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La manif anti-CPE du 23 mars 2006 aux Invalides

Laisser une manifestation dégénérer – et tant pis pour les violences contre les personnes – pour discréditer un mouvement, et surjouer les braves forces de l’ordre, dernières protections de la société et merci au ministre de l'Intérieur… Ce n’est pas une première, ça se retrouve sur trop de manifestations importantes… mais c’est toujours intéressant de réunir les indices qui, concordant, ressemblent à des preuves. Voici un cas d’école avec une manif anti-CPE du 23 mars 2006 aux Invalides.

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Le 23 mars 2006, c’est une manif de plus contre le CPE de Villepin, Premier ministre, qui est alors l’ennemi de l’Intérieur de Sarko, le ministre de l’Intérieur. Un demi-million de participants, des casseurs qui foutent la merde tous azimuts, et le cortège arrive sur la place des Invalides en fin d’après-midi. La place est bouclée, mais à l’intérieur, les casseurs attaquent et rackettent les manifestants en toute tranquillité. Un déferlement de violences mis en spectacle, avant que les flics interviennent. Le lendemain, Sarko dénonce les militants qui se mêlent aux voyous. Bref, Chirac sucre les fraises, Villepin fout le pays dans la merde, et heureusement Sarko est là.

Jusque-là, c’est une histoire,… mais viennent quatre documents.

1/ Le reportage de Libération le jour des faits :

 «Vers 18 h 30, il ne reste qu’un petit millier de manifestants. Méthodiquement, la police procède au bouclage de l’esplanade avec des barrières métalliques. Les CRS paraissent indifférents à ce qui se joue au milieu de l’arène. Ils regardent sortir les jeunes dépouillés, certains le visage en sang. Les policiers infiltrés assistent au jeu de massacre. Les interpellations tardent. Vers 19 heures, tout est fini. Derrière l’Assemblée nationale, une manifestante croise le député UMP Alain Marsaud. "Alors, lui dit-il, vous êtes comblée par cette débauche de violence ? Vous aimez ça ? » 

2/ Patrick Buisson, qui était conseiller de Sarkozy

Dans son livre à paraître aujourd’hui, Patrick Buisson explique : «Nous avions pris la décision de laisser les bandes de Blacks et de Beurs agresser les jeunes Blancs aux Invalides, tout en informant les photographes de Paris Match de la probabilité de sérieux incidents. Nous avons tremblé à l’idée qu’il puisse y avoir un blessé grave. Mais, au fond, ça valait la peine d’endurer pendant une demi-journée les sarcasmes des médias.» Il ajoute : «L’émotion fut en effet à son comble, après la publication de photos dont l’opinion ne retiendrait qu’une chose : des hordes sauvages étaient entrées dans Paris.» 

3/ Un commissaire de police, ancien chef de section des CRS engagé sur cette manifestation :

« J’étais présent, en mesure d’interpeller des casseurs, je les avais identifiés, et on ne m’a jamais donné l’ordre, avec ma section, d’intervenir. C’est ça que j’ai vécu. L’ordre aurait dû arriver de la Préfecture de Police de Paris, placée sous l’autorité du ministère de l’Intérieur ».

4/ Un CRS, présent sur place

Un CRS, chargé d’approvisionner en grenades ses collègues stationnés aux Invalides, affirme ce 28 septembre que cette compagnie déployée avec une bonne dizaine d’escadrons de gendarmes mobiles et d’unités CRS formait alors une ligne de front impressionnante, étirée de la rue Fabert à la rue Constantine. Et qu’il a vite compris qu’en face se passaient des choses bizarres, puisque des groupes de jeunes très mobiles et déterminés effectuaient des razzias suivies de lynchages et de vols d’effets de valeur sur les jeunes manifestants. Pour lui : « Ça progressait très lentement. Des heures pour passer la rue Saint Dominique puis la rue de l’Université… En tant que responsable de l’armurerie, moi qui pensait ne pas chômer pour ravitailler en grenades mp7 mes collègues, je suis au chômage technique. Pas une grenade n’est lancée, pas une. Des consignes ont été données. »

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Barrer Sarko, un devoir national

Commentaires

  • Je me souviens bien de cet épisode : c'était gros comme le nez au milieu de la figure. C'était assez drôle de voir les enfants de bobo se faire dépouiller par les cayras et couiner contre l'impuissance de la police. Ce genre de méthode a souvent été employé sous d'autres formes; notamment l'emploi de provocateurs poussant à la violence pour justifier une répression dure, des réactions style "la Patrie en danger", faire bloc derrière le pouvoir etc.
    C'est dangereux et cynique, mais qui a le cul dans les ronces maintenant ?

  • Faut vraiment être tordu pour trouver ça drôle de voir des enfants se faire frapper et dépouiller.


    Quant à Sarko, malgré son cuir épais, je suppose qu'il doit commencer à prendre des trucs pour dormir, et ses cons de militants également,

  • Ne surtout pas créer de passerelle pour permettre aux fonctionnaires de la police d'aller chez les pompiers, sinon les incendies ne sont pas prêts d'être éteints...

    Ce genre de passerelle existe déjà entre la police et la justice et on voit le résultat.

    Alors, au nom du principe de précaution et du souci de la sécurité publique, préservons les pompiers.

  • Sur France 2 hier, le reportage n'apportait pas d'infos, mais la puissance de l'image

    Sarko chez le juge " je ne connais pas M. Attal"

    Sauf qu'on trouve toutes les séquences filmées avec Sarko et Attal, et que Attal explique tout pendant une demi heure.

    Barrer Sarko est un devoir national

  • J'ai toujours pensé que Buisson était dangereux notamment à l'élysée ; aujourd'hui c'est Sarkozy qui en fait les frais. Je n'ai pas entendu parler de plainte en diffamation pour le livre (normal si les faits sont avérés)

  • Je me souviens d'un ancien commissaire de police écrivant sur son blog que Sarkozy avait un peu pris la police pour son train électrique (excellentissime !) Là, le témoignage des deux CRS plombe sérieusement l'ambiance, j'espère qu'ils ne seront pas sacqués plus tard

  • La liste de Chomsky est extraordinairement actuelle: cette stratégie d'abrutissement des masses est à l'œuvre depuis 20 ans (au moins)... Sarkozy a excellé dans cet art de créer des crises pour pouvoir jouer les hommes providentiels ensuite, mais je me demande si il n'a pas été surclassé dans cet art d'abrutissement par Hollande. J'ai du mal à identifier le plus répugnant (je choisis mes mots...) des 2, mais je ne les renvoie pas ex aequo , car Sarkozy se situe encore un cran au dessus dans l'abject.

  • Buisson n'a pas enregistré ce qu'a dit Sarko au sujet des manifs anti-CPE. C'est pas de bol!

  • «La principale inégalité, c'est le chômage» Juppé...

  • Si Sarko perd la primaire c'est dit-on autour de lui qu'il y aura eu complot déloyal, il penserait donc à se présenter malgré tout. Ils sont cintrés.

  • En lisant certaines pages facebook (j'ai honte, mais ca passe vite) de certains à l'Union pour la Mafia au Pouvoir, auquelles j'accès ; je me suis rendu compte qu'ils commencaient à dire que la gauche allait fausser les primaires et que donc .... Ils sont malades. Bien sûr que je vais les hacker tes primaires mon gars même si je me sens pas de gauche ou de droite; vous nous avez mis dedans en 2007 en présentant un candidat ripoux, que vous avez rélu à la tête du Barnum en 2012. Fini de jouer, sinon on va se foutre sur la gueule. Ils vont essayer de les invalider ces primaires si les résultats
    leur déplaisent (des grands démocrates....)

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