Avertir le modérateur

  • Londres grandiose : Le recours aux armes dépend du Parlement et doit respecter le droit international

    Le va-t’en guerre David Cameron se rappellera de l’affaire syrienne car elle va briser sa vie politique, et ça ne m'attriste pas. Lâché par son propre camp, le chef du gouvernement a subi une défaite historique : il ne peut désormais y avoir d’action militaire britannique qu’avec l’accord du Parlement, et cet accord ne peut être donné que si l’action militaire respecte la légalité internationale. Les années qui viennent permettront de mesurer la pérennité de ce vote, mais c’est un immense pas en avant pour la démocratie et la légalité internationale.

    commons.png

    Un signe aurait dû retenir l’attention de Cameron : la Pologne, l’un des plus fidèles soutiens des Etats-Unis (Amérique du Nord) avait très vite fait savoir qu’elle ne participerait pas à une aventure syrienne. Mais dès qu’Obama bronche, Cameron se dresse comme Rantanplan, le chien de Lucky Luke, qui  se tapait souvent le crâne, oubliant qu’il dormait sous une table. Cameron avait donc déjà fait l’enquête, trouvé le criminel, dépassé le Conseil de Sécurité, et envoyé les premiers avions à Chypre. Il lui restait juste à emballer le vote des Communes…

    Il s’agissait d’obtenir un vote de principe, et Cameron dispose d’une confortable majorité. La majorité, soit 326, est assurée par les conservateurs pour 303 et des libéraux-démocrates pour 56. En face, 255 élus du Parti travailliste, et 37 divers.

    gchoc2011_hoc_plan-f.gif

    Lorsqu’il ouvre les débats, Cameron se démarque de l’Irak de 2003 : « Nous n’envahissons pas un pays, nous ne cherchons pas d’armes de destruction massive. » Le but est de conforter « le tabou de l’usage des armes chimiques », mais pas intervenir dans le conflit, ni d’armer les rebelles. D’après lui, les preuves résultent des vidéos, qui ont été visionnées, et des renseignements des services. Il reconnait qu’il n’y a pas de certitudes mais explique qu'il a assez d’éléments pour se faire un jugement. Et tant pis s’il faut se passer d’un mandat du Conseil de sécurité.

    C’est Ed Miliband, le leader du Labour, qui a apporté la réplique en posant deux principes simples et intangibles : pas d’action militaire tant qu’il n’est pas prouvé que les armes chimiques ont été utilisées et que les tirs ont été ordonnés par Bachar el-Assad ; pas d’implication de l’armée britannique sans un cadre juridique sûr, à savoir un mandat du Conseil de sécurité de l’ONU, pour conclure : « Je suis déterminé à tenir compte des leçons du passé, y compris l’Irak. Il ne faut pas se faire d’illusion, notre rapport au conflit syrien changera si nous intervenons. Il faut ouvrir les yeux sur l’impact que cela aura. »

    Les débats ont duré huit heures, et se sont ouverts aux implications d’une intervention militaire dans cette région stratégique, et alors que le conflit syrien, avec l’armement des milices anti-Assad, est devenu un affrontement entre l’Iran et l’Arabie Saoudite. Choisir un camp ? Sur quelles bases ? Pour quel but ? Quel avenir, sachant que d’éventuelles frappes ne modifieraient pas substantiellement les forces armées syriennes ? Quelles relations avec la Russie ? Quel précédent à agir sur le fondement de la « punition », qui est une donnée nouvelle et immaîtrisable ? Comment ne pas être sélectif dans les « punitions » ? Le député du Labour Gerald Kaufman a rappelé l’usage par Israël des bombes au phosphore blanc, sur la population de Gaza en janvier 2009, sans qu'on agite les lignes rouges...

    Dix ans après l’attaque illégale de l’Irak, la chambre des Commune désavoue Blair et félicite Chirac pour son choix de la résistance et du droit : une guerre sans fondement juridique, des mensonges pour la justifier, l’annonce de la protection de la population pour en fait renverser le pouvoir, un pays divisé, fracassé, meurtri, et des nombreuses victimes dans les troupes britanniques : au nom de quoi, et pour quel but ?  

    Il y a eu aussi la Libye, et Ed Miliband comme nombre de travaillistes avaient voté pour cette guerre, tout aussi illégale. Mais ils constatent ce qu’a donné cette intervention militaire faite sans plan politique, sans compréhension du peuple. Sur une population de 6 millions, deux millions de Libyens vivent réfugiés à l’étranger (Tunisie, Egypte essentiellement) et la Libye est devenue un centre du trafic d’armes et du recrutement de mercenaires pour toute la région.

    Vient le vote, et la motion du gouvernement est rejetée par 285 voix contre 272. Soixante-dix députés conservateurs ont voté contre Cameron.

    Regardez les vidéos : Cameron est hébété, comprenant en un instant tout ce qui vient de se jouer, avec une Grande-Bretagne qui rompt avec les Etats-Unis, et renonce pour des années aux aventures guerrières. Cameron victime collatérale du conflit syrien. Quelle revanche des faits...

    Mais Ed Miliband pousse son avantage, et s’adresse à son adversaire groggy : il lui demande de s’engager à suivre l’avis de la Chambre des communes, alors qu’en droit, le premier ministre dispose des pouvoirs pour, lui seul, engager l’armée. La direction de la force armée appartient à la Reine, qui l’a confié au Premier ministre et celui-ci peut l’exercer comme une prérogative royale. Mais Cameron n’a aucune autre possibilité que de s’incliner : « Il est clair pour moi que la chambre n’ayant pas passé la motion, le Parlement britannique, reflétant la vision du peuple britannique, ne veut pas voir d’action militaire britannique. Je l’ai compris et le gouvernement agira en conséquence ».

    Ce pouvoir de la chambre des Communes, qui était fort, devient un cadenas : la Grande-Bretagne est une vraie démocratie, et l’acte politique le plus lourd, l’engagement de l’armée, ne peut intervenir qu’après un vote favorable du Parlement.

    La Royauté britannique respecte le droit mieux que la République française.  

    130830dailytelegraph.jpg


  • La France apporte son soutien à la jeune et sympathique démocratie saoudienne

    Au Proche-Orient, les « puissances » occidentales sont dans le bousin, agitées par un automatisme pavlovien dès qu’on prononce le mot « Israël » mais bien incapables de comprendre les peuples, et donc de définir une stratégie. C’est niveau zéro, qu’il s’agisse des négociations Israël/Palestine, avec des échanges de terres comme si la Palestine était une copropriété, ou de la frénésie juvénile dans l’affaire syrienne…

    arabie saoudite,gochmole

    Alors, comme personne n’est là pour faire le ménage, il faut que quelqu’un se dévoue, et c’est la sympathique Arabie Saoudite. Une invention stratégique de la Grande Bretagne pendant première guerre mondiale, avec le pétrole (25% des réserves mondiales), une compréhension arabe du sionisme, une terre d’accueil pour les bases militaires occidentales, l’islamisme financé pour foutre le feu dans tous les pays arabes : vraiment, ces gens-là sont trop bien, et tant pis s’ils foutent aussi le feu dans nos banlieues avec des saladistes divers et variés. Personne ne peut être parfait.

    Si les Saoudiens s’agitent, c’est en réalité que les menaces se précisent pour ces rois qui n'ont d'autres racines que les puits de pétrole. 

    En interne, trois oppositions ont pris pied : les Frères Musulmans, influents et contestataires du leadership wahhabite sur la population sunnite ; une minorité chiite, dans l'Est du pays qui est la terre du pétrole ; des « libéraux », économiquement influents, formés et vivants dans les pays occidentaux, et qui sont consternés par les pratiques moyen-âgeuses des dirigeants.

    Mais les craintes viennent surtout de l’extérieur, et la famille royale tremble devant l’institutionnalisation  d’un axe Iran-Irak-Syrie-Hezbollah, avec un Iran nucléaire qui les ramènerait tôt ou tard au statut de royauté du sable. Une victoire de la Syrie serait terrible pour l'Arabie Saoudite. 

    La population du Bahreïn a tenté de faire valoir ses revendications, mais les Saoudiens ont tout fait pour écraser ces aspirations démocratiques : la caste dirigeante est sunnite pro-saoudienne, mais la majorité de la population est chiite, et toute avancée démocratique est dès lors hors sujet. 

    Dans ce contexte hostile, avec des « puissances » occidentales pusillanimes et une Syrie qui tient bon, le roi Abdallah a joué son va-tout en nommant son neveu le prince Bandar Ben Sultan, avec carte blanche : celui qui a longtemps été ambassadeur aux Etats-Unis (Amérique du Nord) reçoit la double caskette de chef du renseignement et de la sécurité nationale. C’est lui qui a géré si diplomatiquement la question de la brave famille saoudienne, les Ben Laden. Le Wall Street Journal de ce 25 août le qualifie de « vétéran de l'intrigue diplomatique à Washington et au Moyen-Orient ».

    199068731.jpg

    L’ami Bandar Ben Sultan s’est mis au travail.

    En Syrie, les Saoudiens ont dégagé l’incertain Qatar, en imposant Ahmed Jarba à la tête du Conseil National Syrien (CNS). Les Wahhabites zigouillant les Frères musulmans,… quelle victoire ! Bandar Ben Sultan a reconnu qu’il recrutait tant qu’il pouvait des jeunes pour combattre en Syrie : mais c’est lent (300 recrues formées chaque mois), et il faudrait que le Roi de Jordanie laisse passer les armes… Mais le Roi sait les risques qu’il prendrait…

    L’Arabie Saoudite a ensuite été le premier soutien de Sissi-le-putchiste, et avec raison : si les pays arabes deviennent démocratiques, où va-t’on ? Alors, entretenons l’idée que ces peuples, qui ont façonné notre Antiquité, sont des semi-sauvages, et ne comprenant que le fouet : 12 milliards de dollars pour Sissi-le-mendiant.

    Bandar Ben Sultan cherche à s’approcher de Moscou pour convaincre qu’il tiendrait les combattants tchétchènes, le temps des JO de Sotchi, et que lorsqu’il sera maître de Damas, il aidera la Russie contre son concurrent gazier, le Qatar.

    Ce Ben Sultan est prêt à tout, ce alors que déjà, l’Arabie saoudite a fait tant de dégâts, dopant les plus extrémistes des islamistes avec ses dollars et ses arriérations. Désormais, elle veut clairement cartonner tous ceux qui s’opposent à elle, pour se préserver un avenir.

    C’est dans ce contexte qu’on apprend une belle réussite française : une commande d’équipement d'un milliard d'euros avec l'Arabie Saoudite, pour moderniser quatre frégates et deux pétroliers-ravitailleurs, outre les à-côtés. Hollande est invité en Arabie Saoudite durant l’automne.

    Tout devrait conduire à calmer la famille Saoud, qui n’hésitera pas à embraser tout le Moyen-Orient pour sauver sa richesse. La France choisit de l’armer.

    C'est juste une affaire de jours, mais Hollande va sûrement nous expliquer « avec la fermeté qui convient » sa géniale politique.  

  • SNCF : Le transport d’allégresse

    affiche.jpgParis-Marseille à 1,50 €. C’est tellement gros qu’il vaut mieux en rire... Pour les agents de la SNCF, traverser la France en TGV coûte moins cher qu’un ticket de métro… Mais attention, en période de pointe, les prix grimpent et peuvent aller jusqu’à 13 € pour celui qui circule en première… contre 154 € pour le pékin moyen. Donc, même pas 10 %. Des chiffres de la Cour des comptes que publie Le Parisien.

    Alors, un coup de pouce pour les cheminots en activité… Pourquoi pas ? Mais à ce niveau, c’est indécent. Ça l’est encore plus quand on découvre que le système joue pour les retraités, les conjoints, les enfants, les parents et les grands-parents. Enfin une politique familiale cohérente… La Cour des comptes explique que pour environ 150 000 salariés de la SNCF, le nombre des bénéficiaires est de 843.217 ! Près d’un million de personnes, ils sont trop forts. Vous pourrez avoir une pensée émue quand vous devrez retarder votre trajet pour cause de train complet.

    Cette petite plaisanterie a un coût : 140 millions par an, rien que ça.

    Mais le meilleur est du côté des syndicats outragés.

    Sud Rail : «De nombreux bénéficiaires n’auraient tout simplement pas pris le train dans ces conditions». Bien vu camarade : la logique économique est imparable !

    CGT-cheminots « On ne vole personne, c'est un droit social.» Ouaip... On dirait un sujet de philo du bac...

    CFDT-cheminots. «Si la direction et l'État veulent ouvrir le dossier des facilités de circulation, la rentrée risque d'être explosive ». Wahou, ils sont accros... Intoxiqué au tarif...

    La SNCF n’est pas seule à entretenir ce bazar d’un autre temps, certes, et EDF est très bien placée avec son « tarif agent » qui de haute (tur)lutte syndicale joue même pour la résidence secondaire.  

    Excusez, les amis, mais là, dans le contexte actuel, se montrer à ce point incapables d’évoluer et nous jouer la grande histoire de la lutte des classes… C'est pitoyable, folklorique et d'un autre temps... 

    affiche chemin de fer_09.jpg 

    affiche chemin de fer_18.jpg

    3530656171_72bb44ac8a_o.jpg

    Chemins_de_Fer_Alsace_Lorraine_affiche_cathedrale_Strasbou.jpg

    affiche-annot-chemins-de-fer-de-provence.jpg

    affiche_Salies_de_Bearn.jpg

    Affiche_Chemin_de_Fer_du_Nord_-_Enghien-les-Bains.jpg

    CP-Voeux-Perfecta.jpg


  • Quand les Etats-Unis aidaient l’Irak à faire des carnages avec les armes chimiques contre les Iraniens

    La prohibition des armes chimiques ne résulte pas de lignes rouges diverses et variées, mais du droit international. Sauf que bien sûr, il est difficile pour les Etats qui s’apprêtent à violer le droit international, en pratiquant des actes de guerre contre un Etat souverain sans le mandat de l’ONU, de prendre le droit pour référence. Encore plus difficile quand la presse publie des documents prouvant l’aide apporté par Ronald Reagan à Saddam Hussein dans l’utilisation de l’arme chimique à grande échelle contre les Iraniens en 1988. Ce fut le tournant de la guerre entre l’Irak et l’Iran.

    Le droit international depuis 1899

    arme,droit international,irak,iran,syrie,usL’emploi des armes chimiques est interdit dans les conflits armés internationaux depuis la déclaration de La Haye concernant les gaz asphyxiants de 1899. La première utilisation guerrière des gaz toxiques à grande échelle a lieu au cours de la Première Guerre mondiale, et en réaction a été adopté le Protocole de Genève de 1925 prohibant l’emploi à la guerre de gaz asphyxiants, toxiques ou similaires et de moyens bactériologiques. La Seconde Guerre mondiale a été l’occasion de maints crimes contre l’humanité,  à grande échelle, mais au total, au cours de combats, le Protocole de 1925 a été respecté.

    L’action du droit international a ainsi été de maintenir les saints principes de 1925, mais de les adapter à l’évolution de la science et du génie de l’industrie miliaire, avec deux nouvelles conventions : celle de 1972, appelée Convention sur les armes biologiques ou Convention sur les armes biologiques ou à toxines, et celle de 1993 sur l’interdiction des armes chimiques qui a ajusté le texte et étendu la prohibition d'emploi énoncée dans le Protocole de 1925 à la mise au point, à la fabrication, au stockage, à la conservation et au transfert des armes chimiques, leurs vecteurs compris.

    La Convention de 1993

    arme,droit international,irak,iran,syrie,usVoici l’article Premier, très clair.  

    Obligations générales

    « 1. Chaque Etat partie à la présente Convention s'engage à ne jamais, en aucune circonstance :

    « a) Mettre au point, fabriquer, acquérir d'une autre manière, stocker ou conserver d'armes chimiques, ou transférer, directement ou indirectement, d'armes chimiques à qui que ce soit ;

    « b) Employer d'armes chimiques ;

    « c) Entreprendre de préparatifs militaires quels qu'ils soient en vue d'un emploi d'armes chimiques ;

    « d) Aider, encourager ou inciter quiconque, de quelque manière que ce soit, à entreprendre quelque activité que ce soit qui est interdite à un Etat partie en vertu de la présente Convention.

    « 2. Chaque Etat partie s'engage à détruire les armes chimiques dont il est le propriétaire ou le détenteur, ou qui se trouvent en des lieux placés sous sa juridiction ou son contrôle, conformément aux dispositions de la présente Convention.

    « 3. Chaque Etat partie s'engage à détruire toutes les armes chimiques qu'il a abandonnées sur le territoire d'un autre Etat partie, conformément aux dispositions de la présente Convention.

    « 4. Chaque Etat partie s'engage à détruire toute installation de fabrication d'armes chimiques dont il est le propriétaire ou le détenteur, ou qui se trouve en un lieu placé sous sa juridiction ou son contrôle, conformément aux dispositions de la présente Convention.

    « 5. Chaque Etat partie s'engage à ne pas employer d'agents de lutte antiémeute en tant que moyens de guerre ».

    L’article 8, par. 2, al. b) xviii) du statut de la CPI définit comme crime de guerre : «le fait d’utiliser des gaz asphyxiants, toxiques ouassimilés et tous liquides, matières ou engins analogues», et ce crime n’est pas limité au premier emploi de ces armes.

    Ainsi, s'il est exact que la Syrie n'a pas ratifié la Convention de 1993, ce point est en réalité très indifférent s'agissant du principe posé par l'artilce 1, qui relève du droit coutumier. 

    Les conflits armés non internationaux

    arme,droit international,irak,iran,syrie,usL’interdiction de l’emploi des armes chimiques s’applique aussi dans les conflits armés non internationaux, comme il résulte de l’article premier de la Convention. D’autres textes reprennent cette interdiction et spécialement de deux déclarations de 1991, celle de Mendoza sur les armes chimiques et biologiques et celle de Cartagena sur les armes de destruction massive.  

    Dans le grand arrêt Dusko Tadić du 2 octobre 1995, la chambre d’appel  Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie a jugé dans le même sens ( § 199 et 120) : « De fait, des considérations élémentaires d'humanité et de bon sens rendent absurde le fait que les Etats puissent employer des armes prohibées dans des conflits armés internationaux quand ils essayent de réprimer une rébellion de leurs propres citoyens sur leur propre territoire. Ce qui est inhumain et, par conséquent, interdit dans les conflits internationaux, ne peut pas être considéré comme humain et admissible dans les conflits civils.  Ce concept fondamental est à l'origine de la formation progressive de règles générales relatives à des armes spécifiques, règles qui étendent aux conflits civils les prohibitions générales se rapportant aux conflits armés internationaux. A titre d'exemple, nous mentionnerons les armes chimiques ».

    Le droit est donc bien connu. Pas besoin de dessiner des lignes rouges : que les Etats occidentaux appliquent le droit, ça fera du bien, et qu’ils se l’appliquent déjà à eux-mêmes.

    Quand les Etats-Unis aidaient l’Irak à faire des carnages aux armes chimiques contre les Iraniens

    arme,droit international,irak,iran,syrie,usParce que l’actualité tombe mal pour les Etats-Unis (Amérique du Nord). Le journal Foreing Policy a publié hier un dossier reposant sur des documents déclassifiés, montrant comment les Etats-Unis ont, grâce à la CIA, aidé l’Irak à mener des attaques chimiques décisives contre l'Iran en 1988.

    A cette époque, les Etats-Unis de Reagan étaient alliés de l’Irak de Saddam Hussein. Depuis 1984, la CIA informait la Maison-Blanche (comme une oie ?) sur les stocks d’armes chimiques, essentiellement du gaz moutarde et du gaz sarin. En 1987, les Iraniens avaient découvert une faille majeure dans la défense irakienne près de Bassorah et ils s'apprêtaient à lancer une offensive, qui aurait fait basculer le conflit. La CIA a fait rapport, et Reagan a noté sur le document : « Une victoire de l'Iran est inacceptable ». La CIA a donc avisé le commandement militaire irakien du péril, et tous deux ont conduit une série de quatre attaques conduites in extremis, s’assurant pour ne pas perdre le recours aux armes chimiques.

    De fait, ces attaques ont causé des milliers de morts au sein des troupes iraniennes, qui ont été mises en échec. Foreign Policy détaille comment la dernière des quatre attaques menées, en avril 1988, a déployé dans les airs la plus grande quantité de sarin jamais utilisé par les Irakiens : « Pendant un quart de siècle, aucune attaque chimique n'a égalé l'ampleur de ces assauts illégaux de Saddam Hussein », ce avec le conseil et l’assistance de la CIA. Le rapport explique aussi les manips’ auprès de la presse pour minimiser ces faits.

    Depuis, les Etats-Unis ont inventé les armes de destructions massives pour éliminer son ancien allié, Saddam Hussein. Ils ont engagé un vase plan de sanctions contre les Iraniens, alors qu’ils sont co-auteurs de crimes de guerre contre les soldats iraniens. Pour la Syrie, ils s’apprêtent à violer la Charte des Nations Unies car, dans enquête, sans expertise, sans jugement et sans mandat de l’ONU, ils vont désigner leur coupable et nous expliquer à quel point il est indispensable de frapper militairement celui qui aujourd’hui fait ce qu’ils faisaient hier.

    Toutes nos pensées au peuple syrien, meurtri par la guerre.

  • Count Basie, 1962

    Quelle chance de retrouver de tels enregistrements... Nous sommes en Suède le 24 avril 1962, et entre en scène le grand orchestre de Count Basie. Ces orchestres du Middle Jazz étaient de véritables fabriques de swing, et Count Basie, depuis Kansas City, s'y attelait depuis le début des années 30. Tenir ces formations était un défi économique, et la seule solution était un travail acharné, pour jouer un jazz toujours au top. Je vous laisse admirer cette maîtrise. Perso, je suis accro.

    Les musiciens : au sax alto Marshal Royal and Frank Wess, au sax tenor Eric Dixon, Frank Foster, Frank Wess et au barython Charlie Fowlkes; à la trompette Al Aarons, Sonny Cohn, Thad Jones, Snooky Young; au trombone Henry Coker, Quentin Jackson et Benny Powell ; à la guitare Freddie Green ; à la contrebasse Eddie Jones ; à la batterie Sonny Payne, et la chanteuse est Irene Reid.

    Le concert s’ouvre avec un Easin’it aérien et lumineux : vous voici plongé dans l’univers Basie. On poursuit avec un somptueux You’re too Beautiful, puis du grand swing avec Corner Pocket et un Stella By Starlight, tout en douceur. On repique avec Back to the Apple qui a lui seul fait le concert. C’est Basie de chez Basie. Vous pouvez prendre votre temps et faire la pause… Le jeu des solistes avec l’orchestre est fantastique. Depuis ces hauteurs, le concert se déroule avec I Need to Be Bee’d With, et admirez la classe de Basie pour, avec quelques notes de piano, ouvrir vers les plus grands espaces. La chanteuse Irene Reid vient rejoindre l’orchestre pour le grand standard de Gershwin I Got Rhytm avec, suivi d’un grand blues Back Water Blues, et du délicieux Alexander’s Ragtime Band. Vous attend alors un moment de bravoure, avec Old man river sur un rythm de ouf’, et un grand show du batteur Sonny Payne : un vrai show, oui, car il dynamite l’orchestre, avant de s’engager dans un mémorable solo… qu’il conclut en jonglant avec les baguettes… unique. Le concert prend fin avec One O’Clock Jump. L’orchestre donne tout, et ce n’est que du bonheur.

    http://www.youtube.com/watch?v=9e0yzoSSfkI

    count-basie-orchestra.jpg

    Count Basie.jpg

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu