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Opérations militaires françaises : Seulement vingt avions opérationnels....

Les avions de l’armée française larguent des bombes, mais hier, c’est le général d'armée aérienne, André Lanata, chef d'état-major de l'armée de l'air, qui a largué la sienne, et si le pays avait encore une petite idée de ce qu’est l’Etat, cette bombe aurait fait trembler le monde politique : l’armée de l’air, c’est vingt avions à ennoyer au feu, rien de plus !

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Notre ami mirliton était interrogé sur les missions aériennes actuellement effectuées en Libye, et il explique qu’il s’agit juste de quelques vols de reconnaissance. Rien qui ressemble à la guerre, et pour une bonne raison : l’armée ne pourrait pas assumer !

Les opérations en cours engagent vingt avions de combat pour les opérations extérieures (OPEX), soit Barkhane au Sahel, avec comme base « projetée » N'Djaména au Tchad et Niamey au Niger, et Chammal, pour l’Irak et la Syrie, avec comme bases al-Dhafra, aux Émirats arabes unis, et Amman, en Jordanie. Au total 20 appareils,… soit 11 % du total de 180, répartis en 9 escadrons de combat.

Un avion qui décolle pour combattre les « terroristes », c’est une belle image qui tourne en boucle sur nos excellentes télés, mais c’est chaque fois toute une industrie, et franchement ce que nous raconte Lanata n’est pas réjouissant.

Premier problème, la flotte opérationnelle est très hétérogène, avec deux modèles de base – Mirage 2000 et Rafale – déclinés par une quantité de versions différentes. Pour les Mirage, on compte quatre versions, qui sont toutes équipées de façon différente. Aussi, il faut mobiliser autant d’équipes de techniciens ultra-qualifiés pour être à point… Je le note : nous sommes incapables de mobiliser vingt appareils du même type, avec une seule équipe technique...

Le plus invraisemblable est à venir. Les pilotes ont le droit de voler 180 heures par an et ils volent 45 heures par mois quand ils sont en opération. Donc en trois mois, ils ont flingués leur crédit. Et il faut donc en faire venir d’autres… et chaque fois reprendre toute la mise au point…

Et pour le reste, tout le monde est bien occupé. Sur les neuf escadrons, deux sont chargés de l'alerte nucléaire, deux de l'alerte aérienne, deux autres sont engagés dans le soutien aux exportations, et pour les autres, c’est l’entraînement, l'entretien, et les réparations.

Donc vingt avions disponibles et rien de plus… Lanata confirme ce que disait son prédécesseur, expliquant que depuis 2008, l’armée de l’air a perdu 25 % de ses effectifs (18 400 emplois supprimés), 40 % de ses emprises et 40 % de ses avions de chasse,

Alors, et quid de Hollande qui rêve d’un sursaut de popularité en lançant l’aviation sur la Libye ? « S’il s’agit de se concentrer sur un effet coup de poing pendant six mois, on le fera. Mais après cela, on s’arrêtera, comme a dû le faire l’armée britannique après l’Irak, et on mettra plusieurs années à s’en remettre ».

Poutine sait tout cela bien mieux que nous, alors on comprend sa considération pour les discours de guerre de Hollande…

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Commentaires

  • Bonjour,

    Pour les armées, le problème dépend de deux facteurs : le renouvellement et la formation de son personnel spécialisé (pilote, mécanicien, etc,...), l'acquisition et le renouvellement du potentiel technique du matériel spécialisé.
    Pour le premier, il est facile à comprendre. Former un pilote prend du temps (entre 5 à 6 ans) sur une carrière opérationnelle qui dépasse très rarement 20 ans. Le 180 heures/an est un standard OTAN qui ne prend pas en compte d'éventuelles opérations, standard qui permet d'assurer une formation et un maintien en condition de qualité. Tous les pilotes révent de faire beaucoup plus mais ce critère tient compte des enveloppes budgétaires disponibles (liées principalement au coût du pétrole) et du potentiel technique disponible.
    Ce dernier critère est lié à l'appareil considéré et est garant de sa fiabilité. Le constructeur prévoit un certain nombre d'opérations de contrôle, plus ou moins lourde (vidanger un moteur coûte moins cher que de le remplacer) tout au long de la durée de vie supposée de son produit (20, 30 voire 40 ans ou plus). Certaines de ces opérations réclament un retour chez l'industriel (pour certains hélicoptères, c'est tout les 2500 heures de vol) d'où l'appareil ressort comme neuf. Épuiser le potentiel technique via des opérations militaires voulues par le pouvoir politique sans que l'outil industriel soit adapté aboutit in fine à un stockage des appareils sur les parkings une fois que les potentiels max. sont atteints dans l'attente de la nécessaire très grosse visite régénératrice.
    Les armées françaises ont, sur injonction des différents pouvoirs politiques, sursis au renouvellement des flottes d'appareil pour faire des économies. Le politique a feint d'ignorer ce problème et n'a pas diminué le taux d'engagement en opérations extérieures. On a une situation similaire dans le monde de la Justice avec le sous-équipement des tribunaux malgré l'augmentation du contentieux liée à l'évolution de la société et aux lois votées sans réflexion par notre ersatz de parlement. Pour les armées, la situation devient cruciale en matière cas des avions de transport, de soutien et de chasse et des hélicoptères mais tous les autres domaines sont affectés.
    Pour qu'un chef d'état-major le dise de manière aussi officielle, il faut que la situation soit grave. Le tigre français ne deviendrait-il qu'un tigre de papier?

    Bonne journée

  • Le Canada c'était sept avions je crois,

  • La France est un pays fini qui ferait mieux de ne pas regarder en arrière...

  • Etant donné que les responsables politiques français actuels (PS=FN=LR) se disputent l'incompétence, l'avidité, et la brutalité aveugle, je préfère qu'ils n'aient pas trop de joujoux mortifères entre les mains.

  • L'Allemagne c'est quatre avions, des Tornados,

  • Franchement, je n'aurai jamais imaginé des chiffres si bas

  • On aurait par contre beaucoup mieux du côté russe : 69 avions, enfin 68 après le caprice d'Erdogan.

  • Je pense que les chiffres n'incluent pas les appareils de l'aéronavale. De toutes façons, notre porte avion unique ne peut guère fonctionner plus de 6 mois par an.

  • Merci H. c'est parfaitement clair.
    On peut ajouter que chacun des avions a coûté beaucoup plus cher que prévu, car pour éviter de dépenser de l'argent une certaine année conformément au programme budgétaire, les politiques ont pris l'habitude de retarder la réalisation des programmes militaires. Par exemple l'hélicoptère NH 90, dont la définition était prête en 1985 et aurait dû être produit dans les années 90, n'a commencé à être livré qu'en 2010. entre temps, il a fallu garder actives les équipes de programme de l'avionneur, du motoriste et des équipementiers, et remettre au fur et à mesure les divers composants au goût du jour (imaginez l'informatique embarquée des années 80!). Et rétrospectivement, imaginez un avion défini en 1924 pour être produit dans les années 30, et dont le premier exemplaire de série sortirait en 1950!

    BSH 11/3/2016

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