le débat soit instrumentalisé. Il est parfaitement indiqué de rappeler à ces autorités leurs obligations de neutralité, d'autant plus lorsqu'elles bénéficient, en contrepartie contractuelle, de financements publics.

    Bien que favorable à un débat (et non un exposé dogmatique unilatéral et non pluraliste), je peux admettre que les juste suspicions sur la façon dont il sera mené dans l'enseignement privé, amène le gouvernement à transiger la renonciation à l'organiser y compris dans les établissements publics, à titre de mesure d'apaisement et de "fair play". C'est de cela qu'il est question.

    Pour en juger plus objectivement, je vous invite à examiner comment ces mêmes autorités proposent des alternatives aux programmes scolaires : http://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/une-education-sexuelle-catholique-128560

    Il y a quand même de quoi alimenter quelques suspicions de subjectivité dogmatique.

    Bien à vous,
    L'Ankoù

  • Le débat est surtout pollué par les religions monothéistes pour lesquels l'homosexualité est une faute,un péché,une perversion etc ...Pour beaucoup de croyants admettre l'homosexualité pas évident y ajouter le mariage est pour beaucoup une épreuve...Y rajouter le droit a enfant fait exploser les dogmes bien plus encore... On parle beaucoup dans les médias des réactions de l'église,mais peu ou pas de la réaction des communautés religieuse Juives ou Musulmane ...Officiellement silence radio,mais en ce qui concerne les Musulmans c'est le dégout et le signe de la corruption des mœurs de notre société...Peu croyants,pratiquants ou pas,les Musulmans que je côtoie,sont ulcérés,choqués par ce projet..Un fossé d’incompréhension de plus...Dans le contexte actuel sociale et sociétale ce projet est une faute politique idiote

  • C'est vrai que la gauche s'abandonne comme un Livarot de 5 semaines ; pas de convictions, pas l'equisse d'un projet de société, juste la course aux places. Ce projet de mariage gay est un chien crevé au fil de l'eau, j'y suis radicalement opposé mais s'il se réalise il faut évidemment le régler sous tous ses aspects, y compris le PGA à laquelle les français ont toujours été opposés.

  • Foutus culs bénis, n'ont rien à foutre du bonheur des gens, encore dans des schémas monomaniaques de la famille.
    Le Gvt a un courage que ses détracteurs n'ont même pas en échantillon, il amorce une vraie avancée sociétale.

  • Pour le débat dans les écoles envoyons les deux BB Belkacem et Barjot

  • Gastby,
    pourquoi le mariage sans la famille ?

  • La neutralité absolue n'existe pas, dans tous les domaines et à toutes les époques!
    Le Général Henri Guisant le disait, à propos de la 2nde guerre Mondiale en grand spécialiste:
    Guisant était le chef d'Etat Major de l'armée Suisse, "de la Confédération Helvétique" à cette triste époque, il fut le plus grand général de cette guerre, il ne l'a pas fait!
    En dissuadant qui vous devinez, de faire ce que vous devinez sans doute... ;-))
    Le Général Guisant présida un Tribunal militaire qui fit par exemple, fusiller 6 traitres nazis Suisses et un certains nombres d'autres dont le cas fut "moins grave", terminèrent leur vie misérables en prison pour trahison.
    On ne saurait dont exiger des profs ou de leur direction localement, touit le monde a son propore point de vue (même si parfois, C pas propre) une neutralité sur ce sujet. Maintenant, éviter ce sujet dans le cadre scolaire me semble souhaitable mais... Cela semble difficile!

  • Ce qui a choqué, c'est qu'une ministre fasse de la publicité pour sa propre politique dans un établissement scolaire.
    Je ne pense pas que cette intervention d'une membre du gouvernement ait pour but de créer un quelconque débat ni pour faire réfléchir les enfants. Cette intervention a-t-elle encouragée des expressions contradictoires ? Le débat d'idée des enfants ? Ça m'étonnerait vraiment beaucoup.

    Concernant le mariage homosexuel il est surprenant de parler d'égalité alors que :
    - le mot "mariage" est considéré comme très important par le législateur, même lorsqu'il est employé sans aucune conséquence juridique (ainsi l'utilisation du mot "mariage" lors des cérémonies religieuses est très règlementé, alors que ces cérémonies n'ont pas d'effet en droit).
    - il aurait été possible de donner une union donnant les mêmes droits et n'employant pas le mot mariage (ce qui serait cohérent avec le premier item)

    Il est anormal que, selon que ça l'arrange ou non, le législateur considère que le mot "mariage" est très important (justifiant une peine de prison s'il est mal employé par un prêtre même si c'est sans conséquence) ou qu'il n'est pas important du tout.

  • Pour tous les sujets "polémiques" maintenant, la majorité des gens semblent avoir en majorité perdu leur indépendance de jugement et même, presque toute leur capacité de réflexion réellement personnelle:
    Comme pour le traditionnel pour ou contre la peine de mort, on entend toujours les mêmes arguments ressassés à l'infini. Tout ça est médiocre et le plus rigolo, c'est que même le sens PREMIER des mots semble avoir été oublié, à commencer par "en haut lieu", celui du terme "mariage":
    Le mot "Mariage" signifie très spécifiquement en français ancien et en français moderne aussi jusqu'à maintenant, l'union officialisée religieusement et/ou légalement devant l'autorité, d'un homme et d'une femme...

  • C'est dire que tout ce débat est réellement "branque" et qu'un "mariage pour tous" devrait se nommer "pariage" et que pour quiconque maîtrise bien le français, l'expression "mariage homosexuel" n'a aucun sens. Nous sommes là en pleine "novlangue", comme dans "1984".

    Il est aussi oublié que celles et ceux qui en étant "homo" veulent réellement officialiser (et pourquopi pas dans le fond?) leur vie commune, constituent une infime minorité des intéressé(e)s. D'autre part il faut aussi s'en souvenir, les "homo" représentent presque partout au Monde moins de 10% des populations humaines. (comme chez les animaux d'ailleurs, comme quoi être homo n'est pas "contre nature")

  • C'est dire aussi que cette affaire concerne réellement peu de monde et changera peu les choses, SAUF pour quelques "bobo" parisiens qui en réalité sont d'authentiques conservateurs dans tous les domaines, à commencer par en matière d'héritage! C'est cela que veulent nos "brillantes élites" riches en réalité, garantir l'héritage à qui bon leur semble d'adopter, pas le progrès "sociétal".

    C'est dire que tout ce battage semble être organisé aussi, pour détourner les populations du sujet principal dans la vie:
    L'ECONOMIE et le chômage central qu'on nous installe depuis trente ans. Et hélas, ça marche.
    D'autre part, c'est aussi une preuve que le débat malgré tout n'est pas sans intérêt, le risque de dérives bizarres et imprévisibles soulevé par l'Eglise Catholique existe, même s'il n'est pas "politiquement correcte" de le dire. C'est un fait et ne pas vouloir y penser, c'est se planter la tête dans le sable.
    Quoi qu'il arrive maintenant, on ne peut pas empêcher des gens d'en discuter partout. Il serait temps d'ailleurs...
    Mais si le gouvernement est dérangé que cela arrive jusque dans les écoles, il fallait y penser avant! En d'autres termes ils n'auraient peut-être pas dû "soulever ça", alors que le VRAI problème c'est le libéralisme, pas l'homosexualité!

  • Le problème était facile a régler en terme d'égalité de droit.....Il suffisait de sortir un décret stipulant que désormais les Pacsés auront intégralement les mêmes droits que les couples mariés ....et point à la ligne...seulement voila cette affaire de mariage pour tous est une aubaine en terme de com et de faux nez face a une situation économique,social et sociétale catastrophique

  • @ Tortuga :
    « Concernant le mariage homosexuel il est surprenant de parler d'égalité alors que (...) le mot "mariage" est considéré comme très important par le législateur »
    En quoi l'importance serait-elle incompatibles avec l'égalité ?

    «(...) même lorsqu'il est employé sans aucune conséquence juridique (ainsi l'utilisation du mot "mariage" lors des cérémonies religieuses est très règlementé, alors que ces cérémonies n'ont pas d'effet en droit). »
    Il y a une réglementation des mariages religieux ? Ah bon ! Des mariages civils, oui, nécessairement, mais la liberté religieuse implique que les églises utilisent librement les mots qu'elles veulent...

    La seule restriction, bien compréhensible, vise à ne pas induire en erreur les personnes unies à l'église non plus que leurs proches et les tiers : il ne faudrait pas que le couple se croit marié alors que seule une cérémonie religieuse a eu lieu ! Je ne vois pas bien ce qui vous semble "sans conséquences" dans un tel risque...

    Ce risque vient d'ailleurs justement du fait que la religion, si libre qu'elle soit d'utiliser les mots qu'elle veut et dans le sens qu'elle veut, ne peut se voir reconnue un monopole sur ces mots !

    « il aurait été possible de donner une union donnant les mêmes droits et n'employant pas le mot mariage (ce qui serait cohérent avec le premier item)».

    Pourquoi pas, mais ça veut dire doubler de nombreuses lois, ajouter des titres entiers aux codes concernés, réformer tous les articles contement le mot "mariage" pour ajouter "ou union entre personne de même sexe", etc. C'est fastidieux, inutile et irrationnel : la nécessité de lois simples et claires implique d'appeler de la même manière les objets juridiques qui ont les mêmes causes et les mêmes effets. C'est quand même beaucoup d'effort pour le confort intellectuel de grincheux qui ne cesseraient d'ailleurs pas de l'être au prix d'un simple changement de vocabulaire... Hein ? Honnêtement...

    @ Antimythe : « ...Il suffisait de sortir un décret stipulant que désormais les Pacsés auront intégralement les mêmes droits que les couples mariés ....et point à la ligne... »
    Techniquement :
    - je ne suis pas sûr qu'un simple décret puisse intervenir dans le domaine de la loi pour instaurer un régime identique au mariage au profit d'une partie de la population. Cela constitue un empiètement du pouvoir exécutif sur le pouvoir législatif.
    - [mode chieur = on] un décret ne "stipule". Il dispose. C'est le contrat qui stipule [/mode chieur]


    Bien à vous,
    L'Ankoù

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