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  • Et Obama choisit la peine de mort…

    « Après avoir examiné les faits, les législations en vigueur et les éléments soumis par l’avocat de l’accusé, j’ai décidé que les Etats-Unis requerront la peine de mort dans cette affaire. La nature du comportement incriminé et le préjudice qui en a résulté exigent de requérir la peine capitale ». Signé Eric Hodler, le ministre états-unien de la Justice, Eric Holder. Donc, signé par Obama (Etats-Unis, Amérique du Nord, territoire Indien occupé).

    Petit retour en arrière. C’était le 15 avril 2013 à l’arrivée du marathon de Boston, l’explosion de deux bombes artisanales causant trois morts et 260 blessés, parmi lesquels plusieurs blessés graves. La traque s’était organisée, visant Djokhar Tsarnaev, un Tchétchène naturalisé Etats-Unien en 2012, accusé d’avoir organisé les attentats, avec son frère Tamerlan.

    Eric Holder s’affirme à titre personnel hostile à la peine de mort, mais grâce à un avantageux dédoublement de la personnalité, il a décidé de la requérir, au nom de l’Etat fédéral. Un vrai sacrifice pour ce gouvernement de la morale tribale. La réquisition de peine de mort contre Djokhar est justifiée du faut de la «trahison des Etats-Unis», pour «le choix du site» du marathon, un «événement emblématique» pour perpétrer un acte terroriste, ou encore «l’absence de remords».

    L’Etat du Massachusetts a aboli la peine capitale, mais elle demeure au niveau fédéral. Mais bien sûr, le Prix Nobel de la Paix est opposé à la peine de mort.

    Sacré rigolo… Eh à propos, Barack, si tu as cinq minutes de dispo, tu fermes Guantanamo, comme promis. Oki ? 

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  • Le CSM dans l’affaire Courroye : La responsabilité en solde, et la magistrature perd

    Aujourd’hui, ça rigole pas. Le menu du jour, c’est l’avis motivé de la formation du Conseil supérieur de la magistrature compétente pour la discipline des magistrats du parquet sur les poursuites engagées contre Philippe Courroye, avocat général près la cour d'appel de Paris, précédemment procureur de la République près le tribunal de grande instance de Nanterre. Avis rendu sous la présidence de Jean-Claude Marin, Procureur général près la Cour de cassation.

    - Alors que reproche-t-on à notre ami Philippe ?ResponsibleForMyActionsSticker1a.jpg

    - On lui reproche d’avoir, alors qu'il était procureur de la République près le tribunal de grande instance de Nanterre, en septembre 2010, d’avoir a prescrit aux enquêteurs de l'Inspection générale des services (IGS) d'identifier et d'examiner nominativement, de manière exhaustive, auprès des opérateurs de téléphonie, sur une période de 42 jours, l'ensemble des appels reçus et émis ainsi que des messages courts appelés « SMS » relatifs aux numéros de téléphone professionnel et personnel de Messieurs Gérard Davet et Jacques Follorou, journalistes au quotidien Le Monde.

    - Ah bon, les journalistes devenus des cibles privilégiées… Comme Erdogan quand il s’énerve ?

    - Et oui, tout comme.

    - Mais pourquoi il s’est énervé Philippe ?

    - Ce sont les miasmes de l’affaire Liliane, ce drame de l’exclusion sociale par la richesse. Tu as perdu le fil ? C’est sûr que François le Daft Punk sur son scooter à trois roues, c’est plus sexy. Mais à l’époque, le truc, c’était le fric. Alors, je te raconte.

    Françoise, la fille de Liliane, qui avait un œil sur l'argent de Liliane, laquelle Liliane était une amie de Nicolas, qui est un peu ami de Philippe, s’était fâchée avec François-Marie, qui avait les deux mains sur l'argent de Liliane, et elle lui avait fait délivrer une citation directe pour abus de faiblesse, la faiblesse étant Liliane. La présidente de la chambre correctionnelle du TGI de Nanterre, qui était un peu fâchée avec Philippe, avait ordonné à la maréchaussée de faire une perquisition le 1er septembre 2010 au domicile de Liliane, et le lendemain Le Monde (Occidental) publiait un article de Gérard et Jacques intitulé « Les policiers sont à la recherche de petits papiers de Liliane ». Cet article rendait compte, en détail, d'une audition effectuée le 31 août, et de la perquisition du 1er septembre. Bref, un sacré problème : si les journalistes publient des informations, alors que Nicolas n'a pas trop envie qu'on parle de son chaleureux voisinage avec Liliane, où va-t-on ?

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    L'avocat de Liliane a déposé le même jour, par fax, auprès de Philippe, une plainte pour violation du secret professionnel et violation du secret de l'enquête, plainte qui était fondée.

    Le lendemain, Philippe a chargé un chef à plumes de la police, le Directeur de l'Inspection générale des services de la préfecture de police de Paris, d'une enquête sur ces faits et lui a adressé des instructions écrites aux fins de procéder à des investigations, en faisant application, « en tant que de besoin », de « l'article 77-1-1 du code de procédure pénale pour obtenir, par voie de réquisitions, de toute personne, de tout établissement ou organisme privé ou public ou toute administration publique, les documents intéressant l’enquête ».

    Bref, Philippe demandait de commencer l’enquête par les appels téléphoniques et SMS des deux journalistes. C’est l’exploitation des fameuses « fadettes », les relevés de factures détaillées. Philippe voulait que  ça « aille vite », donc genre insistant.

    - Très bien, c’est touchant, ce Philippe qui devient Manon des Sources.

    - Pas du tout, c’est illégal comme griller un feu rouge. 

    - Ah bon, mais pourtant il faut bien que la justice enquête. On sait pas, peut-être que la cohésion nationale était en cause…

    - Tout faux, camarade, et il suffit d’appliquer la loi, ce qui est recommandé quand on est procureur. La France s’était fait remonter les bretelles par la CEDH sur le secret des sources des journalistes, et notre excellent Législateur avait adopté la loi du 4 janvier 2010, modifiant l'alinéa 3 de l'article 2 de la loi du 29 juillet 1881 : «Il ne peut être porté atteinte directement ou indirectement au secret des sources que si un impératif prépondérant d'intérêt public le justifie et si les mesures envisagées sont strictement nécessaires et proportionnées au but légitime poursuivi. Cette atteinte ne peut en aucun cas consister en une obligation pour le journaliste de révéler ses sources». Le texte ajoute « au cours d'une procédure pénale, il est tenu compte, pour apprécier la nécessité de l'atteinte, de la gravité du crime ou du délit, de l'importance de l'information recherchée pour la répression ou la prévention de cette infraction et du fait que les mesures d'investigation envisagées sont indispensables ci la manifestation de la vérité ».

    - Houlala, ça c’est pas bon pour Philippe !  « L’impératif prépondérant d'intérêt public »… il peut aller se gratter. Et il y a d’autres procédés d’enquête…

    - C’est exactement ce qu’a jugé la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux qui, par arrêt du 5 mai 2011, a annulé les réquisitions ayant ordonné les investigations sur les téléphones des journalistes, annulation confirmée le 6 décembre 2011 par la chambre criminelle de la Cour de cassation. Motif : « L'atteinte portée au secret des sources des journalistes n'était pas justifiée par l'existence d'un impératif prépondérant d'intérêt public et que la mesure n’était pas strictement nécessaire et proportionnée au but légitime poursuivi ».9782130558712FS.gif

    - Houlala, ça c’est pas bon pour Philippe ! 

    - C’est sûr : c’est une violation caractérisée de la loi… Et un professionnel qui commet des fautes en violant la loi, il est bon pour le conseil de discipline…

    - Houlala, ça c’est pas bon pour Philippe ! 

    - Et les deux journalistes ont déposé une plainte disciplinaire devant le CSM.

    - Houlala, ça c’est pas bon pour Philippe ! 

     - Ben,… si en fait.

    - Comment, comment ! La Cour de cassation a tranché que Philippe a violé la loi et la liberté de la presse… Ça, ça sent le sapin disciplinaire.

    - Le problème est que Philippe est magistrat, alors sa faute disciplinaire n’est pas la faute de tout le monde. Là, c’est la robe taille XXL : « Constitue un des manquements aux devoirs de son état la violation grave et délibérée par un magistrat d'une règle de procédure constituant une garantie essentielle des droits des parties, constatée par une décision devenue définitive ». C’est l'alinéa 2 de l'article 43 de l'ordonnance du 22 décembre 1958, dite le statut de la magistrature, modifié par la loi n°2010-830 du 22 juillet 2010

    - Donc, il faut trois conditions cumulatives : la violation d'une règle de procédure constituant une garantie essentielle des droits des personnes, constatée par une décision devenue définitive ; une violation grave ; une violation délibérée.

    - Ah mais dis donc, c’est un autre monde !

    - C’est la loi, camarade. Il faut être logique : comme le droit est d’interprétation complexe, on ne peut sanctionner disciplinairement toute violation des règles. S’il devait y avoir un conseil de discipline après chaque arrêt de cassation, il faudrait vite recruter. Aussi, il est logique de ne sanctionner que les violations qui garantissent les droits des personnes, et que si elles sont graves. Mais le caractère délibéré reste en travers de mon gosier de justiciable.

    - Alors que s’est-il passé pour Philippe ?27000100236520L.jpg

    - Sur l’atteinte à une garantie essentielle des droits des parties, le CSM rappelle l’importance de la liberté de la presse, posée par la jurisprudence de la Cour avec les arrêts Handyside (7 décembre 1976) et Guardian (26 novembre 1991), selon lesquels la liberté d'expression constitue l'un des fondements essentiels d'une société démocratique et avec l’arrêt Goodwin (27 mars 1996), soulignant que « la protection des sources journalistiques est l'une des pierres angulaires de la liberté de la presse (...)». Des arrêts qui datent de quinze ans, et que Philippe avait eu le temps d’apprendre.

    Pour le CSM, la violation du secret des sources porte atteinte à une garantie essentielle des droits des parties. Aussi, Philippe « magistrat expérimenté, ne pouvait méconnaître, ce qu'il n'a d'ailleurs pas soutenu, la valeur et la portée de cette garantie fondamentale ».

    - Houlala, ça c’est pas bon pour Philippe !

    - Vient le second critère, sur la gravité de la violation. Le CSM rappelle que Philippe recherchant un « impératif d'efficacité », avait décidé, dès l'ouverture de l'enquête, de « solliciter les factures détaillées » des journalistes. Le CSM estime que d'autres actes d'enquête auraient dû être préalablement ordonnés, ce qu’avaient d’ailleurs suggéré les enquêteurs. Pour le CSM, Philippe a « gravement méconnu le principe de proportionnalité des actes d'enquête » au regard de la protection due aux sources des journalistes telles que protégées par la loi et la jurisprudence européenne « dont il ne pouvait ignorer les termes, d'autant que la circulaire de la Chancellerie en date du 20 janvier 2010 avait immédiatement appelé l'attention des parquets sur les dispositions nouvelles issues de la loi du 4 janvier 2010 ».

    - Donc, la condition de gravité est remplie. Notez bien au passage : « dont il ne pouvait ignorer les termes ».

    - Houlala, ça c’est pas bon pour Philippe !

    - On arrive au troisième critère, le caractère délibéré de la violation.

    Devant le CSM, Philippe avait soutenu, qu'« on se trouvait dans un domaine juridique qui était relativement nouveau, très imprécis, flou et que j'ai interprété ». Il reconnaissait avoir « sans doute mal interprété la loi du 4 janvier 2010 », en visant une jurisprudence antérieure et isolée. Nul.

    On pense que Philippe va se faire ratatiner, car le CSM vient de dire « dont il ne pouvait ignorer les termes ». Mais le ton change.9782802724834FS.gif

    Le CSM rappelle d’abord qu’aux termes de l'alinéa 2 de l'article 43 du statut, « la faute s'apprécie pour un membre du parquet (...), compte tenu des obligations qui découlent de sa subordination hiérarchique » et, de fait, le procureur général près la cour d'appel de Versailles n’avait pas rendu d’avis bien tranché et n’avait pas réagi pour faire constater l'irrégularité des actes. Ce qui est vrai.

    Et là, c’est le morceau de bravoure :

    « La précipitation avec laquelle Monsieur Courroye a agi, dans un domaine sensible régi par un texte récent à l'époque des faits, est manifestement critiquable. En ne recherchant pas le nécessaire équilibre entre les actes d'enquête mis en œuvre et la protection du secret des sources des journalistes, Monsieur Courroye a commis une grave erreur d'appréciation, qui ne permet toutefois pas, à elle-seule, d'établir le caractère délibéré de la violation par un magistrat d'une règle de procédure constituant une garantie essentielle des droits des parties constatée par une décision définitive ».

    Donc, le grief n’est pas retenu, mais le CSM, qui ne craint rien, ajoute : « même si la méconnaissance des dispositions de la loi du 4 janvier 2010 et de la jurisprudence constante et parfaitement établie de la Cour européenne des droits de l'Homme ne laisse pas de surprendre de la part du chef du 3ème parquet de France ».

    - Ça donne quoi, quand on traduit en français ?

    - Les critères « grave » et « délibéré » résultent de la loi, pas du CSM. Le critère « grave » se défend vu les difficultés d’interprétation du droit, avec des lois plus ou moins bien faites et les influences de la jurisprudence de la CEDH.  On peut commettre des violations du droit de toute bonne foi, et le critère de gravité, qui peut choquer, est admissible s’il est interprété de manière contextualisé.  

    Le critère « délibéré », c’est autre chose. Il signifie que si le magistrat n’a pas violé délibérément la loi, ça reste cool pour lui. C’est un critère qui devrait être supprimé. On peut songer à ce qu’est la responsabilité disciplinaire d’un médecin, engagée pour toute faute, même légère.

    - Oki, mais ça c’est la loi…

    - Oui, et le Législateur va devoir s’en occuper dare dare car la jurisprudence du CSM permet d’anéantir tout dossier. La loi sur le respect des sources était récente et claire, précisée par une circulaire, mais parce que le parquet général n’a pas bondi et que Philippe dit qu’il s’est trompé dans l’interprétation de la loi, la faute disciplinaire est écartée !

    Avec tout le respect que l’on doit à cette noble assemblée, c’est intenable. D’abord, comment dire « dont il ne pouvait ignorer les termes », et ensuite retenir qu’il ignorait peut-être les termes. Surtout, c’est un boulevard pour le discours sur la magistrature qui ne répond pas de ses fautes. Haut magistrat, travaillant en équipe, je viole gravement la loi, je ne tiens compte de rien, et ensuite je dis « désolé, je ne savais pas »…. C’est l’idée même de décision du parquet qui est atteinte. Décider, et ne pas assumer ? Quand les libertés sont en cause ? Allons…arton168.png

    - Surtout pour balancer ensuite que cette méconnaissance du droit « ne laisse pas de surprendre de la part du chef du 3ème parquet de France ».

    - Oui, mais le morceau de bravoure est tout à la fin de la décision. Le CSM examine d’autres griefs, et les écarte tous, mais conclut, accrochez-vous :

    « Si le conseil est d'avis, en l'état des développements qui précèdent, de ne pas infliger de sanction disciplinaire à Monsieur Courroye, il lui est apparu au vu de l'ensemble des éléments du dossier qui lui ont été soumis, que l'intéressé, dont le projet de nomination à la tête d'un des plus grands parquets de France a fait l'objet le 28 février 2007 d'un avis défavorable et pour lequel le Conseil a également émis le 31 juillet 2012 un avis favorable à sa mutation dans l'intérêt du service, ne disposait pas des qualités requises pour diriger un parquet ».

    Donc, pas de sanctions disciplinaires car on n’a pas déniché les fautes graves et délibérées,… mais Philippe n’a pas les qualités requises pour diriger un parquet... On perd la responsabilité, pierre angulaire de l’esprit de décision, et Philippe, rétrogradé soldat de la troupe, perd le moyen de défendre son honneur professionnel.

    A moins que Madame la Garde des Sceaux, qui n’est pas liée par l’avis du CSM, estime que répondre de ses fautes est le meilleur pour avancer. Philippe pourrait échapper à cette ouate du mépris, et défendre ses droits. 

  • Avant-première : Le résultat des élections européennes

    9782253035923_1_75.jpgEn décembre, la France a compté 10.200 chômeurs de plus (+0,3 %) n’ayant pas travaillé (catégorie A). Le nombre de personnes inscrites comme demandeurs d’emploi et ayant travaillé partiellement (catégories B et C) a progressé de 11.800.

    La France compte ainsi 3 563 400 demandeurs d’emploi de catégorie A, un record absolu. Sur l’ensemble de l’année, la hausse a atteint 177.800, soit une progression de 5,7 %. En catégories A,B et C, la hausse annuelle atteint 6 %, pour un total de 5 194 100 inscrits.

    Les chiffres sont limités par le traitement social du chômage des jeunes, avec la signature de 100.000 emplois d’avenir financés au trois quarts par l’Etat, marquant un timide recul du chômage des jeunes, revenu à son niveau de début 2013.

    Le chômage des seniors a augmenté tout au long de l'année pour atteindre +12,3 % en un an. Désormais, près d’un inscrit sur quatre à Pôle emploi a plus de 50 ans. Fin décembre plus de 2 millions de personnes pointaient à Pôle emploi depuis plus d'un an (+0,9% sur un mois, +13,3% sur un an). Parmi eux, 591.000 étaient même inscrits depuis plus de 3 ans (+1,7% sur un mois, +18,1% sur un an).

    Pourtant, le gouvernement a su se montrer actif, avec 60.000 radiations administratives en décembre, soit 40% de plus qu'en novembre.

    Comme le dirait notre ami le joyeux Conseil d’Etat de l’Etat moral, la cohésion nationale est menacée.

    Pas fameux,... mais une bonne nouvelle vient éclairer ce tableau un peu sombre : le gouvernement a inversé la courbe du chômage au sein de la famille Le Drian.59177_2655406.jpg

    Le jeune et vaillant Thomas Le Drian, 29 ans, fils de Jean-Yves, le ministre de la défense, a été engagé comme chargé de mission auprès du président du directoire du groupe SNI, 4 200 collaborateurs et 1,3 milliard d’euros de CA, André Yché. Thomas a été nommé membre du comité exécutif, directeur du contrôle interne et du contrôle de gestion de la filiale Efidis. La SNI a succédé en 1976 à la Sogima, créée en 1961 pour répondre aux besoins de logement des personnels des armées. Fin 2012, la SNI assurait aussi la gestion de 604 casernes de gendarmerie et 9 539 équivalents logementsLa SNI est le premier bailleur social français avec près de 275 000 logements. Efidis, qui compte 840 collaborateurs, gère plus de 50 000 logements sociaux en Ile de France, et contrôle les résidences étudiantes Studefi. 

    Diplômé en 2008 d’une école de commerce du bled, l'Institut supérieur du commerce, Thomas avait été recruté en novembre 2012 au cabinet de Jean-Pierre Jouyet, directeur général de la Caisse des dépôts (CDC). Jouyet est le grand pote de Hollande, parrain d’un des enfants, et de Sarkozy, dont il avait été ministre. Jouyet avait obtenu de Sarko la présidence la CDC, qui détient le groupe SNI à 100 %. André Yché, un proche de Sarko, avait été nommé en 1997 directeur adjoint du cabinet d'Alain Richard, ministre de la défense de Jospin, et en juillet 2013, il avait reçu des mains de Jean-Yves l'Ordre du mérite.

    Lisez bien ce texte, et vous avez le résultat des élections européennes. 

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  • Prison de la CIA en Pologne : 15 millions de dollars de bakchich

    Petit à petit, on voit plus clair sur les prisons secrètes de la CIA en Pologne. Toujours le même schéma : la presse publie l’info, le gouvernement US dément, et tout se vérifie quelques mois plus tard. Cette fois-ci, c’est le Washington Post de ce 23 janvier qui relève que pour s’installer en Pologne en 2003, la CIA a payé 15 millions de dollars de bakchich.

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    Le Washington Post raconte : « Par une froide journée au début de 2003, deux agents haut gradés de la CIA sont arrivés à l'ambassade américaine à Varsovie pour prendre deux grandes boîtes en carton, avec à l'intérieur 15 millions de dollars cash, acheminés d'Allemagne par courrier diplomatique. Les deux hommes ont mis les cartons dans une voiture et sont allés à travers la ville jusqu'au quartier général des renseignements polonais. Ils ont été accueillis par le colonel Andrzej Derlatka, chef adjoint du service de renseignement, et deux de ses associés ».

    Ce paiement en liquide faisait suite à l’accord conclu quelques semaines plutôt pour transformer une villa isolée à Stare Kiejkuty, à trois heures de route au nord de Varsovie, en centre de torture au nom des valeurs de la démocratie et de la lutte contre l’axe du mal. C’est là que Khalid Cheikh Mohammed, désigné comme le cerveau des attentats, a été soumis 183 fois à la torture de la simulation de noyade (waterboarding).

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    Le Washington Post a de bonnes sources, et l’article est visiblement assez proche du rapport de 6000 pages du Comité du renseignement du Sénat sur cette institutionnalisation de la torture, loin de la terre US, car bien entendu on ne saurait torturer dans le pays des valeurs… La presse avait également publié un rapport de la CIA de 2004, accablant.  

    Le problème de base est bien connu : il ne faut pas de torture sur le sol US, car les US, c’est les valeurs de la démocratie. Alors, la bande de criminels qui dirige ce pays a organisé la détention inhumaine sur un bout d’île loué à Cuba, la célèbre prison de Guantánamo, hors juridiction US, et pour la torture, on a pratiqué du hors sol.  

    En 2002, les personnes arrêtées par les valeureux soldats US, sans mandat, étaient embarqués pour des prisons secrètes au Cambodge et en Thaïlande, ou sur des bateaux de pays amis, postés dans les eaux internationales, mais c’était un système amateur. C’est avec la si conciliante Pologne que le meilleur accord a été trouvé, en transformant en centre de torture la villa de Stare Kiejkuty. 300 000 dollars de travaux et c’était fait. Cool, le gouvernement polonais.

    Le magazine New Yorker du 13 août 2013 avait détaillé cette pratique générale de la torture en Pologne. La journaliste, Jane Mayer, avait eu accès à un rapport confidentiel du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), accusant les responsables US de la CIA.

    L’action de ces tortionnaires pourris jusqu’à la moelle reposait sur deux principes : ne pas laisser de traces corporelles et créer un état de dépendance psychologique totale. Le kit de base était les simulations de noyade, suivies de long séjour dans une cage si petite que la victime ne pouvait pas se lever Les victimes étaient isolées de tout, ne sachant rien de l’endroit où elles étaient, ignorant si l’on était le jour ou la nuit, et tout ce qui pouvait rappeler le rythme d’une journée était brisé. L’un des modes recommandés d’action était la privation de sommeil : les victimes, placées dans des pièces sans fenêtres, étaient soumises à la diffusion de bruits assourdissants, de la musique ou des bruitages de film, des semaines entières. Ajoutez maintes humiliations, avec de longues séances de nudité, et des menaces d’agressions sexuelles sur des membres de la famille.

    Fin 2003 semble-t-il, l’utilisation du site est apparue trop risquée, et tout ce petit monde a déménagé pour organiser cette sous-traitance criminelle en Roumanie, au Maroc et en Lituanie. Mais pour tout ce petit commerce, il faillait de la logistique, et ce sont au total 54 Etats – démocratiques et bourrés de bonnes valeurs – qui ont coopéré. Au total, 54 pays ont collaboré avec la CIA selon un rapport de février 2013 l'organisation Open Society Justice Initiative.

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    15 millions de dollars en liquide ? Pour Leszek Miller, le premier ministre polonais à l'époque, ce sont des allégations « dignes d'un scénario de Hollywood ». Pour le sénateur Jozef Pinior, qui suit de près ce dossier, elles sont, au contraire, « compromettantes pour la Pologne qui s'était comportée comme une république bananière » vis-à-vis des Etats-Unis. La justice polonaise enquête, et Zbigniew Siemiatkowski, ancien chef des services secrets polonais, a été mis en examen dans le cadre de cette enquête. Affaire à suivre.

    A plus bref délai, on attend un premier arrêt de la CEDH, suite à une audience qui s’est tenue le 3 décembre dernier, sur le recours contre la Pologne de deux détenus de Guantánamo, Abou Zubaydah, un Palestinien de 42 ans, et  Abd Al-Rahim Al-Nashiri, un Saoudien de 48 ans, qui ont été torturés en Pologne. Le représentant du gouvernement polonais a soutenu qu’il « ne souhaitait ni confirmer ni infirmer » les faits rapportés, car « ce sont les juridictions nationales qui sont compétentes ».

    J’espère vraiment que toutes ces crapules cravatées vont dérouiller. 

  • Oscar Peterson, the best

    The best… en tout cas, mon préféré, et vraiment il y a de quoi. Voici les extraits des trois concerts d’Oscar Peterson, jouant en trio avec Ray Brown à la basse et Ed Thigpen à la batterie. Sur la vidéo, vous trouverez d’abord les trois musiciens jouant avec Clark Terry le 23 mars 1965 en Finlande, puis entre eux au Danemark le 2 mars 1964 et enfin avec un Roy Eldridge, incroyable de talent, en Suède le 3 avril 1963.

    Tout est enthousiasmant, comme emporté par l’appétit d’ogre d’Oscar Peterson, celui que Duke Ellington avait surnommé le Maharadjah. Mais je craque totalement pour le concert enregistré au Danemark, avec cette ambiance de pub, les musiciens installés au milieu de spectateurs. Un Bag’s Groove tout en tendresse, suivi de Tonight qui est un modèle de classique, pour laisser à place à une perle totale et absolue à la 40 : 00, un C Jam Blues d’anthologie. Un long exposé du thème par Oscar Peterson, la main gauche ambulante et transcendant les basses, pendant que la main droite chante, virevolte, invente, rebondit, nous éblouit, avec la même puissance que le soleil. Oscar Peterson va loin, loin, très loin, puis avec une mesure qui fait un petit signe, Ray Brown et Ed Thigpen entrent dans la danse des astres. Oh purée… Non mais écoutez ça, c’est à mourir… Sur la fin du morceau, on voit le visage d’Oscar Peterson s’illuminer… Pari gagné, ils ont déplacé les limites… Un salut au public qui n’en croit pas ses oreilles, et nos trois amis ont déjà enchaîné avec un poignant gospel, Hymn To Freedom… Nous sommes peu de choses sur terre.

    Mais je garde une admiration particulière pour Reunion Blues qui ouvre la vidéo. Je souhaiterais vivre dans le pays qui a Reunion Blues pour hymne national, si vous avez un tuyau... N’ayant pas encore trouvé, je l’écoute tous les matins, et franchement, ça le fait. 

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