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  • La Chope des Puces

    La Chope des Puces,… du marché aux Puces de Saint-Ouen, tout un quartier et toute une vie où s’était installé aussi le jazz manouche, le gypsy swing, avec la légende Django Reinhardt et Stéphane Grappelli. Tous les musiciens manouches ont eu leurs habitudes à la Chope des Puces, et ça continue... Un petit bistrot de quartier… qui est aussi le centre du monde de ce magnifique jazz manouche, avec des concerts en famille, une école de jazz, une lutherie, un studio d’enregistrement... Vraiment une bonne maison, et si vous êtes dans le quartier, passez faire un tour. La légende en toute simplicité…

    jazz manouche

    jazz manouche

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    jazz manouche

  • BB King, Jazzaldia 2011

    Attention, attention, voici un très grand concert : BB King enregistré le 21 juillet 2011 à l’ouverture du Jazzaldia de San Sebastian. Le site est unique : devant la mer, face à la Playa de Zurriola, un public de passionnés... C'est un défi pour les musiciens.

    BB King, alors jeune homme de 84 ans, est particulièrement en forme. Il explique qu’il joue assis car ses genoux ne le portent plus, mais le show commence avec sa grande stature qui d’un pas chaloupé inimitable traverse la scène pour rejoindre les musiciens. Avec BB King, tout est spectacle.

    L’orchestre ouvre le jeu avec de grands classiques, I Need You So, Every Day I Have The Blues, Key To The Highway et un bouleversant Rock Me Baby, des interprétations longues, créatrices. L’orchestre se régale, et nous aussi. Tout bascule à la 43e minute quand BB King, presque médusé, découvre que le public chante avec lui You Are My Sunshine. Un très très grand moment… BB King répond, aligne les solos avec Lucille, chante, et parle… Un charisme incroyable. Il enchaîne par son blues fétiche, The Thrill Is Gone, qui vous arrachera une larme, n’essayez pas de résister. L’orchestre se déchaîne ensuite avec When Love Comes To Town, et quand il faut finir ce grand concert, BB King choisit When The Saints Go Marchin' In. Nous sommes au cœur de la maison jazz, avec le plus moderne des blues nourri par la force du gospel. Le public donne la réplique, il est absolument parfait. Ce concertce n’est que du bonheur.

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    Lucille 

  • Avec Amnesty, un bon petit délire anti-indien…

     

    Toute la western press était hier au diapason : horreur en Inde, la vie de deux jeunes femmes dépend de votre ardeur à pétitionner. Une campagne d’Amnesty aussi débile que BHL s’excitant contre les lapidations qui n’existent pas en Iran... L’Inde serait un pays de sauvages ? J’adore en particulier ce titre de Slate : « En Inde, deux jeunes filles ont été condamnées à être violées ». Si avec ça tu ne fais pas de l’audience, c’est à désespérer.

    Ce qui s'est passé

    Les faits ont une part de vérité. Deux jeunes femmes de 15 et 23 ans ont été désignées par le conseil de leur village pour être violées et laissées nues en spectacle, le visage couvert de peinture noire, ce pour la faute commise par leur frère qui a noué une relation avec femme mariée d'une caste supérieure, celle des Jats. Les amoureux ont pris la tangente et ce sont les sœurs qui dérouillent. L'ordre a été donné par un conseil de village constitué de Jats, et Amnesty ajoute : «La décision des Jats est sans appel». Les deux jeunes femmes et leur familles ont pris le large, et nous sommes donc tous appelés à pétitionner furieusement. L’excellent Le Figaro conclut avec cette interrogation poignante : « L'indignation internationale suffira-t-elle à éviter l'application de ce jugement ? ».

    « Jugement » ? Tu en es sûr, espèce de Figaro ? Le Figaro n’a bien sûr rien vérifié, car Amnesty c’est parole d’évangile. D’ailleurs, on retrouve ce communiqué de partout. Copié-collé : du travail de pro.

    Le communiqué indique que ces conseils de village indien seraient « non-officiels », mais d’après Amnesty, les sentences sont quand même exécutées. Amnesty conclut : «Il faut agir maintenant pour demander que ce jugement révoltant ne soit pas appliqué». Genre la vie et la dignité de ces jeunes femmes sera sauvée par Amnesty si vous pétitionnez.

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     Amnesty se fiche de nous,… et surtout de la justice indienne

    L’Inde, c’est 1,2 milliard de personnes et plus de 2000 groupes ethniques, de toutes les religions et de toutes les cultures, alors autant dire que si ça progresse, c’est en partant de l’existant, et en gardant les liens qui font l’histoire d’un peuple. Bref, il y a des archaïsmes en Inde – ce n’est pas le seul pays… – mais rêver d’une Inde qui ressemble aux jardins de Le Nôtre au Château de Versailles,… c’est du taf de branleur de bureau.   

    Donc, il reste en Inde des territoires où le jeu des castes est dominateur, et il reste des conseils de village qui font un peu de politique locale. C’est comme ça. Mais ces conseils de village ne peuvent rendre de « jugements », pour une seule et bonne raison : ils ne sont pas établis par la loi. Pas besoin d’argumenter davantage : l’Inde est un État de droit, et seuls les tribunaux instaurés par la loi peuvent rendre des jugements.

    - Comme en France ?

    - Ben oui, bien sûr. C’est quoi ta question ?

    Alors quand Amnesty nous parle de « jugement », on est déjà dans la manip’. Des mecs décident d’actes de torture et de barbarie : c’est du non-droit, la loi de la mafia. C’est universel et il n’y a pas de quoi pétitionner… ce d'autant plus que les tribunaux indiens sont clairs : soit ces conseils de village se calment, et on passe à autre chose, soit ils mettent à exécution leurs décisions, et alors chaque membre du conseil est poursuivi au pénal.

    Dans une précédente affaire jugée le 19 septembre 2014, la Cour de Bolpur a condamné les 13 membres d’un conseil de village qui avait décidé - et non pas « jugé » – de faire violer une jeune femme. Ils ont été condamnés pour séquestration arbitraire et viol en réunion, à des peines de 20 ans d’emprisonnement.

    Autant dire que les émouvantes indignations d’Amnesty et de notre presse sont complètement à côté de la plaque. Les jeunes femmes et leurs familles n’ont pas besoin de cette pétition larmoyante, mais d’un peu d’argent pour rémunérer les avocats qui vont déposer plainte contre ces mafieux, lesquels seront arrêtés et jugés conformément à la loi.

    Dans un État de droit, les ONG ont toujours des choses à dire, mais elles doivent bien réfléchir avant de donner des leçons. Tous les contacts que j’ai pu avoir avec les avocats indiens m’ont convaincu de leur grand professionnalisme. Evidemment, on leur fait toute confiance.

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    Les membres d'un conseil de village faisant moins les malins

    (On se demande pourquoi)

  • Il faut accueillir tous les réfugiés

    18747664.jpgOn va commencer par dégager le mot « migrants ». Ces personnes ne sont pas animées par la volonté de tenter leur chance dans un pays autre que le leur. Elles quittent tout – maison, famille, travail, pays, tous attachements – car elles doivent fuir la guerre qui les livre à l’arbitraire et au jeu terrifiant des milices. Elles cherchent un refuge car les données politiques menacent leur vie : ce sont des demandeurs d’asile, et nous devons les accueillir tous, et bien.

    Derrière ces arrivées en masse, il y a de lourds trafics : je veux bien le croire. Mais c’est un autre sujet. Le sujet, c’est ce que l’on répond à ces réfugiés. La rentrée scolaire c’est dans une semaine : on dit quoi aux gosses ?  

    Pour rappel, l’ensemble des Etats de l’Union européenne se sont engagés lorsqu’ils ont signé la Convention de Genève sur les réfugiés de 1951. Mais sur le plan opératoire à bref délai, il faut piquer dans le droit interne et dans le droit européen.

    L’article 1382 du Code civil

    La première base pour raisonner, c’est l’article 1382 du Code civil, dans sa rédaction inchangée depuis le 19 février 1804 : « Tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer ». C’est un principe universel, qu'on adapte à l'Etat.

    Admettons un instant que les coalitions diverses et variées cornaquées par l’OTAN n’aient attaqué et détruit ni l’Afghanistan, ni l’Irak, ni la Libye, ni la Syrie, ni le Soudan, aurions-nous ces arrivées massives de réfugiés ?

    Donc, nos Etats doivent assumer : ayant, par leur faute, causé dommage à autrui, ils doivent réparation. Ça ne se discute pas, sauf à détruire toute notion de responsabilité.

    Les articles 2 et 3 de la Convention européenne des droits de l’homme70137.jpg

    Noble Convention… applicable dans le grand espace du Conseil de l’Europe, avec ses 47 Etats incluant la Russie, la Turquie et nos amis de l’Est. L’article 2 prohibe toute atteinte à la vie et l’article 3 sanctionne les traitements inhumains et dégradants. Quarante ans de jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme (Strasbourg) ont établi que ces deux articles ne connaissent aucune exception même en temps de guerre, et je rappelle que la Convention peut être invoquée par toute personne se trouvant sur le territoire des Etats signataires. Pour être clair, tout réfugié peut demander le bénéfice des droits reconnus par la Convention, et à défaut, la condamnation de l’État dans lequel il réside, devant la juridiction nationale puis devant la Cour européenne.

    En pratique, comment faire ?  

    C’est simple. Les réfugiés doivent contacter un avocat, ce qu’ils feront facilement par le biais des associations, et cet avocat après analyse de la situation individuelle, adressera au Premier ministre Hôtel Matignon 57, rue de Varenne 75700 Paris SP 07 une demande de mesures conservatoires et d’indemnisation. Le ministre ne répondra pas, et deux mois plus tard, vous aurez ainsi une décision implicite de rejet, qu’il suffira d’attaquer en justice, en blindant de jurisprudence européenne car c’est au final devant la CEDH que ça se jouera.

    Je rappelle que la jurisprudence de la Cour européenne peut être invoquée dès les premières démarches auprès des administrations, et devant les juges de premier degré.

    Alors que les Etats européens trouvent le moyen le moyen de financer les guerres qu’ils font par procuration de l’Oncle Sam (Amérique du Nord, territoire indien occupé), il est de salubrité publique que des recours systématiques soient engagés par les victimes pour obtenir la condamnation des mêmes Etats européens à assumer les conséquences de leurs actes. C’est une adaptation du principe de précaution.

    la-loi-des-rues-poster_162151_582.jpgMême sans le droit, le plus élémentaire bon sens…

    La petite Marine, qui n’arrive pas à expulser son papa de son parti, a soi-disant un plan pour expulser tous les réfugiés d’Europe… Ridicule. Tout ce que sait faire ce parti d’extrême droite, qui hélas est devenu la référence de la vie politique en France vu que tout le monde lorgne sur son électorat, c’est d’attiser la haine sans aucune solution.

    Rien que pour la Syrie, le nombre de réfugiés a dépassé les quatre millions selon Antonio Guterres, le patron du HCR. Fabrice Leggeri, Directeur de Frontex, l'Agence européenne de surveillance des frontières, indique que l'UE a enregistré 340.000 entrées de janvier à juillet, une hausse de 175 %. Les chiffres s’accélèrent, et on sera à un million au moins en fin d’année. Alors, quel est votre plan pour reconduire à la frontière un million de personnes ? Aucun ? C’est évident. Alors, nous devons les accueillir dignement, même si ça ne vous plait pas, il n’y a pas d’autre solution.

    Personnellement, je suis très positif. L’Europe n’a d’avenir que si elle sait trouver des solutions avec le Sud, et cet accueil massif des réfugiés est une magnifique opportunité pour redessiner un avenir.

    *   *   *

    Les « responsables » politiques, des pétochards maladifs, n’osent pas dire un mot de sérieux sur le sujet, incapables d’évoquer la moindre solution. Comme cet ancien président du Conseil général de la Corrèze qui veut « neutraliser » un chef d’Etat en fonction… Qu’il commence donc par s’occuper des personnes les plus vulnérables présentes sur son territoire, en veillant qu’elles aient toutes un toit pour dormir…

    Je repose donc clairement les questions, questions qui sont incontournables.

    Du fait de vos choix politiques de destruction d’Etats, un million de réfugiés seront arrivés en Europe en un an.

    1/ Entendez-vous respecter la Convention de Genève sur les réfugiés de 1951 ? Oui ou non.

    2/ Entendez-vous respecter l’article 1382 du Code civil ? Oui ou non.

    3/ Entendez-vous respecter les articles 2 et 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme ? Oui ou non.

    4/ Si vous entendez violer la Convention de Genève sur les réfugiés, l’article 1382 du Code civil, et les articles 2 et 3 de la Convention européenne, quels moyens vous donnez-vous pour rejeter à la mer un million de personnes ?

    Merci d’une réponse rapide, sinon les recours en justice vont partir, c’est fatal, car force doit rester à la loi.

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  • La vie d’un gendarme français ou d’un enfant yéménite vaut-elle autant que celle d’un journaliste étasunien ?

    Quand nous étions des p’tits gones, nous avions inventé des vélos rigolos, et on se promenait dans la ville à deux à l’heure pour causer des bouchons de gens énervés, avec le slogan : « Ne partez pas en vacances, restez-y ! ». J’aurais bien dû me caler sur cette juvénile sagesse, parce que comme un con, je viens de « rentrer de vacances », et là, c’est le choc.

    J’ai découvert qu’il s’est passé hier le fait le plus grave de l’année, peut-être de la décennie : deux journalistes étasuniens, d’une chaîne de télé locale en Virginie (Etats-Unis, Amérique du Nord, territoire indien occupé), ont été tués par un frapadingue, sur fond de conflit relationnel, et le mec s’est ensuite suicidé. Aussitôt, nos mainstream médias se sont mis à l’arrêt, avec ton grave et mine abattue de circonstance, pleurniche obligatoire, images en boucle qui ne montrent rien, et défilé d’experts aussi divers qu’avariés. C’était la une absolue,… et attention de bien pleurer en chœur !   

    J’ai vite compris que les meurtres, ce mardi dans la Somme, par une brute avinée, d’un père de famille, d’une jeune femme de 19 ans, de son bébé de 9 mois, et d’un gendarme n’étaient qu’un épiphénomène. Ni journalistes, ni étasuniens, là, on joue à peine en promotion d’honneur.

    Je ne parle pas des 40 morts qui ont été retrouvés hier dans la cale d’une barque en bois au large de la Libye, par des gardes-côtes suédois. D’après mes informations, il s’agirait de personnes noires et réfugiées,… alors pourquoi en parler, et même simplement chercher à les identifier ?

    Des victimes du terrorisme, c’est déjà plus vendeur… mais pour ce début cette semaine, je n’ai sous la main que six personnes tuées et vingt-huit blessées dans un attentat-suicide à Damaturu, capitale de l’Etat de Yobe, dans le nord-est du Nigeria. Nigéria ?... Bon… ça n’a pas l’air de passionner les foules. Je remballe.

    Ne désespérons pas : les Nigérians encore, on les compte. Mais pour les Yéménites, on ne compte plus, on en fait des paquets par dizaine, pour nous dire que « des dizaines de Yéménites ont été tués dans des raids aériens sous commandement saoudien et des combats au sol à Taëz ».

    Je n’ai pas besoin de prolonger… Tout ceci témoigne de l’ancrage terrifiant des conceptions inégalitaires au sein de notre humanité. « Libre et égaux en droit… » Suprême hypocrisie. Ça me colle la gerbe au dernier degré.

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