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  • Le gouvernement engage la bataille du dimanche

    Après ses succès en Syrie, notre glorieux gouvernement attaque le dossier de l’ouverture des magasins le dimanche. Attention, chaud devant ! C’est la foire à tous les étages… avec un gouvernement qui relève de la liquidation judiciaire.

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    Faut-il imposer un jour de repos dans la semaine ? La France répond « oui, le dimanche pour aller à la messe », et l’Algérie, « oui, le vendredi, pour aller à la mosquée ». C’est dire que cette grande conquête ouvrière est une affaire religieuse. Autant dire qu’on avance en terrain miné (de bonnes intentions).

    Et les commerces ouvert la nuit ? Une horreur… Mais bon, j’ai été très content de pouvoir acheter un samedi à 23 heures un rasoir, de la mousse à raser, une brosse à dents et le dentifrice associé, une chemise à la mode, un wonderfull boxer et une paire de chaussettes lors de mon dernier séjour à Taipei, alors que ma valise avait été perdue à la correspondance de Bangkok, et que je devais faire le malin à la tribune d’un congrès le lendemain matin. Au congrès, j’ai retrouvé des copines infirmières qui travaillent le dimanche et la nuit.

    Autant vous dire que je regarde la tension monter autour de cette affaire des ouvertures de magasins de manière assez détendue. Je reconnais que le cas est complexe, car il faut fixer une limite, et personne ne sait où... 

    C’est la justice qui a mis le feu… le tribunal de commerce de Bobigny pour le dimanche de Leroy-Merlin, et la cour d’appel de Paris pour les horaires de nuit du Séphora des Champs. Le texte de ces deux décisions n’est pas connu, et je m’abstiens de tout commentaire, mais il y a de bonnes raisons de penser que les juges ont tout simplement appliqué la loi… Et puis même s’ils s’étaient trompés, on voit bien que le problème est plus général. Quid des ouvertures des magasins la nuit ? Quid des ouvertures des magasins le dimanche ?

    Du côté de la Droite, je les colle au coin d’emblée, avec un bonnet d’âne XXL, un bâillon, et s’il le faut une intramusculaire de neuroleptique pour les calmer : ils ont gouverné pendant dix ans, et ils sont les premiers responsables de la dégringolade du pays. Alors, camembert.

    Du côté de la gochmole, le spectacle est toujours aussi réjouissant.

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    Notre flamboyant Premier sinistre (Parti socialiste de profundis) qui voulait lancer la troupe à la conquête de la Syrie, fait dans son froc parce que Leroy-Merlin ne respecte pas le jugement du tribunal de commerce de Bobigny... A 25% dans les sondages, et à six mois des municipales, ce n’est pas le moment de se mettre à dos le flot des consommateurs… Alors, il convoque, toutes affaires cessantes, une réunion de nos si distrayants sinistres à Matignon pour lundi à l’heure du laitier (Laitier qui travaille donc de nuit et le dimanche).

    Et là, c'est le festival de la foire...

    Pour Bambi, « il s'agit de poser ces sujets à plat ». Oki, Bambi, je te fais livrer un niveau de maçon pour que tu vérifies que tout soit bien à plat. Pour Sylvia Pinel, notre célébrissime sinistre déléguée au Commerce et à l'Artisanat, « la législation est complexe ». Certes, Sylvie,... et bonne sieste. Pour la si sociale sinistre des Affaires sociales, Marisol Touraine « le statu quo n'est pas tenable », et elle appelle à « trouver le chemin d'un compromis (con promis ?) ». Michel Sapin, son patron, lui répond : « Est-ce que vous pensez que travailler la nuit, c'est améliorer la qualité du travail ? Je ne le pense pas. Est-ce que vous pensez que travailler le dimanche, c'est améliorer la vie quotidienne, la vie de famille, la vie sociale ? Je ne le pense pas ». Notre excellent Valls – qui refusant de s’intégrer à la Gauche, a vocation à rejoindre l’UMP,  – c’est « une usine à gaz », ce qui montre sa méconnaissance du sujet car Leroy-Merlin ne vend pas de gaz. Notre rançonneur en chef, Bernard Cazeneuve, sinistre du budget, s'est dit « défavorable à la généralisation du travail le dimanche » tout en ajoutant qu’ « il y a des villes, des régions, qui sont dans une situation particulière ». Un bon gars qui a avalé la méthode Assimil du hollandais : «  comme tout dire et son contraire en une phrase ». Benoit Hamon, grand gardien de l’aile gauche du Parti socialiste (soyez sympas, essayez de ne pas rire…) estime que l’attitude de Leroy-Merlin est « inadmissible », et la lunaire Taubira se fâche pour dire que « les décisions de justice doivent être appliquée ». J’espère qu’elle ne va pas coller Leroy-Merlin chez un JAP.

    Bref, toute cette savante société sera chez le Premier sinistre à 9 H, et va nous trouver la solution à 11H.

    Allez, on se retrouve ce soir,… avec une bonne partie de rigolade à la clé !

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  • Rokia Traore, d’Afrique

    Le blog en est rose d’émotion : accueillir Rokia Traore, la grande chanteuse malienne... Je me suis fait tout petit, je me suis assis, et j’ai admiré.   

    http://www.youtube.com/watch?v=NS0qioPXjeE

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  • La résolution S/2013/575 sur la situation en Syrie

    Voici donc cette fameuse résolution. Lisez les lignes et entre les lignes, et jugez sur pièce.

    Le Conseil de sécurité ouvre la résolution en réaffirmant « son ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance et à l’intégrité territoriale de la République arabe syrienne », ce qui ne reconnait qu’une autorité en Syrie, le pouvoir institutionnel, et qui condamne toutes les ingérences extérieures comme des faits illicites.

    Le Conseil note que le 14 septembre 2013, la République arabe syrienne a adhéré à la Convention sur les armes chimiques, et s’est engagée à la respecter, et il déroule ensuite tout le processus prévu par la convention.

    S’agissant de l’usage des armes, le Conseil de sécurité relève plusieurs faits, dont ceux du 21 août, mais il se garde de les imputer à qui que ce soit, et toute les phrases sont exactement balancées entre le gouvernement de l’Etat et les groupes armés non-étatiques.   

    Il n’est prévu aucune sanction pour les usages notés de ces armes, car le Conseil n’impute pas la faute. La notion de sanction réapparaît sur un autre aspect, en cas de non-respect de la convention sur les armes chimiques, mais c’est là l’application de cette convention, et en cas de non-respect, il faudrait revenir devant le Conseil de sécurité qui déciderait ce qu’il y a lieu de faire.

    Pour ce qui est du jugement des coupables, le mot « justice » n’est pas même évoqué. Le Conseil se contente de se dire « convaincu que les personnes responsables de l’emploi d’armes chimiques en République arabe syrienne doivent répondre de leurs actes ».

    Enfin, s’agissant de la conférence Genève II, décrite comme une ardente nécessité, il est dit qu’elle doit être « dirigée par les Syriens », et elle est encouragée à constituer une autorité regroupant les représentants du gouvernement et de l’opposition.

    Pour ceux qui en auraient douté, il existe une Etat souverain et un gouvernement institutionnel, qui conclut des traités, dirige sa diplomatie et est le responsable de l’ordre intérieur.

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    Le Conseil de sécurité,

    Rappelant les déclarations de son président en date des 3 août 2011, 21 mars 2012 et 5 avril 2012, et ses résolutions 1540 (2004)2042 (2012) et 2043 (2012),

    Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance et à l’intégrité territoriale de la République arabe syrienne,

    Réaffirmant que la prolifération des armes chimiques et de leurs vecteurs constitue une menace contre la paix et la sécurité internationales,

    Rappelant que la République arabe syrienne a adhéré le 22 novembre 1968 au Protocole concernant la prohibition d’emploi à la guerre de gaz asphyxiants, toxiques ou similaires et de moyens bactériologiques, signé à Genève le 17 juin 1925,

    Notant que le 14 septembre 2013, la République arabe syrienne a déposé auprès du Secrétaire général son instrument d’adhésion à la Convention sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l’emploi des armes chimiques et sur leur destruction (« la Convention ») et déclaré qu’elle se conformerait à ses dispositions et les observerait fidèlement et de bonne foi, et appliquerait la Convention à titre provisoire en attendant son entrée en vigueur à son égard,

    Se félicite de la création par le Secrétaire général de la Mission d’enquête des Nations Unies concernant les allégations d’emploi d’armes chimiques en République arabe syrienne (« la Mission »), conformément à la résolution 42/37 C (1987) de l’Assemblée générale, du 30 novembre 1987, réaffirmée par la résolution 620 (1988) du 26 août 1988, et se félicitant du travail accompli par la Mission,

    Prenant acte du rapport de la Mission en date du 16 septembre 2013 (S/2013/553), soulignant qu’il faut que la Mission s’acquitte de son mandat et soulignant également que les allégations crédibles relatives à l’emploi d’armes chimiques en République arabe syrienne qui seraient faites à l’avenir devront donner lieu à une enquête,

    Profondément indigné que des armes chimiques aient été utilisées le 21 août 2013 à Rif-Damas, comme l’a constaté la Mission dans son rapport, condamnant le fait que des civils ont été tués à cette occasion, affirmant que l’emploi d’armes chimiques constitue une violation grave du droit international et soulignant que ceux qui y ont recouru doivent répondre de leurs actes,

    Rappelant l’obligation qui incombe à tous les États, aux termes de sa résolution 1540 (2004), de s’abstenir d’apporter un appui, quelle qu’en soit la forme, à des acteurs non étatiques qui tenteraient de mettre au point, de se procurer, de fabriquer, de posséder, de transporter, de transférer ou d’utiliser des armes de destruction massive, y compris des armes chimiques, ou les vecteurs d’armes de ce type,

    Accueillant avec satisfaction le Cadre de référence pour l’élimination des armes chimiques syriennes adopté le 14 septembre 2013, à Genève, par les États-Unis d’Amérique et la Fédération de Russie (S/2013/565), pour veiller à ce que le programme d’armes chimiques de la République arabe syrienne soit détruit dans les meilleurs délais et de la façon la plus sûre qui soit, et se disant déterminé à ce que les armes chimiques et leurs composantes qui se trouvent en République arabe syrienne soient immédiatement placées sous contrôle international,

    Se félicitant de la décision par laquelle le Conseil exécutif de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) du 27 septembre 2013 a mis en place des procédures spéciales pour la destruction rapide du programme d’armes chimiques de la République arabe syrienne, sous vérification rigoureuse et se disant déterminé à assurer la destruction du programme d’armes chimiques de la République arabe syrienne selon le calendrier prévu dans la décision du Conseil exécutif de l’OIAC en date du 27 septembre 2013,

    Insistant sur le fait que la seule solution à la crise syrienne est un processus politique sans exclusive, dirigé par les Syriens, fondé sur le Communiqué de Genève du 30 juin 2012, et soulignant que la conférence internationale sur la Syrie doit être convoquée dès que possible,

    Considérant que l’emploi d’armes chimiques en République arabe syrienne constitue une menace contre la paix et la sécurité internationales,

    Soulignant que l’Article 25 de la Charte des Nations Unies fait obligation aux États Membres d’accepter et d’appliquer ses décisions,

    1.    Considère que l’emploi d’armes chimiques, où que ce soit, constitue une menace contre la paix et la sécurité internationales;

    2.    Condamne avec la plus grande fermeté l’emploi d’armes chimiques en République arabe syrienne, qui constitue une violation du droit international, et en particulier l’attaque du 21 août 2013;

    3.    Souscrit à la décision du Conseil exécutif de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, en date du 27 septembre 2013, qui prévoit des procédures spéciales pour la destruction rapide du programme d’armes chimiques de la République arabe syrienne, sous vérification rigoureuse, et demande qu’elle soit intégralement appliquée, de la manière la plus rapide et la plus sûre qui soit;

    4.    Décide que la République arabe syrienne doit s’abstenir d’employer, de mettre au point, de fabriquer, d’acquérir d’aucune manière, de stocker et de détenir des armes chimiques ou d’en transférer, directement ou indirectement, à d’autres États ou à des acteurs non étatiques;

    5.    Souligne qu’aucune des parties syriennes ne doit employer, mettre au point, fabriquer, acquérir, stocker, détenir ou transférer des armes chimiques;

    6.    Décide que la République arabe syrienne se conformera à tous les éléments de la décision du Conseil exécutif de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques en date du 27 septembre 2013 (annexe I);

    7.    Décide que la République arabe syrienne coopérera pleinement avec l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques et l’Organisation des Nations Unies, notamment en se conformant à leurs recommandations, en acceptant le personnel désigné par l’une ou l’autre de ces organisations, en prenant les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité des activités de ce personnel et en donnant à ce personnel un accès immédiat et sans entrave à tous sites et le droit de les inspecter dans l’exercice de ses fonctions, et en donnant un accès immédiat et sans entrave aux personnes dont l’OIAC a des motifs de croire qu’elles sont importantes pour l’exécution de son mandat, et décide que toutes les parties syriennes coopéreront pleinement à cet égard;

    8.    Décide d’autoriser une mission préparatoire composée de personnel des Nations Unies à fournir rapidement un appui aux activités de l’OIAC en Syrie, prie le Directeur général de l’OIAC et le Secrétaire général de l’ONU de coopérer étroitement aux fins de l’application de la décision du Conseil exécutif en date du 27 septembre 2013 et de la présente résolution, y compris dans le cadre de leurs activités opérationnelles sur le terrain, et demande au Secrétaire général, agissant en consultation avec le Directeur général de l’OIAC et, selon qu’il conviendra, avec le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, de lui présenter, dans les 10 jours qui suivront l’adoption de la présente résolution, des recommandations sur le rôle de l’ONU dans l’élimination du programme d’armes chimiques de la République arabe syrienne;

    9.    Note que la République arabe syrienne est partie à la Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies, décide que le personnel désigné par l’OIAC qui mène les activités visées dans la présente résolution ou dans la décision du Conseil exécutif de l’OIAC en date du 27 septembre 2013 jouira des privilèges et des immunités visés à la partie II (B) de l’annexe sur la vérification de la Convention sur les armes chimiques, et demande à la République arabe syrienne de conclure avec l’ONU et l’OIAC des accords sur les modalités d’application de ces dispositions;

    10.   Engage les États Membres à fournir un appui, y compris du personnel, des experts techniques, des renseignements, du matériel et des ressources et une assistance financières et autres, en coordination avec le Directeur général de l’OIAC et le Secrétaire général de l’ONU, afin de permettre à l’OIAC et à l’ONU de procéder à l’élimination du programme d’armes chimiques de la République arabe syrienne, et décide d’autoriser les États Membres à acquérir, contrôler, transporter, transférer et détruire les armes chimiques recensées par le Directeur général de l’OIAC, conformément à l’objectif de la Convention sur les armes chimiques, pour garantir l’élimination du programme d’armes chimiques de la République arabe syrienne dans les meilleurs délais et de la façon la plus sûre possible;

    11.   Exhorte toutes les parties syriennes et tous les États Membres intéressés qui disposent des capacités nécessaires à collaborer étroitement entre eux et avec l’OIAC et l’ONU pour assurer la sécurité de la mission de surveillance et de destruction, considérant qu’à cet égard, la responsabilité première incombe au Gouvernement syrien;

    12.   Décide d’examiner régulièrement l’application en République arabe syrienne de la décision du Conseil exécutif de l’OIAC en date du 27 septembre 2013 et de la présente résolution, prie le Directeur général de l’OIAC de lui présenter, par l’entremise du Secrétaire général, 30 jours après l’adoption de la présente résolution puis tous les mois, un rapport qui contiendra des informations pertinentes sur les activités de l’ONU ayant trait à l’application de ladite résolution, et prie également le Directeur général de l’OIAC et le Secrétaire général de l’ONU de l’informer en se coordonnant, selon que de besoin, en cas de non-respect de la présente résolution ou de la décision du Conseil exécutif de l’OIAC en date du 27 septembre 2013;

    13.   Réaffirme qu’il est prêt à examiner promptement tout rapport présenté par l’OIAC en application de l’article VIII de la Convention sur les armes chimiques, qui prévoit la saisine du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies en cas de non-respect;

    14.   Décide que les États Membres l’informeront immédiatement de toute violation de sa résolution 1540 (2004), y compris de l’acquisition par des acteurs non étatiques d’armes chimiques, de leurs vecteurs et d’éléments connexes, afin qu’il puisse prendre les mesures nécessaires à cet égard;

    15.   Se déclare fermement convaincu que les personnes responsables de l’emploi d’armes chimiques en République arabe syrienne doivent répondre de leurs actes;

    16.   Souscrit pleinement au Communiqué de Genève du 30 juin 2012 (annexe II), qui énonce des mesures clefs, à commencer par la mise en place d’une autorité dotée des pleins pouvoirs exécutifs qui pourrait comprendre des membres de l’actuel Gouvernement, de l’opposition ou d’autres groupes et sera formé sur la base du consentement mutuel;

    17.   Demande qu’une conférence internationale sur la Syrie soit organisée dans les meilleurs délais en application du Communiqué de Genève, engage toutes les parties syriennes à participer avec sérieux et de manière constructive à cette conférence et souligne qu’elles doivent être pleinement représentatives du peuple syrien et résolues à mettre en œuvre le Communiqué de Genève et à instaurer la stabilité et la réconciliation;

    18.   Réaffirme que tous les États Membres doivent s’abstenir d’apporter un appui, quelle qu’en soit la forme, à des acteurs non étatiques qui tenteraient de mettre au point, de se procurer, de fabriquer, de posséder, de transporter, de transférer ou d’utiliser des armes nucléaires, chimiques ou biologiques ou leurs vecteurs et demande à tous les États Membres, en particulier ceux qui sont voisins de la République arabe syrienne, de lui signaler immédiatement toute violation du présent paragraphe;

    19.   Exige que les acteurs non étatiques s’abstiennent de mettre au point, de se procurer, de fabriquer, de posséder, de transporter, de transférer ou d’utiliser des armes nucléaires, chimiques ou biologiques ou leurs vecteurs, et demande à tous les États Membres, en particulier les voisins de la République arabe syrienne, de lui signaler immédiatement tout acte incompatible avec le présent paragraphe;

    20.   Décide que tous les États Membres interdiront l’acquisition d’armes chimiques et de matériel, d’articles, de technologies et d’assistance connexes auprès de la République arabe syrienne par leurs ressortissants ou au moyen de navires ou d’aéronefs battant leur pavillon, qu’ils proviennent ou non du territoire de la République arabe syrienne;

    21.   Décide, qu’en cas de non-respect de la présente résolution, y compris de transfert non autorisé ou d’emploi d’armes chimiques par quiconque en République arabe syrienne, il imposera des mesures en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies;

    22.   Décide de demeurer activement saisi de la question

     

  • Syrie : Où en est-on après la résolution ? Où va-t-on ?

    Rappelez-vous dans les temps anciens – il y a quinze jours – les géniales litanies dont on nous gavait : la Russie seule contre tous, la vilaine Russie qui soutenait le méchant dictateur El-Assad, en s’opposant à la punition méritée pour franchissement de ligne rouge. Or, hier soir c’était la grande détente à l’ONU : un accord est trouvé, le méchant dictateur approuve et tout le monde est content,... sauf l’opposition syrienne… Mais qui, de ces soutiens affichés, s'est un jour intéressé à la démocratie en Syrie ? 

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    Seul contre tous ?

    Le plus simple… Quand Le Monde (Occidental) dit la Russie seule « contre tous », il faut comprendre « contre les Etats-Unis », sa filiale israélienne, et ses laquais d’infortune, la Grande-Bretagne et, désormais, la France. Ce qui veut dire qu’en dix jours, la Russie n’a pas retourné la planète entière, mais elle a seulement fait lâcher les Etats-Unis, en veillant à leur trouver une issue honorable.

     

    Connaîtra-t-on un jour la vérité ?

    C’est le plus compliqué. Il y a eu usage d’armes chimiques dans la banlieue de Damas, et dans d’autres endroits de la Syrie, mais par qui, pourquoi et comment ? Dans que but ? On entend toutes les versions, toutes, et il faudra beaucoup de temps avant de s’approcher de la vérité. A ce jour, on ne sait toujours pas le nombre des victimes, alors…  Il serait très important de connaitre l’identité des victimes, morts et blessés.

    Vous n’appréciez pas El-Assad, soit, mais attention : le régime a tenu, et il dispose d’un extraordinaire réseau de renseignement sur ce qui se passe dans le pays. Dites-vous bien que nous n’avons pas le dixième des informations dont lui dispose. C’est lui qui a les cartes en main, et qui connait le dessous des cartes.

     

    La résolution du Conseil de sécurité

    Les Russes et les Etats-Uniens ont discuté en direct à Genève, et l’accord sur la destruction de l'arsenal chimique syrien a été conclu hier au siège de l’ONU. La résolution fera l’objet d’une adoption formelle aujourd’hui par le Conseil de sécurité.  

    Pour analyser cette résolution, on peut partir des déclarations de Fabius. Ce pauvre Fabius marginalisé et ridiculisé, en a remis une couche en se félicitant de cette victoire de la diplomatie française (?), la résolution reprenant d’après lui les trois exigences formulées par la France :

    « D'une part, préciser que toute utilisation des armes chimiques est une atteinte à la sécurité internationale, ce qui autorise du même coup les Nations unies à se saisir de cette question. D'autre part, rendre responsables ceux qui ont commis ces actes devant la justice. Troisièmement, elle fait référence au fameux chapitre VII, c'est-à-dire que si le régime syrien n'accepte pas de respecter cette résolution, il appartient au Conseil de sécurité de prendre les sanctions nécessaires sous chapitre VII », qui autorise un recours à la force en cas de non-respect des engagements par le régime syrien.

    Quel pitre ! Lui qui voulait la mort de El-Assad, qui a excité sans aucune base la Coalition Nationale syrienne, faisant miroiter des ambassadeurs et des livraisons d’armes, lui qui a été planté par Obama et exclu des négociations, il trouve encore le moyen de la ramener, et – depuis les Nations-Unies – il continue à mentir comme un malade.

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    Alors, on en est où ?

    1/ Il est fait état de juger les auteurs… C’est la moindre des choses, si les preuves des crimes et de l’identité des criminels est établie. La France voulait que le Conseil de sécurité saisisse la CPI, et c’est un râteau. Il est fait mention de la justice, sans autre modalités… SI on transfert le dossier à la CPI, la Cour devient compétente pour tous les faits, reprochés aux deux camps et à leur alliés, depuis deux ans. T’as pigé, Fabius, ou il faut te faire un dessin ?

    2/ La résolution n’est pas placée sous l’angle du chapitre VII, et en cas de manquements, il faudrait reprendre une autre résolution dépendant du chapitre VII pour envisager une action militaire. C’est bien mal barré, car ce n’est pas demain la guerre que les Russes et Chinois lèveront leur véto. Surtout, Fabius défendait la ligne d’une intervention sans mandat de l’ONU pour cause de « ligne rouge franchie », alors que la résolution l’impose expressément, rappelant le droit applicable.  

    3/ Le vrai drame de la Syrie c’est une guerre terrifiante, qui a brisé un pays : 120 000 morts, des centaines de milliers de blessés, plusieurs millions de personnes déplacés et de réfugiés, des destructions en masse... La Coalition nationale syrienne (CNS) est dans l’impasse et vit cette résolution qui ne parle pas du conflit comme un désaveu. Difficile de lui donner tort, mais elle ne peut s'en prendre qu'à elle même d'avoir cru à des promesses de bonimenteurs... En Syrie, l’Armée syrienne libre, elle aussi écœurée par le retournement des Etats-Unis et de la France, connait des scissions, avec des bataillons entiers qui vont rejoindre la constellation des groupes djihadistes. Un atout important pour El-Assad.  


    Quelle sortie du conflit ?

    Fin 2012, El-Assad avait accepté de participer à une conférence de paix à Genève, mais le projet avait été différé car les génies diplomatiques avaient finement analysé qu'il fallait d’abord l'affaiblir militairement et politiquement, pour se trouver dans un rapport de forces plus favorable. Un an plus tard, cette conférence va pouvoir s’ouvrir, avec un rapport de forces devenu très favorable à El-Assad :

    - les troupes rebelles se divisent et la part grandissante des groupes djihadistes – la moitié des combattants – interdit toute aide occidentale armée ;

    - les zones aux mains de la rébellion sont le théâtre d’exactions et la population, placée dans la plus grande précarité, n’en peut plus ;

    - Obama in extremis a ravalé ses discours guerriers car il a compris que la population ne le soutenait pas, et c’est un cap définitif ;

    - La Grande-Bretagne a spectaculairement rompu son suivisme de la politique US, et c’est fait pour longtemps ;

    - La France a bondi pour jouer à l’ami fidèle, mais elle a abdiqué de ses choix diplomatiques pour s’en remettre au vote du Congrès US, avant d’être éliminée des discussions ;

    - Les deux grands alliés de la Syrie, la Russie et l’Iran, sont devenus les acteurs maîtres de la diplomatie, et tout ce petit monde va bientôt vouloir leur manger dans la main.   

    Alors, que donnera la conférence de Genève ? On verra, mais elle ne pouvait mieux se présenter pour El-Assad.

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  • Qatar 2022 : L’esclavage, sous nos yeux

    Une grande découverte : il fait chaud au Qatar en été. Pour juillet, la moyenne est à 45°, avec des pics à plus de 50°, et s’ajoutent de grands vents venus du désert, qui finissent de vous sécher. Quand il faut sortir, on attend dans l’hôtel que la voiture climatisée s’approche, et on se précipite. Une fois dehors, on a l’impression de se trouver devant un four géant. La nuit, on ne trouve pas le frais, mais on peut tenir.

    La FIFA s’est inquiétée de ces conditions climatiques extrêmes, et pour protéger la santé des joueurs et des spectateurs, elle envisage de tenir la Coupe du monde de 2022 en hiver. Le Comité exécutif de la FIFA se prononcera la semaine prochaine, et il choisira évidemment l’hiver, car l’été au Qatar, c’est juste intenable.

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    Mais, tôt ou tard, la FIFA va devoir se saisir de la question des salariés, embauchés en masse pour les chantiers de la coupe du monde. On arrivera à 1,5 million, soit 90% de la population vivant au Qatar.

    Le Guardian a publié hier un dossier accablant, « Les esclaves de la Coupe du monde au Qatar », sur la situation des travailleurs népalais, qui représentent près de 40% des immigrés. Entre le 4 juin et le 8 août, l’ambassade a recensé 44 morts, soit un chiffre global estimé à 100. Pas la peine d’interroger les autorités du Qatar... Les salariés meurent d’épuisement ou de troubles graves liés aux terribles conditions de travail. L’ambassadrice du Népal à Doha a craqué, et dénoncé : « Le Qatar est une prison à ciel ouvert ».

    Le dossier du Guardian relance l’affaire, et les encravatés prennent l’air grave et préoccupé, alors que tout ceci est parfaitement connu.

    Tout ce qui existe à Doha, et enthousiasme nos braves gens, a été construit dans ces conditions, qui méprisent les droits fondamentaux.

    Dès juin 2012, Human Rights Watch avait publié un rapport très complet de 146 pages « Building a Better World Cup: Protecting Migrant Workers in Qatar Ahead of FIFA 2022 » (« Construire une meilleure Coupe du Monde : protéger les travailleurs migrants du Qatar avant la coupe de la FIFA 2022 ») qui exposait le système mafieux d’Etat qui fait office là-bas de Code du travail.

    qatar,football,droit social

    Ce sont d’abord des frais de recrutement au plafond, empruntés avec des taux délirants et il faut des années pour rembourser.

    A leur arrivée, les immigrés se voient confisquer leurs passeports, et ils sont soumis au régime du parrainage qui donne aux employeurs une emprise totale. Pour changer de travail, un ouvrier est soumis à la décision discrétionnaire de son employeur, et il ne peut quitter le pays que si l’employeur l’accepte, et signe un « permis de sortie ». 

    Ni syndicat, ni droit de grève, bien sûr. S’ajoutent des salaires ridiculement bas (150 à 200 € par mois), des retards de paiement, pour renforcer la dépendance des salariés, des déductions arbitraires, des camps de logement surpeuplés et insalubres, une sécurité du travail inexistante.

    Sharan Burrow, secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale (CSI), australienne, est décidée à se faire entendre, et elle explique tout cela à la FIFA, dans une lettre de ce 20 septembre :

    http://www.ituc-csi.org/IMG/pdf/fifa_exco_blatter_letter200913.pdf

    « Des vies humaines ne peuvent être sacrifiées au nom du succès sportif et commercial de la Coupe du monde. Le fait que 1,2 million de travailleurs migrants soient forcés de travailler dans de telles conditions, sous des températures extrêmes et en l’absence de toute protection et de droits est la cause directe d’au moins une mort par jour en moyenne ».

    « La FIFA doit envoyer un message très fort et clair pour faire comprendre au Qatar qu’elle ne permettra pas que la Coupe du monde se déroule sur le dos d’un système d’esclavage moderne qui représente désormais la réalité pour des centaines de milliers de travailleurs migrants dans ce pays. Sans les changements nécessaires, plus de travailleurs mourront en construisant l’infrastructure de la Coupe du monde qu’il n’y aura de joueurs en compétition au Mondial ».

    Au titre de l’article 2 a) de ses statuts, la FIFA se donne pour objet « d’améliorer constamment le football et de le diffuser dans le monde en tenant compte de son impact universel, éducatif, culturel et humanitaire et ce, en mettant en œuvre des programmes de jeunes et de développement ».

    Très sensible à ces preuves flagrantes d’un esclavage moderne et meurtrier, la FIFA va donc convoquer toutes affaires cessantes les dirigeants qataris pour exiger d’eux qu’ils appliquent les normes de travail de l’OIT, en installant sur place des missions de la CSI pour contrôler la mise à exécution.

    Gentil garçon, le Qatar va illico presto interrompre les travaux des stades et engager un vaste programme de construction de logements pour ce 1,5 millions de salariés. Tous vont faire l’objet d’un bilan médical approfondi, et les salaires vont être multipliés par 5. Enfin les spécialistes de l’OIT vont procéder à la visite de tous les chantiers, définir les plans d’exposition aux risques, et lister les mesures de sécurité à adopter avant la reprise des travaux. Enfin, le Qatar va adopter une série de lois pour permettre à ces salariés de faire venir leur famille, au nom de l’universel droit à une vie familiale normale.

    Si rien ne change, c'est un mort par jour, soit 4.000 morts d'ici 2022, et des dizaines de milliers de vies brisées. Pour les valeurs du sport ? La violence du Qatar est trop visible, et la CSI joue gros. Un grand combat syndical.

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