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« Des nègres américains qui étaient pour l'esclavage ».

Une ministre de la République, Madame Rossignol, chargée de l’Enfance, de la Famille et des Droits des femmes nous explique : « Il y a aussi des nègres américains qui étaient pour l'esclavage ». Le racisme anti-noir s’affiche avec une tranquillité déconcertante.

L’esclavagisme est un crime contre l’humanité, et s’agissant de la traite occidentale vers l’Amérique, le bilan se chiffre en millions de déportés, entre 11 et 13, et millions de viols et de morts. Madame la ministre de l'Enfance, de la Famille et des Droits des femmes explique donc sereinement que les Noirs participaient à leur propre extermination. C’est du négationnisme.

De plus, dans l’idée de la ministre, il ne s’agit pas de « noirs » mais simplement de « nègres ». Dans le ton ni l’humour, ni la distance d’un Césaire, mais bien le mépris condescendant, qu’est la base du racisme. Quand même, faut le faire : « Des nègres américains qui étaient pour l'esclavage »…

Et ceci pour quelle brillante démonstration ? Pour nous expliquer que les femmes qui portent le voile se situent dans une pratique de l’esclavagisme, raison pour laquelle les marques qui fabriquent ce type de vêtements sont « irresponsables ».

Je participais l’autre jour à une réunion où l’un des thèmes était la droitisation des socialistes. Un élu de Droite a protesté : « Mais pourquoi parler de droitisation ? La Droite n’a jamais fait ça… ». Il est vrai que tout ceci s'inscrit dans une grande tradition... 

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Commentaires

  • Bonsoir,

    Votre propos est excessif quant au supposé racisme anti-noir de Mme Rossignol. Vous auriez tapé plus juste en fustigeant l'imbécilité et la nullité de ses propos.
    Quant aux noirs (pas les "nègres américains" chers à notre ministre) qui participaient à la traite de leurs congénères, ils ont hélas existé. Je vous invite à lire la BD "Les passagers du vent" réalisée avec talent par François Bourgeon (https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Passagers_du_vent). Vous y verrez que les esclavagistes n'étaient pas tous blancs et je doute fort qu'on puisse qualifier l'auteur de révisionniste. Maintenant, on peut débattre à l'infini de savoir qui de la poule ou de l’œuf était là le premier. Ça n'enlève strictement rien à l'horreur sans nom qu'était la traite négrière mais les européens ne sont hélas pas les seuls à y avoir succombé. Il y a eu, je crois, aussi bon qu'eux si ce n'est meilleur dans ce triste négoce (https://fr.wikipedia.org/wiki/Traite_arabe). Là également, les négriers ont trouvé sur place des ethnies très coopératives: "Les royaumes africains ont activement participé à ces entreprises, à des degrés divers (certains émirats du Sahel, comme Kanem-Bornou, l'Ouaddaï ou le Mahdiyah vivaient principalement de la traite orientale)" dans (https://fr.wikipedia.org/wiki/Traite_arabe) pour aller razzier les tribus de l'intérieur. Il semble que cette pratique perdure encore de nos jours dans une très grande discrétion et avec, fort heureusement, beaucoup moins d'ampleur. Elle a inspiré l'album "Coke en Stock" d'Hergé.

    Bonne soirée

    Bonne soirée

  • « Propos est excessif », ce serait bien la première fois… J’assume.

    Un peu d’excès est nécessaire pour se faire entendre, et je suis « coutumier du fait ». Toute la question est de savoir si cet excès discrédite, ou s’il permet de frapper suffisamment pour faire passer le message.

    Sachant que, après 30 ans d’avocature, j’ai appris à quel point il était difficile de convaincre. Parvenir à se faire comprendre, c’est déjà pas si mal…

    Je ne parle pas du « supposé racisme anti-noir de Mme Rossignol », mais du caractère raciste de son propos.

    Pour ce qui est de Mme Rossignol, je l’avais vu soutenir que les tests osseux étaient suffisants pour déterminer l’âge d’un jeune homme, et donc les virer de l’aide sociale, ce qui m’avait laissé une impression peu flatteuse. Ceci pour "ne pas être excessif": c’était nul à chier. Honteux. Regarde le gosse, même fraudeur, dans les yeux, essaie de piger le désarroi de ce jeune qui tente sa chance dans le pays de droits de l'homme...

    On la retrouve ensuite reniant l’engagement de faire du ministère du droit des femmes un ministère autonome, pour le coller après l’enfance et la famille. Donc, la place de la femme est à la maison, on dirait du Erdogan.

    Dans toute opération criminelle, on trouve le traitre et le salopard. Dans notre France bourgeoise et lettrée, les premiers traîtres se sont affichés dans les deux premiers mois de l’occupation nazie en 1940. Alors, pour ce qui est le la traite nord-occidentale, qui a duré trois siècles, il est clair que les criminels blancs ont retourné des criminels noirs pour fignoler le travail, en les sortant de manière illusoire de la misère. Et ici, nous n’abordons pas les autres esclavagismes, comme en Ethiopie actuellement.

    Tout le pb de la Sinistre, est qu’elle met sur pied d’égalité « les femmes qui portent le voile » et « Les nègres américains qui étaient pour l’esclavage ». Donc, elle ne parle pas des traîtres, mais d’un mode de vie courant. Elle ne parle pas en tant qu’historienne, mais comme mémère du café du commerce qui balance ses évidences. C’est çà qui est grave.

    Non, je suis persuadé que j’aurai tapé trop court en « fustigeant l’imbécillité et la nullité de ses propos ». Dans le contexte, vu son autorité (ministérielle), vu la gravité du crime, vu la généralité du propos, vu l’utilisation pour justifier une proposition injustifiable en droit (la responsabilité des fabricants de vêtements), on sent l’héritière de Ferry qui balance son fiel, du racisme viscéral et intact.

    Ce, si l’autre est mon égal, ce qui est la seule référence acceptable, me semble-t-il…

  • bonsoir le propos de H. est venu là juste pour raconter cette histoire très à la mode chez l'extrême droite française qui en a "assez de la repentance " coloniale.
    ..Les Arabes ont eux aussi accompli une tarte négrière..
    Al es salauds..
    Personne n' a pu mettre en évidence les fondements économiques d'une telle traite.
    Pas d'industrie et pas non plus le mode de production agricole.
    Oui, la société était esclavagiste au sens romain du terme, domesticité et des milices au service de sultans, un peu à la mode des Gardes Suisses. Pas l'exploitation du bois d'ébène dans les colonies pour remplacer la population aborigène décimée par les "conquérants".
    Le Mali était le fournisseur de l'or monétaire de tout le bassin méditerranéen avant la colonisation du continent amérindien. Les échanges (contre le sel) se faisaient équitablement avec les commerçants arabes qui le remontaient vers Sijelmassa avant d'aller en Europe et au Moyen Orient. On en a des traces écrites...

    Pour la sinistre (en minuscule) elle est minable mais avec une double détente.
    Elle dit en quelques sorte que les Inférieurs ( et ils le sont, pas de doute) chérissent leur infériorité.

    Merci Gilles pour votre travail inlassable et vos sélections musicales.

  • Oui enfin en s'élevant un peu au dessus de la polémique rendue savamment complexe par la gauche islamophile, on peut se demander encore comment quiconque peut ne pas s'interroger sur la liberté réelle d'une femme totalement enfermée dans un drap sombre, comme effacée, niée. Les serviles défenseurs de cette liberté imposée nous assureront que c'est avant tout le choix de femmes véritablement libres, je leur rétorquerai d'aller consulter dare-dare un spécialiste de remise en ordre des idées et principes de liberté qu'ils défendent par ailleurs.

  • bien évidemment , il n'y a jamais eu de traite et de trafic d'esclave en rive sud de la méditerrannée
    jamais

    cervantès ne s'est jamais retrouvé dans les geôles algériennes et aucun/aucune chrétienne n'est mort en pays islamique ,loin des siens
    aucun harem n'a jamais été peuplé de blanches arrachées de force à son balkan natal, jamais

    et lorsque les vronzais ont envahi l'algérie en 1830 , c'était juste histoire de prendre l'air

    on se demande ce qui , chez bad ,domine , l'ignorance ou l'idéologie

  • La plupart des africains déportés ont été vendus pas d'autres africains, de plus il y a la traite intra-africaine: des africains "esclavagisent" des africains pour des africains:

    (...). Elle remonte au moins au XIe siècle, a été stimulée par les deux autres, mais n'est devenue dominante qu'au XIXe siècle.

    La part de la traite intra-africaine dans l'ensemble de la traite a fortement progressé au XIXe siècle, selon le sociologue Peter Manning. Avant 1850, seulement un tiers des captifs africains restaient sur place. Puis entre 1850 et 1880, leur nombre devint supérieur à ceux des traites occidentales et orientales. Après 1880, les interdictions de traite transatlantique commencent à rendre leurs effets et la quasi totalité des captifs restèrent sur place. Manning estime à 14 millions le nombre d'esclaves restant sur place, soit l'équivalent de LA MOITIE des captifs exportés par les traites occidentales ET orientales.

    Le chercheur canadien Martin A. Klein estime lui que, bien avant 1850, PLUS DE LA MOITIE des captifs restaient en Afrique occidentale. Selon lui, même les années où l'exportation d'esclaves atteignait son intensité maximale, les captifs restant sur place — principalement des femmes et des enfants — étaient plus nombreux.

    La traite atlantique n'est pas à l'origine de la traite intra-africaine (...)

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Traites_n%C3%A9gri%C3%A8res#La_traite_intra-africaine

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