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Contrôle au faciès : Le racisme pépère

Le Défenseur des droits a fait un bon boulot, à savoir une étude sur les contrôles d’identité. C’est une étude, et pas un relevé de statistiques… pour la simple et bonne raison que la loi ne prévoit aucune traçabilité des contrôles d’identité. Le Défenseur des droits explique aussi la méthode, qui établit le sérieux des résultats.

Le contrôle d’identité reste, en proportion globale assez rare : 84% des personnes interrogées déclarent ne jamais avoir été contrôlées dans les cinq dernières années.

Mais ça se complique quand on regarde de plus près. En effet, 80% des hommes zarabes et blacks de 25 ans ont été contrôlés au moins une fois dans les cinq dernières années, contre 16% pour les whites. Par rapport à l’ensemble de la population, les hommes zarabes et blacks de 25 ans « ont ainsi une probabilité 20 fois plus élevée que les autres d’être contrôlés ».Wahou…

Le rapport précise que le tutoiement est de 40% pour les zarabes et blacks contre 16% pour l’ensemble de la population, les insultes 21% contre 7%, et les brutalités de 20% contre 8%. Et oui, la sécurité est la première des libertés, comme dirait l’autre…

Et le Défenseur des Droits de conclure dans ce style inimitable : « Ces expériences négatives et la fréquence des contrôles sont associées à un faible niveau de confiance envers les forces de police ».

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Léopold Sédar Senghor

 

 

Commentaires

  • Le poème de Senghor est excellent. Bravo.

    Pour le reste c'est effectivement assez triste et gris.

    Le défenseur des droits est gentil mais il ne répond pas quand on le saisit. Trop occupé à compter ses statisitiques pour en faire un rapport ?

    En plus, il arrive un peu tard avec son étude. La Cour de cassation a déjà réglé le problème :

    Arrêt n° 1239 du 9 novembre 2016
    Arrêt n° 1241 du 9 novembre 2016
    Arrêt n° 1244 du 9 novembre 2016
    Arrêt n° 1245 du 9 novembre 2016

    Se rappeler l'argumentation de l'agent judiciaire du trésor :

    Dans un mémorandum rédigé au nom de « l’agent judiciaire de l’Etat », que le site d’information Mediapart divulgue vendredi 26 février, il estime légitime de contrôler « la seule population dont il apparaît qu’elle peut être étrangère », en l’occurrence des personnes d’origine africaine ou nord-africaine, dans le cas où il cherche de possibles infractions à la législation sur les étrangers. Cela va à l’encontre de la jurisprudence française et internationale en la matière, la règle voulant que ces contrôles soient motivés par un « comportement qui éveillerait la suspicion ».

    http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/02/26/l-etat-justifie-des-controles-au-facies-selon-un-memo-devoile-par-mediapart_4872260_1653578.html

    La police et la gendarmerie sont placée sous la direction ET le contrôle du ministère public et que celui-ci a une obligation d'impartialité

    L'autorité judiciaire a l'obligation positive de garantir l'efficacité des droits de l'Homme.

    C'est un échec de l'appareil judiciaire français et la démonstration de son inconformité aux standards européens de devoir aller en cassation - ou plus loin encore - parce que le ministère public a manqué à son contrôle et à ses obligations dans son pouvoir de direction de la police et de la gendarmerie.

    Dans de telles conditions, la justice se moque du monde. Elle n'est pas ou plus crédible. Voir l'affaire de Sivens où il y a mort d'homme.

    Il est assez paradoxal ensuite d'entendre le ministère public parler de manque de moyen - même si c'est vrai - quand il paraît surtout manquer de volonté ou de courage à l'égard de l'exécutif, notamment la police et la gendarmerie que le ministère public est censé encadrer et maintenir dans la légalité. A quoi bon espérer dans ces conditions que cela s'améliore s'il devenait indépendant ? Il n'est même pas capable d'invoquer les textes qui lui permettent déjà de l'être.

    Il n'y a pas d'excuse à cette abdication dans la faiblesse face aux forts et la rigueur réservée aux faibles, pour donner l'illusion d'une justice... Voir la disproportion de la célérité du ministère public à traiter la gifle de de Lamballe et le temps qu'il met dans d'autres affaires où la puissance publique est défaillante.

    Enfin, il serait injuste de ne critiquer que le ministère public, qui bénéficie quand même d'une très grande mansuétude.

    En ne saisissant pas les instances compétentes pour faire condamner et poursuivre les fautes qu'il dénonce et leurs auteurs, le défenseur des droits ne fait-il pas seulement de l'après-vente pour la galerie ? N'est-ce pas le signe du consensualisme de l'entre-soi qui caractérise le petit monde des juristes à s'épargner ? Cette mansuétude explique la perte d'adhésion au modèle démocratique.

  • Sans compter le racisme au seing même de la police ou de la gendarmerie. Si t'es flic ou gendarme, que t'es un "arabe" ou "black" et que tu oses t'opposer à un collègue qui qui tient des propos racistes ou qui agit injustement envers une personnes "arabe" ou "black", t'es immédiatement mis à l'écart, exclus du groupe, et même tu subis aussi les propos racistes de tes collègues.
    Oublions ici la possibilité de se plaindre auprès de ses supérieurs qui préfèreront t'enfoncer plutot que de te défendre pour d'une leur donner raison et de deux éviter de mettre à mal ces fonctions.

    Sans régler le racisme normal et patent dans ces fonctions, on ne pourra pas du tout régler ces cas de contrôles au faciès ou d'insultes faciles en fonction de la personne.

  • Il y a des pays où la police est la fierté. Quand un enfant d'une famille est policier, c'est un honneur pour cette famille et ses proches et ils n'hésitent pas à s'en venter.
    Je ne connais que la France où ce n'est pas le cas et pire, où cette fonction est signe de méfiance et voir de mépris de la part de la population.

  • Ceux qui parmi la population méprisent d'une manière récurrente et névrotique les policiers ne valent pas mieux que les policiers qui sont mis en cause par saint-Toubon-priez-pour-nous. Ils sont des discriminateurs puisqu'ils généralisent l'action négative de certains fonctionnaires à l'ensemble du corps.

  • Une fonction d'état mérite le mépris du peuple si les éléments de cette fonction ne sont pas exemplaires puisque payés par le peuple. Ils ne sont pas des salariés de l'entreprise A ou B. Ce sont des fonctionnaires et l'exemplarité doit être leur crédo, et force est de constater qu'ils s'en branlent.

  • Rien qui ressemble à un amalgame ne peut être pris au sérieux, on ne peut dénoncer une discrimination et en faire une autre dans la foulée, c'est tuer son discours dans l'oeuf,

  • "Rien qui ressemble à un amalgame ne peut être pris au sérieux"

    Là, on va se facher avec les dentistes...

  • Pas grave ça, qui aime les dentistes ? Ils n'ont que le mépris du peuple, et pourtant on a bien besoin d'eux.

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