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  • Michel Camilo & Tomatito, Jazz Sous les Pommiers 2014

    Le grand Sud en honneur au festival de Jazz Sous les Pommiers 2014 avec un plateau assez inédit et qui est un pur régal, avec Michel Camilo le pianiste héros du latin jazz, et Tomatito, le virtuose de la guitare flamenco. Une qualité musicale et inventive rare…

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  • Affaire Sauvage : Un peu de calme… et de respect pour la Justice

    Abordant l’affaire de Madame Jacqueline Sauvage, je dois être encore plus prudent que d’habitude car cette femme sexagénaire, condamnée à 10 ans de prison, purge sa peine, et je sais à quel point la détention est une épreuve… Mais si je peux parler de cette affaire, c’est parce qu’elle est médiatisée sans aucune retenue par la famille.

    Le blog traite très peu les procès en cours d’assises, car vu de l’extérieur, nous disposons d’éléments trop partiels pour faire une analyse. Cela étant, dans cette affaire devenue hyper médiatique, plusieurs points interrogent d’emblée un cerveau raisonnable.

    D’abord, la mise en scène de Hollande se transformant en Saint-Louis sous son chêne, et qui prend l’air grave pour annoncer qu’il va peut-être inverser les verdicts concordants de deux cour d’assises. Brrr... Le tout dans une campagne médiatique et politique invraisemblable. Les concerts de courges et de cornichons, on connait, mais quand les solistes sont Hidalgo, NKM et Cohn-Bendit, ça craint.

    Ensuite, l’invraisemblance de cette affaire telle qu’elle est racontée par la presse : une femme violentée par son mari pendant 47 ans – l’enfer pendant 47 ans ! – trois filles victimes d’inceste, un fils qui se suicide dans ce contexte, le lendemain une nouvelle scène de violence contre la femme, qui tire en réplique pour se protéger… Et malgré cela, deux cours d’assises qui prononcent un verdict de 10 ans de réclusion pour meurtre. Bizarre, car si les décisions de justice peuvent souvent être critiquables, elles sont rarement débiles.

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    J’ai donc un peu creusé, et les surprises n’ont pas manqué.

    1/ Après le verdict en appel, il n’y a pas eu de pourvoi en cassation, lequel peut être une ouverture vers la Cour européenne des droits de l’homme. Surprenante attitude de celui qui proclame son innocence mais n’exerce pas les voies de recours.

    2/ Service de routine devant les juges et grand bazar devant les médias, c’est un usage tribal qui devient tendance – Kerviel number one – mais qui ne risque pas de m’émouvoir.

    3/ La justice c’est le contradictoire, c’est-à-dire la capacité de dégager deux thèses en opposition avant de trancher. Or, j’ai fait le test via internet, et toutes les publications sont à sens unique. Extrêmement difficile de trouver un point de vue exposant la thèse opposée,... c’est-à-dire celle qui a été retenue par la justice à deux reprises, à savoir la violence d'une femme. Ce en rappelant qu’en cour d’assises, les jurés sont majoritaires, et les petits délires sur l’appareil judiciaire peuvent aller faire coucouch’ panier, papates en rond.

    4/ On parle de 47 ans de violences, et je m’attends à trouver de sérieuses références sur les plaintes qui ont été posées et les condamnations prononcées contre le mari. Sauf que je ne trouve rien,... et même pas l’engagement d’une procédure de divorce. Ce qui devrait au minimum amener notre brave presse à se poser des questions…

    5/ Les trois filles victimes d’actes incestueux…, filles qui sont majeures depuis 20 à 30 ans… mais qui n'ont jamais déposé plainte. Rien n’est impossible, mais là encore ça pose question… 

    6/ Et la légitime défense ! De tout ce que j’ai lu, je comprends la scène de cette manière. Le type rentre chez lui. Il n’est pas content parce que le repas n’est pas prêt, frappe sa femme au visage, et va s’installer plus loin pour boire un whisky. Toute violence est inadmissible, c’est un principe sacré, mais chaque chose se mesure, et il s’agissait de violences légères avec de trois jours d’incapacité. La femme quitte la pièce où elle était, monte à l’étage chercher un fusil, place les balles, redescend et tire trois balles dans le dos de son mari, pendant que celui-ci buvait tranquillement son whisky. Alors ça, chères amies, chers amis, si vous voulez me dire que c’est une scène de légitime défense, et bien il va falloir solidement argumenter. Parce que si c’est le cas, la vie en société va vraiment devenir compliquée.

    Bref, j’en étais à conclure à une saumâtre soupe médiatique contre une justice qui a cherché honnêtement à remplir sa mission, mais je restais insatisfait car il y avait tout de même peu d’éléments circonstanciels dans la presse.

    Mais là j’ai trouvé une très intéressante tribune de ma consœur Maître Florence Rault, dans Le Figaro, qui connaît le dossier, et donne de nombreux éléments confortant ce qui ne résultait que de mon intuition. Elle s’exprime sous son nom et parle de faits précis, notamment sur le suicide du fils, ce qui signifie qu’elle en assume la responsabilité et cela renforce le crédit de son texte.

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    Affaire Sauvage : «Ne pas confondre justice et féminisme»

    par Maître Florence Rault

    Le traitement de «l'affaire Sauvage», illustre jusqu'à la caricature ce qu'est devenu le débat public. Approximations, ignorance, inculture juridique, androphobie, hystérie, se marient pour imposer UNE vérité et la mettre au service d'UNE cause.

    Les mouvements féministes radicaux ont impulsé une campagne à partir de la condamnation de Jacqueline Sauvage à dix ans de réclusion criminelle pour avoir tué son mari. Le monde politique, celui des médias, et celui de la culture se sont mobilisés de façon moutonnière et dans des proportions assez stupéfiantes pour nous sommer de prendre parti. De dénoncer le fonctionnement de la Justice, et exiger de François Hollande l'utilisation de la procédure de grâce présidentielle que l'on croyait depuis son prédécesseur pourtant tombée en désuétude.

    L'histoire que l'on nous raconte est effectivement épouvantable. Jacqueline Sauvage, femme sous emprise d'un mari violent, violeur et incestueux, venant d'apprendre le suicide de son fils et après une ultime raclée, se serait rebiffée pour tuer le monstre. Qui ne serait pas ému par ce récit et choqué par la lourdeur de la peine? Et l'on comprend les réactions de ceux qui y voient l'expression de la violence masculine et l'emprise qu'elle fait peser sur les femmes. Avec le viol et l'inceste, devenus aujourd'hui les crimes suprêmes. Tuer le monstre ne serait ainsi que légitime défense.

    Le juriste praticien est pourtant immédiatement interpellé par une donnée incontournable: après une instruction criminelle approfondie dont personne n'a contesté la régularité, deux cours d'assises successives n'ont pas retenu ce récit. Elles ont considéré que la légitime défense n'était pas établie, et que la responsabilité de Jacqueline Sauvage était entière dans le meurtre injustifiable de son mari. Sauf à considérer que les 21 citoyens et 6 magistrats constituant les deux jurys ayant statué étaient tous les tenants d'un patriarcat violent, cela constitue un sérieux problème.

    L'analyse d'un dossier comme source d'information vaut toujours mieux que la notice Wikipédia pour parler sérieusement d'un tel cas. Or ce dossier fait apparaître une autre réalité. Le récit que la clameur vient de nous infliger est tout simplement faux.

    Jacqueline Sauvage est restée mariée 47 ans avec un homme dont elle a eu 4 enfants. Les violences qu'elle aurait subies durant toute cette fort longue période ne sont attestées que par un seul certificat médical récent. Même si des témoignages de voisins et de relations parlent d'un homme manifestement colérique. À cette inertie quasi cinquantenaire, les militants répondent: «emprise». Notion commode et utilisée à tout propos, qui devrait pourtant recouvrir des situations très différentes. Non, les femmes ne sont pas systématiquement victimes de tout et responsables de rien. Et la violence des femmes n'est pas toujours tentative d'échapper à une emprise.

    En ce qui concerne le passage à l'acte, il faut rappeler que Jacqueline Sauvage a abattu son mari avec son propre fusil alors qu'il était immobile sur sa terrasse, de trois balles dans le dos. Et qu'elle pratiquait la chasse en tireuse expérimentée. À cela, les militants répondent: «souvenirs post-traumatiques». Si l'on comprend bien, à la suite d'une nouvelle altercation Jacqueline Sauvage aurait brutalement été confrontée aux souvenirs de 47 ans de martyr jusqu'alors refoulés.

    Concernant les accusations d'inceste, celles-ci n'ont été formulées que plus de trente ans après les faits allégués, et dans le cadre d'un soutien total des filles à leur mère (aliénation parentale?). Des mensonges ou une construction sur ce genre de faits est-elle possible? C'est toute mon expérience professionnelle qui me le démontre. Oui, on peut mentir sur ces choses-là. Les affaires Séché, Iacono et tant d'autres (ma liste est longue hélas) l'ont démontré.

    Le phénomène des souvenirs induits ou mémoire retrouvée commence à être connue de la justice pénale et certains ne se laissent plus leurrerLa théorie de la mémoire retrouvée fait partie des fables que l'on retrouve souvent dans les affaires d'allégations d'abus sexuels. C'est alors que l'on entend trop souvent que la preuve de l'abus résidait justement dans le fait de ne pas s'en souvenir. Ah bon? Et qu'un «flash» miraculeux aurait révélé les causes d'un mal être et permis de «commencer à se reconstruire». Quand ce flash est favorisé, parfois même imposé par des thérapeutes auto-proclamés, il y a vraiment de quoi s'inquiéter.

    La MIVILUDES (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) est sensibilisée à ce problème qui relève bien cette fois de l'emprise mentale de charlatans spéculant sur la faiblesse de certaines personnes. Il peut aussi arriver qu'un soit disant oubli post-traumatique soit infiniment pratique pour se venger de quelqu'un ou régler ses comptes.

    En dehors de cas cliniques précis, il est difficile d'envisager qu'une femme ait pu oublier pendant 47 ans ce qu'elle aurait supporté.

    Il en va de même pour les accusations d'inceste. Oui des enfants peuvent mentir, parfois même très sincèrement tant ils sont convaincus par leur théorie. Les mensonges, les inventions, les manipulations et autres fantasmes existent bel et bien. Que dire quand il s'agit de révélations tardives d'adultes revisitant leur passé pour racheter la faute de leur mère?

    Concernant le contexte familial des Sauvage il est intéressant de rappeler que les quatre enfants du couple avaient fait leur vie depuis longtemps, l'aînée ayant déjà 50 ans… Que la présentation d'une fratrie dévastée par le caractère monstrueux du père ne résiste pas à l'examen du dossier.

    Autre détail déplaisant, l'épisode du suicide du fils la veille du meurtre est souvent présenté comme étant aussi à l'origine du déclic. Problème: Jacqueline Sauvage ne le savait pas quand elle a abattu son mari. Les débats ont plutôt fait apparaître un fils trouvant dans la mort le moyen d'échapper à l'emprise de la mère.

    C'est sans doute ce récit qu'on retenu ceux qui sont intervenus dans ce dossier et ceux qui l'ont jugé, en toute connaissance de cause après une procédure dont personne n'a contesté la régularité.

    Alors pourquoi cette campagne, une telle déformation de la réalité une telle pression sur la justice et sur le pouvoir exécutif? L'objectif est simple: instrumentaliser la justice pour des fins qui ne sont pas les siennes, à savoir en la circonstance, assurer la promotion d'un féminisme victimaire, et affirmer l'impossibilité de l'existence d'une violence des femmes.

    Or, lorsqu'on essaye d'enrôler le juge, cela ne peut se faire qu'au détriment à la fois de la vérité, et du respect des libertés publiques. Le juge n'est pas là pour faire triompher une cause, aussi honorable soit-elle. Il est là pour juger des faits de transgression de l'ordre public. Et dans une démocratie, c'est lui qui est légitime à le faire.

  • El Blanco s’organise pour dézinguer Hollande

    Alors que Martine Aubry était première secrétaire du PS, El Blanco défendait toutes les positions de Sarkozy, des 35 heures à la maladie sécuritaire, avec une obstination telle que Martine Aubry lui avait adressé une lettre publique pour lui demander de quitter le parti, ou d’en respecter la ligne. El Blanco était allé faire du boudin, puis on l’avait retrouvé, excité comme une puce, faisant croire que Ségolène avait gagné le congrès du Mans, et il avait annoncé un recours en justice, ce qui revenait à remettre au juge les fichiers du Parti socialiste et à paralyser sa vie interne le temps du procès... Ce prétentieux infini s’était ensuite présenté aux primaires, où il avait pris une raclée remarquable, avec 5,63%

    La plaisanterie El Blanco aurait dû en rester là, mais Hollande, qui n’a ni souffle ni idée, passe son temps dans des combines inter-relationnelles qu’il prétend contrôler, et il a fait d’El Blanco un des rouages de sa campagne présidentielle puis, sans gêne, l'a nommé sinistre de l’Intérieur. Bien sûr, « pour mieux le contrôler ».

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    El Blanco s’est aussitôt allié avec la jeune garde des ambitieux – Montebourpif, Hamon, Peillon – pour saboter le travail de Jean-Marc Ayrault, jusqu’à le discréditer et obtenir son départ. Les trois petits couillons Montebourpif, Hamon, Peillon ont poussé à la nomination d’El Blanco à Matignon « pour mieux le contrôler », ce qu’a approuvé Hollande. Bien sûr, « pour mieux le contrôler ».

    Depuis, El Blanco a une seule stratégie : rester à Matignon le plus longtemps possible pour se donner un statut, et s’en servir pour dézinguer le Parti socialiste et Hollande. De manière très claire, El Blanco joue la défaite de Hollande en 2017, pour être un recours pour la suite. A ce tire, il se réjouit des défaites électorales du Parti socialiste, car il lui faut impérativement fragiliser le Parti pour le refaire à sa main, et dans l’immédiat, il a besoin d’éliminer tout ce qui représente la Gauche dans le gouvernement. Son bilan est remarquable.

    En juin 2012, les petits malins avaient convaincu Hollande de choisir Jean-Marc Ayrault et  d'écarter Martine Aubry, qu’ils redoutaient. Dès le lendemain, ils ont entrepris la démolition d’Ayrault. El Blanco a pris ensuite les choses en main, pour éliminer les Verts, puis Montebourpif, Hamon, Peillon et Filipetti. Dernier épisode en faisant dégager Taubira, et nommer à sa place Urvoas, qui est son clone.

    Dans les temps qui viennent, il va régler le compte de Jean-Louis Bianco, président de l'Observatoire de la Laïcité, manifestement trop à gauche, et trop indépendant.

    Ce sera ensuite le nouveau gouvernement pour gérer le départ de Fafa à la présidence du Conseil constitutionnel. Ici, la seule question à suivre sera le sort réservé à Macron, plus instruit et connaisseur qu’El Blanco, et qui est donc une ombre,... sur la Droite cette fois-ci.

    Hollande est cuit : sur la Gauche, de fortes personnalités qu’il a évincées, et qui ne lui feront aucun cadeau ; sur la Droite, le clan d’El Blanco qui contrôle tout. Toute une classe politique dont l'avenir passe par sa défaite. Il lui reste Macron et Belkacem... Cette fois-ci, ça sent vraiment le sapin politique.

    L'ambiance va être âpre. Hollande n’aura aucun résultat crédible sur le chômage, et la gauche du parti va se libérer, car le problème n’est plus Hollande, mais la bataille contre El Blanco et la destruction du PS. Si Hollande se liquéfie totalement, El Blanco se posera en recours, mais l’hypothèse la plus crédible est qu’El Blanco va poursuivre ses provocations tout en obligeant la candidature Hollande, pour le laisser se fracasser sur le premier tour. Il prendra alors sa mine triste le dimanche soir, et le lundi matin il sera tout sourire pour s'organiser un avenir de leader d’une Gauche « sociale-libérale-sécuritaire », avec la perspective de 2022.

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  • Taubira partie, le Gouvernement s’installe sur un strapontin de Droite

    «Le péril terroriste est grave, imprévisible. Mais nous avons appris à le traquer et nous nous en sommes donné les moyens. Nous savons comment le combattre et nous avons montré que nous sommes bien déterminés à l'abattre. Mais je crois que nous ne devons lui concéder aucune victoire, ni militaire, ni diplomatique, ni politique, ni symbolique». Personnellement, cela me va très bien… à ceci près que ce propos de la démissionnaire Taubira accrédite l’état d’urgence et la loi sur le renseignement, que je déplore depuis le premier jour parce qu’effectivement il ne faut concéder aux terroristes « aucune victoire, ni militaire, ni diplomatique, ni politique, ni symbolique». C’est l’adhésion aux droits et libertés qui fonde d’une société, et pas la répression.

    Alors, bilan de Taubira ? Tu la regrettes Taubira ? Allez, tu peux le dire : tu l’aimais bien quand même...

    On m’a fait comprendre que j’avais été trop sévère avec Taubira, il y a quelques jours sur le blog. Non, car nous étions alors dans une pleine dérive. D’abord, la question de la nationalité est vitale pour la Gauche. Ensuite, Taubira venait de co-signer dans Le Monde avec Cazeneuve une tribune soutenant la loi d’adaptation de la procédure pénale, qui veut inscrire dans le Code de procédure pénale les procédés de l’état d’urgence pour les rendre permanents. Cette violence assumée aux principes du droit venait comme nouvelle marque d’obéissance à la logique sarkozyste de Hollande, qui s’apprécie à travers des lois répressives ignobles, par une déclaration de la France indiquant qu’elle renonçait en tant que de besoin à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme, par les humiliantes destructions de camps de Roms, par les poursuites exercées contre les militants répondant à l’appel de la société civile palestinienne via le mouvement BDS, et tant d'autres choses...

    Alors le bilan Taubira... Le mariage pour tous était un engagement marqueur du PS et une chèvre l'aurait fait voter. Ce d’autant plus que si a été voté le premier volet de la loi sur le mariage, on a renoncé au second sur la filiation, laissant le soin aux juges de faire le nécessaire.

    La seule chose indéniable, c’est qu’elle a tenu un discours sain, qui n’avait rien de révolutionnaire, mais qui rappelait contre les vents contraires les réalités d’une prison qui criminalise et de mineurs délinquants qui sont des personnes à protéger. Ce discours est bon et il doit être défendu,… à condition qu’il se positionne sur une base politique claire. Quand ce discours sert à cautionner la dérive vers l’État sécuritaire qui remplace État de droit, il faut dire non. Quand ce discours est l’occasion de rompre avec le gouvernement pour dire que trop c’est trop, il faut le saluer. 

    Juste deux minutes pour la chansonnette sur Taubira la laxiste des névrotiques réactionnaires. Tous les chiffres montrent que le nombre de détenus est resté stable depuis Sarkozy avec environ 66 000, de même que le nombre de condamnés bénéficiant d’un aménagement de peine, soit environ 13 000, alors que le nombre de permissions de sortie est en baisse à 54.000 contre 58 000 sous les années Sarkozy. Oki, les rois de la peur ?

    Au final, pas grand-chose,… mais c'était mission impossible

    S’il est exact que Taubira est arrivée au gouvernement comme rescapée du refus de Martine Aubry d’y participer, toute autre personne se serait heurtée aux mêmes obstacles politiques, car le choix de Hollande – qui ne s’est jamais intéressée aux questions de justice – est clair : faire basculer le PS sur la Droite pour gagner la présidentielle de 2017. Ce type a un mépris fondamental pour ce qu’on appelle l’électorat de Gauche. Il est persuadé (1) que les idées de solidarité qui fondent la Gauche sont dépassées, et que (2) ce brave électorat votera les yeux fermés à partir du moment où on agite de jolis mots socialistes.

    Un ministère de la Justice défendant les principes du droit est pour Hollande une incongruité, et il fallait parvenir à vider de tout contenu ce ministère au profit du ministère de l’Intérieur, ce comme le ministère du Travail qui a été vidé de tout contenu au profit du ministère de l’Economie. Nous y sommes. 

    Et maintenant, que va-t-il se passer ?

    Sur le plan technique, Jean-Jacques Urvoas est un proche d’El Blanco, et toutes les lois de « l’Etat sécuritaire » vont passer comme une lettre à la poste. Hier, le Conseil d’État a estimé justifié le maintien de l’état d’urgence, offrant un boulevard au Parlement qui va le renouveler pour trois mois, et ainsi de suite…

    Hollande va-t-il trouver une majorité des 2/3 pour faire voter la réforme de la Constitution ? C’est bien possible parce qu’ayant accepté la demande du Front National du départ de Taubira, Hollande va rencontrer de solides soutiens chez Les Républicains. Mais dans le même temps, le départ de Taubira va encourager des députés à voter non, alors qu’ils se sont jusque-là tous planqués par peur de perdre leur investiture,… sauf une poignée. Quel petit monde politique…

    Sur le plan politique, là, nous retrouvons le sourire car la réélection de Hollande, qui paraissait déjà bien fragile au vu des résultats des régionales – le PS derrière le FN et Les Républicains – semble cette fois-ci chancelante. A force de se barrer à Droite, Hollande laisse un champ à Gauche.

    Si Taubira se présente, elle recevra un fort soutien de tous ceux qui déplorent le basculement à Droite du gouvernement. Attendons la prochaine rencontre entre Taubira et Aubry, il y aura de l’ambiance…

    Si Taubira ne se présente pas, son départ ouvrira la voie à une candidature minoritaire mais lisible de la Gauche anti-Hollande, qui suffira pour que Hollande se retrouve troisième du premier tour des présidentielles, et donc aussitôt éliminé. C’est superbe !

    Chères amies, chers amis, soyons réalistes. Pour plusieurs décennies, il n’y a aucune perspective de gouvernement de Gauche en France. Hollande s’est inscrit dans le modèle de Blair et DSK pour détruire la Gauche de gouvernement. Les pays européens retrouveront un avenir s’ils sont convaincus que la solidarité, avec toute sa complexité, est davantage un gage d’avenir que l’immédiateté de la réussite économique,… et ils en ont les moyens. Pour redéfinir un avenir de Gauche, il faut abandonner la pataugeoire du « vivre ensemble » et des « valeurs de la République », pour redéfinir un modèle centré sur l’analyse des rapports de production économique. C’est en réinvestissant les relations de la production économique et des tensions sociales que l’on reviendra à la Gauche.

    Dans l’immédiat, il faut faire perdre les usurpateurs de la Gauche, ces foutus marchands du temple.

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  • L'inacceptable impunité d'Israel et ses causes

    Devant le Conseil de Sécurité, notre ami Ban Ki-moon a presque failli se fâcher à propos de la situation en Palestine… C’est dire… Des propos plus que mesurés qui ont mis en transe les Israéliens, pendant que les Etats-Unis approuvent, et que les Palestiniens tirent contre leur camp… ce qui est le vrai problème.

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    Ban a condamné les attaques menées depuis plusieurs mois par des Palestiniens contre des civils israéliens mais a ajouté qu’il était « dans la nature humaine de réagir face à l’occupation qui sert d’incubateur à la haine et à l’extrémisme », ajoutant : « Les mesures sécuritaires ne pourront pas réduire à elles seules les violences. Elles ne peuvent pas résoudre le profond sentiment d'aliénation et de désespoir ressenti par certains Palestiniens - en particulier les jeunes. La force de la loi doit être exercée sur tous ceux qui commettent des crimes - avec une justice s'appliquant de manière égale aussi bien à l'encontre des Israéliens qu'à l'encontre des Palestiniens. La frustration palestinienne grandit sous le poids d’un demi-siècle d’occupation et la paralysie du processus de paix. »

    Le secrétaire général s'est ensuite déclaré « profondément inquiet » de nouveaux projets israéliens de construction de logements en Cisjordanie : « Ces initiatives provocatrices ne peuvent que faire monter encore la tension et nuire à toute perspective de règlement politique ». Et Ban a souligné : « Pour faire des progrès vers la paix il faut un gel de l'entreprise de colonisation. La poursuite des implantations est un affront fait à la population palestinienne et à la communauté internationale et soulève des questions fondamentales sur l'engagement d'Israël envers une solution à deux Etats. Les parties doivent agir, et agir immédiatement, pour éviter que la solution à deux Etats ne disparaisse pour toujours. Mettre en œuvre cette vision – deux Etats vivant côte à côte dans la paix et la sécurité - offre le seul moyen à Israël de conserver à la fois sa majorité juive et son statut démocratique. Alors que l'ensemble du Moyen-Orient continue d'être en proie à une vague incessante de terreur extrémiste, Israéliens et Palestiniens ont l'occasion de redonner espoir à une région déchirée par l'intolérance et la cruauté. Je leur demande instamment d'accepter ce défi historique ».

    Ban n’a pas oublié les réalités palestino-palestiniennes : « Je continue à penser que les conditions à Gaza posent une menace grave pour la paix et la sécurité sur le long terme dans la région ».

    Ce texte n’est pas un exploit, mais le service minimum du rappel des réalités, et il faut prendre cinq minutes pour rappeler les responsabilités vis-à-vis du peuple palestinien.

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    La première est celle de l’ONU, qui en 1947 a adopté un plan de partage de la Palestine. Or, l’ONU - celle d’avant la décolonisation qui était le club des puissances impérialistes - n’avait aucun droit pour donner ce qui ne lui appartenait pas et elle ne pouvait donner ni la terre de Palestine, ni la souveraineté du peuple palestinien. Jusqu’à preuve du contraire, on ne partage que ce qui existe, et il est bien évident que la Palestine existait, une Palestine de toutes les religions. Cette recommandation a donc conduit à la violence, la Nakba, et n’a jamais pris fin.

    La seconde est celle d’Israël, avec son armée professionnelle du crime de guerre.

    La troisième est celle des puissances occidentales qui soutiennent les yeux fermés la politique annexionniste de l’État d’Israël, quels qu’en soient les méthodes, quel qu’en soit le coût. Pour en rester à 1967, il ne serait pas difficile pour les Etats européens de condamner la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, reconnue comme violation flagrante du droit international par le Conseil de sécurité, non par des jolis mots mais par des mesures efficaces, en poursuivant toutes les entreprises européennes impliquées et en refusant tout statut aux produits issus de ce crime de colonisation.

    La quatrième est celle des dirigeants palestiniens qui se sont laissés engluer dans des négociations-reddition, conduisant au dépeçage de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, et à la marginalisation de Gaza, la plus grande prison à ciel ouvert : 1,8 millions de personnes. Après des évènements qui ont brassé toute la société palestinienne et tant de fausses pistes, déserteur de la justice, Abbas s’est finalement résolu à ratifier le Traité de la Cour Pénale Internationale, mais en renonçant à déposer plainte contre Israël, et en dissimulant cette énième rouerie par des déclarations de perroquet énervé. La CPI peut agir demain: il suffit d’un fax de Ramallah déposant plainte.

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