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  • Dhafer Youssef, le jazz soufi

    C’est un p’tit gars né à Téboulba, en Tunisie. A dix ans, il était repéré comme un génie de l’oud, le luth méditerranéen, et ce gamin faisait vriller la tête de toutes les filles de Monastir. Avant que ça ne tourne à l’émeute, on l’a embarqué pour la capitale mozartienne, Vienne, histoire qu’il se forme aux classiques.

     

    Mais les cravatés impénitents du Conservatoire n’ont pu ouvrir leur porte à ce virtuose de l'oud... car il ne maîtrisait pas assez le solfège. Une grande chance pour nous, car notre ami a été récupéré par les clubs de jazz, où il a fini de roder sa prodigieuse voix.

     

    Et là, concerts et enregistrements, tout s’est enchaîné. Perso, je vous recommande son CD Electric Sufi, enregistré à New York en 2002. Si vous êtes fâché avec quelqu’un, offrez-lui ce CD, et vous en ferez un ami.

     

    La base de Dhafer Youssef, c’est la culture jazz, la beauté arabe et la profondeur soufie. Mais il nous embarque bien plus loin avec ses fidèles musiciens : le génial Tigran Hamasyan au piano, Chris Jennings qui, à la contrebasse, donne une assise prodigieuse à cette musique inédite, et le batteur Mark Guiliana, puissant et attentif à tout, auteur d'un solo ensorcellant. Avec Les Ondes Orientales, on voit le soleil éclairer les plus lointains des sommets. 

     

    Et comme si ça ne suffisait pas, tous les quatre rendent hommage au grand poète Abu Nawas, né en 757 à Ahwaz, en Iran, d'un père arabe et d'une mère persane, et mort à Bagdad en 815. Le poète de tous les temps, selon les mots de Franz Fanon.  

    http://www.youtube.com/watch?v=tpHA3oBb8T8

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  • Laïcité : Bonnet d’âne pour François Hollande

    Un must ! Un magnifique bonnet d’âne présidentiel, avec notre leader minimo qui se prend les pieds dans le tapis de la laïcité pour un superbe vautrage lors de son émission chez Pujadas.

    Voici le chef d’œuvre.bonnet_d_ane.JPG

    « Dès lors qu'il y a contact avec les enfants, dans ce qu'on appelle le service public de la petite enfance, une crèche associative avec des financements publics, il doit y avoir une certaine similitude par rapport à ce qui existe dans l'école ».

    1/ « Ce qu'on appelle le service public... ».

    Nul.

    Le 19 mars, la Cour de cassation n’a pas rendu un arrêt, mais deux.  Dans l’affaire n° 12-11.690 qui concerne la CPAM de Saint Denis, elle juge que lorsqu’une structure privée gère une mission de service public, comme les CPAM, s’appliquent les règles dégagées par le Conseil d’Etat, donc la neutralité stricte. La loi Hollande est inutile. C’est ce qu’on appelle enfoncer les portes ouvertes... L’enfonceur se retrouve cul sur tête, et on rigole bien.

    2/ « …dans ce qu'on appelle le service public de la petite enfance, une crèche associative avec des financements publics ».

    Nul.

    Dans l’affaire Baby Loup (n° 11-28.845) la Cour de cassation explique qu’un crèche privée subventionnée conduit une action d’intérêt général, mais ne remplit pas une mission de service public. Donc la loi sur « le service public de la petite enfance » ne changerait rien. La crèche Baby Loup ne s’est pas vue confier sa mission par la puissance publique, et elle n’est pas gérée en fonction des règles publiques : composition des organes dirigeants, comptabilité, financement, obligation d’accueil de tous les enfants, permanence et adaptabilité du service… Donc la loi Hollande sur le service public de la petite enfance ne s’appliquerait pas à ce genre d’entreprises privées.   

    3/ « Il doit y avoir une certaine similitude par rapport à ce qui existe dans l'école ».

    Nul.

    Les écoles privées confessionnelles, qui bénéficient de larges financements publics, ne sont pas concernées par la loi de 2004, laquelle ne joue que pour les établissements publics. Les filles musulmanes virées des écoles publiques trouvent refuge dans les écoles cathos. Alors, par similitude, les crèches privées subventionnées n’entrent pas dans le champ de la loi.importe-bonnet-ane-img.jpg

    4/ «… ce qui existe dans l'école » 

    Nul, et nullissime.

    La loi de 2004 concerne l’interdiction du port des signes religieux ostentatoires… par les élèves !  Alors, il faut faire une loi pour empêcher le port du foulard par les bébés ?... Il ne me trop rire ! Les profs ne sont pas concernés par la loi de 2004, car la neutralité dépend de leur qualité d’agent de la fonction publique. Ça n’a rien à voir.  

    Une loi imposant la neutralité aux salariés de droit privé supposerait d’écrire une dérogation aux articles L. 1121-1, L. 1132-1, L. 1133-1 et L. 1321-3 du code du travail qui intègrent les dispositions de la directive de l’Union européenne du 27 novembre 2000 prohibant les discriminations fondées sur les convictions religieuses, et il faudrait que cette interdiction de principe soit conforme à la jurisprudence de la CEDH, qui dit exactement le contraire. Bon courage !

    Enfin, s’il faut, pour la petite enfance, écarter toute référence religieuse dans les activités de service public, il faut transférer d’urgence les émissions religieuses de France 2 sur TF1. Ben oui, imaginez les bébés qui regardent des émissions religieuses sur le service public de la télé… I’m chocking ! 

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    Le conseil des ministres prépare un exploit 

  • Les Cannabis Social Clubs entrent en scène

    CSC.jpgPour lutter contre le trafic, produisons nous même le cannabis dans l’esprit d’une coopérative ; pour faire face au risque sanitaire, organisons-nous par de petits groupes, avec une production limitée ; pour faire bouger la loi, créons des associations loi 1901, et soyons prêts pour le débat judiciaire. Voici l’entrée en scène des Cannabis Social Clubs, nouveau front de la désobéissance civile.

     

    La Fédération des Cannabis Social Clubs Français (FCSCF) a déposé ses statuts d'association à la préfecture d'Indre-et-Loire, le 4 mars, à Tours, inaugurant une vague de déclarations de Cannabis Social Clubs, sous forme d’association loi 1901.

     

    Dominique Broc, président de la fédération annonce que 400 clubs vont se déclarer à partir de cette fin mars : « On demande au gouvernement de trancher sur le cas des Cannabis Social Clubs. S’il y a des dissolutions au fur et à mesure, on va faire ça dans la durée et occuper les tribunaux pendant un long moment ».

     

    L’idée des Cannabis Social Clubs a été rodée aux US, en Espagne et en Belgique. Il s’agit, pour ces consommateurs amateurs, de revendiquer une production et des pratiques clean. On est loin des bandes qui tiennent les quartiers Nord de Marseille mieux que la mairie, ou des go fast, cette pratique semi-industrielle du trafic. Non ce sont de petits groupes, une vingtaine de personnes. Ces amis autoproduisent et défendent des pratiques responsables. Pour être membre de l’association, on paie une petite cotisation, mais personne n’achète ou ne vend le cannabis, qui est le produit du terroir.

     

    C’est de la pure désobéissance civique : montrer que la loi répressive est inadaptée, dès lors qu’il n’y a pas de trafic, et pas de danger car le petit groupe vit dans la clarté d’une déclaration en préfecture, et avec une production limitée.193932_10150196180844505_131631354504_8379481_2463165_o1.jpg

     

    Le ministère de l’intérieur ne peut que réagir.

     

    Les associations reposent sur un régime déclaratif. Ainsi, dès lors que les statuts correspondent au schéma de la loi de 1901, et que les formalités constitutives ont été respectées, la préfecture est tenue d’enregistrer l’association. Mais si le préfet estime que l’objet est illicite, il doit saisir le tribunal de grande instance d’une demande de dissolution.  La fédération compte sur cette vague de déclarations pour que suive une vague de procès, en espérant une bonne campagne de presse, et peut-être un jugement dissident, qui mettrait l’ambiance.


    Mais, il y a aussi un volet pénal. L’article 222-35 du Code pénal punit la production ou la fabrication de vingt ans de prison et de 750 000 € d’amende, et si les faits sont commis en bande organisée, la peine grimpe à trente ans de réclusion criminelle et à 7,5 millions d’euros d’amende.

    La fédération des Cannabis Social Clubs a déjà son argumentaire : «  Si par hasard on décidait de nous poursuivre, nous exigerions de l’être collectivement et demanderions à être jugés, en tant que producteurs de stupéfiants en bande organisée par la Cour d’assise spéciale prévue à cet effet ».

    Pas gagné… Le Parquet est maître de la gestion des poursuites, et il peut agir contre les personnes, à titre individuel… avec des sanctions qui ne feront pas planer…

    Le risque judiciaire est élevé, mais le but est de démontrer l’impasse des politiques répressives, alors que la consommation d’alcool, tellement partagée, est plus dangereuse.

    Une étude récente faite par les profs de médecine pour la Société française d’alcoologie a établi que le nombre de séjours hospitaliers dûs à l’alcool est de 470 000 par an. Les troubles liés à la consommation représentent 60 % des séjours, et la dépendance 36 %. Ces hospitalisations liées à la dépendance ont augmenté de 30 % en trois ans et sont désormais aussi nombreuses que celles liées au diabète.

    Ceci en toute légalité…

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  • Laïcité : Un bonnet d’âne pour Fillon

    Le blog revendique la légitime défense de l’article 122-5 du Code pénal : devant une atteinte injustifiée envers soi-même ou autrui, il doit accomplir, dans une unité de temps, un acte commandé par la légitime défense, avec une juste proportion. Notre précieuse laïcité étant menacée par les laïcards impénitents, le blog doit offrir quelques bases solides de réflexion, alors que tant se précipitent sur le radeau de la Méduse,… et il le fera au rythme des attaques.

    Ce soir, le poisson accroché à l’hameçon du blog est l’enthousiasmant François de France Fillon, qui a publié une tribune dans Le Monde (Occidental) : « La laïcité doit s'étendre à l'entreprise privée ».

    Une petite mise au point sur ce qu’est une entreprise privée

    Sur le titre de la tribune, il n’y a rien à dire.58177228.gif

    Selon l’article 1 de la loi de 1905, la République « assure la liberté de conscience » et « garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées dans l'intérêt de l'ordre public ». Super. C’est ce qu’on fait tous les jours au bureau depuis 25 ans, où toutes les opinions, religions, et absences de religion cohabitent au service de clients de toutes les opinions, religions, et absences de religion.

    Aussi, tout patron (privé) (tu piges, Valls ???) adore la laïcité, et le gros groin du législateur-censeur n’a rien à faire dans un domaine qui ne le regarde pas. Une entreprise privée, çà se respecte, et avant de s’y immiscer, le législateur devra en prouver l’évidente nécessité.  

    Bref. Nous nous levons tôt, nous nous couchons tard, et notre petite affaire vit sa vie. Aussi, ce n’est pas demain la veille qu’un François de France Fillon va se mêler de nos affaires. Oki ?

    Regardons ensemble ce que vaut la copie de l’élève François de France Fillon

    1/ « En 2003, je fus l'un des premiers à militer au sein de la commission Stasi pour l'adoption de la loi interdisant les signes religieux dans l'école publique, et en tant que premier ministre, j'ai fait adopter, avec la majorité, la loi prohibant le port du voilintégral ». 

    Nul.

    François de France Fillon fait donc la course avec Badinter Madame de Robert. Trop drôle. Mais je dois calmer ces bourrins… La loi du mars 2004, dont ils veulent étendre le domaine d’application, a été condamnée par le très respecté Comité des Droits de l’Homme de l’ONU, le 1° novembre 2012,  car elle viole la légalité internationale (Pacte des droits civils et politiques de 1966).

    La France doit respecter les avis du Comité, car elle a ratifié le protocole. François de France Fillon et sa concurrente Badinter Madame de Robert adoptent une posture de bandits internationaux. Comment un Etat peut-il ratifier un texte et en refuser l'application ?  

    En l’état actuel, la France peut faire semblant d’ignorer cette décision, mais, à terme, elle n’a pas d’autre possibilité que de le respecter, car c’est respecter sa signature.

    2/ « Selon nos lois, le principe de laïcité s'applique principalement aux institutions publiques, auxquelles il impose, comme à ses agents, une stricte neutralité religieuse ».

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    Le principe de laïcité s’applique à toute la société, car l’article 1 de la loi de 1905 est d’ordre général.

    Et les faits parlent.

    Les églises cathos sont dans leur immense majorité des bâtiments publics, les maîtres de l’enseignement confessionnel sous contrat sont payés par l’Etat, un diocèse a été créé pour l’armée, les principales religions ont leurs émissions télé financées par les impôts, le président de la République signe la nomination de l’Evêque de Strasbourg, et tant d’autres choses... Comme le calendrier des vacances scolaires. François de France Fillon sait-il que Noël est une fête religieuse catholique, marquant la naissance du Christ ? Veut-il nous instaurer les vacances d’hiver le 15 janvier, pour défendre la laïcité ?

    3/ « Mais depuis quelques années, on assiste à la montée en puissance de revendications relatives à l'expression religieuse dans les entreprises».

    Nul.

    C’est une question permanente. La référence est l’arrêt Dame Roy, rendu par l’assemblée plénière de la Cour de cassation le 19 mai 1978, à propos du licenciement prononcé par une association gérant un établissement scolaire catholique, à la suite du divorce de la salariée. Avait suivi l’arrêt Painsecq du 17 avril 1991. La Cour d’appel de Paris avait retenu la légitimité du licenciement d’un sacristain, qui avait reconnu entretenir une relation homosexuelle. Pour la Cour de cassation, ce licenciement avait été abusif, car est requis, non une communion de pensée, mais l’absence de comportement extérieur causant un trouble caractérisé, qui n’était pas établi en l’espèce. C’est exactement l’arrêt Baby Loup.

    Donc c’est une question ancienne, et bien connue.

    Et puis, cette question : « En quoi les salariés qui vivent une spiritualité forte, nuisent-ils à la vie de l’entreprise ? » Et attention, François de France Fillon... En réponse, je n’attends pas de laïus, mais des faits.

    Mais François de France Fillon était-il vivant en 1978 et 1991. D’après nos infos, oui, mais à cette époque il se passionnait pour les courses de voitures.

    4« Chacun le sait, mais chacun se tait. Aujourd'hui, en l'état actuel de la législation, l'employeur ne peut prévoir, dans son règlement intérieur, des clauses garantissant le principe de neutralité».

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    Bien sûr que si, mais cela ne se fait pas en fonction des peurs avec lesquelles François de France Fillon cherche à se faire sa pub, mais en fonction des faits.

    La CEDH l’a très bien explicité. L’employeur privé d’une infirmière peut imposer des contraintes vestimentaires en fonction des contraintes objectives du métier, mais la British Airways ne peut empêcher une hôtesse de l’air de porter une croix comme penditif, car le port de ce bijou, lié aux convictions intimes, ne remet pas en cause la qualité du service que doit apporter le personnel de la British Airways à tous les clients.

    Les choses sont claires, et il est donc temps de passer au délibéré.

    Délibéré du jury du blog

    Avec sa bienveillance légendaire, le jury du blog a délibéré sur le cas de François Fillon de France.

    L’élève méconnait gravement les bases de la légalité nationale et internationale. Le Comité des droits de l’homme a placé la France au niveau de la Corée-du-Nord pour l’adoption de la loi de 2004, mais l’impénitent François Fillon de France veut étendre le domaine de cette illégalité, ce qui est très fâcheux.

    Comme Sarko se rebelle avec hargne contre sa mise en examen, François Fillon de France fait l’intello à deux balles en instrumentalisation la liberté de conscience.

    En conséquence, le jury a délibéré

    « Qu’il aille au diable, ce diablotin ».

  • Langues régionales : A quoi sert le pouvoir politique ?

    La non-ratification de la Charte européenne des langues régionales, un feuilleton de 20 ans, montre un pouvoir politique trouillard, qui tremble devant la reconnaissance de la moindre minorité dans le pays, et se paralyse devant les avis juridiques du Conseil d’Etat. Mais comment peut-on diriger une démocratie quand on fait si peu confiance au peuple ?  

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    La Charte

    Le texte en question est la « Charte européenne des langues régionales ou minoritaires », adoptée dans le cadre de l’excellent Conseil de l'Europe le 5 novembre 1992. L’idée est limpide : les langues régionales ou minoritaires, qui ont eu un rôle historique dans la création des Etats européens, risquent de disparaitre si elles ne sont ni enseignées, ni pratiquées. Il s’agit de protéger des expressions minoritaires qui risquent d’être laminées par le poids des langues dominantes.

    24 Etats ont ratifié la Charte, dont la Grande-Bretagne, Les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Espagne, l’Autriche, la Suède, la Norvège, le Danemark, la Finlande, la Hongrie…  

    Chirac

    En juin 1996, Chirac, jeune président de la République, porté par le bon air marin de Quimper, s’était enthousiasmé pour ce texte : « J'ai toujours été favorable au maintien et au développement des langues régionales qui sont l'expression de cultures. J'invite les autres européens, hispanophones, lusophones et autres, à s'associer pour défendre avec énergie nos langues contre le risque d'uniformisation culturelle due aux nouveaux réseaux d'information. Chaque culture est précieuse. Elle s'exprime à travers une langue. C'est pourquoi ces langues doivent être considérées comme précieuses ».

    Très bien ! Donc, le parlement va ratifier la Charte. Pour préparer ce vote, le gouvernement consulte le Conseil d’Etat, qui répond par un avis du 24 septembre 1996 (n° 259.461).

    Là, on tombe sur un os. Le Conseil d’Etat met en exergue l’article 2 de la Constitution selon lequel « la langue de la République est le français ». La Charte prévoit pour ces langues des enseignements optionnels et leur usage dans les médias : no problem. En revanche, le Conseil d’Etat s’étrangle devant les articles 9 et 10 qui reconnaissent « un droit à l'utilisation de langues régionales ou minoritaires dans les rapports avec la justice et les autorités administratives ». Bien sûr, ce droit est fait de tempéraments, et les pays qui le pratiquent ont survécu...

    Mais pour le Conseil d’Etat, c’est l’abomination la plus absolue, qui entraîne illico presto vers la ruine de la République. Faites sonner la garde : l’unité du pays est en danger. Aussi, la réponse est tranchée : les articles 9 et 10 sont contraires à la Constitution, et donc bye bye la ratification.

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    Chirac est passé à d’autres promesses, et on arrive à Sarko, qui lui aussi adore les langues régionales et patin couffin. Donc, c’est la « rupture » : on va modifier la Constitution. Très bien.

    Mais, grosse surprise devant la réforme (loi n° 2008-724 du 23 juillet 2008). On n’a pas touché à l’article 2,… et on a simplement ajouté un petit truc décoratif, après la porte à droite au fond du couloir, à savoir un article 75-1, aux termes duquel : « Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France ». Comme rupture, ça se pose là...

    A l’occasion d’une affaire portant sur l’enseignement des langues régionales (Code de l’Education, art. L. 312-10), un joyeux collègue a posé une QPC, soutenant que ce texte mollasson était contraire au splendide article 75-1 de la Constitution.

    Rien du tout mon chéri, lui a répondu le Conseil constitutionnel  (n° 2011-130 QPC du 20 mai 2011), et ce pour la simple est bonne raison que cet article 75-1 de la Constitution ne peut être invoqué dans un litige, car c’est du vent. C’est une déclaration sans force juridique, dont on ne peut rien faire.  

    Hollande

    Mais tout ça, c’était du petit bois pour allumer le feu ! Avec le chef de guerre Hollande, le changement c’est maintenant, alors on va la ratifier vite fait bien fait la Charte, et pour se faire, on va d’abord voter une réforme nette et propre de la Constitution. C’est l’engagement n° 56, et le président normal ne rigole pas avec les engagements du candidat normal, ça se vérifie tous les jours, et c'est normal.

    Bien sûr, avant de réformer la Constitution, le gouvernement prend l’avis du Conseil d’Etat,… qui s’est prononcé ce 5 mars 2013. Alors, qu’a répondu le Conseil d’Etat ? Exactement ce qu’il avait répondu le 24 septembre 1996 : si on déroge à la langue française, on met la patrie en danger, en zigouillant le principe de l’unicité du peuple. Il est bien évident que le Conseil d’Etat n’allait pas se déjuger, et la réformette de 2008 ne risquait pas de l’encourager.

    La procédure imposait de consulter le Conseil d’Etat, mais la réponse était attendue,… et ce n’est qu’un avis juridique.

    Et, là…

    Je laisse Jean-Jacques Urvoas, le grand pote breton de Hollande raconter à la presse : « Mardi soir, j’ai reçu un courrier de François Hollande. Il m’informait que compte tenu de l’avis négatif du Conseil d’État, le projet de loi constitutionnelle permettant la ratification de la charte des langues régionales avait été enlevé ».

    Modifier la Constitution visait justement à dépasser les blocages du Conseil Constitutionnel ou du Conseil d'État… « C’est bien pour cela que je veux changer la Constitution, sinon, on tourne en rond ».

    Au prochain…

    On attend donc le prochain candidat. Il fera une belle déclaration en Bretagne, expliquera, la voix tremblante, son feu pour la culture des terroirs, rédigera un bel engagement de campagne… et une fois élu, il demandera au Conseil d’Etat ce qu’il doit faire.

    Question de démocrate : Plutôt que voter pour un président cosmétique et des députés petits pois, pourquoi ne pas élire les membres du Conseil d’Etat ? Vu où nous en sommes, ce serait plus franc pour la France, non ?  

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    En zone dangereuse

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