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  • Idir, l’Afrique

    J’étais archi-gosse quand j’écoutais Avava Inouva cartonner sur le hit d’Europe 1. Un son venu de nulle part, un chef d’œuvre.

    En 2010, quarante ans plus tard, et après tant d’évènements, Idir est au festival Twiza de Tanger. Voici ce concert, somptueux.

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  • Les présidentielles et l’égalité hommes/femmes

    Egalité des droits pour les femmes, égalité de cette femme qui est l’incarnation de la République, le principe intangible qui permet de détecter le poil de barbu… Parce que si tu ne respectes pas franco cette règle de l’égalité, c’est no Republican future…

    Très bien. N’imaginant pas un instant que ces donneurs de leçons puissent manquer à leur parole, j’ai fait le test de l’égalité hommes/femmes avec la plus républicaine des campagnes, celle des présidentielles

    On commence par la Droite. Il y avait à la primaire Copé, Fillon, Juppé, Sarko, Le Maire, Poisson et NKM. Et se prépare Bayrou. Donc, sur sept candidats, une seule femme, et marginalisée, avec un score de 2,5%.

    On regarde à Gauche, la Gauche du progrès et des droits ! On trouve : Hamon, Montebourpif, Valls, Peillon, Filoche, Verdier, Bennahmias, de Rugy, et une femme, Sylvia Pinel, des Radicaux de Gauche, promise elle aussi à un score de 2%. A Gauche encore, Mélenchon, Macron et Jadot. Donc pour 12 candidats, une seule femme, et très minoritaire.

    Bien sûr, les droits de femmes figurent en bonne place dans leur programme... L’hypocrisie au sommet… Quelle bande d'enfoirés ! 

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  • La Russie à l'Académie française

    Très intéressante cérémonie de réception à l’Académie française de Andreï Makine. Evocation de l’enracinement de la littérature dans notre culture commune avec la Russie, rappel de grands événements historiques oubliés et réécrits, et confiance innébralmable dans les forces de la culture. Ci-dessous des extraits du texte de Andreï Makine, et de la réponse de Dominique Fernandez.

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    Le texte de Andreï Makine

    Comme le ciel de l’entente franco-russe semblerait léger à côté de ces lourds nuages ! Serait-ce la raison pour laquelle le français, en Russie, n’a jamais été entaché par le sang de l’histoire ? Pourtant, le sang, hélas, a coulé entre nos deux pays et bien plus abondamment que dans les sables et les montagnes de l’Algérie. Soixante-quinze mille morts en une seule journée dans la bataille de la Moskova, en 1812, un carnage pas si éloigné, dans le temps, de la conquête algérienne. Oui, quarante-cinq mille morts russes, trente mille morts du côté français. Mais aussi la guerre de Crimée, dévastatrice et promotrice de nouvelles armes, et jadis comme naguère, l’Europe prête à s’allier avec un sultan ou – c’est un secret de Polichinelle – à armer un khalifat, au lieu de s’entendre avec la Russie. Et le débarquement d’un corps expéditionnaire français en 1918 au pire moment du désastre révolutionnaire russe. Et la Guerre froide où nos arsenaux nucléaires respectifs visaient Paris et Moscou. Et l’horrible tragédie ukrainienne aujourd’hui. Combien de cimetières, pour reprendre l’expression d’Assia Djebar, les Russes auraient pu associer à la langue française ! Or, il n’en est rien ! En parlant cette langue nous pensons à l’amitié de Flaubert et de Tourgueniev et non pas à Malakoff et Alma, à la visite de Balzac à Kiev et non pas à la guerre fratricide orchestrée, dans cette ville, par les stratèges criminels de l’OTAN et leurs inconscients supplétifs européens […].

    À la longue liste des villes et des victimes, la romancière algérienne aurait sans doute eu le courage d’opposer sa liste à elle en évoquant le demi-million d’enfants irakiens massacrés, la monstrueuse destruction de la Libye, la catastrophe syrienne, le pilonnage barbare du Yémen. Qui aurait, aujourd’hui, l’impudence de contester le martyre de tant de peuples, musulmans ou non, sacrifiés sur l’autel du nouvel ordre mondial globalitaire ?

    Assia Djebar ne pouvait ne pas noter cette résonance soudaine que suscitaient ses œuvres. Ainsi, dans son discours de réception à l’Académie, se référait-elle à... Tertullien qui, d’après elle, n’avait rien à envier, en matière de misogynie, aux fanatiques d’aujourd’hui. Que peut-on répondre à cet argument ? Juste rappeler peut-être que nous vivons au vingt et unième siècle, dans un pays laïc, et que presque deux millénaires nous séparent de Tertullien et de sa bigote misogynie. Est-ce suffisant pour que certains pays réexaminent la place de la femme dans la cité et dans nos cités ? Et que les grandes puissances cessent de jouer avec le feu, en livrant des armes aux intégristes, en les poussant dans la stratégie du chaos, au Moyen-Orient ? […]

    Si l’on me demandait maintenant de définir la vision que les Russes ont de la francité et de la langue française, je ne pourrais que répéter cela : dans la littérature de ce pays, ils ont toujours admiré la fidélité des meilleurs écrivains français à ce but prométhéen. Ils vénéraient ces écrivains et ces penseurs qui, pour défendre leur vérité, affrontaient l’exil, le tribunal, l’ostracisme exercé par les bien-pensants, la censure officielle ou celle, plus sournoise, qui ne dit pas son nom et qui étouffe votre voix en silence.

    Cette haute conception de la parole littéraire est toujours vivante sur la terre de France. Malgré l’abrutissement programmé des populations, malgré la pléthore des divertissements virtuels, malgré l’arrivée des gouvernants qui revendiquent, avec une arrogance éhontée, leur inculture. « Je ne lis pas de romans », se félicitait l’un d’eux, en oubliant que le bibliothécaire de Napoléon déposait chaque jour sur le bureau de l’Empereur une demi-douzaine de nouveautés littéraires que celui-ci trouvait le loisir de parcourir. […]

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    La réponse de Dominique Fernandez

    Gardons-nous de vous confondre avec ce qu’une certaine presse occidentale écrivait à la même époque. Les journaux de droite exultaient : le marxisme, le stalinisme n’avaient été que de sanglantes supercheries. On vous l’avait bien dit, que le communisme n’était qu’une mascarade, et ses partisans que des bourreaux cyniques ou des dupes idiotes. Dans votre livre, tout autre est le ton. Vous démythifiez le régime, mais la rage et le désespoir au cœur. Aucun accent de triomphe, aucune bonne conscience bourgeoise, aucune satisfaction d’être passé du bon côté. Ce n’est pas parce que le collectivisme a fait faillite, que le capitalisme est la panacée. La Russie est votre patrie, demeure votre patrie, et l’on sait à quel point, pour un Russe, la terre, la terre russe, prime sur toutes les autres valeurs. Vous souffrez par la Russie, vous souffrez en elle. De même que Dostoïevski mettait en scène des assassins sans les clouer au pilori, vous restez solidaire de ceux que vous condamnez. On sent entre vos lignes une intense compassion pour ceux qui ont trahi l’idéal révolutionnaire. Je reconnais là l’exception russe. Pouchkine donnait ce conseil à un juge : « Examine qui a raison, qui a tort, et puis punis-les tous les deux. » Et Gogol : « La première sentence doit être rendue selon la justice des hommes. Justifiez-y l’innocent et condamnez le coupable. Quant à la seconde sentence, qu’elle soit rendue selon la justice de Dieu. Et cette fois condamnez et l’innocent et le coupable. »[…]

    Ces vingt-six millions de morts vous hantent, et l’ingratitude de l’Occident pour leur sacrifice vous indigne à juste titre. Je partage votre tristesse. L’an dernier, pour le soixante-dixième anniversaire de la Victoire, Paris a-t-il invité un seul officiel russe aux fêtes commémoratives ? L’opinion générale, chez nous, pense que l’écrasement du IIIe Reich et la libération de l’Europe n’ont été possibles que grâce au débarquement en Normandie. Bien sûr, il n’est pas question de minimiser la contribution des alliés anglo-saxons, mais enfin, il faut rappeler que celle de l’U.R.S.S. a été beaucoup plus importante. Le front en Normandie mobilisait 76 divisions allemandes, tandis que 165 étaient engagées sur celui de l’Est. L’abnégation héroïque des assiégés de Leningrad, qui auraient très bien pu se rendre sans manquer à l’honneur, mais ont préféré mourir de froid et de faim – un million de morts en trois ans –, la bataille de Stalingrad, le combat de chars à Koursk, la bouillie des cadavres après chaque assaut, toutes les réminiscences de cette lutte titanesque passent dans le martyrologe que vous dressez, et qui est aussi un réquisitoire implicite contre l’amnésie de l’Occident. Vous vous en prenez, en particulier, à ceux qui accusent les soldats russes d’avoir « retardé » la libération d’Auschwitz. Ces soldats, comme l’oublient leurs frivoles détracteurs, devaient monter à l’attaque sans tirer, les Allemands se protégeant derrière leurs prisonniers. Mais les clichés ont la vie dure, la perte de mémoire et le déni de réalité encore plus. Comme vous vous plaisez à le dire, les Français admirent les Américains, qui les méprisent, et ils méconnaissent les Russes, qui les admirent.[…]

  • Cazeneuve Président

    Ça y est, la brave gauche a trouvé son héros, et il s’appelle Cazeneuve... Nouvel épisode du feuilleton post-Hollande…

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    La gauche institutionnelle est très attachée au Parti socialiste pour deux raisons : d’abord, l’électeur, avant de choisir tel ou tel candidat, vote « socialiste », souvent de tradition, et le logo PS sur une affiche des législatives vaut de l’or ; ensuite, la loi électorale abreuve le Parti socialiste d’un financement public qui lui assure un incroyable confort de fonctionnement. Donc, ils seront toujours d'accord pour sauver le PS.

    L’assurance de Hollande pour la présidentielle était de compter sur ce bloc électoral immuable qui place entre 20 à 25 % au premier tour, avec des chances au second tour, peu pour la présidentielle, mais plus pour les législatives.

    Comme Hollande s’est mis en retraite, que Aubry se concentre sur l’atterrissage de François Lamy à Lille pour lui succéder, et que Fabius et DSK sont hors course, on se retrouve avec un vide pour répondre à ce grand électorat traditionnel. Car les candidats actuels ne font pas l’affaire.

    Valls continue de s’agiter, mais il est out. Ce type de droite, qui ne cesse de casser la gauche depuis cinq ans, n’a aucun bilan personnel, à part ses crises immatures sur la laïcité. Même sur la sécurité, il ne vaut rien face à Cazeneuve. Parti de 5 % en 2012, s’il arrive à 7% en 2017, ce sera déjà bien.

    De l’autre côté, on trouve Montebourpif et Hamon, des girouettes fébriles, et Peillon, un dilettante, l’un des parlementaires européens les plus absents, avec une crédibilité nulle,... surtout pour opposer une alternative à Montebourpif et Hamon, alors qu’ils ont toujours tous les trois fricoté ensemble dans les congrès du PS, à « l’aile gauche », celle des promesses au prix Babou.

    La primaire de « Belle Alliance » est donc bien mal barrée, avec ce menu inconsistant, et on va voir ceux qui assument – Mélenchon d’un côté et Macron de l’autre – prendre leurs aises dans les sondages.

    Oki.

    Et soudain arrive notre ami Cazeneuve. Un bon pro, qui sait parler sans hurler, assume la politique du consensus, et énonce les excès de l’instinct pour appeler à un débat sur l’intelligence.

    - Chercher à comprendre ? Dis Valls, pourquoi tu tousses ?

    - Non, c’est rien. Cazeneuve est mon ami, et je lui fais toute confiance.

    - C'est bien ce qui me semblait. 

    Cazeneuve va s’envoler dans les sondages, et du moment que Hollande ne fait plus rien, il va lui aussi reprendre des couleurs. Alors, jusqu’où Cazeneuve ?

    Le type annonce que Matignon est un CDD, car il a prévu en juin de rejoindre un cabinet d’avocats. Bon… On verra.

    Dans notre démocratie sondagière, j’attends les premiers sondages qui vont le placer comme personnalité politique préférée, puis comme le seul capable de gagner la présidentielle face à ce chiraquien engourdi qu’est Fillon.

    Feuilleton à suivre,... pas sur le programme, car il y a consensus politique, mais juste sur les personnes.

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  • Non, mais sérieux, vous voulez que la France soit gouvernée par ça ?

    Avertissement à la lectrice et au lecteur : Ce blog est labellisé TSV, "Tout sauf Valls". C'est clair et net, et ce n'est pas aujourd’hui.

    *   *   *

    La politique, on en rigole, et c'est ce qu'il y a de mieux à faire par les temps qui courent.

    Ouaip... Mais la France, c'est notre pays, et c'est un membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU. Alors, sérieux, vous voulez que la France soit gouvernée par ça

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