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30/01/2016

Affaire Sauvage : Un peu de calme… et de respect pour la Justice

Abordant l’affaire de Madame Jacqueline Sauvage, je dois être encore plus prudent que d’habitude car cette femme sexagénaire, condamnée à 10 ans de prison, purge sa peine, et je sais à quel point la détention est une épreuve… Mais si je peux parler de cette affaire, c’est parce qu’elle est médiatisée sans aucune retenue par la famille.

Le blog traite très peu les procès en cours d’assises, car vu de l’extérieur, nous disposons d’éléments trop partiels pour faire une analyse. Cela étant, dans cette affaire devenue hyper médiatique, plusieurs points interrogent d’emblée un cerveau raisonnable.

D’abord, la mise en scène de Hollande se transformant en Saint-Louis sous son chêne, et qui prend l’air grave pour annoncer qu’il va peut-être inverser les verdicts concordants de deux cour d’assises. Brrr... Le tout dans une campagne médiatique et politique invraisemblable. Les concerts de courges et de cornichons, on connait, mais quand les solistes sont Hidalgo, NKM et Cohn-Bendit, ça craint.

Ensuite, l’invraisemblance de cette affaire telle qu’elle est racontée par la presse : une femme violentée par son mari pendant 47 ans – l’enfer pendant 47 ans ! – trois filles victimes d’inceste, un fils qui se suicide dans ce contexte, le lendemain une nouvelle scène de violence contre la femme, qui tire en réplique pour se protéger… Et malgré cela, deux cours d’assises qui prononcent un verdict de 10 ans de réclusion pour meurtre. Bizarre, car si les décisions de justice peuvent souvent être critiquables, elles sont rarement débiles.

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J’ai donc un peu creusé, et les surprises n’ont pas manqué.

1/ Après le verdict en appel, il n’y a pas eu de pourvoi en cassation, lequel peut être une ouverture vers la Cour européenne des droits de l’homme. Surprenante attitude de celui qui proclame son innocence mais n’exerce pas les voies de recours.

2/ Service de routine devant les juges et grand bazar devant les médias, c’est un usage tribal qui devient tendance – Kerviel number one – mais qui ne risque pas de m’émouvoir.

3/ La justice c’est le contradictoire, c’est-à-dire la capacité de dégager deux thèses en opposition avant de trancher. Or, j’ai fait le test via internet, et toutes les publications sont à sens unique. Extrêmement difficile de trouver un point de vue exposant la thèse opposée,... c’est-à-dire celle qui a été retenue par la justice à deux reprises, à savoir la violence d'une femme. Ce en rappelant qu’en cour d’assises, les jurés sont majoritaires, et les petits délires sur l’appareil judiciaire peuvent aller faire coucouch’ panier, papates en rond.

4/ On parle de 47 ans de violences, et je m’attends à trouver de sérieuses références sur les plaintes qui ont été posées et les condamnations prononcées contre le mari. Sauf que je ne trouve rien,... et même pas l’engagement d’une procédure de divorce. Ce qui devrait au minimum amener notre brave presse à se poser des questions…

5/ Les trois filles victimes d’actes incestueux…, filles qui sont majeures depuis 20 à 30 ans… mais qui n'ont jamais déposé plainte. Rien n’est impossible, mais là encore ça pose question… 

6/ Et la légitime défense ! De tout ce que j’ai lu, je comprends la scène de cette manière. Le type rentre chez lui. Il n’est pas content parce que le repas n’est pas prêt, frappe sa femme au visage, et va s’installer plus loin pour boire un whisky. Toute violence est inadmissible, c’est un principe sacré, mais chaque chose se mesure, et il s’agissait de violences légères avec de trois jours d’incapacité. La femme quitte la pièce où elle était, monte à l’étage chercher un fusil, place les balles, redescend et tire trois balles dans le dos de son mari, pendant que celui-ci buvait tranquillement son whisky. Alors ça, chères amies, chers amis, si vous voulez me dire que c’est une scène de légitime défense, et bien il va falloir solidement argumenter. Parce que si c’est le cas, la vie en société va vraiment devenir compliquée.

Bref, j’en étais à conclure à une saumâtre soupe médiatique contre une justice qui a cherché honnêtement à remplir sa mission, mais je restais insatisfait car il y avait tout de même peu d’éléments circonstanciels dans la presse.

Mais là j’ai trouvé une très intéressante tribune de ma consœur Maître Florence Rault, dans Le Figaro, qui connaît le dossier, et donne de nombreux éléments confortant ce qui ne résultait que de mon intuition. Elle s’exprime sous son nom et parle de faits précis, notamment sur le suicide du fils, ce qui signifie qu’elle en assume la responsabilité et cela renforce le crédit de son texte.

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Affaire Sauvage : «Ne pas confondre justice et féminisme»

par Maître Florence Rault

Le traitement de «l'affaire Sauvage», illustre jusqu'à la caricature ce qu'est devenu le débat public. Approximations, ignorance, inculture juridique, androphobie, hystérie, se marient pour imposer UNE vérité et la mettre au service d'UNE cause.

Les mouvements féministes radicaux ont impulsé une campagne à partir de la condamnation de Jacqueline Sauvage à dix ans de réclusion criminelle pour avoir tué son mari. Le monde politique, celui des médias, et celui de la culture se sont mobilisés de façon moutonnière et dans des proportions assez stupéfiantes pour nous sommer de prendre parti. De dénoncer le fonctionnement de la Justice, et exiger de François Hollande l'utilisation de la procédure de grâce présidentielle que l'on croyait depuis son prédécesseur pourtant tombée en désuétude.

L'histoire que l'on nous raconte est effectivement épouvantable. Jacqueline Sauvage, femme sous emprise d'un mari violent, violeur et incestueux, venant d'apprendre le suicide de son fils et après une ultime raclée, se serait rebiffée pour tuer le monstre. Qui ne serait pas ému par ce récit et choqué par la lourdeur de la peine? Et l'on comprend les réactions de ceux qui y voient l'expression de la violence masculine et l'emprise qu'elle fait peser sur les femmes. Avec le viol et l'inceste, devenus aujourd'hui les crimes suprêmes. Tuer le monstre ne serait ainsi que légitime défense.

Le juriste praticien est pourtant immédiatement interpellé par une donnée incontournable: après une instruction criminelle approfondie dont personne n'a contesté la régularité, deux cours d'assises successives n'ont pas retenu ce récit. Elles ont considéré que la légitime défense n'était pas établie, et que la responsabilité de Jacqueline Sauvage était entière dans le meurtre injustifiable de son mari. Sauf à considérer que les 21 citoyens et 6 magistrats constituant les deux jurys ayant statué étaient tous les tenants d'un patriarcat violent, cela constitue un sérieux problème.

L'analyse d'un dossier comme source d'information vaut toujours mieux que la notice Wikipédia pour parler sérieusement d'un tel cas. Or ce dossier fait apparaître une autre réalité. Le récit que la clameur vient de nous infliger est tout simplement faux.

Jacqueline Sauvage est restée mariée 47 ans avec un homme dont elle a eu 4 enfants. Les violences qu'elle aurait subies durant toute cette fort longue période ne sont attestées que par un seul certificat médical récent. Même si des témoignages de voisins et de relations parlent d'un homme manifestement colérique. À cette inertie quasi cinquantenaire, les militants répondent: «emprise». Notion commode et utilisée à tout propos, qui devrait pourtant recouvrir des situations très différentes. Non, les femmes ne sont pas systématiquement victimes de tout et responsables de rien. Et la violence des femmes n'est pas toujours tentative d'échapper à une emprise.

En ce qui concerne le passage à l'acte, il faut rappeler que Jacqueline Sauvage a abattu son mari avec son propre fusil alors qu'il était immobile sur sa terrasse, de trois balles dans le dos. Et qu'elle pratiquait la chasse en tireuse expérimentée. À cela, les militants répondent: «souvenirs post-traumatiques». Si l'on comprend bien, à la suite d'une nouvelle altercation Jacqueline Sauvage aurait brutalement été confrontée aux souvenirs de 47 ans de martyr jusqu'alors refoulés.

Concernant les accusations d'inceste, celles-ci n'ont été formulées que plus de trente ans après les faits allégués, et dans le cadre d'un soutien total des filles à leur mère (aliénation parentale?). Des mensonges ou une construction sur ce genre de faits est-elle possible? C'est toute mon expérience professionnelle qui me le démontre. Oui, on peut mentir sur ces choses-là. Les affaires Séché, Iacono et tant d'autres (ma liste est longue hélas) l'ont démontré.

Le phénomène des souvenirs induits ou mémoire retrouvée commence à être connue de la justice pénale et certains ne se laissent plus leurrerLa théorie de la mémoire retrouvée fait partie des fables que l'on retrouve souvent dans les affaires d'allégations d'abus sexuels. C'est alors que l'on entend trop souvent que la preuve de l'abus résidait justement dans le fait de ne pas s'en souvenir. Ah bon? Et qu'un «flash» miraculeux aurait révélé les causes d'un mal être et permis de «commencer à se reconstruire». Quand ce flash est favorisé, parfois même imposé par des thérapeutes auto-proclamés, il y a vraiment de quoi s'inquiéter.

La MIVILUDES (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) est sensibilisée à ce problème qui relève bien cette fois de l'emprise mentale de charlatans spéculant sur la faiblesse de certaines personnes. Il peut aussi arriver qu'un soit disant oubli post-traumatique soit infiniment pratique pour se venger de quelqu'un ou régler ses comptes.

En dehors de cas cliniques précis, il est difficile d'envisager qu'une femme ait pu oublier pendant 47 ans ce qu'elle aurait supporté.

Il en va de même pour les accusations d'inceste. Oui des enfants peuvent mentir, parfois même très sincèrement tant ils sont convaincus par leur théorie. Les mensonges, les inventions, les manipulations et autres fantasmes existent bel et bien. Que dire quand il s'agit de révélations tardives d'adultes revisitant leur passé pour racheter la faute de leur mère?

Concernant le contexte familial des Sauvage il est intéressant de rappeler que les quatre enfants du couple avaient fait leur vie depuis longtemps, l'aînée ayant déjà 50 ans… Que la présentation d'une fratrie dévastée par le caractère monstrueux du père ne résiste pas à l'examen du dossier.

Autre détail déplaisant, l'épisode du suicide du fils la veille du meurtre est souvent présenté comme étant aussi à l'origine du déclic. Problème: Jacqueline Sauvage ne le savait pas quand elle a abattu son mari. Les débats ont plutôt fait apparaître un fils trouvant dans la mort le moyen d'échapper à l'emprise de la mère.

C'est sans doute ce récit qu'on retenu ceux qui sont intervenus dans ce dossier et ceux qui l'ont jugé, en toute connaissance de cause après une procédure dont personne n'a contesté la régularité.

Alors pourquoi cette campagne, une telle déformation de la réalité une telle pression sur la justice et sur le pouvoir exécutif? L'objectif est simple: instrumentaliser la justice pour des fins qui ne sont pas les siennes, à savoir en la circonstance, assurer la promotion d'un féminisme victimaire, et affirmer l'impossibilité de l'existence d'une violence des femmes.

Or, lorsqu'on essaye d'enrôler le juge, cela ne peut se faire qu'au détriment à la fois de la vérité, et du respect des libertés publiques. Le juge n'est pas là pour faire triompher une cause, aussi honorable soit-elle. Il est là pour juger des faits de transgression de l'ordre public. Et dans une démocratie, c'est lui qui est légitime à le faire.

Commentaires

Bonjour,

Merci pour ce billet. il remet singulièrement les choses à leur juste place. Je serai surpris que celui qui préside malheureusement aux destinées de ce pays sache résister aux sirènes du politiquement correct. La démocratie, du moins ce qu'il en reste dans ce pays, et la justice ne devraient rien y gagner. Dans les deux cas, il y a péril en la demeure. Il est vrai que je suis au regret de constater que dans ce pays, on peut être condamné à la prison ferme dans ce pays et continuer à siéger dans l'hémicycle. Ceci explique peut être cela.

Bonne journée

Écrit par : H. | 30/01/2016

Votre texte donne à réfléchir... Et le doute aujourd'hui m'habite !

Il n'en reste pas moins que les cours d'assise ne sont pas infaillibles et que quelques uns de leurs jugements, pourtant confirmés par l'appel et parfois la cassation sont sujettes à caution (puisqu'il est hors de question que la justice ne SE remette en question) exemple, l'affaire Raddad.

Merci pour vos éclairages !

Écrit par : Humbert | 30/01/2016

Il y a le fait incontournable qu'il n'y a pas légitime défense au sens légal de l'expression. Du coup, n'y a avait-il pas obligation de la condamner* (et dans ce cas, les deux jugements ne seraient que le reflet de cette obligation et non celui d'un doute sur la complète véracité de cette histoire).

* C'est une vraie question, j'ignore s'il y a des peines "plancher" obligatoire en cas de faits avérés.

Écrit par : mahikeulbody | 30/01/2016

Si un point de vue qui va à l'encontre de celui de tous est intéressant pour se faire une idée sur cette affaire, je trouve absolument incroyable que vous osiez dire que le fait qu'elle et ses enfants n'aient pas porté plainte sont des élémznts suffisamment troublants pour mettre le doute sur sa bonne foi dans cette affaire. Sauf à l'avoir vécu, on ne peut pas imaginer ce que c'est pour une femme que de vivre dans ces conditions. L'argument sur le divorce est tout aussi fallacieux quand on connait le nombre de femmes battues qui 1/ ne portent jamais plainte 2/ ne demandent jamais le divorce.

Quant à l'argument selon lequel elle n'est certainement pas innocente dans la mesure où elle n'exerce pas les voies de rexours qui sont mises à sa disposition : d'une part, il ne me semble pas que quiconque soutienne qu'elle est innocente puisque les faits sont avérés. Invoquer la légitime défense ne signifie pas clamer son innocence. Et d'autre part, il suffit de connaitre un minimum les statistiques de la Cour de cassation pour savoir que les chances de succès d'un pourvoi au pébal sont quasi nulles. Et pour la Cedh, vu les délais de procédure, elle serait certainement sortie de prison avant d'avoir une décision.

Écrit par : Lena | 30/01/2016

Flanby a eu tort de recevoir la famille au lieu du seul défendeur. Après cela, comment pourrait-il refuser la grâce sans passer pour sans-cœur ?

@Humbert,
Qui décide que la Justice s'est trompée ? Les "peoples" qui n'ont pas assisté aux audiences ?

Écrit par : xc | 30/01/2016

Mais vous avez raison, c'est elle la femme violente qu'il faut à tout prix enfermer tant elle est dangereuse !
Elle a osé se rebiffer après 47 ans de maltraitances, mais aurait dû rester à sa place de femme.
Pourquoi n'a-t-elle pas porté plainte ? surement pas parce qu'elle avait peur d'en prendre une ! mais parce que, malgré ce qu'elle veut faire croire et malgré les passages réguliers aux urgences, son mari n'était en fait qu'un doux agneau !
Et les filles ? pourquoi n'avoir pas porté plainte ? surement pas parce que parler d'un truc aussi monstrueux et honteux est tétanisant et que la parole d'une victime de viol est systématiquement mise en doute, eh ouais, pas de preuve. En fait c'est parce qu'elle n'ont rien subit, elles fabulent comme tous les sales gosses pour protéger leur mère folle.

La violence aveugle. Lui pendant 47 ans. Elle le temps de choper un fusil et 3 coups de feu.

merci pour cet édifiant article

Écrit par : claire | 30/01/2016

Bonsoir,

Contrepoints (pouah, un site libéral!) consacre un très intéressant article sur ce sujet: "...D’un côté, neuf jurés tirés au sort et trois magistrats qui en leur âme et conscience suivent le réquisitoire de l’avocat général et confirment le premier procès, et de l’autre, la France entière ou presque qui s’émeut de voir que d’une victime caractérisée de la maltraitance conjugale on fait une coupable. Cette affaire complexe et passionnelle donne à réfléchir à l’utilisation de la grâce présidentielle ainsi qu’à la légitime défense dont certains réclament aujourd’hui des aménagements pour les femmes battues...Le cas de Jacqueline Sauvage nous commande d’aller chercher des réponses au plus profond de notre conscience. C’est un débat très difficile que je n’ai personnellement pas tranché. D’autre part, nous ne connaissons pas tous les détails du dossier, toutes les dépositions, toutes les expertises. Il convient donc d’être extrêmement prudent dans les conclusions qu’on peut tirer...." (https://www.contrepoints.org/2016/01/29/237010-jacqueline-sauvage-grace-presidentielle-et-legitime-defense)

Bonne soirée

Écrit par : H. | 30/01/2016

Bonsoir,

Merci pour votre article et celui de votre consœur;
Si FH accorde une grâce même partielle et je suis sûre qu'il le fera, il portera un coup très rude à la Justice.

Bonne soirée

Écrit par : Claudon | 30/01/2016

@Lena
Mise au point préalable: je ne conteste pas qu'il y ait des femmes battues qui ne portent jamais plainte et ne demandent jamais le divorce.
Mais vous semblez sous-entendre qu'elles sont nombreuses. Mais alors, comment sont-elles recensées pour qu'on puisse supposer une telle chose?
Admettons qu'elles se confient à une amie, une association, un médecin, la Police,... qui transmet l'information (à qui?) pour comptabilisation, mais ne donne aucune autre suite. Ne pensez-vous pas qu'il y a là un problème ?

Et vous pensez qu'elle a des avocats trop crétins pour invoquer cet argument ?

Écrit par : xc | 30/01/2016

@XC

Le problème dépasse de loin le simple fait de porter plainte. Chaque conseil départemental, ou régional, dispose normalement d'un organe chargé de ce genre de problème. On y trouve un ou des délégués du conseil, des représentants d'un certain nombre d'organisme (associations, services, etc,...) à dominante disons sociale, des représentants du monde de la Justice (parquetiers, magistrats, avocats), etc,... (cette liste n'est pas exhaustive). Le problème des violences dites conjugales n'est donc pris à la légère par personne et surtout pas par les autorités. Maintenant, voyons les victimes. Sans rentrer dans le détail et sans vouloir exonérer leurs bourreaux de leurs responsabilités, je sais pour avoir une amie magistrate qui a siégé dans ce type de structure que les victimes ont souvent des comportements ambivalents. Assez nombreuses sont celles qui vont facilement déposer une plainte et tout aussi facilement vont la retirer une fois réconcilier. L'action publique n'est donc pas toujours facile à conduire. Et puis, se pose ensuite le problème de l'enquête à mener et de l'éventuel procès qui en découle. Je ne vais pas vous faire un dessin des graves problèmes budgétaires qui affectent le ministère de la Justice mais, en ce qui concerne les magistrats, ils ont beaucoup d'autres cordes à leurs arcs et ne peuvent pas consacrer autant de temps qu'ils souhaiteraient au traitement des dossiers. Et puis, à partir de quoi et comment décréter une urgence quand la présumée victime retiré sa plainte et refuse de se faire examiner par un médecin? Pour les avocats, ils ont également besoin de gagner leur vie et et on ne peut pas leur en vouloir de préférer par moment des dossiers tout aussi importants mais plus rémunérateurs. Le plus beau des altruistes a des limites.

Bonne soirée

Écrit par : H. | 30/01/2016

@H
Il est évident que la victime use de sa plainte pour ramener le brutal à de meilleurs sentiments, genre "si tu cognes encore, j'irais jusqu'au bout"
Si elle pense ( à tort ,visiblement le plus souvent) que le message est passé, elle va pas plus loin

Écrit par : Arpad ,le frère de | 31/01/2016

Au taulier
Vous réclamée calme et respect pour la justice ?
Pourquoi pas ?
Bon
On la respectera lorsqu'elle aura fait toute la lumière sur l'affaire Meric et qu'elle aura relaxé Esteban
Qui n'a fait que se défendre

Écrit par : Arpad ,le frère de | 31/01/2016

Remarque parfaitement débile, une fois de plus

L'affaire est en cours d'instruction

http://www.lejdd.fr/Societe/Ou-en-est-l-affaire-Clement-Meric-736226

Écrit par : gilles | 31/01/2016

oui deux ans , trois ans , bientôt quatre?
festina lente comme on dit ( pour ceux qui maîtrisent les langues anciennes )

Écrit par : Arpad le frère de | 31/01/2016

Source France-info 19h

"François Hollande accorde une "remise gracieuse" de peine à Jacqueline Sauvage, dimanche 31 janvier. La libération de cette femme de 66 ans, qui avait écopé de dix ans de prison, le 3 décembre dernier, pour le meurtre de son mari violent, est possible "immédiatement", selon l'Elysée.

Mardi, les filles de Jacqueline Sauvage avaient été reçues à l'Elysée pour demander au chef de l'Etat de gracier leur mère.

"Le Président de la République a voulu, face à une situation inhumaine exceptionnelle, rendre possible, dans les meilleurs délais, le retour de madame Sauvage auprès de sa famille, dans le respect de l'autorité judiciaire", a fait savoir l'Elysée dans un communiqué. "

Dans le respect de l'autorité judiciaire. Monsieur Petitesblagues, toujours égal à lui-même.

Écrit par : Damien | 31/01/2016

Le point de vue de Philippe Bilger, pas très différent sur le fond de celui de Gilles:
http://ac.matra.free.fr/FB/20160129bilger.pdf
Pour la jolie formule "Ceux qui savent ont jugé. Ceux qui jugent les juges ne savent rien.".

@H
Merci pour les explications.
Est-ce applicable aux viols ? Quand on lit partout que 90% des femmes violées ne portent pas plainte, mais qu'on ne voit nulle part de référence à l'organisme qui aurait établi cette statistique, on finit par avoir des doutes.

Écrit par : xc | 31/01/2016

Le papier de Bilger est sans appel. Quant au régime et à celui qui le préside, ça en devient désespérant. Nous sombrons.

@XC

Pour les viols, je n'ai aucune info et n'ai aucune raison d'en avoir plus que quiconque.

Écrit par : H. | 31/01/2016

Ce qui c'est passé ne m'étonne pas. Il est difficile de juger de l'exterieur. Mais nous avons tout les ingrédients pour un cocktail explosif qui nous conduit a cet acte, a ce cri de 47ans de soumission, de raz de bol, de souffrance. Non pas que je cautionne l'acte, mais il est compréhensible par son histoire. Et malheureusement tant que l'on fermera les yeux sur la violence familiale, ce genre d'acte continuera. Car la violence commence dans les familles.
Egalement, quand on lit l'article. L'auteur ne connait visiblement pas la psychanalyse, et s'en remet à émettre des idées préconçues. Lorsque l'on ne connait pas un sujet aussi grave mieux vaux éviter d'en parler ou de sous entendre des choses, cela ne fait qu'isoler un peu plus les personnes dans la détresse.

Écrit par : cosson | 01/02/2016

Elle allait finir dans la masse des femmes battues qui en meurent dans le silence le plus total, elle a suivi son inctinct de survie et du pallier au manque de fermeté de la justice française qui permet à ce genre de brute d'être en liberté.

Écrit par : Fran | 01/02/2016

l'ffaire est présentée dans les médias de telle manière que le rendu de justice ou de grâce présidentielle est complètement incompréhensible...
hier on a quand même entendu : pauvre femme... dans la même phrase que " est allée cherché son fusil de chasse déjà préparé pour l'occasion... avant de lui tirer 3 balles dans le dos...
ou comment excuser le meurtre avec préméditation !
bref franchement n'importe quoi !!
et puis une grâce présidentielle sur un verdict encore tout chaud c'est quoi cte nouveauté !!?

Écrit par : poppins | 01/02/2016

Un autre éclairage en effet...
Pourquoi pas cette même lumière sur une autre affaire: un policier qui tire dans le dos d'un malfaiteur qui s'enfuit agit en état de "légitime défense", c'est à dire répond à une attaque qui rend sa défense, proportionnelle et immédiate, légitime? Bref, c'est de la vaine polémique, mais moi j'adore les vaines polémiques.
Quant à cet édredon de Hollande, qu'a-t-il fait? Il s'est offert le rôle du grand-père bienveillant qui "offre une chance" à cette femme, tout en se gardant bien d'avoir à en endosser la responsabilité. Et si la justice - dont on a souvent dit qu'elle rendait davantage des services que des arrêts - refuse la libération qui peut être demandée la refuse? Que va dire notre grand homme? J'ai fait ce que j'ai pu... et à l’impossible nul n'est tenu.

Quoi qu'il en soit, merci pour ce billet. Ça sent bon et bien le juriste qui réfléchit. De nos jours, c'est plutôt rare.

RH

Écrit par : Régis Hulot | 01/02/2016

Bonjour, Votre billet me sidère tout de même. Je ne défendrai rien du point de vue procédural qui n'est pas ma spécialité cependant, je donne le lien d'un site qui permettra à un grand nombre d'entre vous de prendre connaissance de réalités que vous semblez encore ignorer totalement, tant vous êtes ancrés dans la société patriarcale et machiste.
Je vous ouvre tout de suite l'onglet "violences", que vous alliez… droit au but :
http://www.memoiretraumatique.org/memoire-traumatique-et-violences/generalites.html
Mais rien ne vous interdit d'explorer ce site en entier :
http://www.memoiretraumatique.org/accueil.html
Ni de lire les travaux et publications de Muriel Salmona par exemple ; elle n'est pas la seule.
Alors comprendrez-vous pourquoi aucune procédure de divorce n'a été engagée, pourquoi aucune, de la mère ni des filles, n'a déposé la moindre plainte. Par exemple.
Enfin je l'espère.

Aujourd'hui nous savons que Madame Sauvage a été graciée. Quelle horreur qu'en plus, il faille en passer par une "justice" d'exception. Nous voulons seulement une "justice" pour toutes !

Que son affaire ait été médiatisée déplaît aux "hommes" de loi… je le comprends ! Elle devait l'être. Celle-là comme toutes les autres affaires de violences conjugales, faites aux femmes, aux enfants. Parce que ça suffit. Éduquons enfin nos fils et nos filles.

Écrit par : Sophie | 01/02/2016

Un autre très intéressant point de vue de professionnel du Droit:
http://www.causeur.fr/jacqueline-sauvage-remise-gracieuse-hollande-36505.html#fnref-36505-1

Écrit par : xc | 01/02/2016

Il faut quand même une solide dose "d'inconscient" pour critiquer une décision de justice sans avoir lu un seul Pv du dossier !

Moins on sait, plus on est éloquent !

Écrit par : gilles | 01/02/2016

Sinon, il y a aussi ce papier de Pascal Robert-Driad (Le Monde) suite à la grâce présidentielle.

On y relève notamment cette phrase :

Elle [la grâce] ne déjuge pas au fond la décision rendue par la cour d'assises d'appel et ne cède pas à la réécriture a posteriori d'une affaire judiciaire par des pétitionnaires ou des commentateurs qui, contrairement à ceux qui ont eu la lourde charge de juger, ne connaissent que la version de la défense.

Écrit par : mahikeulbody | 01/02/2016

Pendant ces 47 d'enfer... il n'y a jamais eu de plainte en justice, ni même de demande en divorce

Alors accuser la justice de laxisme, faut le faire !

La famille tellement horrible que le coupe avait exploité une entreprise pendant des années (dans le transport... )

Hollande a accordé sa "grâce" à une femme condamnée pour violence criminelle, par deux arrêts concordants de cour d'assises. C'est fondamentalement anormal. Le "vivre ensemble" passe par la "grâce" des violences criminelles, effacée par une larmoyante campagne médiatique...

Mais ce qui est le plus grave, c'est ce que cette "grâce" vaut comme validation d'un élargissement de la légitime défense, qui inclut le réglement de compte, par arme et de dos !

Franchement, vous rendez vous compte de l'engrenage ?

Écrit par : gilles | 01/02/2016

Ca revient à légaliser la peine de mort: exécution privative, puis grâce publique

Écrit par : gilles | 01/02/2016

Je n'accuse pas la justice de laxisme, la mort a été portée, c'est un fait que je ne conteste pas. Il se doit donc d'y avoir une parole juridique en réponse, évidemment. Mais laquelle ?
Je dis que nous vivons dans un monde patriarcal et machiste !

Un autre article, très clair, de Muriel Salmona :
https://sanscompromisfeministeprogressiste.wordpress.com/2016/01/31/lemprise-pourquoi-les-femmes-victimes-de-violences-conjugales-ne-peuvent-pas-fuir/

La conscience du déni de la violence doit être prise par tous, hommes et femmes, institutions et justice comprise… Parce que seules les victimes de ces violences vivent avec cette mémoire traumatique. Pour autant qu'elles vivent…

Écrit par : Sophie | 01/02/2016

Ca revient surtout à retrouver une véritable justice, qui peut certes apparaitre primitive aux cerveaux complexes duquel, en matière de justice, prédomine une sincère volonté de protéger le justiciable.
Ce tortionnaire ne pouvait s'en tirer comme ça. Tout le monde sait la difficulté de porter plainte pour ces femmes, tant le parcours pour y parvenir est semé d'embûches.
84 % des femmes battues ne portent pas plainte, faudrait peut-être s'interroger là-dessus...

Écrit par : Fran | 01/02/2016

Quant à la "grâce" présidentielle, dans la réalité, pour ce qu'elle est et de qui elle est accordée… elle me donne la nausée !
Il n'empêche que si l'on veut garder la plus infime lueur d'espoir que se déplacent les lignes de cette violence-là, elle était pour le moins nécessaire.

Écrit par : Sophie | 01/02/2016

Quant à la "légalisation" de la peine de mort, elle est plutôt du côté des hommes qui tuent leur conjointe (118 femmes en 2014 soit une tous les trois jours)…
Ou des forces de l'ordre dont l'un des agents tire dans le dos d'une personne et est reconnu avoir agi… en légitime défense !!!

Ce n'est pas mon propos et si vous lisez ce que j'ai écrit, ce qu'il y a dans les liens que j'ai proposés, vous le saurez et ne pourrez en douter.

Non Gilles, de ça, vous ne pouvez me suspecter !

Écrit par : Sophie | 01/02/2016

"En principe, la libération de Jacqueline Sauvage devrait prendre de longs mois"

http://www.leparisien.fr/faits-divers/liberation-de-jacqueline-sauvage-de-longues-etapes-avant-sa-sortie-de-prison-31-01-2016-5502651.php

Maître Devers, pourriez-vous nous confirmer la procédure expliquée dans cet article? Si vous avez le temps.

Écrit par : Damien | 01/02/2016

Le colibri a chanté sa chanson, sur twitter

"Christiane Taubira ‏@ChTaubira il y a 17 heures

#JacquelineSauvage : je suis heureuse que malgré tous les avis réservés, le Président de la République ait fait droit à mes arguments. ChT "

Écrit par : Damien | 01/02/2016

Sophie

j'essaie de ne pas personnaliser les échanges, sinon on se branche pour rien, ce sont les idées qui sont en cause

La composante psy dans les dossiers criminels est toujours présente, car l'expertise psy est une obligation légale

Qu'avaient dit les experts ? Ce n'est jamais abordé. Mais il faut trancher au regard de la loi. Et là, le crime n'est pas excusable par la légitime défense.

Écrit par : gilles | 01/02/2016

Tiens, 2 commentaires envoyés, et envolés!

Écrit par : Damien | 01/02/2016

Non, tous les commentaires arrivent et sans aucun contrôle

Écrit par : gilles | 01/02/2016

Je n'ai pas parlé de censure, je crois juste qu'il y a eu embouteillage dans les tuyaux et retard à l'affichage au point que je me demandais si j'avais bien cliqué sur "Envoyer". ;-)

Avez-vous lu l'article du Parisien? Il semblerait que la sortie ne soit pas pour demain comme le pensent les filles.

Écrit par : Damien | 01/02/2016

Au-delà de toutes ces polémiques, je me pose des questions :

- pourquoi les experts n'étaient-ils pas présents lors du procès ? (pas assez payés parait...)
- pourquoi un cabinet d'avocat tel que celui de BT et associés (qui défendait J. SAUVAGE), peut-il prodiguer à l'intention de leurs clientes un accompagnement à visée thérapeutique et du coaching ? (n'y aurait-il pas un peu d'emprise sur les clientes ????????)

Et pourtant, elles n'ont pas obtenu gain de cause dans cette affaire...

Écrit par : Tornade | 01/02/2016

Passé un certain stade, on parle de ce qu'on ne sait pas, car on n'a pas d'accès aux pv du procès et de l'audience

Mais vous pouvez être sur que les expertises ont été faites et qu'un expert est venu déposer oralement à l'audience. obligatoire devant la cour d'assises, et s'il ne vient pas, on va le chercher avec un taxi bleu marine

Écrit par : gilles | 01/02/2016

Bleu marine ?
Vous avez écrit bleu marine ?
Hé ben.....
J'aurais jamais cru que vous fassiez si vite....

Écrit par : Arpad ,le frère de | 01/02/2016

Hier, dans son billet matinal, ASI a essayé, pour avoir des infos fiables, de retrouver, sans grand succès, les comptes-rendus des procès où peu de journalistes étaient présents.

Le lien est celui de RUE89, les articles d'ASI ne restant pas longtemps gratuits.

http://rue89.nouvelobs.com/2016/02/01/tous-jacqueline-sauvage-disent-proces-263030


"S’il y a des coupables idéaux, il n’y a pas de victime parfaite. N’en tirons donc pas d’autre conclusion, que le contraste entre l’intensité de la mobilisation, et la pauvreté de l’information disponible."

Écrit par : Damien | 02/02/2016

Je cite votre consœur et avocate de Mme SAUVAGE :

"Les experts judiciaires, psychologues et psychiatres ne sont pas venus à l'audience donc nous n'avons pas pu par nos questions (ils ne sont pas venus tout simplement parce que dans énormément de procès d'assise aujourd'hui ils ne se déplacent pas parce qu'ils ne sont pas assez payés) (...) nous n'avons pas pu "démonter" le phénomène de l'emprise..."

Écrit par : Tornade | 03/02/2016

@Tornade
Vous avez déjà posé la question, et Gilles vous a répondu.
Question: s'il est vrai que les experts ne se sont pas présentés à l'audience et que le président de la Cour d'assises n'a pas spontanément envoyé les flics les chercher comme il en avait le droit et le devoir (cf réponse de Gilles), est-ce que l'avocate a exigé de lui qu'il le fasse, et, le président ne l'ayant pas fait, pourquoi ne s'est-elle pas pourvue en cassation ?
Peut-être parce qu'il valait mieux pour l'accusée qu'on ne sache pas ce qu'ont dit les experts ?
Et que la grâce était déjà négociée en coulisses, et ferait sortir J.Sauvage de prison plus tôt que l'exercice des voies de recours ?

Écrit par : xc | 03/02/2016

Les explications données par mon excellente consœur ne valent pas un clou, tout au moins un clou juridique, parce que ce qui est du clou médiatique, c’est effectivement une réussite.

D’abord, il y a une redoutable confusion des genres. Sur un plateau télé, on peut tout faire. De même que dans le bureau du présent de la République semble-t-il. Mais devant une cour d’assises, il faut rester sérieux. Dans ce cadre solennel qui est institué pour juger les crimes les plus graves, un professionnel ne peut parler que de sa science, attestée par des études et des validations universitaires. Aussi, mon excellente consœur justifie-t-elle de tels éléments en psychiatrie ou en psychanalyse ? Je ne l’ai lu nulle part, et je pense donc il s’agit uniquement de fanfaronnade médiatique. Sur un plan médiatique, tout est possible. Mais lorsqu’il s’agit de professionnalisme du droit, je dénie à un psychiatre la capacité de traiter techniquement de la procédure et des droits de la défense, et je dénie à un avocat de traiter de données médicales et psychologiques pour lesquelles il ne peut opposer aucun savoir sérieux, c’est-à-dire validé par l’État. Nous sommes donc dans l’enflure psychanalytique.

Ensuite, et dans la mesure où l’avocat n’est pas psychiatre, il a tout à fait la possibilité de demander des contre-expertises pendant l’instruction, et aussi de produire des expertises qu’il a lui-même sollicité dans un cadre amiable. Où sont ses contre-expertises ? Rien n’était fait nous somme dans le pur bidon. Lorsqu’il y a des contre-expertises, va suivre devant le juge un débat judiciaire sur la contradiction existant entre les experts. À ce moment-là nous revenons dans des choses logiques : juristes, nous n’avons pas à revendiquer des connaissances qui ne seront jamais les nôtres, et qui relèvent du charlatanisme, pour avoir un véritable débat avec des experts qui expliquent leur connaissance à des professionnels du droit et aux jurés. Donc admettons que les experts ne soient pas venus au procès. Où sont les experts cités par la défense ? Vraiment c’est du n’importe quoi.

Enfin, pourquoi se satisfaire comme une fatalité que les experts ne soient pas venus déposer à l’audience ? Il est alors très facile pour l’avocat de faire un incident de procédure et demander à la cour de délivrer un mandat d’amener, qui lui aurait été certainement accordé aux titre des droits de la défense. Si la défense n’a pas sollicité la comparution de force des experts, c’est tout simplement parce qu’elle redoutait cette comparution. L’absence de l’expert a été une aubaine, mais la ficelle était tellement grosse que le jury n’a pas accroché. On continue : si l’expert ne vient pas déposer, il reste son rapport écrit, et qui est suffisant pour débattre devant la cour. Dans cette hypothèse, le rapport est lu à haute voix, et commenté par toutes les parties. Ce n’est pas parce que l’expert ne vient pas devant la cour que son rapport passe à la trappe. Soutenir une telle chose est aux confins de l’ignorance et du débilisme.

Et pour finir : si tout le procès repose sur la déposition de l’expert, et que l’expert n’est pas venu malgré toutes les démarches de la défense, pourquoi ne pas avoir fait un pourvoi en cassation ?

Pour moi, la réalité est extrêmement claire. Le rapport d’expertise était accablant pour la défense, et la défense a tout fait pour ne pas être confrontée à l’expert

Écrit par : gilles | 03/02/2016

Mais le plus drôle de tout, ce sont les « féministes »qui s’en remettent à François Hollande.

Ont-elles oublié la manière dont ce gougnafier a viré Valérie pour en prendre une plus jeune ?

Je pense que pour sauver la France il faut lancer un plan d’urgence : le rebranchage de cerveau

Écrit par : gilles | 03/02/2016

Merci Gilles pour cette analyse éclairante. J'admets ne pas maîtriser les manœuvres hautement stratégiques...
Votre excellente consœur a surfé sur la vague "Lange" et a utilisé les mêmes arguments pour défendre un dossier très différent. Et finalement, elle va s'attribuer les lauriers de cette "victoire" alors qu'elle a foiré sur un plan juridique... Finement joué...

Écrit par : Tornade | 04/02/2016

"Féministes", sortez vos pancartes! Une nouvelle cause vous attend.

http://www.lepoint.fr/societe/vers-une-nouvelle-affaire-jacqueline-sauvage-en-isere-04-02-2016-2015337_23.php

"Frédéric Doyez, l'avocat de l'accusée, admet des « concordances » entre les deux dossiers, mais se refuse à plaider la légitime défense, comme ce fut le cas lors du procès de Jacqueline Sauvage. « Juridiquement, ça s'appelle un homicide volontaire. Je vais m'attacher à cela et au contexte de cette femme qui a vécu durant 39 ans aux côtés d'un homme violent. » Bernadette Dimet comparaîtra libre à son procès. "

Écrit par : Damien | 04/02/2016

Tornade,
Avez-vous un lien vers un site de Presse qui relaie les propos de l'avocate selon laquelle les experts ne se sont pas présentés à l'audience ?
Merci!

Écrit par : xc | 04/02/2016

Xc,
Il ne s'agit pas d'un article de presse mais d'une émission radio dans laquelle elle témoigne
https://itunes.apple.com/fr/podcast/lheure-du-crime/id389542173?mt=2&i=361367167
L'heure du crime de J. Pradel du 26 janvier sur RTL.

Écrit par : Tornade | 04/02/2016

Xc,
Il ne s'agit pas d'un article de presse mais d'une émission radio dans laquelle elle témoigne
https://itunes.apple.com/fr/podcast/lheure-du-crime/id389542173?mt=2&i=361367167
L'heure du crime de J. Pradel du 26 janvier sur RTL.

Écrit par : Tornade | 04/02/2016

J'ai lu le compte rendu du premier procès d'où il ne ressort rien de bien concluant sinon que Monsieur était assez violent , ce que reconnaît le proc ,et que les témoins sont en désaccord sur la personnalité de Madame .En tout état de cause même si l'accusée peut bénéficier de circonstances atténuantes , ce n'est pas le travail de la justice de donner un blanc seing à un meurtre commis hors légitime défense .Nous ne sommes pas aux USA , heureusement .Espérons que ce cas ne créera pas de précédents .Justifier l'acte de Madame c'est accepter l'omerta familiale sur la violence et l'inceste au prétexte non pas , Gilles ,d'enflures psychanalytiques mais de bla bla psychlogicomachin , la psychanalyse pourrait dire que le meilleur service à rendre à Madame c'est de la condamner .Pour le meurtre et pour le silence si les faits d'inceste sont exacts .

Écrit par : MG | 04/02/2016

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